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La côte d'ivoire au jour le jour!
09. avril
2011
Nouvelles du pays
2

Il tire toujours les ficelles de la déstabilisation

 

Laurent Gbagbo veut-il réellement la paix ?

« Si je ne suis pas Président alors personne ne le sera ». Voici certainement l’idée maitresse qui guide l’attitude destructrice de Laurent Gbagbo dont les troupes refusent de tourner la page de la crise post électorale. L’égocentrisme de Laurent Gbagbo risque de pousser la Côte d’Ivoire vers des lendemains incertains. Comment quelqu’un qui prétend être de Dieu et combattre avec ‘’l’armée de Dieu’’ peut-il être aussi orgueilleux au point de mettre en péril la vie de ses compatriotes ? Parce que la Côte d’Ivoire veut renoncer à la violence et au KO, le clan Gbagbo refuse de lui rendre sa liberté. Au lendemain du discours du Président Alassane Ouattara les populations sont enfin sorties pour tenter de trouver de quoi manger et souffler. Les engagements pris pour le retour au calme avaient convaincu les Ivoiriens. Malheureusement les miliciens pro-gbagbo encore actif à Abidjan ont tout fait pour empêcher les abidjanais d’être heureux. Plusieurs attaques ont été signalées dans toute la ville car les forces pro-gbagbo n’ont pas dit leur dernier mot. Profitant de l’accalmie et du fait que les FRCI tentent de sécuriser Abidjan, les mercenaires et miliciens à la solde de l’ancien président se sont réarmés pour continuer à tuer. Certes cette situation inquiète l’ONU mais elle avait été déjà décrite par le Premier Ministre Guillaume Soro qui avait affirmé et je cite « l’appel au cessez-le-feu n’est qu’une nouvelle stratégie de Laurent Gbagbo pour gagner du temps et organiser sa résistance ». Aujourd’hui chacun donnera raison à Guillaume Soro vu que la forteresse Gbagbo est gardée par plus de 1000 hommes qui tentent d’encercler l’hôtel du golf. Suivez mon regard.

Voici près d’une semaine que les habitants du paisible quartier de la Riviera CIAD et du village de N’pouto (situé à 500 m de l’Hôtel du Golf) ont vu débarquer de nouveaux locataires. Un nombre important de ces personnes serait des militants de la FESCI qui ont déserté les cités universitaires : « on les connait bien ici » nous a affirmé un jeune homme. Reconnaissable à leurs vocabulaires virulent et leurs prêches enflammées anti-ouattara, ils tentent de recruter des jeunes dans les espaces publics tels que les maquis et espace de distraction encore ouverts. En cette période difficile, ils ont encore les moyens de s’offrir casiers de bières et mener une vie de luxe. Pire aux alentours du village de N’Badon des informations font état de jeunes miliciens qui reprennent des entrainements. Les populations de ces différents quartiers et villages heureux de la présence des casques bleus de l’ONUCI craignent que la violence et les pillages ne soient désormais leur quotidien. Les attitudes hitlériennes de Laurent Gbagbo inquiète car dans l’histoire du monde tous les dictateurs et leaders qui ont cru que sans eux leurs Nations ne pouvaient pas exister ont conduit des régimes et des idéaux qui ont consacré le KO et la désolation. La Shoa en est l’exemple le plus palpable ! Laurent Gbagbo s’en fout de savoir si les abidjanais mangent ou sont malade, il s’en fout de savoir si des femmes enceintes ne s’alimentent pas bien, il s’en fout de savoir si des blessés restent sans soin, il s’en fout des morts…La seule chose qu’il veut n’est ni la paix pour la Côte d’Ivoire mais il veut tout simplement être Président et s’il le faut sur les cadavres des Ivoiriens. Je me réjouis que sur cette terre aucune situation n’est éternelle et que tôt ou tard Laurent Gbagbo, qui depuis quatre mois tente de trouver un homme lucide pour lui dire qu’il est Président, devra se décider à laisser les Ivoiriens vivre. L’ayatollah Ruhollah Khomeiny dans un célèbre écrit disait ceci : « quand un mécréant se présente comme une plaie pour sa communauté, sa ville ou son pays et que son caractère destructeur est nettement révélé, l’ablation d’un tels kyste s’impose comme une intervention chirurgicale voulu par Dieu pour l’équilibre du monde ». Tôt ou tard le problème Laurent Gbagbo sera réglé car il est aujourd’hui le vrai problème de la Côte d’Ivoire. Les hommes de Laurent Gbagbo refusent de prendre le chemin de la paix et ils entendent empêcher le reste du peuple de vivre en paix. Dieu est témoin et en temps que juge suprême il ne regardera pas la situation du peuple Ivoirien sans agir.

