Kahofi SUY

La Poste de Côte d’Ivoire en mode E-commerce

Sanli Shop vient repositionner la Côte d'Ivoire dans l'espace du e-commerce
Sanli Shop vient repositionner la Côte d’Ivoire dans l’espace du e-commerce

La montée en puissance de la cyber-criminalité en Côte d’Ivoire oblige de nombreux prestataires de e-commerce à l’image de Paypal à refuser l’accès de leur plate-forme aux Ivoiriens. Pour le Gouvernement de Côte d’Ivoire, il s’agit d’un manque à gagner pour l’économie d’où la nécessité de lancer « un produit concurrentiel » made in Côte d’Ivoire.

Sanli Shop, c’est le nom de la nouvelle plate-forme de E-commerce 100% Ivoirienne lancée par La Poste de Côte d’Ivoire ; un outil qui vient répondre aux difficultés des Ivoiriens dans le commerce électronique au plan national et voir international. Sanli est une expression malinké qui traduit l’acte d’acheter et shop désigne la boutique (anglais). Sur le bienfondé de Sanli Shop et son mode de fonctionnement Issac Gnamba-YAO directeur général adjoint de La Poste de Côte d’Ivoire soutient que son entreprise veut se positionner dans l’industrie du e-commerce spécifiquement pour réveiller des activités traditionnelles qui sont l’acheminement des colis et paquets.

« Les volumes de lettres sont en pleine chute pendant que les volumes de colis et paquets sont en train de monter à cause du e-commerce. Le principe de Sanli Shop c’est de permettre à des boutiques, donc à des marchands de proposer leurs produits aux internautes et la Poste s’occupera d’adresser des solutions aux problématiques de paiement en ligne et d’acheminement des colis et paquets pour des livraisons à domiciles ou des livraisons à l’international » nous explique Issac Gnamba-YAO.

Etre à la mode des Technologies de l’Information et de la Communication dans un contexte de globalisation est une chose mais adapter les outils numériques aux réalités du développement économique d’un pays demeure une autre paire de manche. Partant de ce constat il est important de se poser une question : Sanli Shop existe mais répond-t-il aux besoins des consommateurs Ivoiriens ? Pour Monsieur Issac Gnamba-YAO la réponse à cette question est Oui car de nombreux sites sont en ligne mais il n’en existe aucun qui offre la possibilité de commander, de payer et de se faire livrer.

« Je pense que Sanli Shop vient se positionner comme un des leaders de cette activité pour permettre aux populations de rester à leurs bureaux, dans leurs chambres ou à leurs domiciles pour commander un produit et se faire livrer à l’adresse indiquée » soutient le directeur général adjoint de La Poste de Côte d’Ivoire.

De façon pratique tous les achats via Sanli Shop se feront grâce à des systèmes de e-money existant. Nous citerons entre autre Orange Money, MTN Mobil Money, Western Union en plus des cartes VISA et Master Card.


Revue de la semaine Ivoirienne du 23 au 28 septembre 2013

L’homme aux solutions aux pupitre de l’ONU
L’homme aux solutions au pupitre de l’ONU

