Face aux inondations le Gouvernement et la toile se mobilisent

Des habitants qui ont trouvé refuge sur la dalle d’un immeuble

Des habitants qui ont trouvé refuge sur la dalle d’un immeuble (crédit APA news)

Les images de quartiers coupés du reste de la ville, d’immeuble qui s’effondrent et de mères tenant leurs bébés pour éviter la noyade inondent la toile depuis le début du mois de juin. Abidjan est sous les eaux comme au temps du déluge avec des rivières urbaines comme en a vu rarement ces dernières années. On croyait un moment que les dégâts n’allaient toucher que les quartiers précaires situés dans les zones à risque. Hélas, même les quartiers chics de la capitale ivoirienne sont touchés par la furie des pluies diluviennes. Lire la suite

Abidjan sous les flots

Abidjan a les pieds dans les eaux !

Abidjan a les pieds dans l’eau

Comme chaque année lors de la saison des pluies, la capitale économique ivoirienne se retrouve sous les eaux. Une situation qui occasionne des morts et d’importants dégâts matériels.

Aucun quartier d’Abidjan n’échappe aux inondations en ce mois de juin. Les pluies diluviennes qui s’abattent sur la ville menace chaque habitant. A la maison, au bureau ou en voiture, nul n’est à l’abri de cette eau de ruissellement qui rend impossible la circulation et entraîne sur son passage les bâtiments les moins stables. C’était un peu comme s’il n’y avait plus de voie d’écoulement pour cette eau qui, à défaut de se déverser dans la lagune, stagne sur les routes. En cause, l’urbanisation sauvage, l’obstruction par les populations des œuvres d’écoulement des eaux pluviales et leur mauvais entretien par les agences gouvernementales.

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La BAD revient à Abidjan

La BAD revient à son siège historique d’Abidjan

La BAD revient à son siège historique d’Abidjan

Le retour de la Banque Africaine de Développement (BAD) à son siège historique d’Abidjan-plateau est minutieusement préparé par les autorités Ivoiriennes. Plusieurs chantiers ont été lancés pour créer les conditions d’un bon retour aux fonctionnaires de l’institution bancaire.

La BAD avait été délocalisée d’Abidjan à Tunis en raison du vertige national qui s’est emparé de la Côte d’Ivoire pendant une dizaine d’année. Depuis la fin de la crise le 11 avril 2011, le Gouvernement Ivoirien travail au retour de la Banque qui finance le développement de l’Afrique. Parmi les chantiers de ce retour très attendu figure le renforcement des capacités immobilières de la capitale économique en vue d’offrir des conditions de logement meilleur aux agents et leurs familles. Le projet logement-BAD est un investissement pour sortir de terre 1500 logements de standing avec ou sans option d’achat. Selon Bruno Nabané Koné le ministre des TIC et porte-parole du Gouvernement, « 752 logements sont déjà recensés » mais vu l’urgence les chantiers s’accélèrent sur le terrain. En effet les dirigeants de la BAD regagnent par vague Abidjan. 50 agents sont déjà présents et 500 autres feront le voyage dans les prochaines semaines.

En plus des logements, le porte-parole du Gouvernement ivoirien confirme la livraison du siège de la BAD, la création de nouvelles voies de circulation ainsi que la réhabilitation de plusieurs autres pour faciliter le trafic entre la future cité BAD et la commune du Plateau, centre des affaires où se situe le siège de l’institution. Le volet santé et éducation n’a pas été oublier car ce sont avant tout 3000 familles au bas mot qui regagneront Abidjan ! Sur ces deux points le Ministre délégué auprès du Premier Ministre Nialé Kaba, chargé de l’économie et des finances confirme la réouverture des lycées internationaux (lycée français, lycée et l’école primaire Jacques Prévert, lycée américain). La réhabilitation des services d’urgence des CHU est en cours et sera suivi du renforcement du plateau technique de la PISAM.

Le Chef de l’Etat Alassane Ouattara veille personnellement à l’exécution des travaux liés au retour de la BAD, leur état d’avancé fait l’objet de fréquentes communications lors des différents conseils des ministres. Cette attention du Gouvernement Ivoirien n’est pas fortuite car le retour de la BAD aura des avantages énormes pour le pays. Pour Albert Mabri Toikeuse, le ministre ivoirien du plan et du développement, le retour de la BAD vient couronner les efforts de la Côte d’Ivoire dans la promotion d’un climat des affaires saint. La Côte d’Ivoire pourra désormais défendre directement ses différents dossiers pour financement puisse que les guichets de la BAD seront à sa portée. Au-delà, le retour de la BAD va booster considérablement l’économie de marché et la consommation en Côte d’Ivoire car c’est au bas mot 3000 à 4000 familles qui viendront séjourner sur les bords de la lagune Ebrié.

Là où se trouve la BAD se rencontre chaque jour les grands acteurs du développement africain. Abidjan redevient un lieu où se croiseront en plus grand nombre experts, banquier et homme d’affaire; une réalité qui renforcera le rayonnement économique et diplomatique de la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est confiante et attend surtout le moment où elle pourra enfin souhaiter le traditionnel Akwaba ou bienvenue à la banque de l’Afrique.

