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La côte d'ivoire au jour le jour!
17. déc.
2011
Société
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Que l’Assemblée Nationale soit utile au peuple

Une vue de l’Assemblée Nationale Ivoirienne

Bien trop souvent, les Ivoiriens se sentent loin des décisions prises à l’hémicycle. Rares sont les personnes qui sont véritablement au courant des projets de loi de l’Assemblée Nationale… C’est qu’elle semble être plus soucieuse de plaire aux politiciens qu’au peuple qui l’a élu !

Le pouvoir législatif est, en théorie, le plus important en Côte d’Ivoire.  » En théorie « , car en Côte d’Ivoire, on assiste à une hyper Présidence avec des pouvoirs illimités pour le Président. Malgré cela, l’Assemblée Nationale continue d’exister et d’être le lieu du débat politique. Celui qui contrôle l’Assemblée Nationale, contrôle la vie publique du pays. Depuis le Président Houphouët Boigny, l’hémicycle est contrôlé par le parti au pouvoir : le Président est sûr que personne ne viendra lui faire écran s’il décide de faire voter un projet de loi. Les débats n’existent pas sauf lorsqu’un scandale tel que le déversement de déchets toxiques à Abidjan dérange les barrons au pouvoir. Dans ce cas de figure, une Assemblée Nationale à sens unique, préoccupée par la défense des chapelles politiques, peut-elle véritablement servir les intérêts du peuple ?  » Non « , affirme Jean-Philippe Feldman, professeur agrégé de droit et constitutionnaliste français.  » Par essence, l’Assemble Nationale est le centre par excellence du débat politique contradictoire pour impulser le développement d’un pays. Lorsque celle-ci est coupée du reste de la population, elle ne peut servir que les intérêts d’une minorité au détriment de la population  » explique-t-il. L’Assemblée Nationale est-elle autant éloignée du peuple ? Les Ivoiriens se prononcent.

Des élus loin du peuple

L’Assemblée Nationale ivoirienne est marquée depuis 1960 par la présence de ceux qu’on qualifie ici de dinosaures ou de monstres sacrés de la politique. On se demande si le renouvellement habite l’hémicycle, à force d’y voir les mêmes visages depuis 50 ans. Les jeunes sont les premiers choqués par cette composition vieillissante de l’Assemblée Nationale.  » Nous vivons dans un pays où les présidents des jeunes dans les partis politiques ont 45 ans : c’est une manière de vous dire qu’à 20 ans, vous êtes un bébé ! Non, franchement, comment voulez-vous que de vieilles cervelles puissent penser pour un monde qui a foncièrement changé ? Ce n’est pas possible et c’est la raison pour laquelle la politique dans ce pays ne nous fait pas avancer « , s’indigne Faustin G., cadre dans le bâtiment.  » Ces vieux ne sont bons qu’à somnoler sur les bancs du Parlement et à lever la main pour dire ‘oui’ ou ‘non’ quand les quelques jeunes présents lors des débats ont fini de s’époumoner. Ces députés qui vivent depuis une éternité à Abidjan mettent rarement les pieds dans les circonscriptions où ils ont été copté. Quand le député lui-même est loin de son peuple, comment l’Assemblée peut voter des projets de loi utile aux populations ?  » s’interroge Issouf K., étudiant.

Les femmes non plus n’en peuvent plus de cette Assemblée. La raison : la domination des hommes.  » Les hommes ont géré ce pays pendant 50 ans et ils ont passé leur temps à se battre et à semer la désolation et la tristesse. Il est temps que les choses changent : plus de jeunes et de femmes à l’hémicycle pour qu’un esprit de renouvellement puisse s’installer dans ce pays « , affirme Micheline K., technicienne UHF.

