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La côte d'ivoire au jour le jour!
30. janv.
2011
Côte d'ivoire
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Al Moustapha, crache sa part de vérité !

Pour avoir dit tout haut ce que le clan Gbagbo cache, Al Moustapha le leader du mouvement J’aime Gbagbo vit aujourd’hui en exile au Sénégal. Chaque jour qui passe rapproche les Ivoiriens de la vérité. Comme quoi se sont les mêmes caciques du régime Laurent Gbagbo qui viendront tour à tour cracher leur part de vérité.

 

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29. janv.
2011
Chronique
1

Sommet de l’Union Africaine : rendez-vous historique entre l’Afrique et la Démocratie

L'Union Afrique joue toute sa crédibilité dans le dossier Ivoirien

Addis-Abeba capitale de l’Ethiopie et haut lieu du panafricanisme abritera le Sommet de l’Union africaine (UA). Sur l’agenda des échanges figure les crises que vit le continent : Tunisie, Algérie, Egypte et surtout la Côte d’ivoire dont la crise post-électorale menace toute la sous région. La question à laquelle les chefs d’Etats auront à répondre est toute simple : que faut-il faire pour que Laurent Gbagbo quitte le pouvoir ? Deux blocs seront donc opposés : les pro-gbagbo tiré du bout du nez par l’Angola et les pro-ouattara mené par la CEDEAO.

Tous les chefs d’Etats africains ont été unanimes sur le fait qu’il faut trouver une solution négociée et surtout pacifique à la crise ivoirienne. Mais après plusieurs médiations le président sortant ivoirien battu aux dernières élections refuse de céder le fauteuil à son rival. Tous les médiateurs de l’Union africaine ont échoué ! De Thabo Mbéki à Raila Odinga, en passant par le président de la commission, Jean Ping. Faut-il encore parler de médiation face à un régime qui ignore tout du mot médiation, paix, droit de l’homme et démocratie ? N’est-il pas temps de s’aligner sur la position du Nigeria pour éviter encore des morts ? Pendant que les Chefs d’Etats tergiversent l’étau de la dictature se resserre sur le peuple. Le rapport de Human Rigth Watch confirme le caractère répressif des forces militaires et des milices fidèles à Laurent Gbagbo : viols, vols, meurtres, enlèvements, bastonnades…sont le quotidien des Ivoiriens qui ont le malheur d’être opposé au régime de Laurent Gbagbo. Les violations des droits de l’homme s’accentuent avec des privations générales d’eau et d’électricité de toute la zone CNO sous contrôle des Forces Nouvelles. Qu’espèrent donc les Chefs d’Etats africains d’un tel régime qui brime son peuple ? On lui a envoyé des émissaires, on l’a menacé d’une intervention militaire et il est toujours là : certainement qu’il s’agit d’une manière de dire que « seule la force me fera partir ! » Certains appellent à un soulèvement comme en Tunisie : je répond à ces derniers qu’ils ne connaissent pas l’armée et les milices de Laurent Gbagbo suréquipés grâce à la bénédiction de l’Angola et de la Biélorussie. Descendre dans la rue c’est s’offrir en objectif de tir à balle réelle pour une armée qui a choisi d’être contre le peuple ! La gangrène du régime déchu contamine aussi toute la CEDEAO : la banque centrale est nationalisée et ses coffres pillés. Les ressortissants de la CEDEAO vivants en Côte d’Ivoire sont brimés et rançonnés. Le laxisme des chefs d’Etats fait qu’aujourd’hui Alassane Ouattara est présenté comme l’ennemi du peuple par le clan Laurent Gbagbo : « c’est lui qui ne veut pas qu’on vende le cacao, Ouattara a asséché les banques, il veut affamer les paysans et appauvrir les fonctionnaires ». Plus la Communauté Internationale se refuse à appliquer une solution radicale au problème Ivoirien, plus le gouvernement illégitime de Laurent Gbagbo gagne en notoriété ! Ruiner la Côte d’Ivoire, déstabiliser la CEDEAO, instaurer l’anarchie et la division au sein de la Communauté Internationale voici l’exploit que le clan Gbagbo veut réaliser avant de couler définitivement.

