• LE BEST OF
  • L'AUTEUR
  • CONTACT
La côte d'ivoire au jour le jour!
12. janv.
2011
SOS
5

« La démocratie s’impose aussi par le canon »

Troupe de l’ECOMOG embarquant dans un C-130E de l’armée Américaine

Ce mardi matin (ndlr hier 11 janvier), un contact à Abobo PK 18 me signale un ballet de cargos et de pick-ups de la BAE (Brigade Anti-émeute) et de la Garde Républicaine. Alors que je me rendais sur les lieux, le quartier était bouclé : la raison de cette présence policière serait une chasse aux rebelles. Inutile de revenir sur le bilan humain de l’opération car tout le monde le connait ! Ma journée d’hier ne fut pas aussi vide bien au contraire j’ai eu la chance de tomber sur un témoin de ce que peut-être la force légitime de la CEDEAO. Pour lui, si la Côte d’ivoire ou plutôt Laurent Gbagbo et ses partisans s’entêtent à garder le pouvoir « l’ECOMOG aura toutes les cartes en main pour sévir ».

Sam Newator voici le nom que me donne le jeune libérien d’environ 36 ans. L’homme regardait d’un œil assez distrait le siège du HCR par ses compatriotes. Après quelques politesses et une rassurante cigarette l’homme se propose de me raconter sa guerre à lui autour d’une bière. Difficile de dire si mon interlocuteur n’a pas monté un scénario hollywoodien mais une chose est sûre c’est qu’il me parlait avec beaucoup d’assurance. « J’ai été une jeune recrue de prince Johnson puis envoyé en Sierra Léone j’ai déserté et je me suis retrouvé à combattre aux côtés de Fodey Kalet, un jeune chef rebelle aux pratiques d’ivrogne qui vivait plus de rapts et de vols commis dans les autres camps rebelles » affirme le jeune homme. Il me dira que la guerre il l’a vécue et que c’est bien l’une des dernières choses qu’il puisse souhaiter à un peuple. « Quand les Ivoiriens me disent qu’ils ont vécu la guerre je me moque d’eux car la guerre ce n’est pas quelques jours d’accrochage entre forces loyalistes et rebelles. La guerre c’est le chaos et un chaos total ! Le chaos est tel que les hommes politiques n’ont même pas le temps de s’asseoir autour d’une table de négociation ! » déclare Sam. « J’apprécie la Côte d’Ivoire parce que les gens se parlent mais avec la crise post-électorale et ces meurtres en série les choses risquent de se gâter ! L’action des médias ne favorise pas aussi l’instauration d’un climat apaisé et cela m’inquiète. La Côte d’Ivoire s’enlise dans une crise et au fur et à mesure que les négociations échouent, le potentiel usage de la force devient une réalité ».

A ce moment de son récit Sam prend un ton plus sérieux, plus grave en prononçant le mot ECOMOG ! « J’ai eu la triste opportunité de les voir sur deux théâtres d’intervention et si les rebelles les appellent ECOWAS Bad Dog c’est parce qu’ils savent que ces militaires ne sont pas des enfants de cœur ! Ils ont les moyens et surtout l’audace de faire plier les chefs de guerre même les plus téméraires ! Ils ont bouté Taylor hors du Libéria et imposé des élections en Sierra Léone en rasant pratiquement Freetown. Que la Côte d’Ivoire ne pousse pas la CEDEAO à faire venir ces militaires ici sinon ce peuple va le regretter toute sa vie ! » souligne inquiet le jeune homme. Pour lui l’armée de Laurent Gbagbo quelque soit les armes qu’elle aura ne pourra pas tenir face à des hommes rompus à l’art du combat depuis des années surtout quand ceux-ci ont fait disparaître de l’histoire des conflits ouest-africians des groupes rebelles entiers. Il nous dira que tous ces pays qui font semblant de soutenir Gbagbo ou d’être neutres seront les premiers à faire venir des troupes lorsque les USA et la France ouvriront le tiroir pour financer l’opération militaire.

