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La côte d'ivoire au jour le jour!
09. juin
2011
Côte d'ivoire
3

Côte d’Ivoire – Lybie : deux poudrières éventrées !

 

Où iront toutes ces armes demain ?

« Que deviendront les armes de Laurent Gbagbo et de Kadhafi ? » Voici la question autour de laquelle je me suis retrouvé ce mercredi soir avec un ancien Lieutenant-colonel de l’armée Ivoirienne. Pour respecter son choix de garder l’anonymat nous l’appellerons A.M. A la retraite, l’homme vit grâce à des revenus qu’il tire de contrat-conseil auprès des entreprises de sécurité. Sa spécialité : les armes et leurs circulations et voici une dizaine d’années qu’il s’est principalement intéressé aux armes du pacte de Varsovie. Plus facile à transporter, en quantité importante sur la surface de la terre et surtout plus dangereuses, les armes du bloc soviétique continuent d’être vendues au marché noir malgré que certaines aient été prohibées depuis la fin de la 2ème guerre mondiale. C’est malheureusement ces engins de mort qui se retrouvent dans la nature en Côte d’Ivoire et en Lybie. « On parle d’une importante quantité d’armes en Côte d’Ivoire et bien en Lybie le mot à utiliser sera quantité astronomique ! » affirme A.M. Comme Kadhafi et Gbagbo, la passion des achats d’armes habite de nombreux chefs d’Etats africains. Malheureusement en cas de coup d’Etat ou d’instabilité ces armes deviennent un sérieux problème. « Quand il y a un KO total les armes on ne sait par quel miracle sortent des entrepôts et des poudrières. Pour des besoins de victoires on arme des prisonniers, des gamins et même des civils ! Quand le calme revient, de nombreuses armes de dotation appartenant à des armées régulières manquent à l’appel. C’est aujourd’hui le cas en Lybie et en Côte d’Ivoire » nous explique A.M.

Alors mon colonel, quand les armes se retrouvent dans la nature, que deviennent-elles ? « C’est ce que j’appelle la guerre après la guerre. Les armes dans la nature ont généralement deux destinations : soit elles atterrissent sur le terrain d’autres conflits ou elles sont détruites. Si elles sont détruites, le citoyen peut dormir tranquille mais dans le cas contraire c’est ‘’bonjour les ennuis’’ ». Que deviendront donc les armes de Laurent Gbagbo ? « L’Afrique de l’ouest est encore une zone instable et la Côte d’Ivoire en fait parti. Les armes légères (lance roquettes, pistolets, fusil d’assaut ou de précision) des stocks de l’ancien Président peuvent ravitailler les gangs de braqueurs, les mercenaires libériens qui refusent le climat de répression des nouvelles autorités de Monrovia, les trafiquants de drogue bissau-guinéen et même les rebelles casamançais ! C’est possible car les armes voyagent dans certaines filières clandestines plus rapidement qu’on pourrait le penser ». Quand aux armes de Kadhafi elles prendront une destination qui inquiète A.M. « Kadhafi a tellement d’armes que je suis sûr que des centaines d’armes légères et même d’armes lourdes sont déjà hors de son vaste pays. Il y a déjà des preneurs : Al Qaïda au Maghreb pourrait se réjouir de recevoir les missiles portables SA7, SAM7 ou AT3 SAGER pour toucher au vol les aéronefs français qui les traquent, les RPG9 et surtout cette quantité insoupçonnable de munitions diverses peuvent aussi faire l’affaire des séparatistes sahraouis du Maroc » nous explique A.M. Comment faire face à ce voyage macabre des engins de mort hérités de la crise Ivoirienne et du conflit libyen ? « La circulation des armes légères n’est pas seulement une affaire d’Ivoiriens et de Libyens : elle concerne toute l’Afrique du nord et de l’ouest. Par exemple avec les armes en Lybie ; AQMI menace tous les pays de l’Afrique sahélienne. Si on ne traque pas ces armes elles feront encore plus de dégâts et plus d’otages. Dans le cas de la Côte d’Ivoire je vous demande de tourner votre regard vers l’ouest du pays où malgré la chute de Gbagbo les armes continuent toujours de tonner ».

