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La côte d'ivoire au jour le jour!
16. août
2012
Côte d'ivoire
1

Indénié : les bassins de retenue comme solution

Carrefour de l’Indénié lors d’une inondations (Abidjan, Côte d’Ivoire)

Les inondations spectaculaires du carrefour de l’Indénié à Abidjan seront-ils un vieux souvenir d’ici peu ? Difficile de répondre à cette question pour l’instant mais des signes sur le terrain donnent de l’espoir aux abidjanais.

Depuis la fin de la crise post-électorale, la Côte d’Ivoire est un pays en pleine reconstruction grâce à des chantiers disséminés sur toute l’étendue du territoire. Bien plus que simples chantiers, certains sont de véritables projets sensés venir à bout de plusieurs années d’échec de l’homme face au casse-tête de l’urbanisation. Le projet d’aménagement du site de l’Indénié est l’un de ces projets. Il est financé par la Banque Mondiale à hauteur 1,5 milliard et doit être exécuté sur une période de 6 mois par l’entreprise de Travaux Publics FRANZETTI-CI. L’une des innovations majeures de ce projet est la réalisation des bassins de retenue d’eau. Le rôle de ces bassins est de réduire la vitesse de l’eau, retenir les déchets solides (sachets, bouteilles, pneus…) et le sable.

Trois bassins pour stabiliser les eaux

Partant d’Abidjan nord vers le Boulevard lagunaire, le premier bassin est visible au niveau du quartier Washington. Dans le versant de ce quartier voisin au Lycée Technique d’Abidjan se situe un bassin de 5 m de profondeur. Avec un volume de 45.000 m³, ce bassin reçoit les eaux des quartiers d’Abobo, Zoo, Dokui-Est, II Plateaux et Agban. Le deuxième bassin est situé à Adjamé Fraternité-Matin. D’une superficie de 12.154 m² pour un volume de 34.000 m³ et une profondeur de 3 m, le bassin reçoit les eaux de Dokui-Ouest, Paillet, Williamsville et Adjamé. Le troisième bassin est le fruit de la fusion des anciens canaux C1 et C2 chargés d’évacuer les eaux vers la lagune. La destruction de la bande de terre-plein qui séparait les deux canaux à permis de créer un bassin de 53 m de largeur pour 3 m de profondeur. Ce dernier bassin est le plus proche de la lagune et reçoit l’eau des deux premiers bassins en amont.

Chacun des bassins a l’aspect d’un lac artificiel et est scindé en deux parties par un déversoir. La première partie du bassin est le décanteur et la seconde le bassin de stabilisation. Quant au déversoir il est un muret à face creuse qui sert à amortir la vitesse de l’eau. Il est surmonté d’une grille de rétention pour les déchets solides. A chaque extrémité du déversoir sont logés des regards. Un dispositif permettant l’évacuation du trop plein des bassins en cas de forte pluie.

Fonctionnement des bassins

Comme son nom l’indique, le bassin sert à retenir l’eau mais au-delà il joue un rôle important dans l’élimination des déchets solides et le sable. En effet ces deux éléments ont contribué largement à boucher les canaux d’évacuation des eaux vers la lagune. Leur élimination en amont constitue une première victoire dans la course de l’eau vers la lagune. Les eaux en provenance des zones géographiques citées au paragraphe 2 arrivent directement dans les bassins de Washington et d’Adjamé Fraternité-matin. Elles subissent un premier traitement : le sable et les déchets solides se déposent au fond des décanteurs. Les eaux coulent ensuite vers les bassins de stabilisation et les déchets plus légers (sachets) qui auront échappé aux décanteurs sont stoppés par les grilles des déversoirs. Les eaux ainsi débarrassées des déchets se déversent dans le troisième bassin. Les eaux perdent de nouveau de la vitesse et des déchets puis deux canaux les conduisent vers la baie de Cocody !

Les bassins : un bien à entretenir

Bien qu’utiles, les bassins doivent bénéficier d’un entretien pour être toujours opérationnel. La première étape de cet entretien consiste au retrait quotidien des déchets solides qui sont soit à la surface de l’eau soit au niveau des grilles du déversoir. Au même titre que les ordures ménagères dans les quartiers, les ordures des bassins de retenue d’eau de l’Indénié doivent faire l’objet d’un enlèvement quotidien pour éviter qu’ils n’obstruent de nouveau les canalisations. Pour faciliter l’écoulement des eaux entre les bassins, les dalots qui les relient doivent être continuellement débouchés. Une fois l’eau des bassins drainée vers la lagune, les bassins vides se prêtent enfin au curage pour l’extraction du sable et des autres déchets solides. A ce niveau le sable récupéré peut faire l’objet d’une exploitation par des entreprises privées. En réalité le sable qui se dépose au fond des bassins n’est pas de la vase inutile. Une fois séché et débarrassé des ordures, il peut servir pour divers travaux de construction. Au-delà de toutes ces dispositions, le véritable entretien vient des populations situées le long du bassin du Gourou. En effet les bénéficiaires directs du projet sont les populations des quatre communes que sont Adjamé, Abobo, Cocody et le Plateau. Il s’agit d’une population estimée à 2.800.000 personnes dont 495.000 riveraines. Les populations riveraines et les ramasseurs ambulants d’ordures doivent comprendre que les caniveaux et autres canaux d’évacuation ne sont pas des poubelles. Ils doivent éviter d’y jeter des ordures et au-delà s’abstenir de construire sur les caniveaux.

