Kahofi SUY

Fin de la 4ème université libérale d’Audace Institut Afrique

Le Professeur Mamadou Koulibaly et des étudiants libéraux

Audace Institut Afrique en partenariat avec le projet UnMondeLibre.org ont organisé du 20 au 24 septembre à Grand-Bassam la 4ème Université Libérale autour du thème « Afrique et liberté ». Quarante Ivoiriens et Burkinabés venant d’horizons différents (étudiants, professeurs, chercheurs, activistes, journalistes) encadrés par d’imminent conférenciers Ivoiriens et occidentaux ont échangé sur le site de La Maison de l’Apprenti sur des questions liés à des notions importantes comme la liberté, l’entrepreneuriat, la mondialisation ou le développement. Ce séminaire a été surtout l’occasion de montrer comment la liberté peut être un remède efficace au problème de la pauvreté. Depuis les indépendances, les populations ivoiriennes et africaines en général, stagnent dans une pauvreté croissante. Toutes attendent de l’Etat les remèdes alors que l’Etat n’a pas pour mission de tout faire. Si ces populations étaient dotées de plus de liberté, elles auraient la possibilité de sortir de la pauvreté.

Pour instruire les séminaristes, plusieurs conférenciers en non des moindres se sont succédés au pupitre. Se sont entre autre Emmanuel Noubissié chargé principal des opérations de la Banque Mondiale en Côte d’Ivoire, Emmanuel Martin du projet UnMondeLibre.org, Mamadou Koulibaly d’Audace Institut Afrique, Lorenzo Bertolini chargé principal en développement du secteur privé – Banque Mondiale en Côte d’Ivoire…Au compteur des sous thème qui ont donné lieu à des échanges très instructifs nous pourrons noter « La reforme du climat des affaires« , « Pourquoi la liberté ?« , « Quel Etat pour le développement de l’Afrique ? » ou encore « Regard sur la crise de l’occident« . Bien de théories sur le libéralisme et la liberté économique sont souvent mal perçues par les populations mais selon Gisèle Dutheuil la Directrice d’Audace Institut Afrique, « les enseignements reçus par les séminaristes sont des outils importants aux mains des décideurs de demain ». Audace Institut Afrique croit en l’avenir du continent et mise donc sur la formation des élites de demain. Les participants à la 4ème université libérale représentent donc un terreau fertile pour la croissance des idées fortes autour des notions de liberté et de développement économique !

La parole aux séminaristes

TOURE Andréa Institut Universitaire d’Abidjan

« Au terme de ce séminaire je dois dire que j’ai pris la juste mesure de l’importance de la liberté dans le processus de développement de notre pays et même du continent africain. On nous donne l’impression que chez nous en Afrique l’espoir est perdu or c’est n’est pas le cas. L’exemple de plusieurs pays qui n’avaient même pas le niveau de développement de l’Afrique autour des années 1960 est là pour le montrer : avec la liberté, avec l’entrepreneuriat et des politiques économiques souples ces pays sont devenus des puissances respectées dans le monde. L’Afrique peut aussi s’inspirer des ces modèles pour avancer ».

TOAMA Arnauld étudiant libéral

« Je retiens de ces quatre jours d’échange que les freins au développement de l’Afrique ne sont pas les occidentaux comme certains se plaisent à nous le dire. Les véritables freins sont des blocages institutionnels ! Il s’agit principalement de la liberté économique qui est encore un luxe pour la grande majorité des jeunes, femmes, chef d’entreprises et investisseurs africains. J’estime donc que c’est le cadre institutionnel qui doit être assaini avec un renoncement à l’interventionnisme intempestif de l’Etat dans la chose économique. Je pars donc satisfait de Bassam car les échanges ne furent pas seulement théoriques mais ils ont été marqués par des exemples concrets ! »

Ouattara Youssouf ingénieur en système numérique de communication

« Pour moi qui suis plutôt technicienne je dois dire que j’ai appris beaucoup de chose de cette université. Je quitte Bassam avec des bases en économie, sur la connaissance de l’Etat et le droit principalement le droit à la propriété. Je retiens surtout que la richesse à elle seule ne crée pas le développement mais que l’environnement avait aussi un impact. L’Etat, le régime politique, le code d’investissement…ont une place importante dans le processus de développement. L’essentiel pour nous africains n’est pas de vouloir coûte que coûte appliquer de façon aveugle les exemples de réussite économique des autres pays. Il faut savoir les adapter à nos réalités et cela est valable aussi pour le type de régime politique ».

