Kahofi SUY

Fraternité Matin a un nouveau Patron

 

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Venance Konan le nouveau Directeur Général de Fraternité Matin.

Les choses bougent en Côte d’Ivoire et le milieu de la presse n’échappe pas à cette réalité. Premier bouleversement et non des moindres, le quotidien gouvernemental Fraternité Matin a un nouveau patron son nom : Venance Konan, un ancien journaliste de la maison verte. La décision est tombée à la suite d’une réunion du Conseil d’Administration de l’entreprise de presse le 26 avril. L’ancien Directeur Général de Fraternité Matin Jean-Baptiste Akrou sans avoir donné le nom de son remplaçant a annoncé son départ à la tête de ce média d’Etat. « Depuis le mardi 26 je ne suis plus le DG : j’ai été révoqué », a-t-il expliqué à l’équipe du GEPCI (Groupement des Editeurs de Presse de Côte d’Ivoire) qui s’est rendue dans cette entreprise dans le cadre de ses visites aux structures de presse sinistrées. Venance Konan depuis Paris où il est encore à ce jour a souligné qu’il entend positionner le quotidien d’Etat qu’il connait bien dans le moule de la réconciliation nationale.

Qui est Venance Konan ? (Sa biographie)

Né le 12 Décembre 1958 à Bocanda, KONAN Kouassi Venance marié et père de deux enfants est l’un des journalistes les plus célèbres de Côte d’Ivoire. Après un Baccalauréat au lycée de Daoukro, il obtient une maîtrise de droit public, université d’Abidjan mais c’est en France qu’il ira poursuivre ses études. Il est titulaire d’un Doctorat en droit de l’université de Nice, France et d’un DEA de droit international, université de Nice. Correspondant permanent d’Afrique Magazine (A.M.) depuis le 1er janvier 2007, il jouit d’une solide expérience. Il fait son entrée à Ivoir’ Soir en 1987 et deux ans plus tard il devient Chef de service. En 1994 il devient Rédacteur en chef d’Ivoir’ Soir. De Janvier 1999 à octobre 2002 il est Chef du service communication de l’Assemblée puis de novembre 2002 à décembre 2006 il est Rédacteur en chef central chargé des  Grands Reportages et chroniqueur à Fraternité Matin.

La plume de Venance Konan n’est pas seulement faite pour informer au quotidien. Elle se range aussi dans les bibliothèques sous des titres différents. En décembre 2003 il est l’auteur d’un roman édité par les Nouvelles Editions Ivoiriennes et Fraternité Matin, intitulé ‘’Les prisonniers de la haine’’, d’un recueil de nouvelles intitulé ‘’Robert et les Catapila’’ édité en avril 2005 par les Nouvelles Editions Ivoiriennes. Il signe un recueil de chroniques intitulé ‘’Nègreries’’ édité en juin 2007 par Frat-Mat Editions. Suivent un roman intitulé ‘’les Catapila ces ingrats’’ édité par les éditions Jean Picollec en France, un livre collectif intitulé ‘’Dans la tête de Sarkozy’’ aux éditions du Seuil en France et d’un livre collectif intitulé ‘’Ngo ndi ou palabres, pamphlets à deux mains’’ aux éditions du Réveil en Côte d’Ivoire. A participé en 2005 à l’élaboration et à la rédaction des ‘’Scénarios pour la Côte d’Ivoire’’ réalisé avec la collaboration de l’ambassade suisse en Côte d’Ivoire et le Programme des Nations Unies pour le Développement.

C’est donc un homme d’expérience qui s’installe dans le fauteuil de Directeur Général de Fraternité Matin.

Suy Kahofi


Triste fin pour un ex-putschiste : IB tombe à PK 18

 

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IB est tombé hier à Abobo PK 18

