Kahofi SUY

Des assises complètement décalées : les « gbês » de tata Simone !

Simone Gbagbo juste avant son grand oral (AFP)
Simone Gbagbo juste avant son grand oral (AFP)

Ils se sont régalés les partisans de l’ex-première dame c’est sûr ! Eux qui ont fait le déplacement pour assister au one woman show de la dame de fer restée silencieuse depuis sa sortie de prison.

Dans le vocabulaire ivoirien, les « gbês » désignent les quatre vérités de quelqu’un. Et depuis le début du procès en assise de la crise postélectorale, de nombreux partisans de Laurent Gbagbo attendaient patiemment la comparution de l’ex-première dame. Comme annoncé, Simone Gbagbo était à la barre ce lundi 23 février 2015 pour son grand oral. Durant 50 minutes elle a ouvertement accusé la France, l’ONU et les troupes fidèles à Alassane Ouattara d’avoir mis la Côte d’Ivoire à feu et à sang. L’ex-première dame ivoirienne dit ignorer ce qu’on lui reproche.  Elle a exposé sa vision de la crise à la cour en faisant un speech digne d’un cours magistral dans un amphithéâtre. Malgré cet exposé, elle a essuyé une salve de questions venant de l’avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire pendant plus de deux heures se montrant par moments dure dans ses réponses.

Il y a avait de quoi énerver l’ex-première dame selon ses partisans. Elle devait répondre à la même question quatre fois de suite simplement parce que maître Sounkalo (avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire) et ses pairs prenaient le malin plaisir à jouer avec les nerfs de Simone Gbagbo.

Avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire : Monsieur le président, l’accusée peut-elle nous dire si elle avait connaissance des résultats qui figuraient sur les documents déchirés par le représentant du FPI ?

A la question, le juge Dembélé Tahirou cache mal son étonnement, mais se fait fort de répéter la question.

Le juge : Madame, vous avez compris la question ?

Simone Gbagbo : Oui monsieur le président j’ai compris mais, le problème c’est que l’avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire pose des questions bizarres ! (rires dans la salle) Monsieur le président comment je peux savoir ce qui est écrit sur un papier qu’on déchire à la télé pendant que je suis à la maison ? Monsieur le président demandez à l’avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire de poser la question à M. Damana Pikass puisque c’est lui qui a déchiré le papier ! (rires et murmures dans la salle, mine gênée des membres de la cour).

Maître Sounkalo et sa suite, loin de tirer les conclusions de ce premier avertissement de l’ex-première dame, vont continuer de jeter de l’huile sur le feu. Cette fois-ci l’avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire trimballe ses casseroles à la Cour suprême, faisant semblant d’ignorer la position de l’ex-première dame sur le résultat de l’élection présidentielle.

Le juge : Madame Simone Gbagbo, je vous ai écoutée et donc pour vous lorsque le Conseil constitutionnel a proclamé Laurent Gbagbo président il n’y avait plus de débat politique pour trouver une solution à la crise ?

Simone Gbagbo : Oui monsieur le président, c’est une question de droit ! Aux Etats-Unis lors du contentieux électoral, il y a eu un recomptage des voix, avant même la fin de l’opération, le Conseil constitutionnel américain a déclaré un candidat vainqueur et personne n’a parlé. (…) Si nous ne respectons pas notre Conseil constitutionnel qui viendra le faire à notre place ? Acceptons nous-mêmes de respecter notre fétiche !

Une petite voix dans la salle (une voix dosée pour ne pas attirer l’attention du juge) : C’est ça qui est la vérité !

L’explication de l’ex-première dame ne semble pas satisfaire l’avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire. Déjà boudé par les journalistes pour avoir l’art de ne pas élever le niveau des débats, le juge en  reformulant sa question va passer un moment désagréable.

Avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire : Madame Simone Gbagbo, puisque vous êtes convaincue que le candidat Laurent Gbagbo a gagné l’élection, pourquoi après la prestation de serment devant le Conseil constitutionnel étiez-vous d’accord pour le recomptage des voix ?

Simone Gbagbo : Monsieur le président la question du Conseil constitutionnel est une question de droit… je ne suis pas avocate, mais je pense que j’ai été claire. Si l’avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire ne me comprend pas, je vais l’inviter – et c’est l’enseignante qui parle – à retourner à l’école pour apprendre de nouveau le droit ! La gifle… (Applaudissements et rires se mêlent, les journalistes se pincent entre eux, le juge passe au rouge !)

