Kahofi SUY

Développement : Baisse de l’IDH Ivoirien

 

Les décideurs Ivoiriens promettent des lendemains meilleurs au peuple

Le Programme des Nations Unies pour le Développement a rendu public son rapport de l’année 2011 et il est aisé de reconnaitre que la Côte d’Ivoire ne figure pas parmi les bons élèves du développement mondial. Pour mémoire le thème marquant le bilan de l’année 2011 est ‘’durabilité et équité, un meilleur avenir pour tous’’ et les autorités Ivoiriennes entendent donner un sens réel à ce thème pour la Côte d’Ivoire. Selon N’dolambe N’gokwe représentant résident du programme des nations unies pour le développement, de manière générale l’IDH, l’indice de développement humain est en progression dans le monde avec un taux de 41% aujourd’hui. A l’inverse, la Côte d’Ivoire enregistre une baisse de cet indice. « L’IDH en 2011 a été estimé à 0,400 situant la Côte d’Ivoire à la 170 place sur 187 pays pris en compte par le rapport » explique N’dolambe N’gokwe.

Du côté du gouvernement on dit prendre acte de ce rang peu élogieux pour la Côte d’Ivoire mais l’engagement est pris par les autorités Ivoiriennes que tout sera mis en œuvre pour que la Côte d’Ivoire remonte vers une position plus honorable. « Ce rapport met le gouvernement devant ses responsabilités mais lorsque l’évaluation 2012 sera faite, la Côte d’Ivoire aura suffisamment amélioré son rang » soutien Albert Mabri Toikeuse ministre d’Etat, ministre du plan et du développement. Il ajoute par ailleurs que ce rapport tient compte des indices liés à l’éducation de base, l’espérance de vie, les questions de santé qui sont déjà des priorités pour le gouvernement Ivoirien selon le Plan National de Développement 2012 – 2015. Le désir de développement et d’amélioration des conditions de vie des populations africaines tourne souvent à une surexploitation des richesses minières et agricoles et une destruction de l’environnement. Comment concilier développement économique, sauvegarde des ressources non renouvelables et respect du patrimoine environnemental ? A cette question les décideurs Ivoiriens disent réellement y penser selon Allah Kouadio Rémi Ministre de l’environnement et du développement durable. « Au niveau du Ministère nous avons mis en place la Stratégie Nationale de Développement Durable. Il s’agit de l’outil qui va nous permettre de progresser en termes de préservation de l’environnement, en termes d’équité sociale et petit à petit nous allons introduire les notions de développement durable auprès des populations ». Pour le ministre Allah Rémi, la sauvegarde de l’héritage environnemental aussi bien de la Côte d’Ivoire que celui de l’Afrique doit être un combat concerté entre les Etats Africains, les organismes internationaux, les multinationales et les bailleurs de fond.

SUY Kahofi

 


Il faut sauver d’urgence la lagune Ebrié

 

La pollution de la lagune Ebrié par Polman (www.caric-actu.com)

La lagune Ebrié au cœur d’un important trafic lagunaire va-t-elle disparaître sous le poids de la pollution ? C’est ce qui inquiète les habitants de la capitale économique ivoirienne, Abidjan. Chaque jour qui passe, la quantité d’ordure ménagère augmente sur les berges de l’étendue d’eau. Les eaux usées de toute la capitale se déversent dans la lagune. Les herbes envahissent de plus en plus la surface de la lagune. A la moindre pluie, une odeur nauséabonde envahit les quartiers à proximité. Difficile de dire si la lagune est aujourd’hui une poubelle géante, un puit perdu pour WC et toilette ou une décharge a ciel ouvert ! Si les crocodiles ont vite fait de s’approprier la surface de la lagune qui est aujourd’hui semblable à la terre ferme, quand est-il des autres espèces ? Les crabes, fossoyeurs traditionnels des fonds marins et lagunaires meurent de façon étrange : nous avons pu observer plusieurs espèces gisantes (étouffées certainement) sur le bord de lagune. La pollution est tellement importante à certains endroits qu’il est possible pour un être humain de rester débout sur l’amas d’ordure qui s’entremêle aux herbes sans qu’ils ne s’affaissent !

