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La côte d'ivoire au jour le jour!
03. janv.
2011
Chronique
2

Le best of des évènements de 2011

Ce que fut le monde en 2010

Qu’il me soit permis chers amis et lecteurs de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2011. Mon vœu le plus important c’est que Dieu dans sa miséricorde restaure la paix et la stabilité dans le monde. Que le nombre d’enfants soldats, de guerres, de conflits de toutes sortes et de désastres causés par l’homme puisse baisser. Que 2011 nous réserve plus de surprises agréables ! Je vais vous proposer un best of des évènements de l’année écoulée. Loin de moi l’idée de dire que ces quelques évènements feront l’unanimité en termes d’importance dans tous les cœurs. Mon objectif c’est que chacun à la relecture de ces histoires si récentes pour certaines, puisse à l’avenir aider le monde à surmonter certains problèmes.

Chaque année qui passe apporte au monde son lot d’évènements malheureux ou heureux et cette année 2010 n’a pas été une exception. L’année 2010 fut secouée par un violent séisme en Haïti, l’onde de choc était si importante que le monde entier s’est mobilisé pour porter secours à ces milliers de sinistrés. Les Nations Unies, les artistes, l’église et des millions de bonnes volontés se sont engagés d’une manière ou d’une autre pour que l’île ne puisse pas manquer de tentes, de nourriture et de médicaments. Un exemple de solidarité à nul autre pareil qui pourrait bien nous faire penser à celle du peuple chilien et de son président. Alors que des mineurs chiliens sont théoriquement condamnés sous terre à une mort certaine, l’amour de leurs proches et leur espoir de s’en sortir vont permettre à leur mésaventure sous terre d’avoir un dénouement heureux. Les mineurs chiliens sont devenus des stars même si les moyens exceptionnels déployés pour les secourir n’ont pas pu sauver la vie de leurs confrères d’Océanie. Des moyens exceptionnels voici également ce que l’entreprise BP et le peuple des Etats Unis ont déployé pour en finir avec la marrée noire de la Louisiane. L’explosion d’une plate forme pétrolière aura engendré l’un des problèmes écologiques les plus importants de l’année 2010. Espérons qu’à l’avenir les conséquences de cette marée noire ne resurgiront pas et que les erreurs de BP serviront d’exemple aux nombreuses entreprises pétrolières du monde. Il le faut car le pétrole joue un rôle important dans l’économie mondiale, une économie mondiale frappée de plein fouet par une crise. Une crise économique mondiale qui trouve hélas ses origines aux Etats Unies ! Par la volonté de quelques traders et pseudo capitalistes, le monde a plongé dans les abysses d’une crise financière obligeant les Pays du monde à traquer les grosses fortunes dispersées ici et là. Aide aux entreprises privées, levée du secret bancaire et plan de redressement économique font encore l’actualité de plusieurs pays. Une actualité très peu réjouissante comme celle malheureusement de la Côte d’Ivoire qui peine à sortir de huit ans de crise. Ah la crise Ivoirienne ! Des tractations politiques en n’en point finir, des élections présidentielles maintes fois reportées et au final deux présidents ! Que Dieu entende les nombreuses prières des Ivoiriens qui sont montées vers lui en ce début d’année pour que ce beau pays retrouve la paix et la stabilité. Des prières, elles ont été également nombreuses : je veux parler de celles qui ont permis à la coupe du monde de dire bonjour à l’Afrique. Une coupe du Monde en Afrique qui l’aurait cru il y a quelques années ? La meilleure organisation depuis que ce trophée existe j’en suis sûr ! Les africains ont fait comprendre au monde que le foot n’est pas seulement une histoire de millions mais il s’agit plutôt d’un moment où la passion et l’esprit d’un sport rassemblent les peuples. Que les Vuvuzélas retentissent Nelson Mandela, Madimba lui-même vient voir les stars du ballon rond dans l’arène ! C’est donc l’Afrique qui aura porté chance à l’Espagne bien qu’elle ne fut pas opposée au sacre des Pays Bas. Ils ont festoyé ces Espagnoles j’en suis sûr mais pas comme les parents, amis et camarades militants de la Dame fer opposée au régime Birman. Aung San Suu Kyi est enfin libre comme pour dire que dans ce monde les jours des régimes dictatoriaux sont comptés et que les valeurs démocratiques gagnent du terrain petit à petit. Parlant toujours de valeurs démocratiques, je dirais qu’il faudra du temps pour que certains leaders politiques comprennent que perdre une élection n’est pas une fatalité. C’est d’ailleurs la marque des grands hommes politiques à l’image de Barack Obama qui bien qu’ayant perdu les élections de mi mandat aux Etats Unis s’est néanmoins engagé à poursuivre l’exécution de son programme de gouvernement. La démocratie c’est aussi la liberté d’expression et surtout celle de s’informer par le canal du média que le citoyen aura choisi. Dans un monde qualifié de village planétaire les contours de la liberté d’expression et d’information semblent échapper à la censure des gouvernements même les plus puissants. Les informations quelque soit leur confidentialité peuvent être accessibles au grand public et wikileaks l’a montré. Des informations classées secret d’Etat et qui ressemblent bien souvent à des causeries entre copains autour d’une bière ! C’est aussi ça le mystère de la diplomatie mondiale. De la diplomatie et surtout de la fermeté voici ce qu’il faudra pour contrer AQMI (Al Quaïda au Maghreb Islamique). Une véritable gangrène pour l’Afrique et surtout les pays sahéliens qui se partagent un désert de 3 millions de km². Un vaste espace où un homme peut parcourir des milliers de km sans trouver une seule ville ou même un être vivant ! Face aux rapts, enlèvements et demandes de rançons les Etats Africains semblent diviser sur les moyens et les méthodes pour vaincre cet ennemi qui se confond avec la population. Entre la Mauritanie qui se dit prêt à poursuivre les membres d’AQMI jusqu’au Tchad, l’Algérie qui refuse l’aide des occidentaux et prêche pour une action purement africaine, le Niger qui milite pour un Etat et sa propre stratégie de sécurité et le Mali qui parle d’une armée supra sahélienne, quelle stratégie choisir pour éradiquer AQMI ?  Ainsi va le monde et ce qu’il fut en 2010, mais retenez que vous êtes en 2011 et le marathon de l’actualité ne fait que commencer !

