Kahofi SUY

Retour volontaire : l’OIM appui le départ de la Communauté Mauritanienne

 

« Vous voyez, un homme qui prospère dans une activité commerciale la quitter sans raison ? »

La forte Communauté Mauritanienne vivant en Côte d’Ivoire dont le nombre oscille entre 500.000 et 750.000 membres se vide peu à peu. A l’image des autres membres des communautés de l’espace CEDEAO, les mauritaniens quittent la Côte d’Ivoire fuyant les violences dans les différents quartiers. La majorité d’entre eux tiennent des boutiques dans des quartiers d’habitation populaire comme Yopougon, Abobo, Adjamé et Williamsville gagnés par les combats à l’arme lourde mais également dans des quartiers résidentiels. Sur les raisons de ces départs en masse, les quelques mauritaniens qui squattent leur Ambassade nous signalent essentiellement des actes de violence dont ils sont victimes. « Vous voyez, un homme qui prospère dans une activité commerciale la quitter sans raison ? Ce n’est pas possible ! Nombreux sont nos frères qui doivent quotidiennement payer pour ouvrir simplement la boutique ». D’autres commerçants signalent des miliciens qui viennent racketter chaque jour avec des propos souvent xénophobe : « vous les étrangers allez payer pour avoir déstabilisé ce pays, c’est votre effort de guerre ». Prendre le risque de se déplacer avec le peu de liquidité pour tenter de ravitailler la boutique peut s’achever par un braquage !

Visiblement inquiets et apeurés, plus de 4000 mauritaniens ont déjà quitté la Côte d’Ivoire mais cette opération est lourde et difficile à réaliser. Aussi, l’Ambassade a sollicité l’appui de l’OIM, l’Office Internationale des Migrations. Jacques Seurte, le coordonnateur de l’OIM en Côte d’Ivoire estime que la réalité des départs volontaires est liée au regain de violence à Abidjan et dans plusieurs autres villes du pays. Les difficultés auxquelles OIM fait face sont principalement les problèmes de logistique mais surtout la précipitation chez certaines personnes candidates au départ : tout le monde veut partir et tout de suite. « On organise pas un convoi de rapatriement sur un simple claquement de doigt. Il y a de la précipitation donc il faut être patient, il faut être persuasif, organisé aussi et c’est à ce moment là que tout se passe bien » affirme Jacques Seurte. Sur place (ambassade), l’OMS apporte un soutien remarquable aux migrants : elle s’occupe des visites médicales d’avant-départ et les vaccins avec l’appui de l’INHP. Quant au PAM, il distribue au quotidien des rations alimentaires aux mauritaniens le temps du départ. Comme en 2003 et 2004, plusieurs communautés de l’espace CEDEAO se vident de leurs membres. Pour le moment seule la communauté mauritanienne a fait officiellement la demande à l’OIM mais elle reste disponible pour toutes les autres communautés.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


59 jours de détention arbitraire à la MACA pour nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) accusés sans preuves d’atteinte à la sureté de l’Etat.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas et nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi


Violences à Abidjan et opérations militaires des FRCI

 

Un « hélicoptère de l'ONUCI aurait essuyé des tirs lundi à Duékoué

Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, devant les nombreux blocages diplomatiques et la souffrance des populations ont décidées de passer à l’offensive et de marcher vers Abidjan. Cette situation a déclenché une certaine panique dans toute la Côte d’Ivoire mais également au sein des troupes pro-gbagbo sensées s’opposer aux FRCI. Les habitants des villes conquises ne signalent aucune violence liée à la présence des FRCI : « ils ne s’attaquent pas à nous, ils nous ont demandé de rester calme et qu’ils partaient à Abidjan » a confié un habitant de Bondoukou. Les villes tombent les unes après les autres : après Duékoué et Bondoukou, Agnibilékro et Tanda ont suivies. Des mouvements de ralliement se signalent déjà notamment à Daloa, ville réputée imprenable. « Plusieurs de nos ainés nous ont demandé de ne pas jouer aux zélés : ils nous ont conseillé de jeter nos armes et de fuir. Quelques élèves gendarmes ont tenté de s’opposer aux FRCI et ils ont été neutralisés. A part cette situation qui a entrainé des tirs, Daloa n’a pas résistée » affirme un élève gendarme en route pour Abidjan. Sur l’étrange détoure que font les FRCI dans leur avancée, un officier nous signale que le Front de Tiébissou sera plus compliqué dans la mesure où « des sources militaires font état de mines anti-personnelles qui auraient été enterrées par ‘’les soldats de Gbagbo’’ ».