Retour au régime parlementaire

Un rajeunissement de l’Assemblée Nationale et une meilleure implication des femmes ne pourront pas, à eux seuls, garantir un changement. Pour le professeur Mamadou Coulibaly, président de l’Assemblée Nationale, il faut revenir à la constitution de 1958 qui consacre un régime parlementaire :  » Pour qu’un parlement soit utile au peuple, il faut bien que celui-ci ait de la valeur et retrouve toute son importance conformément à la Constitution. La Constitution d’Houphouët Boigny de 1958 donne à l’Assemblée Nationale toute sa valeur. Un régime parlementaire sur le modèle anglais de Westminster peut permettre à la Côte d’Ivoire d’avoir un parlement plus utile au peuple.  » Le parlement n’est utile au peuple que si, et seulement si, la Constitution lui en donne les moyens. Or, cela n’est pas le cas en Côte d’Ivoire. Il faut donc limiter les pouvoirs présidentiels, séparer le pouvoir législatif du pouvoir judicaire et exécutif mais surtout faire en sorte que le député lui-même soit à l’abri des besoins. La liberté du parlement ne garantie pas seulement la liberté politique dans une nation, elle définit la liberté au sens large pour chaque citoyen. C’est bien cette théorie que défend Emmanuel Martin, docteur en sciences économiques de la Fondation Atlas, spécialisée en recherche économique :  » La liberté part de principes clairement établis et défendus par des institutions fortes dont l’Assemblée Nationale en est la principale. Un Parlement indépendant dans ces choix, c’est l’assurance que chaque citoyen peut être libre d’entreprendre et de bénéficier des fruits de son labeur. L’exemple comparatif entre les pays à régime parlementaire et ceux à régime présidentialiste parle de lui-même. Dans les pays avec des régimes parlementaires, les indices de développement sont meilleurs, l’indice de sécurité est plus élevé, ces pays ont connu et connaissent moins de coup d’Etat. « 

SUY Kahofi

 

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14. déc.
2011
Société
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Les gombotiers de midi

Taxis communaux (wôrô-wôrô) dans la commune d’Adjamé/Abidjan

La pige quotidienne des chauffeurs de taxi en attendant des jours meilleurs

Dans l’univers des chauffeurs de taxi abidjanais, la bataille pour la recette fait rage. Pour s’en sortir, il est hors de question de laisser le moteur au repos. Alors quand on est fatigué, on fait appel à ses copilotes pour assurer la relève…

En Côte d’Ivoire, le mot gombo ne désigne pas seulement le légume. Dans le jargon urbain Ivoirien, il désigne aussi un petit boulot. Quel que soit le milieu où l’on se trouve, il y a des gombos ! Celui qui fait un gombo est un gombotier, un gomboïste ou même gomboman selon les appellations et la connotation voulue. En Nouchi (argot ivoirien), toutes les transformations sont possibles. L’univers des chauffeurs de taxi n’échappe pas à la logique du gombo !

Gombotier

Ici, les gombotiers sont des adjoints, souvent des amis, qui n’ont pas encore la chance d’avoir un taxi à ‘’eux-mêmes’’. Certains sont des copains de quartier qui savent conduire mais qui n’ont pas d’emploi. D’autres des mécaniciens qui veulent se faire la main ou même des chauffeurs de taxi qui viennent de perdre leur travail. Tout ce petit monde se côtoie dans les différentes gares routières  d’Abidjan en attendant qu’une place se libère. Wôrô-wôrô ou taxi compteur, les gombotiers sont partout ! « Il y a une certaine solidarité dans notre milieu : on peut laisser le volant à un ami qui a un problème d’argent pour qu’il puisse s’en sortir, certains de nos petits frères du quartier ont besoin de savoir conduire, ainsi de suite. C’est la raison pour laquelle nous acceptons les gombotiers », souligne Isaac, chauffeur de wôrô-wôrô. Ne nous trompons pas, le gombo n’a pas seulement un caractère social, c’est avant tout une histoire de sou ! « Quand tu descends à midi pour te reposer ou le soir avant d’arrêter le taxi, tu peux t’arranger avec un ami pour qu’il roule : tu lui imposes une certaine somme et le surplus lui revient », soutient Souleymane, chauffeur de taxi compteur. A la question de savoir si les gombotiers s’en sortent, voici sa réponse : « Ils sont les seuls à pouvoir te répondre (rires) ».Sur une gare routière on remarque facilement les gombotiers : ils flânent d’un hangar à l’autre et échangent des politesses avec « les chauffeurs titulaires ». Le permis de conduire mis en pochette. « On attend un coup de fil pour prendre la place de quelqu’un pour une heure ou deux. On ne peut pas se plaindre, on s’en sort. Je dirais qu’il est préférable d’avoir 3000 (4,51 €) ou 5000 f CFA (7,75 €) ici que de rester à la maison », déclare Privat, un gombotier.