Le Lieutenant-colonel A.M nous dira que pour plus d’efficacité dans la traque de ces armes, des opérations inter-armées peuvent être mise sur pied ou, dans le cas de la Côte d’Ivoire une opération inter-mission MINUL/ONUCI pourrait aider les autorités Ivoiriennes et Libériennes à se débarrasser des armes. Il nous dira pour finir que la meilleure chasse aux armes légères se fait aussi avec les ex-combattants et les populations car ils sont « les premiers témoins des déplacements de ces armes ».

Suy Kahofi

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08. juin
2011
Chine et Afrique
2

Pour contrer la crise Abidjan se met en mode chintok !

 

eburnietoday.mondoblog.org
Les produits chintoks envahissent de nouveau le marché

« En cette période de vaches maigres point besoin de faire des dépenses inutiles pour tout reconstruire » semblent se dire les Ivoiriens. Quand la galère et les difficultés économiques sont au rendez-vous, il faut savoir faire bouger ses neurones pour s’en sortir. Les Ivoiriens l’ont compris et avec le peu de ressources dont ils disposent, ils prennent d’assaut le marché pour essayer de redonner vie à leur maison ou leurs activités de tous les jours. Alors quand on a un petit budget, que peut-on faire pour avoir un maximum d’articles ? A cette question les Ivoiriens vous diront qu’il faut se rabattre sur les produits made in China !

Les fameux produits chintoks en ces temps de disette ont de nouveau le vent en poupe. A les voir inonder de nouveau le marché on se demande bien si la Côte d’Ivoire n’a pas réussit son pari de diversifier ses partenaires économiques. Alimentation, construction, vêtements…il n’existe pas un seul secteur qui échappe à l’invasion de l’Empire du milieu et cela n’est pas fait pour déplaire aux consommateurs locaux. « L’Ivoirien n’a plus rien et il faut avoir le courage de le dire. Avec les produits chintok au moins peut faire des économies car les articles moins chers » affirme N’guessan Stéphane un client d’Adjamé Saint Michel. Stéphane a raison car à voir le prix des articles, on comprend automatiquement pourquoi ils attirent. Petite démonstration avec madame Bamba. « Avec 5000 f je viens d’acheter le nécessaire pour la douche » nous dit-elle fièrement. « Un seau à 9000, la bassine à 1500, deux brosses pour sol à 600, le panier pour brosse à dent à 500 et le cure chasse à 1500 ! » nous détaille la mère de famille entre deux achats.

L’affluence des clients fait aussi le bonheur des vendeurs qui ‘’se rattrapent’’. Koniba est vendeuse d’assiette et de verres au Forum des Marchés d’Adjamé, elle nous explique pourquoi les commerçants ont le moral très haut. « Avec la crise, les Ivoiriens ne pensaient pas à autre chose que la nourriture. Il fallait survivre et c’était tout. Le marché était vide et les commerçants désemparer ! Aujourd’hui avec la reprise des activités il y a de nouveau du monde sur le marché. Les consommateurs viennent acheter de nombreux articles et nous avons notre bénéfice à la fin de la journée ». Elle nous dira que les filières de distribution Dubaï – Abidjan et Pékin – Abidjan ont été les premières à se mettre en marche. Les grossistes durement touchés par la crise se sont dépêchés de contacter leurs fournisseurs chinois pour les marchandises prennent la destination d’Abidjan. Aujourd’hui les affaires vont bien et les Ivoiriens qui se plaignaient de la qualité des produits semblent avoir mis une croix sur ce débat prix – qualité. Avec les produits chintok tout le monde gagne à l’image de Sékou qui nous présente sa nouvelle trouvaille made in china. « Mon portable à trois carte SIM, la télévision, la radio, un appareil photo, une fonction enregistreur vidéo et audio, une possibilité de se connecter à internet… ». N’est ce pas formidable la petite aventure des chinoiseries sur le marché Ivoirien ?