SUY Kahofi

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10. août
2012
Société
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Mode Ivoirienne : le pire est à venir !

« Si hier elles avaient le courage de mettre des dessous, aujourd’hui elles n’en mettent plus ! »

Le 22 juillet 2010 je signais sur le site d’information en ligne Avenue.225.com un article sur les pantalons à taille basse qui ont fait leur entrée dans la garde robe des Ivoiriennes. Le post baptisé « Mode : Les taille-basses, ces pantalons qui scandalisent de plus en plus » avait été repris par les observateurs de France 24 et par plusieurs blogs. Il a suscité un vif débat entre ceux qui se disaient partisans de la liberté de la femme sur tous les plans et les défenseurs de l’éthique vestimentaire féminine. Bien que de nombreuses personnes aient conclu que les pantalons à taille basse contribuaient à dévoiler l’intimité des femmes et qu’il fallait les mettre en respectant certaines règles, les pantalons à taille basse ont continué à attirer un nombre incalculable de fans. Petites ou grandes, jeunes ou âgées, le nombre de femmes qui ont adopté le style est toujours plus élevé. Certaines sont plus discrètes, d’autres demeurent provocatrices à souhait avec les strings et autres cache sexe qui débordent gracieusement à l’arrière du jean ! C’est particulièrement au sein de cette deuxième catégorie de femme que la mode des pantalons à taille basse a subit une nouvelle évolution. Avec elles on serait tenté de dire que le pantalon est passé de son statut de taille basse à TAILLE TRES TRES BASSE !

Opération CD et DVD !

« Si hier elles avaient le courage de mettre des dessous, aujourd’hui elles n’en mettent plus ! » Cette phrase, véritable cri de cœur d’une mère indignée par les dérapages de la gente féminine est un sentiment partagé par de nombreux Ivoiriens. La nouvelle mode des pantalons à taille basse suggère que pour ‘’plus de sensualité’’ les femmes ne mettent plus RIEN en bas et surtout dévoilent les fesses au 1/3. Le choix du pantalon pour être dans cette mouvance se fait selon le critère principal suivant : le pantalon doit être petit dans tous les sens du terme. La ceinture plus serré, la taille 4 à 5 cm en dessous de la votre, l’arrière du jean en ‘’U’’ ou en ‘’V’’ et surtout un petit tee-shirt qui ne doit pas dépasser le nombril. Ce résultat est une combinaison parfaite entre de DVD et le CD, DVD pour Dos et Ventre Dehors et CD pour Cul Dehors ! (excusez moi !) La petitesse du tee-shirt oblige un autre exercice : une épilation rapprocher surtout au niveau du pubis. Aguicheuses, provocatrices, séductrices, dévergondées, dépravées…les noms ne manquent pas pour décrire celles qui ont adopté cette nouvelle tendance des pantalons à taille basse. Si à l’origine certaines jeunes filles s’habillaient ainsi juste pour les boites de nuit, aujourd’hui le style semble se foutre éperdument du lieu ou du temps. « D’ici peu nos filles vont se balader toutes nues comme des truies ou des vaches encore que celles-ci sont couvertes par des poils et que le créateur les a mise à quatre pattes pour ‘’tout’’ cacher ! Que recherchent nos enfants ? » s’interroge Mme N’guessan une mère de famille d’une soixantaine d’année. La maman nous confie que lutter contre cette mode semble être un combat perdu pour les parents chose que confirme Mr Houssou. « Elles sortent bien habillées de la maison avec ces pantalons qui mettent tout dehors dans leur sac. Au détour d’une ruelle ou même au domicile d’une copine elles se changent et se jettent dans la ville. C’est décevant mais peut être bien qu’au moment où je vous parle ma propre fille est vêtue ainsi quelque part dans Abidjan » conclu tout triste notre interlocuteur.

Isa, Francine et Collette des jeunes filles que j’ai eu la chance d’interroger sont pour le port du pantalon à taille basse mais estiment que cette nouvelle exagération est une de trop ! « La Côte d’Ivoire sort de crise et la violence est omniprésente partout. Les gens se font agresser à tout bout de champ : les femmes doivent être prudentes. Cette prudence s’impose à tous les niveaux car aujourd’hui les hommes n’hésitent plus à mettre nu des femmes mal vêtues ou considérées comme dépravées ou voleuses » s’inquiète Collette.

Vu son caractère choquant, retrouvez la vidéo illustrant cette partie de l’article sur mon profil facebook en cliquant sur ce lien : https://www.facebook.com/photo.php?v=472761316085759

Isabelle (Isa) va plus loin et estime que les pantalons à taille basse de petites tailles que les jeunes filles portent pour laisser voir leurs parties intimes peuvent occasionner des agressions. « Même en boite de nuit un groupe de jeunes peut vous suivre dans les toilettes et le pire peut se produire. La sensualité ne s’exprime pas forcément en se baladant nu : on peut être couverte et être désirable, glamour » conclu la jeune fille. Quant aux défenseurs des pantalons à taille très basse, ils vous diront que tout Ivoirien qui condamne n’est pas fashion, n’est pas tendance…deux nouvelles expressions Ivoiriennes pour dire être à la mode.