Les gros dangers du gombo

Le gombo au volant, n’est pas sans risque. Ni pour le chauffeur titulaire, ni pour le gombotier lui-même. En effet, tous n’ont pas le permis de conduire. Sur le bitume, ils multiplient les incivilités et refusent généralement d’obtempérer face à la Police. Conduire sans permis est un délit passible de 3 à 5 mois d’emprisonnement ferme. Le chauffeur titulaire quant à lui,  peut être écroué pour complicité ou négligence. « Moi personnellement je laisse mon véhicule seulement à quelqu’un qui a le permis, les autres c’est trop dangereux », souligne Brice Clément, chauffeur de taxi. « Si vous faites un tour au tribunal ou à la police, c’est sûr que vous allez voir qu’un nombre important de jeunes ont été pris sans permis et les arrestations sont importantes au niveau du radar », souligne Norbert, un bénévole souvent commis au point radar

SUY Kahofi

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12. déc.
2011
Nouvelles du pays
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Elections Législatives du 11 décembre 2011 : communique de l’ambassade des Etats-Unis

 

Philip Carter III Ambassadeur des USA à Abidjan

L’Ambassade des Etats-Unis a déployé 11 équipes d’observateurs chargés de superviser le déroulement du vote dans le cadre des élections législatives en Côte d’Ivoire : Cinq équipes ont été déployées hors d’Abidjan, notamment à San Pedro, Daloa, Gagnoa, Bouaké et Man. Six équipes ont été déployées à Abidjan. Nous félicitons la Commission Electorale Indépendante (CEI) et le Gouvernement de Côte d’Ivoire d’avoir organisé des élections, qui selon les premiers rapports, ont été libres et équitables. Nous félicitons également les partis politiques d’avoir respecté les points de vue divergents et de s’être abstenus de tout acte de violence. Ces élections marquent la fin de la crise postélectorale à travers la mise en place d’une institution qui constitue un pilier important de la démocratie en Côte d’Ivoire. Nous demandons à tous les partis politiques, même aux membres des partis qui ont choisi de ne pas participer à ces élections, de respecter et de soutenir la nouvelle Assemblée Nationale.

Nous félicitons la Mission des Nations Unis en Côte d’Ivoire (ONUCI) pour son rôle en mettant à la disposition de la Côte d’Ivoire des moyens logistiques et sécuritaires lors de ces élections. Nous attendons avec impatience travailler avec le gouvernement et le peuple de Côte d’Ivoire en vue d’assurer un progrès continu et une paix durable à tous les ivoiriens.

 

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12. déc.
2011
Nouvelles du pays
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Bert Koenders se prononce sur les législatives du 11 décembre

 

Bert Koenders le patron de l’ONUCI

Au soir du scrutin législatif, le Représentent spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders, a estimé dimanche soir que dans l’ensemble, la journée s’était déroulée dans le calme dans les bureaux de vote visités dans le district d’Abidjan et à l’intérieur du pays. Faisant une évaluation d’ensemble de la journée devant la presse, M Koenders, tout en saluant la présence discrète mais efficace du dispositif sécuritaire mis en place par le Gouvernement, et la collaboration avec les éléments de l’ONUCI déployés à travers le pays, a souligné certains incidents sécuritaires. « A Bonon, dans la région de Bouaflé, des individus armés ont dérobé du matériel électoral, dont des urnes » a indiqué le Représentant spécial. « Je tiens à condamner ces actes de violence et d’intimidation avec la plus grande fermeté, Nous attendons à présent un rapport complet de la situation pour connaitre la nature des incidents et en évaluer l’impact sur les opérations de vote », a-t-il ajouté.

