Kahofi SUY

L’ONUCI ne bougera pas !

Les forces de l'ONUCI resteront encore pour six mois

Après la guerre des communiqués et des ultimatums, l’heure était ce lundi à l’attente de la nouvelle résolution du Conseil de Sécurité sur le maintien ou non de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Si certains pro-gbagbo s’attendaient à une abstention de la Chine et de la Russie, ces derniers ont été déçus car c’est à l’unanimité que les 15 ont décidé de prolonger la Mission de l’ONUCI de 6 mois. Comme quoi l’appel du camp Laurent Gbagbo au départ des Forces Onusiennes n’a eu aucun effet. Quand bien même le mandat de l’ONUCI n’a pas été modifié, les 15 ont décidé du renforcement des effectifs en homme qui pourraient arriver du contingent basé au Libéria (MINUL). Des sanctions sont également prévues et viseront ‘’tous ceux qui s’opposent au processus de sortie de crise, qui violent les droit de l’homme et font obstacle à la paix’’. Le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, Y.J. Choi s’est félicité de cette décision et invité le gouvernement Laurent Gbagbo à éviter les fausses accusations et propos haineux à l’endroit du personnel de l’ONUCI. « Il faut être de mauvaise foi pour prendre le dévouement de l’ONUCI pour un parti pris » a souligné Mr Choi. En effet des rapports de l’ONUCI font état d’intimidation des fonctionnaires, militaires et autres agents de l’ONU vivants en Côte d’Ivoire. Les domiciles de ces derniers sont fouillés par des individus armés qui disent ‘’rechercher des armes ou colis suspects’’. L’ONUCI ne se laissera pas intimider et continuera son action de protection des populations.

Le front social

Abidjan a recommencé à vivre ce lundi matin : la grande circulation sur les principaux axes était visible, les maquis ont accueillis quelques clients et un nombre plus important de magasins sont ouverts ! Les journaux proches du RHDP ont fait leur retour dans les kiosques au plus grand plaisir des militants pro-Ouattara. C’est dans cette atmosphère de reprise que l’annonce de la découverte de charnier contenant au bas mot 60 corps à été portée à la connaissance des Ivoiriens. Un charnier au Banco, un autre à Abobo N’dotré et 70 corps criblés de balle à Anyama. « Ce n’est pas le moment pour l’ONUCI de partir. Avec tous ces morts si la Mission nous abandonne les miliciens nous tuerons tous ! » affirme Issa un jeune résidant d’Abobo.

Au titre des sanctions

L’Union Européenne vient d’adopter de son côté des sanctions ciblées contre 19 personnes du régime Gbagbo. Les deux épouses du président sortant, son conseillé militaire et plusieurs autres personnalités politiques et militaires. Dans 48 heures cette décision sera finalisée à Bruxelles et la liste définitive des personnes connues. Interdiction de visa et gel des avoirs sont au menu des sanctions. Le Ministre des affaires étrangères du gouvernement Aké N’gbo, Alcide Djédjé a souligné que Laurent Gbagbo et ses proches n’avaient aucunement l’intention de quitter les bordures de la lagune Ebrié !

