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La côte d'ivoire au jour le jour!
08. févr.
2011
Nouvelles du pays
5

La tension est montée de nouveau à ‘’Bagdad-City’’

La violence est quasi quotidienne à Abobo (image d'archive)

De nombreux Ivoiriens avaient parié que l’épicentre des violences de la crise post-électorale à Abidjan serait l’Hôtel du Golf à cause de la présence en ce lieu du Docteur Alassane Ouattara, de son gouvernement et des Forces Armées des Forces Nouvelles. Deux mois après le début de la crise, l’Hôtel du Golf semble être un asile pour enfants de cœur ! Là où se passe l’action, là où les problèmes sont quasi quotidiens c’est Abobo, un quartier majoritairement acquis au leader du RHDP. Les abidjanais qui savent trouver matière à plaisanter en toute circonstance baptisent désormais la commune Bagdad ou bande de Gaza !

Hier tous les abobolais qui étaient hors de leur quartier ont été priés de regagner leurs domiciles. A cause de la présence présumée d’insurgés hostiles à l’armée, le couvre-feu a été prolongé dans le quartier. Les jeunes résidents exacerbés par cette situation qui ralentie considérablement les activités économiques ont décidé de manifester contre l’application d’un décret qu’ils jugent « discriminatoire ». Les FDS fidèles à Laurent Gbagbo n’entendaient pas laissé faire : le quartier est sensible et tout attroupement peut virer à l’émeute. Leur intervention pour disperser la manifestation vire à la charge à Abobo Gare et derrière rail. Les tires à balles réelles (sommation) pour disperser la foule ont produit l’effet contraire sur les manifestants. Ces derniers énervés ont tenté de mettre le feu au commissariat du 21ème arrondissement. Cet acte a poussé les FDS à demander du renfort, attitude que les manifestants ont copiée aussitôt ! Les renforts en place, les affrontements se sont poursuivis tard dans la soirée avec des barricades dressées par les manifestants. Les riverains ont commencé dès 15 heures à se barricader chez eux de peur d’être touché par les violences. Pendant que la tension montait à Abobo, c’est tout Abidjan qui retenait son souffle : les retardataires d’un soir ont pressé les pas pour rallier leurs domiciles et les FDS armes en mains ont redoublé de vigilance. A propos des évènements d’hier à Abobo, le quotidien Ivoirien L’Expression croit connaître le bilan des affrontements qui s’élèverait à 3 morts.

Ce matin (7 h 57) alors que nous publions ce post, trois habitants de la commune nous ont confirmé une reprise normale de la vie avec la circulation des gbaka et l’ouverture des magasins et boutiques.

Suy Kahofi

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07. févr.
2011
Commerce
1

Le Port Autonome de San-pédro et la vente du cacao

Navire au large du port de San-Pedro

San-pédro, la grande cité balnéaire du sud-ouest de la Côte d’Ivoire abrite le premier port d’exportation ouest-africain du binôme café-cacao. Deux semaines après le décret du premier Ministre Soro Guillaume portant suspension des exportations du café et du cacao pour une période d’un mois, les professionnels de la filière ressentent déjà des difficultés à l’image de ce camionneur stationné à l’entrée du Port Autonome de San-pédro et visiblement mal informé de la situation sur le terrain. « Voici deux jours que je suis stationné à l’entrée du port : on nous refoule ! On arrive pas à décharger la marchandise et certains collègues nous ont dit que des usines ont déjà fermé et que d’autre vont suivre ».

Faute de matières premières brutes, les usines de stockage et de traitement ferment les unes après les autres. Cette situation menace directement des centaines d’emplois  notamment les contractuels tels que les chauffeurs, les chargeurs, les manœuvres au levage, les trieurs et une certaine catégorie d’usiniers qui vivent au jour le jour du revenu direct du café et du cacao. « Je suis un journalier: c’est ce que je gagne chaque jour qui me permet de vivre et je suis payé quand je travail. Sans le cacao je ne pourrait pas nourrir ma famille » affirme Olivier. Qu’en est-il des coopératives agricoles et d’exportation de la filière ? Comment vivent-elles cette situation ? Quels sont les problèmes auxquelles elles font face ? Elément de réponse avec Sylvestre Kouadio Directeur de la COPAME, Coopérative Agricole de Ménégbé située dans la Sous-préfecture de Gabiadjy. « Les coopératives se sont évertuées à faire venir leurs produits et nous sommes venus butter sur le refus des sociétés exportatrices et là nous sommes confrontés à plusieurs problèmes. Il faut payer le transporteur qui a convoyé le cacao, le stockage pose problème ce qui risque de détériorer le cacao et le produit ne trouve pas d’acheteur ».

