Kahofi SUY

Le vent de la relance souffle aussi sur San-pédro

 

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Le vent de la relance souffle aussi sur San-pédro

La capitale de l’extrême ouest Ivoirien est en plein dans le mouvement de relance économique et de reprise des activités au plan socio-administratif. Le premier indice de cette reprise est le retour des navires marchand dans le port de la ville. En effet San-pédro abrite le premier port d’exportation de cacao au monde et la relance des activités sur cette plate forme économique signifie clairement la relance de toute l’économie de l’ouest Ivoirien mais surtout l’industrie cacaoyère de Côte d’Ivoire. Guy Manoir est le Directeur Commercial du PAS (Port Autonome de San-pédro) et pour lui le port vit de nouveau. « Nous sommes à une phase de reprise au niveau des activités du port de San-pédro. Nous recevons un premier navire aujourd’hui cela donne espoir, demain il y a un second qui arrive. Ils viennent débarquer des conteneurs vides afin de préparer la relance effective des exportations de cacao. C’est un soulagement lorsque nous voyons ces activités démarrer ce jour ».

Les populations de la cité portuaire sont heureuses de cette reprise dans la mesure où le port fournit environ 40% des emplois direct aux habitants de la ville. Le seul problème comme d’ailleurs partout en Côte d’Ivoire c’est la sécurité. A ce niveau le commandant des FRCI dans la région du Bas-Sassandra Coulibaly Djoman veut rassurer les habitants. « Nous sommes en train de faire notre travail de ratissage, récupérer les armes que les gens ont abandonné ça et là mais à côté de ça les activités ont repris. Nous demandons donc à tout le monde de s’inscrire dans cette logique parce que nous voulons redémarrer l’économie de la Côte d’Ivoire et nous avons besoin de tous les fils de ce pays pour le faire ». Le Commandant Coulibaly Djoman s’est aussi félicité de la reprise des  activités du port et dans l’administration. Il a noté une bonne entente entre FRCI et le personnel administratif de la ville, les responsables du port, les douaniers et la population de façon générale.

La Côte d’Ivoire, Premier pays exportateur de cacao au monde peut dire qu’avec la reprise des activités au Port Autonome de San-pédro c’est la vie économique qui est véritablement relancée. Les coopératives exportatrices quant à elles espèrent que les cours mondiaux des fèves brunes pourront permettre aux paysans de tirer profil des ventes après quatre mois passés à attendre. L’espoir de meilleures rentes dans la vente du café et cacao habite chaque Ivoirien car le fruit de la vente du binôme agricole fait tourner tout le pays.

Suy Kahofi (correspondance particulière de San-pédro)


Voyage d’un éco-touriste à travers la Côte d’Ivoire

Vous connaissez vraiment la Côte d’Ivoire ? Je veux dire celle d’avant la crise post-électorale, la terre d’hospitalité, la capitale ouest-africaine la plus in en matière de musique, mode, économie, culture…

Certains la connaissent mais ils auront du mal à la reconnaitre aujourd’hui ! Elle est défigurée mais elle se remet petit à petit de ses blessures. Les buildings portent encore les stigmates des combats et les rues se libèrent des ordures. La crise vient de s’achever et je pense que mon pays devient de nouveau fréquentable pour prendre à contre pied certaines agences de voyage. Le touriste me dira certainement « que peut-on voir encore dans un pays qui sort d’une guerre civile ? ». Je lui dirai qu’il y a une Côte d’Ivoire qui n’est pas le fruit de la création humaine et qui reste intacte dans son ensemble. Je veux parler de la nature et celle que DIEU a offerte à la Côte d’Ivoire est très belle. Je vous invite donc à découvrir la Côte d’Ivoire, la première terre africaine de l’éco-tourisme.

Suy Kahofi


Les journaux bleus ne sont pas encore de retour

 

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Dénis Kah Zion le patron du GEPCI appelle ses confrères à reprendre le travail

L’appel du GEPCI, le Groupement des Editeurs de Presse de Côte d’Ivoire a été entendu par les journalistes et les patrons des organes de presse qui ont décidé de signer le retour de leurs titres dans les kiosques. Ce lundi 18 avril, jour de reprise générale à Abidjan seuls les titres proches du RHDP étaient dans les kiosques et ils ont été seulement distribués à Abidjan. Les raisons de l’absence des journaux bleus symbolisant désormais l’opposition sont d’ordre sécuritaire. Les journalistes proches de Laurent Gbagbo continuent de se plaindre d’être victimes de représailles de la part de personnes supposées fidèles au Président Ouattara.