Suy Kahofi

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06. juin
2011
Côte d'ivoire
0

Elles portent des grossesses et sont toujours….dans les maquis !

 

eburnietoday.mondoblog.org
Que vont-elles chercher dans les maquis avec leurs ventres ?

Phénomène de mode ou symbole de l’inconscience de certaines futures mamans ? Difficile de répondre à cette question tellement les jeunes filles qui sont enceintes et qui fréquentent les débits de boisson ont les arguments pour vous convaincre. Au cours de nos excursions dans les coins chauds de la capitale Ivoirienne il nous a été donné de constater que de nombreuses jeunes filles continuent de faire la fête dans les maquis, de boire et même de fumer avec un bébé dans le ventre ! « Moi personnellement je viens au maquis mais quand je suis enceinte je ne fume plus et je consomme plus d’alcool » affirme Solange, déjà maman d’un petit garçon. « Ce n’est pas parce que vous êtes enceinte que vous ne devez pas sortir ou vous amuser. Je trouve qu’il n’y a pas de honte à montrer son ventre car attendre un enfant n’est pas un délit je pense » ajoute la jeune dame. Chantal K. va plus loin dans la fréquentation des maquis malgré la grossesse qu’elle porte. « Je suis à ma troisième grossesse et je consomme toujours ma ‘’gigi’’ sans problème à chaque fois et je n’ai jamais eu de problème. Je ne sais pas si mes enfants sont habitués mais ils supportent (rires). Je trouve aussi chic d’être avec son mari au maquis ça lui permet de ne pas avoir envie de regarder ailleurs car la grossesse repousse certains hommes ! ».

Solides arguments pour justifier la présence des femmes enceintes dans les maquis ? Pas si sûr car même des femmes fustigent ce genre d’habitude. Explication avec Comoé Bénédicte. « Le maquis n’est pas un lieu ou il faut aller avec un enfant même quand il est encore dans votre ventre ! Je dirais que c’est dangereux car c’est un mineur (rires). Sérieusement je crois que nos sœurs doivent arrêter de se justifier et trouver des arguments pour boire et fumer quand elles attendent un bébé. Vous passez votre temps dans les maquis et vous vous plaignez que vos enfants deviennent des alcooliques ? » Pour le révérend Boni l’interaction entre la mère et le fœtus joue un rôle très import dans ce que deviendra un enfant demain. « La maman commence son rôle d’éducatrice une fois qu’elle est enceinte. Le milieu qu’elle fréquente, les personnes autour d’elle, les images de son quotidien, les propos qu’elle tient et même son alimentation agissent sur l’enfant. Alors que voulez-vous que votre enfant devienne quand vous restez assis dans un maquis ? » Le révérend Boni va plus loin en soulignant que les maquis, les bars et les autres débits de boisson sont aussi un monde métaphysique où des esprits rôdent ! Ceux-ci peuvent posséder la mère et agir sur l’enfant par la suite. « N’avez-vous jamais entendu des personnes rendre témoignage en disant qu’ils ont reçu un esprit mauvais depuis le ventre de leur mère ? Femmes faites attention car votre corps et votre esprit quand Dieu vous fait grâce de donner la vie ».

 

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Femmes enceintes, de graves dangers sont liés à l’acool

Dans une réalité plus scientifique et médicale, alcool, tabac et grossesse ne font pas bon ménage et c’est Docteur Popo Solange qui le démontre. « Le tabac et l’alcool sont pour les pays en voie de développement la première cause de mortalité. De nombreuses maladies telles que les cancers sont liés à la consommation de l’alcool et chez les femmes enceintes le risque est encore plus élevé. Elle peut perdre le bébé, ce dernier peut naître malformé ou malade et même mourir ! » Elle demande aux femmes de s’armer de courage et d’éviter de prendre de l’alcool quand elles attendent un bébé.

Suy Kahofi

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03. juin
2011
Commerce
3

« Vous avez consommé donc payez ! »

 

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Les clients ne sont pas du tout content de la CIE !

Le titre de cet article est la réaction d’une femme aux cheveux grisonnants dans le rang formé par les clients venus régler leurs factures devant l’agence de la CIE à Adjamé 220. Son âge l’a visiblement sauvé des propos orduriers qui devaient théoriquement s’abattre sur elle. A Abidjan ce genre de propos restent rarement sans commentaire surtout quand il s’agit d’un problème aussi ‘’grave’’ que le règlement des factures impayées sous fond de scandale de surfacturation. En effet depuis la reprise des activités et le vent de relance qui souffle sur le pays la CIE, Compagnie Ivoirienne d’Electricité a repris la distribution des factures pour les consommations des quatre derniers mois marqués malheureusement par la crise. Les Ivoiriens une fois leurs factures en main sont passés en mode grogne ! « Tout ce qui est écrit sur la facture ne ressemble en rien à aucune de mes consommations depuis que j’ai posé mon compteur ! » affirme Francis L. un client. « Il y a comme un plus de 4000 f sur ma facture que je n’explique pas et que personne d’ailleurs ne peux m’expliquer » soutien pour sa part Bakary K. ferrailleur. « On vient à peine de sortir de la crise et la CIE vient nous tendre des factures aussi salées ? La CIE n’a pas pitié des consommateurs au point de pratiquer des surfacturations après crise ? » s’interroge Serge Kouassi. La CIE se délecte-t-elle du malheur de ses clients en pratiquant des surfacturations ? NON rassurent les patrons de la compagnie qui tentent dans les clameurs de la foule de se faire entendre.

La Compagnie Ivoirien d’Electricité ne pratique donc pas de facturation abusive et c’est du moins ce que soutien le Directeur d’exploitation de la région d’Abidjan de la CIE. N’gonian Kouakou Kouassi puisse que c’est de lui qu’il s’agit affirme en outre que la facturation actuelle prend en compte l’historique de consommation du client. « Lorsque nous sommes en situation de crise où nos collaborateurs ne peuvent pas se rendre sur le terrain pour faire le relevé des indexes, nous faisons des facturations par indexes estimés. C’est ce que nous avons fait pour les factures du mois d’avril en tenant compte de l’historique des six dernières factures du client pour trouver une moyenne ». Cette méthode de calcul ne fait pas l’affaire des consommateurs et elle est dénoncée par la Fédération des Associations des Consommateurs Actifs de Côte d’Ivoire qui estime que la CIE « doit revenir à l’ancien système de facturation ». Malgré les garanties de paiement données par la CIE et qui s’étendent sur un mois, les clients réclament un traitement des factures au cas par cas. « Tout le monde n’a pas les mêmes ressources au même moment. Je crois que la CIE doit surtout accepter d’échelonner le paiement des factures et au moins faire seulement la facturation de deux mois sur les quatre » affirme Mr Assié. Il demande que la redevance RTI soit suspendue pour les factures de cette période de quatre mois en vue de soulager les clients.

