Suy

A propos Suy

SUY Kahofi est journaliste et correspondant de presse ! Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il est en poste à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest (www.wadr.org). Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. Passionné par les médias, il découvre internet comme un puissant moyen de démocratisation de l’information bien qu’il reste très attaché à la radio !

Report du procès en cassation du Général Dogbo Blé

Le général pro-gbagbo aux mains des éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire

Le général pro-gbagbo aux mains des éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire

Le général Brunot Dogbo Blé sera-t-il jugé ? La question mérite d’être posée en ce sens que la suite du procès du général ivoirien (en cassation) est de nouveau reportée au 26 juin 2014.

Accusé de meurtre, Brunot Dogbo Blé, l’ancien patron de la Garde républicaine sous le régime de Laurent Gbagbo risque la réclusion à perpétuité s’il est reconnu coupable des accusations portées contre lui. Le général ivoirien, officier supérieur entièrement dévoué à l’ancien président ivoirien jusqu’à sa dernière minute de liberté est accusé, avec trois autres officiers, d’avoir enlevé, séquestré et assassiné le colonel-major à la retraite Adama Dosso, en mars 2011. Celui-ci avait été arrêté alors qu’il sortait du Golf Hôtel, à l’époque quartier général du président Alassane Ouattara, dont il était proche. Le procureur militaire Ange Kessi charge l’ancien général pour séquestrations suivies de meurtres, viols et vols. Le chef d’accusation de génocide a également été retenu contre lui par la justice civile. Bien au-delà, il est en particulier inculpé, avec deux autres officiers, de complicité dans l’assassinat du général Robert Gueï, ex-chef de la junte tué le 19 septembre 2002, jour du coup d’État raté contre Gbagbo. Rappelons que le principal accusé dans ce dernier dossier judiciaire est le commandant Anselme Séka Yapo, dit « Séka Séka », l’ex-chef de la sécurité rapprochée de l’ancienne Première dame, Simone Gbagbo. Le général Brunot Dogbo Blé comme ses cinq co-accusés est défendu par un collège de 17 avocats. Pour les deux principaux crimes dont il est accusé l’ancien homme fort de la Garde républicaine nie avoir donné l’ordre de tuer qui que ce soit.

SUY Kahofi

Le coton africain face au réchauffement climatique

Le coton africain est à l’épreuve du réchauffement climatique

Le coton africain est à l’épreuve du réchauffement climatique

Après la bataille pour la survie face au coton sponsorisé des grandes puissances, le coton africain doit désormais faire face à l’épineux dossier du réchauffement climatique. Aujourd’hui, le réchauffement global constitue une pression nouvelle sur les ressources alimentaires et plus largement sur les matières premières brutes agricoles dont l’Afrique est tributaire.

L’Afrique reste un important producteur de matières premières brutes pour l’économie mondiale. Et parmi les produits les plus exportés, figure le coton, une culture industrielle très importante pour des milliers de cultivateurs. En Côte d’Ivoire – juste à titre d’exemple – le coton occupe entre 40 et 50 % des terres cultivables du Nord. Au Mali et Burkina Faso entre 3 et 3,5 millions de personnes vivent du coton ! Hélas ce produit de rente pour plusieurs paysans du continent est l’un de ceux qui souffrent énormément du réchauffement climatique.

Difficile désormais pour le paysan qui cultivait son champ grâce à une observation plutôt empirique du climat de pouvoir « prédire le temps ».

« On ne sait plus quand il pleut ou quand il fera soleil ! Nous devons nous adapter à toutes ces nouvelles saisons pour planter le coton » se lamente, le vieux Koné Ifarkya, un producteur du nord de la Côte d’Ivoire.

Le vieillard à travers l’expression « nouvelles saisons » désigne ce dérèglement climatique méconnu des producteurs il y a encore quelques années.  Une situation qui est à la base des pertes enregistrées dans la filière coton. Premier producteur africain de coton, le Burkina Faso souffre énormément des caprices du climat, en témoigne la baisse de ses prévisions.

