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Élection présidentielle française : ce qu’en pensent les ivoiriens

Même si l’élection présidentielle française est moins intéressante que le scrutin américain, ce vote attire quelques curieux, dont les Ivoiriens. Ils ne sont pas une exception puisque cette élection semble alimenter bien plus les conversations politiques en Afrique francophone qu’en France !
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A chacun son 11 avril !

Laurent Gbagbo arrêté le 11 avril 2011

En Côte d’Ivoire, le 11 avril est un anniversaire au double sens qui montre combien de fois les ivoiriens restent divisés sur la lecture de leur histoire récente. Pour les partisans de Laurent Gbagbo, c’est le jour de la mort de la démocratie ivoirienne et pour les partisans d’Alassane Ouattara le jour de la libération. Une divergence qui montre combien de fois la cohésion sociale est loin d’être un acquis.

Il y a 5 ans jour pour jour, 83 missiles et un nombre tout aussi impressionnant de roquettes étaient tirés par l’armée française sur la résidence du président Laurent Gbagbo où il était retranché avec femme, enfants, sympathisants et collaborateurs. Les images qui suivront sa capture n’avaient jamais été vues au pays des éléphants. Militaires exécutés sur des bases ethniques, ministres de la République humiliés et tabassés, bruits de viol (suite…)



L’ADPH lance les activités de l’observatoire de la justice transitionnelle

Chaque victime doit avoir accès à la justice

Chaque victime doit avoir accès à la justice

Conformément au chronogramme de ses activités dans le cadre de l’exécution du projet « Accompagnement juridique et judiciaire des victimes de la crise Ivoirienne« , l’APDH a procédé au lancement des activités de l’Observatoire de la Justice Transitionnelle. La salle de conférence de l’Hôtel Manhattan Suite sis à Cocody-Attoban a été le cadre choisi par l’organisation des droits de l’homme pour présenter cet outil de veille et d’éveil pour la promotion d’une justice équitable. L’APDH (Action pour la Protection des Droits de l’Homme) a décidé de faire en sorte que les victimes oubliées de la crise puissent avoir accès à la justice aussi bien au plan national qu’international. Pour y arriver, il est important de mettre en place un mécanisme qui loin de s’opposer aux initiatives existantes va plutôt aider à la promotion d’une justice transversale applicable à tous. La mission finale d’une telle initiative est, selon Eric-Aime SEMIEN le président de l’APDH, « la promotion d’une réconciliation vraie et d’un climat de paix ». La question de la réconciliation n’étant pas un dossier exclusivement consacré à la CDVR (Commission Dialogue Vérité et Réconciliation), la mise sur pied de l’Observatoire de la Justice Transitionnelle vient donner un coup d’accélérateur à un processus clé qui semble gagné par une certaine lenteur. Voici pourquoi Mr BAKO Jean Frutueux a tenu à féliciter l’ONG pour cette initiative. Le Directeur de Cabinet adjoint du Ministre de la Justice, des droits de l’Homme et des Libertés Publiques a souligné toute la disponibilité de la tutelle a accompagné ce projet qui aide à rapprocher les Ivoiriens de la justice mais surtout qui aide à l’instauration d’un climat social apaisé.

Les activités de l’Observatoire sont prévues pour s’étendre sur une période de 12 mois avec une possibilité d’extension selon les besoins. Et pour plus d’efficacité, l’APDH s’est entourée de deux organisations sœurs : il s’agit de la LIDHO (Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme) et du MIDH (Mouvement Ivoirien des Droits Humains). Sur l’esprit de cette main tendue aux autres OSC (organisations de la société civile), l’APDH précise qu’elle n’est pas fortuite. L’organisation sait que le travail de monitoring de la justice transitionnelle est une action de grande envergure qui mérite une synergie des moyens humains et matériels. C’est donc pour être plus efficace qu’elle a fait appelle à deux organisations qui ont plus d’expérience qu’elle dans le domaine. Cette politique d’ouverture est hautement saluée par Mr HOKOU Légré le Président de la LIDHO. Pour lui il s’agit aussi « de montrer que l’OSC peuvent œuvrer main dans la main pour lutter contre l’impunité et ce sentiment de l’application d’une justice des vainqueurs ». Dans l’exécution de ses activités l’Observatoire de la Justice Transitionnelle pourra compter sur le soutien d’importants partenaires que sont l’ONUCI (Division Etat de Droit et Droit de l’Homme), le NED (National Endowment for Democracy) et le Ministère des Affaires Etrangères de France par le canal de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire. Christian OQUET le chef du service d’action et de coopération culturelle a d’ailleurs souligné que la France reste convaincue que c’est seulement dans un climat de paix que la Côte d’Ivoire pourra effectivement se développer. Aussi il encourage les membres de l’Observatoire de la Justice Transitionnelle à un travail de monitoring réussit.

