Kahofi SUY

Le projet Finance et Gouvernance de la Santé (HFG) opérationnel

Un Centre Hospitalier Régional en Côte d’Ivoire
Un Centre Hospitalier Régional en Côte d’Ivoire

L’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire et le Ministère Ivoirien de la Santé ont procédé ce 26 mars au lancement d’un nouveau projet qui contribuera de façon significative au renforcement des infrastructures sanitaires en Côte d’Ivoire. Le Projet Finance et Gouvernance de la Santé (HFG) est financé par les Etats-Unis via le Plan d’Urgence du Président Américain de lutte contre le SIDA (PEPFAR). Il aura pour objectif premier d’améliorer la qualité et l’accès des Ivoiriens aux soins de santé. Au cours des cinq prochaines années, le HFG fournira un soutien au Ministère Ivoirien de la Santé à travers diverses autres activités dévolues au renforcement du système sanitaire national. Ces activité seront entre autre l’élaboration d’une stratégie nationale de financement de la santé; le soutien pour l’amélioration de la collaboration entre les secteurs sanitaires public et privé; la création et la mise en œuvre d’un système de gestion des ressources humaines pour la santé basé sur la performance; le renforcement des capacités des institutions de formation initiale des agents médicaux, paramédicaux et des travailleurs sociaux, y compris l’appui à l’élaboration d’un programme de formation, aux outils et technologies de formation; les stratégies novatrices et durables pour la rétention des professionnels de santé à leurs postes dans les zones rurales et reculées.

Selon Valerie Koscelnik, Représentante-pays du Programme USAID/PEPFAR, le programme HFG représente une précieuse collaboration entre les partenaires publics et privés pour améliorer les forces du système de santé en Côte d’Ivoire. Puis explique-t-elle : « à travers ce programme, nous serons en mesure d’élargir l’accès aux soins de santé et mieux mettre l’accent sur des maladies comme le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme. Pour ce faire, nous œuvrerons de concert avec le gouvernement à ce que le système de santé ivoirien soit bien géré, avec plus de responsabilité et de transparence. Ces améliorations permettront à la Côte d’Ivoire de progresser vers l’éligibilité pour le financement du Millennium Challenge Corporation ». En Côte d’Ivoire, le projet est financé par USAID/PEPFAR et sa mise en œuvre est assurée par l’ONG Abt Associates Inc. « En toute chose le tout n’est pas de naître, c’est ensemble que nous réussirons ce projet, chacun jouant sa partition » a fait savoir Dr Boko Désiré, Directeur pays de Abt Associates Inc, chargé de conduire le projet HFG. Faisant une présentation du projet, Dr Boko Désiré a en substance indiqué que le projet HFG travaille avec les pays partenaires à accroître leurs ressources nationales pour la santé, gérer ces ressources précieuses de manière plus efficace et prendre des décisions éclairées en matière d’achat. Selon lui, le projet HFG a été « fondamentalement conçu pour renforcer les systèmes de santé et permettra d’améliorer la santé dans les pays partenaires en élargissant l’accès des populations aux soins de santé prioritaires ». Le projet HFG est un projet global de cinq ans (2012-2017), de 209 millions de dollars financés par l’Agence Américaine de développement international et prenant en compte 96 pays partenaires dont la Côte d’Ivoire, l’un des premiers bénéficiaires.

SUY Kahofi


Revue Ivoirienne du 18 au 23 mars 2013

Malgré les efforts du gouvernement, l'insécurité persiste
Malgré les efforts du gouvernement, l’insécurité persiste