SUY Kahofi

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09. août
2012
Côte d'ivoire
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Armée Ivoirienne : un malaise né du recrutement et du DDR

Sont-ils tous des parvenus en uniforme ?

Pour être un peu plus informé sur la situation sécuritaire qui prévaut en Côte d’Ivoire en ce moment je me suis rendu dans les communes d’Abobo, d’Adjamé et d’Attécoubé (Abidjan nord), des communes où durant la crise j’avais des informateurs. Il faut dire que j’ai gardé de bons contacts avec ces hommes qui hier me parlaient exclusivement au téléphone. Certains, des ex-combattants, sont restés dans l’armée (si on peut appeler ça comme ça !), d’autres n’ayant pu rester en uniformes sont retournés à leurs premiers amours ! Mécanos, apprentis gbaka, boutiquiers…chacun est retourné à son business. Ceux que l’armée n’a pas gardé sont marqués par la colère, ceux qui ont été retenus sont tout aussi en colère. La raison de la grogne est toute simple : « le recrutement de la nouvelle armée d’Alassane Ouattara s’est fait sur la base ethnique et sur la reconnaissance aux combattants les moins méritants » soutient celui que je décide d’appelé Freddy. L’armée Ivoirienne actuelle n’est composée selon lui que des éléments de la garde prétorienne des ex-Com Zone et de quelques combattants chanceux. Chanceux parce qu’étant des proches de haut-gradés des FAFN (forces armées des forces nouvelles). « Le Vieux (Soro Guillaume) a gonflé les chiffres sur ses combattants pour troubler le sommeil de Gbagbo » nous lance moqueur Freddy avant de conclure que « Soro a fait sa guerre avec moins de 5000 hommes ( !?!) ». Difficile de dire si le jeune homme dit vrai mais une chose est sûre c’est qu’il sait au moins comment de nombreux combattants ont été écarté des rangs des FRCI depuis la fin des combats d’Abidjan.

Des parvenus en uniforme !

« Parmi les éléments des FRCI il y a trois catégories de personnes » m’explique celui que j’ai connu il y a quelque temps sous le nom de caporal Diarra. Il y a les ‘’an sègèla’’ (terme malinké signifiant ‘’les fatigués’’, les anciens). Ils combattent le régime de la refondation depuis 2002. Suivent les hommes baptisés ‘’les ralliés’’ ! Certains viennent des unités combattantes d’Abobo qui se battaient depuis la fin des élections contre les FDS et les autres sont des débarqués pro-gbagbo, chassés de l’armée à cause de leurs noms trop Dioula ! De tous ces hommes, mis a part les ‘’an sègèla’’, rares sont ceux qui sont restés militaires. « Ceux qui sont actuellement considérés comme des FRCI sont en fait les cousins, les amis et les frères des certains haut-gradés de l’actuelle armée. Ils sont des parvenus : des hommes qui savent à peine se servir d’une arme qui ont été mis en uniforme à notre place » s’indigne Ben. Il suffisait donc d’avoir un frère, un cousin ou un ami quelque part dans la hiérarchie militaire pour que sans jamais avoir eu une kalachnikov entre les mains vous deveniez Petit Sergent ! Sous fond de leurs exploits contre les troupes pro-gbagbo Ben me confie que si au moindre accrochage ces soi-disant soldats se faisaient canarder aussi facilement c’est parce qu’ils ne sont ni formés, ni aptes à se battre pour sauver leur propre peau à plus forte raison sauver celle des autres. « Ils n’ont jamais été des militaires et les attaques sont aujourd’hui le résultat de l’arbitraire qui a prévalue leur de la refonte de l’armée » conclu Ben. « Il y a peu de chose que les haut-gradés de l’armée acceptent de dire au Président de la République » pense T.J. Le plus jeune combattant d’une unité d’Abobo est aujourd’hui sur le carreau. Il fulmine à l’idée de savoir que leur combat contre Gbagbo est aujourd’hui mis à l’actif « de personne qui étaient terrées chez elles quand les obus pleuvaient sur la commune martyre ». TJ prétend avoir des contacts parmi ses camarades restés dans l’armée. Il confirme que certains attaquent des domiciles ou braquent des commerçants pour se faire de l’argent. « Demande à tous ces vieux qui nous ont donné les gris-gris durant la guerre. Ils nous ont interdit le vol ! Tous ceux qui volaient même une aiguille mourraient au combat. Or certains soldats aujourd’hui sont chassés de l’armée pour vol » s’indigne le jeune homme. Ce que la majorité des Ivoiriens ignorent, c’est que les oubliés du recrutement de la nouvelle armée sont encore sollicités par leurs anciens chefs ! « Tu sais ils n’ont pas honte ! Quand ‘’ça’’ chauffe, ceux que vous voyez en uniforme à la télé savent où nous trouver. On nous a retiré nos armes, chassés de l’armée comme des malpropres…et aujourd’hui avec les morts c’est nous qu’on vient chercher encore ? » se demande étonné Sékou. Il me balance le nom de deux Com zones sous le contrôle de TJ qui confirme que les deux hommes étaient bien à Abobo au lendemain des attaques d’Akouédo. Objectif tenté de convaincre les ‘’oubliés’’ de rejoindre la ‘’cause’’ ! « Lorsque tu es passé au mois de mars je t’ai dis qu’il viendront nous chercher un jour ! Moi je ne me sens plus concerné par quoi que ce soit » me dit tout sec Sékou avant de conclure en ces termes « que ceux qu’ils payent aillent justifier leurs salaires ».

