Kahofi SUY

Message de fin d’année du représentant spécial du Secrétaire Général des nations unies pour la Cote d’Ivoire

Bert Koenders Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire

Chères Ivoiriennes, chers Ivoiriens,

Nous voilà arrivés au terme d’une année 2011 au cours de laquelle la Côte d’Ivoire a eu à affronter d’énormes défis. Grâce à vos efforts, votre pays, la Côte d’Ivoire s’est remise sur la voie de la démocratie, de la réconciliation et de la paix. La Communauté Internationale a, tout le long, été å vos cotés et nous sommes tous témoins du retour progressif de la paix en Côte d’Ivoire et de son nouveau rôle dans le concert des nations. Tout ceci a été réalisé au prix de grands sacrifices par la Côte d’Ivoire et vous, son peuple. Toutefois, les deux prochaines années seront critiques car les autres défis à surmonter sont immenses, notamment sur le plan de la sécurité humaine, de la protection des civils, de la réconciliation nationale et du développement. Je voudrais saisir l’occasion des fêtes de fin d’année pour vous dire que l’heure est enfin venue de tourner la page et pour vous réaffirmer la volonté de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire de continuer à s’engager résolument aux côtés des autorités et du peuple ivoirien afin de garantir la consolidation des efforts consentis et la réalisation des nouveaux chantiers. Qu’il s’agisse de la réforme du secteur sécuritaire, de la restauration de l’autorité de l’Etat, de la justice impartiale et de la réconciliation ou plus d’opportunités économiques et sociales pour les plus démunis, perspectives auxquelles aspire le peuple ivoirien, l’ONUCI continuera de fournir tout son appui et d’être à vos côtés.

Chères Ivoiriennes, chers Ivoiriens,

En conclusion, laissez-moi vous dire combien exaltant est d’être appelé à mettre en œuvre les Résolutions du Conseil de Sécurité dans votre beau pays et, étant votre hôte, au nom de la Mission et en mon nom personnel, permettez-moi de vous souhaiter une Année 2012 de paix, de bonheur et de prospérité, à toutes, à tous, à chacune et à chacun.

Bert Koenders

Représentant Spécial du Secrétaire Général ONUCI


ARRET SUR IMAGE !

 

Homme-statue au rond point de Treichville (Abidjan-sud)

Si vous visitez Abidjan un de ces quatre, vous aurez certainement la chance de croiser par hasard un homme-statue dans les rues de la capitale. Ceux que je baptise ainsi sont des jeunes gens qui ont développé la capacité de rester dans une même position pendant plusieurs minutes. A les voir on dirait automatiquement qu’ils ont été sculptés ! Si personne ne vous dit qu’il s’agit d’un homme vous resterez planté là à regarder cette statue déposée au rond point. Généralement les homme-statues sont aux couleurs nationales ivoiriennes : orange-blanc-vert. Les couleurs sont directement disposées sur le corps. Je ne sais pas de quand date exactement le phénomène mais depuis 1992 je voyais des supporters des éléphants de Côte d’Ivoire se peindre le corps pour hurler dans les stades. Les homme-statues ont tous un accessoire en commun : le petit canari ! A quoi sert le canari ? Il est le récipient où les passants viennent jeter des pièces de monnaie pour aider l’homme-statue à tenir bon ! Si dans certains pays du monde certains jouent de la guitare ou de l’accordéon pour se faire un peu d’argent, sur les bords de la lagune Ebrié les homme-statue ont trouvé leur gagne-pain quotidien !


Café-Cacao : la Côte d’Ivoire consacre la vente anticipée à la moyenne en 2012

 

Le cacao sera vendu 1 an avant la récolte!