La semaine d’actualité en Côte d’Ivoire a été marquée par la présence du président Ivoirien à New York. Son discours à la tribune de l’ONU à l’occasion de la 68ème Assemblée Générale de l’Organisation est un plaidoyer en faveur de l’Afrique croit savoir Le Démocrate. Selon Fraternité Matin le chef de l’Etat Ivoirien à la tribune de l’ONU ce 25 septembre a indiqué les grandes lignes des défis futurs, les grands enjeux de demain. Le Président Ivoirien profite même de l’opportunité qui lui est offerte pour faire un point sur les OMD et affirme que de nombreux pays africains sont en retard et seront en retard par rapport à l’échéance fixée rapporte L’Intelligent d’Abidjan. Pendant qu’il prêche l’unité et la paix à New York les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire attendent Alassane Ouattara. La colère monte dans le camp des ex-combattants selon L’Inter et la raison est le non-transfèrement de Simone Gbagbo à la CPI. Il s’agit pour les ex-combattants d’un acte de haute trahison car comme le père Gbagbo, la mère du régime mérite amplement une cellule VIP en Hollande. Toujours la colère, cette fois ci dans le camp des magistrats et des dozo nous indique en cœur Soir Info et L’Inter, le dernier confrère cité nous indiquant que la Côte d’Ivoire à beaucoup à craindre de cette confrérie que certains qualifient de milice pro-ouattara. Un autre problème qui menace aussi le pays, c’est la malnutrition qui sévit au nord selon un rapport des agences onusiennes et près d’un million de personnes sont concernées nous révèle Le Nouveau Courrier qui se désole de l’attitude d’Alassane Ouattara qui avait fait du nord son fond de commerce. Ouvrons la page politique nationale et celle-ci est marquée par le congrès avenir du PDCI et le dialogue pouvoir opposition. Sur le premier sujet L’Inter nous informe que rien ne semble empêcher KKB dans sa marche vers la présidence du PDCI. L’intraitable président de la jeunesse du parti doyen a pu payer les 18 millions de caution pour sa candidature ! Qui se cache derrière ce financement ? Difficile de répondre à cette question. Une chose est sûre Henri Konan Bédié aura des candidats sérieux en face de lui car en plus de KKB et Mady, il faudra compter avec Charles Konan Banny nous apprend Le Nouveau Réveil qui nous indique pourquoi Banny veut casser le PDCI. Le dialogue pouvoir-opposition est toujours à l’ordre du jour. Pour le quotidien Le Temps après avoir défié l’opposition, le régime est désormais à genoux devant le FPI. Une posture de soumission qui lui donne désormais des droits, chose qui pousse Le Quotidien d’Abidjan à indiquer que le président François Hollande demande que parmi les 3000 prisonniers qui seront libérés puisse figurer des pro-gbagbo. Notre Voie se demande plutôt si Ahoussou Jeannot est l’homme de la situation dans ce dialogue FPI-Gouvernement ? En effet l’ancien premier ministre revient aux affaires pour tenter d’apporter des solutions en vue de réchauffer le climat politique.


Côte d’Ivoire : le Tour cycliste 2013 ou la réconciliation par les deux roues !

Le tour de la réconciliation sera lancé depuis le nord de la Côte d'Ivoire
Le tour de la réconciliation sera lancé depuis le nord de la Côte d’Ivoire.

C’est ce 27 septembre 2013 que débutera la 20e édition du Tour cycliste de Côte d’Ivoire. Ce tour cycliste est placé pour cette édition sous le signe de la réconciliation nationale. Il sera lancé dans la région du Bafing précisément dans la localité de Touba au nord de la Côte d’Ivoire. Pas moins de 72 coureurs venus de huit (8) pays d’Afrique et de France se disputeront chacune des étapes pour conserver le maillot jaune au soir du 6 octobre.

Comme chaque année où le tour se tient, c’est une grosse logistique et des moyens humains très importants qui seront mobilisés. C’est une caravane comprenant au moins 225 personnes et 40 véhicules de tous types qui fera escale à chaque étape dans les villes clairement identifiées par la FIC, la Fédération ivoirienne de cyclisme. Parmi ces 225 personnes, on comptera des journalistes, des coureurs, des accompagnateurs, des staffs médicaux, des chefs de délégations, des entraîneurs, des mécaniciens… Côté organisation pratique, l’accueil des délégations commence ce 25 septembre 2013 et s’achève demain pour permettre aux équipes de rallier Touba à 570 km d’Abidjan ! Concernant le programme de la compétition, le président de la Fédération ivoirienne de cyclisme prévient qu’il s’agira d’une compétition marathon.

« Nous aurons neuf jours de course, une course contre la montre de 24 km le 3 octobre à Sakassou, un jour de repos, une course contre la montre par équipe et huit étapes en ligne ce qui représente autour de 935 km de course. L’arrivée est prévue le dimanche 6 octobre à Abidjan » nous explique le président Allah Kouamé.

Voici un programme qui donne déjà une idée claire de la rudesse de ce tour auquel participeront trois équipes ivoiriennes. Notons que plusieurs entreprises accompagnent l’organisateur principal du tour cycliste 2013 (FIC). Celles-ci offriront des trophées et des maillots aux coureurs les plus méritants.


Côte d’Ivoire : les chiffres du chômage toujours inquiétants !

Comment créer la richesse avec une jeune sans emploi?
Comment créer la richesse avec une jeunesse sans emploi?

Les résultats de la première enquête emploi en Côte d’Ivoire sont connus. Il ressort de celle-ci qu’une frange importante de la population active n’a pas encore accès à un emploi décent.

