Kahofi SUY

La contrefaçon, un danger pour les Ivoiriens !

Destruction de produits contrefaits par les Douanes Ivoiriennes
Destruction de produits contrefaits par les douanes ivoiriennes

« L’impact du non-respect de la propriété intellectuelle sur la santé publique et l’économie » c’est autour de ce thème que le think tank Ivoirien Audace Institut Afrique (AIA) a réuni ce 12 novembre les consommateurs, les experts et les industriels pour parler de la contrefaçon et de la protection de la propriété intellectuelle. L’immeuble Carbone sis Abidjan-Cocody a servi de cadre à ce séminaire de 24 heures ponctué par des exposés.

Ce séminaire trouve tout son sens dans le contexte ivoirien car après 10 ans de crise, le pays a perdu en grande partie ses moyens de lutte contre la fraude et la contrefaçon. Une situation qui a fait du pays un véritable dépotoir de produits d’origines douteuses ! Alimentation, industrie, produits pharmaceutiques et cosmétiques, textiles et boissons, aucun secteur n’échappe au fléau de la contrefaçon. Un fléau qui représente donc un véritable danger pour l’économie ivoirienne, la liberté d’entreprendre et la propriété intellectuelle.

« A la base de liberté, il y a la propriété et la propriété intellectuelle est une part importante du droit de propriété. Ce droit à la propriété intellectuelle a du mal à être respecté partout dans le monde, mais particulièrement en Afrique. Il y a beaucoup de contrefaçons qui sont dangereuses pour les populations, un véritable problème de santé publique avec des gens qui tombent malades, qui meurent, qui souffrent et il y a également un aspect économique » nous explique Gisèle Dutheuil, directrice d’Audace Institut Afrique.

Sur le volet économique, il est important de noter que la contrefaçon fait perdre à l’économie ivoirienne plusieurs milliards de F Cfa par an à cause des fraudes douanières, mais aussi de nombreux emplois à cause de la concurrence déloyale imposée aux entreprises légalement constituées. Au-delà, un produit contrefait menace directement la santé du consommateur d’où la nécessité pour les autorités ivoiriennes de s’engager pour freiner le fléau.

« Notre souhait en temps qu’industriels, c’est que les autorités prennent des décisions fortes et rigoureuses pour amener les contrefacteurs à arrêter leurs activités. Il faut des sanctions plus prononcées pour que ces personnes arrêtent ces activités illégales qui pénalisent l’économie, mais qui sont des sources de problèmes pour les populations » plaide Anicet Papouet Kpalou, coordinateur Afrique de l’Ouest d’Unilever chargé de la sécurité et de la protection des marques.

Il est vrai que les autorités au plan national ont un rôle important à jouer au plan des législations et de la répression, mais il est capital pour les acteurs économiques de s’engager ensemble pour sensibiliser les populations. Les consommateurs doivent être mieux informés sur les produits qu’ils achètent au quotidien et les personnes les mieux placées pour mener cette sensibilisation sont les industriels eux-mêmes.

« Chaque acteur dans le processus de lutte contre la contrefaçon et le respect de la propriété intellectuelle à sa part de responsabilité. Il y a les mesures qui sont du domaine des pouvoirs publics mais aussi celles qui sont du domaine des opérateurs économiques. La sensibilisation fait donc partie des mesures que les industriels peuvent promouvoir pour protéger le consommateur car qui mieux que le producteur d’un bien pour informer le consommateur ? Il faut donc sensibiliser à la base les Ivoiriens sur les dangers liés à la consommation des produits contrefaits » soutient Denis Bohoussou, directeur général de l’Office ivoirien de la propriété intellectuelle (OIPI).

Les 24 heures d’échange sur la propriété intellectuelle et la contrefaçon ont été marqués par quatre principales communications. « Le cadre normatif de la propriété intellectuelle » et « la propriété intellectuelle et santé publique » animée en matinée. L’après-midi deux autres sous-thèmes ont meublé les échanges. Il s’agit de « Propriété intellectuelle : outil de développement économique » et « Défis de la protection de la propriété intellectuelle ».


Le corps enseignant à l’école des droits de l’homme

EIP-CI aide au renforcement des capacités du corps enseignant
EIP-CI aide au renforcement des capacités du corps enseignant

L’ONG Ecole Instrument de la Paix section Côte d’Ivoire (EIP-CI) entend apporter son soutien à la vulgarisation des droits de l’homme et de la citoyenneté en milieu scolaire. C’est ce qui motive l’organisation d’un séminaire de formation à l’intention du corps enseignant les 12, 13 et 14 novembre au Camp PC de l’Université de Cocody. 20 enseignants et représentants de 4 écoles primaires et secondaires de deux communes d’Abidjan participent à ce séminaire dont le support didactique est « Le Guide de l’Education aux Droits de l’Homme » édité par EIP-CI.

Ce guide dont la rédaction s’est faite avec l’appui du Canton de Genève (Suisse) est un ouvrage pratique sur les textes clés relatifs à la promotion et à la protection des droits de l’homme. Pour Yves Nicolet, conseiller politique de l’Ambassade de Suisse en Côte d’Ivoire, « l’action du Canton de Genève auprès de EIP-CI s’inscrit dans la longue tradition suisse de promotion des droits de l’homme » qui se matérialise par la présence sur le territoire helvétique du siège d’importantes organisations œuvrant dans la protection de la dignité humaine.

