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La côte d'ivoire au jour le jour!
24. juil.
2012
Société
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Quand les cultes du dimanche deviennent in-ter-mi-na-bles

"Pourquoi se presser pour aller à la maison quand la bonne nouvelle est prêchée ?"

L’homme de Dieu a dû être appelé à la rescousse car la sœur Zougrou Marguerite ne savait plus a quel saint de vouer. Elle se souviendra néanmoins des nombreux coups qu’elle a reçus de son mari pour avoir « trop trainé dans la maison de Dieu ». Le culte du dimanche qui a commencé à 8 h et qui devait s’achever à 11 h a duré jusqu’à 14 h 30. Monsieur n’étant pas chrétien, il n’a pas digéré le fait que Madame l’ai laissé le ventre vide. Ce qui devait être un fait divers banal est aujourd’hui un problème de violence conjugale qui relance le débat sur la longueur du culte consacré au Seigneur.

De 3 heures à….6 voir 8 heures !

« Une heure dans tes parvis Eternel vaut mieux que mille ailleurs » souligne la Bible. Pour donner un sens à cette parole, les chrétiens décident de consacrer 2 heures pour certains, 3  ou 4 heures pour d’autres au culte de louange et d’adoration du Seigneur. Mais très rarement dans les temples et paroisses, les intervenants arrivent à respecter ce timing. Dans certains temples, on évoque même l’action du Saint-Esprit qui conduit tout. Puisse que personne ne sait quand il décide de se manifester, personne ne peut prévoir quand ses manifestations prennent fin ! On déborde donc largement et les rencontres qui doivent durer 2 ou 3 heures, s’achèvent après 6 heures voire 8 heures, si ce n’est toute la journée du dimanche ! « On ne peut pas dire d’avance que le culte aura durée fixe : l’homme propose et Dieu dispose. S’il veut nous parler nous sommes tenus de l’écouter ! Voici pourquoi le culte dure souvent » soutient frère Hyacinthe, membre d’une église évangélique. « Quand votre papa vous parle vous ne quitter pas devant lui ! C’est la même chose avec Dieu ! Et puis le Dimanche est consacré à la prière, la communion avec le Tout-puissant : pourquoi se presser pour aller à la maison quand la bonne nouvelle est prêchée ? » soutient Sam, évangéliste. A la question de savoir si cette situation n’avait pas de conséquences, l’évangéliste répond. « Nos sœurs qui ont des maris animistes respectent le choix de leurs époux. Pourquoi ces derniers refusent de respecter le choix de Madame ? ». La réponse est très convaincante quand on est homme de Dieu et que votre femme est chrétienne. Pour ceux qui évitent les lieux de culte cette réponse sonne comme une insulte. « Vous savez dans ce pays on à toutes les catégories de prêtres, pasteurs et évangélistes. Plusieurs pactisent avec des mystiques et le comble c’est que les cas d’adultère impliquant des soi-disant hommes de Dieu sont légions. Alors quand votre femme dure un peu trop à l’église il faut réellement s’inquiéter » nous explique Rémi un jeune peintre. Pour d’autres c’est plus une question de commodité et de respect d’un jour de repos. « Les chrétiens eux-mêmes reconnaissent que le dimanche est certes un jour de prière mais c’est aussi un jour que Dieu a mis à part pour le repos. Il y a des repas de famille, les enfants qu’on pas trop vu en semaine, le temps d’un dialogue avec madame…on ne peut pas sacrifier tous ces moments simplement parce qu’un culte de 3 heures dure toute une journée ! » affirme Mr N’guessan Blaise un père de famille.

Un Dieu d’ordre

« Dieu est un Dieu d’ordre et quand vous avez dit 2 heures pour le culte faites 2 heures, car l’obéissance à la parole donnée devant Dieu vaut mieux que le sacrifice » souligne Blaise Zouzoua. Comme lui, nombreux sont les chrétiens qui fustigent les longs cultes ou les longues messes au contenu vide et aux nombreux intervenants. « Plus c’est long, plus c’est ennuyeux, plus ça ressemble à de la zizanie au lieu de quelque chose de sérieux ! Il faut accorder de l’importance au Sabbat et au culte pour permettre à ceux qui ne connaissent pas le Seigneur d’avoir du respect pour les chrétiens que nous sommes » affirme Dame Odjiré. « Point besoin de faire un long culte pour plaire à Dieu et à ce propos je salue certaines paroisses qui respectent scrupuleusement la liturgie. Nos bergers doivent mettre de l’ordre dans la manière de conduire le peuple. Quand le culte dure, tout le monde prétend parler de la part de Dieu, le mensonge s’installe et les démons en profitent » soutient le patriarche Oble Justin avant de conclure que des messages de 5 mn ont transformé la vie de plusieurs Nations là où d’in-ter-mi-na-ble messe n’ont pas pu transformer un seul cœur.