Dans la foulée, M Koenders a expliqué le reste du processus, précisant qu’après la fermeture des bureaux de vote, des équipes de la Commission électorale indépendantes (CEI),  du Bureau des services d’appui aux projets des Nations unies (UNOPS), du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et de l’ONUCI assureraient le retour des procès-verbaux des bureaux de vote jusqu’aux commissions électorales locales.  Selon le Représentant spécial, la consolidation des résultats se ferait au niveau des 300 commissions locales tandis que la publication des résultats préliminaires interviendrait au niveau des 105 commissions de sièges retenues par la CEI. Cette soirée de dépouillement et d’acheminent des résultats est très importante pour l’évaluation finale de ces élections. Dans ce cadre, il a invité la CEI à publier dans des délais raisonnables, et au fur et à mesure de leur mise à disposition, les résultats partiels par circonscription. Tout comme l’avaient fait les observateurs nationaux de la société civile, M. Koenders a vivement exhorté les formations politiques, les candidats dans leur ensemble, ainsi que les médias, à respecter la compétence exclusive de la CEI pour ce qui est de l’annonce des résultats. A ce titre, le représentant spécial a salué l’amélioration du comportement des médias publics et privés au cours de la campagne électorale, les invitant à conserver cette attitude exemplaire dans les jours à venir. Il a rappelé son rôle de certification, soulignant qu’elle interviendrait après l’examen des réclamations par le Conseil Constitutionnel. « Cette certification se fera sur la base des cinq critères agréés par l’ensemble des parties ivoiriennes et validés par le Conseil de sécurité des Nations Unies, à savoir la paix/sécurité, l’inclusion, les médias d’État, la liste électorale et les résultats », a précisé le Chef de l’ONUCI. « D’ici à la certification, a poursuivi le Représentant spécial, je reste donc à l’écoute des institutions compétentes et invite l’ensemble des acteurs nationaux mais aussi internationaux à la sérénité ».

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11. déc.
2011
Nouvelles du pays
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Côte d’Ivoire : les législatives sous fond d’abstention et de faible taux de participation

 

Bureau de vote des législatives du 11 décembre à Abidjan

Jusqu’à 14 heures TU moins d’une cinquantaine d’Ivoiriens s’étaient déjà déplacés dans plusieurs bureaux de vote d’Abidjan. Ce dimanche 11 décembre qui marque le jour de vote de l’élection législative a été un dimanche comme les autres avec un nombre important d’habitants de la capitales économique qui sont restés dans leurs maisons évitant ainsi de prendre part au vote. Certains estiment qu’il s’agit d’une parodie électorale pour cautionner le hold-up du RHDP au parlement, d’autres pensent que ce vote ne permettra pas à la Côte d’Ivoire de se réconcilier vu que l’application d’une justice à deux vitesses est déjà visible avec le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI. Une frange importante de ceux qui pratique une abstention volontaire estiment également que c’est par crainte de violence qu’ils ne se sont pas rendu dans l’isoloir.

Dans l’ensemble les opérations de vote se passent dans le calme et la tranquillité. Les forces de l’ordre veillent au grain par leur présence dissuasive dans les bureaux de vote. Les forces de l’ONUCI qui participent à la sécurisation du scrutin veillent à la bonne marche des opérations de vote à Abidjan avec 63 patrouilles mobiles et près de 360 sur toute l’étendue du territoire national. Bert Koenders le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU a salué le sens de civisme du peuple Ivoirien et il a invité au cours de sa tournée de ce dimanche matin les uns et les autres à s’impliquer dans le processus électoral en participant au vote.

Au moment ou nous achevons la rédaction de ce billet et où nous le mettions en ligne (15 heures 15 TU) le nombre de votants augmente timidement dans les bureaux de vote avec la fin des cultes évangéliques. Si le contrôle de la future Assemblée Nationale par le RHDP est une certitude, la grande inconnue demeure le taux de participation pour ces législatives qui officiellement doit mobiliser un peu plus de 5,7 millions d’Ivoiriens.

 

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11. déc.
2011
Nouvelles du pays
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Le représentant spécial visite des bureaux de vote à Abidjan

Gerard Bert Koenders le patron de l'ONUCI

« Le scrutin se déroule dans une ambiance positive et calme », a constaté dimanche à la mi-journée, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders. Très tôt le matin, M Koenders a entrepris de faire le tour des bureaux de vote  dans plusieurs communes de la ville d’Abidjan en compagnie de membres du corps diplomatique et de Représentants d’institutions sous-régionale et régionale. « Il est très important de regarder ce qui se passe dans les bureaux de vote à travers tout le pays », a estimé le Représentant spécial, précisant qu’une équipe de six cents personnes était déployée sur toute l’étendue du territoire pour voir comment se déroule les élections législatives. Estimant prématurée toute évaluation à ce stade, M Koenders a néanmoins indiqué à la presse que la plupart des bureaux de vote avaient ouvert à temps dans une ambiance calme et positive. Il s’est également dit impressionné par le travail de la Commission électorale indépendante (CEI) ainsi que de la présence discrète des Forces de sécurité.