Suy Kahofi

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08. avril
2011
Nouvelles du pays
1

Abidjan : quand la Licorne sert les missiles sur un plateau d’argent

 

La licorne agit belle et bien sous mandat onusien

J’ai pris le temps d’écouter les nombreux commentaires sur le bien fondé de l’intervention de la Force Licorne à Abidjan il y a quelques jours et je dois dire que l’émotion et les analyses hâtives sont le fort de certains intellectuels africains. Ces derniers n’ont que pour seuls mots à la bouche néocolonialisme, ingérence, dictat occidental et j’en passe. Le gros verbiage inutile de nos universitaires là où tout un peuple souffre depuis quatre mois de l’entêtement politique d’un pseudo-démocrate qui fait miroiter monts et merveilles depuis huit ans. Ceux qui suivent l’actualité ivoirienne et la scrutent à la loupe savent dans quel contexte les frappes de l’ONU sont intervenues. Depuis quatre mois le monde entier sait que les troupes fidèles à Laurent Gbagbo tuent impunément à Abobo malgré les appels de l’ONU et des humanitaires. Le monde entier sait que des obus de Gbagbo atterrissent sur des marchés, les amis socialistes de Gbagbo savent que leur copain ordonne des tirs de mitrailleuses lourdes sur des manifestantes aux mains nues, les intellectuels africains savent que des crimes à caractère religieux ou ethnique ont été perpétré par des milices pro-gbagbo…la liste des violations des droits les plus élémentaires de la personne humaine est longue et les choses se sont prolongées même avec l’offensive des FRCI. Les troupes onusiennes en mission de protection des civils à Abidjan ont essuyé à plusieurs reprises des tirs des Forces Spéciales du camp Gbagbo : RTI jeudi 31 mars 19 h, 2 avril camp de gendarmerie d’Agban, Plateau bloc ministériel et cocody où cinq éléments des FDS ont été touchés, 3 avril des tirs atteignent le quartier général de l’ONUCI à Sébroko : de nombreuses balles atterrissent dans le bureau de Mr YJ Choi et dans les studios d’ONUCI Fm, ce même jour (3 avril) vers 17 heures, un char de combat a pris position dans un camp militaire donnant sur le siège de l’ONUCI et des obus dirigés contre la Mission ont atterri dans le quartier populaire d’Attecoubé constituant une menace directe contre les populations civiles.

A-t-on besoin d’un portrait supplémentaire pour comprendre que les troupes de Laurent Gbagbo avaient l’intention de nuire ? Je crois que non ! Ceux qui s’exhibent en évoquant une ingérence de la France ne sont pas ceux que la faim malmène à Abidjan en ce moment, ils ne sentent pas l’odeur des corps en putréfaction, ils ne dorment pas sans prendre un bain comme plusieurs abidjanais aujourd’hui, ils ne passent pas des nuits blanches à espérer qu’un obus ne vienne tuer un enfant…voici pourquoi ils ne peuvent pas saluer les frappes de la Licorne. De nombreuses poudrières, tanks et mortiers ont été détruits par les missiles français. Même avec ces frappes Laurent Gbagbo dispose encore d’armes lourdes pour défendre son domicile et les T40 qui gardent sa forteresse sont la preuve qu’un autre bombardement de l’ONUCI et de la Licorne s’impose. Les forces spéciales de Laurent Gbagbo se battent toujours avec des armes lourdes et les snippers embusqués empêchent les agents de la Croix Rouge d’enlever les corps en putréfaction qui jonchent les rues d’Abidjan. Rien de l’arsenal de guerre de Laurent Gbagbo n’a été touché et ses hommes se battent toujours, plus équipés et regroupés grâce au faux cessez-le-feu qu’ils ont négocié pour rouler les FRCI dans la farine. La France n’a pas agit de son propre chef : elle intervient sous mandat onusien à la demande du secrétaire général de l’ONU. Alors pour ceux qui analysent les frappes françaises en ayant en cœur les luttes coloniales ou la traite négrière, sachez que vous vous trompez de réalité. Je trouve que ces frappes sont arrivées bien tard et après de nombreuses victimes. L’ONUCI et la Licorne l’auraient fait il y a une semaine que le camp Gbagbo aurait capitulé ou plutôt négocié avec moins d’arrogance. Aujourd’hui les mercenaires pro-gbagbo s’attaquent aux domiciles des ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire sans que quelqu’un ne s’indigne. Quand l’ONUCI ou la Licorne agiront sous le chapitre 7 des Nations Unies pour stopper ces nouvelles violences, d’autres diront qu’il s’agit encore d’ingérence comme si préserver la vie d’un homme ne pouvait pas justifier l’ingérence d’un Etat dans les problèmes internes d’un autre. Je vous laisse avec cette question : qui d’entre vous osera abandonner un enfant entre les mains de sa mère quand cette dernière est en train de le battre à mort ? Je suis sûr que chacun ira secourir cet enfant sans qu’il ne se pose la question de savoir s’il n’est pas en train de s’ingérer dans un problème familiale !