Le peuple Ivoirien a décidé de confier son avenir à l’Union Africaine parce qu’elle croit en un idéal démocratique africain. Pour une fois dans l’histoire de ce continent il faut que les choses changent ! L’Afrique ne doit pas manquer ce rendez-vous historique avec la démocratie. Nous devons montrer que nous sommes capable de présenter une autre image de notre continent au monde. L’ONU, l’UA, la CEDEAO en somme la Communauté Internationale joue toute sa crédibilité dans le dossier Ivoirien. L’Afrique devra faire un choix : rester dans l’air des dictatures et des partis uniques ou adopter après cinquante ans d’indépendance des valeurs démocratiques. La jeunesse Ivoirienne et africaine en général tourne donc son regard vers la terre natale du Négus.

Suy Kahofi

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28. janv.
2011
NTIC & Hi tech!
6

Impact des réseaux sociaux en Côte d’Ivoire

Mobilisation de la toile pour Kouamouo (en lunette) et Oula Claver

Il a fallu bien peu de temps pour que les internautes Ivoiriens envahissent les réseaux sociaux. Les habitués du net ont au moins un profil sur Netlog, Unik, twitter et surtout sur le plus célèbre des réseaux sociaux facebook. Sur la toile chacun a ses petites habitudes mais l’objectif est partout le même : être vu, échanger et surtout toucher un maximum de personnes au cas où l’on organise un évènement.

Les habitudes sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux chacun a ses petites habitudes. Il y a ceux qui viennent exclusivement pour le tchat et pour se faire des amis, ceux qui sont des passionnés de vidéos en ligne, de partage d’images et vient pour finir les professionnels qui utilisent les réseaux comme support de travail. « Je suis constamment sur facebook car j’appartiens à un petit club de collectionneurs de chaussure de sport. Je viens afficher mes dernières trouvailles et voir celles de mes amis » affirme Soro. « Moi je suis mannequin et je viens pour afficher mes photos. Elle me permettront d’être vu par des stylistes ou des responsables d’agence » déclare Xéna. Philipe Kouakou est commercial dans une entreprise d’électronique et la meilleure façon pour lui de faire la publicité de son nouvelle arrivage c’est de se connecter sur le profil facebook de son entreprise. Il affiche fièrement ses 3762 amis ! « Avec autant d’amis je suis sûr de toucher un nombre important de personnes. 3762 à la base sans compter les amis de mes amis et si je me dis que chacun à au moins 300 amis imaginez-vous combien de fois ma pub sera efficace » affirme le jeune homme avec un sourire malicieux ! Facebook et twitter sont également l’empire du show-business abidjanais : pour les spectacles, soirées dansantes, bal à thème et show case les tenanciers d’espace de divertissement ont leur profil. « Le face’ c’est la meilleure manière de toucher les night-cluber » affirme Souverain 1er gérant d’un bar à la rue princesse à Yopougon avant de conclure « je peux sans risque de me tromper dire que les réseaux sociaux te font économiser 40% de ton budget de communication ». Journalistes et bloggeurs utilisent également les réseaux pour partager vidéos, photos mais surtout les liens de leurs articles.