SUY Kahofi


La paix célébrée en conte et en musique !

Journée Internationale de la Paix

La célébration de la Journée Internationale de la Paix en Côte d’Ivoire a été marqué par une soirée de contes et de musique intitulée « Et si la paix m’était contée?». Cet évènement qui visait à marquer d’une pierre blanche le 21 septembre a été organisé conjointement par les Agences du Système des Nations Unies en partenariat avec le Goethe-Institut. La soirée artistique organisée dans l’enceinte du Goethe-Institut sis Abidjan-Mermoz a mis en vedette des conteurs ivoiriens bien connus. Il s’agit de Thérèse Yao et d’Alexis Djisso qui ont inspiré les convives par leurs contes « L’union fait la force » et « Pourquoi les jumeaux descendent l’un après l’autre? ». La soirée a été également ponctuée par les prestations du joueur de Kora Moro Sousso.

Le programme de cette soirée de célébration de la paix a été marqué d’entrée de jeu par la lecture du message du Secrétaire Général Ban Ki-moon. Le message du numéro un de l’ONU a été délivré par le Coordonnateur humanitaire du Système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Ndolamb  Ngokwey. Ce message met en lumière l’impact des crises, des guerres et des violences sur le développement des pays. Aussi, Ban Ki-moon invite les dirigeants du monde à mettre les ressources dont ils disposent au profit de causes plus utiles. Les budgets nationaux doivent être injectés dans l’éducation, l’alphabétisation, la lutte contre la faim et le chômage…Le Secrétaire Général de l’ONU incite également les belligérants à promouvoir le dialogue pour trouver des issus pacifiques aux crises qui secouent le monde et fragilisent la paix. Pour rester dans l’élan de cette déclaration du 21 septembre, les conteurs, à travers des images bien africaines ont véhiculé des message de paix et de réconciliation, d’unité et de cohésion sociale en insistant sur le fait que sans union il n’y a pas de développement durable. L’utilisation du conte comme moyen de promotion d’un message envers la société n’est pas un fait nouveau : il date des temps anciens. Support d’éducation, d’éveil de conscience, de distraction et de promotion des valeurs morales depuis des millénaires en Afrique, le conte trouve toute son importance dans le contexte Ivoirien. Sa promotion auprès des jeunes, des leaders d’opinion et surtout des enfants peut aider à comprendre plus aisément les messages de paix. Un autre atout serait que les contes soient rendus en langues locales car certaines images fortes ne peuvent se traduire de ces langues au français. Thérèse Yao et Alexis Djisso à l’occasion de cette soirée pour la paix n’ont pas fait mentir l’art du conte africain et l’ont rendu au public avec toutes ses lettres de noblesse !

Il est important de noter que la Journée Internationale de la Paix est observée chaque année, partout dans le monde, le 21 septembre. L’Assemblée Générale des Nations Unies a consacré cette journée au renforcement des idéaux de paix, tant au sein des nations et des peuples qu’entre ceux-ci. Cette année, le thème général choisi est « Une paix durable pour un avenir durable ». Cette notion de « durabilité » de la paix trouve une résonnance particulière en Côte d’Ivoire où la dernière décennie a malheureusement été marquée par une succession de conflits.

SUY Kahofi


L’OOAS renforce les capacités du Réseau Des Champions

Dr Jeannetta Johnson, le directeur général adjoint de l'OOAS, s'adressant aux participants de l'atelier

Dans la poursuite de sa mission d’aider les pays à mobiliser des ressources pour le financement des programmes de santé au sein de la sous-région CEDEAO, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a récemment assisté à Monrovia, au Libéria, à l’inauguration du réseau des champions du plaidoyer en faveur de la  santé dans le pays. Cette activité fait suite à la réunion de Février 2010 à Ouagadougou, où il a été recommandé aux pays de la sous-région CEDEAO d’intensifier des initiatives de plaidoyer ciblant les décideurs politiques pour faciliter la mise en œuvre effective des résolutions et accords financiers pour le bénéfice du secteur de la santé. Le Libéria a donc rejoint les rangs des pays comme le Mali, la Guinée Bissau et le Togo dans l’établissement de son propre réseau de plaidoyer pour la santé composé de membres des organisations de la société civile, le parlement et le ministère de la Santé.