Suy Kahofi

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02. juin
2011
Nouvelles du pays
5

La Côte d’Ivoire a son nouveau Gouvernement

 

Amadou Gon Coulibaly annonce les 36 membres du nouveau gouvernement

Depuis ce mercredi soir, la Côte d’Ivoire a désormais son nouveau Gouvernement. Après deux semaines de tractation politique le Premier Ministre Guillaume Soro a choisi les hommes qui forment le gouvernement de large ouverture qui doit réussir le difficile pari de la réconciliation et de la reconstruction du pays. Ce gouvernement est fort de trente six (36) membres dont cinq (5) ministères d’Etat et cinq (5) ministères dirigés par des femmes. Ce gouvernement est largement dominé par les membres du RHDP, la formation politique qui a porté Alassane Ouattara à la magistrature suprême, cinq (5) ministres sont issus des rangs des Forces Nouvelles et les autres porte-feuilles ont été repartis entre des petits partis qui ont animé ou non l’élection présidentielle d’Octobre 2010. Le premier constat qu’on peut faire c’est bien l’absence du FPI de ce gouvernement. Cette absence surprend dans la mesure où certains Ivoiriens s’attendaient à un revirement de situation et un retour du FPI aux affaires. Hélas ! Le parti de l’ancien Président Ivoirien aura donc tenu sa promesse de ne pas participer au nouveau gouvernement. Deuxième constat c’est la sortie du Ministre des affaires étrangères Jean Marie Kakou Gervais qui cède son fauteuil à l’ancien Premier Ministre Daniel Kablan Daucan. Voici la photo sonore de la nomenclature de la nouvelle team de Guillaume Soro ; la voix est celle de Amadou Gon Coulibaly secrétaire général de la Présidence.

CIV nouveau gouvernement by kingsuy

Premières réactions des Ivoiriens

A peine formé que le nouveau gouvernement alimente déjà les conversations. Pour Thierry Koffi jeune cadre dans une entreprise de construction le nouveau gouvernement « a trop de ministres !». « 36 ministres dans un gouvernement au moment où le pays traverse d’importantes difficultés je pense que c’est trop. Je m’attendais à une équipe serrée de 26 personnes tout au plus mais je constate qu’il y a dix ministères en plus et cela ne contribue pas à alléger le train de vie de l’Etat ». A côté de ce nombre pléthorique de ministres il y a ce que certains ivoiriens appellent déjà Les Ministères de reconnaissance politique. « Il y a des nouveaux ministères qui viennent de je ne sais où et qui ressemblent à des postes crées pour satisfaire des ‘’copains’’ du quartier ! » affirme cet étudiant qui a requit l’anonymat. Enfin certains estiment que les femmes sont trop peu représentées dans ce gouvernement : seulement 5 sur 36 membres !

Suy Kahofi

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31. mai
2011
Non classé
5

Radios de proximité : le silence radio

 

Plusieurs radios de proximité garderont malheureusement le silence

Au compteur des entreprises sinistrées durant la crise post-électorale que la Côte d’Ivoire a connue figure les radios de proximité, chaînes privées et publiques communautaires confondues. Ces radios qui assuraient l’animation des communes et la sensibilisation des masses garderont pour certaines le silence. La durée peut-être longue en fonction des préjudices subits par les stations. 13 radios de proximité en Côte d’Ivoire dont 6 à Abidjan ont été vandalisées ou incendiées. Radio Yopougon et Radio Téré Adjamé sont des exemples vivants du malheur qui frappe l’univers des radios de proximité. Ces deux chaines d’Abidjan qui sont très écoutées ne pourront plus émettre pendant longtemps : matériel emporté et bâtiments incendiés sont le triste décor qu’on peut observer au siège de ces stations. Pire Radio Yopougon a perdu l’un de ses journalistes, tué par des hommes en arme comme le soulignait un rapport de RSF.