Le juge : (aux policiers) Faites-moi venir ceux qui ont applaudi.

Les hommes en uniforme qui se marraient comme des gamins reviennent à la réalité du procès et de leur fonction. Ils tentent vainement d’identifier des personnes.

Le juge : (toujours aux policiers) S’il n’y a personne faites-moi venir les cinq premiers qui ont commencé à applaudir !

Encore plus difficile…

Le juge : les policiers, je vous ai demandé de faire votre travail. Si quelqu’un applaudit encore vous me l’amenez pour que je puisse le juger. Je vais lui offrir un séjour à la Maison d’arrêt et correction d’Abidjan ! (rires obséquieux dans la salle)

SUY Kahofi


Most Fun : une solution 3D à la portée de tous !

L’imprimante Most Fun, son scanner et quelques reproductions 3D
L’imprimante Most Fun, son scanner et quelques reproductions 3D

La salle de conférence de l’Hôtel Pullman Abidjan-Plateau a servi de cadre à la présentation ce mercredi 18 février 2015 de l’imprimante 3D Most Fun de Hermes Technology. Une solution 3D qui sera distribuée en Côte d’Ivoire par MICROPRO, une société d’assistance et de maintenance informatique. C’est d’ailleurs le premier responsable de cette entreprise qui a présenté l’imprimante au public. Thierry Durantet dans une présentation d’environ 45 mn est revenu sur l’historique de la 3D, son évolution et ses nombreuses applications dans différents domaines d’activité. Cet exposé a permis d’aboutir aux spécificités de l’imprimante 3D Most Fun qui utilise la technologie FDM (Fused Deposition Modeling). Le FDM représente un avantage énorme dans la mesure où il évite tout gaspillage de la matière dans la reproduction d’un objet. La gamme de consommables proposée avec l’imprimante 3D Most Fun permet indifféremment la réalisation d’objets rigides avec l’usage de filaments PLA et d’objets flexibles avec l’utilisation des filaments TPU. Des consommables biodégradables qui respectent donc la législation en vigueur en Côte d’Ivoire sur l’utilisation du plastique.

Thierry Durantet de MICROPRO présente l’imprimante Most Fun 3D au public
Thierry Durantet de MICROPRO présente l’imprimante Most Fun 3D au public

Le public a manifesté un véritable intérêt pour l’imprimante 3D Most Fun en témoigne les questions qui ont suivi la présentation de Thierry Durantet. Les domaines d’application de l’imprimante 3D Most Fun sont très variés et s’étendent de l’orthodontie pour le médical au prototypage pour l’industrie avec des gains importants au niveau du coût de reproduction, du temps et de l’achat même de l’imprimante. Les particuliers ou entreprises intéressés pourront se procurer la Most Fun 3D à moins de 1000 € soit 590.000 f CFA HT ! Un investissement rentable au regard des nombreux avantages qu’offre l’imprimante Most Fun 3D.

SUY Kahofi


Victoire des Eléphants : à chacun sa célébration !

Enfin un deuxième trophée pour la Côte d’Ivoire
Enfin un deuxième trophée pour la Côte d’Ivoire

Après une longue marche de 23 ans vers le sacre continental parsemée de plusieurs échecs, la Côte d’Ivoire est enfin parvenue à décrocher le second trophée de son histoire avec une équipe remaniée à 95%. La victoire des Eléphants footballeurs sur les Blacks Stars du Ghana a été célébré à Abidjan jusqu’au petit matin. Pourtant avant le début de la compétition, rares étaient les analystes sportifs qui classaient les Eléphants parmi les favoris. Visiblement, les projections de Jacques Anouma, ancien président de la fédération ivoirienne de football ont été les bonnes. La Côte d’Ivoire championne d’Afrique et à peine le coup de sifflet final a retenti que les rues d’Abidjan, les maquis et les bars étaient noirs de monde ! Mais sur la toile chacun avait sa manière de célébrer cette victoire des Eléphants. Il y a en premier les supporteurs tout simplement heureux….sans autres formes de calcul.

CAN_7CAN_3Suivent les éternels provocateurs parmi lesquels on pourrait classer les fans de Yaya Touré et de Didier Drogba. Car à peine le coup de sifflet final a retenti que le débat sur les présumés échecs du capitaine Didier Drogba et du capitaine victorieux Yaya Touré refait surface.