Les 13 et 14 Septembre 2012, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) en partenariat avec le ministère libérien de la Santé et Affaires Sociales, ont d’organisé une formation de deux jours en matière de  plaidoyer stratégique pour les membres du réseau des champions dans la salle de conférence « Eugene Cooper » de l’YMCA situe dans le quartier de Crown Hill à Monrovia. La formation aux techniques du  plaidoyer comportait des présentations par les animateurs et le travail de groupe interactif. S’adressant aux participants le dernier jour de la formation, Directeur général adjoint de l’OOAS, le Dr Jeannetta Johnson a souligné l’importance de l’autonomisation des  membres du réseau de plaidoyer en faveur de la santé à travers l’acquisition des compétences appropriées prévues par l’atelier de formation. Elle a dit  » Le dynamisme de la société civile au Liberia reste un atout formidable pour sensibiliser le public aux questions de santé et d’assurer le soutien nécessaire pour l’augmentation des dépenses publiques en faveur du secteur de la santé« . Dr. Johnson a exhorté les participants à faire bon usage des compétences acquises lors de la formation, à faire une différence pour la santé des Libériens. «Votre performance en tant que défenseurs de la santé pourrait servir de modèle à reproduire dans d’autres pays ouest-africains» a-t-elle ajouté. Avec les dépenses publiques moyennes de santé des États membres de la CEDEAO estimé à $10 par personne par an et en dépit de l’appel lancé par les chefs d’États et de gouvernements à revoir à la hausse l’allocation budgétaire au secteur de la santé à 15 pour cent du budget national, la plupart des États n’ont pas encore atteint cet objectif.

En 2009, le Libéria a consacré environ 13,80 pour cent de ses dépenses générales au secteur de la santé. La difficulté rencontrée actuellement par une grande partie de la population ouest-africaine à accéder aux services de santé est indéniable c’est pourquoi les gouvernements devront augmenter d’une manière conséquente  le budget alloué au secteur de la santé.


Côte d’Ivoire : l’audit 2012 de la liberté économique rendu public

Une vue des participants à l’audit économique

Pourquoi refuser le progrès aux Ivoiriens ? C’est autour de cette interrogation que AIA (Audace Institut Afrique) a réunit les autorités administratives et politiques, les leaders d’opinion, les économistes, les hommes de média et les étudiants à l’occasion de l’audit 2012 de la liberté économique en Côte d’Ivoire. L’amphithéâtre de l’espace CRRAE-UEMOA a servit de cadre d’échange entre les orateurs et le public toute la matinée du 19 septembre. Trois organisations se sont jointes à Audace Institut Afrique pour rendre possible cet audit. Il s’agit de la Fondation ATLAS pour la recherche économique, le Projet Un Monde Libre et le FRASER Institute. Deux orateurs se sont succédé au pupitre pour tour à tour exposer sur un pan de la thématique du jour. Le Professeur Mamadou Koulibaly, Président d’Audace Institut Afrique s’est évertué à décortiquer le thème « La liberté économique, un défi incontournable sur la voie du progrès« . Quant au Docteur Emmanuel Martin du Projet Un Monde Libre, il a présenté, chiffre à l’appui « L’audit de la liberté économique en Côte d’Ivoire » pour cette année 2012.

Il est important de noter qu’en septembre 2011 le premier audit post-crise de la liberté économique a été rendu public par Audace Institut Afrique. Depuis cette date « les choses se sont un tout petit peu améliorées mais il reste beaucoup à faire pour rassurer les investisseurs et garantir la liberté aux Ivoiriens » a souligné Emmanuel Martin. L’audit de la liberté qu’il a présenté a été réalisé sur la base de cinq indices principaux : la taille de l’Etat, le système juridique, l’accès à une monnaie saine, la liberté du commerce international, la réglementation du crédit, du travail et des affaires. Sur ces cinq indices qui ont servit de base à l’audit de la liberté, les notes attribuées à la Côte d’Ivoire ne sont fameuses ! Elles démontrent un malaise au plan économique mais surtout au plan structurel. L’administration est lourde et budgétivore, la corruption gangrène les arcanes du pouvoir financier, le climat des affaires laisse à désirer et pour couronner le tout la Côte d’Ivoire à mal à sa justice !