C’est dans ce contexte que la ville d’Abidjan renoue avec la violence et les actes de représailles. L’Opération des Nattions Unies en Côte d’Ivoire dans un rapport accuse directement les forces pro-gbagbo de violence envers les civils et le personnel de la mission. « Des forces loyales au Président Gbagbo ont tiré sur des civils innocents lundi après-midi à Williamsville faisant une dizaine de morts. De même, un groupe de jeunes pro-Gbagbo ont imposé le supplice du pneu à un jeune homme brûlé vif dans le quartier de la Riviera. Un autre groupe a sauvagement agressé deux fonctionnaires de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire qui vaquaient à leurs occupations » affirme le communiqué de l’ONUCI. Le rapport indique aussi qu’un « hélicoptère de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), a essuyé des tirs lundi après-midi, alors qu’il effectuait un vol de reconnaissance au-dessus de Duekoué. Des éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) sont les auteurs de ces tirs qui n’ont pas atteint l’hélicoptère ». Pour la Mission Onusienne qui a réitéré son impartialité, ces actes de violence sont des crimes de guerre pour le second et des violations des droits de l’homme pour le premier qui ne resteront pas impunis.

Suy Kahofi


Côte d’Ivoire : la ligne de front s’embrase

 

Les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire avancent!

C’est très tôt ce lundi matin que les bruits faisant état de violents affrontements dans l’ouest du pays sont parvenus aux populations Abidjanaises à peine sorties du sommeil. Les villes de Guiglo et de Duékoué dans le collimateur des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) sont le théâtre de violents affrontements. Les troupes des FRCI fidèles à Alassane Ouattara s’opposent aux FDS fidèles à Laurent Gbagbo. Ces derniers sont appuyés par des mercenaires libériens et des éléments du FLGO (le Front de Libération du Grand Ouest), une milice pro-gbagbo. Au point rapport de 18 heures ce lundi 28, le porte parole Mara Laciné faisait état d’une ville aux mains des FRCI : « nous avons pris le contrôle de Duékoué après de violents combats. En ce moment les tirs et autres détonations sont dus à des manœuvres visant à sécuriser la zone en attendant l’arrivée des humanitaires pour nous aider à ramener les populations dans la ville ». Peu avant 19 heures, une autre source cette fois ci proche du FLGO faisait état de violents combats qui se poursuivaient. « Les rebelles sont effectivement à Duékoué et à Guiglo. Nos positions ont été attaquées et en ce moment à Duékoué nous tenons encore l’ouest de la ville » affirmait la source. Les combats étaient si violents qu’un pasteur d’une mission évangélique que nous avons pu joindre sur place a souligné que « tous les habitants étaient terrés dans les maisons » et que « personne ne pouvait dire qui contrôlait effectivement la ville ».