Était-il obligé de se sacrifier là où il pouvait sorti la tête haute surtout après ce qu’il a fait avec le commando invisible ? IB aura donc choisi une voie sans issue face à la machine des FRCI qui sur ordre du Président de la République a décidé de pacifier Abidjan. Jouant au grand, à l’incontournable, donnant dans le m’a tu vu et un comportement défiant l’autorité, IB aura donc payé de sa vie son entêtement et surtout ce que beaucoup à Abobo qualifie d’intention inavouée. Le commando invisible d’Abobo qui était à l’origine un groupe d’auto-défense s’est véritablement militarisé sous la houlette d’IB mais au fil du temps, des dissensions idéologiques vont naître et fragiliser le mouvement. D’un côté ceux qu’on appelle les pro-ouattara. Ils refusent de voir Laurent Gbagbo à la tête du pays et s’opposent aux massacres des civils par les FDS. Puis un autre groupe qu’on dit très proches de IB et qui épouse sa logique qui est dans un premier temps d’évincer Laurent Gbagbo et renverser Alassane Ouattara. Il propose une transition qu’il dirigerait et l’organisation de nouvelles élections. C’est d’ailleurs cette vision des choses qui va pousser de nombreux combattants du Commando Invisible à rejoindre les FRCI. « Il nous a menti, nous ne sommes pas d’accord pour un coup d’Etat contre Ouattara » affirmait un combattant lors de la patrouille de désarmement organisée par le commandant Wattao. « Je n’ai pas compris IB : il n’avait plus d’hommes mais il voulait se battre. C’est une attitude suicidaire et il a payé ! » affirmait un proche du commandant Lossény. Triste fin pour l’ex putschiste et bras droit du Général Robert Guëi. Il avait le choix entre désarmer et faire allégeance sans condition au Président de la République, partir de nouveau en exile ou mourir. Il a choisit la dernière option ! C’est donc un message clair envoyé aux miliciens qui se battent toujours à Yopougon : personne ne pourra saper impunément le processus de retour à la normal lancé par le Président Alassane Ouattara.


Côte d’Ivoire : un grand pas dans la lutte contre le paludisme

Les traitements pour tout cas de paludisme seront gratuits

Gratuité du traitement

On peut sans risque de se tromper dire que le paludisme est le premier problème de santé publique en Afrique et ce fléau continue de faire chaque année un nombre important de victimes. La Côte d’Ivoire qui est un pays situé dans la zone inter-tropicale n’échappe pas à cette maladie. Docteur Sran Koffi, Directeur du Programme National de lutte contre le paludisme nous renseigne sur la présence de la maladie en Côte d’Ivoire. « Partout en Côte d’Ivoire on court le risque d’attraper le paludisme donc il n’y a pas de zone plus exposées que les autres. Les enquêtes réalisées un peu partout démontrent que la situation est grave. C’est juste pour vous dire que dans chaque région le paludisme apparait comme la première maladie visible au centre de santé ». Tout en évitant de nous plonger dans des chiffres techniques, le Docteur Sran Koffi nous dira que sur 10 malades admis en consultation ou en unité de soin, 7 dépistés à la goutte épaisse développent la maladie. C’est d’ailleurs pour freiner l’avancée de la maladie et sauver des vies que les autorités Ivoirienne viennent de prendre une importante décision. A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le paludisme le lundi 25 avril, les autorités sanitaires ont annoncées que désormais les traitements pour tout cas de paludisme dépisté dans un centre de santé public sont gratuits !

Le paludisme dans le monde

Cette décision qui entre dans une stratégie de riposte sanitaire vigoureuse vise à réduire le fardeau de cette pathologie sur les couches défavorisées qui ont eu beaucoup de mal à s’inscrire dans les programmes de vulgarisation de la moustiquaire imprégnée faute de moyen. Au sujet de cette importante décision prise par les autorités Ivoiriennes, voici les explications de Docteur Sran Koffi. « Dans les réponses nationales aux problèmes posés par le paludisme, il fallait faire face à l’accès au traitement rapide. C’est la raison pour laquelle les autorités ont donc décidé que le paiement soit levé sur le traitement du paludisme en Côte d’Ivoire. Le paludisme comme plusieurs autres maladies dans notre pays est donc décrété activité prestation gratuite ».

