Kahofi SUY

Revue de la semaine du 22 au 26 octobre 2012

Tirage CAF pour la CAN 2013

La semaine du 22 au 26 octobre a été marquée par une nouvelle attaque d’un commando non identifié. En effet, 72 heures après la réaction énergique des FRCI qui ont fait deux victimes dans les rangs d’individus armés à Alépé, ce sont la brigade de gendarmerie et le cantonnement des eaux et forêts de Bongouanou qui ont fait les frais d’une attaque d’assaillants note Le Patriote. Une dizaine de personnes non identifiées ont pris possession de la brigade de gendarmerie au petit matin, avant de mettre le cap sur le cantonnement des eaux et forêts. Des habitants de la localité affirment que l’attaque n’a pas fait de morts nous apprend Le Quotidien d’Abidjan. Les assaillants ont opéré avec une facilité déconcertante en maîtrisant les agents en poste avant de faire main basse sur des armes et des minutions trouvées sur place pour ensuite disparaître dans la nature s’indigne Le Nouveau Courrier et Le Temps. A en croire le porte-parole du ministère de la Défense, ce sont au total 18 armes de guerre qui ont été emportées par les assaillants à la brigade de gendarmerie et au cantonnement des eaux et forets. «18 armes de guerre en une seule nuit, c’est trop», s’est-t-il désolé dans les colonnes de Fraternité Matin. Pour tenter de rassurer les ivoiriens, le chef d’état-major général des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, le Général de corps d’armée Soumaïla Bakayoko, a déclaré que les forces ivoiriennes savent qui les attaque depuis août 2012. « Nous savons à qui nous avons affaire. Nous allons lutter fermement contre ces ennemis du pays, qui nous trouverons toujours sur leur chemin » a martelé l’homme dans les colonnes de L’Inter et du quotidien Le Mandat. Face aux menaces de déstabilisation de la Côte d’Ivoire des experts israéliens proposent leurs services à l’armée Ivoirienne. Des drones et des avions de surveillance peuvent aider les éléments FRCInous apprend Soir Info. Après une longue tergiversation et une certaine division des cadres du grand ouest, la rencontre entre le Président Alassane Ouattara et la population du grand ouest a eu lieu. Le prétexte de la rencontre dans un contexte de réconciliation national était tout simple : permettre un dialogue franc entre le régime Ouattara et les populations de l’ouest que l’opinion public Ivoirienne a toujours présenté comme deux entités diamétralement opposées ! Le Nouveau Réveil pour marquer l’importance de ce dialogue décide de s’attarder sur cette phrase du chef de l’Etat et je cite : « Malgré les soubresauts que nous vivons actuellement, je continue à tendre la main à ceux qui font ces dérapages parce que ce sont des jeunes gens qui sont manipulés ». Pour Alassane Ouattara, les actes de violence ont causé 20 ans de retard à la Côte d’Ivoire qui pourtant était la 3ème puissance économique en Afrique en 1990 et n’était pas loin de la première place peut-on lire dans les colonnes de L’Intelligent d’Abidjan du 23 octobre. Nouvelles violences à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan, la MACA le mardi 23 octobre 2012. Des prisonniers ont tenté un soulèvement pour protester contre la présence de certains gardes, nouvellement recrutés, dans les cellules. Il a fallu toute la promptitude des forces de l’ordre, appuyées par des soldats de l’Opération des Nations Unies en Côte d’ivoire (ONUCI), pour désamorcer la bombe souligne L’Expression dans sa livraison du 24 octobre. Selon un agent de la MACA qui a requit l’anonymat au micro de nos confrères du quotidien Aujourd’hui, « des détenus ont soutenu avoir reconnu parmi les gardes nouvellement recrutés, des anciens bagnards. Ils ont refusé que ceux-ci les fouillent. Cela a fait monter la tension d’un cran ». Se prononçant sur ces évènements, le porte-parole du Gouvernement en marge du conseil des ministres du mercredi 24 octobre a indiqué que se ne sont pas les prisonniers qui doivent décider du mode de recrutement des agents des maisons d’arrêt et de correction du pays. Fraternité Matin consacre sa une du 25 octobre à ce Conseil des Ministres. D’importantes décisions ont été prises et il s’agit entre autre de la restructuration de l’AGEPE et de plusieurs nominations. Le Mandat rend compte également de ce Conseil des Ministre et nous informe que toutes les structures issues des accords politiques depuis 2002 ont été dissoutes. Au Ghana la justice a décidé de libérer Justin Katinan Koné sous caution ! Le quotidien Le Temps nous informe que l’ex ministre du budget de l’ancien Président Laurent Gbagbo est acquitté et libéré. Dans la même veine Notre Voie titre Katinan libéré quand Le Nouveau Réveil s’intéresse à ces propos du juge ghanéen prononçant sa libération sous caution et je cite : « la Côte d’Ivoire peut extrader Katinan pour le juger ». Le Nouveau Réveil rappelle que l’audience d’extradition de Katinan est fixée au 7 novembre prochain à Accra. Toujours sur le sujet, le quotidien Nord-Sud ne se montre pas tendre avec les autorités ghanéennes. La comédie ghanéenne se poursuit, Koné Katinan encore libéré sous caution, Accra donne sa caution aux assaillants souligne avec un brin de déception le confrère. Achevons cette revue de la semaine avec nos confrères de L’Expression et de Nord-Sud quotidien qui ont consacré des encadrés au tirage au sort de la CAN 2013 qui n’aura pas fait de cadeau à la Côte d’Ivoire ! En effet le pays se retrouve dans la même poule que l’Algérie, la Tunisie et le Togo ce qui fait dire qu’il s’agit du groupe de la mort et que Sabri Lamouchi le sélectionneur tunisien des éléphants de Côte d’Ivoire jouera contre ses compatriotes.