Des vendeuses aux opérations de DDR !

Deux des hommes qui me servaient d’informateur durant la crise sont de vrais soldats. Ils étaient à une certaine époque membres de la très respectable garde républicaine. Aujourd’hui ‘’affecté’’ dans une insignifiante unité ils regrettent la manière dont le DDR a été conduit. L’ancien caporal me confie que le DDR a été mal conduit à la base. « Le jour où les postes de recensement ont été ouverts, des vendeuses du marché sont venues se faire enrôler ! Des jeunes filles, des petits garçons, même des vieillards tordus par le rhumatisme étaient là. Aucun sérieux ! Du pur gâchis depuis le premier jour. Quelle armée voulez-vous avoir au bout ? » s’interroge notre interlocuteur. Les hommes retenus par les haut-gradés de l’armée étaient déjà connus. Leurs noms figuraient déjà sur des listes qui ont été transmis à l’Etat Major. Les hommes de métier, formé à coup de million par l’Etat Ivoirien se retrouvent à être les subalternes d’homme qui savent à peine lire et écrire. « Par peur que le canon des fusils entre nos mains ne se retournent contre eux, ils ont préféré nous laisser sans arme ! Nous sommes militaires mais sans arme ! » soutien le caporal. Cette même politique des hommes sans armes est aussi menée envers ceux qu’on continue d’appeler ‘’les hommes de Gbagbo’’. Des militaires qui ne se sont pas ralliés à temps ! Quant au traitement salarial il est aussi incertain que la condition de militaire elle-même. Doukouré, un autre soldat qui s’est illustré pour son aptitude à dérober des minutions aux troupes pro-gbagbo, me dit avec amertume qu’il tente de vivre au jour le jour avec ce qu’on accepte de lui donner. « Il y a des fins de mois où quand je passe ma carte magnétique j’ai la moitié de mon blé ! Certains mois je n’ai rien mais vers qui me tourner quand je connais ma position ? ». Les deux hommes me confient que les frustrations au sein de l’armée sont grandes. Pour eux il va falloir du temps et une véritable volonté du Chef de l’Etat pour créer une vraie armée. « L’armée est politisée ! Les militaires se boudent, ils se regardent comme des ennemis parce que certains trouvent que les autres n’ont pas leur place dans la nouvelle armée. C’est une équation difficile mais pas impossible à résoudre » affirme confiant Doukouré qui estime que l’armée est à l’image du pays. Un pays divisé pour une armée encore morcelées en clans ethniques et politiques.

SUY Kahofi

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08. août
2012
Non classé
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Violence en Côte d’Ivoire : qu’en pensent les Ivoiriens ?

Attaque du camp d'Akouédo à Abidjan

Il ne se passe pas une seule semaine en Côte d’Ivoire sans que des massacres, attaques à main armée ou des violences ne soient signalées. Ces violences perpétrées par des individus qui courent toujours selon les autorités Ivoiriennes viennent chaque fois saper le processus de paix et de réconciliation en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens ont peur ! Peur depuis qu’ils ne se reconnaissent plus en leur armée, peur à cause du spectre des coups d’Etat qui ne cesse de planer sur le pays, peur à cause des éléments des FRCI qui eux-mêmes affichent un peu plus un style d’agresseurs que de protecteurs. Les violences sont quasi quotidiennes dans le pays et ce regain de violence inquiète une frange importante de la population bien que certains Ivoiriens semblent s’en réjouir.

Niamkey K. : « Qui sont réellement ces hommes ? »

Dans chaque partie de la Côte d’Ivoire chacun semble identifier un groupe ou un camp comme étant l’auteur des violences. A Duékoué on parle des Dozos, certains parlent de mercenaires burkinabés…à Yopougon les FRCI sont tués…on parle de mercenaires libériens infiltrés, de miliciens pro-gbagbo…au fond jusqu’à ce jour aucune enquête ne donne de résultats capables de rassurer les Ivoiriens ! Le gouvernement annonce toujours des enquêtes mais rien de concret. On passe à la télé, on autorise des rafles, on arrête des innocents et les hommes qui tuent se promènent toujours ! Que le gouvernement nous disent qui sont ces hommes sinon chacun se fera des idées y compris celle qui consiste à croire que les auteurs de ces violences sont belle et bien des éléments FRCI mécontents !

Sanogo B. : « Ils sont les vrais ennemis de la Côte d’Ivoire »

Ces agresseurs quelque soit leurs origines sont simplement les ennemis de la Côte d’Ivoire ! Pour moi leur objectif est très clair : asseoir un climat de violence et de peur pour que les efforts de reconstruction du pays soient passés sous silence. Le comble c’est que dans certains quartiers, ceux qui se disent patriotes applaudissent lorsque des morts sont signalés ici et là. C’est triste de savoir que le débat politique et ethnique nous pousse à applaudir pendant que d’autres Ivoiriens se font tuer. Ceux qui crient vengeance depuis la fin de la crise post-électorale ne pourront que nous attirer des problèmes car même s’ils arrivent à renverser Alassane Ouattara qu’est ce qui prouve que celui qui viendra sera libre de diriger ?