« Nos prévisions cette année n’étaient pas de 500 000 tonnes. Nous nous attendions à 550 000 tonnes pour ce qui est de l’hypothèse base et je pense que ce sont les facteurs climatiques qui ont essentiellement joué sur la perte de production » explique Sidiki Boubakar Seye, directeur des transports à la société burkinabè des fibres textiles (Sofitex).

Ces facteurs climatiques se signalent de plusieurs manières tout au long de la campagne. Les périodes de création de plantation et de replanting sont bouleversées à cause de l’irrégularité des pluies. Au cours de la campagne, les pluies abondantes ou rares menacent la survie des plants de coton. En fin de campagne les récoltes, l’égrainage et le séchage du coton doivent se faire sous haute surveillance pour éviter d’énormes pertes. A cela s’ajoutent les difficultés liées au transport de la production à cause des pistes villageoises et des routes dégradées par la pluie.

Pour un soutien plus accru au coton africain, producteurs, négociants, entreprises de transformation des premières et secondes catégories appellent les gouvernements africains à prendre le problème à bras le corps pour trouver des solutions durables à la problématique du réchauffement climatique. Le docteur Germain Ochou est chercheur au CNRA, le centre national de recherche agronomique de Côte d’Ivoire; il estime que l’irrigation d’appoint peut-être une solution au problème du réchauffement climatique.

« Je pense que dans un premier temps il faut une maîtrise de l’eau et cette maîtrise de l’eau passe par l’irrigation pour pallier le manque lié aux saisons. Or l’irrigation d’appoint ne peut pas se faire avec des tracteurs : il faut donc créer des petits barrages et retenues d’eau. »

Les paysans pourront se servir dans ces retenues d’eau pour remplir des citernes et grâce à la traction animale (bœufs) réaliser une irrigation d’appoint. Cette technique permettra de mieux gérer l’eau et d’éviter le gaspillage. Quant aux fortes pluies, elles pourront être canalisées vers les retenues d’eau grâce aux sillons creusés aux alentours des plantations.

A la problématique du réchauffement climatique s’ajoutent d’autres soucis connexes comme le transport du coton rendu impossible par la mauvaise qualité des pistes. Là encore, les pluies diluviennes sont en grande partie responsables des pistes et routes impraticables sur plusieurs mois chaque année.

SUY Kahofi 

ABC Innovation : un tremplin pour les porteurs de projets africains

ABC Innovation pour appuyer l’entreprenariat sur le continent africain

ABC Innovation pour appuyer entrepreneuriat sur le continent africain

L’Afrique, selon de nombreux experts du développement demeure un continent d’avenir avec sa jeunesse pleine d’ambition et des porteurs de projets (et d’idées) qui n’attendent que d’être soutenus. ABC Innovation se présente comme cette perche que cherche à saisir de nombreux entrepreneurs.

ABC Innovation est un tremplin de créativité et d’entrepreneuriat qui se présente sous la forme d’un concours. Impulsé en 2009 par l’association African Business Club (ABC), il vise essentiellement à promouvoir l’entrepreneuriat en Afrique ou à destination de l’Afrique. Il s’agit d’une aubaine pour les porteurs de projet sur le continent qui ont une opportunité de mettre en évidence leurs idées et de bénéficier d’un accompagnement. Loin d’être confiné aux seuls entrepreneurs africains (résidant ou non sur le continent), ABC Innovation donne également l’occasion à tout porteur de projet d’implémenter son idée à condition qu’elle puisse accompagner l’Afrique dans son développement socio-économique. Les projets que le concours veut mettre en évidence sont ceux qui répondent en priorité aux problématiques de développement local et ce, à tous les niveaux. Les entrepreneurs pourront à titre d’exemple promouvoir des projets touchant à la structuration des économies locales, les innovations sociales ou technologiques, la création d’emplois, l’épargne ou les activités génératrices de revenus (AGR).

