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La côte d'ivoire au jour le jour!
26. févr.
2011
SOS
3

L’hospitalité des Abidjanais à l’épreuve de la crise

 

Des milliers d'habitants quittent Abobo

Les combats font rage chaque jour ou presque à Abobo. Des milliers d’habitants quittent le quartier le plus peuplé d’Abidjan pour trouver refuge auprès de parents et amis dans d’autres quartiers. Difficile de rester insensible devant autant de souffrance, de familles qui ont pu à peine manger depuis ces trois derniers jours, d’enfants malades et traumatisés par le bruit d’arme à feu, de jeunes gens inquiets d’être pris pour cible par les groupes armés… Ils quittent Abobo destination Adjamé, Yopougon, Koumassi, Marcory pour éviter les balles qui atterrissent de plus en plus dans les concessions et percent la toiture des maisons. Quand bien même à Abidjan on se demande s’il existe une seule zone encore sécurisée, nombreux sont ceux qui soutiennent qu’il est préférable de quitter le pire pour le moins touché !

« Mon frère ça chauffe là bas ! Abobo est gâté ! On peut plus tenir, ça fait deux jours que nous sommes dans la maison. C’est ce matin avec les nombreux déplacés qui sortaient que je suis sorti avec ma famille. Sur la route que des chars, des chars et des chars ! » souligne un habitant les paupières alourdies par la longue veille de la nuit. Une fois hors du quartier il faut trouver un point de chute et compter avec la disponibilité et surtout l’hospitalité des parents. Sonia habite Cocody Riviera II et depuis 5 jours elle héberge quatre de ses frères venus d’Abobo. Voici un an que la jeune fille après avoir décroché un poste d’assistante de direction et a décidé de vivre seule. « Mes parents n’étaient pas d’accord pour que je quitte le quartier (Abobo) mais je pense que j’ai fais un bon choix » affirme Sonia. Le petit studio est plein ! Cheik l’un des frères de Sonia souligne pourquoi il a quitté le quartier. « Nos parents sont âgés et ils ont refusé de quitter la maison familiale. Nous sommes sortis parce qu’en cas de vaste offensive les civiles peuvent être touchés ». Dans la maison devenu étroite, on s’organise comme on peut pour manger et rallier l’école pour certains, le lieu de travail pour d’autres.

Atmosphère quasi identique chez la famille Fofana à Treichville sauf qu’ici le nombre de personnes est plus élevé. « Tous les parent d’Abobo, quelque chose comme 18 personnes sont ici dans cette cours qu’on appelle la grande cours. On a transformé les salons en dortoirs la nuit et on fait ce qu’on peut pour manger » souligne le patriarche de la famille. L’un de ses fils du doyen Fofana, bijoutier de son état nous explique comment la famille se sert les coudes pour s’en sortir. « On rationne le riz et les quelques condiments pour faire manger tout le monde. Chaque femme se débrouille le matin avec son petit commerce et nourrit un nombre précis d’enfants » nous explique Aziz. A la question de savoir si ces nouvelles bouches à remplir pose un problème voici la réponse du jeune homme. « Entre partager un peu de riz avec ton frère et le laisser à la merci des balles à Abobo, tu choisi quoi ? C’est vrai que c’est dur mais rien ne vaut la vie d’un membre de la famille ».

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 29 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas !

Suy Kahofi

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25. févr.
2011
Société
4

La solution contraignante dans quelques jours

 

Quelle sera la solution du panel

Un panel, celui de l’Union Africaine, une mission, trouver un dénouement pacifique à la crise Ivoirienne. L’UA se veut confiante et ses résolutions avait-on dit à Addis-Abeba seraient contraignantes pour les deux partis. A peine le panel mis sur pied, à peine le délai d’un mois qui lui est imparti tire à sa fin. Plus que quelques jours avant que cette solution contraignante ne soit connu mais dans son attente toutes les spéculations et souvent les plus folles circulent en ce moment à Abidjan.

Solution contraignante 1 selon l’abidjanais

Pour certains abidjanais, c’est Laurent Gbagbo qui reste Président et le Docteur Alassane Ouattara devient son vice président avec des pouvoirs élargies. La constitution ivoirienne ne sera pas foulée au pied et la Côte d’Ivoire sortira la tête haute de la crise, loin de la risée des autres pays africains. La grande réconciliation du peuple se fera avec un Ouattara aux côté de son frère Laurent tout sourire. Si c’était la solution, les pro-Gbagbo crieront hourra au grand mécontentement des militants du RHDP qui ne pourront que s’aligner sur la position de leur leader parce que quand le chef parle le peuple se tait !

Solution contraignante 2 selon l’abidjanais

Alassane Ouattara est confirmé président, Laurent Gbagbo lui désigne un vice-président : son statu d’ancien chef d’Etat ne peut pas lui permettre d’être le vice du nouveau venu. La CEDEAO, l’UA, l’UE et la grande Communauté Internationale sortiront la tête haute de la crise en ayant réussit à imposer la démocratie sans avoir recours à la force. La Côte d’Ivoire aura donc réussit une alternance politique réussit quand bien même elle fut entachée de violence. Si c’était la solution les pro-Ouattara crieront hourra car les militants tombés ne seront pas morts pour rien. Le mécontentement sera grand dans le camp des militants du LMP qui ne pourront que s’aligner sur la position de leur leader.

Solution contraignante 3 selon l’abidjanais

Si avec deux présidents les choses ne s’arrangent, il faut un troisième ! Ni Ouattara ni Gbagbo le temps de voir plus claire dans cette histoire de crise post-électorale. Oui un troisième Président qui aura la lourde charge de conduire une transition et d’organiser un nouveau second tour de l’élection présidentielle. On pense au Président de l’Assemblée nationale, le sieur Mamadou Coulibaly, très discret depuis le début de la crise post-électorale. Pour les modérés cette solution permettra une bonne fois pour toute de savoir qui de Ouattara et Gbagbo est réellement président. De nouvelles élections en toute transparence sous la supervision d’un président de transition qui ne sera pas candidat. Une telle solution doit normalement contenter tout le monde mais visiblement ni les partisans de Ouattara et de Gbagbo ne sont chauds pour qu’elle s’applique.

Personne n’est devin et malgré toutes ces projections de solution contraignante le mystère reste intact en attendant le 28 février qui maquera nous l’espérons tous la fin de la crise.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 28 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA malgré les appels de Reporters Sans Frontières.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi

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24. févr.
2011
Nouvelles du pays
0

Prolongement de l’arrêt des exportations du cacao

 

‘’L’embargo Soro’’ sur le cacao maintenu

La décision du gouvernement Soro portant suspension des exportations du cacao vient d’être prolongée jusqu’au 15 mars. Cette décision s’inscrivant dans la stratégie d’asphyxie économique lancée contre le président sortant prive ce dernier d’une importante manne financière. L’objectif étant d’empêcher dans l’immédiat Laurent Gbagbo d’utiliser les ressources générées par le négoce du cacao « pour se réarmer et brimer les populations ».

Malheureusement, certains caciques du régime sortant (des ex-barrons de la filière) veulent utiliser cette stratégie d’asphyxie économique qui commence à porter ses fruits contre le gouvernement Soro. Face à cette campagne de désinformation le porte-parole du gouvernement Soro, le Ministre Patric Achi a tenu à faire ces précisions. « Si ces exportations devaient se faire, le paiement des taxes para-fiscales ou fiscales ne pourraient pas se faire parce qu’elles se feraient entre les mains du gouvernement illégitime. Donc nous avons prorogé cette décision en nous disant et nous l’espérons, que d’ici là nous serons sortis de la crise et que ces ressources serviront à développer la Côte d’Ivoire ».