Suy Kahofi

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02. janv.
2011
Nouvelles du pays
1

31 Décembre : personne n’a voulu se faire raconter la fête !

Les vuvuzélas ont annoncé la nouvelle année même dans les églises!

Le réveillon de la saint sylvestre a été chaud comme d’habitude à Abidjan. Les ivoiriens ont oublié les soucis quotidiens pour penser seulement à la nouvelle année. Dès 20 heures le programme de la soirée était connu : un tour obligatoire à l’église et en bonus une virée nocturne ! Les ivoiriens sont reconnaissants envers Dieu qui leur a permis de passer 365 jours sous sa protection. Après le passage à la messe de minuit les chapelles se sont vidées et le flot humain s’est déversé dans les maquis, bars, cabarets et autres boites de nuit. A chacun sa joie, à chacun sa dose ! Les maquis, bars et cabarets sont pleins de monde et personne ne boude son plaisir. Le 31 décembre on choisi son espace de joie en fonction de ses moyens. Tatiana, Carole, Isabelle et Sonia ont choisi un bar climatisé ! Les filles se sont associées pour décrocher une bouteille de liqueur et plusieurs petites stouts. A défaut d’avoir une table elles se sont fait de nouveaux amis. Oscar et Clément deux fonctionnaires qui ne cachent leur joie de partager un peu de temps avec de ravissantes jeunes filles. « Ce soir c’est la fête et comme vous le voyez on s’amuse. Je souhaite juste à ma Côte d’Ivoire la paix et rien d’autre ! » affirme Clément entre deux verres.

A yopougon rue princesse, les taxis compteurs n’ont pas arrêté leur ballet de toute la nuit. A chaque escale ils déversent dans les maquis et bars des groupes de jeunes filles et garçons venus faire la fête. Fait tout à 600, Escalator, la Présidence, Petit bisou…les tables ne suffisaient plus ! Les clients les plus intrépides ont disposé quelques cassiers vides sur le bitume pour savourer une bière entre amis. Crise oblige les excès ont été évités cette année et certains gérants s’en réjouissent. « Dieu merci qu’il y a la crise sinon ce soir il y aurait de nombreuses victimes. Les gens n’excèdent pas les doses qu’ils peuvent supporter. Il est préférable de rentrer sobre pour éviter d’autres complications » affirme Prince Calculateur gérant d’une boite de nuit. Toute la nuit les Abidjanais se sont défoulés dans la joie totale avec un même vœu sur toutes les lèvres le retour de la  paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire.