ABC Innovation est ouvert à tout porteur de projet (personne majeure de 18 ans au moins). Les candidats doivent avoir la volonté de réaliser ou de développer un projet entrepreneurial en Afrique dans les domaines suivants : le développement durable (commerce équitable, environnement, énergie), la mode, le conseil (accompagnement et expertise aux entreprises) ou tout autre domaine d’activité. Toutefois, tous les projets sont acceptés et étudiés.
Les candidats doivent néanmoins comprendre que trois principaux critères doivent définir leur projet à la base :

  • avoir un projet ayant une réelle valeur ajoutée pour le développement de l’Afrique
  • présenter un dossier clair et cohérent
  • s’assurer de la viabilité du projet

Le concours ABC Innovation est avant tout une reconnaissance du talent des entrepreneurs intéressés par le continent africain mais au-delà, il se veut un tremplin de forte médiatisation des projets lauréats. Il inclut aussi et surtout un accompagnement à la mise en œuvre des projets sélectionnés et une opportunité de rencontre avec des potentiels investisseurs grâce à la Journée de l’Entrepreneuriat. Cette journée qui prolonge en quelque sorte le concours est organisée tous les ans au mois de Juin. Elle est un cadre propice d’échanges entre le grand public, les candidats et les partenaires.

Pour en savoir plus sur le concours et postuler, rendez-vous sur le site Internet de l’ABC : http://businessclubafrica.org/
ou envoyer votre demande à abcinnovation@businessclubafrica.org

« Une minute de silence » en hommage aux victimes de la crise ivoirienne

 » Une minute de silence «  c’est le titre du dernier film du jeune réalisateur ivoirien Armand Breh. Il s’agit du premier film ivoirien sur la crise post-électorale qui a secoué le « pays des éléphants » de décembre 2010 à avril 2011.

Du 4 avril 2011 au 4 avril 2014, il aura fallu trois ans au jeune réalisateur pour traduire dans un court métrage tout ce qu’il a vécu le 4 avril 2011, jour où il a été témoin de la chute des obus et autres missiles sur la capitale ivoirienne. Ce film est la photographie d’un triste moment de vie, celui d’un jour d’avril 2011 où les bombardements ont commencé à Abidjan lors de ce qui sera la dernière semaine de la crise post-électorale ivoirienne. Armand Breh a voulu immortaliser ce jour, mais aussi, et surtout mettre en lumière la souffrance d’un peuple ivoirien oublié par les deux camps qui se battaient pour un fauteuil présidentiel.

« Le 4 avril 2011 à 16 h 4, j’ai eu l’idée de faire ce film parce qu’en direct j’ai vu les hélicoptères des Nations unies (Onuci) bombarder le camp militaire d’Akouédo (Abidjan-ouest). Je suis habitué à manipuler les images avec des logiciels de montage, mais cette fois-ci c’était des images réelles ! Aucune raison ne justifie ce qui est arrivé sauf qu’il y a eu des dommages collatéraux »  explique le réalisateur.

Ces dommages collatéraux sont les victimes du drame ivoirien. Ces milliers de femmes d’hommes, d’enfants qui ont vécu terrés dans leur domicile tenaillés par la faim et l’incertitude, craignant de ne pas voir le soleil se lever le lendemain.

Une trame inspirée de faits réels

 » Une minute de silence  » est un court métrage tiré d’une histoire vraie et campe les dernières heures de vie d’Innocent K. Il s’agit d’un jeune homme dans la fleur de l’âge qui le 4 avril est fauché par une balle perdue et arraché à l’affection des siens ! Il symbolise toutes ces innocentes victimes mutilées à jamais ou mortes pour avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment. Innocent, un personnage muet comme pour matérialiser cette incapacité des Ivoiriens à se faire entendre alors que le dialogue était laissé aux bombes.