Suy Kahofi


ONUCI, Force Licorne : Gbagbo Laurent n’en veut plus

Le Président sortant Ivoirien s'accroche au pouvoir

Chaque jour qui passe dans cette Côte d’Ivoire en crise apporte son lot de surprises. Laurent Gbagbo a demandé le départ ce samedi des troupes onusiennes et les militaires français de la Force Licorne. On demande à ces ‘’forces d’occupation’’ de plier bagages parce que ces dernières auraient apportées un soutien militaire et logistique aux FAFN. En réponse donc à la médiation de l’Union Africaine, des menaces de sanctions de l’Union Européenne, des USA et de la France, le camp Gbagbo fait toujours la sourde oreille. Bien que monsieur Jean Ping, président de la commission de l’Union Africaine s’est refusé à tout commentaire sur sa mission à Abidjan, la réaction du camp Gbagbo peut facilement renseigner chacun sur le contenu du courrier du président Gooluk Jonathan. Comme l’avait prédit Monsieur Patrick Achi, porte parole du gouvernement Soro, « l’union africaine ne fera que réaffirmer sa position qui est celle de demander le départ de Gbagbo Laurent ». Puisse que l’ONU ne reconnait plus Laurent Gbagbo comme président de la Côte d’Ivoire, ce communiqué n’est-il pas un coup d’épée dans l’eau ? En effet le lundi 20 décembre le mandat de l’ONUCI prend fin. C’est donc en principe au Président Ouattara de demander le maintien ou non des troupes onusiennes. « Gbagbo se croit encore président » soutien ce jeune sympathisant du RDR. L’ONUCI par la voix de son porte parole Hamadoun Touré a demandé au gouvernement Gbagbo d’éviter de proférer des accusations sans fondements.

En cas de refus des forces onusiennes de quitter le pays, le recourt de la force par le camp Gbagbo Laurent s’impose. Dans la nuit d’hier, le siège de l’ONUCI sis à Sébroko à essuyé des tirs qui n’ont heureusement pas fait de victimes. Dans ce face à face Gbagbo Laurent Vs Communauté Internationale la tension n’a jamais été aussi vive. Ban Ki-Moon le secrétaire des Nations Unies a mis en garde l’armée ivoirienne contre toute attaque envers les 10.000 hommes de l’opération. Petit à petit de nombreux observateurs rallient la position du premier ministre kenyan Raila Odinga qui a soutenu avec force que seul l’usage de la force peut contraindre Laurent Gbagbo à céder le pouvoir. Les Etats Unies ont également soutenu que si les sanctions ciblées contre Laurent Gbagbo n’ont pas d’effet, une intervention militaire sous la houlette de l’Union Africaine serait mise en route. Au moment où nous postons ce billet Charles Blé Goudé le leader de la galaxie patriotique venait d’achever un meeting au cours duquel il a appelé la jeunesse à être mobilisée autour du Président Gbagbo. Il a démenti avoir invité les jeunes Ivoiriens à s’attaquer aux ressortissants français ou même aux agents de l’ONUCI.

Suy Kahofi


Que tout ce qui ne respire pas Gbagbo fasse silence

Côte d'Ivoire où est donc passé la liberté de la presse?

Après les médias internationaux taxés par le LMP et le clan Gbagbo de faire la propagande du Président ‘’Rebelle’’ Alassane Ouattara, c’est désormais la presse nationale proche du Docteur Alassane Ouattara qui doit désormais la fermer ! Que tout ce qui ne caresse pas le Seplou dans le sens du poil se taise. La dictature masquée en pseudo-démocratie chaque jour se dévoile. Monsieur Gbagbo Laurent l’opposant aux mains nus, le démocrate né, ‘’l’espoir’’ du peuple Ivoirien, l’homme des grands discours sur la liberté et l’indépendance est aujourd’hui celui qui empêche les autres de parler. Désormais en Côte d’Ivoire chacun doit réfléchir comme le Woody veut et penser comme il pense. Toute réflexion contraire sera certainement réprimée. Visiblement la liberté de la presse n’existe donc plus en Côte d’Ivoire.

Les organes de presse visés sont principalement Le Patriote, Le Nouveau Réveil, L’Expression, Nord-Sud, Le Mandat et Le Démocrate. Ces organes de presse qui sont la seule voix du RHDP ont été réduits au silence. L’objectif est donc clair : museler la presse pour mieux intoxiquer le peuple avec les images de la RTI et les écrits enflammés des journaux proches de Monsieur Laurent Gbagbo. Chaque jour qui passe plonge la Côte d’Ivoire, ce beau pays dans l’obscurité totale. Le 16 décembre des éléments de la garde républicaine ont effectué une descente, à l’imprimerie Sud Actions Médias et à celle du groupe de presse Olympe pour leur interdire d’imprimer le quotidien indépendant L’Intelligent d’Abidjan, et les journaux d’opposition Le Patriote, Le Nouveau Réveil, L’Expression, Nord-Sud, Le Mandat et Le Démocrate. En signe de protestation, l’imprimerie Sud Actions Médias a décidé de refuser d’imprimer Le Nouveau Courrier et Le Temps, deux journaux proches de Laurent Gbagbo. La garde républicaine a également interdit à Presstalis (NNPP) de distribuer les journaux d’opposition. RSF se dit inquiet de cette situation et appelle au respect des journalistes, des correspondants de presse et des hommes de média en cette période de crise en Côte d’Ivoire. Rien ne semble donc pouvoir appeler le LMP et son leader à la raison. Alors que Jean Ping, le Président de la Commission de l’union africaine poursuivait ses consultations, un député du Front Populaire Ivoirien, William Attéby a souligné de façon claire que le gouvernement Gbagbo restera sourd à toute recommandation.