SUY Kahofi



L’APDH prix des droits de l’homme de la République de France

Les membres de l’APDH posant fièrement avec leur prix

Les membres de l’APDH posant fièrement avec leur prix

Le prix des droits de l’homme de la République de France a été décerné pour la première fois à une organisation Ivoirienne des droits de l’homme. L’APDH (Action pour la Protection des Droits de l’Homme) est l’heureux lauréat pour l’année 2012. Il s’agit d’une grande fierté pour les membres de l’APDH et pour la Côte d’Ivoire toute entière car la France est un avant tout un acteur très important et présent dans la vie socio-politique de la Côte d’Ivoire. Il est donc important de noter que la France suit de près les activités des organisations des droits de l’homme et c’est donc en connaissance de cause qu’elle a honoré l’APDH de cette distinction. « Nous sommes heureux et nous voulons témoigner notre gratitude aux autorités françaises. Nous avons donc décidé à partir de ce prix de nous ériger en force de veille et d’éveil, de prendre une place importante dans le déroulement du débat socio-politique et d’être un acteur incontournable dans le monitoring des politiques publiques en Côte d’Ivoire » affirme Eric-Aimé SEMIEN le président de l’ONG. L’APDH refuse cependant de considérer cette distinction comme un point d’achèvement. L’organisation des droits de l’homme estime qu’il s’agit d’un appel à mieux faire. Cette distinction est aussi une reconnaissance de tout le travail abattu par les autres organisations de la société civile ivoirienne et l’APDH ne le cache pas. L’organisation salue l’excellence de ses relations avec des organisations sœurs comme la Convention de la Société Civile Ivoirienne ou la COSOPCI, l’ONG PlayDoo, la LIDHO, le MIDH…

Les partenaires qui ont soutenu l’APDH dans ses actions se félicitent de cette distinction. Parmi elles figure la Fondation OSIWA (Open Society Initiative for West Africa). « Nous nous félicitons de ce prix car justement sur la base d’un projet financé par OSIWA que l’APDH a décroché cette distinction. Cette reconnaissance de l’APDH est donc une reconnaissance pour OSIWA car nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que nous avons fait un bon choix » soutient Herman Hounsinou, le coordinateur du monitoring et de l’évaluation au sein de la fondation. Le projet de l’APDH qui l’aura aidé à obtenir ce prix est sans doute son action dans le village d’Anokoua-Kouté dans la commune d’Abobo. Ce village a connu une nuit tragique du 6 au 7 mars 2011 où nuitamment des hommes en armes se réclamant du commando invisible sont venus attaquer le village. 13 personnes ont perdu la vie, de nombreux blessés et disparu ont été signalé sans oublié des dégâts matériels très importants. L’APDH a pris l’initiative d’enquêter à Anokoua-Kouté à un moment où aucune organisation n’en manifestait l’intérêt. « C’est grâce à l’APDH que le drame que nous avons connu dans ce village a été porté à la connaissance de tous les Ivoiriens. A un moment donné nous avons cru que nous avions été oubliés et que personne ne viendrait un jour pour écouter ces populations meurtries, abusées et désemparées du village d’Anokoua-Kouté. L’APDH a mené et continue de mener des activités pour apaiser les cœurs des habitants du village, pour que les différentes communautés se parlent et pour nous aider à la réconciliation » affirme AKEHO Antoine chef du village d’Anokoua-Kouté. Au-delà de ces premières actions l’APDH s’apprête à aider les habitants d’Anokoua-Kouté à saisir les juridictions compétentes à l’instar des populations de 10 autres localités où l’APDH a enquêté sur des cas de violation des droits de l’homme. « Nous avons parlé à toutes ces populations qui continuent de vivre avec la peur au quotidien, sous le règne de l’impunité et celui de la terreur avec des éléments FRCI et surtout les dozos qui font la loi, qui perçoivent des taxes et prélèvent l’impôt sans que personne ne lève le petit doigt » s’indigne le Président de l’APDH avant de conclure que son organisation n’entend pas baisser les bras car là où « on parle de croissance à deux chiffres il est inconcevable que le paysan puisse payer des taxes avant d’avoir accès à sa propre plantation ».