« Les occidentaux, je veux parler de la ‘’grande communauté Internationale’’ ont les moyens d’imposer la démocratie en Afrique par tous les moyens y compris par les MIRAGES et les F16. Un embargo serait invivable pour ce pays et c’est parce que certains Ivoiriens ignorent les retombées d’un embargo qu’ils prétendent pouvoir tenir. Je prie que la CEDEAO n’intervienne pas ici car je suis fatigué de marcher d’un pays à l’autre » déclare Sam en riant. Son vœu s’est que la classe politique puisse trouver une solution négociée et pacifique à la crise car le ton belliqueux des autorités fidèles à Laurent Gbagbo face à la CEDEAO joue à leur désavantage.

Suy Kahofi

Lire la suite
11. janv.
2011
NTIC & Hi tech!
1

La presse Ivoirienne en cure éditoriale à Accra

La presse Ivoirienne a un rôle important à jouer dans la crise

Les 7 et 8 janvier 2010, sur initiative de Media Fondation for West Africa dont le siège se trouve à Accra au Ghana, les organes de presse d’Afrique se sont réunis dans la capitale ghanéenne pour réfléchir sur les nouvelles stratégies visant à promouvoir la presse et les médias en Afrique de l’ouest. Invité spécial de cette rencontre, la presse Ivoirienne qui dans un contexte de crise post-électorale devait recevoir de une aide éditoriale et faire un monitoring de la situation des médias en Côte d’Ivoire.

Les professionnels des médias représentants la Côte d’Ivoire ont pris d’importantes résolutions pour contribuer à asseoir un climat de paix en Côte d’Ivoire et contribuer à un dénouement heureux et surtout pacifique de la crise. Dans les jours avenirs les professionnels des médias organiseront un forum avec les protagonistes de la crise. Cette table ronde aura pour mission d’exposer le point de vu des hommes de média sur la résolution de la crise et à ce niveau le président du CNP (Conseil National de la Presse) Eugène Djé Kacou souligne que la presse doit prendre ses responsabilités. « S’il n’y a plus de pays il n’y a plus de médias et donc nous devons contribuer au retour de la paix. On accuse le plus souvent les médias d’attiser le feu du conflit en Côte d’Ivoire, je crois qu’il est temps pour nous d’apporter de l’eau afin d’éteindre ce feu ». Au-delà de ce forum les journaux Ivoiriens devront s’engager dans la rédaction d’éditoriaux communs quelque soit leurs bords ou leur ligne éditoriale fut-elle dictée par un parti politique. Si la presse Ivoirienne s’accorde à réussir ce projet elle sera d’une importance capitale pour la résolution de la crise dans la mesure où les principes d’impartialité et de neutralité seront respectés. Il est prévu également la rédaction de message de paix et de tolérance à la une des différents canards Ivoiriens.

Suy Kahofi

Lire la suite
11. janv.
2011
Chronique
0

FIFA Ballon d’Or : Et si après Georges Weah l’Afrique remettait le couvert ?

A quand le retour du ballon d'or FIFA en Afrique?