Indices

Cote

Taille de l’Etat                 7/10
Système juridique

3,2/10

L’accès à une monnaie saine

6,6/10

la liberté du commerce international

6,2/10

La réglementation du crédit, du travail et des affaires

6,3/10

Notes globales de la Côte d’Ivoire pour l’audit 2012

Ce tableau démontre très clairement que l’Etat Ivoirien est encore trop envahissant, au sens où le poids des investissements des entreprises du secteur public et de l’Etat reste important. Les taxes et les impôts ont des seuils et des discontinuités qui embrouillent encore l’économie. Au plan juridique le pays recul ! La situation pourrait bien s’apparenter à un véritable chaos juridiques tant des reformes s’imposent. Cette justice ne rassure ni les Ivoiriens eux-mêmes à plus forte raison les investisseurs. La cote globale Ivoirienne sur l’accès à une monnaie saine reste inférieure à la moyenne mondiale. La réglementation des taux d’intérêt combinée à l’inflation même faible génère de l’incertitude et perturbe les projets d’investissement des entreprises et des particuliers. Il est essentiel que la Côte d’Ivoire qui ne respecte pas les critères de convergence de l’UEMOA fasse des progrès dans ce domaine. On constate aussi une sur-taxation du commerce extérieur en Côte d’Ivoire. L’Etat croit gagner en faisant d’importantes recettes en termes de droit de douane mais le revers de la médaille c’est que la courbe des échanges sera décroissante. Pour ce qui est de la réglementation du crédit, du travail et des affaires ; la corruption, les lourdeurs administratives, les procédures de création d’entreprises longues et coûteuses ruinent les entrepreneurs et favorisent le chômage. La faible densité du réseau bancaire doit être améliorée pour favoriser l’épargne et la libre concurrence entre les banques.

Face à ce tableau assez préoccupant, faut-il désespérer ? NON car selon le Professeur Mamadou Koulibaly « l’audit de la liberté économique 2012 pour la Côte d’Ivoire porte en son sein des recommandations pour améliorer la situation ». Celles-ci reposent essentiellement sur le respect des libertés garanties pour chaque citoyen. La liberté d’investir, celle de jouir de ses biens et de sa propriété foncière, la libre concurrence en affaire, le libre accès au crédit pour chaque Ivoirien et la lutte contre la pauvreté peuvent améliorer les conditions de vie des Ivoiriens. Pour ce qui est de l’orientation générale de la vie économique après la grave crise que le pays a connu, il faut rompre d’avec la logique d’un Etat fort, dirigiste et protectionniste. En période de crise les politiques les plus flexibles sont les meilleures et les décideurs Ivoiriens doivent s’inspirer des exemples qui ont réussit dans l’histoire récente de certains pays du monde !

SUY Kahofi


Carton rouge collectif pour les bleus !

Les journaux proches de l’opposition suspendus en Côte d’Ivoire

L’exercice de la revue de la presse équilibrée sera un véritable casse-tête pour les chroniqueurs Ivoiriens cette semaine. La raison est connue de tous : les journaux proches de l’opposition ne seront pas dans les bacs. Le CNP (Conseil National de la Presse) en a décidé ainsi. Très officiellement ce carton rouge collectif fait suite à un acte d’indiscipline constaté par le CNP. Le communiqué signé du président de l’organe de régulation et daté du 12 septembre 2012 souligne un même manquement imputé aux six quotidiens pro-gbagbo. Le texte mentionne ceci :

« Il  ressort des faits que le quotidien Notre Voie a été suspendu par décision du CNP du 6 septembre 2012 pour avoir publié en quatrième de couverture, des photographies soutenues de légendes interdites par le CNP ; Que suite à cette suspension, les journaux Le Nouveau Courrier, Lg Info, Le Temps, Aujourd’hui, Le Quotidien d’Abidjan L’ Alternative, ont en guise de protestation à cette décision, reproduit collectivement, le manquement objet de la suspension de Notre Voie ; Que le faisant, ils contribuent sciemment, par voie de presse à entretenir dans l’esprit des populations, l’existence d’un bicéphalisme au sommet de l’Etat. Qu’une telle pratique relève de la sédition et ne saurait être tolérée« 