Pendant ce temps les paysans et autres gros producteurs crient famine. Ces derniers ont manifesté devant le siège de l’Union Européenne il y a quelques jours pour dénoncer une stratégie visant à affamer les Ivoiriens. Pour démontrer leur mécontentement ils ont mis le feu à cinq sacs de fèves  en plein Plateau. Pour le Ministre Patric Achi cette pseudo-grogne cache une seule et unique chose : le malaise des producteurs pro-gbagbo ! « Sur la grande campagne, on a environ 900 à 950 milles tonnes qu’on exporte. Au moment où la décision a été prise, 600 milles tonnes avaient été déjà exportés hors de Côte d’Ivoire et 250 milles tonnes étaient déjà dans les magasins des exportateurs. Cela veut dire qu’il restait à peine 100 milles tonnes dans les champs et depuis un mois la plupart de ces 100 milles ont été acheté. On attend donc avril pour le début de la petite campagne ».

Au moment où la décision a été prise de suspendre les exportations, il restait donc à peine 10% de la production dans les champs et selon le gouvernement Soro toutes les dispositions ont été prises pour que les conséquences de cette suspension se fassent sentir le moins possible sur les producteurs. C’est en connaissance de cause et chiffre à l’appui que cette stratégie à donc été mise sur pied. La grogne ne peut que venir des producteurs LMP qui ne sont nullement significatifs de toute la corporation. D’ailleurs certains d’entre eux ont contourné ouvertement cette décision en vendant leur production au Ghana. Il faut noter que la vente et l’achat bord champ des fèves est toujours autorisé.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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Suy Kahofi

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24. févr.
2011
Côte d'ivoire
1

Droit de l’homme : FDS et FAFN épinglés par Amnesty Internationale

 

La violence gagne du terrain

Abidjan a renoué depuis deux semaines avec la violence marqué par des affrontements entre FDS et manifestants pro-ouattara qui ont fait des dizaines de morts et de blessés. Ni la présence du panel de l’Union Africaine n’a calmé les ardeurs des deux camps qui semblent avoir choisi la manière forte pour régler la crise pos-électorale. Face aux manifestants, les FDS fidèles à Laurent Gbagbo ne sont pas allés par le dos de la cuillère : utilisation de grenade OF, de lance roquettes de type RPG 7 et tir d’obus (chars d’assaut légers) pour disperser une manifestation. On se demande bien si la Côte d’Ivoire, ayant confié la sortie de crise à l’UA avait besoin de toutes ces scènes de violence. Hier (23 février), alors que nous quittions Koumassi remblais épicentre du soulèvement du RHDP à Abidjan sud, la Garde Républicaine avait commencé à boucler Treichville, le quartier commerçant. Des nombreux habitants inquiets en effet craignaient que les militaires ne s’adonnent à des enlèvements et des exécutions. Au même moment un habitant d’Abobo nous a signalé le ballet suspect d’un hélicoptère au dessus du quartier pendant que des échanges nourris d’arme de guerre se faisaient entendre. « Je pense que la méthode Kadhafi risque de s’appliquer et cela va entrainer plus de morts » avait souligné l’homme très préoccupé non sans prendre le soin de nous signaler que le quartier se vide petit à petit de ses habitants ! Ce mouvement de population est surtout consécutif à un présumé appel du fameux commando fantôme exhortant les FDS à rejoindre la révolution au risque d’exposer leurs familles et biens à des représailles.

C’est dans ce climat plus que tendu que les conclusions de l’enquête d’Amnesty Internationale sont tombées. FDS et FAFN sont tous deux épinglés ! Le camp de Laurent Gbagbo, représenté par les Forces de défense et de sécurité, qui le soutiennent, sont accusées « d’exécutions extrajudiciaires, d’usage excessif de la force et de viols. L’organisation, qui se fonde sur des témoignages, précise que les victimes de ces exécutions ont été tuées au cours de manifestations ou à leur domicile ». Selon Amnesty International, parmi « les personnes arrêtées à Abidjan par les Forces de défense et de sécurité, certaines ont disparu, d’autres ont été maltraitées, comme deux journalistes de Bouaké, qui sont encore détenus ». Amnesty demande leur libération immédiate. Les Forces Armées des Forces Nouvelles, qui soutiennent Alassane Ouattara « se sont rendues coupables de détentions arbitraires, avant même le premier tour de la présidentielle ». Et pendant la crise post-électorale en cours, Amnesty évoque « des témoignages faisant état de viols et de mauvais traitements commis par des membres de l’ex-rébellion, dans les zones qu’elle contrôle ».