Pourquoi s’attaquer à des radios qui servaient toute la communauté ? La réponse est toute simple : les groupes armés pro-ouattara et pro-gbagbo reprochent à ces radios d’être des outils de propagande. Yopougon aurait été le siège du recrutement des miliciens et Téré un média pro-rhdp ! Au-delà de Yopougon et d’Adjamé on citera aussi Radio ATM de Port-Bouët pillée mais elle émet toujours, Radio Arc-en-ciel Abobo et Radio Amitié Williamsville qui ont été durement touchée. La récente tournée de l’URPCI (Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire) a permis à l’opinion publique de constater l’ampleur des dégâts. Les privés et les mairies ne pourront pas eux seuls remettre en marche ces stations. Remettre en route de telles stations nécessiterait des investissements bruts compris entre 15 et 20 million ! Pas du tout évident de réunir de telles sommes pour les municipalités dans le contexte de sortie en Côte d’Ivoire. Après avoir constaté cette triste situation dans l’univers des médias Ivoiriens, M. Bamba au nom des responsables de l’URPCI a eu ce message à l’endroit des nouvelles autorités Ivoiriennes. « Les radios ont joué un rôle important dans l’accomplissement de l’audience foraine, l’identification, le retour de la paix et la cohésion sociale. C’est pourquoi nous demandons aux autorités publiques de donner un coup de main à ces entreprises afin qu’elles puissent être viable pour relever les défis à venir ». Il faut donc des ressources aux radios de proximité pour qu’elles puissent redonner de la voix et jouer pleinement leur rôle dans le processus de réconciliation nationale car en Côte d’Ivoire les radios sont un puissant catalyseur entre les élus et les administrés.

Suy Kahofi

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30. mai
2011
Nouvelles du pays
4

Mamadou Coulibaly : un esprit républicain pas toujours compris

 

eburnietoday.mondoblog.org
Mamadou Coulibaly est-il vraiment compris chaque fois qu’il parle ?

Mamadou Coulibaly le Président de l’Assemblée Nationale est un personnage plus que controversé dans l’univers politique Ivoirien. Il est souvent le dernier à se prononcer sur l’actualité du pays mais quand il parle, c’est comme si avant lui personne n’avait dit quelque « d’intéressant » ! La preuve sa dernière sortie après sa visite à l’hôtel du golf continue d’alimenter les conversations. Le FPI, parti qu’il représente a clairement décliné l’offre d’entrer au gouvernement. La nouvelle, il faut le dire à surpris tous les Ivoiriens et surtout ceux qui voyaient l’ancien parti au pouvoir revenir au gouvernement pour donner un sens à la réconciliation nationale. Pourtant à la lecture des arguments avancés par le Professeur Mamadou Coulibaly, on se rend compte qu’il enlève une grosse épine du pied d’Alassane Ouattara. La Côte d’Ivoire depuis la mort d’Houphouët Boigny n’a connu que des gouvernements ‘’d’union’’ ou de large ouverture avec le même problème : l’impossibilité d’appliquer un programme de gouvernement.

Les gouvernements ‘’n’zassa’’ (mélangés) sont des associations d’hommes politiques qui ne réussissent pas à l’Afrique. Dans tous les pays où les partis politiques ont tenté cette aventure les Présidents n’ont pas réussit un seul mandat. La preuve avec le cas Laurent Gbagbo, l’opposant tout plein de bonnes intentions pour la Côte d’Ivoire s’est retrouvé après huit ans dans la position d’un homme qui aura ruiné le pays. La raison de l’échec de l’expérience socialiste en Côte d’Ivoire s’explique par deux facteurs clés : le coup d’Etat et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Que pouvez-vous faire quand tous les Ministres de votre gouvernement obéissent un peu plus au Président de leurs partis qu’au Président de la République que vous êtes ? Comment appliquer un programme de gouvernement quand ceux avec lesquels vous siégez au conseil des ministres appartiennent au clan de ceux qui réclament votre départ par les armes ? Pour éviter donc cette forme d’hypocrisie politique le FPI préfère prendre ses distances et laisser le Président Ouattara « gérer le pays avec sa majorité ». Demain les échecs et les succès dans la gestion du RHDP seront seulement ceux du RHDP et non ceux d’un groupe réunit par un consensus qui a pour non réconciliation.