Les joueurs de talent on les compte par dizaine sur le continent africain et personne ne me dira le contraire. De Samuel Et’o fils à Didier Drogba en passant par Assamoah et les autres l’Afrique semble être le premier fournisseur de tibias frais du football Européen ! Ces jeunes gens brillent sous les projecteurs des grands stades mais doivent revenir à chaque fois sur le continent pour recevoir leurs distinctions. Trophées Africains du meilleur joueur de l’année décernés par la CAF  et puis c’est tout ! Je ne dis pas que célébrer ces joueurs sur le continent est une mauvaise chose mais je crois qu’il est temps pour les joueurs africains d’honorer le continent comme Georges Weah l’a fait. « Il y a plus de fierté à ramener des trophées sur le continent qu’à recevoir des trophées du continent ». Qu’est ce qui cloche entre les joueurs africains et le Ballon d’Or FIFA ? Le jury est trop sévère envers l’Afrique ? Pas si sûr puisse que Georges Weah l’a déjà reçu. Pour les quelques analystes que j’ai pu écouter ou lire au fil des années, les performances en dent de scie des joueurs africains sont à l’origine de leur échec. « Difficile de trouver un joueur africain à même d’enchaîner deux bonnes saisons deux années de suite » s’inquiétait un journaliste sportif Ivoirien. Si le joueur brille en club, il est un fantôme sur le terrain en équipe nationale. Georges Weah ne fut ni le plus célèbre joueur africain de son temps, ni le meilleur joueur de sa génération pourtant sa vie peut inspirer ceux qui sont avides de gloire et de grandeur dans le foot. On reconnaîtra, en parcourant les lignes de sa carrière qu’il fut discret mais efficace sur l’aire de jeu, qu’il a brillé non pas par ses frasques en dehors du terrain mais par sa combativité ! Il a certainement à son actif moins de coup de poing et de coup de tête que nos stars d’aujourd’hui ! Et si au fond ce qui a fait la différence avec Georges Weah est ce qui manque aux joueurs africains aujourd’hui ? C’est vrai qu’un joueur vous dira qu’il joue pour son plaisir et le reste (l’argent et les distinctions) viennent après. Mais en toute sincérité un joueur c’est aussi un palmarès et la consécration planétaire par les trophées et distinctions qui glane. Si Samuel Et’o et Didier Drogba arrêtaient de jouer au foot ce matin le CV du premier sera plus garni que celui du second et chacun sait pourquoi ! Alors un Ballon d’Or a toute son importance dans une carrière et laisse également une marque dans toute l’histoire d’un pays et même d’un continent !

Suy Kahofi

Lire la suite
10. janv.
2011
NTIC & Hi tech!
3

ONUCI Fm, la radio la plus écoutée depuis un mois !

Techniciens de ONUCI fm (source picasa google.com)

Malgré les propos de plus en plus hostiles à l’endroit de l’opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, sa radio est la plus écoutée…

Voici environ quatre semaines que dans un contexte de crise post électorale en Côte d’Ivoire je me suis aventuré à mener des enquêtes (sondages) auprès des Ivoiriens sur leurs habitudes d’information. Dans un précédent article sur la presse ivoirienne, j’ai tenté tant bien que mal de mettre en lumière les tendances de lecture des journaux nationaux. Cette fois ci j’ai décidé de rendre les conclusions d’un petit sondage sur les radios dédiées à l’information et émettants depuis Abidjan. Sur un échantillon d’environ 1200 personnes allant du cordonnier au cadre de banque en passant par la coiffeuse et l’enseignant, je me suis rendu compte que ONUCI Fm est la radio la plus écoutée. Une seule question au centre  de ce sondage : quelle est la radio que vous écoutez depuis le 28 Novembre ?

Les facteurs favorisants le succès d’ONUCI Fm

L’une des raisons principale pour laquelle ONUCI Fm à glaner un nombre important d’auditeurs est le silence de RFI notamment à Abidjan ! En l’absence de la chaîne française considérée comme la bête noire du régime Ivoirien, un nombre important d’habitants se sont rabattus sur la fréquence de la paix pour trouver un contre poids aux informations diffusées par les radios de la RTI. Depuis le début de la crise, l’écoute de la radio est passée de son caractère de distraction (divertissement) à celui d’information. Partisans du RHDP et même du LMP écoute ONUCI Fm pour disent-ils « comparer l’information ». En effet les Ivoiriens, contrairement à ce qu’on pourrait croire, ne se bornent pas à boire le calice des nouvelles venues des chaînes d’information publique. En huit ans de crise les Ivoiriens ont compris combien de fois le contrôle de l’information joue un rôle important dans l’endoctrinement des masses. « Certains peuvent dire que ONUCI Fm est une radio partisane mais elle au moins à le courage de tendre son micro à tous les protagonistes de la crise : il y a donc un certain équilibre. Les journalistes n’utilisent pas des propos haineux ou orduriers et ça personne ne peut le nier » affirme Sinan Ismaïla. « Moi j’apprécie également l’instauration d’un flash chaque heure avec des informations actualisées » déclare un chauffeur de taxi qui a préféré garder l’anonymat. Au-delà de l’information, ONUCI Fm joue la carte de la proximité en diversifiant ses unités de valeur. Les chaînes musicales perdent jour après jour leurs auditeurs et cela s’explique selon N’guessan Oscar par la subtilité du programme de la radio des Nations Unies. « Ils ont une bonne programmation musicale et de bons magazines qui ne vous donne pas le courage de toucher au tuning de votre récepteur ! Ils nous offrent des anciennes chansons qui attirent tous les âges ! ». En plus d’émettre 24/24 à Abidjan ONUCI Fm couvre plusieurs localités du pays avec des relais et un réseau de correspondants rendant compte en temps réel de la situation sur le terrain.