Le Port Autonome de San-pédro fidèle à son dynamisme habituel fonctionne correctement. Son Directeur Commercial Guy Manoir nous dresse l’état des lieux et nous présente les perspectives qui s’offrent aux opérateurs de la filière dans les jours avenirs. « En 2010 nous avons exporté 1.200.000 tonnes et pour 2011 nous espérons un trafic autour de 1.300.000 tonnes. Le cacao qui est stocké nous disons que c’est pour une période momentanée. Nous allons peut être faire du surstock mais au finish nous allons exporter. Cette situation va arranger les exportateurs puisse que les prix auront grimpé ».

La filière café-cacao en Côte d’Ivoire permet à des milliers de familles Ivoiriennes de vivre. La décision du gouvernement Soro de suspendre les exportations sera lourde de conséquence dans l’immédiat pour les paysans dont le binôme agricole représente la seule source de revenu.

Quand bien même les exportateurs sollicités ont poliment décliné notre offre de se prononcer sur la situation, ils reconnaissent dans l’ensemble que l’arrêt des exportations pourrait entraîner la fermeture de plusieurs entreprises et par ricochet accroître le taux de chômage dans la région et dans tout le pays. Notons que 80% des entreprises exportatrices dont le géant américain CARGILL, l’entreprise CEMOI et le Chocolatier SACO suivent à la lettre cette mesure de suspension des exportations du café et du cacao.

Suy Kahofi

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06. févr.
2011
Côte d'ivoire
1

Compaoré stay out !

Les jeunes patriotes récusent le Président du Faso

Rues du Plateau désertes, dispositifs de sécurité impressionnants et quasi exceptionnels, check-points interminables des jeunes patriotes…Voici le visage qu’offrait le Plateau centre des affaires abidjanais en ce jour de meeting de la galaxie patriotique. Sur ordre du général de la rue, Charles Blé, désormais ministre de la jeunesse et de l’emploi du gouvernement de Laurent Gbagbo, les jeunes patriotes se sont réunis à la place de la République pour manifester leur opposition à l’arrivée du facilitateur Blaise Compaoré à Abidjan ce 05 février. Le quorum des rassemblements ordinaires du général ne fut pas atteint en cette journée car on pouvait compter entre 16.000 et 20.000 personnes sur la place. De nombreux militants ont préféré rester chez eux pour éviter des affrontements entre militants LMP et RHDP puisse qu’une marche de l’opposition était aussi prévu en ce jour. Le discours du général fut le même : patriotisme, ferme opposition à l’ingérence dans les affaires Ivoiriennes et refus du dicta de l’occident en Afrique. Sur les raisons réelles de sa mobilisation Charles Blé Goudé s’est voulu claire. « Il ne faut pas voir Blaise Compaoré dans le panel comme le président du Burkina. Ce n’est pas Compaoré qui est dans le panel c’est Nicola Sarkozy » a-t-il déclaré. Pour lui, l’UA doit revoir la composition du panel et retirant le président du Faso car « Compaoré est un acteur de la crise ». [youtube nqbMrbIYSPw 400 300]

Arrêtons de nous plaindre !