 


Tormenta Jobarteh : le djéliba* bavarois !

De la Bavière à la Gambie sur un air de kora !

Le nom très singulier Tormenta Jobarteh est celui d’un jeune allemand, bavarois de souche, qui est tombé amoureux d’un continent et de sa culture : l’Afrique ! Cet amour nait de sa rencontre avec la kora en Allemagne. « Je rendais visite à un ami quand il a reçu un groupe musical africain. L’un des musiciens s’est mis à jouer de la kora et cet instrument m’a tellement marqué que je me suis mis à couler des larmes. J’ai compris que quelque chose me liait à cet instrument » nous explique Jobarteh. Le destin agissant, l’un des membres du groupe musical décide de rester en Allemagne créant ainsi un vide. La responsable invite Jobarteh à rejoindre le groupe musical. Sans savoir réellement dans quoi il s’embarquait, il quitte son Allemagne natale à l’âge de 25 ans pour un voyage vers la Gambie en Afrique de l’ouest. Il découvre l’Afrique : complètement dépaysé à 400 km de Banjul. Il ne parle ni anglais ni les langues locales ! Il pique sa première crise de paludisme au bout de trois mois dans le village de Jang Jang Bureh mais rien de tout cela ne le décourage.

La voix du griot                                                                 

La persévérance de Jobarteh va s’avérer payante. Il fait la rencontre de Bazourou Diobaté un griot hors pair qui devient son maître et son meilleur ami. Il lui enseigne l’art de l’oralité dans la localité de Boraba en plein cœur de la Gambie. Boraba est un village de griot avec de grandes familles comme les Cissoko ou les Diobaté. A Boraba, Jobarteh apprend la kora en y consacrant 10 heures par jour. Il lui faut 1 an pour apprendre l’accordage de la Kora et après 7 ans d’étude quotidienne de l’instrument il arrive à avoir une certaine maitrise de son art. « L’une des choses les plus importantes c’est que l’aspirant griot fabrique lui-même son instrument : il s’agit de l’un des principes clés de l’apprentissage » soutient Jobarteh avant de dire que « le statut de griot est conféré à un apprenant lorsque devant les anciens son test de passage est concluant ». Les anciens de Boraba mettent un point d’honneur à conserver ce pan de la tradition dans la formation des jeunes car le griot est en lui-même un conservateur de la culture africaine. Il raconte des histoires mais ces histoires sont la mémoire des peuples ! Le griot est donc conteur et musicien. Dans sa formation, Jobarteh apprend certes à jouer la kora mais il ne manque pas de souligner que l’instrument de base des griots est le balafon. Pour son cas en particulier il se plait à préciser « qu’il n’a pas choisi la kora mais c’est la kora qui le choisi » !

