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La côte d'ivoire au jour le jour!
22. mars
2011
Côte d'ivoire
2

L’interview d’Alpha Blondy sur la crise Ivoirienne

 

Alpha Blondy la star ivoirienne

Alpha Blondy, le glaive à double tranchant crache encore ses vérités sur la crise Ivoirienne et invite les jeunes à éviter la violence. Intégralité de l’article de https://www.slateafrique.com sur Eburnietoday

SlateAfrique – Un état d’esprit très polarisé et violent s’est installé à Abidjan. Comment le vivez-vous?

Alpha Blondy – Je suis sans prétention. Je suis habitué aux insultes et aux injures. Si je devais mettre les insultes que j’ai reçues à la banque, je serais multimilliardaire! Je fais mes chansons, j’alerte. Après, on me dit toujours: «Alpha, tu avais raison, on aurait dû t’écouter.» C’est ça qui m’énerve.

SlateAfrique – Les élections n’ont-elles pas marqué la fin de l’ivoirité, avec une alliance entre Baoulés et gens du Nord qui a fonctionné en faveur d’Alassane Ouattara?

A.B. – Je suis désolé, mais la guerre actuelle est encore celle de l’ivoirité. Les 600.000 voix annulées l’ont été dans le Nord. Pourquoi voulez-vous qu’une région soit comptable des erreurs d’une administration? Pourquoi avoir ressorti la carte ivoiritaire? Il suffisait au président du Conseil constitutionnel d’appliquer l’article 64 du code électoral ivoirien pour invalider les élections sur tout le territoire national. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait? Le président Gbagbo avait le temps, en 45 jours, de refaire les élections! Je ne suis pas un politicien. Si un inculte comme moi peut voir ça… C’est flagrant!

SlateAfrique – D’où vient le problème de l’ivoirité?

A.B. – Avant l’indépendance, il n’y avait pas de papiers d’identité ou d’état civil. Beaucoup de gens comme moi sont «nés vers» telle date. Il fallait en prendre conscience et donner leurs papiers aux gens, réparer l’erreur administrative de la colonisation et des différents gouvernements qui se sont succédé. Au début, on a accusé Henri Konan Bédié [ex-président de la Côte d’Ivoire au pouvoir de 1993 à 1999, ndlr] d’être le père de l’ivoirité. Bédié est tombé dans le piège. Ses adversaires voulaient détruire son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Quelqu’un qui était supposé être un conseiller de Bédié, l’historien Pierre Kipré [ensuite envoyé par Laurent Gbagbo en tant qu’ambassadeur à Paris, ndlr] a trouvé cette formule: «Ivoiriens de souche, Ivoiriens de souche multiséculaire et Ivoiriens de circonstance» —et bla bla bla, pour diviser la famille ivoirienne. Le rêve de Félix Houphouët-Boigny [au pouvoir de 1960 à 1993, ndlr] était de créer les Etats-Unis d’Afrique dans son pays.

SlateAfrique – Que s’est-il passé, ensuite?

A.B. – Personne n’a prévenu Bédié que c’était une bombe à fragmentation ethnique, et il a cru à un concept culturel. Bédié a fait la paix avec Ouattara [ex premier ministre de Houphouët-Boigny. Selon les Nations unies et la communauté internationale, il a remporté la présidentielle de décembre 2010 avec 54% des suffrages, ndlr] quand il a compris. Ouattara a été brûlé par l’ivoirité. Bédié a été brûlé par l’ivoirité. Quand Bédié est tombé, les «Ivoiritaires» sont allés du côté du putschiste militaire Robert Gueï [auteur du coup d’Etat de 1999, ndlr], alors qu’ils étaient dans le PDCI, le parti de Bédié. Quand Gueï est tombé, ils se sont positionnés derrière Gbagbo. J’ai dit au président Gbagbo, attention: il y a des Ivoiritaires tapis dans l’ombre de la présidence, ils sont en train de miner votre pouvoir, de vous mettre sur la tête la couronne de l’ivoirité. Le tandem Gbagbo-Soro [ex chef de la rébellion et ex premier ministre de Gbagbo, Guillaume Soro est désormais le Premier ministre de Ouattara, ndlr] était la chance de la Côte d’Ivoire. Mais finalement, les Ivoiritaires et les va-t-en guerre ont eu raison.