Après la dissolution des nombreuses structures de gestion de la filaire café-cacao en Côte d’Ivoire, le gouvernement Ivoirien est au point d’achèvement de la reforme dans la filière café-cacao pour ce qui est des axes prioritaires à exécuter en 2012. Au compteur des principales décisions à appliquer dès janvier 2012 à l’ouverture de la grande saison de récolte figure l’instauration d’un prix bord champ unique et obligatoire que tous les acheteurs doivent respecter sous peine de sanctions. Jusqu’à ce jour, les différents prix bord champ fixés ne sont nullement respectés par les acheteurs qui sur le terrain spéculent en fonction des paysans. Le prix de 1000 francs CFA officiel est revu à la baisse et déprécié de 30 à 45% dans certaines zones de production de l’est et de l’ouest du pays. Mamadou Sangafoa Coulibaly le Ministre Ivoirien de l’agriculture souligne que de telles pratiques seront un vieux souvenir à partir de 2012 et rassure que l’efficacité des reformes permettra aux paysans de toucher au moins 60% du prix CAF.

A partir de 2012 la Côte d’Ivoire consacre également un programme de vente anticipée à la moyenne. Il s’agit de vendre à des prix attractifs la production nationale un an avant la récolte sous le format d’une commande passée à l’international. Ce type d’opération permettra de stabiliser à l’avance les prix et sur la base de ce marché global garantir un prix unique d’achat. Ce prix sera connu des paysans et des acheteurs avant le début de la livraison des fèves brunes. Le programme de vente anticipée à la moyenne implique que la qualité du cacao Ivoirien soit de bonne qualité d’où cet appel du Ministre Mamadou Sangafoa Coulibaly aux paysans afin que ces derniers puissent adopter les bons gestes de production et de stockage des fèves. La reforme de la filière café-cacao était l’une des promesses de campagne du candidat Alassane Ouattara et les paysans de leurs côtés espèrent que cette promesse se transformera en réalité pour qu’après tant d’année de souffrance ils puissent enfin vivre du fruit de leur labeur.

SUY Kahofi


Nouvelle bavure des FRCI : 4 morts et plusieurs blessés

 

Les exactions se poursuivent comme pour dire qu’ils ne sont soumis à personne !

De mémoire d’ivoirien jamais les hommes en uniformes n’ont autant défié un Président de la République et l’Etat major à sa solde que celui du Président Alassane Ouattara. Malgré les menaces de sanctions, les emprisonnements d’éléments indélicats ou les radiations, les éléments des FRCI continuent de narguer les autorités Ivoiriennes en multipliant les actes de barbarie et d’agression envers les populations qu’ils sont sensés protéger. Après la bavure de Vavoua, les FRCI viennent de s’illustrer de nouveau à travers une fusillade dans la localité de Sikensi à 60 km au nord d’Abidjan ; un nouveau drame qui a occasionné la mort de quatre personnes et fait plusieurs blessés. Une banale bagarre dans un maquis serait à l’origine de cette bavure qui loin de s’arrêter à un face à face civils – FRCI s’est mué en conflit inter-communautaire entre autochtones Abidji et allogène Malinké.

Le Préfet de région YEO Oumar multiplie les appels au calme et rassure que tout est mis en œuvre pour que la tension baisse dans la ville qui a perdu son calme depuis le 26 décembre. Suite aux violations des droits de l’homme perpétré par les FRCI les populations ne cachent plus leur mécontentement. Partout en Côte d’Ivoire le cri de cœur des populations est le même : « nous ne voulons plus des FRCI chez nous ! ». En plus des tueries il faut désormais compter avec les actes d’humiliation des FRCI à l’image de cette jeune lycéenne dans la commune d’Adjamé qui a été contraint sous la menace des armes à se mettre nu ! Son seul délit est d’avoir dit non aux avances d’un élément des FRCI. Si dans les rues d’Abidjan les FRCI se font de moins en moins voir depuis que la police militaire opère des patrouilles, force est de reconnaitre que ces derniers n’entendent pas désarmer aussi facilement. Pour les populations Ivoiriennes trop c’est trop, le Président Ouattara doit trouver une solution au problème des FRCI et celles-ci demandent que les gendarmes et les policiers reprennent du service. Preuve que les FRCI ne sont plus les bienvenus dans les rues de la capitale Ivoirienne depuis ce 26 décembre se sont les éléments de la gendarmerie dont plusieurs commandos parachutistes qui sécurisent les principaux axes d’Abidjan. Le premier ministre Soro Guillaume, ministre de la défense prévoie une tournée de sensibilisation dans les casernes, d’ici là chacun espère qu’une autre bavure ne sera pas enregistrée.