Au-delà de Guiglo et Duékoué, l’est du pays a aussi connu des combats dans la zone de Bondoukou. Le centre-est notamment la région de Daloa a été aussi secouée par des combats. Avec cette reprise totale de la guerre, il est bien facile de ne pas dire que le cessez-le-feu vient de voler en éclat. L’offensive généralisée des FRCI rompt la trêve de 2003 et s’inscrit comme la deuxième violation de ce cessez-le-feu. En effet la première rupture de la trêve de 2003 est à mettre à l’actif des FDS lors de l’Opération César ou Dignité de 2004 avec un bombardement sur le camp Descartes de Bouaké qui a conduit à la  mort de 9 soldats français. Si au plan diplomatique les choses trainent et que visiblement Laurent Gbagbo continue de croire à un dialogue inter-ivoirien là où les toutes les résolutions lui demandent de partir, les militaires eux ont décidé de se mettre en action. L’Etat major pro-gbagbo, qui ne sait plus où donner du canon entre insurgés d’Abobo et Forces fidèles à Alassane Ouattara en marche vers Abidjan, prend acte de cette situation de guerre généralisée. Dans le camp des FRCI même si on évite de dire ouvertement que l’offensive marque la reprise du conflit armé, on cache difficilement que cette action marque le début d’une marche sans retour vers la capitale Abidjan.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


58 jours de détention arbitraire à la MACA pour nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) accusés sans preuves d’atteinte à la sureté de l’Etat.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas et nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi


Bouaké : reprise des cours ce lundi 28

La capitale du nord s’animera du mouvement des élèves

Bouaké, la capitale du nord de la Côte d’Ivoire a accueilli le Ministre de l’Education Nationale du gouvernement Soro, Mme Kandia Camara. Au cœur de sa visite la mise route d’une opération visant à relancer l’école dans les zones CNO. En effet en l’absence d’une école qui fonctionne correctement, des milliers d’enfants livrés à eux-mêmes risquaient de tomber dans la délinquance. Des écoliers, qui au lieu de rallier l’école comme chaque matin étaient obligés de s’adonner à des petits métiers comme charretiers, cireurs, vendeurs à la sauvette… Certains enseignants comme plusieurs autres fonctionnaires qui se disaient en danger ont quitté la zone CNO malgré l’appel du Premier Ministre Guillaume Soro à rester à leurs postes. Il faut ajouter à cela la violence qui s’empare de toutes les villes de Côte d’Ivoire et qui a poussé les plus optimistes à ne plus croire au sauvetage d’une année scolaire. Il faut dire que cette visite était attendue car l’école en zone CNO est confrontée à des difficultés comme le souligne Mr Kékémo Daniel directeur régional de l’éducation Bouaké 1. « L’insuffisance et le délabrement des structures d’accueil, les effectifs pléthoriques et l’indiscipline des apprenants, le déficit chronique du personnel enseignant et d’encadrement, l’absence d’une politique rigoureuse de formation continue et des résultats aux examens de fin d’année peu flatteur sont les problèmes majeurs de l’école » a-t-il souligné.

Il faut donc agir pour sauver l’école. Kandia Camara le Ministre de l’Education Nationale du gouvernement Soro à donc annoncé la réouverture de l’école pour ce lundi 28 mars non sans prendre le soin de présenter aux partenaires de l’éducation les mesures prises pour sauver l’école d’une année blanche.  « Nous avons décidé de la réduction des congés de pâques, le découpage de l’année académique en deux semestres, le report de la date des examens de la session 2011, l’organisation des examens dans le courant du mois de septembre et octobre ». Madame la Ministre a appelé les acteurs de l’éducation à s’armer de courage pour la réussite de cette opération de relance. Cette réouverture de l’école pourrait être très bénéfique aux autres enfants qui fuyant les violences à Abidjan se retrouvent aujourd’hui dans la zone CNO. Ils pourront grâce aux établissements relais retrouver une salle de classe pour continuer leur année. Notons qu’en 2002 lors de l’éclatement de la crise, les populations se sont déplacées en masse du nord vers le sud. Aujourd’hui malgré la propagande du camp Gbagbo visant à rassurer l’opinion nationale et internationale, c’est une migration qui se fait dans le sens contraire. La réouverture de l’école peut donc aider plusieurs enfants. Les acteurs mais également les partenaires de l’école en zone CNO conscients de la mission qui est la leur ont réaffirmé leur détermination à éviter aux élèves une année blanche. Notons qu’en ce jour l’école pourra reprendre également dans tout le pays à l’exception d’Abidjan.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