Que faut-il à la fin pour que l’Ivoirien soit satisfait ? Toutes les propositions semblent ne pas faire l’affaire d’un camp à chaque fois ! Aujourd’hui c’est les jeunes patriotes qui ne veulent pas de Compaoré or les mêmes ont salué hier la facilitation du même Compaoré à l’occasion des accords de Ouaga. Blé Goudé accuse Compaoré de soutien à la rébellion et à le voir défendre sa thèse on se rend compte que c’est seulement depuis de 16ème sommet de l’UA qu’il le sait ! Pour quelqu’un qui attaque la Côte d’Ivoire depuis 2002 pourquoi lui avoir laissé le soin de parrainer des accords de paix qui ont conduit à des élections ? Imaginons-nous si l’opposition devait se plaindre de la présence de Jacob Zuma puisse que l’Afrique du Sud a toujours soutenu militairement Laurent Gbagbo ? Pour les jeunes patriotes Sarkozy = Compaoré = Ouattara au RHDP on pourrait dire que Zuma = M’béki = Gbagbo ! Si ce panel doit être taillé comme un costume à la taille de Ouattara ou de Gbagbo, il fera toujours des mécontents ! A force de se plaindre et de défendre nos chapelles on oublie que la Côte d’Ivoire est au bord de l’implosion ! Sachons Ivoiriens qu’un remède peut être terriblement amer avec une odeur désagréable mais s’il doit nous sauver de la mort, bouchons nos narines et avalons-le !

Suy Kahofi

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05. févr.
2011
Commerce
3

La Rue Princesse d’Abidjan

Rue princesse, Rue de la joie!

« Quand je sors de mon quartier j’ai un peu froid car Yopougon c’est la joie, c’est la célèbre Rue Princesse et c’est surtout l’ambiance ». Ces propos sont ceux de Mr Gbamnan Djidan Maire de la commune de Yopougon qui aime bien présenter sa rue à chaque occasion. Il sait que venir à Abidjan sans visiter la Rue Princesse, c’est être à Paris et manquer de lever les yeux pour contempler la tour Eiffel. La Rue Princesse située dans la plus grande commune d’Abidjan (Yopougon) est la seule rue en Côte d’Ivoire qui compte le plus grand nombre de maquis, bars et cabarets au mètre carré. Ici chaque jour est jour de fête et même en pleine crise post-électorale, on oublie que le pays a des problèmes quand on foule la rue ! La bière coule dans tous les maquis, les filles de joie sont disponibles à tout heure et le commerce de tout genre se développe. En effet la Rue Princesse c’est l’endroit où des familles entières gagnent leur vie. De la vendeuse de poisson braisé au commerçant de sandwich en passant par le vendeur ambulant de cigarettes, ici chacun vient se faire de l’argent. Ce sont des milliers d’abidjanais qui circulent ici chaque soir et rien qu’à voir les commandes de bières livrées chaque jour, on peut facilement deviner le chiffre d’affaire des propriétaires de maquis. Les maquis de la rue sont de véritables PME. Ils embauchent au bas mot 6 à 10 personnes : les serveuses sexy et provocatrices à souhait, le Dj maître du son, le manager sensé attirer la clientèle, les techniciens de surface, les plongeurs et la sécurité !

Le jour, la rue vit au rythme du petit commerce. La nuit, les sonorisations assourdissantes des maquis l’animent jusqu’au petit matin. Avec autant de maquis on se dit que le client aura du mal à choisir. Erreur ! Chacun a déjà fait son choix en foulant la rue : certains aiment le calme et la musique feutrée des bars et d’autres les bruyants maquis où les DJs ne semblent jamais se taire.  « Plus le client est un bon payeur, plus il reçoit les attalaku et plus il prend ses points ! », souligne Dj Sénateur, une des nombreuses voix de la Rue Princesse. Arrêt sur le vocabulaire de la rue : le bon payeur c’est celui qui achète le plus de bouteilles, les attalaku sont des phrases flatteuses débitées sur un instrumental pour vanter les mérites du client, prendre ses points c’est séduire son entourage… Il faut donc connaitre le vocabulaire de la rue pour se déplacer sans problème. Par exemple, la Drogba c’est la grosse bière, la guigui la bière brune, casser le djony c’est commander la bouteille de whisky, siffler la lélé c’est finir sa soirée avec une professionnelle du sexe… Si les abidjanais adorent la rue c’est surtout pour le prix de la boisson qui plutôt bas !

La rue a également son côté obscure fait de descente musclée de policier pour déloger les prostitués et autres dealers de drogue. C’est aussi les filles de joie à peine sortie du berceau et surtout l’homosexualité qui gagne du terrain. Ces quelques tares ne sauraient ternir l’image de la rue qui chaque jour attire un peu plus d’Abidjanais !

