Kahofi SUY

Côte d’Ivoire/2013 : quel avenir économique ?

Cette assurance pourra-t-elle résister aux défis économiques ?
Cette assurance pourra-t-elle résister aux défis économiques ?

Le traditionnel discours de l’an du Président Alassane Ouattara au peuple de Côte d’Ivoire a été une adresse marquée par la relance économique et les perspectives de développement que 2013 pourrait offrir au pays. Ce discours porté sur l’économie n’a pas été du goût des opposants notamment le FPI. Le porte-parole du parti, Docteur Kodjo Richard estime que 2013 doit être en priorité l’année de réconciliation. Ce point de vue est partagé par Traoré Wodjo Fini le Président de la COSOPCI (Coalition de la Société Civile pour la Paix et le développement Démocratique). Selon lui la société civile attend du Président Alassane Ouattara un meilleur engagement sur des dossiers clés comme la justice et la promotion des droits de l’homme. Bien que ces questions aient timidement été abordées, une place prépondérante a été consacrée aux questions économiques. S’il est indéniable que la Côte d’Ivoire fait office de poids lourd économique en Afrique sub-saharienne francophone, force est de noter que le pays devra jouer des coudes pour véritablement s’imposer à attirer les investisseurs. Pour un pays qui vient de tourner la page d’une crise post-électorale sanglante il lui faudra convaincre sur plusieurs points pour espérer garder le cap de la reconstruction.

Le bilan économique de la Côte d’Ivoire pour l’année 2012 est plutôt satisfaisant selon les observateurs quand bien même les chiffres qui marquent l’indice de croissance sont diversement interprétés par les analystes. 2012, l’an un après la crise post-électorale a été l’année du repositionnement de la Côte d’Ivoire au plan sous-régional et international ; aussi bien au plan économique, politique que diplomatique. Un projet bien réussit par une forte mobilisation des compétences nationales mais surtout l’application d’une éco-diplomatie qui n’a pas tardé à porter ses fruits à travers le PND, le Programme National de Développement. 2013, l’an deux de la reconstruction sera encore prometteur si l’on s’en tient aux perspectives économiques annoncées mais la Côte d’Ivoire aux yeux du monde change de statut. Le pays en situation post-crise au chevet duquel les puissants de ce monde se pressaient est désormais un pays comme les autres. L’aide sera tout aussi mesuré et calibré et la Côte d’Ivoire devra la mériter. Cela suppose que sur la table des négociations les bailleurs de fonds n’hésiteront pas à poser des conditions qui pour l’instant dérangent terriblement. La première est le refrain sur la bonne gouvernance qui ne semble pas être la tasse de thé favorite des dirigeants Ivoiriens actuels. Gabegie, corruption, népotisme et favoritisme minent plus que jamais l’administration Ivoirienne. Au-delà, c’est l’épineuse question de la justice transparente qu’il faudra résoudre notamment dans la série des procès sur la crise post-électorale qui pour l’instant ne touchent que les pro-Gbagbo. Ajoutons à cela les cas de violations des droits de l’homme et l’insécurité pour lesquels les autorités sont très souvent interpelées et sur lesquels aucune amélioration concrète n’a été notée durant 2012 ! Il faudra plus que le potentiel économique classique de la Côte d’Ivoire au régime des Houphouétistes pour séduire les investisseurs en 2013 car l’heure de la compassion et de l’assistance humanitaire est bien passée. Désormais la Côte d’Ivoire au forum des donateurs devra justifier qu’elle mérite belle et bien l’aide qu’elle demande et que celle-ci ne viendra pas servir les intérêts d’un groupuscule de dirigeants dont le train de vie fait fortement jazzer la population.

SUY Kahofi


Téléphonie/internet : les abonnés Ivoiriens désormais connus !

Chaque utilisateur du téléphone désormais connu
Chaque utilisateur du téléphone désormais connu

Opération réussit pour les autorités Ivoiriennes qui se sont donné pour objectif d’identifier tous les utilisateurs des lignes internet, du téléphone portable et fixe. La moisson à été bonne au terme de cette opération qui vient de s’achever. La Côte d’Ivoire on peut donc le dire entre dans une nouvelle ère des NTIC et celle-ci aura pour leitmotiv « une utilisation plus responsable des NTIC par chaque citoyen« .