CAN_8CAN_5Il y a avait les plus sceptiques que l’histoire et les gants de Copa Barry ont ramené à la réalité. Comme quoi il ne fallait pas vendre la peau du Renard (Hervé) avant la fin du match.

CAN_4Il y a aussi et surtout les révoltés contre la récupération politique et ethnique d’une victoire qui revient à tout un peuple. Ces derniers s’insurgent contre une sortie hasardeuse du ministre ivoirien de la Communication sur les antennes de la RTI. Parmi ces nombreuses phrases celle-ci qui a agacé plus d’un : « Alassane Ouattara = Chance » ! Comme si tous les présidents ivoiriens avant lui portaient la poisse !

can_1Enfin il y a ceux qui croient aux signes d’une histoire qui se répète et voici leurs arguments. En 1992 la Côte d’Ivoire remporta la finale face au Ghana. En ce moment Laurent Gbagbo était en prison. Un an après Houphouët Boigny meurt ! Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire remporte le trophée continental face au Ghana et Laurent Gbagbo est encore en prison. La coupe est là donc un an après celui qui est au pouvoir doit mourir !

CAN_6Alassane Ouattara va-t-il mourir comme Houphouët Boigny un an après avoir posé ses mains sur le trophée de la CAN ? Attendons 2016 pour avoir une réponse ! Pour les ivoiriens biens heureux comme moi, je retiens un seul signe de l’histoire qui se répète. La chance aura souri à la Côte d’Ivoire 23 ans après Sénégal 92 face au Ghana sous les gants et le coup de pied d’un autre Gardien après Gouaméné Alain, Copa Barry !

SUY Kahofi


Monsieur le Président, venez attendre le trophée à Abidjan !

L’exploit de Sénégal 92 est possible !
L’exploit de Sénégal 92 est possible !

Monsieur le Président,

L’intensité de la joie de la victoire des Eléphants de Côte d’Ivoire sur les Léopards de la RDC a baissé d’intensité. Et dans la paisible attente de la finale du dimanche face au Ghana, les spéculations vont bon train non pas sur le score du match, mais sur un autre sujet. Il s’agit de votre présence dans les tribunes pour vivre en direct la finale de la CAN 2015. Je me demande moi-même pourquoi certains Ivoiriens polémiquent sur votre présence dans les tribunes ? Vous êtes citoyen ivoirien et à ce titre vous avez le droit d’être dans les tribunes avec votre maillot OBV pour soutenir cette équipe. Le seul problème, c’est que vous n’êtes pas un Ivoirien comme les autres : vous êtes le président de la République et surtout garant d’un pouvoir politique. Je dois vous l’avouer, ils sont nombreux les Ivoiriens qui ne veulent pas vous voir au stade. Et les raisons de ce refus de votre présence au stade résident dans cette image qui suit.

Tristesse du président ivoirien après la défaite face à la Zambie
Tristesse du président ivoirien après la défaite face à la Zambie

Oui monsieur le président, vos fans n’ont pas supporté vos larmes lors de cette défaite face à la Zambie ! Même moi quoi vous parle, j’ai été touché de voir mon président pleurer pendant que le même Renard avec son sourire narquois et provocateur dansait le chipolopolo ! Oui Monsieur le Président, plus jamais vos larmes sur un stade… Par contre vos détracteurs estiment que vous êtes celui qui n’a pas porté chance aux footballeurs ivoiriens face à la Zambie. Je vous jure que lorsqu’ils vous ont vu au stade, ils ne se sont posé qu’une seule question : « Il est allé chercher quoi là-bas ? » Et ces derniers d’ajouter : « Faut pas, il va porter la poisse aux enfants ». Que nenni ! Comment le père de l’émergence peut-il porter la poisse à son équipe nationale ? Comment celui qui offre des ponts et des routes pour le bonheur de son peuple peut-il convoyer la malchance sur un stade obligeant ses compatriotes à dormir à 19 heures avec les larmes ? Je refuse de croire que la poisse vous suit… le problème est ailleurs, mais par mesure de prudence je vous propose ma solution.

Face au père des solutions, quelle solution puis-je proposer ? Je sais que Paris – Malabo est une distance mineure pour un grand voyageur comme vous, mais je vous demande humblement, Monsieur le Président ,de venir attendre la Coupe d’Afrique à Abidjan. Comme le fit votre père et mentor Houphouët Boigny, asseyez-vous royalement dans le bia (fauteuil) présidentiel et laissez votre premier ministre Duncan ou même votre fils Guillaume Soro président de l’Assemblée nationale vous présenter Dame coupe. Vous mettrez un point final aux nombreuses spéculations et surtout vous entrerez doublement dans l’histoire.