Suy Kahofi

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31. déc.
2010
Nouvelles du pays
0

Et si on oubliait la politique pour ce 31 décembre ?

Malgré la hausse des prix les Ivoiriens sont décidés à célébrer le réveillon de la saint sylvestre

« Parlons de tout sauf de politique » voici la motion de Kevin à l’endroit de ses amis alors qu’ils se mettent à table pour partager quelques bières en cette journée du 31 décembre. Les habitudes propres aux Ivoiriens depuis le début de la crise semblent avoir changé depuis ce matin. Le tuning des postes récepteurs de radio ont viré du signal des chaînes d’information vers celui des chaînes musicales. On tente tant bien que mal d’oublier la crise pour vivre l’ambiance de la fête. L’heure n’est certes pas à la grosse ambiance des 31 décembre passés mais comme dirait le gérant d’un maquis « on fait avec ! ». Depuis 48 heures on assiste au traditionnel va et vient des camions de livraison de la SOLIBRA (Société de Limonade et Brasserie Abidjanaise). Au menu des commandes la grosse bière rebaptisé Drogba par les Ivoiriens, les stout, sucreries et autres boissons gazeuses ! « On ne peut pas se terrer à cause des problèmes du pays. Nous allons sortir pour nous amuser, danser et vivre la fête dans les bars, maquis et boite de nuit » affirme heureuse Tatiana M’bra.

Si les jeunes pensent un peu plus à faire la fête, les parents ont d’autres préoccupations en cette journée. Les mères de famille sur les marchés de la capitale ne savent plus où donner de la tête tellement les prix ont changé. « Depuis ce matin j’ai pu acheter juste deux poulets mais je refais mes calculs pour le choix de la sauce. Les prix flambent chaque jour un peu plus mais nous sommes obligés de faire avec » déclare résignée Mme N’guessan Chantal. Le repas du nouvel an sera donc un luxe pour plusieurs familles et il sera peut-être même inexistant dans certains foyers à l’image de celui de Mr Blé Gustave. « Depuis quelques jours je tente d’envoyer de l’argent à ma famille à Daloa mais je n’arrive pas. Ma banque est fermée et aucun départ de car n’est signalé à la gare. Je me demande comment ma femme pourra nourrir les enfants ? » s’interroge le père de famille devant son impuissance.

Dans les chapelles se sont les préparatifs pour la veillée du nouvel an. Les chrétiens dont la plupart ont été privé de veillée de la nativité entendent vivre les premières heures de 2011 dans la prière et les chants de louange. « Mes frères oublions les maquis » lance le frère Paul Kouamé. « Le meilleur endroit pour vivre le 31 décembre c’est l’église car ici au moins on pourra prier pour la paix dans notre pays ».

Suy Kahofi

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31. déc.
2010
Chronique
1

On parle encore de Paris-Dakar ?

A quand le retour du rallye raid en Afrique?

Voici déjà trois ans que les organisateurs du plus grand rallye raid au monde ont décidé de quitter le chaud désert du Sahara pour les pampas d’Argentine et du Chili. J’aurais bien voulu entendre ce matin Paris-Santiago ou Paris-Buenos Aires alors que le journaliste parlait du rallye raid mais aucun changement. Malgré cette délocalisation le rallye raid n’a pas changé de nom. D’aucun me diront qu’il s’agit d’une appellation bien contrôlée ou d’une marque déposée, ils iront jusqu’à me dire que quelque soit le continent où il se déroule, ce rallye raid sera toujours baptisé Paris-Dakar. Je dois me consoler en criant qu’il s’agit d’une grande victoire pour l’Afrique ! Ok je crois que les défenseurs du concept ont bien raison. Néanmoins ils sont également nombreux ceux qui pensent qu’au lieu d’utiliser ce nom bien africain du plus célèbre rallye raid au monde sous d’autres cieux, il est temps qu’il retrouve ses premières saveurs en faisant son retour en Afrique. Doit-on priver le continent d’un évènement aussi important en invoquant l’insécurité ou quelques malfrats armés qui évoluent en bandes ? La volonté d’un contient qui réclame ‘’son’’ rallye raid n’est-elle pas plus importante que les actes de délinquance d’AQMI ? Les organisateurs du Paris-Dakar pensent-ils aux nombreuses familles qui vivaient directement ou indirectement de ce rallye raid ? Les nouveaux sites qui accueillent le Paris-Dakar sont-ils aussi sûrs que le désert africain ? Après trois ans de privation, je crois qu’il est temps que les organisateurs du rallye raid et les autorités des pays africains concernés par le circuit puissent s’asseoir pour définir de nouveaux contours sécuritaires. De nouveaux tracés de pistes plus sûrs et plus sécurisés doivent théoriquement permettre le retour du Paris-Dakar sur le continent qui lui sied le mieux. Reste également à savoir si les organisateurs ont le désir de revoir les chameaux et les longues caravanes du continent noir !