SUY Kahofi

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23. juil.
2012
Côte d'ivoire
2

Rafles intempestifs : les éléments FRCI rançonnent les Ivoiriens

Eléments FRCI

Depuis un certain temps les hommes du Docteur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, Ministre de la Défense, Président du Comité RSS (Réforme du Secteur de la sécurité)…ces hommes dis-je ont trouvé une nouvelle occupation ‘’très saine’’ pour se faire de l’argent de poche. Dans un pays où des ministres supposés corrompus ont été débarqués, il est préférable de tourner le dos aux vieux systèmes de racket sur les routes pour expérimenter de nouvelles stratégies. Dame insécurité à un dos large et c’est elle qui désormais sert de dépotoir aux comportements gauches de nos sacrés FRCI. Bien que les choses aient évolué côté style (nouveaux uniformes, ils parlent un peu français et prennent des bains), côté comportement il faut encore patienter. Pour lutter contre l’insécurité, les éléments FRCI décrétant l’Etat d’Urgence se sont métamorphosés en Gendarmes et Policiers ! Ils opèrent des rafles RPG au poing et ne se privent pas de rançonner les imprudents. « Vous avez des pièces ou pas vous payez entre 2.000 et 3.000 f CFA ! C’est quoi ça encore ? » s’interroge un jeune homme d’une trentaine d’année. Notre interlocuteur outré par le « comportement bidon des FRCI » ne se fait pas prier pour nous raconter sa mésaventure. « Je revenais du Dokui quand j’ai remarqué la présence de chars dans la rue. La radio n’avait rien annoncé donc je rentrais peinard quand un homme en uniforme m’interpelle. Je m’apprête à sortir ma carte d’identité quand il me dit tout sec : ‘’déshabille toi et attrape le pantalon du monsieur devant’’. Je rejoins la file qui se forme. Au détour d’une ruelle nous rejoignons d’autres personnes assises à même le sol. Un homme pistolet à la ceinture s’avance et nous dis sans autre forme de procès  ‘’celui qui veut renter chez lui paye 3.000 f CFA’’ ». Comme personne ne semblait avoir cette somme le ‘’chef’’ s’éloigne et traite ‘’les dossiers au cas par cas’’. « Ceux qui avaient de quoi payé l’on fait » conclu notre témoin.

La meilleure des solutions pour s’en tirer était de payer car depuis un moment une folle rumeur de l’existence d’un camp de torture des FRCI route de Bingerville circule dans les quartiers de la Riviera, Anono et Palmerais. « S’ils te font monter dans leur cargo ce n’est pas sûr que tu reviennes » crois savoir un étudiant. Les heures de rafles choisies par les éléments FRCI sont pour nous autres très inhabituelles. Dès 19 h 30 mn les véhicules prennent position, 20 h 30 mn première patrouilles pédestres, 21 h 30 mn premières interpellations ! Même sous le régime militaire du Général Robert Guéï on pouvait se pavaner dans les rues d’Abidjan le soir venu. Lorsque les Généraux de l’armée sur les antennes de la RTI disent éduquer leurs hommes au respect des droits de l’homme, je me demande bien de quel droit il s’agit. Comment des hommes en uniforme sensés incarner l’ordre sont aujourd’hui le symbole d’une délinquance qui ne dit pas son nom ? Chaque jour qui passe le fossé entre l’armée et le peuple devient de plus en plus grand. Quand ils ne sont pas braqueurs ou trafiquants de drogue, les soldats nouveau model – version ADO comme dirait l’autre – sont des as du racket, du trafic d’influence et de la brutalité. Décidément l’armée semble être le dossier sur lequel Alassane Ouattara échoue à chaque fois. Hier il créait la SAVAC qui est très vite devenu un creuset de tueurs à gage. Aujourd’hui les FRCI semblent troubler le sommeil du locataire de la maison de la Maison Blanche du Plateau. Face au harcèlement continu des FRCI, il est temps de se poser des questions sur le processus RSS en Côte d’Ivoire. Si certain se félicite d’une pluie de milliard, il faut se demander si à cause des FRCI et de leur comportement gauche la Côte d’Ivoire ne perd pas un tsunami de milliard ? Des rafles en chars de combat, des perquisitions lance roquette au poing, des soldats sans éducation…l’armée Ivoirienne est tombée bien bas !