Lors de cérémonie officielle marquant l’ouverture des travaux, Soho Marie Gisèle, secrétaire général de EIP-CI a tenu à remercier les autorités suisses pour l’appui apporté à la Côte d’Ivoire dans la promotion des droits de l’homme par le canal de EIP-CI. Des remerciements qu’elle a également adressés à deux autres partenaires que sont les ministères de l’éducation nationale et celui des droits de l’homme et des libertés publiques. Elle n’a pas manqué de saluer l’intérêt que les enseignants apportent à ce séminaire qui leur permettra d’accroître leur capacité de compréhension des questions liées aux droits de l’homme.

L’Education aux Droits de l’Homme et à la Citoyenneté (EDHC) est une discipline nouvelle dans le curricula de formation des élèves ivoiriens. Aussi il est important d’outiller les enseignants afin qu’ils puissent mieux instruire les apprenants. L’initiative d’EIP-CI est donc à saluer estime pour sa part Nianmessou Benoît coordonnateur national disciplinaire de l’EDHC au ministère de l’éducation nationale. Enseigner les droits de l’homme aux élèves et étudiants, les réarmer moralement au niveau des valeurs afin de faire d’eux des citoyens utiles à leur pays dans le futur, une initiative du Gouvernement Ivoirien qui découle de la volonté des Nations Unies d’instaurer une décennie des droits de l’homme.

SUY Kahofi


Côte d’Ivoire : ces militaires qui parlent un peu trop…aux journalistes !

Ange Kessi Kouamé, procureur militaire d’Abidjan
Ange Kessi Kouamé, procureur militaire d’Abidjan

En Côte d’Ivoire on a coutume de dire que l’armée est la «grande muette» parce que sa gestion de l’information est foncièrement différente de celle de nombreuses autres entités. Malheureusement, si l’armée ivoirienne revendique cette tradition et ce devoir, certains de ses éléments l’oublient bien trop souvent !

Il est aisé de voir des commandants de l’armée ivoirienne, principalement des ex-com zone, s’étaler à la Une de nombreux quotidiens ivoiriens. Certains ont même fait la Une de magazines people ! Ces derniers ne se gênent pas pour se prononcer sur l’actualité sociopolitique du pays, plus grave de donner des informations relatives à des opérations militaires sans le consentement de leur hiérarchie.

Ces sorties médiatiques créent le lit d’une cacophonie dans la compréhension des questions liées à la sécurité des Ivoiriens. Entre le point de vue de ces militaires qui s’étale dans la presse et la position officielle de l’armée, qui doit-on croire finalement ? C’est pour éviter ces contradictions que le procureur militaire est monté au créneau pour mettre en garde les journalistes et les militaires qui s’adonnent à ce jeu d’interviews en dehors des codes des procédures militaires. Les rapports médias – armée sont régis par des règles clairement définies par la loi, dispositions que se fait fort de rappeler Ange Kessi Kouamé le procureur du tribunal militaire d’Abidjan.

« Le militaire ne doit pas parler aux journalistes s’il n’a pas l’accord de son chef. Et qui est le chef ? C’est la plus haute hiérarchie c’est-à-dire le ministre de la Défense, le chef d’état-major ou le commandant supérieur en ce qui concerne la gendarmerie. Voici donc les trois autorités habilitées à donner l’autorisation à un militaire quel que soit son grade à s’exprimer devant la presse ».

Tout militaire qui sort de ce sentier clairement balisé s’expose à des poursuites judiciaires ! Contrairement aux idées reçues, les relations entre la grande famille des journalistes et l’armée sont bonnes. La décision d’interdire les sorties médiatiques des militaires n’est pas une action pour museler la presse, mais plutôt pour rendre saine et légale toute interview, statistique ou information qu’un militaire peut donner aux journalistes. Les poursuites judiciaires soulignées plus haut sont aussi bien valables pour les civils (journalistes) que les militaires. Il est donc important pour les hommes de médias de se référer à la hiérarchie militaire avant tout contact avec un officier ou sous- officier quelque soit son rang.

« Il faut que nos journalistes arrêtent de tendre le micro sans autorisation aux militaires, qu’ils soient professionnels et qu’ils regardent de temps en temps le code pénal, de temps en temps le droit et qu’ils s’acquittent du devoir de se former » insiste le procureur du tribunal militaire d’Abidjan.

Et pour faciliter la compréhension média – armée, le procureur militaire d’Abidjan annonce l’organisation très prochaine de cadre d’échange pour mieux instruire les journalistes sur la communication militaire.

SUY Kahofi


URPCI : un nouveau mandat pour le président Karamoko Bamba

Karamoko Bamba reconduit à la tête de l'URPCI
Karamoko Bamba reconduit à la tête de l’URPCI

C’est dans une belle ambiance de retrouvailles que l’URPCI a organisé ce samedi 09 novembre son assemblée générale visant à renouveler ses instances dirigeantes.