Suy Kahofi

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08. avril
2011
Nouvelles du pays
1

« Nous on avance et on va avancer ! »

 

Il faut que la Côte d’Ivoire oublie le passé pour construire son avenir

Il n’y a que les militants LMP et ceux du FPI qui aiment le KO, la violence et les crimes sans fin pour oser critiquer le discours du Président Ouattara. Il n’y a que les suppos de l’ancien chef d’Etat qui aiment voir le sang couler car ils sont les seuls à avoir crié « on ne laisse pas tombé, on va mélanger le pays, Ouattara n’a qu’a bavarder c’est cadeau ». Voici un clan de pseudo-démocrates et de patriotes du dimanche qui regrettent déjà le temps où Gbagbo jetait les obus sur les civils, qui regrettent déjà les assassinats des journalistes, qui veulent encore que les armes lourdes crépitent…Il y a ceux là et il y a nous qui voulons le changement, du travail, la paix et un avenir radieux pour notre cher pays !

Trop c’est trop ! Huit ans de crise militaro-politique, quatre mois de crise post-électorale, douze jours de guerre civile, plus de 2000 morts, des milliers de blessés, des centaines d’orphelins, des centaines veuves ; je crois qu’il faut être un homme sans cœur pour vouloir reculer et vivre de nouveau toutes ces souffrances. On peut être nostalgique mais je pense qu’on doit l’être pour les bonnes choses. La triste page de Laurent Gbagbo marquée par la gabegie, la corruption, les détournements à grande échelle, les scandales sexuels au sommet de l’Etat et les morts en cascade est belle et bien tournée. « Nous on avance » comme dirait un jeune chauffeur et on veut avancer ! Les banques vont rouvrir et ceux qui ne veulent pas prendre leur salaires parce que payé par Ouattara sont libres de le faire ! Les ports ne sont plus sous embargo et ceux qui refusent de se soigner avec les médicaments qui passent par ces ports sont libres de refuser ! Il y aura du travail et ceux qui veulent croiser les bras sont libres d’agir ainsi ! Il y aura la réconciliation et je crois que seuls les ennemis de la Côte d’Ivoire seront contre ! La Côte d’ivoire veut vivre après des jours passés dans le KO et seuls ses ennemis rêvent encore du KO.

Laurent Gbagbo n’est plus une priorité car hier il était le chasseur qui mettait Ouattara sous blocus, aujourd’hui c’est lui qui est sous blocus et personne ne s’opposera à son désir de garder ce palais présidentiel pour lui. La prophétie selon saint Laurent, celle qui confortait la dérive messianique du couple Gbagbo s’est bien accomplie sauf que la fin ne ressemble en rien à ce que Laurent Gbagbo espérait. Dieu confond toujours et il a trouvé une solution à la crise à laquelle personne ne pensait. Prophétie par ici, prophétie par là, rien que du mensonge d’homme de Dieu cupide pour endeuiller la Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens sauront désormais entendre la voix de Dieu et feront la différence entre ce que les faux prophètes disent et ce que Dieu dit. La Côte d’Ivoire avance et elle avancera avec ceux qui le souhaitent car ce pays a d’énormes potentialités qui peuvent lui permettre de jouer son rôle de moteur économique de la sous-région. Vive la Côte d’Ivoire et que Dieu nous bénisse !