Insécurité, insécurité, insécurité…le spectre plane toujours sur la Côte d’Ivoire deux ans après la fin de la crise post électorale et pour preuve le pays a encore été secoué cette semaine par une nouvelle attaque à l’ouest. En effet il y a eu une tentative d’incursion d’homme lourdement armés dans une localité du département de Toulepleu. L’alerte a été donnée par L’Inter à travers cette une : insécurité à l’ouest après Bloléquin, Toulepleu attaqué dans la nuit du 20 au 21 mars. Les FRCI ripostent ; plusieurs arrestations nous indique un autre titre du groupe olympe. Soir Info puisse que c’est du confrère qu’il s’agit nous explique que des enseignants seraient à la tête du commando qui a frappé et qui s’est replié vers le Libéria. Ce commando selon Le Jour Plus a pour nom le Dragon Bleu et malgré l’audace de ces éléments il a été mis en déroute se réjouit Le Nouveau Réveil. La situation socio-sécuritaire du pays est aussi marquée par une vague d’attentat contre les directeurs généraux. Attentats et agressions contre les directeurs généraux qui sont les tueurs et leurs objectifs s’interrogent Le Jour Plus et L’Expression. Ce qu’on aurait voulu faire passer pour de simple vol ou agression passagère est devenu un véritable fléau qui inquiète investisseurs et opérateurs économiques nous indique Le Nouveau Courrier. Où sont donc passé les fameuses caméras du Ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko s’interroge un brin ironique Soir Info qui jette les bases d’une analyse critique sur la véritable efficacité du CCDO, le Centre de Coordination des Décisions Opérationnels mis sur pied il y a à peine une semaine ! Parlons politique avec la conférence de presse du 21 mars du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo. L’occasion a été choisi par le désormais numéro un intérimaire du parti pour dénoncer certains actes du régime des Houphouétistes. Miaka Ouréto parlant des prochaines élections locales indique à la une de Notre Voie qu’il s’agit d’une grande mascarade. Même analyse du Nouveau Courrier qui indique que le FPI ne prendra pas part à ces élections et donc n’en reconnaîtra pas les résultats. C’est du chantage s’indigne La Matinal qui pointe du doigt les revendications pécuniaires d’un parti qui réclame plus d’un milliard de f CFA au titre de la loi sur le financement publique des partis politiques. Droit de l’homme à présent avec le dernier rapport d’Amnesty International ; en attendant les décisions des juges de la CPI grosse manœuvre pour un procès contre Gbagbo souligne L’Intelligent d’Abidjan. Amnesty International cloue Gbagbo au pilori écrit Le Démocrate et cette logique des faits semble confirmé par Le Jour Plus qui parle de plus de 81 milliards de f CFA englouti par le régime de refondation dans les achats d’armes. En bonus le confrère offre à ces lecteurs la liste des présumés pays ayant violé l’embargo pour livrer hélicoptères, chars, fusils d’assaut et munitions aux troupes fidèles à Laurent Gbagbo. Que nenni ! Pure intox car pour Notre Voie Gbagbo n’est rien d’autre qu’un résistant et le confrère d’égrainer les évènements qui marquent la passion politique et le combat démocratique de Laurent Gbagbo. C’est dans ce contexte de débat autour de qui est réellement Laurent Gbagbo que Nord-sud Quotidien et L’Expression nous apprennent qu’un juge de la CPI a démissionné !

A la semaine prochaine !


« H2O, Paroles d’Eau » pour parler d’eau

L'eau source de vie, une denrée à protéger
L’eau source de vie, une denrée à protéger

« H2O, Paroles d’Eau » est le titre du film documentaire présenté à l’Institut Goethe d’Abidjan-Cocody ce 22 vendredi 22 mars, à l’occasion de la Journée Mondiale de l’eau. Ce film produit par la Compagnie Naforo-Ba, avec le soutien de l’Union Européenne, met à nu les problèmes liés à l’accès des populations d’Afrique de l’Ouest à l’eau potable. L’eau est une denrée sur laquelle pèse d’énormes menaces en Afrique de l’Ouest. A travers un voyage de la Côte d’Ivoire au Cap-Vert, en passant par le Niger, le Liberia et la Guinée, la Compagnie Naforo-Ba montre combien de fois les bouleversements climatiques ont un impact sur la disponibilité de l’eau.

Bien plus que le pétrole ou n’importe quelle autre ressource, l’eau devient petit à petit la denrée la plus rare pour plusieurs millions de personnes à travers le monde. Sur le bienfondé de cette production, Adama Adepodjou, taxi-conteur et directeur artistique de la Compagnie Naforo-Ba, nous explique que « cette production est une contribution des conteurs d’ici et d’ailleurs à la promotion d’une utilisation plus rationnelle et raisonnable de l’eau en temps que ressource indispensable à la vie ». L’élément déclencheur selon le conteur est le spectacle Massa Dambali que sa compagnie a déjà joué, et où la question de l’eau est évoquée. Elle représente l’un des quatre éléments qui fonde le monde et il est important que l’artiste apporte sa contribution à la préservation de cette richesse.