« L’idée du personnage principal muet c’est surtout pour retranscrire l’idée que ce film est la voix des sans voix. Ceux qui n’ont pas pu s’exprimer pendant la crise, ceux qui n’ont pas pu dire leur souffrance. A travers ce personnage muet, le réalisateur caricature cette situation pour la montrer au grand jour », indique Yann Patrick Konan un des acteurs.

En plus d’avoir la particularité d’être le premier film sur la crise ivoirienne, Une minute de silence est un film hommage aux victimes de la crise qui a l’originalité d’être disponible en open source. C’est sur You tube que les internautes pourront voir et revoir gratuitement le court métrage. Un choix de diffusion du film que salue Israël Guebo entrepreneur numérique. Il estime qu’il s’agit d’une occasion pour les Ivoiriens de comprendre le point de vue du réalisateur sur la crise non pas du côté politique, mais de celui de la population.

Le film d’Armand Breh a été réalisé en grande partie avec des jeunes acteurs qui jouaient pour la plupart leur premier rôle. Le rappeur franco-congolais Youssoupha a autorisé quant à lui l’utilisation de son titre Rap Franc CFA pour la BO du court métrage.  » Une minute de silence, » un court métrage que certains cinéphiles aimeraient déjà retrouver dans un format plus long, mais le réalisateur à une autre vision des choses. Pour lui, la priorité c’est que chaque Ivoirien puisse voir ce film et en tirer une leçon pour l’avenir.

A chacun son 11 avril…

Le bruit des bombes et le silence des morts est encore présent

Le bruit des bombes et le silence des morts est encore présent

C’est un vendredi comme les autres où les Abidjanais s’apprêtent à vivre à 100 à l’heure le long week-end qui s’offre à eux. Un vendredi en apparence comme les autres sauf que celui-ci marque le 11 avril, jour anniversaire de la chute du régime de la refondation.

Les populations ivoiriennes se souviennent de cette crise marquée par de nombreux morts, les pénuries alimentaires et le bruit des bombes. Un souvenir de la crise diamétralement opposé à celui des politiciens ! Pour mémoire c’est bien un 11 avril 2011 que les hélicoptères de l’armée française et ceux de l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire ont multiplié les tirs sur le Palais présidentiel d’Abidjan-Cocody. Une opération militaire qui a permis la capture de Laurent Gbagbo et d’une poignée de fidèles restés avec lui dans un bunker. Les politiques ont une lecture de cette actualité, bien différente de celle du peuple.

Pour le FPI (Front populaire ivoirien) et ses partis satellites, ce 11 avril sonne la commémoration d’une mort, celle de la démocratie en Côte d’Ivoire. Avec l’aide de l’ancienne puissance colonisatrice, l’Etat de droit, la bonne gouvernance et la justice ont été enterrés pour promouvoir l’arrivée d’un homme au pouvoir. Il s’agit d’Alassane Ouattara, l’ancien patron du FMI (Fonds monétaire international) que le FPI depuis toujours a tenu responsable de la déstabilisation politique et sociale de la Côte d’Ivoire. Ce 11 avril le FPI se souvient aussi et surtout de ses nombreux militants en détention, de son charismatique leader à la CPI  (Cour pénale internationale) et des difficultés que traverse le parti après dix années d’abondance à la tête du pays. Pour le RDR l’heure est aussi au souvenir, une pensée aux victimes de la crise mais un 11 avril pour savourer l’effort de reconstruction. Alassane Ouattara est crédité d’un bilan économique positif salué par de nombreux analystes? mais ce bilan ne peut en aucun cas faire de l’ombre au processus de justice transitionnel à deux vitesses donc bâclé, la réconciliation nationale qui peine à prendre forme, le risque de surendettement après l’atteinte de l’initiative PPTE, une ethnicisassion de l’administration ivoirienne et un esprit de mauvaise gouvernance qui souffle en permanence sur le pays.

A cela s’ajoute de nombreuses promesses non matérialisées comme la lutte contre la vie chère et l’emploi des jeunes, deux épineux dossiers qui fondent la grogne du peuple face à un leader qui avait suscité de l’espoir.