Joie…et inquiétudes des populations

« Une telle décision ne peut que nous réjouir puisse que cette maladie nous fatigue beaucoup surtout nous les femmes. Les proportions de femmes et de bébés qui meurent à cause de cette maladie sont inquiétantes » affirme Mme Aka une enseignante. Pour cette mère de famille le gouvernement doit mettre les moyens à la disposition des centres de santé et hôpitaux pour que cette décision soit appliquée à la lettre. Mr Kouassi Clément, producteur de cacao se réjouit de cette mesure qui soulage de nombreuses familles rurales. « En milieu paysan nous avons d’énormes difficultés avec cette maladies qui nous prive de nos manœuvres souvent en pleine période de récolte ou de d’intense défrichage. Nous estimons que les centres de santé ruraux méritent une attention particulière car c’est là qu’on trouve les malades les plus démunis ». Pourtant la joie des Ivoiriens ne cachent pas leurs inquiétudes. En effet plusieurs maladies décrétées de facto activité prestation gratuite dans les centres de santé publics restent en réalité payant ! Difficile de dire si les autorités sanitaires Ivoiriennes en haut lieu le savent mais certains infirmiers véreux continuent de vendre les traitements contre la lèpre ou la tuberculose pourtant gratuits ! « Cette décision ne sera véritablement effective que si les autorités suivent les professionnels de la santé à la lettre. Le paludisme est une maladie dangereuse et si le gouvernement met les moyens pour contrer la maladie et que certains s’enrichissent sur le dos des malades cette décision n’aura aucune portée » déclare Sié Marcel usinier. Pour le jeune homme les nouvelles autorités Ivoiriennes doivent mettre fin « au règne des mafias » dans l’univers de la santé.

Suy Kahofi


Mouvement de reprise dans les banques et l’éducation

 

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Enseignants et élèves étaient présents pour la reprise

26 avril 2011 jour de reprise dans les milieux de l’éducation et des Banques. Tout au long de cette journée nous avons eu l’opportunité de faire le tour de plusieurs écoles primaires, lycées, collèges et grandes écoles pour constater la reprise.

Sur un air de prise de contact

L’appel de Mme la Ministre Kandia Camara a belle et bien été entendu par les professionnels de l’éducation. Fondateurs, enseignants mais surtout élèves sont sortis ce 26 pour retrouver leurs établissements et salles de classes. Treichville, Marcory, Koumassi en passant par Port-Bouët, les élèves ont pris d’assaut leurs différents établissements. C’est la joie des retrouvailles et les échanges amicaux, les tapes et les rires le montrent bien. Madame Assamoi est Proviseur du Lycée Moderne de Treichville et elle nous dresse le bilan de la reprise dans son établissement. « Ce matin nous sommes arrivés très tôt : les professeurs sont là et sur un total de 48 professeurs là présentement, nous devons être à 45 professeurs qui sont là. C’est plutôt du côté des élèves qu’il n’y a pas eu une grande affluence. Je pense que c’est parce que les parents n’ont pas encore perçu leurs salaires ». En effet il faut bien que les parents puissent renouveler les cartes de bus pour que les enfants puissent se déplacer. L’autre problème qui justifie l’absence des élèves et d’une partie importante des professeurs c’est la situation sécuritaire à Yopougon. Nous avons croisé des enseignants qui nous ont confirmé que certains de leurs collègues sont bloqués par les combats de Yopougon. La journée a aussi été marquée par des réunions entre corps enseignants et personnel administratif dans plusieurs grandes écoles où il n’y pas eu vraiment cours. L’ordre du jour de ces rencontres portait sur l’harmonisation des modules d’enseignement et des modifications apportées par le Ministère de tutelle pour sauver l’année scolaire.

L’intérieur du pays

Ambiance de reprise également à l’intérieur du pays comme ici à Dimbokro. L’EPV Protestante a reçu la quasi-totalité de ses élèves. Pour le Directeur Assemian Eugène, la reprise est effective et vu que les élèves et les enseignants sont tous restés sur place, ils ont pu faire cours. L’école est plein d’herbe et le Directeur promet que tout sera propre dans les 48 heures qui viennent. Même son de cloche à San-pédro la cité balnéaire où les cours ont effectivement repris dans tous les établissements. Le point avec le Directeur Régional de l’Education National du Bas-Sassandra Pongaté Abraham Sanogo. « Nous venons d’effectuer une tournée dans les écoles et il faut dire que la reprise est effective mais comme toute reprise c’est un peu timide. Nous sommes à plus de 60% au niveau du taux de présence élèves et tout le personnel est présent ».