SlateAfrique – Peut-on dire que Ouattara est aussi un va-t-en guerre, puisqu’il réclame une action militaire extérieure pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir?

A.B. – Non! Gbagbo et Ouattara sont deux victimes face à face. Ouattara est une victime de l’ivoirité. Gbagbo, lui, a hérité de la guerre de l’ivoirité. Voilà pourquoi son tandem avec Guillaume Soro pouvait mettre fin à l’ivoirité. L’alliance entre les rebelles des Forces nouvelles (FN) et les Forces de sécurité [FDS, loyales à Gbagbo, ndlr] aurait pu mettre fin à la crise. Mais l’économie de guerre en arrange certains, dans les deux camps. Nous assistons à la victoire de ceux-là, de ceux qui prennent des commissions sur les achats d’armes. Il y a des gens que la paix n’arrange pas.

SlateAfrique – La situation est-elle encore rattrapable?

A.B. – J’ose l’espérer. Que les armes se taisent! Qu’on arrête de tuer les civils! Que les FDS et les FN ou le commando invisible arrêtent de se tuer, de s’entretuer. J’invite tous ceux qui vont sur Abidjan.net et les forums de grands débats à arrêter les insultes et les phrases incendiaires: «Je veux du sang, du sang, du sang», «Je veux égorger les Dioulas», «Je veux égorger les Bétés». Je demande aux Ivoiriens d’arrêter d’être bêtes. Ne soyons pas bêtes! En vérité, celui qui tue Gbagbo aura tué Ouattara. Celui qui tue Ouattara aura tué Gbagbo. OK? Je suis fatigué de toujours vous mettre en garde. Je ne veux plus avoir raison. Il faut prendre ses responsabilités! Arrêtons de dire c’est la faute à la France, c’est la faute au Burkina Faso, c’est la faute à la communauté internationale. Si nous et nos politiques avions été à la hauteur, ni la France, ni le Burkina Faso, ni la communauté internationale ne se seraient invités dans notre débat. Prenons nos responsabilités! On se demande de quoi l’Union européenne se mêle… Voilà des gars qui ont mis 300 milliards de francs CFA [457 millions d’euros] dans nos élections [et le processus de désarmement et recensement qui a précédé le scrutin, ndlr], les plus chères au monde. Ils se mêlent de là où leur pognon est passé! Cette fois-ci, les ennemis de l’Afrique, ce sont les Africains. Les ennemis de la Côte d’Ivoire aujourd’hui, ce sont les Ivoiriens. Chaque mort ivoirien interpelle tous les Ivoiriens. Je voudrais que cette bêtise qu’est la tuerie s’arrête. J’ai pitié du ou des vainqueurs, ils seront inconsolables devant l’étendue de leur victoire. Tout a une limite. Même les plus grosses bêtises comme celle que nous vivons.

Ecoutez la version audio (2’24)

SlateAfrique – Un scénario rwandais est-il possible en Côte d’Ivoire?

A.B. – On est bien partis pour ça… Sur le forum Abidjan.net, on la voit bien, toute cette haine. L’Ivoirien a cette insouciance bête de vouloir mimer toutes les bêtises d’ailleurs. «Ouattara, c’est Hitler», «Gbagbo, c’est Hitler»… Arrêtez de faire appel au malheur! Dieu vous écoute, il va exaucer vos vœux! Depuis très longtemps on entend dire: «Un jour ça va chauffer dans ce pays, ça va chier ici, on va se faire ceci, on va se faire cela.» Dieu a entendu le message. Voici déjà la guerre. Et pour dire à quel point ils sont naïfs, mes frères: certains sont encore là, à attendre «le coup de sifflet pour le départ». Ah bon? Parce que c’est un match? Idiots! La guerre civile a déjà commencé. Il faut que cela s’arrête!

Ecoutez la version audio (1’01)

SlateAfrique – Comment pourrait-on sortir de la crise?