Les bleus devront donc garder le silence et se sont les lecteurs qui ne savent donc plus où donner du regard ! Eux qui étaient habitués à comparer les titres (ou les écrits ???), à commenter les cohues avant de choisir s’ils décident de voir la vie en vert ou en bleu devront se contenter des titres dit neutres (s’ils existent encore) ou les verts ! La deuxième option est à écarter car tout le monde n’est pas abonné aux quotidiens proches du RHDP. Les premiers consommateurs des produits de la presse sont bien sûr les Ivoiriens et c’est eux que nous nous sommes tournés pour savoir ce qu’ils pensent de la décision du CNP. D’un côté il y a ceux qui estiment qu’il y a entrave à la liberté de la presse et de l’autre ceux qui estiment que le silence des bleus est plutôt bon signe !

« Très sincèrement quand je regarde les journaux Ivoiriens je me demande qui mérite de paraître ? Ils disent tous la même chose : les mêmes propos haineux, les mêmes injures, la même violence…alors quand on veut être juste il faut que les sanctions puissent s’appliquer à gauche comme à droite » estime Franck O. cadre dans le voyage. Il y a selon lui une volonté manifeste de diaboliser les journaux proches de l’opposition Ivoirienne et à travers eux tout ce qui touche à l’ancien président. Le débat politique doit être semblable à une rencontre sur un terrain de football. Il y a quelques jours Guillaume SORO, le Président de l’Assemblée Nationale Ivoirienne le rappelait au Gabon : il faut un minimum de fair play ! Or le régime du Docteur Alassane Ouattara est plutôt bon « diseur » que bon « faiseur ». « Où est la liberté de la presse quand un régime utilise des organes de régulation pour régler ses comptes politiques ? » s’interroge Cédric Kouadio avant de conclure qu’il « est claire que les journalistes sont aujourd’hui les soufis des politiques mais par respect pour les textes qui régissent leurs professions le Gouvernement doit pouvoir garantir une certaine liberté de penser et d’écrire ». Une presse Ivoirienne à sens unique dans un pays qui aspire à instaurer la démocratie est utopique. Pourtant certains Ivoiriens sont convaincus que cette presse d’opposition mérite largement ses sanctions et mérite de « la fermer » de temps en temps ! « Ils sont trop friands des propos haineux, des titres alarmistes et des injures ! La liberté de presse ne signifie pas la liberté de dire du n’importe quoi. Moi personnellement leur silence ne me dérange pas. Au moins cette semaine les gens vont dormir tranquillement sans penser aux attaques et aux bruits de bottes ! » affirme convaincu Méïté K. Notre interlocuteur estime que la décision du CNP est largement justifiée. Casimir Koffi est de cet avis et il va plus loin. « Ils veulent simplement ternir l’image du régime en place, dire qu’il est mauvais, qu’il brime les journalistes…sinon comment expliquer qu’une bêtise qui a conduit à des sanctions pour Notre Voie puisse être délibérément reprise par les autres journaux proches de l’opposition ? Ils veulent simplement dire « on fait ce qu’on veut » mais devant il y a aussi des gens pour répondre « on vous fait ce qu’on veut » ».

Au-delà du débat entre lecteurs, des voix s’élèvent pour demander aux autorités Ivoiriennes de garantir une certaine liberté de penser. Au compteur des ces déclarations nous citerons celle de l’Ambassade des Etats Unis à Abidjan qui est libellée comme suit :

« L’Ambassade des Etats-Unis s’inquiète de la suspension le 12 septembre dernier par le Conseil National de la Presse de six journaux. Le public est mieux servi lorsque la diversité d’opinions est librement exprimée à travers les médias. La liberté de la presse est inscrite dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et le peuple Ivoirien doit  avoir le droit de déterminer de lui-même de la validité des différents points de vue politiques, déclarations et arguments relayés par la presse.« 

SUY Kahofi