Suy Kahofi

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04. févr.
2011
Société
3

Abidjan se débarrasse de ses ordures

Les ordures disparaissent petit à petit

Abidjan la perle des lagunes et capitale ouest-africaine de la joie met les bouchées doubles pour pouvoir se débarrasser des nombreux tas d’ordures qui ont proliféré depuis le début de la crise post-électorale. En effet depuis plusieurs semaines les entreprises d’assainissement de la capitale, privées de l’appui des bailleurs extérieurs n’ont pas pu libérer la ville de ses ordures. Aujourd’hui c’est petit à petit que la ville retrouve son visage de grande mégalopole.

Les bennes et balayeuses de la SAS (Société Abidjanaise de Salubrité) exécutent leur ballet quotidien apportant avec elles un lot toujours plus important d’ordures. Malgré le déploiement exceptionnel d’engin les autres entreprises à l’image de la SAS ont du mal à enlever les dépotoirs sauvages. « C’est vrai que les engins vont et viennent mais c’est pas du tout facile je m’en rend compte moi-même ! Ce dépotoir est monté en trois semaines et pour le moment il nargue les travailleurs ». Ces propos sont de Christine Kouadio une habitante de Cocody Danga qui chaque fois voit les effort entrepris par les balayeurs pour enlever les ordures. « C’est petit à petit que tout va disparaître » déclare Isaac un jeune charretier. Son job à lui consiste à récupérer le contenu des poubelles moyennant des pièces de monnaie. Les charretiers ont une action plus efficace sur le terrain : ils ont la chance de pouvoir collecter les ordures foyer par foyer. Ils soulagent donc les entreprises de la collecte au porte à porte. Dans cette opération de toilettage de la capitale tous les quartiers ne sont pas logés à la même enseigne. Le Plateau centre des affaires occupe la première position, Cocody le quartier présidentiel et ses ramifications suivent, viennent les quartiers d’habitation populaire tels que Treichville ou Yopougon. Il est vraiment salutaire que cette opération d’enlèvement des ordures en cette période de saison des pluies soit une priorité. La prolifération des ordures a occasionné le retour du choléra dans la capitale notamment dans le district sanitaire d’Adjamé ou la  maladie a tué 7 personnes en l’espace de quatre jours.

Les abidjanais placent beaucoup d’espoir en cette opération d’enlèvement des ordures car la capitale était méconnaissable il y a quelques semaines. En l’absence des bailleurs de fond comme la Banque Mondiale qui avait déboursé à l’époque la bagatelle de six milliards pour rendre le cadre de vie du district d’Abidjan propre, on se demande si les Mairies d’Abidjan et les entreprises pourront mener à bien cette tâche ardue.

Suy Kahofi

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03. févr.
2011
Côte d'ivoire
6

Sanctions et asphyxies économiques : le revers de la médaille

Asphyxies économiques: l'effet contraire peut se produire

Le Ministre français des affaires étrangères, Mme Alliot Marie à propos de la crise Ivoirienne soulignait que « les sanctions économiques à l’endroit du régime Laurent Gbagbo finiraient tôt ou tard par l’asphyxier ». Je ne veux pas douter de cette stratégie mais les sanctions économiques n’ont pas seulement un côté positif c’est-à-dire faire plier bagage à un régime déchu. Elles peuvent avoir des retombés désagréables pour le gouvernement élu et les populations.