57 jours de détention arbitraire à la MACA pour nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) accusés sans preuves d’atteinte à la sureté de l’Etat.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas et nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi


Ces hommes de Dieu qui enveniment la situation

 

Quel doit être le rôle de l’Eglise en cette période de crise ? (photo d’archive non contextuelle)

Pasteurs, évangélistes, docteurs, prophètes des nations, bishops, apôtres du christ…autant de noms pour dire simplement qu’on est berger à la tête d’une communauté chrétienne ! En Côte d’Ivoire le fait religieux est si présent que malheureusement des bonbons pasteurs l’utilisent soit pour s’enrichir, soit pour endoctriner le peuple en cette période de crise. Jamais la Côte d’Ivoire n’a autant été la terre des songes, visions, signes miraculeux et surtout prophéties présentant un camp politique comme celui de l’ange et l’autre du démon. Ces prophéties d’homme de Dieu sont même vendues sur vidéo CD ou DVD et pour se donner du moral ou croire en une sortie de crise toute faite, certaines personnes l’écoutent comme une parole révélée à Moïse sur la montagne par Dieu !

Ainsi depuis le début de la crise de nombreuses communautés sont divisées à cause de prophéties pro-ouattara ou pro-gbagbo. Bien difficile de trouver une communauté où on n’affiche pas sa position : même quand on ne le fait pas devant le peuple on le dit d’une façon ‘’chrétiennement’’ correcte pour que le nouveau converti le comprenne. Dans cette église on maudit à pleine gorge Alassane Ouattara et la France, quelques pas plus loin c’est une prédication très voilée qui présente le commando invisible comme une force divine ! « Les hommes de Dieu en font un peu trop ! Chaque matin ils ont quelque chose à dire, une nouvelle révélation ou un nouveau songe ! A cause de ces prophéties des chrétiens sont chassés de leurs églises ou présentés comme des païens » affirme Cyprien Koffi. Parmi les prophéties, l’une très célèbre a pion sur rue. Dans celle-ci un pasteur prétend que Dieu lui aurait dit que plusieurs personnes seraient tuées avant que la Côte d’Ivoire ne retrouve son calme ! « Soyons sérieux, j’ai du respect pour nos pasteurs mais qu’on nous prenne au sérieux. Dieu est amour et même les athées le savent. S’il faut tuer tous les Ivoiriens pour que quelqu’un devienne Président autant raser notre pays de la carte. Je comprends pourquoi certains jeunes aiment se positionner en bouclier humain devant les chars de l’ONUCI. A propos, ce pasteur s’est-il une fois mis devant char comme Gédéon devant le peuple d’Israël ? » demande Bony. « Je sais une seule chose : Dieu nous demande de prier pour la paix dans ce pays, pas choisir un Président dans nos églises. Je crois que ces hommes de Dieu pourrissent la situation au lieu de contribuer à l’améliorer par des messages d’union » souligne Blandine Kouamé. « Il y a beaucoup de révélations » nous dit un chrétien « mais je crois que Dieu nous donne le don de discernement pour savoir quelle prophétie vient de lui ou quelle autre ne vient pas de lui ». L’homme d’une trentaine d’année nous dira que sa conviction personnelle c’est que la sortie de crise ne sera pas calquée sur aucune prophétie mais un coup d’éclat pour la gloire de Dieu.

Espérons qu’il dise vrai et que Dieu fidèle à sa miséricorde ne choisissent pas le bruit des bottes pour asseoir la paix en Côte d’Ivoire.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


56 jours de détention arbitraire à la MACA pour nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) accusés sans preuves d’atteinte à la sureté de l’Etat.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas et nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi