Kahofi SUY

Système LMD : quels avantages pour l’école Ivoirienne ?

Une nouvelle université avec de nouvelles reformes

Un an après la suspension des activités universitaires pour des travaux de réhabilitation des sites de Cocody, Bouaké et Abobo-Adjamé, les universités publiques de Côte d’Ivoire sont de nouveau opérationnelles. Leur réouverture sonne l’heure des grandes réformes et la plus importante pour l’année académique 2012-2013 est le passage de la Côte d’Ivoire au système LMD. LMD pour Licence, Master et Doctorat dans l’enseignement secondaire.

Ce système de progression estudiantin est une totale nouveauté dans le système éducatif Ivoirien. Il l’est aussi bien pour les enseignants, les responsables du ministère que les étudiants. Aussi un certain flou entour cette nouveauté selon Professeur Abou Karamoko Directeur de cabinet du ministre de l’enseignement supérieur. « Nous entrons en Côte d’Ivoire dans le système LMD qui pour certains est un panier à crabes, une zone d’ombre pour d’autres mais aussi et surtout pour la plupart, qui représente une sorte de ténèbres ». De véritables ténèbres qui donnent du fil à retordre aux enseignants eux même tant ils éprouvent du mal à expliquer le bien fondé de cette reforme aux étudiants. Que renferme donc le système LMD ? Quels sont ses avantages pour le système éducatif d’un pays qui le met en pratique ? Que doit faire la Côte d’Ivoire pour réussir son passage au le système LMD ? Voici autant de questions auxquelles les autorités Ivoiriennes doivent pouvoir répondre elles-mêmes avant de penser à vulgariser cette reforme auprès du public. Pour le Professeur Juma Chabani, Directeur de l’Unesco à Bamako le LMD renferme un réel avantage au niveau de la reconnaissance des diplômes ivoiriens au plan international. « La reforme LMD vise à promouvoir dans un premier temps la mobilité académique des étudiants au niveau régional et international. Elle a aussi pour but principal de faire en sorte que les diplômes délivrés par des universités comme celles de Côte d’Ivoire puissent être reconnus partout dans le monde ».

Le système LMD permet donc à la Côte d’Ivoire de se conformer aux normes internationales de l’enseignement secondaire, chose qui s’impose au pays vu que ces dernières années le marasme éducatif a jeté de sérieux doute sur la crédibilité des diplômes ivoiriens qui n’étaient pas reconnus par certaines université au plan international. Au-delà de la mobilité estudiantine, le système LMD ouvre le champ à de nouvelles filières d’enseignement adaptées aux besoins du marché de l’emploi. « Il s’agit là d’un point très important pour le développement des pays africains. Il faut dresser un diagnostic du potentiel économique du pays et ensuite créer des filières de l’enseignement qui pourront demain produire des cadres adaptés aux réalités de développement du pays » affirme le Professeur Juma Chabani.

Pour les étudiants qui constituent un maillon important du système éducatif Ivoirien une nécessité s’impose : être mieux informé sur le système LMD. Edmond Loukou, étudiant ivoirien régulièrement inscrit à l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan Cocody estime que « le ministère de l’enseignement supérieur doit dès maintenant penser à organiser des séminaires d’information sur cette reforme pour éviter que les étudiants ne soient coupés des réalités à l’heure du démarrage effectif des cours ». Tiépo Alain étudiant en sociologie pense que « c’est maintenant qu’il faut penser à la reforme intégrale du système pour donner un sens réel à l’adéquation entre formation et réalité du marché de l’emploi ». Il dit félicité les autorités Ivoiriennes pour l’effort fait dans la réhabilitation de l’Université mais espère que les reformes annoncées, notamment le LMD, pourront apporter une plu valu aux étudiants Ivoiriens. Informer les étudiants s’impose car nombreux sont ceux parmi eux s’inscrivent à l’université depuis plusieurs semaines sans jamais arriver à expliquer à l’Ivoirien de tous les jours en quoi consiste le système LMD.

SUY Kahofi


Les emplois verts comme alternative au chômage

Balayeuses dans les rues d’Abidjan

Le crieur est passé ce matin mais sa voix forte continue de se faire entendre de loin. Une seule phrase au bout des lèvres : « bouteilles en plastique, sachets, frigidaires gâtés, climatiseurs gâtés… ». A force de répéter cette phrase tous les enfants du quartier la connaissent par cœur mais le crieur infatigable gagne ainsi sa vie. Certain ignore son nom mais tout le monde sait que Tapsoba est celui qui contre des pièces de monnaie voir des billets de banque nous débarrasse de nos vieilleries dont nous avons plus besoin. Sans le savoir lui-même, Tapsoba fait parti de ceux qui ont choisi les emplois verts comme alternative au chômage. Le jeune ressortissant burkinabé né en Côte d’Ivoire dit pratiquer cette activité depuis une douzaine d’année. « La collecte des ordures pour le recyclage est une activité difficile car je n’ai pas de limite dans mes déplacements. Je positionne ma charrette au niveau du dépotoir et je me lance dans les ruelles des quartiers pour récupérer ça et là des objets dont certains ne veulent plus » nous explique le jeune homme. Tapsoba achète certains objets aux particuliers comme l’électro-ménager ; certaines maitresses de maison par contre lui donne gratuitement les bouteilles et autres emballages qui ne servent plus. Après le tri il va revendre sa collecte auprès des grossistes et souligne vivre dignement grâce à ce métier. « Quand les affaires vont bien j’ai une vingtaine de mille d’économie par semaine. Pour certain cela ne représente rien mais je sais qu’il est difficile pour d’autre jeune qui ne veulent pas se salir de toucher cette somme même en un mois ! » soutien fièrement le collecteur. Comme Tapsoba de nombreux habitants de Côte d’Ivoire vivent de la collecte et du recyclage et estiment gagner dignement leurs vies.

Un filon à exploiter !

Face au chômage qui gagne du terrain en Côte d’Ivoire principalement au niveau des jeunes, les autorités Ivoiriennes veulent explorer tous les domaines d’activité qui peuvent être pourvoyeurs d’emplois. Cette quête a permis au Gouvernement d’explorer les opportunités que peuvent offrir les emplois verts. Les emplois verts sont définis par essence comme toutes les professions liées au développement durable et à la protection de l’environnement. La Côte d’Ivoire veut réellement développer ce secteur pour permettre aux jeunes Ivoiriens d’en profiter pour se lancer surtout dans l’auto-emploi. Le directeur du développement durable, Aboua Gustave du Ministère de l’environnement et du développement durable nous présente les possibilités de création d’emploi vert en Côte d’Ivoire. « Rien qu’au niveau de la pré-collecte des ordures, la Côte d’Ivoire peut générer 10.000 emplois ! A une échelle réduite c’est un investissement de 50 millions par commune qui peut permettre de générer au moins 5.000 emplois. Les emplois verts sont un véritable gagne pain pour ceux qui les pratiquent » souligne avec conviction le Directeur du développement durable. En plus de la pré-collecte et de collecte des ordures, il y a également les activités de recyclage, de traitement industriel et artisanal des déchets domestiques, le reboisement, le jardinage et l’embellissement, l’arboriculture et les agrumes pour être bref !

Attirer des investissements

Le Gouvernement Ivoirien explore donc tous les chantiers susceptibles de générer des emplois verts. Dans cette politique, il reçoit l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement. Le PNUD accompagne l’initiative du gouvernement Ivoirien et pour N’dolamb Gokwey, le représentant résident du PNUD, la qualité des projets présentés par les Ivoiriens peut être la source d’un investissement accrut. « Les projets d’emplois verts peuvent être d’une part financés par le Gouvernement Ivoirien et de l’autre par le secteur privé. Chaque projet bien ficelé peut trouver aisément un bailleur et je dois vous assurer que d’autres agences du système des Nations Unies seront mobilisées pour répondre à cette préoccupation nationale d’emplois verts » estime le représentant résident du PNUD. Les emplois verts représentent donc une véritable opportunité d’insertion pour un nombre important d’Ivoirien. La fonction publique ne pouvant offrir un poste à chaque habitant de Côte d’Ivoire, N’Dri Philipe le Directeur Général de l’Agence d’Etude et de Promotion de l’Emploi en Côte d’Ivoire invite « les demandeurs d’emploi à résolument se tourner vers cette nouvelle opportunité que sont les emplois verts ». Selon lui « il n’y pas de sot métier ni de sous métier, les jeunes Ivoiriens qui le souhaitent peuvent réellement s’en sortir en s’investissant dans cette filière très prometteuse ».

Les premières études réalisées par le gouvernement ivoirien sur les opportunités d’emplois verts permettront de pousser la réflexion dans le secteur en vue de proposer un large éventail de fonctions qui peuvent aider de nombreux Ivoirien à se prendre en charge.

SUY Kahofi


URPCI : Les Directeurs de radio de proximité formés

Atelier de formation de l’URPCI

A l’initiative de l’URPCI (Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire) et avec l’appui de l’Ambassade des Etats Unis à Abidjan, les Directeurs des radios de proximité ont bénéficié d’une formation dispensé par Eduardo Cué un journaliste et expert américain qui séjourne en Côte d’Ivoire dans le cadre d’une série de formation à l’endroit des professionnels des médias. Ce 1er octobre 2012, une trentaine de responsables de radio de proximité se sont réunis au siège de l’URPCI (Adjamé-220 logements) pour échanger autour de deux thèmes :

1 – L’écriture Radiophonique

2 – Le rôle d’une Radio Communautaire dans le Développement Local

C’est par un mot de remerciement que le président de l’URPCI, a souhaité la bienvenue au formateur et à la délégation de l’Ambassade qui l’accompagnait. Karamoko Bamba a souligné le bien fondé de cette formation non sans prendre le soin d’indiquer combien de fois « les acteurs des radios de proximité ont besoin d’être formé pour mieux servir leurs populations ». Au nom de l’Ambassade des Etats Unis à Abidjan, Mr Philip Grant l’attaché de presse a souligné que son pays accorde une importance dans la promotion des valeurs de développement par la promotion des hommes et femmes qui en sont les acteurs. C’est la raison pour laquelle il salue l’adhésion des Directeurs de Radio qui malgré leurs charges d’administrateur sont venus écouter le formateur du jour.

Sur le contenu de la formation,  Mr Eduardo Cué est revenu sur les fondamentaux de l’écriture radiophonique. La simplicité dans le rendu, le style direct, un vocabulaire adapté à la réalité de son auditoire et un niveau de langue adapté à son interlocuteur à l’antenne. Sur ces deux derniers points, le formateur a souligné qu’être pédant à l’antenne peut donner l’impression que le journaliste est un érudit qui a du talent à revendre quand il est au micro. Le revers de la médaille c’est que très peu de gens pourront saisir l’essence de son discours. Il n’y a donc pas de complexe à se faire à abaisser son niveau de langue pour être compris par les auditeurs. Une fois le style d’écriture trouvé place au choix des thèmes. A ce niveau les promoteurs des radios de proximité ne doivent pas perdre le cap. Ils doivent en tout temps comprendre que leur rôle consiste à appuyer les actions de développement de leurs localités. Aussi des thématiques telles que la santé, les défis environnementaux, la promotion du dialogue entre communautés, l’agriculture et la gestion des ressources animal…peuvent être des idées clés d’émission qui intéresseront les populations. Aussi avec l’approche des élections locales prévues pour février 2013, le formateur a invité les Directeurs de radio de proximité à promouvoir l’éducation citoyenne auprès des masses pour des élections non-violentes et apaisées.

La parole aux participants

Patricia Jocelyne Directrice de Radio Lépin (Alépé)

« Cette formation est une aubaine et je crois qu’il faut remercier l’Ambassade des Etats-Unis qui ne cesse de nous aider en ce qui concerne la formation car ce n’est pas la première fois qu’elle le fait. Je retiens que cet atelier à été un échange fructueux entre le formateurs et les participants. Il y a des notions que nous ignorions mais avec ce que nous avons pu entendre du formateur, je suis sûr que nous allons faire un bon usage de cette formation ».

Didier Konan Directeur de Radio Arc-en-ciel (Abidjan-Abobo)

« Je pense qu’il s’agit là d’une très bonne formation qui vient à point nommé d’autant plus que nous les responsables de radio, nous constatons avec nos collaborateurs qu’il y a quelques déficits dans leur formation que nous devons renforcer. En recevant cette formation notre mission sera de la répercuter auprès de nos collaborateurs. Un bon choix des thèmes, un bon rendu et surtout un bon formateur qui a su trouver les mots justes pour nous transmettre la formation. Je pars donc satisfait ! »

Mr Gnanzou Directeur de Sikenssi Fm (Sikenssi)

« Les animateurs et les journalistes des radios de proximité que nous gérons ont véritablement besoin de formation car nous faisons face à un défi de développement. Ceux qui parmi nous n’ont pas eu cette chance de faire des grandes écoles de journalisme ont besoin de ce type de formation pour être utiles aux populations qui nous écoute. C’est aussi une occasion d’être mieux instruit sur la mission même des acteurs des radios de proximité que nous sommes ».

SUY Kahofi


Côte d’Ivoire : la liberté d’expression en péril ?

Presse Ivoirienne

Pas du tout facile d’être d’un journaliste proche de l’opposition en Côte d’Ivoire depuis la fin de la crise post-électorale. Les animateurs de la presse bleue comme on les appelle doivent désormais faire profil bas pour ne pas être dans le collimateur du pouvoir ! Blâmes, avertissements, suspension de parutions mais aussi intimidations et violences physiques sont le quotidien des hommes à la plume. Mais que reproche-t-on concrètement aux journaux proches de Laurent Gbagbo ? César Ebrokié du quotidien Notre Voie penche pour une logique de chasse aux sorcières. « Pour avoir désigné Mr AKE N’gbo par le mot premier ministre nous avons écopé d’une sanction matérialisée par une suspension de 6 parutions ! Pour une enquête sur une possible dévaluation du franc CFA certains de nos collaborateurs sont allés en prison. C’est vraiment pour des choses insignifiantes que nous sommes harcelés par le CNP (Conseil National de la Presse) qui fait mine de ne pas voir les dérives de la presse proche du pouvoir » souligne le journaliste. Ce regard accusateur du gouvernement en tout temps sur la presse bleue et qualifié de harcèlement par les journalistes est pour un nombre important d’Ivoiriens la base des violences envers ces hommes de média. Accusations, blâmes, avertissements et suspensions intempestives ont été à l’origine de l’attaque du siège des journaux proches de l’opposition et des violences sur des journalistes il y a peu de temps. « Le fait même que nous soyons proches de l’ancien régime, des journaux proches de l’ancien parti au pouvoir et la manière cavalière dont ce parti est étiqueté par l’actuel parti au pouvoir comme étant derrière les attaques qui se passent dans les camps militaires ; bien évidemment le lien est vite fait, c’est un blanc sain qu’on donne aux militants de s’en prendre à tout ce qui est proche de l’ex-parti au pouvoir » souligne Tché Bi Tché rédacteur en chef du quotidien LG Info.

Les journalistes de Côte d’Ivoire ont dû batailler fort pour avoir le droit de s’exprimer librement. Leur combat à commercer autour des années 1990 avec le printemps de la presse et il serait décevant que des promoteurs de la presse d’opposition puissent être victimes de violence pour leurs opinions. C’est un recul de la liberté d’expression et un coup dur porté à des organes de presse qui éprouvent d’énormes difficultés pour exister. « Quand on casse les sièges des journaux qui ont déjà des difficultés pour joindre les deux bouts, on empêche ces journaux d’appliquer la convention collective. On ne peut pas dire qu’on se bat pour la démocratie dans un pays et s’attaquer aux organes de presse qui constituent même les piliers de cette démocratie » nous explique Boga Sivori vice-président de l’UNJCI, l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire. Pour de nombreux consommateurs des œuvres de la presse Ivoirienne, le véritable problème des journalistes proches de l’opposition est lié à leurs prises de position plus politiques que journalistiques. Le manque d’impartialité, d’objectivité et de crédibilité s’installe soulignant aussi le manque de formation. Pour Alfred Dan Moussa, journaliste-consultant et Directeur de l’Institut des sciences et techniques de la communication la formation est certes indispensable mais la conscience professionnelle doit être de mise. « C’est avant tout une question de prendre conscience de son rôle, de sa mission en temps que journaliste et une fois qu’on a une claire conscience des objectifs de sa mission on pourra alors, formation à l’appui, faire son métier et s’adapter aux situations de crise ou aux situations ordinaires ». Dans ce débat de sanctions et d’accusations les lecteurs appellent les organes de régulation à jouer franc jeu car aussi bien du côté du pouvoir que de l’opposition, les manquements au code de déontologie sont chaque jour importants. Une certaine impartialité dans le traitement des journaux s’impose au CNP (Conseil National de la Presse) car l’organe de régulation joue toute sa crédibilité. « Si le CNP ne sanctionne que les journaux proches de l’ancien parti au pouvoir et laisse faire ceux qui sont proches du Président Ouattara il devient « le bras armé » de la répression politique et non un garant de la liberté d’expression » affirme Mr Diby un enseignant.

SUY Kahofi


L’Etat travaille pour vous….ET PUIS QUOI ?

Se sont nos impôts qui construisent notre pays

Chaque soir je réalise un zapping sur les premières chaines de télévision africaine. RTI, RTS, RTG 1, CRTV…toutes ces chaines de télévision financées par les impôts des contribuables sont devenues de véritables outils aux mains des Chef d’Etat pour mener une propagande inutile. Les journaux se ressemblent tous et commencent par l’agenda du Chef de l’Etat. Je trouve bien ridicule que des Chefs d’Etat en plein 2012 continuent de poser devant des photographes pour des cérémonies de pose de première pierre, des dons de fourniture scolaire à des élèves ou de médicaments pour des hôpitaux. Pourquoi demandé à être applaudis pour le travail pour lequel le peuple vous a choisi chers Présidents ? Le cas de la Côte d’Ivoire mon pays est encore plus grave ! Depuis la fin de la crise post-électorale qui a fait 3000 morts, les nouveaux patrons du pays tentent par tous les moyens de montrer qu’ils en font un peu plus que leurs anciens camarades. Oui je dis bien camarade car le FPI et le RDR sont deux partis qui se connaissent bien. Il y a encore quelques années Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo étaient les deux daltons qui prêchaient l’évangile du Front Républicain ! Les époques ont bien changé et la Solution tente de faire oublier la Refondation. Chaque acte que le Gouvernement Ouattara pose est tellement médiatisé que tout fini par devenir lassant et énervant. Journaux, télévision d’Etat, site d’information en ligne, radio…tout pour faire du bruit et finalement cette propagande suffoque ! Elle suffoque, elle énerve et devient ridicule lorsqu’elle prend l’allure de gros panneaux avec une inscription à la limite ridicule pour éviter de dire bête !

L’ETAT TRAVAILLE POUR VOUS ! Mais diantre que de mystère ! Pour qui l’Etat Ivoirien veut-il travailler ? Pour qui précisément le Gouvernement d’Alassane Ouattara veut-il travailler si ce n’est pour la population qui l’a choisi ? L’Etat travaille pour vous et je serais tenté d’y ajouter ET PUIS QUOI ? L’argent utilisé pour rebâtir la Côte d’Ivoire n’est en rien le salaire d’un Ministre ou du Président lui-même. Cet argent est le fruit de l’effort de tout un peuple : « se sont nos impôts qui construisent notre pays » pour parler comme l’autre. Si cet argent avait une autre origine, pourquoi ceux qui dirigent la Côte d’Ivoire aujourd’hui ne bitumaient pas des routes quand ils étaient dans l’opposition ? Pourquoi ne construisaient-ils pas de nouvelles universités quand ils étaient en exile ? Pourquoi ne posaient-ils pas des premières pierres de ponts et d’écoles quand le parti au pouvoir les expédiait à la MACA ? Je trouve que ces panneaux en ville sont une insulte au peuple de Côte d’Ivoire ! Les enlever ferait un grand bien à un nombre incalculable d’Ivoiriens et ça j’en suis sûr. Les Ivoiriens sont conscients que le choix d’un Chef d’Etat est semblable à une offre d’emploi avec un intitulé tout à fait particulier. LE PEUPLE DE COTE D’IVOIRE RECHERCHE UN PRESIDENT. Les CV que nous avons analysés sont les programmes de gouvernement et le choix s’est porté sur le plus convainquant. Alors l’homme que nous avons choisi et l’équipe qui l’accompagne ont obligation de résultat. Le peuple est en droit de l’exiger, évitons donc de lui manquer de respect car dans ce jeu de l’offre, le Chef d’entreprise qui embauche n’est pas le Président et son Gouvernement mais LE PEUPLE ! Il y a bien des comportements qui ne doivent plus avoir leur raison d’être dans notre pays. Je le dis car si Houphouët Boigny devait poser un panneau pour chacune de ses réalisations la visibilité serait très réduite à Abidjan car il n’y aurait plus de place aux abords des routes. Je vous laisse imaginer et même tenté de compter les réalisations du Boigny !

SUY Kahofi