Girielou C. : « Le Gouvernement est incapable ! »

N’allons pas chercher les coupables bien loin. Quand on s’appelle Alassane Ouattara et qu’on a été parachuté au Palais de la Présidence par Sarkozy on ne peut qu’être à la tête d’une armée d’illettrés et d’un gouvernement incapable de restaurer la confiance et la sécurité. Ceux qui tuent sont les hommes d’Alassane Ouattara lui-même car avant son arrivée notre armée n’était pas aussi mauvaise, notre armée ne brimait pas le peuple…Avec ce monsieur qui règne dans le sang chaque jour est un jour de deuil dans ce pays. je suis triste pour les familles qui perdent leurs enfants mais c’est la preuve que ce monsieur (Alassane Ouattara) n’est pas la solution mais le problème.

Charles S. : « Et l’ONUCI dans tout ça ? »

Depuis la fin de la crise les casques bleus de l’ONUCI qui prétendent appuyer les FRCI pour sécuriser le pays sont devenus des acteurs plus que passifs des violences. Ils refusent d’aider des populations qui se font massacrer dans le camp de Nahibly, à Akouédo ils assistent au massacre de militaires désarmés sans tirer un seul coup de feu…je me demande à quoi ils servent dans notre pays ? Si c’est pour recevoir de gros salaires à ne rien faire je préfère qu’ils se ‘’cassent’’ du pays car rien ne justifie leur présence ici.

SUY Kahofi

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07. août
2012
Côte d'ivoire
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Côte d’Ivoire : une vieille Dame au berceau !

Nanan Boigny, le vrai bâtisseur de la Côte d’Ivoire

52 ans voici l’âge de ma belle Côte d’Ivoire, Patrie pour laquelle nos pères se son battus et pour laquelle nous continuons de nous battre. Nos pères se sont battus pour arracher l’indépendance politique au colonisateur et nous – chacun avec ses convictions politiques – nous battons pour l’indépendance économique. Du brave planteur Houphouët Boigny à Alassane Ouattara en passant par le Général Robert Gueï, la Côte d’Ivoire trace son chemin et tente tant bien que mal de faire entendre sa voix dans le concert des nations. Le temps passe et pour moi, jeune Ivoirien né 20 ans après l’indépendance de son pays, je constate que mon pays loin d’évoluer recule sur le plan politique et économique. Rien à part l’œuvre du Père Fondateur n’a été réalisé après lui. Tout ce que la Côte d’Ivoire a et est nous le devons au Boigny de Yamoussoukro. 90% des bâtiments administratifs, des hôpitaux, des aéroports, des routes, des barrages hydro-électriques, des aérodromes…nous le devons à un seul homme qui loin d’avoir pensé à sa famille et son clan politique a pensé à la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est ce qu’elle est grâce à Houphouët Boigny et les pseudo-politiciens qui lui ont succédé sans exception ne pourront pas dire le contraire ! C’est malheureusement à cause de ces hommes qui se sont assis dans le fauteuil présidentiel après Houphouët Boigny que mon Pays a sombré dans les bas-fonds du développement.

De la Grande Dame courtisée dès son indépendance en 1960, ma Côte d’Ivoire est aujourd’hui une gamine qui retourne au sein ! La Côte d’Ivoire était mature au lendemain de 1960 car au moment où la violence s’installait dans plusieurs pays d’Afrique elle était fière de sa stabilité. Au moment où des Présidents de la République se faisaient tuer dans leurs Palais, la Côte d’Ivoire connaissait la tranquillité. Loin des coups d’Etat, des guerres civiles, des conflits ethniques…mon pays a su se faire respecter. Elle était une fière Dame ! Hélas, l’arrivée d’un certain Laurent Gbagbo, chantre présumé du multipartisme, apôtre infatigable de la violence va sonner le déclin de ma patrie. Les contestations, les marches, les grèves…vont prendre le dessus sur la stabilité politique et économique. Le clou de cette violence est le coup d’Etat du Père Robert. Son amour pour le sang et sa soif de pouvoir feront connaitre à la Côte d’Ivoire son premier coup d’Etat. Suivront après une série de tentatives de coup d’Etat et de violences armées qui vont aboutir à la guerre civile de 2002. La Côte d’Ivoire vieille de 52 ans retourne à la vie des pays africains d’après indépendance. Comme dirait un fidèle lieutenant du Boigny : « ce que nous n’avons pas fait au lendemain de l’indépendance, c’est aujourd’hui que nous le faisons ». La Côte d’Ivoire retourne au sein car elle fait l’expérience du désordre au moment où les autres pays tournent le dos à la barbarie. Pourquoi ne pas donner un sens au mot paix pour mériter largement nos 52 ans ? Pourquoi ne pas tenter de rompre avec la violence pour mériter de nouveau le respect que les autres peuples avaient pour nous ? Quitter notre berceau n’est qu’une question de volonté. Oublier un tout petit peu nos ethnies, nos religions, nos clans politiques pour penser seulement à la Côte d’Ivoire voici le véritable effort que les Ivoiriens doivent faire pour changer. Rien ne sert de prédire l’apocalypse sur son pays et prétendre qu’on est patriote ! La chose la plus importante à faire pour montrer son patriotisme consiste à tourner le dos à la violence et à préserver l’héritage que nos pères nous ont laissé.

SUY Kahofi  

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03. août
2012
Côte d'ivoire
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CDVR : quel bilan à mi-parcours ?