Après un premier deadline fixé à fin septembre 2012 puis une prolongation de 3 mois, l’opération d’identification des abonnés Internet et des utilisateurs du téléphone portable et fixe s’est achevée ce 31 décembre 2012. Sur un peu plus 18.138.000 utilisateurs du téléphone portable et fixe, 16.835.000 ont été formellement identifiés soit un taux d’identification de 92,8%. Quant aux utilisateurs d’internet le taux d’abonnés identifiés est de 100%. Désormais en Côte d’Ivoire chaque ligne téléphonique ou d’internet est associé à un nom et tous les utilisateurs qui n’ont pas pu se faire identifié ont commencé ce 1er janvier 2013 à vivre au rythme d’une tonalité inexistante ou des difficultés pour communiquer. D’ici peu, tous ces numéros fantômes seront hors service et les opérateurs ne pourront plus les remettre en vente. Néanmoins, les utilisateurs ayant des difficultés pour justifier leur identité pourront se rapprocher des entreprises de téléphonie pour un enrôlement physique. Il s’agit principalement des personnes ayant perdu leurs cartes nationales d’identité ou n’ayant aucun document pour se faire identifier. Les autorités Ivoiriennes explorent la possibilité pour les opérateurs d’identifier ces abonnés grâce à une photographie et des informations relatives au lieu de résidence, la profession, la filiation… Le nombre de personnes touchées par cette mesure pour osciller autour de 1.300.000. Cette vaste opération d’identification selon Bruno Nabané Koné, le Ministre Ivoirien des Postes et des Technologies de l’Information et de la Communication vise à rendre plus responsable les utilisateurs des NTIC et à lutter contre certains fléaux que sont la cyber-criminalité et les arnaques téléphoniques de toutes sortes. Il s’agit donc de sécuriser le cyber espace Ivoirien pour éviter désormais qu’il ne soit le terrain de jeu d’escrocs ou de broutteurs! Les compagnies de téléphonie ont été interpellées sur leur responsabilité première dans ce projet. Elles ne doivent plus vendre une carte SIM à un usager sans lui exiger un document administratif qui l’identifie formellement. En d’autres termes, les puces pré-activées ne seront plus vendues en Côte d’Ivoire!

Cette nouvelle donne pourrait-elle influencer le dynamique secteur de la téléphonie ? Les revendeurs pourront-ils s’adapter à cette nouvelle logique de la traçabilité des numéros ? L’Etat pourra-t-il garantir les libertés individuelles tout en ayant à portées de main des informations sur la vie de ces citoyens ? Voici des zones d’ombre du projet d’identification des abonnés Internet et des utilisateurs du téléphone portable et fixe qui garde tout leur mystère !

SUY Kahofi


Revue Ivoirienne du 24 au 29 décembre 2012

Aké N’Gbo et 8 pro-gbagbo désormais "libres" !
Aké N’Gbo et 8 pro-gbagbo désormais « libres » !