C’est la que radio des Nations Unies en Côte d’Ivoire n’est pas appréciée par tout le monde. On lui reproche notamment son soutien au Gouvernement du Premier Ministre Guillaume Soro et d’être « la voix des Forces Nouvelles ». Certains Ivoiriens nous ont également dit avoir été intimidé ou même molesté pour avoir écouté ONUCI Fm. Enfin les trois quartiers ou la chaîne est la plus écoutée sont Treichville, Abobo et Port-Bouët.

Suy Kahofi

Lire la suite
08. janv.
2011
Société
0

Crise politique, crise de foi !

Pas facile de concilier foi, objectivité religieuse et politique

Les religieux Ivoiriens quelque soit leurs croyances, leurs lieux de culte et leur degré de foi sont convaincus d’une seule chose : ils doivent prier pour le retour de la paix en Côte d’Ivoire. Cette recommandation, à entendre certains musulmans et chrétiens est un commandement divin. Or Dieu qui exige d’eux de jeûner et prier pour la paix leur demande de le faire d’un cœur sincère et surtout impartial ! Dans une Côte d’Ivoire qui vit pratiquement au rythme de la politique, on est en droit de se demander s’il existe un seul homme dans ce pays sans opinion politique. Imams, Prêtres, Pasteurs, fidèles chrétiens et musulmans ne prient-ils pas pour leurs chapelles politiques ? La politique s’est-elle invitée dans les églises et mosquées ? Les religieux jouent-ils la carte de l’impartialité dans la crise Ivoirienne ?

Port-Bouët quartier populaire d’Abidjan sud, nous sommes un vendredi soir. Le frère Jean nous invite à assister à une réunion de prière pour la Nation. Les prières fusent de toutes parts et les chants font danser hommes et femmes venus chercher du  réconfort aux pieds du Christ. Tout semble normal jusqu’à ce que le maître des lieux ne fasse son entrée. Très vite la tendance politique de l’église s’affiche. Ici on prie pour que Dieu de sa puissante main foudroie les ‘’forces d’occupation’’. On indexe ouvertement l’ONUCI et la licorne puis le pasteur prophétise séance tenante une guerre de six jours à l’issue de laquelle l’armée ivoirienne, comme Tsahal viendrait à bout des troupes de l’ECOMOG. ‘’Un oiseau de mauvais augures’’ à la sortie nous dira que le pasteur de l’église est ‘’un mendiant de la présidence’’, ces hommes de Dieu qui se sont taillés une réputation de prophète à la solde du Président Gbagbo. « C’est à cause de ce type de prédicateurs que les non croyants s’éloignent de Dieu. Pour des raisons pécuniaires ils sont prêts à n’importe quelle révélation » soutien Bernadin Koffi. Notre interlocuteur est convaincu qu’il nous sera bien difficile de trouver un religieux sincère dans tout le pays. Certains chrétiens eux-mêmes en sont convaincus : « nous proférons des injures à nos adversaires politiques la journée et avec la même bouche nous partons prier pour la paix dans le pays une fois la nuit tombée ! » ironise Kouamé Pascal. « Aujourd’hui seuls des hommes de foi peuvent prier pour la paix dans ce pays. Quand nous prions ce n’est pas facile de ne pas avoir le cœur qui penche vers le RHDP ou le LMP » soutien Mangoua Yves un fidèle baptiste. Il fustige aussi le fait que les chrétiens ne se privent même pas de parler politique dans les églises.