SUY Kahofi

Transport/Corridor Abidjan – Lomé : des problèmes persistent

Un car à la gare d'Adjamé en attendant le départ

Un car à la gare d’Adjamé en attendant le départ

L’axe Abidjan – Lomé via Accra est l’une des lignes internationales de la CEDEAO les plus fréquentée. Celle-ci débouche sur le corridor Cotonou – Lagos où transite chaque année des millions de passagers et une quantité tout aussi importante de marchandise.

Au départ de la gare routière d’Adjamé (Abidjan) pour Lomé via Accra, les passagers, commerçants, propriétaires de compagnies de transport et chauffeurs le savent de nombreux barrages ont été levés mais d’importantes entraves à la libre circulation des personnes et des biens subsistent. En effet le corridor Abidjan – Lomé est un axe où persistent trois problèmes majeurs : le racket en territoire ghanéen, la lenteur des services administratifs, sanitaires et douaniers sans oublier les nombreux barrages.

Le racket omniprésent

Losséni Doumbia est chauffeur international chez UTB (Union des Transporteurs de Bouaké). Voici quatre (4) ans qu’il rallie chaque semaine la capitale togolaise. Il nous explique que le premier obstacle sur la route des chauffeurs au départ d’Abidjan est le check-point de contrôle frontalier d’Elibou. Il déplore une perte énorme de temps lors du contrôle : entre deux heures et trois heures pour dédouaner les bagages et autres colis !

« Une fois le véhicule immobilisé, les agents des services de douane mettent un peu trop de temps pour le contrôle. Et lorsque nous nous plaignons ils nous disent qu’ils font leur travail. Nous comprenons bien que c’est important mais il faut éviter que cela traîne » plaide Losséni.

Le voyage par car vers Lomé est long, épuisant et reste toujours incertain avec les nombreuses bandes de coupeurs de route qui s’sévissent dans les différents pays de la CEDEAO. Chaque minute perdue à un barrage oblige les chauffeurs à conduire plus longtemps de nuit sur des tronçons côtiers fortement dégradés. Au-delà du corridor d’Elibou, l’entrée en territoire Ghanéen consacre un autre problème : celui du racket. A chaque corridor officiel ou officieux, les véhicules de transport doivent s’acquitter d’une somme d’un (1) Ghana Cedi (215 f CFA). Ce montant peut s’étendre jusqu’à 4 GHS Cedi selon les humeurs des agents des forces de l’ordre ghanéen !

Le racket persiste donc sur l’axe Abidjan – Lomé or le sticker de la CEDEAO sur un véhicule qui part d’un Etat membre vers un autre est un appel au respect de la charte de la libre circulation des personnes et des biens. Ce racket occasionne « des frais supplémentaires et des pertes pour les entreprises » se désole Koffi Konan Bernadin contrôleur général du transporteur DIT (Diaby Inza Transport).

« Il est clair que vous ne pouvez pas traverser un pays sans vous soumettre à des contrôles de la Douane et des forces de sécurité. C’est tout à fait normal. Mais le vrai problème c’est l’argent que nos convoyeurs sont obligés de payer chaque fois. Ils ont juste l’argent pour les frais de route et ils doivent encore sortir de l’argent pour satisfaire des hommes en uniforme » s’indigne contrôleur général de la DIT.

Il interpelle les autorités ivoiriennes et celles des organisations sous-régionales sur la nécessité de lutter contre ce fléau qui plombe le transport inter-états.

Avoir ses documents de voyage à jour

Face aux contrôles intempestifs passagers et commerçants au départ d’Abidjan pour Lomé sont priés d’avoir tous leurs documents administratifs. Les quittances et documents de dédouanement, passeports et carnets de vaccination internationale à jour pour éviter les pertes de temps aux différents corridors. Car l’autre problème c’est aussi des passagers qui voyagent sans carte d’identité et surtout ceux qui refusent de se faire vacciner. Les raisons évoquées sont liées à la religion ou à la tradition.

« Certaines personnes vous disent par exemple que les métaux ne doivent pas pénétrer leur corps ! Vous faites l’effort de leur expliquer les dangers qu’ils courent en refusant le vaccin. Ils vous répondent tranquillement qu’ils vont s’arranger avec les services sanitaires à chaque corridor. De l’argent pour passer d’un pays à un autre au détriment de sa santé : c’est difficile à admettre mais certains voyageurs le font » s’inquiète Kouadio Jean agent vaccinateur à l’INHP-Treichville, l’Institut Nationale d’Hygiène Publique.

Mme Wassagary Donaldine est une habituée de la ligne Abidjan – Lomé. Elle vient rendre visite à sa famille qui réside dans la capitale économique ivoirienne. Elle atteste que les voyageurs qui ont leurs documents administratifs à jour n’ont aucun problème. Bien sûr, elle déplore les pertes de temps au contrôle douanier surtout lorsque le car de transport est utilisé par les commerçants pour convoyer leurs marchandises.