9,4 % c’est le chiffre principal de l’enquête emploi-2012, fruit de l’effort de l’AGEPE, l’Agence d’étude et de promotion de l’emploi dirigée par M. N’dri Philipe (directeur général). 9,4 % est taux de chômage moyen en Côte d’Ivoire mais les données changent d’une ville à l’autre, d’une région à l’autre. C’est le cas par exemple d’Abidjan avec un taux de chômage autour de 19,5 %. Sur le découpage zone rurale-zone urbaine, le chômage plafonne à 15,2 % pour la zone urbaine et 3,8 % en zone rurale. Par sexe, par tranche d’âge et par niveau d’instruction, les chiffres ne sont pas aussi reluisants. En Côte d’Ivoire, les femmes sont les plus touchées par le chômage. A côté d’elles figure les diplômés, car plus le niveau d’étude est élevé, plus les le chômage est important. Les chômeurs de niveau doctorat, BAC +4 à BAC +5 ont un taux de chômage encore plus élevé.

L’enquête au-delà de ces chiffres s’intéresse aussi à la situation salariale de ceux qui sont en activité. Force est de constater que certains ne touchent même pas le SMIG, le Salaire minimum interprofessionnel garanti. Quand on sait que le SMIG est évalué à 36 000 F Cfa, l’enquête révèle que 42,7 % de travailleurs reçoivent un salaire en dessous de la norme. Sur l’application du SMIG à 60 000 F Cfa qui n’est pas encore effectif, le chômage est 58,4%. Sur les autres chiffres de l’enquête, l’AGEPE révèle que le taux d’emploi informel est de 91,2 % avec un taux d’emploi salarié à 18,1 % et le taux d’emploi vulnérable à 70,4 %. Le taux de sous-emploi est plutôt élevé en Côte d’Ivoire et cette situation s’explique par la durée de l’emploi. Ces derniers chiffres démontrent très clairement que la Côte d’Ivoire a un secteur informel très important. Il s’agit donc pour les Ivoiriens de transformer ces offres du secteur informel en emplois plus productifs, en emplois décents.

Un autre taux inquiétant ressort de cette enquête de l’AGEPE : il s’agit du nombre important de chômeurs découragés. Ils sont découragés de chercher du travail parce que convaincus que toutes les portes leur sont fermées soit à cause de la corruption, soit à cause du manque de moyen, d’opportunités ou d’informations. On estime que 40,3 % des chômeurs sont frappés par le syndrome du découragement !

« Oui 40,3 % de personnes fatiguées de chercher du travail c’est beaucoup ! Ce chiffre se justifie par le fait que ces chômeurs ne s’informent pas sur ce qui se passe ou se qui est en train d’être fait en matière d’opportunité d’emploi. Ils ont tendance à rester chez eux et à se résigner au désespoir. Ils estiment être incapables de réagir face à cette adversité » nous indique M. N’Dri Philipe directeur général de l’AGEPE.

L’enquête emploi-2012 n’a pas pour but d’inquiéter les Ivoiriens bien au contraire. Ce travail donne des pistes de recherche sur la question du chômage en Côte d’Ivoire et les moyens pour le résorber. Au-delà il faut dans l’immédiat penser à des stratégies d’information en vue de permettre aux chômeurs découragés de se rapprocher des pôles d’emploi et des structures de promotion de micro-projet. Bien sûr dans ce schéma, les entreprises doivent elles aussi se rapprocher des structures étatiques pour pouvoir présenter leurs offres et les possibilités qu’elles ont d’aider à réduire le taux de chômage en Côte d’Ivoire.


Corruption : la police nationale ivoirienne toujours à l’heure du racket

Le racket mine encore la Police Ivoirienne
Le racket mine encore la police Ivoirienne

La corruption est bien le premier cancer socio-économique dont souffre la Côte d’Ivoire et l’un des corps de métier qui semble en souffrir le plus (ou en faire la promotion) est pour de nombreux Ivoiriens la police. Enquête !

Lors de l’enquête qui a précédé la rédaction de cet article, 7 Ivoiriens sur 10 interrogés ont estimé que la police est le corps le plus corrompu de l’armée et de la Côte d’Ivoire ! A tort ou à raison, de nombreux Ivoiriens la jugent en déphasage avec ses missions premières. En effet, la police ivoirienne se donne pour mission de veiller à l’application des lois et d’assurer la protection des personnes et des biens. Elle fait du renseignement et le maintien de l’ordre. Ces missions que nous qualifierons de nobles sont occultées par la corruption ouverte des hommes en kaki. Celle-ci ternit encore plus l’image du pays, car la corruption de la police nationale est celle à laquelle les populations sont directement exposées au quotidien.