Suy Kahofi

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30. déc.
2010
Société
2

Crise Ivoirienne, le gagne pain de la presse Nationale ?

Crise Ivoirienne, le gagne pain de la presse Nationale ?

Il serait bien difficile pour les éditeurs de presse de pousser leur générosité vers un affichage public de leurs recettes quotidiennes. Ce serait également un crime de  »lèse presse » que de demandé aux patrons d’entreprises de presse de nous dire ce que rapporte la crise Ivoirienne en termes de revenus ! Une chose est pourtant sûre c’est que vendre des journaux ou les produire rapporte un peu plus en cette période de crise que jamais auparavant. En effet depuis le début de la crise post électorale, la presse Ivoirienne n’a jamais été autant sollicitée par les lecteurs.

Chaque matin, les Ivoiriens s’attroupent devant les kiosques à journaux pour s’informer. Si certains ont gardé l’habitude de lire les titre sans jamais parcourir le contenu, de plus en plus d’Ivoiriens achètent au bas mot un ou deux titres de la presse nationale par jour. Le nombre de lecteurs augmente et les recettes à la vente aussi comme le souligne Soumaïla un jeune revendeur ambulant. « Depuis la campagne électorale j’ai commencé à vendre plus de journaux que d’habitude. Le nombre a augmenté à l’approche des élections et ces derniers jours je peux vendre tous mes journaux avant midi ». Le constat est le même chez Alain un responsable de kiosque qui nous explique aussi les changements dans les habitudes de lecture des populations. « C’est vrai qu’en ce moment les journaux partisans sont les plus lus mais tous les titres sont demandés par les lecteurs ! Même les parutions qui n’attiraient pas le public sont aujourd’hui demandés ». Au box office des parutions qui ont le vent en poupe figure en pôle position Notre Voie et Le Nouveau Courrier pour les journaux proches du LMP ; Le Patriote, Le Nouveau Réveil et Le Mandat pour le RHDP. Reste au centre L’Intelligent d’Abidjan qui conserve ses lecteurs habituels et grignote même quelques lecteurs modérés à l’image de Mr Kouassi un cadre de banque. « Je préfère un titre assez neutre car après avoir lu un article dans la presse partisane, on fini par croire que la Côte d’Ivoire est en train de brûler ! » affirme notre interlocuteur. Les militants et sympathisants des partis politiques eux ne se posent pas de questions. L’information à un nom et une couleur en cette période de crise et il ne faut pas s’en détourner. « Je refuse de m’intoxiquer » déclare Legbé Jacques en indiquant des journaux proches du RHDP. « Chaque matin depuis la fin des élections j’achète tous les journaux qui soutiennent la République. C’est ma contribution pour la survie de ces titres. J’invite ensuite des amis à la maison pour les lire car je veux que tout le monde ait la vraie information » conclu t-il. N’da Kouamé Paul n’est pas non plus tendre avec la presse proche du LMP. « Des journalistes ça ? Je doute fort de leur formation ! Ils sont payés pour endoctriner le peuple au lieu de l’aider à sortir de la crise ».