« Lorsque vous avez votre carte d’identité ou votre passeport et votre carnet de vaccination vous n’avez pas de problème. Mais lorsque vous n’avez pas ces documents les agents des forces de l’ordre vous prendrons forcément de l’argent » nous explique Mme Wassagary.

Des voyageurs sans documents de voyage qui payent pour passer les barrages ? « Oui c’est une pratique courante » soutient un jeune convoyeur qui a requit l’anonymat. Sans toutefois nous donner le montant exact de cette « transaction » illicite, notre interlocuteur confirme que les voyageurs au départ d’Abidjan remettent aux convoyeurs une certaine somme d’argent pour « les frais de route de tous ceux qui  »ont des problèmes » ».

Débourser de l’argent pour corrompre un agent des forces de l’ordre voici ce que refuse de faire Mme Moronou une commerçante. Elle s’assure d’être dans la légalité pour ne pas souffrir du racket.

« Quand vous êtes commerçants, vous devez avoir vos quittances et vous assurer que vos marchandises sont correctement dédouanés. C’est la seule manière de voyager en toute tranquillité sur l’axe Abidjan – Lomé » nous indique la commerçante.

Un voyage tranquille entre Abidjan et Lomé, c’est également le souhait de Losséni Doumbia chauffeur à UTB. Il invite les autorités ivoiriennes et celles de la CEDEAO à donner un véritable sens à l’expression libre circulation des personnes et des biens. Cette entreprise passera par la lutte contre racket, une modernisation des équipements et méthodes de travail des services douaniers sans oublier une amélioration de la qualité du réseau routier inter-états.

SUY Kahofi

URPCI : un nouveau mandat pour le président Karamoko Bamba

Karamoko Bamba reconduit à la tête de l'URPCI

Karamoko Bamba reconduit à la tête de l’URPCI

C’est dans une belle ambiance de retrouvailles que l’URPCI a organisé ce samedi 09 novembre son assemblée générale visant à renouveler ses instances dirigeantes.

Avec plus de 120 radios membres et le millier d’acteurs actifs passé, on peut sans risque de se tromper dire l’URPCI est la faitière de média la plus importante de Côte d’Ivoire. Cette organisation qui a pion sur rue dans le pays à cause de sa force d’action de proximité a renouvelé ses instances dirigeantes au cours d’une Assemblée Général qui a regroupé 116 radios.

Autour du thème « la contribution des radios de proximité à la promotion et à la protection des droits l’homme« , les membres de l’URPCI ont longuement réfléchi sur leur contribution à la construction d’une Côte d’Ivoire nouvelle. Au cours de ses assises de 24 heures il a été également question de faire le bilan de l’action de la faitière. Les activités de reconstruction post-crise des radios ont principalement été à l’ordre du jour. Dans l’ensemble l’URPCI a pu capter des fonds qui ont permis l’équipement des stations soit en émetteurs, en ordinateurs, en mixeurs et enregistreurs ou tout autre élément susceptible d’aider les radios, pour certaines totalement détruite à donner de nouveau de la voix. L’organisation solidement installée et proche des populations par le canal des radios de proximité bénéficie aujourd’hui de la confiance d’institutions comme l’UNICEF, l’ONUCI, la CDVR ou encore l’Ambassade des Etats Unis.

Le bilan moral présenté par l’équipe sortante a visiblement satisfait l’assemblée et cela s’est ressenti lors du vote du nouveau président. Karamoko Bamba le président sortant a été reconduit à la tête de l’organisation pour un troisième mandat qu’il place sous le signe de la consolidation des acquis. Yao Bruce Kadio de radio Attécoubé est quant à lui nommé PCA de l’URPCI. Une belle ambiance de retrouvailles a prévalue lors de cette assemblée générale, signe de l’unité au sein de la faitière.

« Je retiens de cette assemblée générale que l’URPCI est une organisation forte qui une fois encore a démontré son esprit d’attachement aux valeurs démocratiques. La réélection du président Bamba est la preuve que nous sommes satisfaits de son bilan et qu’il a su maintenir l’unité au sein de la famille des radios de proximité » se réjouit Konan Kan Christian, gestionnaire de Radio Elite.

Bien que les acquis de l’URPCI soient importants, il plus que juste de noter que les défis avenir seront aussi importants. En effet il s’agit pour la nouvelle équipe dirigeante de doter l’organisation d’un siège appartenant à son patrimoine, mener la lutte pour la régularisation des radios crées pendant la crise de 2002 ou encore intégrer la commission d’attribution de la carte professionnelle. Au-delà il s’agira aussi et surtout d’agir pour la levée du décret sur la redevance annoncée de 3 millions f CFA imputable à chaque radio de proximité. Sur ce dernier point, le président Karamoko Bamba se veut claire, une série d’action seront menées pour faire comprendre aux autorités compétentes qu’une telle disposition « tuerait » à la limite les radios.