Les leaders religieux ont un rôle important à jouer dans la cohésion sociale (photo non contextuelle)

Pour Karim Sékou les leaders religieux miroir des communautés ont politisé les lieux de culte et exposé les fidèles aux idéaux des partis politiques. « Quand vous rendez visite à un Imam ou un pasteur et qui vous parle de ses choix politiques au lieu de vous enseigner ce que Dieu veut que vous fassiez en temps de crise, que voulez-vous retenir ? Ils sont des leaders et le peuple copie à la lettre ce qu’ils enseignent : la parole d’un Imam ou d’un pasteur, c’est la parole de Dieu ! ». La religion s’est invitée dans la sphère politique et la politique s’est elle aussi invité dans les églises. Difficile de croire que dans un pays où le fait religieux est si vivant l’on puisse trouver des pasteurs chefs de milices et que des mosquées soient des prétendus caches d’armes ! « Je trouve irrespectueux que pour une raison quelconque on jette des grenades lacrymogènes dans une mosquée et que des fidèles en pleine prière soient raflés ! » affirme Pacôme Ahoussi avant de conclure « tout ceci s’arrêtera si les religieux eux-mêmes se prennent au sérieux en étant neutre. En agissant ainsi il n’y a pas de raison pour que les politiciens ne puissent pas les respecter ». Au-delà du respect Nathalie Pokou invite les hommes politiques à ne  pas confondre « les stades pour les meetings politiques et l’enceinte des églises ». « Un politicien peut être chrétien ou musulman mais il se doit d’oublier son parti politique lorsqu’il foule le sol d’un édifice religieux car le seul leader en ce lieu c’est Dieu ! » déclare la jeune dame pour clore ses propos.

Suy Kahofi

Lire la suite
07. janv.
2011
Commerce
3

Le Garba national maintient le cap !

Les clients sont fidèles aux garbadromes

« Quelque soit la crise elle ne doit pas toucher la pizza sinon c’est toute l’Italie qui sombre ! ». Cette phrase tirée d’une conversation d’un chef de la mafia dans un polar italien montrait combien de fois la pizza avait de l’importance pour les habitants du pays de Berlusconi. Si on applique cette phrase à la réalité Ivoirienne elle donnerait : « quelque soit la crise elle ne doit pas toucher le garba sinon c’est toute la Côte d’Ivoire qui sombre ! ». Le garba c’est pratiquement le plat national en Côte d’Ivoire. Il est composé d’attiéké accompagné de poisson thon. Malgré la crise les garbadromes* ne désemplissent pas et les Ivoiriens restent fidèles à ce  plat qui nourrit de nombreuses personnes.

Attiéké en pleine cuisson et le produit fini

Le garba : une identité culinaire Ivoirienne

Le garba, comme nous l’avons souligné plus haut est composé d’attiéké et de poisson thon frit. L’attiéké est une sorte de couscous de manioc. Le tubercule une fois déterré est épluché, concassé en petit morceau et broyé. La pâte obtenue est portée sous pression pour permettre l’évacuation de l’eau et de l’amidon qu’elle contient. La poudre de manioc ainsi obtenue est vannée, légèrement séchée au soleil puis cuit à la vapeur. L’attiéké peut accompagner de nombreuses sauces mais la manière la plus populaire de le manger c’est avec le poisson frit surtout le thon. La particularité du garba c’est qu’il est majoritairement servi par des hommes : rares sont les femmes tenancières d’un garbadrome !

Tranches de thon frais et frits

Les garbadromes reçoivent toujours du monde

Il est 7 h 20 dans le garbadrome de Mamoud : les premiers clients font déjà la queue avec les soupières et assiettes pour choisir les poissons à peine sortis de l’huile chaude. Plus que jamais le garba attire les Ivoiriens : pour 250 f CFA (0,37 €) on peut manger à sa faim. « Point besoin de dépenses inutiles en cette période de vaches maigres » nous dit Moustapha un consommateur. « Avec le garba on peut manger à n’importe quelle heure de la journée et surtout pour pas grand-chose ». Les clients sont de plus en nombreux comme le souligne Mamoud un ressortissant nigérien qui possède une dizaine de garbadromes à Abidjan. « Les gens qui consomment le garba sont toujours nombreux et je peux dire que nous recevons plus de clients depuis le début de la crise ». Mais c’est avec beaucoup de sacrifices que Mamoud arrive à faire tourner ses garbadromes. Il faut en moyenne 40.000 (60,15 €) ou 50.000 f (75,18 €) de poisson pour une journée de travail : la même quantité se négociait entre 30.000 (45,11 €) et 35.000 (52,63 €) avant la crise. Le panier d’attiéké de 5.000 f (7,75 €) est passé à 9.000 f (13,53 €) sur le marché d’Adjamé. Cette hausse a des répercutions sur la quantité d’attiéké servit aux clients. « Nous sommes de plus en plus nombreux à consommer le garba mais la quantité diminue dans nos assiettes et les morceaux  de poisson ont  »dépéris » ! » s’insurge Prisca une cliente.