Les victoires des réseaux en 2010

Les réseaux sociaux ont montré leur efficacité à plusieurs reprises en Côte d’Ivoire. J’en veux pour preuve deux évènements majeurs au cours de l’année 2010 : la libération du journaliste Théophile Kouamouo et l’opération don de sang pour Jodah. Théophile Kouamouo est un journaliste et bloggeur célèbre. Patron du quotidien Nouveau Courrier, il est le créateur de la première plate forme de blog en Côte d’Ivoire : Ivoire Blog. Aussi lorsque la justice Ivoirienne met le grappin sur l’homme et deux de ses collaborateurs pour une enquête sur la filière café-cacao c’est toute la toile qui se mobilise pour sa libération. Les messages de soutien sont postés et partagés via twitter et facebook. L’effet était immédiat sur le terrain car à chaque marche et à chaque procès ceux qui connaissaient Théo par le net venaient le soutenir. Certains internautes ont même pu voir Théophile Kouamouo pour la première fois car il était plus un ami virtuel pour plusieurs personnes ! Cette mobilisation a certainement contribué à apporter un soutien moral aux détenus et à contribuer à leur libération. L’histoire de Jodah quant à elle est une chaîne de solidarité virtuelle qui s’est matérialisée. La jeune fille luttait entre la vie et la mort car elle avait besoin d’une transfusion : étant d’un groupe sanguin rare il lui fallait un donneur mais où le trouver ? Un message diffusé par la bloggeuse Ghislaine Attha et relayé via les réseaux sociaux entraîne une véritable mobilisation pour Jodah. L’action virtuelle se matérialise en une chaîne de donneur et grâce à la mobilisation des internautes Jodah est sauvée d’une mort certaine !

Les réseaux sociaux continueront d’attirer des milliers d’Ivoiriens quand bien même souvent on regrette des dérives. Les injures, photos obscènes et commentaires déplacés font aussi le quotidien des échanges sur facebook mais ces dérives ne sauront en rien jeter une ombre sur le côté positif des réseaux sociaux.

Suy Kahofi

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27. janv.
2011
SOS
2

Les femmes au cœur des fumoirs Abidjanais

La drogue fait de nombreuses victimes parmi les femmes

Un nombre de plus en plus important de femmes consomment la drogue et sont des fidèles abonnées des fumoirs d’Abidjan. De Cocody à Marcory en passant par Abobo et Treichville, les habitués connaissent l’emplacement exact des boutiques tenues par les dealers. Nos guides dans les nuits chaudes d’Abidjan ont pour surnoms Adamo et Che Guevara, deux revendeurs de drogue à Marcory. Contre la garantie de ne plus chercher à les revoir après notre enquête, ils ont accepté de nous guider sur les pas des filles du réseau.

Les raisons d’une addiction de plus en plus importante

« Les filles qui viennent ici pour se gbaner (se droguer) sont les gos (petites amies) des kêneurs (vendeurs de drogue). Elles vendent aussi la drogue mais elles fournissent surtout les tchoins (prostitués) et leurs patrons » souligne d’entrée de jeu Adamo. Son territoire à lui c’est le bas du pont aux environs d’Anoumabo. Là, il voit défiler chaque jour un nombre important de jeunes filles. « La drogue on y vient souvent par imitation et à force de vivre avec quelqu’un qui consomme ‘’ça’’ tu finis par aimer. Or ce qui est mauvais c’est que quand tu commences, tu ne peux plus t’arrêter » affirme Adamo avant de conclure « les filles qui viennent ici sont de toutes les couches sociales : commerçantes, étudiantes et même fonctionnaires ». Il reconnaît souvent des anciennes clientes devenues aujourd’hui femmes au foyer qui reviennent pour une petite dose : « la drogue ça ne s’oublie pas » nous dit-il. Les filles qui se droguent viennent parce que poussé ou pour ne pas avoir froid aux yeux. Elles recherchent pour certaines les amphétamines et de l’herbe. L’héroïne et la cocaïne étant plus chers, elles les récupèrent généralement pour la vente à des consommateurs nantis.

L’organisation du réseau

Plusieurs filières de vente existent dans le marché abidjanais de la drogue. Par exemple, les étudiantes consomment et rachètent la drogue pour alimenter leurs réseaux sur les campus. Au sein de ce réseau, on compte un nombre important de filles qui le jour sont étudiantes mais la nuit deviennent des prostitués. La drogue leur permet de tenir le coup et ‘’d’aligner’’ un nombre plus croissant de clients. Les macros utilisent la drogue pour le dressage de leurs protégées. Elles sont généralement jeunes et viennent des pays comme le Togo et le Ghana. Ces prostituées de luxe sont très appréciées dans les milieux chics de la ville et les bars de strip-tease. « Quand ils ‘’recrutent’’ les filles, ils les bourrent de drogue et les font violer en série par des hommes. La fille ‘’rodée’’ est jetée sur le bitume avec chaque matin une dose pour ne pas être timide, tenir contre la faim et faire le meilleur profit » soutien Adamo.