La semaine Ivoirienne a été marqué par de nouveaux bruits de déstabilisation du régime des Houphouétistes nous apprend L’Intelligent d’Abidjan ! En effet selon le confrère la caserne de gendarmerie d’Agban a été infiltrée par des individus. Très vite ces derniers ont été identifié et mis aux arrêts nous indique Le Patriote. Pour Le Nouveau Courrier qui se montre un brin septique, il y a des doutes sur la nature des agresseurs arrêtés et leurs intentions réelles. Les récentes attaques et tentatives d’attaque déjouées dans les camps et casernes de l’armée Ivoirienne suscitent encore des interrogations dans les colonnes des canards Ivoiriens. Cette réalité de l’actualité fait écrire à La Matinale : qui attaque notre pays ? Sans y répondre directement, le quotidien L’Expression croit savoir pourquoi les éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire et les Gendarmes sont attaqués et dans la foulée le confrère nous apprend que les Gendarmes Ivoiriens seraient en colères par rapport aux attaques répétées contre leurs camps ! Suite de l’affaire 8 pro-gbagbo retrouvent la liberté. Pour le premier ministre du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo Aké N’gbo c’est une joie et une reconnaissance au Chef de l’Etat qu’il exprime dans les colonnes du Nouveau Réveil quand le même confrère nous indique que Mr Aké N’gbo serait boudé par les barrons du FPI. Toujours sur cette libération, c’est le ministre Gnénéman Coulibaly de la justice qui se prononce chez nos confrères de l’Agence Ivoirienne de Presse. Le garde des sceaux se veut claire il s’agit d’une décision purement juridique quand bien même Soir Info parle d’une implication du Chef de l’Etat dans cette action considérée par certains comme un acte de dégèle politique. Pendant ce temps, pour les consultations nationales de la CDVR, la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation, le Programme des Nations Unies pour le Développement, PNUD offre du matériel roulant à Konan Banny écrit Le Patriote. Il s’agit d’un don de plus de 100 million de f CFA renchérit le journal ! Face aux difficultés financières de la CDVR, Konan Banny exaspéré parle barre en manchette Le Nouveau Réveil. Le patron de la CDVR appelle les bonnes volontés à soutenir son action par des dons à sa structure qui peaufine l’installation des commissions régionales et locales. Elections municipales et régionales, après l’annonce de dépôt des candidatures par la Commission Electorale Indépendante CEI, les choses bougent dans les états major des groupements et partis politiques. Municipales et régionales le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix à l’épreuve constate L’Inter, le PDCI et le RDR piégés dans le choix des candidats souligne pour sa part Le Nouveau Réveil, au RDR toutes les listes du parti politique sont bouclées nous apprends Le Patriote. Parlons économie pour finir ! L’amélioration du climat des affaires fait son bonhomme de chemin en Côte d’Ivoire. Désormais le délai de création d’une entreprise passe de 32 à 2 jours barre à sa une le quotidien à capitaux publics Fraternité Matin. Ce nouveau guichet permettra aux investisseurs d’accélérer les procédures de création d’entreprise et de gagner en temps et en argent souligne L’Intelligent d’Abidjan. Reprenant les propos du Premier Ministre Daniel Kablan Duncan lors de l’inauguration de ce guichet sis à l’Immeuble Djékanou, Le Patriote indique que la Côte d’Ivoire doit mériter la confiance des investisseurs à l’heure de la reconstruction. A la semaine prochaine !


Guichet unique des formalités d’entreprise : quel impact sur l’économie Ivoirienne ?

Cérémonie d'Ouverture du guichet unique des formalités d’entreprise
Cérémonie d’Ouverture du guichet unique des formalités d’entreprise

Le guichet unique des formalités d’entreprise s’inspire de l’exemple sénégalais qui a fait école dans la sous région comme un puissant outil de réduction des tracasseries administratives dans le processus de création des entreprises. Rendre opérationnel un tels outil pour la Côte d’Ivoire est un grand pas dans l’amélioration du climat des affaires. Le nouveau guichet a été conçu avec et pour le secteur privé et il est situé au sein de l’Immeuble Djékanou Abidjan-Plateau. Fruit du Groupe CEPICI, son premier impact sur l’économie ivoirienne est sans commune mesure selon le Ministre d’Etat Gon Coulibaly. Il réduit le temps de création d’une entreprise de 32 à 2 jours ! Au-delà il permet aux investisseurs de gagner en temps et en argent car il centralise la quasi-totalité des services intervenant dans le processus de création d’une entreprise. En effet il regroupe des administrations publiques telles que la direction générale des Impôts, le Greffe du tribunal, le ministère du Commerce, la Caisse nationale de prévoyance sociale et prévoit accueillir des services de la compagnie d’eau, d’électricité et de téléphone.