MOMENT DE JOIE


Ils sont désormais libres, nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) arbitrairement détenus à la MACA. Merci aux journalistes ivoiriens, à RSF et à tous ceux et celles qui ont soutenu et soutiennent tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement. Vive la Presse Ivoirienne pour que vive la Démocratie !

Suy Kahofi

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07. avril
2011
SOS
3

Massacres à Duékoué : Où était le MORBATT de l’ONUCI ?

 

Le CICR tente de retrouver et enlever les morts

La nouvelle résolution du Conseil de Sécurité renforçant le mandat de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire venait à peine d’être votée que le scandale des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et présumé génocide éclatait dans l’ouest du pays plus précisément à Duékoué, la cité où éléments des FRCI fidèles à Alassane Ouattara et FDS fidèles à Laurent Gbagbo se sont affrontés à l’arme lourde pendant plus de 48 heures. Le bilan en perte humaine est lourd : le CICR avance le chiffre de 800 morts là où Caritas et d’autres ONG parlent de plus de 1000 morts. Qui a donc pu tuer à cette échelle à Duékoué ? Aujourd’hui, FRCI et FDS se rejettent la responsabilité des massacres. « Nous avons eu au moins le temps d’avertir la Communauté Internationale sur les massacres des miliciens et des mercenaires pro-gbagbo à Duékoué. Rappelez-vous qu’avant notre entrée dans cette ville et même celle de Guiglo nous avons tiré la sonnette d’alarme pour insister sur ces tueries et donc je refuse que les FRCI soient accusés d’être les auteurs de ces massacres » a souligné le Premier Ministre Soro Guillaume. Les services du Premier Ministre en présence des délégués du CICR et de l’ONUCI sont à pied d’œuvre, sous l’œil du ministre Sidiki Konaté, pour rétablir la vérité. Pour l’instant seuls quelques 152 corps ont été enregistrés.

Pro ou anti Ouattara ou Gbagbo, chaque ivoirien se pose une seule question : où était l’ONUCI notamment son bataillon marocain au moment des faits ? L’ONUCI si prompt à tirer des conclusions sans enquête doit comprendre qu’elle a une part de responsabilité dans les massacres de Duékoué. Lorsque les combats faisaient rage et que les populations se terraient dans les églises de la ville, le bataillon marocain prétextant ‘’d’un climat d’insécurité grandissant’’ a plié bagage de la cité du Guémon. Aucun élément du MORBATT (Bataillon Marocain de l’ONUCI) n’a eu le courage de se poster autour d’une seule église pour défendre les déplacés contre les tirs des protagonistes. Comment des hommes en armes sensés protéger des civiles peuvent-ils se retirer au moment où la ville est en proie à des violences ? Les fonctionnaires de l’ONUCI ne sont pas en Côte d’Ivoire pour faire l’inventaire des charniers ou les décomptes macabres, leur rôle est justement de créer les conditions pour que les morts en cascade s’arrêtent. L’ONUCI devra elle aussi répondre de sa passiveté dans plusieurs incidents après la crise que traverse le pays notamment le massacre des sept femmes à Abobo, les obus sur le marché de boribana à Attécoubé (quartier où se situe le siège de l’ONUCI), les obus sur le marché samaké d’Abobo, les tueries de Treichville, les assassinats ciblés des musulmans à Attécoubé etc.

Suy Kahofi

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04. avril
2011
NTIC & Hi tech!
15

Je suis fidèle au poste et l’aventure se poursuit !

 