Corruption et pot de vin

Certains policiers sont connus du milieu : ils viennent pour prélever la taxe en nature ou en espèce et laissent le business se poursuivre. Dans les fumoirs on vend un peu de tout : marijuana, cocaïne, haschisch et des comprimés (bleu bleu) qui font parti d’une gamme d’amphétamine. Les doses ont un prix qui oscille entre 100 f et 9000 f CFA. A ce prix les victimes féminines se comptent par dizaine et si certaines ne deviennent pas folles, elles finissent dans des camps de délivrance ou des hôpitaux.

Victimes et cure de désintoxication

Elisabeth que nous avons croisée complètement bourré dans un fumoir à Anoumambo est aujourd’hui internée dans un camp de délivrance à Treichville. Ce camp a accueilli un célèbre chanteur de zouglou pour son addiction aux drogues dures ! Ici la désintoxication se fait seulement par la prière et les crises dues au manque sont récurrentes. « C’est pas facile : on nous impose des jeûnes, on prie beaucoup et nous sommes enchaînés car pour eux nous sommes fous ! » soutien Elisabeth une grosse chaîne au pied. Pendant que nous échangeons, une fille internée pour les mêmes raisons se met nue sous nos yeux. Les démonologues nous prient de quitter les lieux. Nous retrouvons alors Che Guevara : c’est un dealer VIP ! Il fournit des bars climatisés et des boîtes ayant des fumoirs. « Dans ces bars il y a des salles où les gens se retirent pour fumer ou sniffer. Les femmes qui y viennent sont des grandes Dames, on ne pourra jamais les soupçonner la journée » souligne notre guide. Dans ces bars les fumoirs sont dissimulés par des trompes l’œil et on y entre qu’après avoir montré patte blanche.

Bien que des associations de femmes se battent contre ce fléau, les efforts pour arriver à stopper l’action des dealers et des propriétaires de fumoirs semblent rester vain. Le laxisme de la police des stupéfiants et celles des autorités Ivoiriennes est souvent critiqué. Que cache ce laxisme ? Qui protège qui dans ce business ? Difficile de percer les dessous d’une activité aussi lucrative.

Suy Kahofi

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26. janv.
2011
Nouvelles du pays
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Le gouvernement Laurent Gbagbo réquisitionne les agences de la BCEAO

Agence BECEAO Abidjan Plateau

Il y a une vingtaine de jours j’écoutais avec beaucoup d’intérêt un économiste sénégalais sur une chaîne de radio Internationale. Alors que les sanctions économiques s’abattaient sur les caciques du clan déchu, de nombreuses personnes se posaient la question de savoir d’où viendrait l’argent d’un régime qui n’est pas reconnu par la Communauté Internationale, les bailleurs de fond et plusieurs partenaires économiques. Cette même question fut posée à cet économiste sénégalais qui sans détour à sorti cette phrase : « la seule alternative pour le régime de Laurent Gbagbo de survivre c’est d’agir comme des rebelles, contourner les normes classiques et conventionnelles du commerce internationale, forcer le coffre des banques ou s’accaparer des structures financières sous-régionales… ». Je ne sais si cet économiste est devin mais sa prédiction est en train de se réaliser. Le pouvoir financier, le gouvernement Aké N’gbo l’a perdu à Bamako lors 15ème sommet de l’UEMOA : la signature de Laurent Gbagbo ne vaut rien au guichet de la banque ouest africaine. Pour contourner cette décision qui signifie clairement que ses pairs ouest africains ne le reconnaissent plus comme président, le Woody ‘’prend en bri’’* ce qui lui a été arraché. On réquisitionne les agences Ivoiriennes de la BCEAO et le personnel national au nom de la sacro-sainte Constitution Ivoirienne. Ah la Constitution Ivoirienne : toujours elle ! Pour brigander le fauteuil présidentiel c’est elle, falsifier le résultat des élections c’est encore elle, contourner une décision de l’UEMOA c’est toujours elle…Si elle pouvait servir à rendre le pouvoir dans la dignité ce serait mieux !

Dans l’euphorie de la lecture du décret portant réquisition des agences nationales de la BCEAO le ministre de l’économie et des finances Mr Dallo Désiré a certainement oublié de mentionner que cette réquisition englobe également les coffres-forts des agences ! Avant donc d’émettre le franc Ivoire ou le gbagbo Dollars, il faut bien épuiser les juteux CFA de la BCEAO. Attitude ridicule, quasi burlesque pour un régime qui prétend avoir ‘’les riens solides’’ ! Quelle surprise doit-on attendre de ce régime qui s’accroche, s’accroche et s’accroche ? Certainement des agissements à la Pablo Escobar : blanchiment d’argent, fausse planche à billet pour CFA en vue de déstabiliser la zone monétaire, exportation du cacao par des pays limitrophes, casse de banque déguiser en braquage…que sais-je encore ? Le régime déchu de Laurent Gbagbo présente une image négative de la Côte d’Ivoire, le peuple Ivoirien est ridicule à la face du monde et j’en veux pour preuve l’installation à Paris de l’ambassadeur Ali Coulibaly.

L’odyssée du ridicule se poursuit cher amis de La Majorité Présidentielle et je sais que vous êtes très heureux de cette situation. Alors pour faire comme la reine mère du régime et consacrer ses nouveaux slogans je dis à mon tour :

– réquisition des agences de la BCEAO ! oh honte !

– fin des accréditations des ambassadeurs ! oh honte !

– menace de retrait de l’UEMOA ! oh honte !

A tous les Ivoiriens qui savent ce que signifie patriotisme et respect de la volonté du peuple, sachez que la fin de la souffrance, des assassinats, des enlèvements et des camps de réfugiés est proche ! Aussi bien qu’aucune situation de dictature n’est éternelle, le moment viendra et il vient où les sanctions ciblées et les stratégies d’asphyxie économique porteront leurs fruits avec à la clé le grand déballage du sordide plan visant à usurper au peuple Ivoirien SA VICTOIRE.

Suy Kahofi

*prendre de force en nouchi (langage de rue ivoirien)

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25. janv.
2011
Chronique
8

L’étranger n’est pas un ennemi

La Côte d’Ivoire est-elle encore une terre d’hospitalité ?

« Les ennemis de l’Afrique se sont les africains ». Cette phrase extraite d’un des tubes à succès du pape du reggae africain, Alpha Blondy m’a toujours séduit dans la mesure où elle met le peuple africain devant ces responsabilités. L’africain aime bien accuser l’occident lorsqu’il a des problèmes : c’est toujours l’autre et jamais lui ! L’africain ne se remet jamais en cause : se sont les blancs qui ne veulent pas de son bien, la France lui apporte la guerre, les USA colportent les génocides, Dieu lui-même ne veut pas de son bien car nous avons la peau noire et nous sommes donc les descendants maudits de Noé. A force d’accuser l’occident, l’étranger ou le blanc, l’africain a fini par développer un pseudo panafricanisme qui a muté vers une xénophobie sans égale ! C’est malheureusement sur cette fibre ultra-nationaliste que nos chers dictateurs et dirigeants corrompus jouent pour endoctriner le peuple ! Même entre nous africain nous nous rejetons la pierre de nos échecs.

Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, l’échec né du second tour de l’élection présidentielle qui a débouché sur une crise post-électorale est imputé à l’étranger. La France, les USA, le Burkina Faso, le Mali…bref la CEDEAO, L’ONU, l’UA pour ne pas dire que le monde entier est ennemis du peuple Ivoirien. Avant d’accuser et de menacer les étrangers vivants en Côte d’Ivoire, j’aimerais que la jeunesse de mon pays comprenne que nous sommes à l’origine de nos problèmes. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu un malien, un burkinabé, un togolais ou un béninois aller aux urnes : se sont les Ivoiriens qui sont allés aux urnes et donc s’il y a un problème c’est d’abord eux. Alors pourquoi les ressortissants étrangers vivants en Côte d’Ivoire doivent-ils cueillir des propos xénophobes du simple fait que l’ECOMOG décide d’intervenir en Côte d’ivoire ? Pourquoi des ressortissants français sont intimidés quand ils circulent en voiture ? Les étrangers vivants en Côte d’Ivoire ne sont pas allés chercher l’ONU, se sont les Ivoiriens qui ont fait venir la mission. Avant de s’en prendre donc au pauvre vendeur de garba nigérien, au charretier burkinabé, au maçon togolais et aux boucher nigérian qui savent à peine ce que signifie CEDEAO, les Ivoiriens doivent comprendre qu’ils sont à la base de leur problème. Il faut commencer par cette étape avant de penser à trouver des voies pour une sortie de crise. De grâce chers Ivoiriens vous devez comprendre que la politique extérieur de Nicolas Sarkozy n’a rien en commun avec les français vivants en Côte d’Ivoire. La politique extérieur de Blaise Compaoré n’engage pas les burkinabés vivants en Côte d’Ivoire. « Après la crise chacun rentre chez lui » triste d’entendre ce genre de réflexion au moment où la Côte d’Ivoire dit prier pour la paix. La Bible et le Coran n’attestent-ils pas que l’étranger est une source de bénédiction ? Chacun chez lui : nous mettons les 17.000 français dehors et Sarkozy nous rapatrie les 50.000 Ivoiriens résidents en France sans compter le nombre incalculable de sans papiers ? De même qu’un Libanais est étranger en Côte d’Ivoire, un Ivoirien est aussi étranger en Afrique du Sud et même plus proche de nous au Burkina. Arrêtons de nous intoxiquer à la sève de la haine de l’étranger et pensons à résoudre nos problèmes.

Suy Kahofi

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24. janv.
2011
Nouvelles du pays
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15ème Conférence des chefs d’Etat de la zone UEMOA : la victoire du gouvernement Soro

Dakoury Philippe Henri: la grande victime de 15ème Conférence des chefs d'Etat de la zone UEMOA

15ème Conférence des chefs d’Etat de la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) ce samedi 22 janvier, la crise post-électorale ivoirienne a dominé les débats. Bien qu’invité à cette conférence le président Laurent Gbagbo n’a pas fait le déplacement vers Bamako. Certaines indiscrétions faisaient néanmoins état d’envoyés du gouvernement Aké N’gbo présentés dans les couloirs de la conférence comme un groupe de lobbying auprès des décideurs de l’UEMOA. Au sujet de la crise Ivoirienne qui a dominé les débats le président en exercice de la Conférence, Amadou Toumani Touré a tenu à souligner pourquoi la crise ivoirienne mérite toute l’attention des Etats membres de l’UEMOA. En effet le pays représente environ 40% de la masse monétaire du bloc et une crise à long terme pourrait bien fragiliser l’union. « Quand la Côte d’Ivoire s’enrhume c’est toute l’UEMOA qui tousse » avait-il lancé en prélude aux travaux des chefs d’Etats. Le président Amadou Toumani Touré comme la majorité de ses pairs africains n’a pas manqué de souligné que la meilleure manière de trouver une solution à la crise post-électorale Ivoirienne demeure le dialogue.