1 – Vous serez le premier à avoir à son palmarès une Coupe d’Afrique en qualité de président de la République, et d’ancien premier ministre.

2 – Vous serez le premier président à avoir à son palmarès une Coupe d’Afrique après celle du père fondateur.

3 – Vous serez le premier président ivoirien à avoir à son palmarès la nouvelle version du trophée de la CAN.

Monsieur le Président, si je ne vous ai pas convaincu, sachez que je serais parmi la colonie d’Ivoiriens qui viendront vous accueillir à l’aéroport de Malabo si vous faites le choix de venir.

Très respectueusement


Les assises complètement décalées (acte 2) : un héritier de Blaise Pascal à la barre !

L’ambassadeur Gnamien Yao conseiller du président Laurent Gbagbo
L’ambassadeur Gnamien Yao conseiller du président Laurent Gbagbo

Comme le disait ma mère Mohou : « Aller à l’école c’est bien ! » Cela vous permet de savoir lire et écrire, mais surtout d’avoir des diplômes et d’être quelqu’un de bien, de grand et même d’incontournable dans la société. C’est encore plus important d’aller à l’école, car cela vous permet de rendre les choses très simples pour les personnes qui ne vous comprennent pas ou qui font semblant de ne pas vous comprendre. C’est l’exercice auquel s’est livré l’ambassadeur Gnamien Yao conseiller du président Laurent Gbagbo dans un passé récent. Dans le cadre du procès en assise de la crise, le diplomate s’est retrouvé à la barre pour se prononcer sur ses relations avec le président Gbagbo et son implication dans la crise. L’homme à la barre s’est montré très éloquent au point de donner l’impression au président de la cour « qu’il animait un meeting politique ». A son aise sur tous les sujets relatifs au quiproquo électoral du second tour de l’élection présidentielle de 2010, il a démontré au parquet général qu’en Afrique les chefs font tout pour ne rien entendre.

Le parquet général : avez-vous demandé au président Gbagbo de reconnaitre la décision du panel ?

 Gnamien Yao : Si je lui ai demandé ?…Vous savez Monsieur, on va chez le chef avec ses idées et on ressort de chez le chef avec les idées du chef (rires dans la salle).

Jusqu’à la fin de son audition, le diplomate n’a jamais accepté de dire à un seul moment que Laurent Gbagbo n’était plus le chef de l’Etat au lendemain du second tour. Il atteste n’avoir jamais prôné la violence, mais avoir utilisé tous les moyens légaux et non violents pour que son candidat puisse être reconnu par tous comme président élu.

Le parquet général : alors pour vous, c’est le président Laurent Gbagbo qui a gagné l’élection ?

Gnamien Yao : Vous savez Monsieur, dans la culture des diplomates nous sommes respectueux du protocole. Lors du premier tour, les résultats ont été obtenus selon un schéma très clair. A+B+C = résultats (mine curieuse et amusée de la cour, du parquet général et de l’assistance).

Que vient chercher une théorie de calcul à la barre ? Et le diplomate d’éclairer l’assistance. A pour la proclamation des résultats provisoires par la CEI, B pour la certification et C pour la consolidation et la proclamation finale par le Conseil constitutionnel. Ainsi ce schéma a été respecté au premier tour, mais l’homme s’étonne que par le plus spectaculaire des revirements on tente d’imposer une autre théorie aux Ivoiriens.

Gnamien Yao : Messieurs on nous demande au second tour de dire désormais que le résultat = A+C+B ! Voici comment les problèmes sont arrivés (murmures et rires obséquieux dans la salle).

Le président de la cour : Monsieur Gnamien Yao, un des jurés a une question. Et si les résultats de A et C sont les mêmes que fait B ?

Gnamien Yao : Monsieur le Président ,le protocole est une appréciation qualitative et non quantitative ! A+B+C est un ordre protocolaire j’ai indiqué (rires dans la salle et mine gênée du juré auteur de la question).

Comme quoi avoir à la barre un diplomate, homme politique, militant du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire) et surtout amoureux des mathématiques, ça donne forcément une audience sur fond de cours de mathématiques !

SUY Kahofi