Suy kahofi, correspondant de presse et blogeur ivoirien

Voici quelques jours que je n’ai pas posté d’articles sur ce blog et je tiens à m’excuser auprès des internautes qui avaient pris l’habitude d’être au parfum de l’actualité de la Côte d’Ivoire au jour le jour via eburnietoday.mondoblog.org. Les choses sont allées très vite dans la marche des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire sur Abidjan. J’ai eu à peine le temps de le réaliser que toute la capitale avait sombré dans la violence. Pour moi qui me connectais à partir d’un point public à Internet il était difficile de continuer à partager mes analyses quotidiennes sur les réalités de la crise ivoirienne. Le silence fut long pour moi mais l’essentiel c’est que je suis de retour : le rythme risque de ne pas être le même pendant plusieurs jours je dois vous l’avouer ! De retour sur une note de tristesse liée à la situation de mon pays : j’aurais voulu qu’avec l’offensive des FRCI, Laurent Gbagbo se décide au nom des innocents qui tombent aujourd’hui à céder le pouvoir mais hélas ! La voix des armes à finalement pris le dessus sur la voix de la diplomatie après quatre mois de tractation. L’entêtement politique, les dérives messianiques et les mirages d’un complot international de l’ex-président ivoirien continue d’attiser les passions des irréductibles qui croient dur comme fer que la ‘’prophétie’’ fait du séplou l’empereur à vie de la Côte d’Ivoire. Le plus décevant c’est que l’ONUCI malgré les appels à répétition à jeter un regard sur la situation des droits de l’homme se plait aujourd’hui à rendre officiel le bilan de ses trouvailles macabres. 800 morts à Duékoué, 200 ressortissants CEDEAO tués à Guiglo, 135 corps dans un puits…Nous avons passé le cap de 1500 morts là où de nombreux chefs d’Etats d’Afrique avaient demandé depuis longtemps l’usage de la force pour mettre un terme aux souffrances des populations. Les fanfaronnades diplomatiques de l’Union Africaine ont poussé tout le monde à croire que le clan des refondateurs allait entendre raison : au fond la seule chose qu’ils voulaient qu’on leur dise c’est que Laurent Gbagbo est Président. Or personne n’a envie de le dire et même ses potes angolais et sud-africains ont fini par lui dire dégage !

De retour également sur une note de déception liée cette fois ci à un rendez-vous manqué : celui de mondoblog à Dakar. J’aurais bien voulu retrouver mes amis virtuels de la plate forme mais hélas ! Je n’ai pas pu me rendre à l’aéroport à cause de l’absence de transport en commun et même le voisin qui voulait s’aventurer dans la rue pour me rendre service a renoncé. La violence des combats de ce dimanche était telle dans mon quartier que je me suis raviser à sortir de la maison. Je suis déçu, oui triste de ne pas être à Dakar mais pour tous les amis qui y sont je vous prie de ne pas oublier la Côte d’Ivoire et de penser à ce peuple qui souffre. Je suis avec vous et pour tous ceux qui sont sur place retrouvez le point des nouvelles fraîches d’Abidjan et de la Côte d’Ivoire avec SUY Kahofi sur le réseau synchronisé de Sen Communication, Radio Sud FM Dakar (98.5 Mhz) à 11 heures (édition inter), midi (page inter), 16 heures (édition inter), 18 heures (page inter) et 22 heures (page inter). Bonne vie à tous et bonne formation aux mondobloggeurs.

Suy Kahofi

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04. avril
2011
Nouvelles du pays
3

Abidjan…comme Beyrouth !

 

Plusieurs forces contrôlent Abidjan en cette période de crise

Malgré les images rassurantes que diffuse la RTI ou TCI, les débats interminables sur l’issue de la crise, les appels aux jeunes patriotes à prendre d’assaut les rues et les nombreuses interrogations sur la capacité des deux camps à continuer la lutte, la triste réalité de la guerre civile Ivoirienne est présente. Oui on peut le dire la guerre civile est effective en Côte d’Ivoire avec son corolaire de morts, de corps en putréfaction, de violences interminables, de combats sans fin, de pillages et de décomptes macabres. Si les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire ont pris rapidement plusieurs localités du pays sans grandes batailles à l’exception de Guiglo, Tiébissou et Duékoué, la conquête d’Abidjan n’est pas une mince affaire ! Les soldats restés fidèles à Laurent Gbagbo défendent crânement la moindre parcelle de terre qu’ils tiennent encore et tentent de s’organiser. Comme Beyrouth, Abidjan est morcelée en zone sous contrôle des forces pro ou anti Gbagbo ou Ouattara. Ici il n’y a ni brouz, ni phalangistes chrétiens, ni combattants du hezbollah…Les forces en présence sont les FDS (du moins ce qui en reste) fidèles à Laurent Gbagbo appuyés par des milices, le commando invisible et les FRCI fidèles à Alassane Ouattara. Aux tirs de kalachnikov et de RPG7, répondent des salves des chars BTR 80 et T40. Les troupes d’Alassane Ouattara comme les rebelles libyens se rendent compte qu’ils n’ont plus d’armes pour lutter contre leurs adversaires. Traverser un pays et le pacifier avec des fusils d’assaut est une chose mais les utiliser dans une forteresse protégée par des chars est une autre réalité. L’écart en termes de puissance de feu est grand. Les armes crépitent, les canons tonnent et la guerre des médias fait rage !