Plus difficile sans le garba

Pour plusieurs la situation serait plus difficile si les garbadromes venaient à fermer les uns après les autres. Il est préférable d’avoir un peu d’attiéké et un morceau de poisson que rien du tout ! Au-delà de la clientèle que les garbadromes doivent nourrir, il y a également l’aspect ‘’entreprise de restauration’’ qu’ils doivent conserver coûte que coûte. Un garbadrome c’est en moyenne 3 journaliers : le plongeur, le cuisinier (chargé de faire frire le poisson) et le chef cuistot (chargé de servir les clients). Chacun touche entre 1250 (1,87 €) et 1500 f CFA  (2,25 €) par jour ! « Comment ces jeunes vont vivre si je ferme ? » demande Mamoud.

Dans un contexte de crise le garba entend donc rester la nourriture du peuple et comptera à coup sûr dans les jours avenirs de nouveaux consommateurs.

*espaces dédiés à la vente du garba

Suy Kahofi

Lire la suite
06. janv.
2011
SOS
1

Abidjan et son nouveau look de dépotoir géant

Les ordures sont de plus en plus importantes

La capitale Ivoirienne a été toujours confrontée à un véritable problème qui est celui de la gestion des ordures. Municipalités et entreprises privées ne savaient pas comment venir à bout de ces milliers de déchets domestiques que les populations rejetaient chaque jour. On notait également une floraison de dépotoirs sauvages qui à certains endroits envahissaient les routes et empêchaient la circulation. Aujourd’hui, en pleine crise post-électorale les ordures dictent de nouveau leur loi aux 4 millions d’habitant du grand Abidjan.

Odeurs nauséabondes, mouches et asticots, meutes de chiens affamés fouillant des tas d’immondices…voici le spectacle qu’offre Abidjan par endroit. Même dans des quartiers résidentiels où la propreté était de mise les poubelles n’ont pas été vidées depuis plusieurs semaines et cela indispose les riverains qui ne savent plus à quel saint se vouer. « Vraiment le problème des ordures devient inquiétant. Avec les enfants qui jouent partout j’ai bien peur qu’ils n’attrapent le choléra ou la fièvre typhoïde » s’inquiète Mme Adou une résidente du quartier de Marcory. Aucun quartier n’échappe à cette situation : Yopougon, Treichville, Port-Bouet, les Services d’assainissement des Mairies ne savent plus où donner des coups de pelles ! Les charretiers chargés d’enlever les ordures devant les portails pour quelques pièces se font de plus en plus rares. « Cette situation risque de créer d’autres problèmes. C’est à peine si les familles arrivent à manger à leur faim pour espérer lutter contre les rongeurs et moustiques qui sont de plus en plus nombreux » souligne préoccupé Marc Abi habitant de Yopougon Selmer. En effet il est fort probable qu’Abidjan dans les jours avenirs puissent être confrontée à des cas de dingue, de paludisme, de choléra (surtout dans les quartiers défavorisés) et surtout d’autres infections véhiculer par les souris et rats.

Les zones les plus touchées sont les quartiers commerçants, les quartiers d’habitation populaire et les bordures de lagune qui sont de plus en plus méconnaissables ! Sur certains tronçons les ordures s’étendent sur 300 à 500 mètres. Quelques riverains tentent en vain de lutter contre la prolifération des ordures en organisant des rondes pour vider les poubelles chaque fin de semaine. Il s’agit d’une initiative louable mais une goutte d’eau dans la mer dans la mesure où ces ordures enlevées se retrouvent dans des dépotoirs sauvages non loin des mêmes zones d’habitation !