SUY Kahofi

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20. juil.
2012
Société
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Bilan encourageant pour le CAP 2012

Officiels et invités lors du bilan à mi-parcours du CAP 2012

Le CAP 2012, document de programmation des besoins humanitaires pour la Côte d’Ivoire lancé en janvier 2012 à Abidjan sous l’initiative de la communauté humanitaire et le système des Nations Unies avait pour objectif premier de réunir un financement de 173 millions $ US. A mi parcours, ce budget a été réévalué pour prendre en compte les besoins humanitaires de plus de 1.200.000 personnes. A propos du bilan provisoire du CAP 2012, Ndolamb Ngokwey le coordonnateur humanitaire pour la Côte d’Ivoire soutient qu’il s’agit « d’un appel dont la révision est passé à 160 millions $ US » avant de conclure que le CAP « a pu engranger 49% c’est-à-dire à peu près 80 million $ US provenant de plusieurs pays et donateurs. Ce fond a aussi été alimenté par le Fond d’Urgence Humanitaire qui est financé par les USA, la Grande Bretagne et différents partenaires financiers ».

La zone prioritaire ciblée par l’appel du CAP 2012 était l’ouest de la Côte d’Ivoire avec un accent sur les camps de déplacés et de réfugiers mais aussi et surtout les zones de retour des populations. La réévaluation des objectifs financiers du CAP 2012 permet également de dégager de nouvelles zones d’action comme le nord de la Côte d’Ivoire touché par une crise alimentaire. Ellen Cramer directrice-adjointe pays du Programme Alimentaire Mondial nous nous explique « que des cas de malnutrition ont été signalés dans le nord de la Côte d’Ivoire ». Pour faire face à cette situation, le cluster nutrition apporte une assistance alimentaire aux familles les plus vulnérables et aide à juguler les cas de malnutrition sévère chez les enfants de 0 à 5 ans.

Le CAP en 6 mois d’activité du Système des Nations Unies et des ONG c’est un résultat encourageant sur le terrain qui aura permis la réhabilitation de 1500 abris, le passage de 35 sites de personnes déplacés à un seul, la réhabilitation de 380 pompes pour l’eau potable et l’aide à la mise en service de 4 principales formations sanitaires sur 5 à l’ouest. Des 20.000 déplacés, le CAP aura aidé au retour de 15.000 personnes. Ces résultats sont certes encourageant mais les besoins sont encore importants sur le terrain si bien qu’un sous financement du CAP 2012 révisé pourraient avoir des conséquences désastreuses.

  • 400.000 personnes n’auront pas accès à l’eau potable dans leur zone de retour
  • 110.000 personnes dans le nord risquent d’être en insécurité alimentaire
  • 1 enfant sur 6 n’aura pas accès à l’éducation dans les zones de retour
  • 120.000 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ou modéré ne pourront pas bénéficier d’une prise en charge adéquate
  • 2 millions de personnes, dont 80.000 femmes enceintes, plus de 300.000 enfants de moins de cinq (5) ans n’auront pas accès à des soins de santé de qualité

Reste donc 6 mois d’activité pour couvrir l’année 2012, aussi le coordonnateur humanitaire pour la Côte d’Ivoire plaide pour une synergie des actions et un renforcement de l’aide des bailleurs pour une meilleure réponse aux besoins humanitaire.

SUY Kahofi 

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18. juil.
2012
Société
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Formation professionnelle, école ou atelier : que choisir ?

Ecole ou atelier : que choisir ?