Notons qu’avec le dernier bilan des violences dans la capitale Ivoirienne, le cap des 500 morts dans le bilan de la crise post-électorale risque d’être largement dépassé.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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Suy Kahofi

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23. févr.
2011
Non classé
3

L’akwaba* de l’armée Ivoirienne au panel de l’UA

 

Barricades dressées par les manifestants

Du sang d’innocents manifestants a coulé à Abobo, Koumassi et Treichville. Un sang rouge vif pour certainement accentuer la teinte du tapis rouge des visiteurs du peuple Ivoirien venus aider un pays malade à sortir de la crise. L’œuvre est de l’armée fidèle à Laurent Gbagbo, oui l’armée fidèle à Laurent Gbagbo car l’armée Ivoirienne, la vraie, l’armée Républicaine de Côte d’Ivoire ne saurait donner dans de tels actes de barbarie digne du moyen âge. L’usage disproportionné de la force par l’armée de Laurent Gbagbo – truffée de miliciens et de mercenaires – marqué par un recours à des armes lourdes a entrainé des dizaines de morts et de blessés. Pendant que le front diplomatique s’active, le régime déchu a décidé de se signaler de la façon la plus négative. A beau tuer, l’armée de Laurent Gbagbo ne pourra pas faire plier les militants du RHDP décidés à ne pas courber l’échine face un gouvernement illégitime. Ainsi chaque jour qui passe depuis pratiquement trois mois que dure la crise, entre deux et six militants pro-ouattara sont tués. Jusqu’à quand tout ceci va durer ?


Sur le front diplomatique le panel des chefs d’Etats de l’Union Africaine poursuit ses consultations. S’il n’y a véritablement rien à filtrer de ses échanges et que la presse nationale donne déjà dans les spéculations de toutes sortes, il est important de noter que la tâche de ces quatre présidents n’est pas du tout facile. Il a fallu qu’un bruit de couloir faisant état d’une proposition sud-africaine de partage du pouvoir tombe aux oreilles des militants  du RHDP pour que le Président Jacob Zuma quitte l’hôtel du golf sous les huées grâce à une forte présence policière. La question que tous les Ivoiriens se posent à quoi va ressembler la solution contraignante de l’Union Africaine ? Pour le Docteur Alassane Ouattara la question ne doit pas se poser car cette mission est celle de la dernière chance et il s’agit pour le panel de réaffirmer le paragraphe II du dernier sommet « reconnaissant Alassane Ouattara comme vainqueur du second tour de l’élection présidentielle ».

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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Suy Kahofi

Akwaba : expression akan servant à dire bienvenu

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23. févr.
2011
Nouvelles du pays
2

Yamoussoukro : chefferie et administration divisées

 

La cité du patriarche n’échappe pas à la crise

Le grand-père de tous les Ivoiriens, le bélier Félix Houphouët Boigny doit être en ce moment à la recherche d’une position confortable dans sa tombe à force d’être indisposé par la crise post-électorale que traverse le pays. Sa terre natale Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire est le théâtre d’un face à face inédit entre la chefferie Akouê* et le préfet du département. Le premier groupe affirme et soutient avec force qu’Alassane Ouattara est le vainqueur de l’élection présidentielle, quand le second affirme être « le préfet de Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection selon la constitution ».