Les journalistes de Notre Voie, l’organe de presse du FPI, le parti de l’ex-président ivoirien semblent être au cœur de cette chasse à l’homme. Abdoulaye Villar Sanogo est le Directeur de Publication du quotidien et voici son témoignage. « Je suis à Abidjan mais je suis parti de chez moi. Je vis reclus quelque part ainsi que tous mes collègues d’ailleurs. J’ai un collègue qui a voulu rester chez lui, il pensait qu’il échapperait mais il a reçu la visite des gens et aujourd’hui sa maison est mise à sac. Tout le monde a reçu des menaces et c’est des coups de téléphone : ‘’on va vous faire la peau’’ ! Les menaces se sont accrues quand le Président a été arrêté ». Notons que le siège du quotidien a été saccagé et la reprise ne sera effective que lorsque le journal aura pu au moins reconstituer sa rédaction. Pour le Directeur de Publication si le siège a été saccagé c’est que quelque part les journalistes sont eux-mêmes attendus au tournant. « Nous n’allons pas baisser les bras : la démocratie doit continuer et pour qu’elle puisse continuer il faut que la presse vive et de tous les bords » a-t-il ajouté.

Dénis Kah Zion, premier responsable du GEPCI appelle les journalistes pro-gbagbo à sortir de la peur pour exercer librement leur métier. Il souhaite que les nouvelles autorités prennent toutes les dispositions sécuritaires nécessaires pour protéger et garantir la liberté d’exercer et de paraître à toutes les structures de presse en Côte d’Ivoire. « Nos amis qui sont du camp Gbagbo sont habités par une peur que j’estime légitime. Nous lançons donc un appel à tous, pour que ceux qui ont des comptes à régler avec nos confrères du camp Gbagbo abandonnent ce chemin et permettent à nos confrères d’exercer librement leur travail ». Au-delà de garantir la sécurité des journalistes, les nouvelles autorités Ivoiriennes entendent poursuivre en justice tous les hommes de média qui se sont rendus coupables d’incitation à la haine tribale et à la xénophobie. Ce cas n’est pas une exception dans le monde contrairement à ce que certains journalistes pensent. Au Rwanda les bailleurs de fond et journalistes de radio milles collines ont été épinglé un par un par le tribunal spécial pour le Rwanda. Même cas de figure au Kenya où des journalistes, lors de la crise post-électorale ont contribué à attiser la haine. Ces derniers sont derrières les barreaux ! Chacun sait quel a été son rôle dans cette crise : la profession de journaliste confère une certaine protection au plan juridique mais au-delà chacun peut subir les rigueurs de la loi.

Suy Kahofi


Reconstruction, relance économique : la Côte d’Ivoire n’est pas seule

 

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Il va falloir de l’aide et des capitaux pour remettre tout en marche

Démocratie et consécration d’un Etat de droit, voici les deux critères fondamentaux que les Etats Unis et l’Union Européenne imposent aux pays africains qui veulent bénéficier d’aides et profiter des partenariats économiques. Cette logique s’applique aussi à la Côte d’Ivoire qui après quatre mois de crise post-électorale s’engage désormais sur les sentiers de la relance économique, de la reconstruction et de la réconciliation. Les chantiers en friche sont importants pour ne pas dire vastes et les amis de la Côte d’Ivoire le savent.

Organisations ou Puissances économiques, chacun veut aider le pays à sortir de ses difficultés et chacun apporte sa pierre à l’édification d’une Côte d’Ivoire nouvelle. Au compteur des donateurs figure en première position la France. Elle se présente comme l’ancienne puissance colonisatrice certes mais elle est un partenaire économique incontournable pour la Côte d’Ivoire et un acteur clé dans le mouvement de sortie de crise. Selon Henri Raincourt, Ministre français chargé de la coopération, la France débloque 400 million d’euro d’aide à la Côte d’Ivoire. Cette aide à la relance est une première enveloppe directe de Paris en attendant que la France n’intervienne plus largement dans le cadre européen pour soutenir la Côte d’Ivoire. Sur place et de façon palpable, l’Ambassade de France a distribué plusieurs tonnes d’aide humanitaire d’urgence ce lundi 18 avril aux CHR de Treichville, Cocody et Yopougon. Ce premier don est une partie des 18 tonnes d’aide que le Ministère français des affaires étrangères et européennes offre à la Côte d’Ivoire. Deux autres lots en fourniture de médicaments et de matériels médicaux seront acheminés vers les trois Centres hospitaliers et la pharmacie centrale d’Abidjan.