Au-delà de l’aspect politique de la crise Ivoirienne, l’UEMOA s’est également penchée sur le contrôle des comptes de la Côte d’Ivoire à la BECEAO. Sur ce point économique, le gouvernement Soro remporte une victoire avec à la clé la démission du gouverneur Philippe Henri Dakoury Tabley, acculé pour une présumé opération de 80 milliards sur le compte Ivoirien de la BECEAO à destination du gouvernement Aké N’gbo. Difficile de parler de démission car dans son adresse à la presse Mr Dakoury a clairement souligné qu’il « a été contraint à la démission ». Il consacre certainement une formule politiquement correcte pour parler de limogeage. Malgré les contestations du gouvernement de Laurent Gbagbo, il revient désormais au Docteur Alassane Ouattara de nommer le prochain gouverneur. On pourrait dire que l’opération séduction de Soro Guillaume consacre une victoire du type trois en un : la signature d’ADO validé, sa victoire reconnue et la nomination dans les jours avenirs d’un nouveau gouverneur.

Suy Kahofi

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23. janv.
2011
SOS
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Pays en crise cherche médiateur

La crise ivoirienne perdure et fait chaque jour des victimes

« Il faut sortir de la crise Ivoirienne sans un seul coup de feu, de façon pacifique » voici la rengaine martelée par tous les diplomates et tous les chefs d’Etats africains qui se prononcent sur le brûlant dossier Ivoirien. Depuis le 28 novembre 2010 on assiste à un ballet incessant de médiateurs sur les bordures de la lagune Ebrié. Malgré l’expérience des uns et des autres, chacun bute sur l’intransigeance d’Alassane Ouattara et surtout celle de Laurent Gbagbo. Seul contre tous le Woody de mama sait que tous les médiateurs qui viennent au palais le croiser sont porteur d’un seul et unique message : « vous devez céder la place à votre rival ». Or Laurent Gbagbo n’étend pas céder à cette injonction ! Dans ce cas de figure le camp LMP trouve désormais que tous les médiateurs sont les ennemis de leur charismatique leader. Alassane Ouattara quant à lui ne semble pas avoir de problème : tous les médiateurs font l’affaire de l’ancien premier ministre d’Houphouët Boigny. Alors qui fera donc l’affaire du camp Laurent Gbagbo ? Voici, je pense quelques critères à remplir pour être le médiateur qu’il faut dans la crise ivoirienne.

Critère N°1 et non des moindres ne soyez ni l’ami de Gbagbo ni celui de Ouattara : neutralité totale. Ensuite ne reconnaissez pas la victoire de Ouattara au détriment de celle de Gbagbo : neutralité totale. Il vous faut par ailleurs respecter la constitution ivoirienne, le conseil constitutionnel mais évité de cracher sur la CEI et la certification de l’ONUCI : neutralité totale. Ne pas égratigner dans son discours les FDS fidèles à Gbagbo et les FAFN fidèles à Ouattara car aucun camp n’a un charnier à cacher et défend la république à sa manière. Le médiateur doit éviter les mots qui fâchent : on ne traite pas les jeunes patriotes d’ultra nationalistes à la solde de Laurent Gbagbo et les forces de l’ONUCI n’apportent pas un soutien aux rebelles. On ne parle pas de blocus autour du golf car tout le monde est sous blocus : selon les rédacteurs du quotidien Le Jour Plus le président Gbagbo se déplace exclusivement entre le Plateau centre des affaires et sa résidence de Cocody. Le médiateur peut venir de tous les pays monde mais les pays qui feront l’affaire du camp Gbagbo sont  la Chine, la Russie et l’Angola. Enfin le médiateur doit avoir d’autres positions à défendre que celle de l’Union Africaine, de la CEDEAO, de l’UEMOA, de l’Union Européenne, des USA et de l’ONU. A lire tous ces critères on se demande bien s’il existe quelqu’un sur cette terre capable de les remplir ! S’il s’agissait de s’en tenir à ces critères les volontaires seront bien rares mais tout le monde veut sauver la Côte d’Ivoire et quand bien même le dossier soit brûlant chacun n’hésite pas à s’en saisir.

Alors si personne dans l’immédiat ne peut rempli toutes ces conditions choisissons l’option de Jacob Zuma : trouver un deal entre ADO et le Woody pour que les deux puissent ‘’gérer’’ la Côte d’Ivoire. Ils peuvent s’entendre puisse qu’ils se sont présentés aux Ivoiriens comme des personnes soucieuses de l’avenir de la Côte d’Ivoire mais surtout des amis de longue date.