Suy Kahofi


Crise post-électorale Grand-Bassam : attention aux dérives ethno-religieuses !

Les musulmans ont été pris pour cible à Grand-Bassam (photo d'archive)

Ce vendredi 17 décembre les partisans du Docteur Alassane Ouattara étaient terrés dans leurs domiciles respectifs, tenus en respect par les armes des FANCI fidèles à Laurent Gbagbo. Certains de leurs amis ont dû dormir dans l’enceinte de l’hôtel du Golf jalousement gardé par prêt de 800 militaires de l’ONUCI. D’autres quittaient par petits groupes le siège du RHDP où ils n’ont pas fermé l’œil de peur d’être surpris par ‘’les gars’’ de Gbagbo. A part quelques tirs sporadiques autour d’Abobo tout fut calme à Abidjan. C’est seulement à 25 km d’Abidjan que la poudrière va s’embraser.

Vendredi 17

Il est 13 h 05 mn, dans une mosquée de la cité balnéaire de Grand-Bassam quartier FAR; les musulmans viennent de finir l’ablution. Ils s’entassent dans l’enceinte de l’édifice sacré pour la prière. C’est en ce moment qu’arrive une patrouille des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Une grenade lacrymogène est dégoupillée par un des hommes en uniforme et projetée dans la mosquée. Certains musulmans accroupis reçoivent des éclats après l’explosion du projectile. La communauté se sent offensée et la colère monte. « C’est une affaire politique, l’islam est une religion » lance un fidèle. « Ils vont nous dire où ils ont vu un militant du RHDP ou un rebelle dans notre mosquée » soutien avec rage un autre jeune. La riposte ne se fait pas attendre. Le domicile du commissaire de Police est pillé et son véhicule de commandement incendié. Deux FDS sont retenus en otage ! L’armée menace et procède à des tirs de sommation : loin d’être effrayé, les musulmans indignés ne reculent pas. Il faut dialoguer pour ne pas mettre en danger les deux FDS aux mains des nombreux hommes et femmes venus désormais crier leur indignation devant les hommes en arme. Les deux hommes sont libérés mais la foule en colère est difficile à contenir. Les FDS font appel à des renforts d’Abidjan. Les tirs de sommation se métamorphosent en tir à balles réelles sur la foule en colère. Le bilan fait état d’un mort et plus d’une dizaine de blessés convoyés vers l’hôpital par la Croix Rouge. Loin de s’arrêter, les FDS pénètrent dans des domiciles bastonnant tout ce qui porte un boubou, prie Allah ou possède un nom à consonance nordique. Une vingtaine de personnes couvertes d’hématomes et de blessures sont de nouveau admises à l’hôpital. Des tirs d’armes automatiques ont été entendus pendant plusieurs heures et même très tard dans la soirée.

Samedi 18

Ce samedi la violence n’est pourtant pas retombée en ce jour. Des femmes ont décidé de marcher sur le commissariat de police. Certaines étaient toute nues et scandaient des propos de malédiction à l’endroit du président Laurent Gbagbo. Elles ont été battues mais ont refusé de regagner leurs domiciles. Au prétexte d’un ratissage pour retrouver des armes et des éléments infiltrés, plusieurs personnes ont été arrêtées par les FDS. Le Maire de Grand-Bassam a exigé et obtenu la libération des détenus. Il a par ailleurs demandé que les renforts policiers de la Brigade anti-émeute et de la Compagnie Ivoirienne de Sécurité soient retirés de la ville. A 11 h 50 ce samedi, la situation était redevenue relativement calme mais autour de 16 h 50 un véhicule de la RTI a été incendié. Les manifestants reproche à la télévision d’être une chaîne de propagande à la solde de Laurent Gbagbo.