Pendant que les militants poursuivent leur débat sur l’information, les plus modérés, parlant de l’ivoirien de tous les jours appellent à une presse soucieuse du respect des règles régissants le métier. « Aujourd’hui qu’on le veuille ou non c’est la période des vaches grasses pour les éditeurs de presse ! Je demande néanmoins à nos frères chargés de nous informer de ne pas privilégier l’argent au détriment de l’info juste. Moins de propos injurieux et haineux, plus d’appel au dialogue et à la paix pour que la Côte d’Ivoire puisse renouer avec la stabilité » affirme Casimir Koffi. « Les titres chocs vous font vendre mais est ce que vous rendez service au pays ? » s’interroge Mr Kobenan avant de conclure « les petites enveloppes après les points de presse c’est bon mais pensez aussi au pays ! ». Il est important de noter que pour des raisons diverses le CNP (Conseil National de la Presse) a émis 13 interpellations, une vingtaine d’avertissements et 25 blâmes. Selon le Président Eugène Dié Kacou la presse doit « calmer le jeu ». La mention peut mieux faire est celle qui figure donc sur la feuille de note de la presse Ivoirienne.

Suy Kahofi

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29. déc.
2010
Nouvelles du pays
0

Appel à la grève général : un mouvement suivi dans les transports

Rares sont les gbakas et wôrô-wôrô qui circulent à Abidjan

Il y a quelques jours Guillaume Soro, le premier ministre du gouvernement du Docteur Alassane Ouattara invitait tous les Ivoiriens à la grève générale pour ne pas dire une désobéissance civile. Si à l’origine le mouvement semblait peu suivi, ces dernières 48 heures le mouvement semble prendre de plus en plus de l’ampleur surtout dans le transport. En effet plusieurs communes d’Abidjan et de la Côte d’Ivoire tournent au ralenti à cause d’un manque important de véhicule assurant le transport inter-urbain. Yopougon, Koumassi et Abobo sont des quartiers de la capitale où l’on a noté une forte perturbation dans les transports. « Depuis ce matin nous sommes à la gare de wôrô-wôrô (taxi communaux) et après deux heures d’attente nous n’avons pas encore vu un seul taxi » s’indigne une commerçante de Yopougon qui doit rallier le marché d’Adjamé. A Bondoukou, Odienné, Bouaké, Man, San Pédro et Yamoussoukro rares sont les cars de voyage qui ont quitté la ville depuis une semaine. Les camions bourrés de vivres ne peuvent pas regagner Abidjan car personne ne veut prendre le risque de s’aventurer sur une route sans sécurité. Assiaka Koné est membre d’un syndicat de transporteur il nous donne les raisons de se débrayage. « Nous savons que sans transport il n’y a pas de vie économique dans ce pays. Nous demandons pardon aux Ivoiriens mais qu’ils fassent l’effort de nous comprendre. Lorsque vous remplissez un car, toute votre recette est utilisée pour des frais de route : l’argent est versé aux nombreux barrages et check-points. Nous ne pouvons plus continuer de travailler dans ces conditions. Nous attendons que la situation du pays s’arrange pour que nous puissions retourner travailler ». Les usagers sont gagnés par le découragement et ne cachent pas leur indignation. « Dans tout ça c’est le peuple qui souffre ! Nous sommes obligés de marcher sur des kilomètres pour faire nos courses ou même nous rendre au travail ! C’est difficile il faut que le pays retrouve sa stabilité » souligne Kouamé Oscar enseignant.

Alors que le peuple souffre des conséquences de la crise post-électorale, les positions au plan politique se durcissent. Si de son côté le gouvernement Aké N’gbo menace de renvoyer les ambassadeurs de certains pays accrédités en Côte d’Ivoire, le gouvernement Soro menace quant à lui tous les fonctionnaires qui « collabore avec le gouvernement illégitime de Laurent Gbagbo ». Les populations Ivoiriennes sont plus que jamais prises en otage. Entre le marteau et l’enclume, il est difficile pour l’Ivoirien d’échapper aux humeurs des politiciens, des opérateurs économique et même des émissaires de l’UA et de la CEDEAO. En effet depuis le départ des trois présidents ouest-africains venus pour la médiation de la dernière chance, chacun retient son souffle. L’omerta sur les clauses des entretiens avec Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara jette une grande crainte dans le cœur des Ivoiriens. Les regards sont donc tournés vers Abuja où l’avenir immédiat de la sortie de crise se joue.

Suy Kahofi

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27. déc.
2010
Nouvelles du pays
1

CEDEAO/Crise post-électorale Ivoirienne : la médiation de la dernière chance

Sommet extraordinaire de la CEDEAO à Abuja

Décidément les choses vont très vite dans le dossier Ivoirien. Pas plus tard que le vendredi 24 décembre, les chefs d’Etats et de gouvernement de la CEDEAO se réunissaient à Abuja au Nigéria sous la houlette du Président Goodluck Jonathan pour adopter une position commune sur la crise Ivoirienne. Au terme d’un marathon d’échange de six heures, il ressort de ce sommet extraordinaire deux principales clauses : l’envoi d’une dernière médiation à Abidjan à l’endroit de monsieur Gbagbo pour l’exhorter à quitter le pouvoir de façon pacifique et l’usage de la force légitime en cas de refus de ce dernier.

Les choses n’ont visiblement pas trainées puisse que demain mardi 28 décembre, les trois médecins commis par la CEDEAO au chevet de la Côte d’Ivoire malade arriveront sur les bords de la lagune Ebrié. Les trois chefs d’Etat en question sont le Béninois Thomas Boni Yayi, le Sierra-Léonais Ernest Baï Koroma et le Cap-Verdien Pedro Pires. Ils auront la lourde tâche de convaincre Laurent Gbagbo de céder le fauteuil présidentiel et d’inviter le Docteur Alassane Ouattara « à faire preuve de souplesse pour la paix en Côte d’Ivoire ». Le challenge est énorme puisse que Laurent Gbagbo à réaffirmé qu’il est et demeure Président de la République. Dans son premier message télévisé depuis son investiture il s’est dit ouvert au dialogue mais refuse de négocier sur tous les points que la constitution garantie.

Le message de la CEDEAO est un message de fermeté. La mission de ses émissaires est bien évidemment compliquée mais elle à pour objectif de gérer la sortie de crise sans effusion de sang. «Il est clair que la détermination de ces hommes d’Etat, pour trouver une sortie par le dialogue à la crise, est sans équivoque. Ils iront parler au président Gbagbo pour le lui faire comprendre et essayer d`obtenir de lui de partir sans attendre » a affirmé Jean Marie Ehouzou, ministre béninois des Affaires étrangères. La mission de la CEDEAO s’annonce rude car depuis la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle toutes les médiations ont été stériles ! En effet il y a quelques semaines Abidjan a vu défiler l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, et Jean Ping président de la Commission de l’UA. Thabo Mbeki considéré à juste titre comme proche du ‘’locataire’’ du palais présidentiel, est venu, au nom de l’Union africaine (UA), avec la même mission. Puis ce fut au tour de Jean Ping de faire un autre voyage à Abidjan. Les deux hommes ne sont pas parvenus à convaincre Laurent Gbagbo de partir.

L’usage de la force dans le règlement de tout conflit entraine inévitablement des dégâts collatéraux. L’espoir pour le peuple Ivoirien que la CEDEAO ne puisse pas user de cette « force légitime » réside donc dans les conclusions de cette dernière médiation.

Suy Kahofi

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25. déc.
2010
Nouvelles du pays
2

Abidjan : timide mais joyeuse fête de Noël !

Les chrétiens sont venus célébrer la Noël dans les différents lieux de culte

Les 24 et 25 décembre les Ivoiriens, malgré les difficultés qu’ils traversent ont observé ‘’la trêve’’ de Noël pour se réjouir en famille et dans leurs communautés religieuses respectives. Dans la matinée du 24 décembre l’heure était aux derniers achats. Sur le forum des marchés d’Adjamé, de nombreuses familles, malgré les prix élevés en ces temps de crise s’arrachaient les quelques denrées que l’on pouvait trouver ici et là. « Le kilogramme de l’ail à 800 f et 1600 f pour la tomate ! C’est un peu difficile cette année mais que faire nous avons nos familles à nourrir ! » souligne Mme Assamoi une cliente. Alors que le marché s’animait de l’arrivée des Ivoiriens qui ont pu échapper aux embouteillages, les femmes tentaient de se faire une beauté dans les salons de coiffure de la capitale. Même si plusieurs clientes attendent sur les bancs, Philomène une jeune coiffeuse nous dira que l’affluence n’est pas au rendez-vous ! « L’année dernière nous avons veillé avec nos clientes, il m’a fallu appeler 3 ou 4 coiffeuses en renfort mais cette année j’ai à peine une dizaine de têtes à finir ». Jusqu’au petit matin certains magasins et boulangeries sont restés ouverts pour ravitailler les clients dont certains revenaient de la veillée de la nativité dans les églises.

Les consommateurs ont observé une flambée des prix sur le marché

A propos de la veillée de la nativité et cela grâce à la levée du couvre-feu, les chrétiens dans la soirée du vendredi 24 se sont rendus massivement dans les lieux de culte pour célébrer la naissance de l’enfant Jésus. Dans certaines communautés, les leaders religieux ont joué la carte du regroupement en un lieu unique de célébration pour répondre aux soucis sécuritaires. Ainsi 2000 ans d’une tradition judéo-chrétienne ont été respectés par les fidèles des différentes églises. Au-delà du classique message de Noël, les prêtes et pasteurs ont insisté sur la culture de la paix et de l’amour entre frères Ivoiriens à l’occasion de cette crise que traverse la Côte d’Ivoire. Après la veillée les plus téméraires se sont aventurés dans les quelques maquis et bars des quartiers chauds de la ville. La musique bruyante distillée par les nombreux haut-parleurs semblait inviter les Ivoiriens à oublier leurs problèmes du moment et à célébrer la fête comme il se doit.

Quelques Abidjanais se sont aventurés dans les maquis et bars

La journée très calme du 25 fut consacrée au traditionnel repas de Noël. Dans les familles l’heure était au partage ! On recevait ici des frères, là des amis venus de l’autre bout de la capitale. Le menu varié des quelques domiciles que nous avons visité devait certainement satisfaire les fins gourmands attablés. Comme quoi les Ivoiriens ont retrouvé la joie de vivre à l’occasion de la Noël oubliant les quelques soucis liés à l’organisation de la fête.

Suy Kahofi

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24. déc.
2010
Nouvelles du pays
0

Une fête de Noël pas comme les autres

Abidjan s’apprête à vivre une Noël très timide

Quelques salaires ont été virés, d’autres banques n’ayant pas reçu de garantie ont préférées ne pas prendre le risque d’alimenter les comptes. Dans cette situation d’incertitude et surtout de prix qui ont littéralement doublé sur les marchés, les Ivoiriens s’apprêtent à vivre la Noël la plus difficile depuis 8 ans. Clients et commerçants semblent ne pas avoir le moral tant la situation est difficile. « Nous réalisons des recettes autour de 12 millions de F CFA par fête de Noël rien que pour les jouets. Or cette année je doute fort que nous puissions avoir la modique somme de 4 millions » souligne un gérant de magasin à Treichville. Les prix sont élevés et les parents qui écumaient jadis les magasins pour trouver les meilleurs cadeaux sont obligés de se rabattre sur ce qu’ils trouvent de moins cher sur les étales des vendeurs. « Cette année c’est difficile » affirme madame Kouamé une mère de famille. « On ne peut rien acheter : la nourriture, les vêtements, les cadeaux….Vraiment c’est difficile ». Elle nous présente une voiturette qui l’année dernière ne valait même pas 2000 f CFA mais qui aujourd’hui plafonne côté prix à 6000 F ! Pour Coulibaly Issiaka vendeur ambulant ce n’est pas la faute aux Ivoiriens mais plutôt celle des leaders politiques qui ont plongé le pays dans une autre crise. Il lance un appel aux Présidents Ivoiriens ! « Je demande pardon à monsieur Gbagbo et monsieur Ouattara, qu’ils regardent à la souffrance du peuple et qu’ils tentent de trouver des solutions aux problèmes du pays ».

Dans les salons de coiffure et de couture l’ambiance n’est pas à l’affluence. Tous les clients qui ont pu déposer leurs tissus et autres pagnes n’ont pas encore retiré leurs vêtements. Quelques femmes sont visibles dans les espaces de beauté mais leur présence est si timide que les tresseuses ne manquent pas de le signaler. Explication avec Bintou Traoré. « Les autres années il y a embouteillage de clientes mais cette fois ci si tu as trop eu comme clients c’est deux ou trois têtes au lieu de huit ou dix les années précédentes ».

Comme quoi, malgré la reprise du trafic routier, les magasins et grandes surfaces qui ouvrent de nouveau, un problème est bien réel celui de la cherté de la vie.

Ce soir plusieurs communautés religieuses notamment chrétiennes ont, pour certaines annuler leurs veillées de la nativité ou simplement pris le soin de les écourter. Malgré la levée du couvre-feu les Ivoiriens s’aventurent rarement hors de leurs domiciles au-delà de 23 heures. La fête sera quelque part gâchée de façon générale à cause de la situation que vit le pays.

Suy Kahofi

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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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