La consécration et le regard de l’autre

Jobarteh devient djéliba* après avoir passé le test devant les anciens de Boraba. Il accompagne Bazourou Diobaté son maître en Italie pour une prestation. De passage en Allemagne lors de cette tournée il fonde le Jobateh-Kunda, un groupe afro-caribéen de dance music. Les choses n’ont pas été faciles pour lui : les hommes ont eu des réactions plutôt racistes ! « Un griot blanc, ce n’est pas possible ! » disaient certains. « En Gambie on considérait mon art comme d’ailleurs dans toute l’Afrique ! Sur ce continent, je veux dire l’Afrique traditionnelle, authentique, on ne vous considère pas par rapport a ce que vous avez mais ce que vous êtes comme symbole de valeur. J’ai été souvent écœuré mais j’ai appris à surmonter » nous explique Jobarteh. En 1999 il enregistre un premier disque et parallèlement il réalise des programmes d’éducation culturelle dans les écoles allemandes. Il collecte des histoires d’Afrique et du monde et s’intéresse au soufisme. Ce qui le marque dans cette culture nouvelle c’est l’utilisation des histoires pour l’apprentissage. Il « ouest-africanise » toutes ces histoires et réalise 7 productions discographiques. Dans l’industrie du show bisness il collabore avec Tiken Jah, Manu Dibango, Mory Kanté, Miriam Makéba…

Africain dans l’âme

Jobarteh est fier d’être griot et il estime que c’est là son destin ! Il vit en Gambie depuis 25 ans et demeure convaincu qu’il avait déjà l’âme africaine avant même de mettre le pied sur le continent. « Je n’ai jamais eu du mal à manger avec la main, à vivre dans la poussière et accepter les normes de vie africaine parce que je me dis quelque part que j’étais déjà africain ». L’histoire de Jobarteh est un symbole de persévérance. La vie africaine d’un jeune Allemand abandonné en pleine Gambie et devenu griot à force de persévérance. Il demande constamment à ceux qui l’écoutent à travers l’Afrique de cultiver un certain nombre de valeurs comme l’honnêteté, l’authenticité dans la pratique de son art, le respect de la vie en apprenant à accepter sa simplicité et suivre sa voie quand on l’a définit ! Moralités du conte de la vie du griot Tormenta Jobarteh :

1 – On apprend le savoir dans la difficulté et non dans le luxe

2 – Au moment où nous abandonnons toutes nos cultures d’autres nous enseignent qu’elles ont de la valeur.

SUY Kahofi


La caravane ouest-africaine du conte à Abidjan

Le Directeur du Goethe Institut et les conteurs de la caravane

Ils sont encore nombreux ces passionnés du conte qui à travers l’Afrique continuent de croire en cet art qui jadis à fait le bonheur des grands et des petits autour du feu. Le conte est un moyen de véhiculer des valeurs et d’aider au rapprochement des peuples et pour de nombreuses personnes il mérite d’exister. C’est pour aider à la préservation de cet art que le Centre Culturel Allemand, le Goethe Institut, a initié la caravane du conte ouest-africain. « Cette caravane est à Abidjan et propose un concept à la fois ludique et pédagogique pour permettre une meilleure compréhension du conte. Après Dakar et Lomé, Abidjan et Yamoussoukro accueillent cette caravane artistique. Il s’agit principalement à travers cette activité hautement culturelle de redonner vie à cet art séculaire africain qui est un facteur d’unité, de vulgarisation des valeurs morales et de promotion de la culture » nous explique Adama ADEPOJU alias Taxi-conteur la compagnie de conte NAFOROBA de Côte d’Ivoire.

La caravane du conte Dakar-Lomé-Abidjan qui a débuté ce 22 octobre s’achève le 28 par une représentation publique. Le Goethe Institut organise cette caravane avec un double objectif : promouvoir la culture et le spectacle et former des jeunes à la pratique du conte. Sur ce volet pédagogique deux modules sont programmées pour aider les professionnels dans leur compréhension du conte. « Susciter l’apprentissage d’une langue à travers le conte » et « Conte en Lumière : Eclairage professionnel d’un spectacle de conte » dispensé respectivement par Adama ADEPOJU alias Taxi-conteur (Conteur Professionnel) et Sam BAPES Eclairagiste  Professionnel. Sur le choix du conte comme discipline de la caravane, Friso Maecker directeur général du goethe institut d’Abidjan insiste sur trois aspects qui ont milité en faveur de ce choix. « Le premier de ces facteurs est la longue tradition de conte de l’Allemagne. Notre pays dans son histoire a eu le premier recueil de contes d’Europe. Il y a aussi la préservation de la dimension historique qui entour le conte. En Europe nous perdu le fil historique du contexte qui entour la naissance des contes. En Afrique il existe encore et nous voulons le conserver. La troisième raison est l’aspect formation. Le conte renferme un peu de tout (proverbes, chant, valeurs morales) et il peut aider à la formation des jeunes pour leur enseigner leur histoire ».

Pour les conteurs africains la caravane est une opportunité de partage d’expérience et de promotion du conte. Il s’agit également pour eux de créer un pont entre l’écrit et l’oral pour adapter un art purement oratoire aux nouveaux supports d’apprentissage. La caravane du conte ouest-africain c’est la promotion de 36 langues africaines, la découverte de 35 conteurs de plus de 4 pays pour un tendre vers un mouvement d’unité africaine par l’unité culturelle ! « Les peuples ont besoin de cohésion sociale mais aussi de cohésion politique et cela ne passera que par la mise en valeur de chaque groupe quelque soit le nombre de personne qui compose ce groupe. La caravane du conte veut donc aider à la promotion des peuples africains à travers ce que nous avons de plus précieux à savoir la culture ! Nous voulons donc promouvoir le patrimoine africain mais à travers cette promotion aider à la mise en place d’une plate-forme de promotion et de diffusion des arts du spectacle et particulièrement le conte » soutient Docteur Massamba Gueye conteur, écrivain et professeur.

La compagnie de conte NAFOROBA de Côte d’Ivoire est coorganisatrice de la caravane à Abidjan et l’escale ivoirienne sera marquée par des rendez-vous importants. Le spectacle de conte du 23 octobre au centre culturelle français de Yamoussoukro et ceux d’Abidjan les 26 et 27 octobre au Centre culturel Allemand (Cocody-Mermoz). L’entrée étant libre, le Goethe institut encourage les Ivoiriens à se déplacer massivement pour redécouvrir le conte !

SUY Kahofi


Football pour la paix : un concept pour parler de paix et de désarmement

Les équipes mixtes lors du projet-pilote de Bonoua

Le concept « football pour la paix » a été expérimenté dans la Région des Grands Lacs avec succès. Il s’agit d’utiliser l’art et le sport principalement le football pour contribuer à la promotion de la paix. Après le Burundi, le Rwanda et la République Démocratique du Congo où cette activité a permis de détendre l’atmosphère entre jeunes et populations en conflit, la Côte d’Ivoire a décidé de l’expérimenter pour répondre au besoin du désarmement civil et de la réconciliation. Le RASALAO-CI (le Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire) et son partenaire financier le GIZ (organisme de coopération Allemande) ont décidé d’appliquer ce concept à la Côte d’Ivoire. Ces deux entités viennent d’achever la phase pilote d’un projet-jeune pour la réconciliation et le désarmement civil. Il s’agit d’un séminaire de formation sur les armes légères doublé d’une activité sportive et artistique. La phase pratique du projet-pilote a été présentée à la population de Bonoua ce 21 octobre à la Place Popo Carnaval.

La naissance d’un concept unificateur

C’est en Colombie, principalement dans la ville de Medellin que nait le concept du « football pour la paix » sur l’exemple du Street football world (foot de rue). Medellin est l’une des villes au monde où la violence s’impose comme un mode vie avec des jeunes gens de 15 à 20 ans assassinés chaque jour. Autour des années 1994, le Street football donne la chance aux jeunes gens de se confronter sans armes et d’apprendre par le biais du jeu des moyens pacifiques de résolution des conflits. Un autre évènement va booster la mise sur pied du concept en lui-même. En Juillet 1994, le joueur de football Andrés Escobara est abattu d’une balle dans la rue. Le nom d’Andrés Escobara est connu par les amoureux du ballon rond. Il est en effet ce joueur sud-américain auteur d’un auto-goal lors de la coupe du monde aux Etats Unis d’Amérique.  Cet assassinat va pousser Jürgen Griesbeck, alors professeur de sociologie du sport à l’université d’Antioquia dans la ville de Medellin, à développer l’idée du « street football » autour d’une appellation nouvelle. C’est en 1996, que le projet de « Football pour la paix » voit réellement le jour à Medellin. Le concept rassemble sur le même terrain des jeunes d’horizon divers. D’un côté ceux impliqués dans des crimes ou victimes de violences de divers conflits et de l’autre des jeunes colombiens qui mènent une vie tout à fait normale.  Un an après le lancement du projet, il y avait déjà 500 équipes à Medellin et le concept s’imposait au plan national !

Un projet pilote pour la Côte d’Ivoire

Pour le cas précis de la Côte d’Ivoire, la volonté d’expérimenter ce projet nait à la suite d’un voyage de Mme KORA Gouré Bi au Rwanda. La chargée du projet GIZ – COMNAT-ALPC trouve opportun de lancer ce projet en Côte d’Ivoire dans le contexte de sortie de crise. « La cible jeune dans ce projet est importante car les jeunes sont l’avenir de ce pays. Il faut déjà enseigner ces jeunes sur les notions de fair play, de dialogue et de compromis pour qu’ils puissent en faire la promotion dans leurs communautés respectives » affirme Mme KORA. C’est donc tout naturellement que les membres de l’ONG ESEPERANCE Rwanda qui utilise déjà l’art et le sport pour promouvoir la paix ont été invité pour le partage d’expérience. Sur la portée du sport et particulièrement l’utilisation du football pour promouvoir le dialogue et la paix, Victor Emmanuel SEWABANA Secrétaire exécutif de l’ONG soutient « que le football est aujourd’hui un sport qui rassemble les masses et surtout les jeunes. A travers l’utilisation de ce sport toute la population se retrouve et surtout par la promotion du fair play les jeunes arrivent à se faire des amis ». Le concept de « Football pour la paix » est basé sur des valeurs morales et dispose de ses propres règles. « Les équipes mixtes sont composés de 6 joueurs (3 filles et 3 garçons), seules les femmes peuvent scorer, le terrain a une dimension de 20 m, deux règles de fair play sont données avant match par les équipes et il n’y a pas d’arbitre ! Les joueurs doivent apprendre seuls à dire quand il y a une faute etc. » nous explique Mme COULIBALY, secrétaire nationale chargé de l’organisation au RASALAO-CI. En plus de ces règles plutôt originales, il faut prévoir à la fin de chaque match de 10 mn un moment où les deux équipes proposent des sketchs. Pour le projet-pilote, les deux équipes ont présenté des sketchs sur le désarmement et la cohésion sociale au public de Bonoua composé des élus politiques et administratifs de la cité. Un espace de culture générale est aussi prévu pour tester les connaissances des uns et des autres sur les thématiques abordées lors des sketchs.

Quel avenir pour le projet ?

En Côte d’Ivoire, le projet « Football pour la paix » est également conduit avec le soutien de la COMNAT-ALPC, (la Commission Nationale de Lutte contre la Prolifération des Armes Légères et de Petits Calibres). La formation sur le désarmement civil par le sport et l’art est orientée en premier vers les relais communautaires du RASALAO-CI. Leur rôle sera d’organiser dans chacune de leurs communautés des activités artistiques et sportives à même d’asseoir un climat de confiance entre les différentes composantes de la société. KONAN Amenan Mireille et CAMARA Papa respectivement point focal RASALAO-CI à Aboisso et Danané « estiment qu’il faut très vite expérimenter cette nouvelle approche du sport auprès des jeunes. « Football pour la paix » peut être également un moyen de véhiculer tous les messages de sensibilisation à l’endroit des jeunes ». Sensibilisation sur le SIDA, la drogue, les Violences basées sur le genre… »Football pour la paix » peut permettre de véhiculer des messages autour de tous ces sujets. Pour sa part, Karamoko Diakité, le Président du RASALAO-CI soutient que son organisation « n’entend pas s’arrêter à cette phase pilote. Bientôt des équipes du RASALAO-CI sillonneront le pays pour inculquer cette nouvelle méthode de promotion du dialogue aux jeunes ». Les jeunes Ivoiriens ont pris une part active dans la récente crise qui a secoué le pays. C’est donc par eux qu’il faut commencer la sensibilisation pour le dépôt volontaire des armes. La jeunesse de Bonoua, localité qui a accueilli la phase pilote du projet se réjouit de cette initiative et espère une adhésion de toute la jeunesse Ivoirienne. AYEMOU Narcisse Président central des jeunes de Bonoua estime « que le GIZ, la COMNAT-ALPC et le RASALAO-CI viennent de jeter les bases d’un important projet et qu’il est du devoir de chaque groupement de jeune de s’approprier le concept de « Football pour la paix ». Il s’agit d’une opportunité de parler de paix entre jeunes à travers le sport roi qu’est le football ».

SUY Kahofi


Revue de la semaine 15 au 20 octobre 2012

Mamadou Koulibaly: quel mot désigne le mieux le régime Ouattara?

Une semaine d’actualité en Côte d’Ivoire marquée par de nouvelles attaques et de nouvelles violences. Bonoua, Centrale d’Azito, Samo, Alépé…toutes ces localités et sites industriels ont été secoué par des attaques impliquant des éléments FRCI, des Gendarmes et des Marins selon des sources sécuritaires. Menace de déstabilisation de la Côte d’Ivoire Bonoua, Samo, Azito sous le feu était le titre à la une du quotidien L’Inter qui dans sa livraison du 16 octobre a fait un large focus sur ces dernières violences que le pays a enregistré. Soir Info dans la même veine nous expliquait comment les attaques se sont produites, comment les hommes ont pu s’emparer d’armes, comment de nombreuses grenades ont permis de saboter la centrale et comment ces hommes ont pilonné à l’obus un camp FRCI. Les premières sanctions disciplinaires suite à ces attaques sont tombées : le commandant d’escadron d’Azito a été débarqué une information que confirme L’Intelligent d’Abidjan et Le Patriote. L’Expression de son côté accuse et souligne que se sont les pro-gbagbo qui ont voulu plonger Abidjan dans le noir quand La Matinale parle de lâches qui ont encore frappé ! Le Conseil National de Sécurité s’est réunit pour placer tous les sites stratégiques du pays sous surveillance accru et sonner l’heure de l’alerte maximal au sein des FRCI nous apprend Fraternité Matin. Cette vigilance maximale porte ses fruits puisse que lors de l’attaque d’Alépé le 18 octobre les éléments FRCI ne se sont pas fait surprendre. Un assaillant a été tué et deux autres arrêtés indiquait Le Démocrate dans son édition du 19 octobre. A Abobo c’est plutôt l’opération pays propre qui a viré à l’émeute nous dit Soir Info dans sa livraison du 17 octobre. Des tires ont émaillé le face à face entre les FRCI, bulldozers et jeunes commerçants du rond point qui refusaient de quitter les lieux. Des morts et des blessés, des ministres en otage et une commune paralysée ; voici le visage qu’a offert Abobo pendant 24 heures. Abobo comme une citadelle avec des jeunes armés qui terrorisent la population affiche L’Inter quand Le Temps et Le Nouveau Courrier parlent d’Abobo ou poudrière à ciel ouvert et d’Abobo un Etat dans l’Etat. Grosse polémique autour de la réhabilitation de l’Assemblée Nationale Ivoirienne. Le coût de la réhabilitation de l’hémicycle s’élève à 675 millions de f CFA et le chiffre nous est donné par L’Intelligent d’Abidjan. Le Patriote se réjouit de cette réhabilitation car les parlementaires étaient obligés de se déplacer dans différentes salles dans la ville d’Abidjan pour siéger. Ce qui faisait d’eux des députés itinérants. C’est une Assemblée à l’air du numérique, avec une sonorisation wi-fi géré par ordinateur et un système intégré de gestion du temps de parole. Ce must technologique n’émeut en rien Le Temps et Le Nouveau Courrier qui soulignent que le Gouvernement aura dilapidé 675 millions de f CFA pour une couche de peinture et la pose de quelques contreplaqués. L’autre polémique de la semaine porte sur le rapport des experts indépendants de l’ONU ; rapport relatif à la situation sécuritaire de la Côte d’Ivoire. Voici le rapport tant redouté des experts de l’ONU affichait à sa une L’Intelligent d’Abidjan. Le quotidien nous expliquait comment les enquêtes ont été menées en Belgique, en France, au Ghana, au Niger, en Hollande et au Togo. Selon le confrère qui étale sur 5 pages entières son analyse du rapport, Charles Blé Goudé désormais détenteur d’un passeport malien aurait été localisé en Afrique du Sud. Ce rapport pointe également du doigt l’implication de Robert Montoya et Frédéric Lafonte deux fournisseurs d’armes du régime Gbagbo dans un vaste réseau visant à déstabiliser le régime Ivoirien. Un rapport fondé ? Que nenni ! Le rapport de la honte barre à sa une Le Nouveau Courrier. Les analystes du quotidien soulignent les failles et les impasses d’un travail partisan et nous propose de parcourir dans l’édition du 19 octobre de larges extraits d’une pseudo-enquête dirigée contre les pro-gbagbo. Ce rapport est une bouée de sauvetage pour le régime Ouattara mais un poinçon pour Ouagadougou dont le numéro 1, j’ai nommé le sieur Blaise Compaoré, est toujours cité dans les affaires sales ! Achevons cette revue de la semaine avec cette sortie médiatique du Professeur Mamadou Koulibaly le patron du parti LIDER. Violation des droits de l’homme, injustice, tribalisme, mauvaise gouvernance, insécurité…l’ancien président de l’Assemblée Nationale Ivoirienne déshabille le régime Ouattara devant ses partenaires soutient le quotidien LG Infos. En 30 points bien étudiés le professeur en économie et libéral convaincu met à nu les tares du régime Ivoirien. Aux trente inquiétudes du Professeur Koulibaly s’ajoute cette devinette : de quoi le régime Ouattara est-il donc le nom ? Réponse à choisir dans les colonnes de L’Intelligent d’Abidjan, LG Infos ou Le Nouveau Courrier. Vous avez l’embarra du choix entre Démocratie libérale, Tyrannie et Dictature. A la semaine prochaine.