Signe encourageant dans les banques

Lors de notre tour des écoles, les enseignants ont insisté sur le fait que la reprise ne sera véritablement effective à 100% que lorsque les banques pourront virer les salaires. Ce vœu risque de se réaliser plus vite que prévu car dans les banques on s’active. Le personnel des banques, notamment les caissières et les chefs produits sont présents. Ici c’est le silence qui renseigne le curieux mais à force d’insister on fini par avoir le renseignement rechercher. « Pour le moment nous sommes à l’étape de la réactivation des systèmes informatiques que nous avons sécurisé sur des sites de replis. Nous allons faire tourner le système, vérifier l’état des comptes, procéder au ravitaillement en billets et nous préparer pour les guichets. D’ici la fin de l’autre semaine vous aurez votre argent ! » nous renseigne un banquier. L’aspect sécuritaire n’est pas laissé de côté dans ce mouvement de reprise dans les banques. Selon Jacob Amematekpo de l’Association des Professionnels des Banques et Etablissements Financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI), les FRCI promettent des unités statiques devant les banques et des unités d’intervention mobiles pour rassurer les clients. Les banques pourront toujours garder les éléments des compagnies privées qui assurent la sécurité à l’intérieur des banques. Les foyers asphyxiés par la crise n’attendent que la réouverture des banques et le virement des salaires pour pouvoir souffler. Il faudra néanmoins attendre le 28 avril pour avoir les précieux billets série A de la BCEAO entre vos mains car c’est aujourd’hui que la banque des banques ouvre ses portes.

Suy Kahofi


Yamoussoukro : la résidence de Nanan Boigny transformée en poudrière

 

La résidence de Houphouët Boigny à Yamoussoukro transformée en poudrière

A beau convoiter le harem de votre père de son vivant, vous ne pouvez en aucun cas transformer sa dernière demeure en crachoir dit le proverbe turque. En d’autres termes même quand on n’aime pas un homme de son vivant, à sa mort on évite de le vilipender ou de ternir son image. Malheureusement l’ancien président ivoirien à savoir Laurent Gbagbo n’a certainement jamais su ce que ce proverbe signifiait. Félix Houphouët Boigny, que tous les Ivoiriens respectaient et respectent encore ne jouissait auprès de la refondation que d’un statut de personnalité de seconde zone sinon comment expliquer que la résidence du père de la Nation Ivoirienne ait été transformée  en poudrière ? Depuis plusieurs mois les membres de la famille Boigny et les patriarches de la tribu akouê (tribu baoulé de Yamoussoukro) ont demandé au Préfet Dakoury et aux autorités militaires d’épargner à la mémoire du vieux une telle humiliation mais personne n’a levé le petit doigt. Pire la résidence servait à loger les mercenaires angolais et libériens et quand besoin se faisait sentir devenait un camp d’entrainement commando pour miliciens ! Laurent Gbagbo avait une drôle de manière d’agir pour quelqu’un qui se taguait d’être Houphouétistes et seul héritier digne du Père.

La chute de la ville a donné la possibilité aux FRCI de découvrir dans les sous-sol de la résidence des Boigny et de la résidence des hôtes (résidence des chefs d’Etat en visite), d’importante quantité d’armes. Cet armement est composé essentiellement de caisses de munition de différents calibres, de grenades, de roquettes pour hélicoptères de combat, de missiles, de mortiers 120 mn et leurs obus ainsi que d’autres équipements militaires des FDS transférés depuis 2002 des camps militaires vers ce lieu plein de symbole pour les Ivoiriens. Pour le commandant Chérif Ousmane c’est une situation inadmissible surtout qu’il s’agit d’un lieu où le Père de la Nation a vécu et où de nombreux chefs d’Etats de pays amis et frères sont logés quand ils sont en Côte d’Ivoire. « Quand vous regardez toutes ces armes stockées ici vous vous rendez compte que le Président Houphouët Boigny est vraiment mort ». « Ce palais pour moi n’est pas une simple poudrière mais une véritable dynamite qui peut sauter à la moindre étincelle » déclare Nanan Boigny III, le chef de village de Yamoussoukro. Pour lui c’est une grande satisfaction pour tout le peuple akouê mais également pour tous les Ivoiriens car le Palais qui fait la fierté de la Côte d’Ivoire sera libéré de ces engins de mort. La Côte d’Ivoire doit se résigner à vivre encore au rythme des découvertes macabres et surtout celles des caches d’armes car on est bien loin de s’imaginer la quantité de munition et d’armes disséminées par le régime de la refondation en Côte d’Ivoire.

Suy Kahofi (correspondance particulière de Yamoussoukro)