Nombreux sont les jeunes qui fréquentent aujourd’hui les Instituts et centres de formation professionnelle. Certains sont venus ici pour la passion qu’ils éprouvent, pour le métier qu’ils ont choisi; d’autres sont là par le ‘’heureux hasard’’ des orientations après les classes de troisième ou de terminale. N’ayant pas pu poursuivre leurs études dans les cycles classiques de nos écoles secondaires, ils ont choisi d’apprendre un métier dans les centres de formation professionnelle. L’apprentissage d’un métier ne se résume pas à retenir des leçons par cœur : il s’agit d’un système basé sur la théorie et la pratique. Mais dans les entreprises qui accueillent les étudiants, bon nombre de maîtres de stage se plaignent de l’incapacité des jeunes à réaliser les manœuvres les plus élémentaires. Les problèmes de l’apprentissage sur le tas et celui de la formation dans les centres professionnels refont donc surface.

« Ils ont des diplômes mais ils ne connaissent pas le travail ! Or les métiers c’est la maîtrise de la pratique et non de la théorie : ce que le diplôme justifie doit se voir dans les faits » souligne M. Zamblé chef électro-mécanicien,  responsable d’un groupe de stagiaires. En effet, nombreux sont les jeunes diplômés qui peinent à s’insérer dans les entreprises faute de maîtrise des rouages de leurs métiers qu’ils ont pourtant appris. « A les voir transpirer sur les machines, je me demande ce qu’on leur enseigne dans leurs écoles » renchérit M. Zamblé avant de conclure « nous sommes obligés de tout leur apprendre de nouveau. Un métier on ne le connait pas sur papier mais on le connait en pratique ». Les élèves se défendent et accusent les responsables des systèmes de la formation professionnelle. « Les classes sont bondées de monde lorsque nous allons aux cours et même en pleine année scolaire des élèves arrivent d’on ne sait où. Les enseignants survolent les cours et se plaignent de la vétusté du matériel dans les ateliers. Ce n’est pas  notre faute si nous causons des soucis à nos maîtres de stage ! » souligne Keita Abou. Vu cette situation, certains parents se rabattent sur les ateliers installés dans la capitale : en choisissant cette option, ils dépensent moins. En échange d’une certaine somme versée au propriétaire de l’atelier chaque fin du mois, les enfants apprennent un métier sur le tas. « Ici c’est pas papier ! Les enfants travaillent sur les télévisions et les ordinateurs. Ils apprennent directement au contact avec les outils et les machines » souligne M. Kokou électronicien. Grâce aux agréments FDFP, les fins de formation sur le tas sont de plus en plus sanctionnées par des attestations. « Pour ce qui est des métiers techniques l’employeur ne se borne pas à lire votre CV, il vous met au pied du mur et c’est à vous de démonter ce que vous avez appris » soutient M. Kimou, enseignant. Il faut donc repenser la formation professionnelle en équipant les centres  de matériels d’apprentissage adaptés aux besoins des entreprises, lutter contre le recrutement parallèle et les redoublements sans fin pour mieux encadrer les élèves qui sont soucieux d’apprendre pour servir leur pays.

SUY Kahofi

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16. juil.
2012
Société
1

La délinquance routière : le fléau du bitume Ivoirien

Les mauvais chauffeurs occasionnent de nombreux accidents chaque année

Ils ont un permis de conduire, ils sortent pour certains tout fraichement des auto-écoles, ils ont pour d’autres plusieurs années d’expérience au volant mais sur les routes, leur manière de conduire font dresser les cheveux des usagers assis à l’arrière. Chauffeurs de taxi-compteur ou de wôrô-wôrô (taxi communal), de mini-cars ou de voiture personnelle, les délinquants du volant se comptent parmi toutes les classes sociales et tous les milieux professionnels. On dit souvent d’eux qu’ils considèrent la route comme leur chambre à coucher et qu’ils y font ce qu’ils veulent au risque de mettre en danger la vie des autres.

Les origines d’un mal persistant

La délinquance routière trouve ses origines dans le manque de formation à la maîtrise du code de la route et de la conduite. En effet en Côte d’Ivoire un nombre pléthorique d’auto-écoles ouvre chaque jour. Avec moins de 90.000 f CFA un Ivoirien peut s’offrir le permis de conduire en 15 ou 25 jours. Les cours de conduite et le programme du code sont dispensés selon un programme conçu par l’apprenant lui-même. Certaines auto-école – on ne sait comment ? – arrivent à délivrer un permis de conduire en moins d’une semaine ! Certains Ivoiriens pour des raisons administratives ou simplement pour obtenir un emploi ont obtenu un permis de conduire en 48 heures grâce au piston qui est roi dans cette filière. Sur un programme d’apprentissage le nombre d’heures que l’apprenant aura manqué seront rarement rattrapées. Une formation bâclée, une mauvaise maîtrise du volant et un code mal connu ne peuvent que donner un mauvais chauffeur. En plus des problèmes liés à la formation reste celui des circuits – tant combattu – des faux permis de conduire dont un nombre important de chauffeurs sont détenteurs.