De la nécessité de préserver une richesse

« H2O, Paroles d’Eau » donne la parole aux conteurs qui situent la valeur historique, artistique, culturelle et économique de l’eau en Afrique. Des faubourgs d’Abidjan aux plages de Monrovia en passant par les ruisseaux de la basse Guinée et les terres brunies des îles Cap-Verdiennes, le film nous invite à mesurer l’ampleur de la pollution des cours d’eau et la raréfaction de cette denrée. Chacun de nos gestes d’agression contre la nature aide à accentuer la pression sur les réserves d’eau potable que compte notre planète. Ordures domestiques et industriels rejetées en pleine mer ou le long des côtés, canalisations d’eaux usées connectés aux rivières et fleuves… Il est évident que notre rapport à l’eau est aujourd’hui un rapport de destruction et non de préservation ! Il y a donc une véritable nécessité d’agir. Agir pour mettre un terme au règne du gaspillage de l’eau potable, agir pour protéger nos lacs, fleuves, rivières et lagunes, agir pour sauver les nappes phréatiques polluées constamment par les activités humaines.

Ils ont dit…

Valer’ Egouy conteur (Martinique)

« C’est un travail qui a fait appel à beaucoup de recherches sur l’eau avec de la profondeur parce qu’il y a l’aspect culturel, sociologique, l’aspect humain qui ont été pris en compte dans la réalisation de ce très beau documentaire. C’est un très bon travail que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir ».

Fadiga Lassiné, directeur général de l’office national du cinéma

« Magnifique, sublime… Ce sont autant de qualificatifs qu’on pourrait trouver pour saluer ce film. D’abord au niveau de la qualité des images, du cadrage au plan cinématographique et en plus le contenu est d’une richesse incroyable. Je félicite les réalisateurs de ce film surtout pour le choix de la thématique de l’eau car nous avons besoin de sensibiliser nos populations sur la nécessité de préserver cette denrée ».

Docteur Diaby, Université Félix Houphouët Boigny – Cocody

« Ce film nous permet de bout en bout de comprendre que l’homme est un être d’eau ! Chez moi quand un homme naît on dit « djigui » c’est-à-dire descendre. Ce djigui vient aussi du mouvement de l’eau qui tombe et apporte la vie. « H2O, Paroles d’Eau » vient nous rappeler que l’eau est source de vie et que nous en descendons. Sans cette eau nous ne serons plus rien »

Pascaline Ouédraogo, conteuse (Burkina-Faso)

« Ce film nous enseigne sur le rôle que doit être celui de l’artiste dans le processus de sensibilisation des populations pour la préservation de l’eau. Je viens d’un pays sahélien où nous avons une seule saison des pluies et où les coupures d’eau peuvent excéder 48 heures. Ce rôle qui est celui du conteur dans la préservation de l’eau j’entends effectivement le jouer et chaque fois que je dirais des contes, soyez-en sûr les histoires d’eau auront désormais une place de choix ! ».

SUY Kahofi


Journée Mondiale du Conte : Abidjan innove avec le flash conte

Les artistes à l’étape du Goethe Institut
Les artistes à l’étape du Goethe Institut

Le mercredi 20 mars, le monde entier célèbre la Journée Mondiale du Conte. Cette année, cette célébration coïncide avec la Journée Mondiale de la Francophonie et la Compagnie Naforo-Ba, une ONG qui oeuvre pour la préservation des coutumes orales, a décidé de la marquer d’une pierre blanche.

Elle a ainsi initié dans le cadre des Journées de l’Oralité 2013 le concept des flashs contes. « Il s’agit d’un concept novateur visant à démocratiser le conte et l’espace où le conte est dit », nous explique Adama Adepoudjou (Taxi-conteur), Directeur Artistique de la Compagnie. Le flash conte est basé sur un principe tout simple : investir un espace donné pour dire en trois minutes chrono un ou deux contes. Le temps pour les personnes de comprendre ce qui se passe que les conteurs changent d’espace !

Ces contes brefs ont pour mission première de faire découvrir les arts de l’oralité au public. « Il n’y a pas un public cible : tout le monde est concerné ! Les flashs contes investissent aussi bien les lycées et collèges tout comme les administrations publics ou privées » souligne Taxi-conteur. C’est donc une quinzaine de conteurs qui ont participé au premier flash conte de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Parmi eux nous citerons entre autre Remi Omer (Guyane), Valer’ Egouy (Martinique), Etienne du croco théâtre de Yamoussoukro, Pascaline O. du Burkina Faso et plusieurs conteurs de la jeune génération.

C’est au son du wôyô (rythme zouglou) que la navette des conteurs a commencé son périple avec l’INFS (Institut Nationale de Formation Sociale). Dans cet Institut, ils ont dit un conte pour certains, un slam pour d’autres. Un moment très apprécié par les étudiants si l’on s’en tient aux propos de Mme Koffi née Kamenan, une étudiante :

« C’est original et je dois dire que je ne m’y attendais pas. J’apprécie surtout les performances des slameurs aussi bien ceux de la Côte d’Ivoire que de la Martinique. En plus il nous a été donné d’entendre un conte en créole : c’est une première et j’ai apprécié ».