Franck Kouassi SRAN et Marchal BALOU de la CDVR

Les Services de Communication de la CDVR (Commission Dialogue Vérité et Réconciliation) étaient face à la Presse Internationale ce jeudi 02 août 2012 pour dresser un bilan à mi-parcours des actions de la Commission mise sur pied au lendemain de la crise post-électorale. En effet la CDVR a été créée par ordonnance (n°2011-85 du 13 mai 2011) prise par le Président de la République pour aider au processus de réconciliation nationale. L’objectif de la rencontre au siège de la Commission sis Abidjan-Cocody a été d’informer les journalistes et correspondants de presse sur l’évolution du chronogramme des activités de la CDVR.

Un rappel des missions

S’adressant à l’auditoire au nom de la Direction de la Communication, Marchal BALOU le Directeur Adjoint de la Communication de la CDVR a tenu à rappeler les missions de la Commission. Il s’agit principalement de recenser les types de violations liées à la crise Ivoirienne, identifier et donner la parole aux victimes, entendre les auteurs des violations et obtenir leur repentance, proposer des préparations aux victimes… Bien que ces objectifs soient nobles et que l’action de la CDVR ait une portée nationale, la Commission refuse de se prévaloir de l’exclusivité du processus de la réconciliation. Loin donc de faire un double emploie avec d’autres structures présentes sur le terrain, la CDVR selon Marchal BALOU « veut aider simplement à la réconciliation par l’exécution d’un chronogramme d’activité ». Ce chronogramme d’activité s’étend sur une période de 2 ans soit la durée de vie de la Commission.

Bilan et actions avenirs

Au sujet du bilan de la CDVR un an après sa création, Franck Kouassi SRAN le porte-parole du Président Charles Konan BANNY a égrainé les actions menées sur le terrain par la CDVR avant de préciser que « même si pour certain la CDVR semble ne pas avancer en réalité elle pose des actions conformément à son plan de travail ». Ainsi pour marqué le début de son action, la CDVR s’est sacrifiée à la tradition du deuil national et de purification au cours du mois de mars 2012. Cet acte hautement spirituel et traditionnel ainsi posé, la CDVR démarre au cours des mois de juillet et août 2012 l’étape des consultations nationales. Celles-ci seront suivies par une étape de décentralisation des actions de la CDVR par l’installation des Commissions locales et spécialisées durant le mois de novembre. La période des dépositions et d’audition des victimes s’étendra de décembre 2012 à avril 2013. Elle sera couplée par des enquêtes des commissions spécialisées pour confirmer ou infirmer les faits allégués par les victimes (janvier – septembre 2013). Le clou de l’action de la CDVR sera sans nul doute la phase publique des audiences au cours de laquelle les victimes et leurs bourreaux se feront face dans ce qui serait juste d’appeler le ‘’grand déballage’’.

Bien que l’action de la CDVR se déroule sur toute l’étendue du territoire national elle n’exclue pas un volet destiné à la diaspora en raison du flux important de personnes déplacées dans les pays limitrophes et même au-delà. La CDVR compte également être à l’école des autres Commissions Réconciliation en Afrique dans le monde pour s’inspirer des exemples de réussite et éviter certaines erreurs. Pour atteindre tous ces objectifs, Franck Kouassi SRAN le porte-parole du Président de la CDVR et Marchal BALOU le Directeur Adjoint de la Communication ont plaidé pour que des moyens conséquents soient mis à la disposition de la Commission.

SUY Kahofi

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02. août
2012
Commerce
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Sur les pas des agents de vente abidjanais

Agents de vente dans le quartier de Yopougon (Abidjan)

« Je suis titulaire d’une licence en criminologie et je veux me présenter cette année au concours de police. Avec le yoyo à l’Université et un avenir incertain pour les jeunes de ce pays, je n’ai plus cette volonté de poursuivre mes études. C’est juste pour réunir de l’argent pour le concours que j’ai accepté l’offre de cette PME qui s’occupe de la vente de biens de consommation d’origine asiatique ». Comme Francis Aka, nombreux sont ces jeunes ivoiriens qui ont accepté un poste d’agent de vente au sein de ces PME qui se sont spécialisées dans la promotion de divers produits. Ils ont entre 18 et 35 ans, jeunes hommes ou jeunes femmes, ils sont de couches sociales défavorisées et veulent se faire de l’argent pour s’assurer les fins de mois en attendant des jours meilleurs. Plusieurs raisons les poussent donc vers cette profession : certains sont en quête d’argent pour financer leurs concours ou leurs petits projets, d’autres y viennent le temps de trouver un emploi stable et certains la pratique comme activité première. A Abidjan par respect pour ces jeunes gens on les appelle par abus de langage commerciaux ou démarcheurs !