Les charognards doivent bien se régaler de cette situation de pollution généralisée. Les hérons se baladent sur une flaque gluante à la surface de l’eau. Ils ne sont pas les seuls à vivre de la charogne de plus en plus abondante à la surface de l’eau. Les corbeaux et les vautours survolent la lagune Ebrié à la recherche des cadavres de rongeurs, de poissons et de reptiles biens visibles à la surface de l’eau. Si le règne animal s’accommode de cette situation, les riverains eux ne supportent plus cette lagune aux odeurs nauséabondes ! Félix est vigile sur le boulevard lagunaire au Plateau, il en sait quelque chose lorsque la lagune se déchaine. « Vers midi – 13 heures ce n’est plus possible de rester sur place : l’odeur de la lagune devient insupportable ! Ça ressemble un peu à l’odeur des déchets toxiques qui ont été déversé à Abidjan. Quand vous avez le malheur de respirer, vous avez mal à la tête et souvent même le vertige » nous confie l’homme. Traoré est chauffeur de taxi sur la ligne de woro-woro Treichville – Cocody saint jean et il confirme les dire de Félix. « Quand vous longez la boulevard il arrive que les clients montent les vitres et je dois dire que l’odeur n’est pas du tout agréable. Je pense que les autorités doivent faire quelque chose ».

Il faut agir pour sauver cette étendue d’eau ! Les ONG de protection de l’environnement multiplient les actions pour assainir cette lagune mais le combat semble ne pas émouvoir les autorités de tutelles qui passent juste à côté de cette lagune puante les vitres montées pour accueillir leurs illustres invités. En cette période où la Côte d’Ivoire est courtisée parce qu’elle renoue avec le ‘’calme’’, ne serait-il pas judicieux de nettoyer cette lagune qui jouxte le quartier des affaires ? Il s’agit bien sûr d’une opération titanesque et si pour certains il faut draguer la surface de la lagune pour d’autres il faut apprendre aux Ivoiriens à être propres car c’est le véritable problème de la lagune. « La surface sera nettoyée mais pour combien de temps ? » se demande Aminata Bamba stagiaire dans une entreprise d’assurance au Plateau. « Il faut en amont moins d’ordure dans la lagune pour que le nettoyage de la surface puisse être utile. Je le souligne encore une fois, le problème c’est d’inviter les Ivoiriens à être moins pollueurs eux-mêmes » conclu la jeune femme.

SUY Kahofi


Gratuité de l’accouchement et de la césarienne en Côte d’Ivoire

 

Réduire la mortalité maternelle par la gratuité des soins

La nouvelle est tombée lors du Conseil des Ministres du mercredi 15 février 2012. Les autorités Ivoiriennes viennent de rendre gratuit l’accouchement et la césarienne pour toutes les femmes de Côte d’Ivoire. Sur présentation du Ministre de la Santé et de la lutte contre le SIDA, le Président de la république a signé un décret portant exemption du paiement des prestations et des actes en rapport avec l’accouchement par voie basse et la césarienne dans les établissements sanitaires publics, pour les populations démunies et les non assujettis sociaux. La prise de ce décret se justifie par le niveau élevé de la mortalité maternelle et l’injustice sociale que constitue le décès d’une femme au cours de la grossesse ou de l’accouchement. Le coût de cette mesure d’exemption de paiement est estimé à 17 milliards de FCFA pour l’année 2012 et à 87 milliards de FCFA pour les quatre (4) prochaines années.

Cette mesure réjouit plus d’un Ivoirien et surtout les Ivoiriennes qui voient en la signature de ce décret un nombre plus importants de femmes qui seront sauvées lors de l’accouchement. La signature de ce décret est aussi l’aboutissement d’un long combat des ONG de promotion des droits de la femme telles que CEFCI, AIDF ou l’OFACI qui n’ont cessé d’interpeller les autorités Ivoiriennes sur la nécessité de rendre gratuit l’accouchement et la césarienne en Côte d’Ivoire. La joie affichée par les uns et les autres ne cachent pourtant pas les inquiétudes. Les récentes mesures de gratuité des soins ont conduit à des abus dans certaines formations sanitaires et les Ivoiriennes en garde un mauvais souvenir. « Je suis heureuse de cette décision du gouvernement mais je suis aussi inquiète. Vous savez la première opération de gratuité des soins nous a permis de voir jusqu’où certains médecins étaient capables d’aller pour faire payer les malades. Ils ont inventé toutes sortes de charges étranges pour nous faire payer et je me demande s’ils ne feront pas la même chose avec la gratuité pour les accouchements ? » s’interroge inquiète Botti Lou Madeleine commerçante. Koffi Brigitte partage les inquiétudes de Madeleine. « Il y a de quoi avoir une joie mesurée ! Dans un pays où la corruption est reine il est difficile que les praticiens acceptent de donner aussi facilement dans la gratuité là où ils avaient l’habitude d’empocher des sommes très importantes entre 350.000 et 600.000 pour la césarienne ! Il faut aussi souligner le fait que même avec l’argent la négligence a conduit à la mort de nombreuses femmes ou à des fistules pour les plus chanceuses ! ». Pour de nombreuses Ivoiriennes il faut attendre pour voir ce que sera la mesure dans les faits !