A.B. – Je fais une proposition, et si elle blesse quelqu’un, ce n’est pas la peine d’aller sur Internet pour m’insulter. Si ma proposition ne vous plaît pas, allez sur Internet faire d’autres propositions. Les insultes ne sont pas des propositions. Il faut mettre un terme à cette bestialité qui déchire notre pays. Je demande au camp Ouattara de relancer les discussions avec le camp Gbagbo. Il faut qu’il propose de débloquer les fonds de Gbagbo et de ses proches, de dégeler leurs avoirs et de voir comment lever les sanctions. Il faut repartir vers Gbagbo et faire des propositions de départ du pouvoir. Quel Ivoirien va accepter, après avoir été président, de se retirer avec ses comptes bloqués, ses avoirs gelés, avec en prime un passage devant la Cour pénale internationale (CPI)? C’est peut-être trop tard pour les négociations, mais mieux vaut des négociations que la guerre! Aidez-nous à stopper cette guerre!

Propos recueillis par Anne Khady Sé

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22. mars
2011
Côte d'ivoire
4

ARRET SUR IMAGE : apprenti dictateur cherche parrain !

De tout son poids le clan Gbagbo étouffe la démocratie en Côte d’Ivoire. Violation des droits de l’homme, atteinte à la liberté de la presse, promotion des médias de la haine…Pourtant on ne pas encore parle de ‘’dictature’’. Il y a certain vieux du syndicat comme Kadhafi qui ont le vent en poupe et ça laisse du temps pour brimer encore plus le peuple et monter une armée de jeunes ultra-nationalistes prêts à mourir pour l’étendard estampillé LMP.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


51 jours de détention arbitraire à la MACA pour nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) accusés sans preuves d’atteinte à la sureté de l’Etat.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas et nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi

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21. mars
2011
Côte d'ivoire
2

Le paradoxe d’un appel au dialogue

De l’appel au dialogue inter Ivoirien à l’appel à la mobilisation des jeunes patriotes pour chasser les ‘’rebelles’’ il y a eu finalement un bref répit de 48 heures. Laurent Gbagbo qui appelait son ‘’frère’’ Alassane Ouattara au dialogue semble avoir changé de discours. En tout cas à entendre son ministre de la jeunesse arranger une foule de jeunes à Yopougon ce week-end on se demande quel type d’évangile prêche le LMP. Les jeunes patriotes sont appelés à rallier l’Etat Major des FDS ce lundi pour se faire enrôler : ils iront défendre le régime de Laurent Gbagbo agressé par le commando invisible. La proposition du LMP ressemble étrangement à un scorpion qui tend les pinces (appel à la paix) et arc-boute son dard pour piquer et inoculer son venin (mobilisation armée) ! Finalement on donnera raison au RHDP qui a très vite vu en cet appel est une farce du président sortant visant à gagner du temps pour mettre à exécution un plan dont lui seul a les tenants et les aboutissants. Pour Anne Ouloto porte-parole du Docteur Alassane Ouattara ce plan n’est rien d’autre qu’une invitation à peine voilée à la guerre civile. « Laurent Gbagbo est en train de tendre un piège au président Ouattara, c’est celui de la guerre civile. Mais le président Alassane Ouattara ne veut pas tomber dans ce piège » a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse.

Une guerre civile en Côte d’Ivoire ? Chacun refuse d’y penser et pourtant on en parle tout le temps. Les signes sont même visibles : crimes à caractère ethniques ou religieux, assassinats ciblés, meurtres organisés, barrages filtrants, chasse à l’homme sans oublié la distribution d’armes aux civils. A Abidjan des images nous font penser déjà à celles du génocide rwandais : les nombreux barrages, des attaques à la grenade pour faire le maximum de dégâts et le caractère ethnique que prennent de plus en plus les crimes des miliciens. Même les femmes et les enfants ne sont plus épargnés par ceux qui ont choisi de violer les droits de l’homme. Le Ministre Alain Juppé à même tiré la sonnette d’alarme au sujet du drame humanitaire qui secoue la Côte d’Ivoire invitant l’ONUCI à prendre ses responsabilités pour protéger les populations agressées par les milices. Le Premier Ministre Guillaume Soro a de son côté invité les jeunes ivoiriens à plusieurs reprises à ne pas se tromper de combat ni s’engager dans une œuvre dont les retombés leur seront défavorables. « Une formation militaire ne se fait en une ou deux semaines et le fait d’avoir une arme en main ne fait pas de vous un soldat » a-t-il lancé à l’endroit des jeunes patriotes avant de conclure « aussi je vous invite à réfléchir sur le sort de la Côte d’Ivoire dans laquelle vous voulez vivre : suivre un régime qui en huit ans n’a rien fait pour vous ou accepter de renoncer à la violence pour construire ce pays »

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Ils sont arbitrairement détenus depuis 50 jours à la MACA accusés sans preuves d’atteinte à la sureté de l’Etat. Au nom de la liberté de la presse nous n’oublions pas nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP).

Nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement en Côte d’Ivoire !

Suy Kahofi

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20. mars
2011
Société
2

Partir, oui partir…pour éviter le KO !

 

Nombreux sont ceux qui quitte Abidjan

Abidjan, la grande et belle capitale qui attirait tous les Ivoiriens et même les curieux d’Afrique est aujourd’hui l’épouvantail des habitants d’origines diverses qui la chérissaient. L’actualité n’est plus aux débats sur qui restera au pouvoir : c’est le sauve qui peut général. La violence qui gagne tous les quartiers de la métropole oblige les uns et les autres à partir et le spectacle de ces départs en masse est saisissant. Matelas, sacs de voyages et fourneaux sont accrochés sur un vieux 4×4 qui emprunte l’autoroute du nord, les gares routières sont bourrées de monde, les cars et véhicules personnels qui sortent d’Abidjan sont toujours plus surchargés ! Dans un domicile des II Plateaux un fonctionnaire surpris par la fermeture des banques brade ses fauteuils, un réfrigérateur et une moto pour rassembler de quoi évacuer sa famille au village. Explication d’un père désemparé : « Ce sont des objets que je pourrais acheter après mais si je ne reste pas en vie à quoi me servira tout ça ? Je préfère vendre et sauver ma peau que de garder tout ça et risquer ma vie ».

Balluchons et cartons sur la tête, ceux que je vois arriver du marché ne sont pas des commerçants : attention le témoignage est frappant. « Voici une semaine que nous avons dû enterrer une de nos sœurs tuée par un éclat d’obus à Abobo. A défaut de pouvoir l’évacuer vers une morgue, elle repose dans une tombe improvisée que nous avons creusée au centre de la concession où nous vivons. Nous n’avons pas mangé depuis deux jours et là nos parents exigent que nous quittions Abidjan » affirme un homme d’une trentaine d’années effrayé par un spectre invisible qui semble lui tourner autour. A défaut de trouver un taxi à un prix abordable cette famille venue de Treichville a dû rallier la gare TCF d’Adjamé à la marche en traversant le Plateau jalousement gardé par des FDS !

Gare d’Adjamé, d’Attécoubé, de Yopougon…ici il faut dormir à la belle étoile pour espérer avoir un ticket de voyage et miss Akissi Colette témoigne. « Je suis ici avec mon fils et mes quatre frères depuis deux jours et il n’y pas de car. Nous avons eu des tickets mais pas au tarif habituel : il y a eu des augmentations. Le chef de gare nous parle d’une pénurie de carburant ». Avec ou sans hausse des prix Kouassi Rodolphe est décidé à regagner son Toumzuébo natal, gros village au nord de Yamoussoukro. « Mon frère il faut partir, oui partir pour éviter le KO ! On ne sait pas quand tout va ‘’se gâter’’ totalement. Ouattara dit que les souffrances vont prendre fin plus vite que prévu, Gbagbo dit que la sortie de crise est pour bientôt : la situation fait peur. Ils mettent fin à la crise comment avec tous ces morts ? » affirme le jeune homme. Au moment où nous échangeons deux hélicoptères de type MI 24 appartenant à l’ONUCI survolent le centre d’Abidjan en destination de Sébroko. Tous les regards sont rivés vers le ciel avec une petite voix qui s’échappe de la foule : « nos problèmes vont-ils trouver une solution pacifique ? ».

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


49 jours de détention arbitraire à la MACA pour nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) accusés sans preuves d’atteinte à la sureté de l’Etat.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas et nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi

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19. mars
2011
Côte d'ivoire
1

Gagner du temps à tout prix !

La diplomatie pourra-t-elle convaincre Laurent Gbagbo ?

La cour de justice de la CEDEAO interdit tout usage de la force en Côte d’Ivoire. Voici également une position que la ligue Arabe défendait dans le dossier libyen espérant que Kadhafi allait retenir ses chiens de chasse pour qu’ils arrêtent de jeter missiles et obus sur les insurgés. Malheureusement le recours aux juridictions internationales et aux organisations sous-régionales par des régimes aux aboies nous donne toujours la preuve qu’il s’agit d’une stratégie de répit pour mieux organiser l’offensive. Menacé par l’OTAN de frappe chirurgicale pour neutraliser sa DCA et clouer ses avions au sol, le dictateur libyen a vite fait d’annoncer le cessez-le-feu. Kadhafi qui annonçait hier un cessez-le-feu continue de bombarder Benghazi aujourd’hui.

Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire utilise cette même stratégie : il a déjà réussit à endormir l’opinion africaine en faisant passer le dossier du règlement de la crise post-électorale de la CEDEAO à l’Union Africaine. Craignant que l’ECOMOG vienne le déloger sans ménagement et réduire à néant ses forces militaires, il a vite fait de demander la mise sur pied d’un comité d’évaluation des élections ; chose que l’UA fait par le canal du panel. Pendant que ce panel travaillait à la résolution de la crise, les FDS continuaient de massacrer les populations à Abobo et les miliciens de traquer l’étranger. Le drame humanitaire que cache la querelle politique entre ADO et Gbagbo semble être oublié par les instances de la CEDEAO. La ligue arabe qui hier refusait de cautionner toute intervention militaire s’est résignée à donner son OK à l’OTAN vu les morts qui ne cessent de se compter en Lybie. Après une succession de revers diplomatiques, l’annonce de la CEDEAO d’écarter la violence pèse donc en faveur du président sortant Laurent Gbagbo et lui permet de gagner du temps. Pourtant le 24 février dernier, Goodluck Jonathan président de l’Etat nigérian et président en exercice de la CEDEAO avait en effet indiqué que toute action militaire devrait être placée sous l’égide de l’ONU. Si les dirigeants de la CEDEAO ne se décident pas à adopter une position plus ferme c’est sûr que bon nombre des ressortissants ouest-africains résidants en Côte d’Ivoire perdront aussi la vie comme les Ivoiriens qui meurent chaque jour.

Une simple résolution du conseil de sécurité a fait plier Kadhafi et s’il faut qu’un vent de frappe militaire ou d’intervention armée souffle sur le régime de Laurent Gbagbo pour qu’il cède, je crois bien qu’il est temps de l’activer au lieu de condamner les tueries et promettre l’enfer à ceux qui violent les droits de l’homme.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Message de soutien et d’encouragement à nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) arbitrairement détenus à la MACA pour atteinte à la sureté de l’Etat.

En ce 48ème jour de détention nous ne les oublions pas et nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi

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19. mars
2011
NTIC & Hi tech!
4

Surveille ton langage cher ami !

 

Le débat sur la crise Ivoirienne tourne à la guerre des propos orduriers

La crise post-électorale Ivoirienne alimente depuis trois mois les débats sur les plateaux de télévision, dans les studios de radio mais surtout sur la toile. Il n’y  a pas un seul réseau social ou un site d’information qui échappe à cette actualité. Là où on parle de la Côte d’Ivoire, les internautes du monde se ruent pour donner leur point de vue sur l’actualité. Malheureusement les échanges sur l’actualité Ivoirienne virent de plus en plus à la guérilla verbale entre pro-gbagbo et pro-ouattara. Des propos orduriers, rien que des propos orduriers là où on espère voir des personnes sensées échanger pour le bien de la Côte d’Ivoire.

En ce moment les espaces commentaires des blogs et des sites d’information doivent en voir de toutes les couleurs pour ne par dire de tous les propos. Je ne sais pas qui s’invite en premier sur les sites ou les blogs mais c’est comme si pro-gbagbo et pro-ouattara tendaient l’embuscade en attendant l’ennemis. Après les premiers commentaires généralement polis, les seconds s’ils ne descendent pas en dessous de la ceinture consacre toute la grossièreté longtemps enfouie. Je vous épargne les propos très très grossiers mais voici généralement ce que certains ivoiriens et autres s’envoient comme pique : idiot à la solde de Sarkozy, pauvre c.., taré d’Abobo, rebelles, chien du golf, ennemis du pays, enfoirés, acheté, esprits corrompus, frontistes de merde, pilleurs du pays, blanc imbécile casse toi ! (pour les quelques occidentaux qui s’invitent dans le débat)… Décidément la guerre ne se passe pas seulement dans les ruelles d’Abobo mais aussi entre les ‘’intellectuels’’ accoudés à leurs ordinateurs. On peut échanger de façon constructive sur le problème ivoirien, convaincre par des arguments bien pensés sans sombrer dans la violence verbale. Aux ivoiriens je m’adresse : au-delà du différent politique qui nous oppose, quelle image donnez-vous de notre pays au reste du monde ? Certainement qu’un internaute d’outre-mer rira de nous en disant : « un pays de ouf, en plus d’avoir deux présidents, ils sont grossiers et probablement sans éducation ».

L’heure est grave pour la Côte d’Ivoire et je pense que nos propos doivent contribuer à calmer les esprits au lieu d’attiser les haines inutiles. Rien ne sert de se cacher sous un pseudonyme pour se montrer vulgaire ou grossier car si on se plaint de l’attitude des groupes armés qui règlent leur crise à coup de Kalachnikov, il va valoir nous même désarmer nos propos et donc nos cœurs. Frère de sang, frère du web ‘’lave ta bouche’’, purifie ton clavier et pèse tes mots quand tu décides de parler de la Côte d’Ivoire. La parole a une puissance insoupçonnée et les Saintes Ecritures l’attestent alors parle et écrit pour que la Côte d’Ivoire sorte de la crise si tu l’aimes vraiment.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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Suy Kahofi

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18. mars
2011
SOS
0

Et les droits de l’homme dans tout ça ?

 

Une balle a perforé la mâchoire inférieure de ce civil pour ressortir_sous l œil

Chaque jour qui passe depuis la mi-décembre est un jour de deuil pour une famille en Côte d’Ivoire. Il ne se passe pas un jour sans qu’un enfant, une femme ou un civil innocent ne perde la vie dans les combats opposant insurgés du commando invisible et éléments des FDS. L’offensive des FDS est militairement justifiée. D’ailleurs il est normal pour l’armée ivoirienne de vouloir se débarrasser des insurgés puisse que ceux-ci empiètent sur leur territoire. Le seul hic c’est qu’à voir la stratégie utilisée par les FDS pour traquer l’ennemis on ne peut que se poser des questions sur les réelles motivations des hommes en uniforme. Que vont-ils véritablement faire à Abobo : traquer des insurgés ou tuer des civils ? La question mérite d’être posée car depuis une semaine que dure l’offensive seuls des civils sont tués dans les bombardements des FDS.

Appliquons le droit International Humanitaire

Ce jeudi 17 mars, entre 25 et 30 personnes ont encore été tuées à Abobo venant alourdir le bilan de 410 tués officiellement recensés par l’ONUCI. Il faut également souligner que 40 et 60 blessés ont été enregistrés. Des grenades et des obus qui atterrissent encore et toujours sur des maisons ou des marchés occupées par des civils. Sur les 1.500.000 habitants que compte le quartier d’Abobo (quartier le plus peuplé d’Abidjan), les ONG ont pu enregistrer le départ de 300.000 personnes dont certaines, malgré l’offensive ont regagné leurs domiciles. Abobo n’est pas un quartier vide en homme et aussi bien qu’il abrite des pro-ouattara, des pro-gbagbo y sont encore et même des ivoiriens qui ont choisi de ne pas faire la politique. A ce titre les stratégies militaires applicables sur une ligne de front ne peuvent l’être dans une zone urbaine aussi densément peuplée. Il est temps que des principes les plus élémentaires du respect des droits de l’homme soient appliqués par les deux camps et en premier lieu par les FDS qui opèrent sur le terrain en tant que force soumise aux conventions de Genève. Ces conventions et leurs accords additionnels stipulent clairement que toute personne n’étant pas en possession d’une arme à feu, ne participant pas (ou plus) aux combats ne doit être traité comme un combattant. Les civils pris au piège des combats doivent être épargnés et l’utilisation d’arme de guerre en zone urbaine doit être proscrite. FDS et commando invisible ont la charge de protéger les civils car toute population occupant une zone soumise de fait ou de facto à une force militaire doit être protégé par celle-ci. On ne peut pas prétendre rechercher la paix et vouloir gouverner un peuple quand on pose des actes pour l’exterminer. En ce 21ème siècle soyons sûr que rares sont ceux qui ont violé les droits de l’homme ou appelé à la violence durant un conflit et qui se promènent en toute impunité. Les cas Charles Taylor, Saddam Hussein, Milosevic, Radovan Karadzic sont bien là pour le confirmer et même ceux qui courent encore seront rattrapés tôt ou tard. Il faut que les tueries aveugles de civils cessent ! La vie est sacrée et nul n’a le droit de l’ôter à son semblable.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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Suy Kahofi

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17. mars
2011
NTIC & Hi tech!
14

TCI vs RTI : vers l’équilibre de l’information ?

 

La bataille de l’image fait rage entre la RTI et TCI

« Au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, Laurent Gbagbo avait tout et le RHDP n’avait rien ! Aujourd’hui je crois que nous avons tout et lui presque rien ! ». Cette phrase tenue il y a environ une semaine sur les antennes de TCI par Patrick Achi le porte parole du gouvernement Soro consacre l’équilibre des forces en présence dans la crise post-électorale ivoirienne. Chaque camp dans sa manœuvre d’isolement de l’adversaire a désormais en sa possession l’arme idéale pour toucher l’ivoirien : les médias. Chaque camp possède sa télévision, sa chaîne de radio et on le sait déjà ces journaux. La crise post-électorale Ivoirienne consacre une forme de libéralisation totale de l’espace audio-visuel et de la presse en Côte d’Ivoire. Désormais l’information n’est plus la chasse gardée d’un seul camp et chacun peut faire sa propagande.

Bien fini le temps où les gigantesques meetings de la galaxie patriotique fortement médiatisé par la RTI donnait au monde l’impression que Laurent Gbagbo était le maître absolu de la Côte d’Ivoire. Fini le temps des images en boucle diabolisant le RHDP. Fini le temps des morts et des victimes qu’on cachait, des marches qu’on réprimait dans le sang, des problèmes économiques qu’on cachait pour mieux asservir le peuple. Il a fallu que TCI émette juste quelques semaines pour que certaines réalités socio-économiques soient mises à nu et que d’autres slogans soient découverts par le monde dont le célèbre Gbagbo dégage ! Les deux chaînes de télévision ivoirienne, quand bien même prêchant pour leur chapelle respective, ont pu établir un équilibre de l’information. C’est vrai que le mot impartialité est à bannir de leur mode opératoire mais en suivant les deux chaînes on se fait une idée de la situation réelle sur le terrain. Ce que la RTI cache, TCI le dévoile et vis versa. Voici ce que les Ivoiriens pensent de ces deux chaînes. « Moi ce que je note c’est que TCI a poussé la RTI  à revoir ses productions ; les reportages mensongers auxquels nous étions habitués ont disparu » affirme Franck K. « Je reproche aux deux chaînes d’accorder moins d’importance aux souffrances du peuple. 70 % de leur temps d’antenne sert à la propagande politique » déclare Pauline Y.  « Je vais consentir à les appeler télévisions au service de la Côte d’Ivoire quand la RTI aura le courage de montrer des femmes tuées par les chars de Gbagbo et TCI des réfugiers du Libéria fuyant l’offensive des Forces Républicaines. Pour l’instant je considère que se sont des outils de propagande pro-gbagbo et pro-ouattara » soutien Ismaël C.