« Je savais conduire une voiture mais je n’avais pas de permis de conduire. Pour les besoins d’un poste dans une organisation Internationale je me suis fait délivrer un permis en moins de 3 jours. J’ai eu peur au départ mais ça fait deux ans que je circule avec mon permis » soutien Félix (nom d’emprunt) un jeune ingénieur.

Les conséquences de la délinquance routière

La route tue comme on peut le lire sur une affiche de campagne des routiers. Mais comme dirait l’homme de la rue « nous n’avons jamais vu cette route au volant d’une voiture». Il faut plutôt dire que les mauvais chauffeurs endeuillent les familles. Chaque année, le nombre toujours croissant des accidents de la circulation nous permet d’affirmer que le milieu des conducteurs n’est pas encore guérit de la délinquance routière. Les dépassements hasardeux, les feux de signalisation non respectés, les panneaux et bandes de signalisation mal interprétés occasionnent des nombreux morts, de blessés et d’importants dégâts matériels. Malgré les campagnes de l’OSER (Office de le Sécurité Routière) et des associations de transporteurs le mal persiste. « Les mauvais chauffeurs sur nos routes ne seront plus un danger qu’à partir du moment où les policiers et gendarmes auront le courage de les dénoncer, lorsque les filières d’attribution des permis de conduire seront débarrassés des agents corrompus et lorsque les ‘’auto-écoles boutiques’’ seront fermées ! Si cette vaste opération de nettoyage est lancée nos familles dormiront plus tranquillement » soutient Mr Kouakou Vincent chef d’entreprise.

Quant aux autorités Ivoiriennes, elles n’arriveront à combattre le fléau de la délinquance routières qu’en renforçant la surveillance et les contrôles des filières de transport urbains et inter-urbains et surtout en privilégiant une véritable éducation des usagers de la route. La création des auto-écoles ne doit plus se faire dans cette atmosphère de laxisme mais plutôt dans un cadre plus réglementé.

SUY Kahofi

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13. juil.
2012
Société
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Penser le développement avec les personnes handicapées

Etre handicapé n’est pas synonyme de mendicité

Dans le cadre de la promotion et la protection des droits des personnes handicapées et de leur insertion dans le tissu social, l’ONG Internationale CBM (Christian Blind Mission) en collaboration avec la Direction de la Promotion des Personnes Handicapées ont organisé un atelier de renforcement des capacités des personnes œuvrant dans le domaine du handicap. Cet atelier qui a lieu du 09 au 12 juillet 2012 a articulé ses travaux autour du thème Handicap et Développement inclusif. Trente et un (31) participants issus de seize (16) structures privées et publiques ont pris part aux travaux au cours desquels la méthode pédagogique active et participative a été utilisée.

Les travaux

Les personnes œuvrant dans le domaine du handicap ont touché du doigt des problèmes très importants liés au vécu des personnes handicapées. Sous forme de module, les participants ont échangé autour de plusieurs thématiques dont les principales sont : l’influence de la culture sur la compréhension du handicap, les droits de la personne handicapée, approches au développement basées sur les droits, les instruments de développement et le handicap… Selon les rapports de l’OMS, 15% de personne dans le monde vivent avec un handicap. Malheureusement 80% de ces personnes vivent dans une extrême pauvreté. Peut-on dans ce contexte parler véritablement de développement pour tous ? Cet atelier en terre Ivoirienne revêt donc un caractère particulier pour CBM qui entend plaider auprès des décideurs pour qu’ils puissent intégrer les personées handicapées dans les politiques globales de développement. Pour Ebénézer Agordome Conseiller Régional pour l’Afrique de l’Ouest pour la CBM, le développement tels que pensé dans les OMD « doit se faire selon une approche inclusive qui prend en compte tous les groupes vulnérables dont les personnes handicapées ». Cette volonté du CBM que partageaient tous les participants à l’atelier s’est matérialisée au terme des travaux sous la forme d’un plaidoyer.