La FAO de son côté annonce le début d’une aide à 10.000 familles rurales en Côte d’Ivoire et au Libéria voisin pour sauver la saison des semis qui est sur le point de débuter. Outils agricoles et semences seront distribués aux familles. L’ONU avait lancé le jeudi 14 avril dernier un appel pour collecter plus de 300 millions de dollar afin d’apporter une aide à ces deux pays. L’UNICEF pour sa part vient de faire un geste pour apporter une assistance immédiate aux populations. L’agence onusienne offre 60 tonnes d’aide d’urgence composées essentiellement de matériel humanitaire d’assistance, de kits scolaires et de kits médicaux de base. Un matériel qui va permettre de traiter environ 40.000 patients à travers le pays et cela pour trois mois. Louis V. Dubois responsable en communication de l’UNICEF nous renseigne ici sur le mode de répartition de cette aide. « Nous savons que les besoins sont grands en ce moment en Côte d’Ivoire donc nous allons prioriser les centres qui sont dans le besoin. Nous avons commencé la distribution sur Abidjan avec le matériel que nous avons dans nos entrepôts et nous allons continuer sur cette voie dans le reste du pays ».

Le mouvement de la relance est en marche et seule la volonté collective des Ivoiriens pourra permettre au pays d’avancer et de tourner la page.

Suy Kahofi


Lundi de reprise à Abidjan

 

La reprise est certes timide mais elle montre que le pays veut tourner la page

Ce n’est pas encore le 100 à l’heure qu’on connait à Abidjan mais le rythme de la reprise est plutôt encourageant. Après les appels du Président Alassane Ouattara au peuple de Côte d’Ivoire à reprendre ses activités et surtout aux fonctionnaires de reprendre le service, Abidjan a recommencé à vivre ce lundi matin. La circulation est plus importante, le nombre de boutiques et de magasins ouverts ou en rénovation est aussi important. Quelques bus de la SOTRA sont en ville mais ils circulent pratiquement vides : il faut dire qu’on ne se bouscule pas vraiment en ce premier jour de reprise. Quant aux services publics, les fonctionnaires sont plutôt ici pour faire un état des lieux. Le constat dans l’ensemble n’est pas reluisant. Ici au Plateau comme dans la quasi-totalité des quartiers, plusieurs services ont été soit pillés ou incendiés, les bureaux n’existent que de nom et de nombreux immeubles portent encore les stigmates des combats. Pour ce chef de service l’heure est à une évaluation des dégâts et des tractations pour trouver des moyens pour tout remettre en marche. « Comme vous pouvez le constater il n’y a plus rien, tout est parti : des ordinateurs aux meubles en passant par la robinetterie rien ne reste ici ! Nous espérons trouver rapidement un entrepreneur pour qu’il engage les travaux pour que les travailleurs puissent revenir » indique l’homme qui inspecte son bureau en marchant sur des éclats de verre.

Dans le reste de la ville l’activité est tout aussi visible et importante. Les wôrô-wôrô, les gbakas et les taxis compteur sont fidèles au rendez-vous et les stations ont recommencé à distribuer le carburant. Le prix du litre à la pompe qui était à 1000 f CFA quelque soit le produit est redevenu normal. Les super-marchés SOCOCE des II Plateaux, CDCI ou Leader Price Riviera reçoivent du monde. « Nous sommes de plus en plus rassurés et donc nous sommes sortis pour faire de nouvelles provisions. Tout se passe bien et pour le reste des courses nous irons à Koumassi comme me l’a recommandé un voisin » affirme Mme Konan. Tout semble reprendre vie en Côte d’Ivoire mais pour certains fonctionnaires et salariés l’étape la plus importante reste l’ouverture des banques car les familles n’ont plus rien. « On nous demande de retourner au travail c’est normal car nous devons contribuer à la relance économique du pays. Il y a aussi une chose que nos autorités ne doivent pas oublier : il nous faut de l’argent pour nous déplacer et rembourser nos dettes. La reprise est lente tout simplement parce que les Ivoiriens n’ont pas d’argent » affirme Mr N’gotta Claude. La réouverture des banques se présente donc comme un impératif dans ce mouvement de relance économique et de retour à la normal.

Suy Kahofi