Alors que doivent faire TCI et la RTI pour accompagner la sortie de crise ? Voici la réponse d’un instructeur d’une école de journalisme. « Elles peuvent prêcher pour leurs chapelles mais le plus important c’est de privilégier et promouvoir les actions de sortie de crise. Elles doivent diffuser par exemple des images de cultes ou de messes pour le retour de la paix en cette période de carême, inviter les leaders religieux à prôner l’amour et le respect de la vie humaine, montrer des jeunes de communautés différentes qui s’unissent pour le bien de la Côte d’Ivoire…Seules ces images peuvent apaiser les cœurs ». Les médias ont un rôle important à jouer dans le processus de sortie de crise et pour un nombre important d’ivoiriens le temps n’est plus aux appels à la haine de l’étranger et de la guerre aveugle entre communauté mais à la diffusion de productions allant dans le sens de la réconciliation.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


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Suy Kahofi

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16. mars
2011
Nouvelles du pays
3

Le discours d’Alassane Ouattara à la Nation

 

Le discours du Président élu de la République de Côte d’Ivoire sur TCI

Le discours du Docteur Alassane Ouattara, Président élu de la République de Côte d’Ivoire en cette soirée du 15 mars 2010 fut bref ; moins d’une quinzaine de minute pour lancer un appel à l’unité et à la consolidation des acquis d’une Côte d’Ivoire fragilisée par trois mois de crise post-électorale. Fidèle à son principe d’une Côte d’Ivoire évoluant dans une Afrique digne et capable de résoudre ses problèmes, il a fait sienne les conclusions de la dernière réunion du conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine qui le confirme au poste de Président de la République. Pour clore définitivement le chapitre des interprétations de ces conclusions, il a tenu d’entrée de jeu à les rappeler. D’ailleurs parmi ces cinq résolutions figure une qui faisait parti de son programme de gouvernement à savoir celle de la mise sur pied d’un gouvernement d’union nationale.

Les conclusions du panel de l’Union Africaine, consolidées par le conseil de paix et de sécurité sont donc aujourd’hui la nouvelle feuille de route pour la sortie de crise en Côte d’Ivoire. L’objectif immédiat que le Président Ivoirien se fixe en appliquant ces cinq mesures d’Addis-Abeba est la réconciliation du peuple Ivoirien sur la base modèle sud-africain par la mise sur pied d’une commission vérité et réconciliation. Malgré les bonnes dispositions du Président Alassane Ouattara pour une sortie de crise pacifique il ne faut pas se voiler la face. La paix des braves tant voulue par l’Union Africaine ne se fera pas seulement par l’unique volonté d’Alassane Ouattara. Aussi pour que la Côte d’Ivoire retrouve son calme et renoue avec le développement il a eu ce message à l’endroit du Président sortant. « Au président Laurent Gbagbo je voulais dire qu’il est temps que dans l’intérêt supérieur de la nation qu’il accepte de se conformer à la volonté des Ivoiriens et aux décisions de l’Union Africaine notre organisation continentale. Je lui demande de saisir cette nouvelle initiative du panel de haut niveau de l’Union Africaine. Après le vote des Ivoiriens, après les appels de la société civile, des religieux, de la CEDEAO, de l’Union Européenne, des Etats Unies, des Nations Unies et de tous nos partenaires au développement, il doit comprendre qu’il s’agit là pour lui-même et pour ses proches de la dernière chance pour une sortie pacifique et honorable : sa responsabilité est personnellement engagée ».

Au-delà de l’appel à Laurent Gbagbo, le Président Alassane Ouattara n’a pas manqué de situer les responsabilités des membres du Conseil Constitutionnel et de l’armée dans la crise post-électorale avant de les inviter à jouer leurs partitions dans ce mouvement de sortie de crise en rejoignant la République. Pour clore son propos le Président Alassane Ouattara a lancé cet appel aux Ivoiriens et habitants de la Côte d’Ivoire pour qu’ils gardent espoir et se préparent à vivre dans une Côte d’Ivoire unie et prospère.

Théoriquement Laurent Gbagbo avait prévu s’adresser aux ivoiriens le lundi 14 mars, puis il a rejeté son adresse au mardi 15 mars et visiblement puisse que le discours n’a eu lieu hier, il est attendu dans les heures qui viennent et ce serra à coup sûr une réponse au discours du Président Alassane Ouattara, je dirais comme d’habitude !

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


45ème Jour de détention arbitraire à la MACA pour nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) accusés sans preuves d’activités terroristes.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas.

Nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement !

 

Suy Kahofi

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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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