La dernière rencontre entre le Préfet Dakoury et la chefferie akouê s’est tenu dans une atmosphère assez tendue. Depuis les résultats du second tour de l’élection présidentielle la fracture administration-chefferie est palpable et selon Nanan Boigny troisième du nom la raison est toute simple. « Mr Dakoury dit être préfet de Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection selon la constitution or nous l’avons toujours considéré comme un Préfet de la République de Côte d’Ivoire. Nous disons que nous n’avons pas voté pour Laurent Gbagbo et qu’à l’issue du second tour de l’élection présidentielle c’est Alassane Ouattara qui est Président de la République de Côte d’Ivoire. Nous ne reconnaissons plus son autorité ». Le sieur Dakoury ne s’est pas fait prié pour répondre à la chefferie. « Par essence la chefferie est le prolongement de l’administration et donc elle se doit de s’aligner sur la position de celle-ci. Toute autre considération en dehors de la constitution ne saurait avoir sa place ».

Au conteur des reproches qui sont faites à l’administrateur son laxisme dans les questions de sécurité et de protection des droits de la personne humaine. Il y a une semaine des hommes armés ont battu à sang le leader de la JRHDP (Jeunesse du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix). Ce dernier a été conduit aux urgences et le Préfet interpellé n’est pas intervenu. On reproche également au camp qu’il représente (LMP) d’avoir transformé le domicile du Président Houphouët en camp d’entrainement et de refuge de luxe pour miliciens. Un comportement qui jette une indignation indescriptible au sein de la population. Laurent Gbagbo et sa suite avait crié au scandale quand l’armée française avait pénétré dans cette même résidence pour détruire un hélicoptère à la hache. Aujourd’hui c’est lui qui l’utilise à d’autres fins ! « Quand vous n’avez aucun respect pour votre père de son vivant, il faut éviter d’utiliser sa tombe comme dépotoir » a tenu à souligner un notable pour décrire cette situation.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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Suy Kahofi

Akouê : groupe ethnique Baoulé de Yamoussoukro

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22. févr.
2011
Chronique
10

Pourquoi Laurent Gbagbo ne lâche pas l’affaire ?

 

Pourquoi Laurent Gbagbo ne lâche pas l’affaire?

Que personne ne soit tenté de se voiler la face, la présence du panel des chefs d’Etats africains à Abidjan ne fera pas un miracle car humainement toutes les cartes pouvant conduire à une sortie pacifique de la crise ont été jetées. Le miracle que les Ivoiriens attendent est plutôt d’origine divine car voir un Laurent Gbagbo ouvrir le feu sur une population qu’il prétend gouverner grâce à un choix librement exprimé par les urnes, on se demande bien qui pourra le convaincre de céder son fauteuil. Laurent Gbagbo ne veut pas partir et son clan qui le pousse à s’accrocher sait pourquoi le départ du woody sera fatal pour le clan de pilleurs que représente la refondation. A la lumière de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire on peut facilement comprendre que les caciques du régime sortant auront du mal à justifier leurs nombreux détournements de fonds, les crimes contre l’humanité dont ils pourraient être accusés et écroués par le TPI, les assassinats ciblés dont ils sont accusés et l’ouverture de nombreux comptes fictifs au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire. Les africains ne veulent plus des clans de voleurs à la tête de leurs pays et ils entendent déposséder les ex-voleurs de la République des fonds publics. Qui dans l’entourage de Laurent Gbagbo n’a pas peur que la loi Duvalier s’applique à sa petite fortune surtout quand on sait que l’ancien banquier qu’est le Docteur Alassane Ouattara n’aura aucun mal à dénicher les comptes les plus cachés.