« Ça va chauffer dans quelques jours »

On ne sait plus qui dirige la Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara a sous son contrôle 95% du territoire, lui reste les 5% qui symbolisent Abidjan et une poche d’irréductible pro-gbagbo dans la région ouest de Tabou. Il faut bien que les hommes d’Alassane Ouattara contrent la DMIR dirigé par le colonel-major Konan Boniface dont les hommes rompus au maniement des armes ne semblent pas vouloir lâcher l’affaire. Cet officier supérieur de l’ethnie baoulé, notamment Akouê de Yamoussoukro qu’on disait prêt à trahir le premier en cas de crise majeure est resté finalement le plus fidèle à Gbagbo. On se bat et le peuple dans tout ça ? Pauvres ivoiriens ! S’ils ne sont pas traumatisés par les prisonniers en libertés, les pillards qui sévissent, ils sont terrés chez eux comme des rats. « Voici quatre jours qu’on ne peut pas sortir : la faim mon frère ! Quand ça se calme on sort un peu pour acheter un peu de pain et puis on rentre » affirme un habitant de la Riviera. Les boulangeries et commerces qui ouvrent sont pris d’assaut par les consommateurs. Les prix flambent : la boule d’attiéké de 500 f est passée à 750 f, le pain de 150 f à 200 voir 250 f, les marchés de quartiers s’animent par hasard… « Il n’y a plus rien et dans les jours qui viennent ça va chauffer ! La faim et la maladie vont faire plus de victimes que les obus et les balles. On vit comme des rats dans nos maisons, dans l’ennui, la peur et les nouvelles alarmantes véhiculées par les médias » affirme ce père de famille. L’heure du sacrifice de la part de nos politiciens vient de sonner : s’ils prétendent vouloir gouverner un pays avec des hommes encore vivants, ils ne doivent pas consacrer une République sur des cadavres avec une Assemblée Nationale au Cimetière.

Suy Kahofi

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31. mars
2011
Nouvelles du pays
1

Ralliement, défection, offensive…le vocabulaire de la crise change

 

En bleu l'ancienne ligne de front, en rouge la ligne de front au 30 mars, en vert la ligne de front du 31 mars

« Que ceux qui veulent nous rejoindre le signifient et que ceux qui veulent regagner Abidjan pour défendre Gbagbo le disent : vous êtes libres de partir ». Voici la phrase que Chérif Ousmane, le com-zone de Bouaké des ex-FAFN a prononcé aux troupes fidèles à Laurent Gbagbo lors de la prise de Tiébissou. Les combats ont été plus violents qu’à Yamoussoukro selon les témoignages recueillis auprès des populations. « Des jeunes miliciens ont tenté de s’opposer aux FRCI et ces derniers n’ont pas eu pitié d’eux : ils ont tué plusieurs et fait des prisonniers » témoigne un habitant de Sosrobougou (quartier de Tiébissou). L’avancée des FRCI et la prise des villes sans résistance jette les bases d’interprétations diverses : pour le camp Ouattara il s’agit de ralliement et pour le camp Gbagbo les troupes opèrent un replie stratégique vers le sud. Les deux camps ont raison : il y a des ralliements aux FRCI mais aussi des éléments qui se reconnaissent toujours en Laurent Gbagbo. « Pour ceux qui partent, le prochain face à face sera moins reluisant » affirme un autre soldat lors de la prise de Bouaflé. Ce replie des forces pro-gbagbo vers Abidjan fait craindre aux habitants de la capitale des affrontements plus violents dans les jours qui viennent. Les Abidjanais s’inquiètent du fait qu’ils pourraient vivre la bataille la plus sanglante de cette offensive.

Sur les pillages et tueries attribués aux FRCI, le Général Gueu Michel, commandant du fuseau ouest des FRCI s’est voulu clair. « Nos jeunes sont en mission avec des instructions très fermes : ils ne s’attaquent ni à l’ONUCI, ni aux populations civiles ». Lors de la prise des villes il y a du cafouillage qui occasionne des vols et autres pillages comme à Yamoussoukro. A ce niveau, les FRCI ne manquent pas de neutraliser les troubles fête lors des opérations de ratissage. L’appel au cessez-le-feu lancé par le camp Gbagbo n’a pas eu d’écho favorable auprès des FRCI et leur premier responsable, Soro Guillaume Ministre de la défense d’Alassane Ouattara qui pilote depuis Bouaké les opérations militaires visant à libérer le pays n’a pas mâché ses mots : « Laurent Gbagbo a quelques heures pour quitter la présidence, je dis bien quelques heures ». Aussi les paysans pourront enfin se libérer des 15% de production de cacao et de café restant sur la grande récolte car cette nuit le port de San-pédro est tombé aux mains des FRCI qui contrôle désormais 2/3 du territoire Ivoirien. Laurent Gbagbo attendu hier pour un discours à la Nation a encore gardé le silence. L’ONU de son côté est passé au vote à l’unanimité d’une nouvelle résolution sur la Côte d’Ivoire accentuant les sanctions sur Laurent Gbagbo et ses principaux conseillés et autorisant l’ONUCI a employer la force pour neutraliser tous ceux qui utilisent des armes lourdes sur les civiles. A ce titre l’ONUCI a déjà empêché des individus d’utiliser des armes lourdes à Abidjan en neutralisant ces derniers.

Suy Kahofi

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31. mars
2011
Côte d'ivoire
1

Abidjan étouffe…la Côte d’Ivoire au bord de l’asphyxie

 

La dynamique capitale Ivoirienne est méconnaissable

La capitale économique Ivoirienne étouffe et pour preuve elle se vide de sa population. Tout Abidjan nord est aujourd’hui le théâtre de violents affrontements. La ville tourne au ralenti : l’administration fonctionne à peine, les banques sont fermées, les entreprises sont en mode chômage technique, le secteur privé et tertiaire n’existent plus alors que les activités de commerce et de transport battent de l’aile. Pire l’avancée ‘’facile’’ ces dernières 72 heures des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire a jeté une psychose dans toute la ville : les rumeurs d’infiltration vont bon train et la peur s’installe. Chacun rallie donc les marchés pour faire les dernières provisions avant ce que certains appellent déjà ‘’La Bataille d’Abidjan’’. Les familles qui criaient au désespoir avec la première vague de hausse des prix au mois de janvier ne savent plus où donner de la tête : un cube d’assaisonnement à 50 f, le prix du sucre majoré à 50 ou 75 % selon les boutiques, les morceaux de thon de 500 f sont passés à 800 f… « On croyait avoir tout vu mais là c’est le comble ! Des fonctionnaires qui font un repas par jour en Côte d’Ivoire, le pays d’Houphouët Boigny où la nourriture se jetait ; l’ivoirien peut faire des jours en train de boire de l’eau : ça fait pitié » affirme Mme Ahoutou. « Je vous dis que rien ne marche » affirme une commerçante du marché de Belleville à Treichville avant de conclure « C’est parce qu’on ne peut pas rester à la maison que nous sommes assises derrières ces quelques morceaux de poisson. Les ménages n’ont plus d’argent car les salariés sont au chômage, les gens viennent au marché par hasard et même quand ils viennent les denrées sont si chères que seules quelques personnes peuvent repartir avec des vivres ».

Les réalités traduites par ces femmes sont visibles dans la quasi-totalité des familles d’Abidjan comme ici à Yopougon. Oscar qui était la fierté de son bled à cause d’un poste qu’il occupait dans une entreprise de travaux publics est au chômage technique : en fait il s’agit d’un licenciement qui ne dit pas son nom. « Je suis de retour à la case départ et je dois chaque jour me tourner les pouces ou jouer au ludo ou au jeu de dame comme les autres copains du quartier » affirme le jeune homme. « Une petite querelle politique qu’on croyait passagère est en train de plonger le pays dans le KO ! Voici quatre mois que je ne travaille pas et j’ai quitté ma maison pour revenir vivre à la charge de mon père comme un écolier » conclu notre interlocuteur. Aucun secteur d’activité n’échappe à la crise : ‘’tout est verrouillé sur le pays’’ comme on dit à Baby* ! Les embargos pleuvent sur le pays : ports, médicaments, cacao…la Côte d’Ivoire s’enrhume et ses partenaires de la sous-région (notamment les pays enclavés) ayant patientés durant huit ans de crise préfèrent tisser d’autre partenariat. « Avec le retour au calme en Guinée et les chantiers du Président Condé notamment le port de Conakry aux mains de Bouygues, les entreprises maliennes et burkinabé espèrent la mise en service du chemin de fer pour ne plus choisir Abidjan comme destination. Les nigériens avec les facilités du port de Tema et d’Accra risquent d’y rester ! » affirme Sékou S. un camionneur. Son ami Barro s’inquiète de la situation : « tous ceux qui connaissent la sous-région savent aujourd’hui que la Côte d’Ivoire est en train de tomber au plan économique. On se chamaillent pendant que les autres avancent : on doit se ressaisir ». Oui se ressaisir sinon le pays mettra du temps avant de retrouver sa place sur la scène Africaine et renouer avec le développement.