SUY Kahofi



Abidjan : 30 ans d’exploitation pour le 3ème pont

L’échangeur Valérie Giscard D’Estaing (échangeur 3ème Pont)

Le troisième pont d’Abidjan est l’un des plus vieux projets de travaux publics en Côte d’ Ivoire. Après les ponts Félix Houphouët et De Gaulle, il aura fallu attendre plus de 30 ans pour que le projet soit en voie de réalisation. L’entreprise qui décroche le contrat n’est tout autre que le Consortium français BOUYGUES qui monopolise déjà plusieurs secteurs clés de l’économie Ivoirienne. BOUYGUES Construction a décroché un contrat de 232 millions d’euro soit plus de 152 milliards de francs CFA pour la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance pendant 30 ans du projet du 3ème pont. Ce projet est un axe routier de 6,4 kilomètres à d’Abidjan et prend en compte des chantiers très importants que sont respectivement le pont Henri Konan Bédié (troisième pont d’Abidjan qui sera composé de deux fois trois voies sur 1,5 kilomètre) ainsi que l’échangeur Valérie Giscard D’Estaing dans le quartier de Marcory. BOUYGUES Construction peut être fier d’avoir décroché le plus juteux des contrats de la reconstruction version ADO. Ce projet à sa livraison pourra réellement soulager une grande métropole comme Abidjan où la circulation entre les deux parties de la ville est un véritable casse-tête. 100.000 véhicules au bas mot pourront emprunter chaque jour cet axe routier dont les chantiers débuteront en septembre 2012 pour une durée d’exécution de 25 mois. Bien que le projet soit salutaire en lui-même, le sentiment anti-français bien ancré chez certains Ivoiriens à vite fait de ressurgir et place le consortium BOUYGUES au cœur de ce que certains qualifient en Côte d’Ivoire d’impérialisme économique français. Au-delà de l’indignation face à ce contrat au parfum colonialiste de nombreuses interrogations fusent ici et là. « En plein 2012 plus de cinquante ans après notre indépendance, comment peut-on encore signer ce type de contrat ? C’est de l’esclavage tout simplement une manière d’implorer le colonisateur pour qu’il nous bâillonne de nouveau » affirme dépité Eric K. Sylvain un autre jeune homme qui s’adonne au jeu de scrabble en attendant l’ouverture de l’université s’interroge : « Pourquoi les retombés de l’allègement de la dette n’ont pas permis à la Côte d’Ivoire de négocier un contrat plus bénéfique pour les Ivoiriens ? « On nous annonce une pluie de milliard et le Gouvernement est obligé d’hypothéquer la souveraineté du pays pendant 30 ans sur un pont : c’est triste que personne ne puisse mettre un terme à ces mic mac de la France-Afrique » déclare Alexandre S. un enseignant avant de conclure que « les Pays-Bas, la Suisse, les Etats Unis, le Japon ou même la Chine auraient pu construire le troisième pont en demandant moins que la France ». De nombreuses questions se posent et pour celles-ci les Ivoiriens aimeraient avoir des réponses. 30 ans pour l’exploitation d’un pont, que peut donc bien cacher les dessous des autres accords franco-ivoiriens à un moment où une grosse polémique plane sur le dernier accord de défense entre la France et la Côte d’Ivoire ?

SUY Kahofi