Le plaidoyer

Les participants invitent entre autre les autorités de Côte d’Ivoire à ratifier la convention internationale des droits de la personne handicapée dans un meilleur délai, à veiller à la représentativité des personnes handicapées dans les institutions pour une participation effective des personnes handicapées aux prises de décisions, à établir un programme de sensibilisation incluant le concept de handicap et développement inclusif dans tous les secteurs de développement. Quant aux OPH, les participants les invitent à œuvrer à la solidarité et à l’union des OPH, à faire un plaidoyer auprès des autorités dans le cadre de la ratification de la convention international des droits des personnes handicapées, à mettre en place un groupe technique de réflexion sur la thématique « développement inclusif et handicap ». Au compteur des doléances adressées aux partenaires figure l’intégration du concept du développement inclusif dans tous les projets au développement en tant que détenteur d’obligation et un appel pour une aide à la formation des membres des OPH en vu de leur autonomisation.

Monsieur KONE Krouwélé Victorien, Directeur de la Promotion des Personnes Handicapées (DPPH), s’est félicité de la tenue de cette formation qui permettra aux acteurs œuvrant dans le domaine du handicap d’être mieux outillés pour défendre efficacement la cause des Personnes Handicapées. Au-delà de cette note de félicitation Ebénézer Agordome Conseiller Régional pour l’Afrique de l’Ouest pour la CBM a invité les personnes handicapées à se battre pour préserver leur dignité. Pour lui, être handicapé n’est pas synonyme de mendicité encore moins une fatalité. La personne handicapée doit pouvoir exercer une activité pour se prendre en charge et mérité le respect autour de lui.

SUY Kahofi

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12. juil.
2012
Société
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Bidonvilles d’Abidjan, qui sont les vrais habitants ?

Washington nouveau quartier, un bidonville d'Abidjan

Les inondations de ces dernières années en Côte d’Ivoire qui ont entrainées d’importants dégâts dans plusieurs quartiers d’Abidjan ont permis aux Ivoiriens de découvrir la dure réalité de la vie dans les bidonvilles. Des familles entières s’entassaient dans des baraques pourries qui prennent l’eau de partout ! Ces familles mettent en péril leurs vies et certaines malgré les appels du Gouvernement préfèrent camper sur des sites classés à risque. La réalité des inondations a permis également aux Ivoiriens de découvrir l’identité des occupants des bidonvilles. Ils ne sont pas pauvres et démunis comme on pourrait le croire. Ils ne sont pas tous des sans-emplois ou même des immigrés sans argent. Dans les bidonvilles d’Abidjan, toutes les couches sociales se côtoient.

Les toitures rouillées s’étendent à perte de vue, à quelques endroits des constructions en dur, ici une habitation faite de matériaux de récupération…Voici le visage que nous offre Washington nouveau quartier situé entre les communes de Cocody et d’Adjamé. Ici, comme dans la majorité des bidonvilles, les familles luttent pour survivre dans un univers insalubre. Manque d’eau potable, d’électricité, de sanitaire digne du nom et de canaux d’évacuation des eaux usées sont les premiers problèmes que l’on y rencontre. Pourtant lorsqu’on s’approche des habitants on se rend compte que les raisons de leurs présences en ces lieux sont différentes. Kassy est agent de sécurité et touche le modique salaire de 75.000 f CFA. « Qui peut dire qu’il est content de vivre dans un tels endroit ? Nous sommes obligés c’est tout » se plaint le jeune homme. Il poursuit en nous disant que sa famille (sa femme et 2 enfants) partagent ‘’une maison’’ qu’il loue à 15.000 f CFA. Il nous dira que son lieu de travail n’est pas loin et que cela lui permet de faire des économies. Non loin de sa demeure, deux étudiants de l’Université de Cocody squatte une ‘’entrer-coucher’’ (une pièce) avec un toit qui laisse passer l’eau. « Le campus n’existe plus ! Nos efforts pour en obtenir un studio en ville ont été vains. Les offres étaient largement supérieures à nos moyens. Alors pour ne pas être loin de l’université lors de la réouverture nous vivons ici », souligne Armand. Ilboudo et Léguan Jules sont quant à eux burkinabés et n’ont pas de famille en Côte d’Ivoire. Immigrés et vivant de petits boulots ils préfèrent se terrer à Gobelet. « Si je vis ici c’est pour pouvoir faire des économies en vue de construire au pays. Je suis avec un de mes compatriotes et nous partageons le loyer de 20.000 f CFA par mois », affirme Léguan Jules.