Avec plus de 120 radios membres et le millier d’acteurs actifs passé, on peut sans risque de se tromper dire l’URPCI est la faitière de média la plus importante de Côte d’Ivoire. Cette organisation qui a pion sur rue dans le pays à cause de sa force d’action de proximité a renouvelé ses instances dirigeantes au cours d’une Assemblée Général qui a regroupé 116 radios.

Autour du thème « la contribution des radios de proximité à la promotion et à la protection des droits l’homme« , les membres de l’URPCI ont longuement réfléchi sur leur contribution à la construction d’une Côte d’Ivoire nouvelle. Au cours de ses assises de 24 heures il a été également question de faire le bilan de l’action de la faitière. Les activités de reconstruction post-crise des radios ont principalement été à l’ordre du jour. Dans l’ensemble l’URPCI a pu capter des fonds qui ont permis l’équipement des stations soit en émetteurs, en ordinateurs, en mixeurs et enregistreurs ou tout autre élément susceptible d’aider les radios, pour certaines totalement détruite à donner de nouveau de la voix. L’organisation solidement installée et proche des populations par le canal des radios de proximité bénéficie aujourd’hui de la confiance d’institutions comme l’UNICEF, l’ONUCI, la CDVR ou encore l’Ambassade des Etats Unis.

Le bilan moral présenté par l’équipe sortante a visiblement satisfait l’assemblée et cela s’est ressenti lors du vote du nouveau président. Karamoko Bamba le président sortant a été reconduit à la tête de l’organisation pour un troisième mandat qu’il place sous le signe de la consolidation des acquis. Yao Bruce Kadio de radio Attécoubé est quant à lui nommé PCA de l’URPCI. Une belle ambiance de retrouvailles a prévalue lors de cette assemblée générale, signe de l’unité au sein de la faitière.

« Je retiens de cette assemblée générale que l’URPCI est une organisation forte qui une fois encore a démontré son esprit d’attachement aux valeurs démocratiques. La réélection du président Bamba est la preuve que nous sommes satisfaits de son bilan et qu’il a su maintenir l’unité au sein de la famille des radios de proximité » se réjouit Konan Kan Christian, gestionnaire de Radio Elite.

Bien que les acquis de l’URPCI soient importants, il plus que juste de noter que les défis avenir seront aussi importants. En effet il s’agit pour la nouvelle équipe dirigeante de doter l’organisation d’un siège appartenant à son patrimoine, mener la lutte pour la régularisation des radios crées pendant la crise de 2002 ou encore intégrer la commission d’attribution de la carte professionnelle. Au-delà il s’agira aussi et surtout d’agir pour la levée du décret sur la redevance annoncée de 3 millions f CFA imputable à chaque radio de proximité. Sur ce dernier point, le président Karamoko Bamba se veut claire, une série d’action seront menées pour faire comprendre aux autorités compétentes qu’une telle disposition « tuerait » à la limite les radios.


Le GOG 16 pour parler d’énergie

Promouvoir plus de projet pour une auto-suffisance énergétique de l’Afrique
Promouvoir plus de projet pour une auto-suffisance énergétique de l’Afrique

Le Ministère du Pétrole et de l’Energie de Côte d’Ivoire, la PETROCI et l’Union Internationale du Gaz s’unissent pour la réussite de la 16ème édition de la conférence du Golfe de Guinée sur le pétrole et le gaz (GOG16) organisée par le Groupe CWC à Abidjan, du 6 au 8 novembre 2013.

Comptant parmi les plateformes les plus anciennes et les plus réputées centrées sur le secteur énergétique ouest-africain,  le 16ème GOG regroupe plusieurs experts qui réfléchissent sur l’auto-suffisance énergétique de l’Afrique. L’accès à l’énergie pour tous et à moindre coût avec le Gaz comme solution, les experts du continent veulent croire en cette politique et c’est ce qui motive la conférence d’Abidjan. L’accès à l’énergie demeure la condition première du développement des activités économiques et si l’Afrique semble disposer de grandes quantités de matières premières capables de soutenir sa politique énergétique, elle demeure largement déficitaire sur le plan de la production.

Pour combler ce déficit, il faut donc des projets trans-nationaux de grandes envergures comme ceux impulsés par la CEDEAO pour l’Afrique de l’ouest. « L’Objectif principal est d’amener le gaz du Nigéria vers le Togo, le Bénin et le Ghana pour permettre une production de l’électricité à moindre coût » indique Dabiré Bayornibè, expert en politique énergétique. Ce projet a été initié depuis des décennies mais la phase réelle des constructions des pipe-lines débuté en 2005 s’est heurté à un certains nombre de difficultés. Cela n’a pas empêché la l’exécution du projet si bien qu’en 2009 des essaies de marche industrielles ont été effectué pour aboutir depuis 2011 à une phase d’exploitation.

Au-delà de ces projets à des échelles sous-régionales, les Etats Africains doivent accepter d’entreprendre des réformes institutionnelles en profondeurs qui garantirons une promotion des politiques d’énergie propres, des prix stables et surtout accessibles aux couches les plus défavorisées.