Baby : petit nom pour désigner Abidjan (expression nouchi, l’argot ivoirien)

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici  60 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi

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30. mars
2011
Société
2

Coup de théâtre à Abidjan : le camp Gbagbo appelle au cessez le feu

 

Le porte-parole de Laurent Gbagbo appelle à un cessez-le-feu

On pourrait bien en rire s’il ne s’agissait pas de vies humaines engagées dans la crise post-électorale que connait la Côte d’Ivoire. L’appel au cessez-le-feu immédiat du camp Gbagbo a certainement surpris bon nombre d’Ivoiriens. Le camp ‘’des garçons’’ qui semblait jusque là insensible aux appels de la Communauté Internationale et de l’ONUCI a opéré un toilettage très rapide de son vocabulaire. Le discours fait de menaces et de prise de positions guerrières a vite laissé la place à un appel plein de tendresse au calme et à la retenue. C’est d’une voix plaintive, pour ne pas dire la larme à l’œil que le sieur Ahoua Don Mélo le porte-parole du gouvernement Aké N’Gbo au micro de TV5 a fait passer son régime pour la victime du camp Ouattara. « Je crois qu’aujourd’hui toute la Communauté Internationale voit que les rebelles sont lourdement armés et qu’ils attaquent partout où ils passent avec des morts, des pillages…Nous pensons que la force conduira forcément à l’impasse et que le dialogue nous sortira de l’impasse. Et donc nous appelons à un cessez-le-feu et nous souhaitons que le cadre de dialogue tracé par l’Union Africaine puisse s’ouvrir dans les plus bref délais ».

Le tigre d’hier c’est métamorphosé en chat devant l’avancée des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire qui ont fait tordre la ligne de front. La question que l’on se pose est de savoir pourquoi de tels propos n’ont jamais été tenus par le camp Gbagbo ? En lieu et place des obus sur Abobo on aurait bien pu commencer par là ! Au lieu de parler de guerre civile au nez et à la barbe de l’UA à Addis-Abeba, pourquoi n’avons-nous pas appelé au dialogue ? Connaissant les attitudes du club des boulangers, les pro-ouattara interrogés croient qu’il s’agit d’une autre stratégie pour tuer le temps (à la Kadhafi) en vue de lancer une contre-offensive. Dans son intervention si Ahoua Don Mélo souligne que le camp Gbagbo s’inscrit dans la logique de la feuille de route de l’UA préconisant un dialogue les 4 et 6 avril, il ne manque pas de lancer ce semblant d’ultimatum qui trahi la bonne foi des pro-gbagbo. « Nous utiliserons notre droit de légitime défense si les négociations échouent et nous le feront en temps opportun » a-t-il déclaré. On attend donc de voir les MI 24 et les Sukhoï de l’opération dignité voler de nouveau pour stopper l’avancée des FRCI. Le camp Gbagbo peut encore compter sur la garde prétorienne et les unités spéciales qui leur restent fidèle pour renverser la vapeur mais face à des hommes qui végètent dans la reconquête d’Abobo, on se demande bien ce qui reste du courage du valeureux régiment. Au cours de son intervention, l’ONUCI qui est le cure dents* du LMP a eu sa dose de salves verbales de la part d’Ahoua Dom Mélo (comme d’habitude) : on reproche à la Mission d’appuyer l’avancée des FRCI et de leur apporter un soutien tactique. La crise post-électorale Ivoirienne connait un autre rebondissement avec une interrogation à la clé : peut-on encore trouver une issue pacifique à cette crise ? Pour l’ivoirien de tous les jours, l’issue semble être plus que jamais entre les mains de Dieu !

*Etre le cure dents de : expression extrait du français familier ivoirien; exprime l’idée qu’un homme soit la bête de foire ou le dépotoir à injures d’une autre personne

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


59 jours de détention arbitraire à la MACA pour nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) accusés sans preuves d’atteinte à la sureté de l’Etat.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas et nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi

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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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