Dans les bidonvilles vivent aussi des ‘’propriétaires terriens’’ ! On les appelle doyen et il serait hasardeux de dire depuis quand ils vivent dans ces bidonvilles. Certains affirment même être les fondateurs des bidonvilles ! Ils vivent de la vente de terrains et possèdent d’autres affaires. Magasins, réseau de vente d’eau et d’électricité, boutiques et PME de construction sont à mettre à leur actif. A la question de savoir pourquoi ils ne quittent pas le bidonville, ils répondent avec un brin d’ironie : « Quand un endroit vous porte chance il n’est pas bon de le quitter ».

« Le bidonville n’est pas aussi bizarre qu’on peut le croire et je crois qu’avec un peu de volonté de la part des autorités, on pourrait se sentir bien. Les populations ici ne demandent qu’un peu d’eau et d’électricité pour vivre heureux » plaide Sina gérant de kiosque.

SUY Kahofi

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09. juil.
2012
Commerce
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Quand l’hygiène fait défaut sur les marchés d’Abidjan

Un marché d’Abidjan
Un marché d’Abidjan

Il est 13 h sur le marché de Belleville dans la commune de Treichville, le soleil est au zénith et la chaleur accablante. Les commerçants crient à tue-tête pour venter les qualités de leurs produits. On transpire par ici mais ce n’est pas la chaleur qu’on redoute le plus. L’ennemi de ce 13 h a pour nom « mauvaise odeur ». Et si sa présence est aussi tenace c’est parce que le marché est ceint d’immondices. Difficile de comprendre comment à proximité de ces tas d’ordure, des personnes arrivent à vendre et surtout à se nourrir !

Au-delà du marché de Belleville, nombreux sont les autres marchés d’Abidjan où le mot hygiène semble ne pas exister. Malgré le passage des agents chargés de l’assainissement, les tas d’ordure se voient un peu partout. « Avec les mouches et tout ça c’est difficile pour nous qui vendons le poisson ou la viande. Nous avons beaucoup de pertes à cause des mouches qui viennent laisser leurs asticots dans nos poissons » soutient Dame Kassi Marthe avant de conclure « vous voyez, on ne peut pas vendre le poisson infesté  d’asticots aux clients. Si nous le gardons il risque de détruire le reste de nos produits ». Les commerçants nous assurent qu’ils font tout pour maintenir le marché propre, car en matière de commerce la propreté attire la clientèle. « On ne peut pas vendre dans les ordures ; ça c’est clair ! Le soir le boucher racle sa table, les commerçantes balaient le matin et le soir à la fermeture. Le vrai problème c’est que la municipalité ne vide pas les poubelles » affirme Ousmane Barry, vendeur de garba.

Pour les agents communaux et les entreprises en charge de l’enlèvement des déchets, les commerçants ont de drôles de comportements, pour des gens qui se disent être soucieux de leur cadre de vie. « On nous accuse ? Regardez le marché, nous sommes passés ici ce matin mais regardez vous-même ! Ils jettent les ordures en précisant ‘’la mairie va ramasser’’ » souligne ce chef de service assainissement à Adjamé. Au-delà du non respect de leurs efforts, les techniciens de surface fustigent surtout certaines indélicatesses observées chez les commerçants. « Tenez vous bien monsieur, certains commerçants font leurs besoins dans des grosses boites de conserve ou urinent dans des sachets. Nos hommes les dénichent fréquemment dans les recoins du marché. Imaginez-vous l’odeur ! » souligne Pascal Y. technicien de surface. Pour lui cette situation s’explique par le fait que les commerçants ne veulent pas quitter leurs magasins de peur de perdre des clients. « Regardez ce mur, nous venons de livrer ce magasin il y à peine 1 mois, mais il est déjà tâché par le jus de cola (salive) » soutient S. Ali personnel du service technique de la Mairie d’Attécoubé. Les techniciens de surface insistent sur le fait que les commerçants doivent utiliser les WC publics pour leurs besoins et faciliter la gestion des ordures. « Il y a des poubelles, elles sont là pour recevoir les ordures, elles doivent être utilisées » affirme S. Ali avant de souligner « ce sont des hommes qui enlèvent les ordures et je pense qu’à ce titre il faut les respecter en leur facilitant la tâche ».