Interrogé sur l’inclusivité du présent scrutin, le Représentant spécial a souligné la présence de diverses tendances. « Il y a aussi beaucoup de candidatures de différents partis ainsi que beaucoup d’indépendants », a-t-il ajouté. De son côté, le Chef de la Mission de l’Union Africaine pour les élections législatives en côte d’Ivoire, Seini Oumarou, a indiqué que ses premières impressions après les différentes étapes dans les communes du district d’Abidjan, étaient bonnes en attendant le dépouillement. M Oumarou a également estimé que l’organisation du scrutin était impeccable. « Le matériel est arrivé généralement à temps », a constaté le Chef de la Mission de l’UA. Poursuivant, M Oumarou a dit son espoir de voir le taux de participation  évolué. « Ce ne sera pas la grande affluence du scrutin présidentiel, mais le manque d’affluence que nous avons constaté au début est en train de s’améliorer au fur et à mesure », a-t-il fait savoir. Il a, dans la foulée salué le travail de l’ONUCI sur le terrain. « L’ONUCI a fait un excellent travail », a conclu M Oumarou. La délégation onusienne et les membres du corps diplomatique ont sillonné plusieurs bureaux de vote dans différentes communes du district d’Abidjan, notamment à Bingerville, à Yopougon, à Abobo, à Cocody, à Koumassi et à Port-Bouet. Dans chaque centre, M Koenders a chaleureusement discuté avec les électeurs, les représentants des bureaux de vote ainsi que les représentants des candidats. Ceux-ci lui ont expliqué leur rôle et lui ont souvent fait part de leurs préoccupations. Des délégations de haut niveau ainsi que des observateurs internationaux sillonnent également l’intérieur du pays pour suivre le déroulement des opérations électorales.

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10. déc.
2011
Société
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Evitons que l’histoire ne se répète!

Violence post-électorale à Abidjan

Depuis la fin de la crise post-électorale, quand on parle d’élection en Côte d’Ivoire le premier réflexe est de penser automatiquement à la guerre ! Si pour certaines personnes les législatives ne sont que des élections locales, pour d’autres il faut jouer la carte de la prudence.

Il ne faut pas se voiler la face : rares sont les Ivoiriens qui au fond sont véritablement emballés par les élections législatives. La raison est toute simple : le traumatisme de la dernière crise liée à des élections n’est pas si loin. En l’espace de quelques mois, les Ivoiriens ont perdu toute confiance en leur classe politique. Chacun souligne sans faux fuyant qu’il n’y a qu’un groupe de personnes qui depuis la mort de Félix Houphouët Boigny ont plongé la Côte d’Ivoire dans la misère et dans les crises à répétition. Le bouquet sur la cerise se sont bien sûr les nombreux morts, déplacés, exilés et prisonniers politiques de l’après 11 avril. Au regard de ce sombre tableau l’Ivoirien se pose une seule question : « pourquoi diantre se rendre dans l’isoloir si c’est pour consacrer une République sur des cadavres et une Assemblée Nationale au cimetière ?« 

« Les résultats sont déjà connus »