Sur le bien fondé du guichet unique des formalités d’entreprise, Daniel Kablan Duncan le Premier Ministre Ivoirien souligne qu’il pourra booster de nouveau l’investissement privé en Côte d’Ivoire. « L’auto-investissement public qui était de 4% en 1997-1998 et avait atteint 6% en 1999-2000 est tombé à 3% du PIB en 2010 et 2,1% du PIB en 2011 avant de remonter fortement à 5,4% en 2012 » indique le Premier Ministre. L’objectif est de faire monter ce chiffre à un taux de 9% en 2015 pour réaliser l’impératif de la reconstruction et de la réconciliation. Attaché à un esprit de bonne gouvernance, le Gouvernement Ivoirien entend rassurer les investisseurs par le guichet unique des formalités d’entreprise. Cela s’impose car l’abondance des matières premières agricoles et minières, le libre accès au marché intérieur, le fort potentiel énergétique ne peuvent en aucun cas attirer des investisseurs si le climat des affaires est marqué par les lourdeurs administratives et la corruption. Le premier ministre ivoirien rassure, le guichet unique des formalités d’entreprise aura pour mission de lutter contre ces fléaux mais aussi de diversifier les acteurs économiques. « Les énormes capacités d’investissement dont sont porteurs les opérateurs privés Ivoiriens, africains, des autres pays d’Europe et du continent asiatique n’avait pas alors été pris en compte et reste à explorer et à comptabiliser. Il est à souligner que d’autres projets non-inscrits au PND (Programme National de Développement) 2012-2015 ont été présentés par le secteur privé International » précise Daniel Kablan Duncan. Tous ces projets pour être exécuté dans les années avenirs grâce à l’amélioration du climat des affaires et surtout dans la confiance que les investisseurs place en la Côte d’Ivoire et son fort potentiel économique.

SUY Kahofi


Côte d’Ivoire : les fêtes de fin d’année sur fond d’insécurité

Les patrouilles se multiplient pour rassurer les populations
Les patrouilles se multiplient pour rassurer les populations

En Côte d’Ivoire, la fin de l’année est marquée par une recrudescence de la violence et des attaques contre les éléments de sécurité. Un contexte qui inquiète les populations qui ont bien peur de voir leurs mouvements restreints durant ces fêtes pour des raisons de sécurité.

Les rues bruyantes où musiques et cris se mêlent, les diodes qui illuminent la ville ou l’alcool qui coule à flot dans les maquis et bars d’Abidjan soulignent certes l’ambiance des fêtes de fin d’année, mais ne peuvent en rien occulter cette peur de l’insécurité présente dans le cœur des Ivoiriens. En effet, bien que les Ivoiriens tentent d’oublier les affres de la crise post-électorale pour réellement savourer les fêtes de fin d’année, force est de constater que chacun à bien peur que les démons de l’insécurité ne plongent de nouveau le pays dans la désolation et le désarroi.

Les récentes attaques d’Agban, d’Agboville et de Yopougon à la veille de la Noël sont venues ruiner les espoirs des plus optimistes qui rêvaient de faire la fête sans prise de tête. Malgré cette peur qui se lit sur le visage des Ivoiriens, les autorités n’entendent pas céder aux tentatives d’intimidation qui vise à jeter la psychose au sein des populations. Pour rassurer les habitants du pays, les ministères de l’Intérieur et de la Défense ont décidé de lancer une opération de sécurisation des grandes agglomérations ivoiriennes, dont Abidjan. Cette mesure se matérialise par des patrouilles musclées composées de plusieurs véhicules de l’armée, des patrouilles pédestres de la police et de la gendarmerie, sans oublier un effort supplémentaire pour éclairer les rues et principales artères de la ville.

Les pétards et autres fexu d’artifice ont été formellement interdit. Les lieux de cultes seront particulièrement sécurisés lors des veillées de prières, ainsi que les débits de boisson et autres espaces gastronomiques. Cette présence dissuasive est certes appréciées par les Ivoiriens mais chacun espère que les FRCI qui sont censés protéger ne transformeront pas en agresseurs la nuit tombée…

SUY Kahofi