« C’est un travail difficile ! »

La journée des agents de vente démarre par le regroupement matinal. Le responsable de la PME où travaille Francis notre jeune agent de vente réunit son effectif à un carrefour des 220 Logements dans le quartier marchand d’Adjamé. Ici les choses sont bien structurées : il arrive avec la marchandise en voiture et la répartie entre ses vendeurs. Après des conseils d’usage, chacun des agents choisit un axe routier ou un secteur d’un quartier où il peut facilement convaincre un maximum de personnes et vendre plus. Les agents de vente à Abidjan sont des as du nomadisme urbain : ils parcourent des dizaines de kilomètre à pied par jour sous le soleil. Cela impose une bonne condition physique ! « C’est dur mon frère! », lance Pacôme le collègue de Francis. « Si tu n’est pas un homme, tu ne peux pas faire un mois dans les rues ! Nombreux sont ceux qui partent parce qu’ils tombent trop malade. A la fin ce que tu gagnes passe facilement dans les médicaments » conclu le jeune homme. Pacôme n’a pas tord de dire qu’il faut avoir le moral et surtout un physique assez solide pour exercer le métier d’agent de vente. Les vendeurs portes la totalité de leurs marchandises sur le dos. Entre 6 et 8 kilo de charge dans le sac à dos et le reste des articles entre les mains pour les proposer directement aux clients.

Les femmes sont aussi présentes sur le terrain

Pélagie Gueu et sa petite sœur sont bien connues à Abobo-gare pour leurs petits produits qu’elles proposent chaque jour. « Nous les ‘’démarcheurs’’ nous vendons un peu de tout : des postes de radio, des ventilateurs, des brûleurs et foyer pour butane, des lecteurs DVD, des plateaux de cuisine et à cause des coupures d’électricité intempestifs dans certains quartiers d’Abidjan des lampes torches rechargeables ». Pélagie Gueu donnait dans la restauration jusqu’à ce qu’elle perde tout à la suite de ce qu’elle qualifie « de mystérieuse maladie ». Elle espère faire des économies pour ouvrir un nouvel Allokodrome (espace gastronomique aménagé pour vendre des frites de banane). Quant à sa petite sœur Prisca, elle compte continuer cette activité. « Je suis fatigué des jobs de fille de ménage. Nos patronnes nous maltraitent et nous traitent comme leurs esclaves. Ici au moins on me respecte et je m’entends avec mes clients et mes amis ».

Pour ce qui est de la rémunération, les agents de vente sont payés selon un pourcentage sur chaque article vendu. Certaines structures plus solidement implantées proposent un salaire de base et ensuite un pourcentage après vente mais dans majorité des cas les pourcentages oscillent entre 500 f CFA et 1500 f CFA pour celui qui sait vendre. « Pour se faire de l’argent dans ce milieu il faut savoir convaincre. Plus vous arrivez à vendre au prix le plus élevé plus votre bénéfice est important » nous explique Francis Aka.

SUY Kahofi

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30. juil.
2012
Côte d'ivoire
4

Intermédiaires administratifs : les dessous d’une organisation bien huilée

Intermédiaires administratifs aux abords de la Mairie de Cocody Abidjan

Ils sont visibles aux abords de la quasi-totalité des services administratifs de la Côte d’Ivoire. Ils servent d’intermédiaires très officieusement à ceux qui ont la lourde charge d’émettre des documents pour les examens, concours et autre dossier de la fonction publique. Leur service ne sont pas gratuits et ils appartiennent à un milieu très organisé…bienvenu dans l’antre des intermédiaires administratifs ivoiriens !

Il n’existe pas un seul endroit où l’on émet des documents administratifs qui échappe à leur contrôle ou plutôt à leur présence. Les intermédiaires administratifs sont présents aussi bien dans les Mairies, sous-préfectures, centres d’orientations, services de scolarité des universités… Leur mission consiste à vous faire obtenir en quelques minutes un document pour lequel vous aurez dû mettre trois ou quatre jours d’attente. Ils sont le bras officieux de l’administration. Les fonctionnaires se défendent d’avoir recours à leurs services mais avec le temps qui passe les Ivoiriens savent désormais comment cette petite ‘’mafia’’ fonctionne.

On retrouve généralement les intermédiaires aux abords des bâtiments administratifs ou à l’intérieur quand leurs protecteurs sont assez influents. Ils sont connus de la majorité des travailleurs et composent avec eux : ils sont officieusement le prolongement de l’administration version dessous de table ! Leurs activités ne sont pas couvertes par l’administration et en cas de plainte celle-ci décline toute responsabilité. Les intermédiaires administratifs  travaillent avec des fonctionnaires soucieux d’arrondir la fin du mois avec un ‘’petit gombo’’ (bonus) lié à la profession. Dans le milieu des intermédiaires administratifs celui qui veut aller vite doit savoir mettre la main dans la poche. « Mon frère si veux que ton attestation à usage administratif du BAC sorte rapidement fait parler ton cœur » soutien Serge un démarcheur de la DECO (direction des examens et concours). L’intermédiaire administratif est efficace grâce à son réseau de connaissance : il faut être le plus proche possible de celui qui signe. Plus le ‘’chef’’ est arrosé plus il est facile pour vous de faire passer n’importe qu’elle dossier pour satisfaire à la base le client. On ne se marche pas sur les pieds car entre intermédiaires administratifs un code de bonne conduite existe. Chacun se contente du ‘’peu’’ qu’il gagne. « Je ne peut pas me plaindre : ça rapporte ! Si tu empoche 2000 francs  sur 14 fiches à légaliser et que tu libères 500 f sur ton ‘’chef’’ tu vois que tu as quelque chose en quittant le Plateau » souligne Sindou Coulibaly.