Il est clair que la mesure de gratuité de l’accouchement est une excellente nouvelle pour les femmes mais elle l’est aussi pour les hommes. « Il ne faut oublier qu’au-delà de toute chose c’est nous qui portons la main à la poche pour les soins médicaux de la famille. Je pense que cette mesure nous soulage mais comme tous les Ivoiriens je me méfie. Le gouvernement veut le meilleur pour la population Ivoirienne mais la question est de savoir si les praticiens vont appliquer cette décision ? » se demande Mr Coulibaly enseignant. Pour Calixte K. il ne faut pas juger les praticiens mais leur donner le temps de montrer leur bonne foi. « C’est vrai qu’on peut être inquiet mais je crois qu’il faut laisser le temps aux professionnels de la santé d’appliquer la décision. Si certains refusent de le faire les autorités prendront les mesures disciplinaires qui s’impose » souligne le jeune homme. Si à l’unanimité les Ivoiriens saluent la gratuité de l’accouchement et de la césarienne ils estiment qu’il faut des mécanismes de suivi pour que les praticiens puissent appliquer ce décret à la lettre.

SUY Kahofi

 


Quelle attitude face à la presse ?

 

Que font-ils ? Ils s’informent à travers les titres !

« Je regarde le journal à la télévision pour m’informer et je lis aussi les journaux ou plutôt je fait le titrologue. Lorsque je vois les titres et je lis le contenu je me rends compte qu’il  a une différence » affirme Francine K. « Je parcoure les journaux quand j’ai le temps mais j’écoute aussi la radio. Je marque que pour le même fait les journalistes donnent plusieurs versions en fonction que le quotidien soit bleu ou vert » soutien Koffi E. A l’image de ces deux Ivoiriens interrogés nombreuses sont les personnes en Côte d’Ivoire qui émettent de sérieux doutes sur le contenu de l’information distillée par les organes de presses nationaux. L’avènement du multipartisme autour des années 1990 a occasionné une floraison de journaux dont certains sont adossés à des chapelles politiques. Le même fait est commenté d’une parution à l’autre avec une telle passion et avec des titres incendiaires qu’ils jettent le plus souvent la psychose au sein de la population. Alors quand la presse Ivoirienne passe son temps à déformer les faits pour des raisons politiques, le peuple préfère ne plus croire aux journalistes ! « Croire aux commentaires ? Pas vraiment il y a tellement d’informations que je n’arrive plus vraiment à croire ! J’émets des doutes sur ce qui est dis par les journaux et les titres sont si alarmants que souvent je me dis que le pays est en danger et que nous vivons dans une situation de guerre latente » nous explique Syvain O. un huissier de justice. « Nous sommes obligés de lire les journaux parque que sans eux nous ne savons pas ce qui se passe dans le pays. Quand vous ne les lisez pas vous êtes moins inquiet mais quand vous avez le premier titre entre les mains vous êtes automatiquement affolé ! A force d’être dans le doute d’un titre à l’autre vous n’arrive plus à savoir qui dis la vérité » soutien Francine K avant de nous dire qu’elle n’a plus confiance aux journalistes.

Il n’ ya pas que les journalistes qui tordent le cou à l’information. Ils se contentent d’écrire dirons-nous mais le danger permanant dans ce circuit de l’information viciée est le Titrologue ! Ce mot désigne ces personnes qui en Côte d’Ivoire se contentent de lire les titres sans jamais s’attarder sur le contenu. Pire ils alimentent la rumeur par leurs propres commentaires qui le plus souvent contribue à accroitre les craintes des populations. Mr Bognon est professeur de lettre moderne il s’insurge contre cette pratique. « Je déplore l’attitude de ces personnes parce que le lecteur se doit d’être réellement informé. Ce que je demande à ces personnes c’est lorsqu’elles sont marquées par un titre, elles doivent s’efforcer d’acheter le journal pour le lire. C’est à ce moment seulement qu’elles seront utiles à ceux à qui elles veulent porter l’information. Si vous vous basez sur les titres en disant simplement « j’ai entendu dire » ou « j’aurais appris que » vous donnez dans la désinformation et c’est dangereux ». Les titrologues sont aussi des acteurs clés du réseau des rumeurs car au-delà du titre ils inventent toute une série de commentaires personnels. Ces commentaires loin de la réalité transmise par le journaliste jettent le discrédit sur le quotidien.