Les campagnes pour les législatives se passent dans une timide ambiance. Il n’y pas d’enjeu véritable : la marée sera verte dans la future Assemblée Nationale. Le RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix), coalition qui soutien le Président Ouattara est sûre de rafler la majorité des sièges. Le Front Populaire Ivoirien fidèle à Laurent Gbagbo ne sera pas là ! « Comment voulez-vous voir le FPI à des législatives quand à la veille de cette élection Laurent Gbagbo est embarqué pour la CPI ? Le pouvoir ne veut pas de nous alors nous restons en dehors du processus électoral ! » martèle Laurent Akoun, le secrétaire à l’organisation du FPI. Sans le FPI l’opposition Ivoirienne n’existe pratiquement plus et cela pousse Kobénan Atta, un jeune sympathisant de l’ancien régime à parler de recule de la démocratie. « Pourquoi irais-je voter puisse que les résultats sont déjà connus ? Avec ça certains continuent de chanter sous tous les toits qu’ils sont démocrates. La démocratie est où quand on bâillonne l’opposition, la démocratie est où quand on expédie un leader comme Gbagbo en prison pour mieux contrôler le pays…Arrêtons d’être ridicule aux yeux du monde et sachez que cette mascarade d’élection ne conduira pas ce pays vers la paix mais vers une domination du clan Ouattara sur les hommes du FPI qu’il a défait par les armes« . Pour N’guettia Irène commerçante, ce n’est pas le débat politique qui l’empêche de se retirer dans l’isoloir. C’est plutôt la crainte de la violence et des bruits de bottes qui l’éloigne de l’actualité des législatives. « Nous irons voter et au final on viendra encore nous tuer comme la première fois ? Non, je ne suis pas partante. S’ils veulent s’entretuer cette fois encore qu’ils nous le signifient dès maintenant pour que nous puissions retourner dans les camps de déplacés« . N’guessan David constructeur métallique en quête d’emploi pense qu’il faut positiver. « Les législatives sont des élections locales et elles ne peuvent pas entrainer tout le pays dans le KO. Aussi je demande à chacun de garder son calme et d’aller voter tout en respectant les consignes de non-violence de la CEI« . Pour David l’absence du FPI n’est pas le symbole d’un recule de la démocratie car dans ce pays « chacun est libre de ces choix et il les assume« . Il espère que le FPI comme le RDR en 2002 ne souffrira pas de ce boycotte.

Vaincre les peurs pour construire la démocratie

Les ONG de défense des droits de l’homme après le décompte macabre dont ils ont été les témoins ont choisi la méthode de la sensibilisation pour éloigner les démons de la division. Ici à l’OFACI, l’organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire, les femmes seront des pèlerins de la paix avant, pendant et après le vote. « Nos militantes ont été formées avec le soutien du PNUD et elles iront dans chaque marché, chaque rue du pays, chaque maison pour dire aux populations que les élections ne rime pas avec la guerre. Elles expliqueront l’importance du parlement, comment voter et surtout comment resté digne dans la victoire ou la défaite » nous explique Namizata Sangaré la président de l’ONG. Pour les ONG Ivoiriennes il est temps pour les populations de tourner le dos à la violence et de comprendre l’impact social d’un scrutin sur la vie de tous les jours. « La Côte d’Ivoire doit avoir un parlement et c’est l’affaire de tous. Si nous voulons construire ce pays et combler notre retard en matière de développement nous devons taire nos petites querelles et penser à l’intérêt du pays. Pas de violence lors des campagnes, pas de violence le jour du vote et c’est la Côte d’Ivoire qui gagne » affirme Traoré Wodjo Fini président de la COSOPCI, la Coalition de la Société Civile pour la Paix et le Développement Démocratique. La stabilité, l’ordre social, la sécurité et la paix ne sont pas seulement l’affaire des dirigeants d’un gouvernement ou d’un Président de la République. Seul l’effort conjugué de toutes les couches peut garantir une paix durable au pays. Les Ivoiriens doivent savoir résister à la violence s’ils aspirent à vivre de nouveau en paix et surtout réconciliés !

SUY Kahofi

 

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06. déc.
2011
Côte d'ivoire
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Quand la musique défie les armes !

Pochette du tube humanitaire du CICR

De ‘’So Why’’ au dernier ‘’Refrain Humanitaire’’, le Comité International de la Croix Rouge a utilisé et continuera d’utiliser la musique pour adoucir les cœurs révoltés lors des conflits armés. Histoire d’apporter un peu d’humanité à ceux qui l’ont perdu.

Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire. Dans un petit taxi brousse, un air de reggae s’échappe du vieux poste-radio. La voix qui réclame plus de droit pour les détenus est celle de Don Mike, un jeune artiste ivoirien. L’album interdit à la vente à un nom très évocateur : L’Homme, un Remède pour l’Homme ! Cet album produit en 2002 est le deuxième pamphlet contre la violence édité par le CICR après So Why en 1997.