L’argent le nerf de la guerre

Dans le conflit post-électoral Ivoirien, de nombreux chefs d’Etats préconisent le dialogue pour une sortie de crise pacifique. Néanmoins pour éviter que le régime sortant ne puisse dilapider les revenus du pays avant son départ et surtout profiter de ces revenus pour asseoir une dictature, les institutions internationales et les puissances occidentales ont décidé du gel des avoirs des caciques du régime. Cette mesure est payante car elle jette les bases d’une vaste opération visant à couper les vivres au clan Gbagbo. Depuis cette date le contrôle des finances, de la bourse et des avoirs du pays se présente comme une bataille importante dans la guerre politique que se livre les deux camps. Après l’UE, les USA et la France, la CEDEAO et l’UEMOA ont décidé de ne reconnaître que la signature du Docteur Alassane Ouattara. Les côtés positifs de cette décision sont importants : Laurent Gbagbo est privé d’une importante source de revenus. Certaines banques locales, succursales des grandes banques étrangères ne peuvent plus décaisser pour un ordre que son gouvernement émet. La liquidité après un délai très court se fera rare au plan national. La Côte d’Ivoire de Gbagbo qui disait pouvoir se passer du franc CFA et de la BCEAO n’a rien pu faire que de sauter sur les coffres de la banque centrale ! L’arrêt de l’exportation du cacao le prive aussi de recettes d’exportation importantes puisse que le pays est le premier producteur mondial. L’argent du cacao a servi à financer de bout à bout la guerre de Laurent Gbagbo avec la création de nombreuses structures dont le seul objectif étaient de piller les paysans pour enrichir la nouvelle bourgeoisie des réfondateurs. Ces mesures sont si efficaces que c’est haletant que le gouvernement Gbagbo a lancé sa vague de réquisitions, une manière politiquement correcte de dire nationalisation. Après s’être pris pour Martin Luther, Nelson Mandela, tout récemment pour Lumumba, le woody de mama porte aujourd’hui le nom de Fidel Castro de mama ! Ce qu’il oublie c’est que tous les peuples de la terre n’auront pas l’âme des Cubains car chaque peuple a ses habitudes et ses convictions. L’Ivoirien habitué à la bière, aux maquis, au luxe et à la belle vie pourrait-il accepter de vivre en dessous du seuil de pauvreté comme à Cuba ?

L’effet boomerang

Les sanctions économiques envoyées en pleine poire du régime Laurent Gbagbo n’ont pas seulement un côté positif. Bien au contraire elles sont en train de porter des fruits très amers qui risque à la longue de discréditer le gouvernement Soro. Au chapitre de la BCEAO, les Ivoiriens doivent comprendre que la fermeture des agences par Dakar posera le problème de la liquidité si la Côte d’Ivoire décide de rester dans la zone CFA. Les banques Ivoiriennes limitent aujourd’hui tout décaissement à leur guichet à 1 million ! L’absence d’argent frais pour payer les fonctionnaires et surtout les travailleurs du privé devient un problème aussi bien pour le régime en place que pour le gouvernement Soro qui sera présenté comme l’ennemi du peuple. « C’est à cause d’eux qu’on ne peut pas vous payer ! », « Ils n’ont jamais été pour le développement de ce pays », « Soro est contre les Ivoiriens et veut les affamer » pourra-t-on entendre dire dans les jours qui viennent. Quant au problème café-cacao il risque de créer l’émeute car il touche directement des millions d’Ivoiriens à commencer par des paysans le plus souvent illettrés et faciles à manipuler ! Voici un terrain fertile pour semer l’évangile anti-ouattara et le diaboliser à jamais. Si on arrive à couper les vivres à Gbagbo, on arrive aussi à laisser des millions de paysans sans revenus. Un intellectuel bien disposé d’esprit peut aisément comprendre une stratégie d’asphyxie économique mais pour le paysan celui qui empêche l’exportation du café et du cacao est son ennemi.

Sur le plan économique le temps joue désormais contre le Docteur Alassane Ouattara et non plus contre Laurent Gbagbo. Si la crise ne prend pas fin, le Président Alassane Ouattara sera dans l’esprit de nombreux Ivoiriens celui qui aura fait perdre à des pères de famille leurs emplois et ruiné l’économie du pays. La solution à la crise est ailleurs et plus on met du temps à l’appliquer, plus le Docteur Alassane Ouattara risque d’être isolé.

Suy Kahofi

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02. févr.
2011
Société
2

Le nouchi, une identité linguistique qui passe difficilement

L’artiste Ivoirienne Nash veut créer un dictionnaire Nouchi !

La Côte d’Ivoire c’est 63 ethnies réparties sur 332.462 Km². Le pays n’a donc pas l’avantage d’avoir une langue nationale comme le bambara au Mali ou le wolof au Sénégal. Pourtant en Côte d’Ivoire il existe un langage que de nombreuses personnes partagent et utilisent même dans leurs échanges. Il s’agit du nouchi, quelque chose que je définirais comme un français Ivoirien ou un créole Ivoirien !