Les Ivoiriens semblent plutôt satisfaits des prestations des intermédiaires administratifs. « Avec eux les choses vont vite ! C’est vrai que tu sors de l’argent mais tu es satisfait dans un court délai » soutien Kouamé Sandrine jeune élève préparant le concours de Police. Il existe malheureusement des brebis galeuses dans le milieu. « Ces faussaires ne font pas honneur à notre profession. Ils viennent juste un jour, arnaquent quelqu’un qui passe et ne reviennent plus » dénonce Sindou Coulibaly avant de conclure « nous nous connaissons entre nous et pour ne pas tomber dans le piège d’un voleur il est préférable de ne pas s’adresser à quelqu’un qui, détacher du groupe, vous propose ses services ». Quant aux fonctionnaires, rares sont ceux qui reconnaissent ouvertement travailler avec les intermédiaires administratifs. Certains acceptent quand même de nous expliquer leur collaboration avec ces jeunes gens. Celui qui se fait appeler Pacôme est un fonctionnaire, il reconnait travailler directement avec son frère. « Il reste à la maison du matin au soir à vider mon sac de riz et dormir. Je viens avec lui chaque matin. Il prend 2000 ou 3000 aux demandeurs et j’use de ma position pour faire signer rapidement le document. Le soir mon petit frère rentre avec quelque chose » nous explique le fonctionnaire. Quant à ce qu’il gagne lui-même et avec combien d’intermédiaires il ‘’travaille’’ Pacôme préfère garder le mystère intact.

SUY Kahofi

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26. juil.
2012
Côte d'ivoire
2

Universités Ivoiriennes : 1600% de majoration pour les frais d’inscription !

Fermeture de l’Université croquée par Polman (https://caric-actu.com)

La réhabilitation des Universités Ivoiriennes, on le savait déjà, allait avoir un coût sur les droits d’inscription. Les Parents et Etudiants étaient certes préparés mais ils étaient loin de s’imaginer que le Gouvernement ivoirien allait majorer à plus de 1600% les frais d’inscription ! De 6000 f CFA à l’origine soit 0,5% du coût de formation, le droit d’inscription dans les Universités publiques passe à 100.000 f CFA à partir de la rentrée académique fixée au 3 septembre prochain. Pour être plus explicite les étudiants Ivoiriens et leurs camarades de l’espace UEMOA paieront, pour la Licence, 100.000 f CFA, le Master 200.000 f CFA et le Doctorat 300.000 f CFA. Tandis que les étudiants hors espace UEMOA devront s’acquitter pour les mêmes niveaux d’étude respectivement de 300.000 f CFA, 400.000 f CFA et de 500.000 f CFA. La participation des apprenants au coût de leur formation augmente donc d’une manière vertigineuse ! Avec des coûts aussi élevés qui laissent parents et étudiants sans voix, les Ivoiriens se posent des questions. L’argent investi dans la réhabilitation de l’Université sera-t-il remboursé par les Etudiants ? Alassane Ouattara le technocrate champion de la privatisation veut-il faire basculer les universités publiques dans le privé ? Comment expliquer que les réformes éducatives en pleine situation post-crise puissent être aussi couteuses pour les contribuables ?

L’Ivoirien lambda s’explique mal ces reformes qui plongent encore plus les Ivoiriens dans la précarité. « La vie est déjà chère, c’est à peine si on peut manger correctement, les soins de santé et les médicaments sont hors de portée…et pour couronner le tout nos enfants ne pourront plus étudier ! Dans quelle Côte d’Ivoire vivons-nous aujourd’hui ? » s’interroge Françoise Koffi une mère de famille. Fofana Abdoulaye un jeune étudiant est encore plus outré et s’attaque à ce qu’il qualifie ‘’d’hypocrisie présidentielle’’. « Depuis que le Docteur Alassane Ouattara est au pouvoir dans chacun de ces discours il n’a cessé de marteler que la jeunesse est une priorité pour lui. Je trouve que cette jeunesse est une drôle de priorité parce que grâce à cette décision nombreux sont ceux qui ne pourront pas s’inscrire à l’Université ». Les vraies raisons qui militent en faveur de la fermeture totale des Universités Ivoiriennes sont aujourd’hui connues. Le gouvernement savait que tenter d’imposer des reformes aussi audacieuses au moment où les étudiants étaient réunis, c’était prendre le risque d’entrer dans une poudrière avec un cigare allumé ! Plus loin, certains étudiants pensent que c’est aussi la raison qui a poussé le Gouvernement à suspendre toutes les activités syndicales sur les campus. « Vous connaissez les étudiants ivoiriens, ils ne sont pas des tendres quand on bafoue leurs droits. Si nous étions sur le campus il y avait de fortes chances que ce droit d’inscription fixé à 100.000 ait occasionné une grève. Malheureusement le très très démocratique régime du Président Ouattara a décidé de marcher sur la liberté syndicale surtout pour les étudiants » affirme déçu un membre de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). Pour le Gouvernement il n’y a pas le feu au lac, cette décision a été prise pour améliorer la qualité de l’enseignement. Qu’à cela ne tienne: chaque Ivoirien attend que cette Université Ivoirienne change véritablement, car des problèmes, il y en a dans cet antre du savoir ! Les droits de cuissage imposés par les enseignants pour des notes, les mémoires d’étudiants diffusés par les enseignants sous la forme de publications d’université, les formules chimiques volées aux étudiants, l’administration boiteuse et hyper lente dans son fonctionnement sont les pratiques et réalités que les étudiants veulent voir disparaitre.

SUY Kahofi

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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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