Un nombre important d’ivoiriens sont convaincus que si Laurent Gbagbo ne cède pas, c’est parce qu’il est lui-même l’otage de son propre clan. En cédant pacifiquement le pouvoir son statut d’ancien chef d’Etat le protège avec sa famille or cela n’est pas le cas pour les 400 brouteurs et nouveaux riches à sa solde. Alors chaque matin les mêmes conseillers qui ont conduit le Président Henri Konan Bédié à la chute, viennent bercer Gbagbo du chant du nationalisme, du panafricanisme et surtout de la nouvelle formule de l’ivoirité qui commence à faire son effet sur les populations acquises à la cause de la haine de l’étranger. Laurent Gbagbo s’accroche visiblement pour protéger ses amis car il est difficile de comprendre comment un homme qui s’est toujours présenté comme un pacifiste notoire puisse être aussi sourd à l’appel de la communauté international et insensible aux nombreux morts de la crise post-électorale. A voir le système répressif qu’il a mis sur pied, on se demande si le schéma dans lequel Laurent Gbagbo s’inscrit n’est pas celui de la Lybie de Mouammar Kadhafi. Face au mécontentement des populations, il leurs sert sur un plateau d’argent des bombes lacrymogène et des balles de kalachnikov en réponse à l’appel au respect du vote du peuple. A force d’être un dictateur à la tête d’un Etat comme Ben Ali ou Moubarak on fini au soir de son règne par développer un minimum de valeurs démocratiques. On fini par comprendre que tôt ou tard la démocratie s’impose. Face à la rue qui grouille de monde, le peu de dignité qui vous reste vous oblige à partir ! Or ce n’est visiblement pas le cas pour Kadhafi et son admirateur de frère Laurent Gbagbo.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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Suy Kahofi

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22. févr.
2011
Société
2

La jeunesse ivoirienne se prononce sur l’immigration

 

Les candidats à l’immigration sont toujours plus nombreux

La France, les USA, le Canada, l’Allemagne, l’Espagne…voici des pays qui font rêver de nombreux jeunes africains et aussi de nombreux jeunes Ivoiriens. Chacun veut se rendre dans ces pays et revenir chaque vacance avec des billets de dollars ou d’euros en poche. Ce rêve est omniprésent dans le cœur des jeunes Ivoiriens dans la mesure où des amis du quartier ou de classe vivent déjà en occident et sont arrivés à construire au pays et monter des business assez rentables. Mais la réalité de l’immigration est aussi connue par les jeunes Ivoiriens : tout le monde n’arrive pas à fouler le sol de Ceuta ou de la Sicile. Alors jusqu’où les jeunes Ivoiriens sont prêts à aller pour immigrer ? Voici ce que certains d’entre eux pensent.

« Je veux certes étudier en Europe mais je préfère m’y rendre de façon légale. Un visa en règle et tous mes papiers en ma possession. La traversée par pirogue ou dans un train d’atterrissage ça ne me tente pas » déclare Kouamé Oscar étudiant en année de licence. Pour le jeune homme les diplômes obtenus outre mer ont plus de valeur de ceux obtenus en Côte d’Ivoire. Il soutient que l’immigration n’est pas mauvaise mais la question à se poser avant de se lancer est la suivante : qu’est ce que je vais chercher en occident ? En effet de nombreux jeunes gens qui rêvent d’une vie meilleure en France ou aux USA ont une idée à peine précise de ce pourquoi ils veulent immigrer. « Je veux aller ‘’me chercher’’ » affirme Serges Koué Bi avant de conclure « il n’y a plus d’opportunités dans ce pays ! La seule vie que nos dirigeants nous offrent c’est la violence, la guerre et la misère ». Quitter la Côte d’Ivoire sans diplômes, ni qualification aucune pour vivre quelle vie en occident ? Voici la réponse d’un jeune homme qui se dit candidat déclaré à l’immigration. « Je préfère laver les assiettes ou vider des poubelles dans un pays européen que rester ici » déclare Atta Bilé un autre jeune de yopougon, le quartier où nous menons notre petite enquête. Fuir la misère, les difficultés économiques et le manque d’emploi, voici la sempiternelle rhétorique des candidats à l’immigration. A force d’entendre ces plaintes le doyen Basile Blé de yopougon SICOGI pense que les jeunes Ivoiriens veulent immigrer pour une question de frime. « Tout ce que les enfants racontent est pur mensonge ! Ils veulent simplement immigrer pour faire le malin, dire que je vis aussi en Belgique ou en Suisse, revenir au quartier pour dépenser sans compter et rouler la mécanique pour afficher sa réussite. Voici pourquoi le jeune Ivoirien veut immigrer ». A la question de savoir si la crise n’est pas aussi à l’origine de ce désire de quitter la Côte d’Ivoire, la réaction de Mr Ouaraga se passe de commentaire. « Malgré la crise les jeunes des pays frontaliers continuent de venir ici en quantité. Ces derniers réussissent ici en vendant de l’attiéké ou des portables. Alors pourquoi nos jeunes ne réussissent pas dans leurs propres pays ? ». Les candidats à l’immigration bien qu’informés des dangers liés à leur voyage sans retour, ne semblent pas être inquiétés par ces dangers. « Qui ne risque rien n’a jamais rien ! » affirme avec assurance Issiaka un jeune mécanicien qui semble connaître par cœur les tracés de l’immigration clandestine en Afrique. Alors qu’est ce qui pousse les jeunes à avoir une assurance aussi ferme en une réussite par l’immigration ? Pélagie Douzou croit avoir la réponse. « Quand nos frères benguistes* reviennent de bengué*, ils préfèrent prêcher la belle vie et camoufler leurs difficultés. Jamais ils n’ont de problèmes, jamais ils n’ont été traqués par la police, jamais ils n’ont eu faim…Si ceux qui revenaient avaient le courage de dire la vérité sur la vie difficile qu’ils menaient, le nombre de candidats à l’immigration allaient considérablement baisser ».

Alors face à ce fléau, Koffi Hilaire un jeune vendeur de véhicule d’occasion lance un appel aux jeunes ivoiriens. « Il y a des opportunités en Afrique et dans notre pays. Personne ne viendra développer ce continent et ce pays à notre place. Alors j’invite mes frères à se lancer dans l’auto emploi et créer des PME. Il est préférable de gagner sa vie ici en toute liberté que de vivre la peur au ventre et gagner sa vie pratiquement comme un esclave en occident ! ».

Benguiste : immigrants vivant en occident (argot ivoirien)

Bengue : La France et par extension les pays occidentaux (argot ivoirien)

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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21. févr.
2011
Nouvelles du pays
1

21 février : La révolution du ‘’cacao’’ n’aura pas lieu !

 

Soro Guillaume appelle au soulèvement populaire

Laurent Gbagbo suit certainement l’actualité et plus que jamais le woody de mama sait aussi que l’Afrique n’a plus envie de ces présidents qui s’accrochent au pouvoir. La révolution du jasmin en Tunisie qui s’est étendue au monde arabe est devenue la maladie des dictateurs. Alors chacun se méfie et tente de trouver un vaccin pour s’immuniser contre cette maladie. Si pour le moment l’Afrique du nord et le monde arabe sont les premiers contaminés par le virus du jasmin, la vague risque de s’étendre à toute l’Afrique. Dans le viseur des manifestants, le Président Ivoirien sortant, Gbagbo Laurent le cavaliere, le pistoléro, le cow-boy du désert de la révolte opérant arme au poing seul contre la communauté internationale. Mais Gbagbo ne saurait tolérer une révolte et depuis quelques jours, il a imposé le couvre feu et réprimé à balle réelle un meeting de l’opposition avec 3 morts à la clé. Gbagbo ne se laissera pas faire car il n’est pas une chaire molle comme Moubarak ou la femmelette de Ben Ali et en matière de répression il a des conseillés sûrs.

 

Laurent Gbagbo ne veut pas de révolution en Côte d'Ivoire

Alors que la violence signe son retour à Abidjan, une véritable incertitude plane sur le voyage du panel des cinq chefs d’Etats Africains qui doivent trouver une solution finale à la crise post-électorale Ivoirienne. Compaoré ne sera pas là et pour les autres, c’est plus une question d’insécurité dans la capitale Ivoirienne qui risque de chambouler le calendrier. En plus il faut reconnaitre qu’à Nouakchott personne n’est vraiment prêt et les solutions contraignantes ne semblent pas avoir été trouvées. Dans l’attente du panel, Abidjan espère que cette journée sera calme même si déjà ce matin la jeunesse du RHDP entend descendre dans la rue.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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