Origine et composition d’un langage

Le nouchi si l’on s’en tient aux témoignages des aînés est vieux comme le pays ou plutôt comme les premiers mouvements et organisations de rue. Ce langage qui est surtout utilisé par les jeunes est composé de mots et d’expressions français, anglais mais aussi des langues locales et d’onomatopées. Le nouchi évolue très vite et semble s’enrichir chaque jour. Par exemple autour des années 70 pour dire je suis amoureux de toi on disait je suis mouk de toi mais de nos jours c’est je suis fan de toi ou je suis kpayôrô de toi ! Le nouchi s’impose à celui qui visite Abidjan et qui veut se fondre dans la masse pour ne pas être un gaou (un bleu). « Tout Abidjan est nouchi ! Regarde même la monnaie : 25 f c’est grô, 100 f c’est togo, 1000 f c’est krika…Tu peux trouver aujourd’hui des personnes qui ne parlent que nouchi et rien d’autre. Le bon français c’est pour les bureaux et l’école : la rue c’est le nouchi » affirme Brou N’guessan Issac chauffeur de taxi. Nombreux sont les mots français qui ont un équivalent en nouchi : woyo pour taxi, lalé pour portable, nanwlè pour vérité, gnaga pour bagarre, gbangban pour crise…les verbes aussi : appeler c’est wélé ou kpopko, frapper c’est dabâ, vendre c’est kêner, la c’est donner ! Alors un bonne phrase en nouchi ça donne ceci : « j’ai un nikwadja lalé, je vais te la mon tapement comme ça tu pourras me kpokpo ». Vous n’avez rien compris ? Voici la phrase en français : « j’ai un nouveau téléphone portable, je vais te donner mon numéro et tu pourras m’appeler ». Le nouchi porte avec lui également toute l’identité d’une jeunesse souvent marginalisée voir oubliée. Alors pour extérioriser cette peine certains artistes ont décidé de composer leurs chansons en nouchi pour toucher un maximum de personnes. Nash, Bony RAS, Julien Goualo, Billy Billy, Sans Soi ou Garba 50 sont autant de groupes et d’artistes qui ne parlent aux Ivoiriens qu’en nouchi. Au sujet du nouchi Nash l’une des rares artistes hip-hop de Côte d’Ivoire entend se lancer dans un ambitieux projet. « Je veux créer le premier dictionnaire nouchi » affirmait l’artiste sur les antennes de la RTI. « Je multiplie les contact auprès des anciens du milieu artistique mais aussi auprès des jeunes pour chaque jour enrichir ce dictionnaire avenir ».

Le nouchi, pourquoi certains ne l’aime pas ?

« Si ma mère m’entend parler nouchi elle me plie en quatre » affirme en riant Cédric un jeune élève. « Ma mère est convaincue que le nouchi est un langage pour délinquant et surtout qu’il contribue à avoir un mauvais niveau de langue » conclue le jeune homme. La maman de Cédric n’est pas la seule à penser que le nouchi ne contribue pas à la formation intellectuelle des enfants. Monsieur Konan Yves est professeur de lettre moderne et voici sa position sur ce langage. « Un enfant qui pratique au quotidien le français à plus d’aptitude à avoir un bon niveau de langue contrairement à celui qui passe toutes ses journées à parler nouchi. Lorsque nous corrigeons les copies il y a de la matière à provoquer des céphalée : on ne sait pas où les enfants vont dénicher leurs tournures et le plus souvent les plus jeunes glissent dans leur devoir des mots nouchi parce qu’ils pensent que c’est du français ». L’enseignant achèvera son élément de réponse en demandant aux parents de surveiller la manière de parler de leurs enfants. Peut-on vraiment censurer le nouchi puisse qu’il est partout ? Non et Adrien Kouassi élève en classe de Terminal dans un lycée semble avoir une solution pour concilier ‘’bon français’’ et nouchi. « On peut parler le nouchi et avoir un bon niveau de langue au point de ne pas mélanger les deux. Un enfant peut parler baoulé chez lui mais il est tenu de parler français à l’école : je crois que c’est la même chose pour le nouchi. On peut utiliser cette langue pour la rue, les échanges quotidiens et le français pour les études et l’administration ».

On a longtemps reproché aux Ivoiriens de ne pas avoir une langue nationale capable de les unir au-delà de leurs différences ethniques. Pour de nombreux Ivoiriens à défaut de choisir une langue et de l’enseigner il serait possible d’opter pour le nouchi et d’en faire une véritable langue nationale.