Un engagement pour la paix

Le Comité International de la Croix Rouge a définitivement décidé d’utiliser la musique pour contrer la violence. Cette expérience musicale est née d’une volonté du CICR mais également d’un engagement de certains artistes pour la paix. A l’image de l’action et des règles de fonctionnement de la Croix Rouge, le bénévolat fut à la base de l’engagement de chaque artiste. Explication avec Simon Pulse, coordonnateur musical du projet : « tous les projets musicaux du CICR sont basés sur le volontariat et le bénévolat des artistes. Personne ne reçoit un cachet pour un album du CICR et les artistes qui nous ont demandé de l’argent avant de s’engager se sont disqualifiés eux-mêmes. Nous en avons sollicité plusieurs mais il n’y a qu’une poignée qui a accepté d’utiliser sa voix et sa notoriété pour la paix ». Ainsi, pour ‘’So Why’’, des monstres sacrés de la musique africaine se sont réunis. Wally Badarou, le Béninois auréolé de sa solide expérience, avec de grands noms de la musique comme Joe Cocker, Mick Jagger, Black Uhuru, Jimmy Cliff, ou encore Salif Keita, a produit et co-écrit l’album. A ses côtés l’on retrouve Youssou N’Dour du Sénégal, Papa Wemba de la République Démocratique du Congo, Jabu du groupe Bayete, Lucky Dube d’Afrique du Sud, Lagbaja du Nigeria et Lourdes Van-Dunem de l’Angola. Après eux, une autre génération d’artistes africains porte le flambeau de la non violence. Sous la baguette de Simon Pulse, Kajeem, Don Mike, Mawa Traoré, Patric Sacko du groupe Espoir 2000 de la Côte d’Ivoire, Sonia Carré d’As du Burkina, Dama Damawuzan du Bénin se donnent la main pour la réalisation de L’Homme, un Remède pour l’Homme. Ils sont tous devenus des ambassadeurs du CICR.

La musique, un langage universel

La diversité des rythmes et des thèmes développés dans les albums du CICR sont à la base de leur succès. Droit des femmes en temps de conflits armés, enfants soldats, prolifération des armes légères, libre accès aux hommes et femmes privées de liberté, sont autant de thèmes abordés par les apôtres de la paix du CICR. Loin d’être une musique pour salons feutrés dans des grandes agglomérations, les épitres musicales du CICR sont des compositions qui parlent au quotidien. Aussi bien appréciée par le travailleur à son bureau que par les soldats sur la ligne de front, cette musique parle aussi aux politiciens, aux hommes des médias, aux citoyens de tous les jours. Elle fait comprendre à quel point la vie humaine est sacrée. « La musique joue un rôle important dans la prise de conscience des masses. C’est un langage universel et son action contribue à faire changer les mentalités. Le combat de la musique face aux armes semble perdu d’avance, mais c’est le contraire qui se produit en réalité ! » déclare Kajeem,  mentor du N’gowa Posse, un artiste engagé pour le CICR.

Les expériences de 1997 et 2002 montrent que la musique peut apporter un peu d’humanité au cœur des conflits. Le CICR a remis le couvert. Afin de relayer ses messages humanitaires de protection et de respect des victimes de la guerre et de la violence interne, la délégation régionale du CICR à Abidjan a choisi la musique comme vecteur de communication. Le projet musical lancé sous forme d’un single en 2010 a pour nom Le Refrain Humanitaire. Produit en 500 exemplaires pour le pré-lancement en Côte d’Ivoire, il a été distribué gratuitement aux médias et est actuellement joué sur les ondes de 22 radios ivoiriennes. Le CD offre trois versions de la chanson : originale, acoustique et instrumentale. Le clip vidéo, diffusé sur les chaînes de la télévision nationale, a reçu un bon accueil de la part du public national. Pour la diva de la musique manding Mawa Traoré, une si passionnante aventure ne saurait s’arrêter car tant que les armes continueront de crépiter, les artistes devront se mobiliser pour dénoncer cette violence. « Grâce au projet du CICR, j’ai croisé et travaillé avec d’autres artistes ivoiriens et africains. Ces contacts ne sont que le début d’une collaboration, aussi bien au plan d’un échange de rythmes que pour la cause des droits de l’homme et du respect des actions de la Croix Rouge en Afrique et dans le monde », affirme Mawa Traoré, la reine du yagba.