Alors face aux titrologues, à la rumeur, au manque de confiance aux journalistes et au contenu des quotidiens comment se rapprocher de la vérité ? Le Chercheur et Sociologue Rodrigue Koné du CERAP, le Centre de Recherche et d’Action pour la Paix et Responsable de la Recherche de l’Institut de la Dignité et des Droits Humains propose ici une piste de solution. « Pour avoir une bonne information il faut voir le contenu du journal avant de donner un point de vue. Prendre le journal et voir son contenu ne suffit pas car il ne faut pas se limiter à un seul journal. Il faut se référer à plusieurs journaux pour arriver à se faire une opinion et je dirais que cela revêt du bon sens ! Si vous vous attardez sur un seul titre vous vous inscrivez dans une logique de confortation de vos propres idées et vous serez en ce moment dans une logique idéologique de la recherche de l’information et non dans la logique citoyenne ». Une recherche crédible de l’information par le peuple passe aussi par un toilettage de la presse et surtout un journalisme de qualité basé sur le respect scrupuleux des règles de déontologie de ce métier noble. Voici pourquoi Mam Camara le Président de l’UNJCI (l’Union des Journalistes de Côte d’Ivoire) ne cesse d’appeler ses confères à plus de professionnalisme. « J’invite chacun pour cette année 2012 à un strict respect des faits : contentez vous en temps que journaliste de décrire les faits et laissez de côté les commentaires personnels. Soyez responsable, corporatistes afin que la presse soit réconcilié avec le peuple » recommande Mam Camara.

SUY Kahofi


Education: 25.000 salles de classe en Côte d’Ivoire d’ici 2015 !

 

Bientôt les salles de classe ne seront plus surchargées

L’un des problèmes majeurs qui gangrène l’éducation nationale en Côte d’Ivoire, surtout au niveau de l’enseignement primaire de base est l’absence d’écoles primaires dans plusieurs localités du pays. Pendant que le gouvernement Ivoirien tente de remédier à ce problème via le plan national de développement 2012 – 2015, le ministère de l’éducation nationale mobilise des ressources pour faire face à d’autres problèmes qui sont tout aussi importants. Selon Kandia Kamissoko Camara, la ministre Ivoirienne de l’éducation nationale, la Côte d’Ivoire doit faire face à un déséquilibre entre le nombre d’enseignants et la croissance des élèves. « Nous avons plus de 4.000.000 d’élèves aussi bien dans le primaire que dans le secondaire malheureusement depuis plusieurs années nous n’avons pas bénéficié d’infrastructures scolaires c’est-à-dire de salles de classe. Cela fait que nos salles de classe sont engorgées, les effectifs sont pléthoriques et aussi, malheureusement, le recrutement d’enseignants n’a pas suivi le rythme de l’accroissement de nos effectifs » fait remarquer la ministre.

Les effectifs pléthoriques dans les salles de classe et le nombre insuffisant d’enseignant obligent les responsables d’établissement à opérer des doubles vacations et dans certains cas à autoriser un enseignant à donner cours dans deux classes différentes ! Cette situation peut être facilement touchée du doigt dans les zones rurales où trois enseignants doivent souvent se partager six classes ! Cela ne facilite en rien l’encadrement des enfants et entraine le plus souvent une formation dans l’enseignement primaire au rabais. Face à cette situation le Gouvernement Ivoirien n’entend pas baisser les bras. « Je voudrais rassurer les Ivoiriens que le Président de la République et le Premier Ministre ont décidé du recrutement d’environ 3000 personnes pour l’année 2012 pour essayer de combler ce déficit » affirme la ministre de l’éducation national. Au-delà de cette première mesure les nouvelles autorités Ivoiriennes annoncent également l’ouverture de 11 nouveaux collèges pour l’année académique 2012 – 2013 mais surtout un chantier de construction de 5.000 classes par année pour livrer d’ici 2015 un total de 25.000 classes. Ces mesures urgentes qui seront prises par le gouvernement Ivoirien pourront soulager le corps enseignants mais également les parents d’élèves qui sont obligés à chaque rentrée scolaire de confectionner des tables-bancs pour espérer que leurs enfants puissent s’inscrire.

SUY Kahofi