Suy Kahofi

Lire la suite
06. janv.
2011
Société
4

Abidjan : quand la rumeur fait son show !

Des bruits de couloir, des murmures, des chuchotements, des rumeurs font l'actualité à Abidjan

A Abidjan toutes les informations ou presque sont d’abord des bruits de couloirs, des murmures, des chuchotements… des rumeurs ! Malheureusement celles-ci ont la réputation de créer bien souvent des chocs psychologiques.

La rumeur n’appartient à personne, à aucun camp politique mais elle semble servir la cause des uns et des autres. Difficile de dire où et quand elle naît mais son action est visible auprès des populations !

La rumeur de la décennie

L’exemple le plus frappant de ces dix dernières années concernant les rumeurs en Côte d’Ivoire fut celle qui annonçait la mort du Président Jacques Chirac. En 2004 après les évènements de l’hôtel Ivoire, alors que le sentiment anti-français avait atteint son pic, une rumeur a permis à tout le pays de vibrer quelques heures. La Côte d’Ivoire venait de perdre lamentablement un match de foot des éliminatoires combinés CAN coupe du monde face au Cameroun. Chacun a préféré rentrer se coucher mais quelques heures après cette grande tristesse Abidjan était en joie ! « Je n’avais jamais vu les Ivoiriens en joie à ce point depuis le début de la crise ! Au début j’avais du mal à comprendre ce qui se passait puis un chauffeur de taxi m’a lancé l’information : tu n’es pas dans le pays ? Chirac vient de mourir ! » se rappelle Yannick Kouamé. Les fêtards d’un soir ont juste eu le temps de passer leur ivresse pour constater que le président français était toujours vivant !

Les rumeurs dans la crise

A l’origine le bouche à oreille servait à véhiculer les rumeurs mais aujourd’hui elle s’est mise à la mode des NTIC ! Sms, email et sites de partage sont les supports les plus utilisés. Dans ce contexte la rumeur devient une arme pour combattre le camp en face. Les protagonistes engagés dans la crise post-électorale redoutent bien la rumeur car elle est utilisé pour semer le doute chez les Ivoiriens dont plusieurs n’ont pas les moyens de savoir si elle fondée ou pas. Alors chaque jour qui passe engendre de nouvelles rumeurs.  Les dernière en date sont les suivantes : le dialogue direct Ouattara Gbagbo, les maisons marquées et le retour des escadrons de la mort ! Si la première rumeur avait réussit à attirer l’attention des Ivoiriens, elle a vite été démenti par le gouvernement d’Alassane Ouattara. Les deux autres par contre ont crée un véritable psychose ! Les maisons marquées telles que présentées par monsieur tout le monde sont des cibles pour les mercenaires qui élèvent et tuent. Des informateurs anonymes dit-on sont chargés de repérer ‘’les ennemis’’ des différents régimes. « Depuis que j’entends parler des maisons marquées je ne trouve plus le sommeil. Je ne suis pas du même bord politique que mes voisins alors j’ai peur que l’un d’entre eux me livre » s’inquiète Mlanhoro Eude. La peur, voici ce que crée la rumeur chez plusieurs Ivoiriens surtout quand il s’agit du phénomène des escadrons de la mort ! Rumeur ou pas quand on parle d’escadrons de la mort à Abidjan chacun retient son souffle ! A défaut d’avoir des véritables conclusions d’une enquête sur leur existence, les escadrons sont toujours restés dans le domaine de l’imaginaire mais on leur attribue un nombre important de meurtres et d’exécutions sommaires.

Pour beaucoup d’Ivoiriens bien que la rumeur soit un flot d’informations à peine vérifiées ou vérifiables, elles pourraient bien contenir une part de vérité. Alors attention, la rumeur se repend comme une traînée de poudre dans la cité, gare à celui ou celle qui osera lui prêter une oreille même distraite.

Suy Kahofi

Lire la suite
05. janv.
2011
Nouvelles du pays
0

La crise Ivoirienne dans l’impasse

Les présidents Ouest africains ont-ils échoué dans leur mission?