Je pense bien que si l’on prenait le temps d’écouter le Professeur Mamadou Coulibaly au-delà des mots, on éviterait beaucoup de perte au pays. On se souvient, quand au risque de sa vie il a tenté la médiation sécrète pour un face à face ADO – Gbagbo, nombreux sont ceux qui de part et d’autre le voyaient en Juda ! Aujourd’hui au lieu d’analyser sa prise de position d’un point de vue politique, certains préfèrent le faire guidés par des réactions du type « Mamadou est un insolent politique, le FPI ne veut pas la paix, le FPI veut opérer un coup d’Etat… » Ce n’est pas la première fois dans le monde qu’un politicien refuse la logique d’un gouvernement d’union ou de large ouverture. L’épisode du PSOE et du PP en Espagne est là pour nous le rappeler. José Aznar ayant remporté les élections avait lancé cette phrase : « c’est à celui qui remporte les élections de composer son gouvernement. Aucune logique ne l’oblige à faire appel à l’opposition ». La suite chacun la connait : José Aznar formera un gouvernement avec trois invités de l’opposition ! Pour une fois au moins acceptons de revenir à l’ère du parti unique où Houphouët Boigny choisissait lui seul les membres de son gouvernement. Peut être bien que cela sera à la base d’une plus grande stabilité dans le pays…qui sait avec une opposition plus forte !

Suy Kahofi

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29. mai
2011
Non classé
3

Micro rue : pour ou contre le maintien du 43ème BIMA

Les soldats français face aux manifestants devant la base du 43eme BIMA

La base militaire française de Port-Bouët sera maintenue et non fermée comme le voulaient les anciennes autorités Ivoiriennes. Cette décision a été confirmée par le Président Ivoirien et celle-ci a surpris plus d’un Ivoirien y compris ceux du camp d’Alassane Ouattara. Que pensent les Ivoiriens de cette décision, voici le point de vue de certains d’entre eux.

Kouassi Bah Fulbert (pour) : « Il est vrai qu’en 2002 nous avons eu du mal à comprendre pourquoi l’armée française n’est pas intervenue pour mater la rébellion. La France qui quand même est un pays qui soutien la démocratie nous a quelque part déçu. Je crois qu’avec l’action de la Licorne dans le maintien de la paix en Côte d’Ivoire et surtout les frappes pour le départ de Gbagbo, cette armée montre qu’elle est aux côté du peuple. Elle n’est pas seulement là pour protéger les ressortissants français mais elle peut aussi intervenir pour appuyer notre pays et je crois qu’à ce titre son maintien est une bonne chose ».

Soumahoro Inza (attention !) : « Je ne m’oppose pas directement au maintien du BIMA mais je crois qu’il faut faire attention ! Aujourd’hui nous ne savons vraiment plus quelles sont les intentions de cette armée sur notre sol. Sous Laurent Gbagbo ils n’ont pas levé le petit doigt et pour Ouattara ils interviennent. Les accords de coopération militaire ne tiennent pas compte de la tête d’un président mais des engagements d’Etat à Etat. Je me pose donc une question si demain Ouattara devient le mal-aimé de la France-Afrique, le BIMA pourra aussi le faire tomber ? »

J.C Savaneh (c’est une recolonisation !) : « Le philosophe Lucrèce disait que ‘’peu de personnes sont attachés à la servitude mais beaucoup s’y attachent’’. Je crois que c’est aujourd’hui le cas de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara nous plonge dans un esclavage qui ne dit pas son nom. Comment un intellectuel africain de son calibre peut-il cautionner une telle situation ? Que fait l’armée de l’ancien colonisateur chez nous ? Je pense que les nouvelles autorités Ivoiriennes cautionnent une recolonisation de notre pays. Je me dis que comme Houphouët Boigny les houphouétistes du RHDP sont nostalgiques de l’époque ou l’axe Paris-Abidjan n’était pas seulement fort des liens économiques mais aussi et surtout des liens diplomatiques qui ont conduit à des situations chaotiques dans plusieurs pays ».