Le Cfa au-dessus du civisme

Le champ privilégié de chasse de la police est le bitume. C’est ici que les policiers se livrent à tous leurs abus. A titre d’exemple, les agents commis à la circulation ne cessent au quotidien d’inventer des infractions juste pour soutirer de l’argent aux automobilistes. Parmi les infractions qui donnent de l’argent rapide comme au PMU figure le stationnement interdit à un feu qui pourtant est au rouge, le dépassement interdit alors que vous roulez seul sur la voie sans oublier le plus que célèbre mauvais chargement quand bien même le fanion indiquant l’excédent de charge est posé de façon évidente ! A cela s’ajoute les radars qui sont positionnés à des endroits formellement interdits quand ils ne sont pas inexistants. A Abidjan les pentes, côtes et autres virages sont les espaces choisis par les agents indélicats pour soutirer de l’argent aux automobilistes. En effet il serait impossible, même à une voiture intelligente de ne pas monter une côte, négocier un virage ou descendre une pente sans prendre de la vitesse ! Un racket des automobilistes si bien structuré depuis des années qu’il semble ne plus déranger. Des montants de 500 F, 1000 F ou 2000 F Cfa…cet argent soutiré aux citoyens est souvent remis sans une contravention ou même une preuve que l’argent a été bien remis à un agent des forces de l’ordre.

« Lorsque qu’après le constat d’une infraction, l’agent de police immobilise votre véhicule, il vous dira par exemple que son « collègue qui a la souche de la contravention est absent ! » Il vous fait perdre inutilement le temps pour vous amener à prononcer cette phrase que tous les policiers ivoiriens affectionnent : « Chef on fait comment ? » Il sait alors que vous avez l’intention de négocier pour regagner votre lieu de travail » nous indique en fin connaisseur M Koffi Kouadio Alain, responsable d’une PME froid et climatisation.

Cette attitude pousse aujourd’hui de nombreux véhicules de transport en commun à circuler sans aucune pièce administrative, et même l’assurance. Des clando’ qui mettent la vie des honnêtes citoyens en danger avec la bénédiction des policiers. Pour en savoir plus sur cette pratique nous nous rendons à la gare de gbaka d’Adjamé et celle de wôrô-wôrô de Treichville. Coulibaly H, un chauffeur nous indique clairement que « les chauffeurs payent une substantielle somme aux policiers » pour circuler librement toute la journée.

« Lorsque je suis arrivé dans le transport cette pratique existait déjà ! Je ne sais pas qui a ces pièces et qui ne les a pas, mais je suppose que si vous vous acquittez de la somme que les policiers veulent vous, pouvez rouler tranquillement » nous indique H Coulibaly.

Tout semble donc expliquer l’incivisme des chauffeurs des véhicules de transport en commun sur nos routes. Les agents de police semblent ne rien voir des nombreux stationnements interdits, de l’absence de rétroviseurs et autres feux sur les véhicules sans oublier les dépassements dangereux que réalisent les chauffeurs de gbaka et wôrô-wôrô.

Un combat de David contre Goliath

La politique nationale de lutte contre la corruption prend en compte la question du racket et de l’incivisme au sein de la police nationale. La preuve de nombreux policiers indélicats ont été traduit devant le tribunal militaire et jetés en prison. Des exemples pour redresser les brebis galeuses, des exemples que la population salue, mais qui ressemblent plus à un coup d’épée dans l’eau ! Pour un seul policer derrière les barreaux, ce sont des centaines qui continuent de soutirer injustement de l’argent aux citoyen dans les rues.

« Je pense personnellement que la question du racket et généralement la corruption au sein de la police est avant tout une question de mentalité. Tant que les policiers seront convaincus qu’ils ne font pas de mal, le racket continuera. Par contre, si chaque policier comprend qu’il fait du mal au citoyen en donnant dans le racket, les choses changeront » nous explique M. Koné F. R. sociologue.

Pour guérir du racket, la police doit reconnaître qu’elle est malade. Cela implique un engagement de la hiérarchie dans l’assainissement du corps. Les bruits de corruption lors du concours d’entrée à l’école de police doivent être dissipés et les éléments (officiers et sous-officiers) plus instruits sur les questions touchant au civisme, à la protection des droits de l’homme et au respect du citoyen. Un policier soucieux du bien-être de ses compatriotes ne les escroque pas, mais aide à les protéger contre toutes les formes d’abus. C’est seulement en tournant le dos à la corruption et au racket que la police pourra véritablement assurer sa mission qui consiste à veiller à l’application des lois et assurer la protection des personnes et des biens.