Même constat de joie à l’Université Méthodiste d’Abidjan-Coccody où élèves et étudiants ont prêté une oreille attentive aux contes du Sénégal, du Burkina Faso, du Niger et du Congo. Les enseignants qui eux aussi découvraient l’esprit du flash conte ont apprécié ce concept et ont aidé à la prestation des amoureux de la parole. Successivement l’INSAAC, le Goethe Institut, l’Institut Français et la Gare SOTRA de la cité administrative du Plateau ont été des espaces choisis pour familiariser les Ivoiriens au conte. La quinzaine de conteurs a achevé son tour d’Abidjan à la Bibliothèque Nationale où ils ont gratifié le public d’un spectacle de conte baptisé dans le milieu « Coup de projecteur« .

Notons que depuis le lundi 18 mars, Abidjan abrite les journées de l’oralité 2013. Il s’agit d’un festival dédié à la parole et meublé par des ateliers de formation, des spectacles, des projections de film documentaire, des rencontres universitaires et scolaires.

SUY Kahofi


Le baromètre des médias Africains – Côte d’Ivoire 2012

Les médias ivoiriens en perte de vitesse
Les médias ivoiriens en perte de vitesse

Ce mardi 19 mars le siège de la Fondation Friedrich Ebert sis à Attoban (Cocody, Abidjan) a servi de cadre à la présentation d’un document baptisé « Baromètre des médias africains – COTE D’IVOIRE 2012 ». Le Baromètre des médias africains en abrégé AMB est un mécanisme mis sur pied par la section Media de la Fondation Friedrich Ebert (FES) basée en Namibie. L’AMB a pour fonction d’analyser les environnements médiatiques nationaux du continent. Il s’agit d’un outil auto-évaluatif qui répond aux critères locaux résultant des Protocoles et Déclarations africains, ainsi qu’un instrument de pression pour les réformes des médias de façon pratique. Les résultats des AMB sont diffusés au public des pays concernés afin d’améliorer la situation des médias. Bien entendu, les recommandations issues du rapport servent au travail de soutien mené par les bureaux de la FES. Ils peuvent être utilisés par d’autres donateurs et organisations africaines des médias. Mlle Meité Alhima la modératrice de la cérémonie de présentation a tenu à faire une importante précision sur les missions de l’AMB. « Il n’est pas conçu pour justifier les choix politiques du gouvernement mais doit rendre compte d’une auto-analyse critique exécutée par des professionnels des médias et de la perception générale de la société civile sur la situation des médias».

Le contenu du rapport

Le « Baromètre des médias africains – COTE D’IVOIRE 2012 », a été présenté par le journaliste – consultant Zio Moussa. Établit par rapport au manuel de 2009, il ressort une régression globale des critères d’évaluation dans les quatre secteurs concernés. Ces secteurs sont la liberté d’expression, le paysage médiatique, la régulation de la communication audiovisuelle, la pratique des normes professionnelles dans les médias. Soulignant que pour le Baromètre 2012, les critères (2009) ont été révisés, amendés et décalés, M. Zio a noté que sur une échelle de 5.0, l’on trouve dans le secteur 1 une moyenne de 3.8 contre 4.1 en 2009; dans le secteur 2, une moyenne de 2.8 contre 3.4 en 2009; dans le secteur 3, une moyenne de de 2.5 contre 2.9 en 2009 et dans le secteur 4, une moyenne de 2.5 contre 2.9 en 2009. La moyenne générale du Baromètre 2012 est de 2.9 contre 3.3 en 2009. Ce rapport est le fruit de l’analyse de neuf panélistes qui se sont réunis en avril 2012. Comme enseignements, Zio Moussa retient, entre autres, que malgré la révision des critères, il reste toutefois que les pratiques des  diffuseurs publics et privés n’ont pas véritablement évolué. « Le diffuseur public n’est pas encore devenu le service public (…) qui, à défaut d’indépendance, est autonome sur le plan éditorial et s’est affranchi de la connivence avec les pouvoirs publics », a résumé Zio Moussa, notant que la presse privée qui s’est autoproclamée indépendante, porte un masque transparent. Estimant toutefois le Baromètre utile, M. Zio pense qu’il gagnerait à être vulgarisé et à croiser le chemin des universitaires pour encourager un certain nombre de recherches.

SUY Kahofi