Phillip N.K (repenser l’esprit des accords) : « Pris sous l’ange de la souveraineté de notre pays, je crois que c’est une mauvaise décision que mon Président vient de prendre mais pris sur le plan militaire cette action peut être bénéfique à notre pays à condition que l’esprit des accords soit revisité. Un maintien du BIMA peut jeter les bases d’une collaboration pour la formation de nos futurs soldats pour la nouvelle armée. Les français pourraient enseigner le maniement des armes, le pilotage de chars ou des hélicos… Le BIMA pourra alors montrer son utilité dans le processus de sortie de crise mais à la longue le camp pourra seulement abriter des coopérants militaires et non des troupes. Encore une fois l’utilité du BIMA et son maintien doivent résulter d’une révision des accords de coopération militaire ».

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27. mai
2011
Nouvelles du pays
2

Poliomyélite : la Côte d’Ivoire ouvre la campagne

 

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Juste deux gouttes pour sauver des vies

De nombreux pays africains à l’image de la Côte d’Ivoire continuent de lutter contre la polio, une maladie invalidante qui touche plusieurs milliers d’enfants chaque année. Le polio virus sauvage que l’Afrique veut bouter hors de ses frontières continue de jouer à cache-cache avec les autorités sanitaires Ivoiriennes. Celles-ci conscientes des dangers liés à cette maladie, viennent de lancer une campagne anti-polio qui intervient dans un contexte de sortie de crise marqué par une forte détérioration de la situation humanitaire. Le Docteur Alla Rémi, Ministre de la santé a donné le top départ de cette campagne qui devait permettre de sauver la vie d’enfants de 0 à 5 ans. Du 27 au 30 mai, sur toute l’étendue du territoire national, le vaccin (les deux gouttes) sera administré par les bénévoles et les professionnels de la santé aux enfants. Les mamans sont en première ligne de cette campagne car elles ont la charge des tous petits. Cette nouvelle campagne doit permettre de renforcer les acquis de 2009 et 2010 et permettre aux enfants qui ont manqué les campagnes précédentes de se protéger.

Malgré la synchronisation des opérations vaccinales en Afrique de l’ouest, la gratuité du vaccin, son admission facile et les campagnes de proximité, des cas sont encore détectés chez les enfants. La raison de cette persistance du virus est toute simple : de nombreux préjugés son liés au vaccin.

Des préjugés qui ont la peau dure

C’est généralement dans les milieux défavorisés ou rural avec un taux élevé d’analphabètes que les préjugés liés au vaccin contre la polio circulent. Ce vaccin, selon des femmes interrogées serait une manière pour ‘’les blancs’’ de rendre stérile les enfants africains surtout les petites filles. On dit également qu’il serait fait à base d’urine de chat (!!??) ou aurait des effets secondaire pouvant entrainer le décès des enfants en bas âge. Pour d’autre le vaccin précipiterait les invalidités au lieu de les combattre ! La liste est encore longue et les préjugés diffèrent d’une région à l’autre. J’ai été bénévole vaccinateur, j’ai donc eu la chance de voir des femmes fuir et cacher leurs enfants dans les maisons quand nous y entrons pour administrer les deux goûtes. D’autres nous disaient de passer notre chemin car ici il n’y avait pas d’enfants quand bien même nous entendions des bébés pleurer ! La lutte contre la polio en Afrique ne connaitra un succès véritable que lorsque les nombreux préjugés liés au vaccin n’existeront plus. Pour cela, les campagnes de vaccination devront être précédées de sensibilisation au porte à porte sur les dangers liés à la maladie. Les chefs de communautés traditionnelles, les chefs de villages et de quartiers, les leaders religieux et ceux de la société civique pourront user de leur charisme pour faire avancer les choses.

Suy Kahofi

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Auteur·e

L'auteur: Kahofi SUY
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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