Deuxième mission de la CEDEAO en Côte d’Ivoire et toujours le statu KO. Laurent Gbagbo n’entend pas céder son fauteuil à Alassane Ouattara malgré toutes les garanties de l’organisation sous régionale. La menace d’utiliser la force pour déloger le président sortant s’éloigne et cède la place au dialogue.

Un dialogue de sourd car chaque camp refuse d’entendre les explications de l’autre. Dans le camp de Laurent Gbagbo on assure qu’il existe une solution pacifique à la crise post-électorale par le dialogue. Le conseiller diplomatique de Laurent Gbagbo, Gnamien Yao a affirmé que « la communauté internationale n’avait pas de soucis à se faire » et que « la Côte d’Ivoire fait office d’exception ». Il a rappelé que la Côte d’Ivoire a traversé des périodes plus difficiles que celle qu’elle vit et qu’elle s’en sortira par la voie du dialogue. « De quel dialogue parle Laurent Gbagbo ? » s’indigne Ali Coulibaly le conseiller diplomatique d’Alassane Ouattara. « Le président sortant a eu toutes les chances pour se retirer dignement, il n’est plus question de dialogue : il a perdu les élections qu’il parte ! ». Les positions se radicalisent au plan politique et pendant ce temps la misère et la fracture sociale gagne du terrain. Les affrontements inter-ethniques sont de plus en plus importants dans l’ouest du pays, des voisins ne s’adressent plus la parole, des jeunes se regardent en ennemis et sont toujours prêts à la bagarre et aux propos injurieux pour le moindre motif. Les enlèvements, intimidations et meurtres sont le quotidien des Ivoiriens. Plus grave, le nombre de réfugiés Ivoiriens a passé le cap des 20.000. Il s’agit notamment de femmes et d’enfants épuisés par de longues heures de marche dans la forêt.

L'organisation ouest africaine se réserve le droit d'utiliser la force

La CEDEAO n’écarte toujours pas l’usage de la force même si celle-ci s’éloigne un peu pour le moment. Seule annonce qui aurait pu détendre l’atmosphère, celle de la possible levée du blocus autour de l’hôtel du golf. Une première annonce en se sens avait été faite mais sans aucun effet sur le terrain, pire les religieux et autres acteurs de la société civile qui ont tenté d’approcher l’hôtel ont été repoussé de façon peu recommandable. Les militaires ont souligné qu’ils étaient en zone de guerre ! Pour les militants du RHDP c’est du ‘’blaguer tuer’’ ! « Les intensions de monsieur Gbagbo ne peuvent être que lugubres ! Il veut lever le blocus pour infiltrer l’hôtel et s’attaquer à nos leaders » souligne Soumahoro un jeune militant venu à cocody pour prendre des nouvelles d’un ami porté disparu. Il va plus loin en demandant que « le blocus reste pour éviter que quelqu’un ne tente d’éliminer les ministres de Soro et tout autre personne du camp Ouattara ». Dans ce contexte explosif, les ressortissants étrangers retiennent leur souffle et préfèrent ne pas penser à une intervention militaire de la CEDEAO. « Nous ne voulons pas subir le même sort que les français » s’inquiète Bassirou un ressortissant nigérian commerçant à Treichville. « Si nos Présidents veulent attaquer Gbagbo ses supporters peuvent se venger sur nous ! » conclu le jeune homme avant de prendre congé de nous.

Suy Kahofi

Lire la suite
« »
  • 1
  • …
  • 82
  • 83
  • 84
  • 85
  • 86
  • 87
  • 88
  • …
  • 92
Restez au parfum de l'actualité Ivoirienne!

Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

Populaires

L’enrôlement biométrique des étudiants Ivoiriens est lancé
12 juin 2012
Côte d’Ivoire : Compendium des compétences féminines Ivoiriennes
5 octobre 2011
ARRET SUR IMAGE !
27 novembre 2010
Monsieur Compaoré, voici des tuyaux pour réussir votre exil
3 novembre 2014
Un anniversaire passé sous silence
8 décembre 2010
La côte d'ivoire au jour le jour! © 2026
-
BLOG DU RÉSEAU MONDOBLOG
Mentions légales Centre de préférences
363