Suy Kahofi

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01. févr.
2011
Côte d'ivoire
3

Fin du sommet de l’UA à Addis-Abeba : sursit d’un mois pour le camp Gbagbo

Chefs d'Etats et de Gouvernement de l'UA

Les lampions viennent donc de s’éteindre à Addis-Abeba capitale de l’Ethiopie sur le sommet de l’Union Africaine qui a été consacré en grande partie aux crises qui secouent le continent et surtout à celle que traverse la Côte d’Ivoire. Les conclusions sur le sujet Ivoirien sont diversement interprétées à Abidjan mais une chose est sûre, c’est le camp Gbagbo qui doit se frotter les mains. Les Chefs d’Etats africains, ceux qui sont très éloignés de la Côte d’Ivoire et des réalités du pays ont décidé de peser dans la balance en faveur d’une autre médiation ou plutôt d’une mission. Les conclusions dit-on seront contraignantes pour les deux camps  mais à quel point ?

L’UA ne peut pas s’aventurer à dire haut et fort qu’elle reconnaît Ouattara comme vainqueur de l’élection présidentielle et revenir se dédire aux yeux du monde. L’Afrique serait trop ridicule et donnera raison au Président Sarkozy qui affirmait en des termes plus diplomatiques que le seul cerveau qui n’ait pas évolué depuis des décennies est celui de l’africain ! La position de l’UA est  claire : Alassane Ouattara est président et si les nouveaux médiateurs s’amusent à remettre en cause les acquis du second tour de l’élection présidentielle, ce que tout le monde veut éviter se reproduira. L’indignation, la colère et l’amertume du ministre Sidiki Konaté (FAFN) sont infimes face à la colère de nombreux militants du RHDP que nous avons croisé durant ces dernières 48 heures. « Si on continue de nous voler notre victoire nous irons chasser Gbagbo nous-mêmes : on n’aura pas besoin de l’ECOMOG » affirme Désiré un jeune homme de 28 ans ! « Je ne sais pas pourquoi on dialogue avec quelqu’un qui se maintien avec la force ! Il faut le déloger par la force un point c’est tout ! Il a encore un mois avec son groupe ce qui signifie que le peuple va souffrir pendant un mois » souligne Coulibaly un enseignant à la retraite. Même les militants les plus modérés ne cachent pas leur pessimisme ! « Je préconise le dialogue mais on connait la réponse de Gbagbo si on lui demande partir : le peuple m’a choisi, j’ai prêté serment selon la constitution patati patata…et retour à la case départ » s’indigne Koffi N’dri Carlos avant de conclure « c’est encore une perte de temps et des Ivoiriens qui vont continuer de souffrir ».

Les militants de La Majorité Présidentielle eux ne cache pas leur joie. « Qui vous a dit qu’on vient demandé à Gbagbo de partir ? C’est maintenant que les vraies enquêtes vont commencer : tout le monde va enfin connaitre la vérité et le woody restera à son poste ! » déclare N’da Clarisse. « C’est une décision sage de la part des Chefs d’Etat Africains qui montre que l’Afrique est mature. Les conclusions de l’investigation seront contraignantes surtout pour les va-t-en guerre comme Goodluck Jonathan et Compaoré qui fait lui-même parti des cinq Chefs d’Etat attendus à Abidjan. Ils auront la vérité entre les mains et diront que Gbagbo est Président, c’est tout ! » affirme Youan Bi. A la question de savoir si les conclusions ne font pas l’affaire du président Gbagbo sa réponse fait penser à un slogan de campagne : « je te dis mon frère, le contraire ne peut pas se produire : Gbagbo est président ! ». Les quatre semaines avenirs seront donc décisives aussi bien pour les protagonistes de la crise post-électorale ivoirienne que pour tout le continent car l’UA joue toute sa crédibilité dans le dossier Ivoirien. « Attendons de voir » comme m’a dit tout souriante une jeune enseignante qui a souligné que « la Côte d’Ivoire doit sortir de la crise sans effusion de sang ».

Suy Kahofi

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31. janv.
2011
Côte d'ivoire
5

Ils nous ont fait oublier la crise…et le font toujours !

Douk Saga et Didier Drogba ont redonné espoir au peuple Ivoirien

Huit ans de crise et d’enlisement politique c’est long, ennuyeux et triste à cause des conséquences désagréables du conflit socio-politique Ivoirien. Malgré cette situation de crise tout ne fut pas si triste en Côte d’Ivoire bien au contraire. Les huit dernières années ont été riches en évènements culturels, musicaux et surtout sportifs qui ont permis aux Ivoiriens d’oublier les bruits de bottes et de mitraillettes. Ces évènements portent la marque de certains Ivoiriens qui ont su déchaîner les passions et unir tout un peuple. Deux se sont brillamment illustrés : Douk Saga et Didier Drogba !

Le foot est l’opium du peuple !

Il était inconnu des Ivoiriens jusqu’à ce qu’un matin le Président de la FIF (Fédération Ivoirienne de Football) Mr Jacques Anoma ne le présente au grand public. L’étoile de l’Olympique de Marseille, Didier Drogba est arrivé en équipe nationale de football comme pour redonner espoir à un pays marqué par la crise. Son nom et ses exploits mettaient tout le monde d’accord et permettaient d’oublier la politique. « Oui Didier c’est un chef ! Je peux dire qu’il est l’Ivoirien le plus célèbre et grâce à lui quand on parle de la Côte d’Ivoire on oublie que nous vivons des problèmes » affirme Bekoin Evariste. Avec sa bande de camarade en équipe nationale, Didier Drogba permet à la Côte d’Ivoire de goûter aux délices de la Coupe du Monde. Une première qualification historique pour l’Allemagne et un peuple heureux et fier de son équipe. « Il y a des moments de la vie du pays que vous voulez vivre chaque jour. Je me souviens comme si c’était hier cette défaite du Cameroun, la joie dans les maquis, les cabarets et les bars. J’ai la certitude que ce jour chacun avait oublié son parti politique et son ethnie pour penser à la Côte d’Ivoire » déclare Kouassi N’da Parfait. Didier Drogba est un phénomène, le symbole d’un nationalisme positif ! Tout ce qu’il fait ou presque rappelle son pays. De sa manière de célébrer ses buts à son action humanitaire, Didier Drogba n’est jamais sans la Côte d’Ivoire. Icône nationale du ballon, il a su rester neutre sur le plan politique et utiliser son image pour appeler à la réconciliation nationale et à la non violence durant les élections.

Douk Saga, la légende, le héro national !

Il est l’artiste qui aura marqué la Côte d’Ivoire pendant ses huit dernières années avec le concept musical qui continue de survivre : le coupé décalé. Douk Saga, Stéphane Hamidou Doukouré de son vrai nom est décédé le 12 octobre 2006 à Ouagadougou au Burkina Faso d’une pathologie pulmonaire chronique mais sa légende demeure ! Il était si célèbre que ses funérailles furent digne d’un Chef d’Etat : les plus imposants en Côte d’Ivoire après ceux de Roger Fulgence Kassi l’animateur vedette de la RTI et Félix Houphouët Boigny le premier président de la Côte d’Ivoire. A la tête d’un groupe de jet-setters Ivoiriens il lance le ‘’travaillement’’. Le président avait pour fidèle lieutenants Le Molare, Boro Sanguy, Lino Versace, Jean-Jacques Kouamé, Solo Béton, Serge Dephalet, Kuyo Junior, Bedel Patasse, Chakoule Bachelor et Papa Ministre. Bien que de nombreux Ivoiriens se posaient des questions sur l’origine de sa fortune, ses séances de distributions gratuites de billet de banque attiraient un monde fou. « Tout monde donnait en coupé décalé et voulait se faire voir, entendre son nom dans un spot ou un single de Dj et montrer lors d’une soirée dans une boîte de nuit qu’on pouvait dépenser » affirme Souverain 1er gérant de bar à la rue princesse de yopougon. Douk Saga a su redonner la joie de vivre aux Ivoiriens et les Dj Ivoiriens perpétuent son mouvement. Du coupé décalé sont nées la danse de la grippe aviaire, le kpangôr, le placali, le bobraba, le sans guêbê et un nombre incalculables d’autres concepts. « Il est parti très tôt mais il a su comme ‘’un messie’’ nous faire oublié nos soucis » souligne Koffi Laurent. On retiendra de lui qu’il fut un bon vivant et qu’il aura contribué à sa manière à faire oublié les affres de la crise aux Ivoiriens.

Suy Kahofi

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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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