SUY Kahofi

 


Eaux minérales, la bataille des marques

Barons et nouveaux prétendants se disputent le marché

Chaque jour, des milliers de bouteilles d’eau minérale quittent les rayons des grandes surfaces et des boutiques de quartier de la capitale Ivoirienne. Si à l’origine les Ivoiriens n’avaient qu’une seule marque d’eau embouteillée, aujourd’hui le marché en est inondé.

Awa®, ce nom était il y a une dizaine d’années encore la seule marque d’eau minérale connue des Ivoiriens. Dans les années 90, les concurrents ont petit à petit pris place à ses côtés. Les Barons de l’eau étaient nés. Nouveaux prétendants et dangereux rivaux : les marques d’eau en sachet et leurs appels du pied au grand public.

Pour une place au soleil

Dans la bataille farouche que se livrent les marques d’eaux, la publicité occupe une position stratégique. Pour se faire une place au soleil, toutes les tactiques sont bonnes : publi-reportage, spot télé et radio, sponsoring d’émissions et d’évènements surtout d’activités sportives. Dans les rues d’Abidjan, les jeunes équipes de promotion s’affrontent tous les jours dans des combats sans merci. Pour tenir les rangs, le marketing est mis à contribution. Après les classiques bouteilles de 0,5 et 1 litre, apparaissent les bouteilles de 1,8 litres et les bonbonnes de 5 litres. Les marques étrangères d’habitude discrètes, car réservées à l’élite, désormais partent elles aussi à l’assaut du marché de masse. Les états-majors s’organisent et  le battage publicitaire se renforce  à mesure que progresse le camp adverse.

Maman, cette eau n’est pas intéressante!

Pendant ce temps, au rayon eaux, les consommateurs ne savent plus à quelle marque se vouer. On pourrait dire, « pourquoi choisir une marque puisque l’eau c’est l’eau ? Mais lorsque vous goûtez l’eau minérale, votre corps épouse une telle ou une telle marque du simple fait de sa composition. Taux de sodium, calcium ou potassium : il faut bien lire l’étiquette avant de faire un choix« , soutient Mme Moustapha. « Souvent quand vous donnez une eau minérale à vos enfants, ils peuvent se retrouver avec des troubles digestifs. Pour éviter tout ça on essaie plusieurs marques et on garde la bonne. Les enfants eux-mêmes nous interpellent souvent. Ils nous disent maman cette eau n’est pas intéressante !« , précise Mme Koffi.

Consommateurs avertis

Le regard pointilleux de ces mères de famille montre  l’importance qu’accordent les Ivoiriens au choix de leurs bouteilles d’eau. Certains vont jusqu’à se renseigner sur l’entreprise de conditionnement et même sur le site d’exploitation. Il faut dire que des rumeurs avaient laissé entendre qu’une célèbre marque d’eau minérale exploitait une nappe phréatique située en dessous d’un cimetière !

Mais tous les consommateurs ne sont pas aussi pointilleux ou publivores. D’autres ne s’attardent ni sur l’étiquette, ni sur les panneaux publicitaires. « Je n’ai pas d’idée, je bois parce que c’est de l’eau, c’est tout ! », déclare Régina. Elle affirme néanmoins que boire de l’eau minérale conditionnée sous contrôle des autorités assure une protection contre les maladies liées à l’eau.

Vive la loi du marché

Au demeurant, les Ivoiriens sont les premiers à se réjouir de cette bataille entre les marques. La libéralisation et la libre concurrence ont permis une chute considérable des prix. Les eaux minérales et eaux de sources sont désormais plus accessibles à tous. Les prix proposés aux familles pour les achats en gros s’avèrent si attractifs qu’elles n’hésitent pas à faire des provisions en grande quantité. Hier, boire de l’eau minérale ou de l’eau de source était considéré comme un symbole d’aisance. Aujourd’hui, c’est un geste des plus banals.

Prochaine bataille de la guerre des eaux : la récupération et le recyclage des bouteilles et sachets en plastique qui représentent une part importante des ordures ménagères dans les grands centres urbains.

SUY Kahofi