Les évènements de Grand-Bassam doivent interpeller les Ivoiriens sur les risques de dérives ethno-religieuses. La Côte d’Ivoire n’a pas encore fini avec les vieux démons de la division politique que certaines personnes, au prétexte d’avoir une arme en main veulent retourner des Ivoiriens contre d’autres Ivoiriens. Les problèmes politiques se gèrent sur le plan politique et rien ne sert de taxé un musulman, un dioula ou un nordiste de rebelle. Vivement que ce genre d’attitudes soient proscrites du comportement des hommes en arme au moment où l’on recherche des solutions pacifiques au problème Ivoirien.

Suy Kahofi


La Côte d’Ivoire n’a pas pu faire l’économie de la violence

Les militants du RHDP massés devant leur siège

Le jeudi 16 décembre la capitale Abidjan et plusieurs autres villes du pays ont basculé dans la violence. Le Premier Ministre Soro Guillaume a lancé un appel à la marche sur la RTI pour dit-il la libérer. 24 heures avant la marche, le gouvernement Soro s’est dit confiant en l’armée républicaine de Côte d’Ivoire et ne la voyait pas tirer sur des manifestants aux mains nus. La marche pacifique annoncée par le RHDP a vite tourné à l’affrontement entre FDS et militants. De violentes altercations émaillées de tirs à l’arme automatique ont éclaté au niveau du camp de gendarmerie d’Agban Adjamé, d’Abobo et de Cocody au siège du RHDP. Par ailleurs des combats à l’arme lourde ont éclaté à Cocody-Riviéra entre FDS et FAFN. Au terme de cette journée riche en incidents de tous genres, on dénombre une trentaine de morts et plusieurs blessés. Le porte-parole du gouvernement Soro, Monsieur Patrick Achi est monté au créneau pour dénoncer une répression quasi abusive de la marche avec des mercenaires angolais et libériens qui ont ouvert le feu sur les manifestants sans autres formes de procès. De son côté le gouvernement Ivoirien, en plein conseil des ministres au moment des évènements dit avoir agit en toute légalité. Elle dénonce une tentative de prise du pouvoir par les armes. La déclaration du Ministre de l’intérieur du gouvernement Gbagbo Monsieur Emile Guirié Oulou fait état de militants armés d’arme à feu et arme blanche.

Louis Moréno Ocompo le procureur de la cour pénale internationale a dit suivre de prêt les évènements en Côte d’Ivoire. Il n’a pas manqué de mettre en garde toutes les personnes impliqués dans les violences et autres attente à l’intégrité physique des populations. Au moment où nous publions cet article le Président de la Commission de l’Union Africaine, Jean Ping est a Abidjan pour tenter une nouvelle médiation. Le camp Laurent Gbagbo par la voix de son ministre des affaires étrangères Alcide Djédjé, se dit toujours disposé à promouvoir le dialogue quand en face de lui, le gouvernement Soro pose comme préalable la reconnaissance des résultats sans condition de l’élection présidentielle telle que certifié par Mr Choï représentant spécial de l’ONU. A Abidjan en ce moment il ne fait pas bon d’être journaliste ou correspondant de presse indépendant. Plus grave s’hasarder à se balader avec une caméra ou un micro estampillé du logo d’un média français peut être préjudiciable. Le banc des accusés du LMP à deux nouveaux occupants. Après le Docteur Alassane Ouattara, le Président Blaise et le Burkina Faso, les propos tendancieux tenus à l’égard du Président Wade, se sont désormais l’ONUCI et les Etats Unis qui viennent s’ajouter à la liste des déstabilisateurs de la Côte d’Ivoire.

Suy Kahofi