SUY Kahofi

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04. déc.
2011
Côte d'ivoire
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3 décembre : la Côte d’Ivoire se réengage pour le bien être des personnes handicapées

 

Tchei Carine Handicapée et championne de handi-sport un exemple de combativité

En cette année 2011, la Côte d’Ivoire comme la majorité des pays du monde a célébré la journée Internationale des personnes handicapées autour du thème ‘’Ensemble pour un monde meilleur pour tous : inclure les personnes handicapées dans le développement’’. La cérémonie officielle marquant cette journée a été célébrée ce samedi 3 décembre à l’INIPA, l’Institut Nationale des Personnes Aveugles d’Abidjan. C’est en présence du Ministre d’Etat, Ministre de l’emploi, des affaires sociales et de la solidarité que les toutes directions et tous les centres de formations des personnes handicapées se sont rassemblés à Yopougon pour cette célébration. La Côte d’Ivoire compte entre 1.5000.000 à 2.000.000 de personne handicapées et leur intégration est un défit pour les nouvelles autorités Ivoiriennes. Le Ministre Gilbert Kafana Koné au cours de cette cérémonie officielle a réaffirmé l’engagement du gouvernement du Docteur Alassane Ouattara à soutenir les personnes handicapées en militant pour une meilleure insertion de ces derniers. Pour le Ministre Gilbert Kafana Koné la Côte d’Ivoire se donne les moyens de bâtir un système de prise en charge des personnes handicapées de telle sorte que le handicape quelque soit sa nature ne soit plus une fatalité. « Je tiens à souligner que le Président de la République tiendra toutes ses promesses concernant les personnes handicapées » a souligné le Ministre.

Pendant que la politique nationale de prise en charge des personnes handicapées se dessine à l’échelle nationale, dans les centres de formation l’inquiétude peut encore se lire sur les visages. A titre d’exemple, à l’institut des aveugles, le projet d’insertion professionnelle ne se résume qu’à la formation des standardistes ou des enseignants non-voyants qui doivent compléter leur formation en retournant dans les CAFOP. Le constat est moins reluisant à l’école des sourds : ici les enfants ne sont intégrés qu’à l’âge de 10 ans et l’insertion professionnelle est encore difficile. L’école forme de la maternelle à la classe de CM2 puis après cet enseignement spécialisé les enfants sont reversés dans les écoles classiques. Une question dans ce schéma se pose puisse que la Côte d’Ivoire a optée pour l’école intégratrice : comment un sourd peut-il continuer ces études dans une école normale ?  Les sourds ont des difficultés à s’adapter aux projets de formation professionnelle existant. Il faut leur trouver une alternative. L’école des sourds de Côte d’Ivoire expérimente des formations alternatives telles que la couture, la pâtisserie et les activités de création manuelle. Les résultats sont encourageants et les enseignants pensent qu’avec l’aide du gouvernement les choses peuvent aller dans le bon sens pour le bien être des sourds.

L’autre difficulté demeure la stigmatisation des personnes handicapées. Pour de nombreux Ivoiriens quelqu’un qui perd la vue ou devient sourd n’est bon que pour la mendicité ! Il devient un poids pour la famille et il est le plus souvent rejeté. L’enfant handicapé n’est pas celui que le père ou mère présente fièrement lorsqu’un visiteur pénètre dans la maison. Cet enfant vit seul dans un coin de la maison et doit supporter des propos le plus souvent humiliants sans pouvoir ouvrir la bouche. C’était comme si ce dernier avait souhaité être malade ou comme on le dit en Côte d’Ivoire « avait acheté ce handicape » ! Pour Koné Krouweli Victorien, Directeur technique au Ministère d’Etat, Ministère de l’emploi, des affaires sociales et de la solidarité en charge des personnes handicapées ; la première victoire vers la prise en charge des personnes handicapées est la fin de la stigmatisation. Cette stigmatisation pour lui doit prendre fin aussi bien dans la cellule familiale qu’en dehors. Le handicapé ne doit plus être celui a qui on refuse l’assistance pour traverser une rue mais plutôt celui a qui on accorde un service public sans le regarder d’un œil méchant ou accusateur.

SUY Kahofi

 

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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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