SUY Kahofi

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07. juil.
2012
Côte d'ivoire
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L’APDH accompagne au plan juridique les victimes de la crise Ivoirienne

Eric Aimée-SEMIEN Président de l’APDH présente le projet à l’Assemblée

L’ONG de défense des Droits de l’Homme APDH (Action pour la Protection des Droit de l’Homme) a présenté officiellement son projet d’accompagnement juridique et judiciaire des victimes de la crise Ivoirienne. Ce projet qui vise à accompagner les victimes de la crise Ivoirienne pour leur permettre de saisir de façon efficace les juridictions nationales et internationales intervient dans un contexte particulier. La Côte d’Ivoire comme toute société en sortie de crise est confrontée à la gestion de son sombre passé pour parvenir à une société plus démocratique et à un Etat de Droit affirmé. Pour y arriver, le pays doit pouvoir instaurer une politique de lutte contre l’impunité et l’instauration d’une justice transversale applicable à tous. Dans ce schéma, les acteurs de la société civile sont mis à contribution pour jouer le rôle d’éveilleur de conscience et surtout contribué à rétablir la vérité. L’APDH n’entend pas se faire prier pour remplir cette mission ! Son projet baptisé « Accompagnement juridique et judiciaire des victimes de la crise Ivoirienne » est le canal par lequel l’ONG veut aider à faire la lumière sur les violations des droits de l’homme et surtout aider les victimes à obtenir réparation.

Le projet lancé ce 06 Juillet 2012 aura une durée de 12 mois (1 an) et s’articulera principalement autour de la sensibilisation et de la formation des victimes, des enquêtes de terrain et de procédure de saisine de la justice nationale et internationale. L’APDH n’est pas seule dans l’exécution de ce projet. Elle bénéficie du soutient de la Fondation OSIWA (Open Society Initiative for West Africa) et du FDS (Fonds de Soutien au Développement) de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire. Les zones ciblées par le projet sont : Abidjan, Grand-Lahou, Fresco, Sassandra, Soubré, Taï, Bloléquin, Toulépleu, Issia et Snifa. Selon Eric Aimée-SEMIEN Président de l’APDH, « il ne s’agit pas de faire double emploi avec les initiatives déjà menée. L’APDH veut appuyer à la documentation des nombreux évènements qui ont marqué la crise Ivoirienne dans ces localités et qui sont passés sous silence ». Pour Eva Sahadala de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire « la question des droits de l’homme est une priorité pour le Fonds de Soutien au Développement. Aussi appuyer l’APDH apparait tout à fait normal ». Au cours de la cérémonie officielle de présentation du projet, l’APDH a été soutenue par différents acteurs de la société civile au compteur desquels les promoteurs des droits de l’homme. En leur nom, Guillaume NGEFA chef-adjoint de la Division des Droits de l’Homme de l’ONUCI a « félicité l’APDH pour son initiative et souhaité plein succès à l’ONG pour ses actions de terrain les mois avenirs ».

Le 3ème rapport rendu public

Au cours de cette cérémonie de présentation du projet « Accompagnement juridique et judiciaire des victimes de la crise Ivoirienne« , l’APDH a présenté son 3ème rapport relatif à la crise post-électorale. Baptisé « ça n’a duré qu’une nuit et pourtant…« , ce rapport donne des éclairages précis sur les violences du village d’Anonkoua-Kouté, situé dans la commune d’Abobo. Dans la nuit du 06 au 07 Mars 2011, le village a fait l’objet d’une attaque généralisée de la part d’un groupe armé se réclamant du Commando dit Invisible. Le résultat de cette descente se passe de commentaire : neuf (09) personnes tuées, quarante (40) autres décédées plus tard, une dizaine de portés disparus, plusieurs blessés graves ont été enregistrés, le patrimoine ancestral (or, parures, …) emportés et une population traumatisée à jamais. Tout en félicitant l’APDH pour son courage, le Chef du village d’Anonkoua-Kouté a invité les autorités compétentes à se pencher sur le sort du village par un appui matériel aux populations. Il a aussi prié les hommes média de rechercher sincèrement la vérité sur les massacres d’Anonkoua-Kouté par de véritables enquêtes de terrain.

SUY Kahofi

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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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