Suy Kahofi

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22. janv.
2011
Société
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Opération pays mort : les raisons d’un succès mitigé

Difficile d’asphyxier un gouvernement sans courir le risque de s’asphyxier soi-même

L’opération pays mort lancé par le RHDP et le gouvernement Soro connaît un succès mitigé même dans plusieurs villes considérées comme des bastions du RHDP. Ce n’est pas faute de volonté ou un refus des populations car dans ce pays chacun suit son gouvernement, chacun suit son Président. Contrairement au débat politique qui se fait autour de ce mot d’ordre de débrayage général, les questions de fond liées à son suivi sont plutôt d’ordre social et économique.

Le petit tir à l’arc entre la presse pro-gbagbo et pro-ouattara au sujet de l’opération pays mort ressemble plutôt à une propagande qui vise à montrer de part et d’autre que la parole de Soro Guillaume ne vaut rien face à celle de Gilbert Aké. Ce perpétuel débat de ‘’qui bande mieux les muscles’’ estampillé Nouveau Réveil, Le Patriote Vs Notre Voie, Nouveau Courrier éloigne l’opinion des véritables raisons qui poussent les Ivoiriens au travail. Ce n’est pas par amour pour Laurent Gbagbo ou par méchanceté envers Alassane Ouattara que les Ivoiriens se rendent chaque jour au travail. Quand on est fonctionnaire c’est à la Côte d’Ivoire qu’on pense et non à deux personnes qui se battent pour un fauteuil ! « J’ai prêté serment pour soigner les Ivoiriens et j’entends le faire. Quand il y a deux présidents et que chacun campe sur sa position il faut regarder à une seule Côte d’Ivoire » souligne ce médecin du CHU de Cocody. « Si nous arrêtons de travailler notre pays va sombrer dans le KO et je pense que ni Gbagbo ni Ouattara ne le veulent » affirme Richard un jeune chauffeur d’entreprise. « Le patriotisme n’est pas définie par son degrés d’amour pour son parti ou son leader politique. Il l’est par l’amour pour son pays et c’est ce qui nous pousse à nous lever chaque matin » déclare Konan Sylvain. Au-delà de cet ‘’amour’’ pour la Côte d’Ivoire il y a les réalités économiques quotidiennes. Un nombre important d’Ivoiriens sont installés à leur propre compte. Les recettes journalières qui dans certains secteurs s’élèvent entre 500 ou 1000  f CFA sont celles qui font vivre les familles. Alors demandé à un papa à la retraite qui vit des revenus de sa boutique de baisser les stores, c’est lui dire de mettre en danger la vie de ses enfants ! « Ce que les médiations et les sanctions n’ont pas pu faire, ce n’est pas une opération pays mort qui fera changer les choses. Que les politiciens continuent de se chicaner : le peuple cherche son pain quotidien ! » déclare quasi énervé Aristide Yapo ingénieur en informatique.

Le RHDP a invité les hôpitaux et centres de santé à ne pas suivre le mouvement mais hélas dans plusieurs localités les structures sanitaires sont restées inaccessibles aux patients. Certains malades comme les tuberculeux et les séropositifs espèrent ne pas vivre leurs derniers jours. Le soutien de la Banque Mondiale étant out, il sera bien difficile pour ces derniers de se soigner correctement. Les Ivoiriens sont épuisés par une crise qui chaque jour semble perdurer. Pauvreté, faiblesse du pouvoir d’achat et incertitude quand à l’issue de la crise sont le quotidien des Ivoiriens qui dorment de plus en plus la peur au ventre. En effet après le dialogue les bruits de bottes et de mitraillettes risque d’être encore entendu. Pauvre Ivoirien quand pourras-tu sommeiller tranquillement et vivre heureux avec ta petite famille ?

Suy Kahofi

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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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