Kahofi SUY

Qui en veut au Pasteur Mohammed Sanogo ?

 

Mohammed Sanogo Pasteur principal de la Mission Vase d'honneur

Le Révérend Mohammed Sanogo, une voix que de nombreux chrétiens à Abidjan écoutent chaque jour. Cet homme passe pour être l’un des hommes de Dieu les plus adulés de la Côte d’Ivoire. A la tête de la Mission Vase d’Honneur dont il est le fondateur, il est aussi un excellent chanteur dont les textes apaisent les cœurs affligés. Il tire sa popularité et sa force d’une interprétation objective de la parole de Dieu et c’est certainement pourquoi de nombreux Abidjanais, aux difficiles heures de la crise, n’ont jamais cessé de venir suivre ses cultes à Cocody ou à Treichville.

L’objectivité de Mohammed Sanogo a fait qu’il s’est rendu dans plusieurs milieux socio-politiques pour porter la parole de Dieu. Malheureusement ce messager du Christ qui se présente comme un véritable passe-partout semble être inquiété, du moins si l’on s’en tient aux inquiétudes des fidèles de l’Eglise Vase d’Honneur et des nombreuses rumeurs qui circulent à Abidjan. On l’avait annoncé pour mort toute la journée du mercredi 13 avril avant que certains de ses proches ne rassurent sur son état de santé. Pourquoi autant de grabuges et de murmures autour du Pasteur Mohammed Sanogo ? Il se murmure à Abidjan que le Pasteur Mohammed Sanogo serait dans le viseur d’hommes en armes supposés proches du Président Alassane Ouattara ou présumés membres des FRCI. Ces hommes qui le prennent pour cible lui reprocheraient le fait qu’il soit l’un « des bons petits » de l’ancienne Première Dame Simone Gbagbo. En d’autres termes le Pasteur Mohammed Sanogo serait un de ces pasteurs alimentaires de la Présidence qui ont poussé le couple Gbagbo dans une dérive messianique qui a plongé le pays dans quatre mois de crise. Pour de nombreux abidjanais interrogés on peut tout reprocher à Mohammed Sanogo sauf ce présumé parti-pris pour le couple Gbagbo. Les chrétiens qui fréquentent sa Mission soutiennent qu’il est l’un des rares hommes de Dieu qui a toujours dit que « le rôle des chrétiens est simplement de prier pour la paix en Côte d’Ivoire ». « Je sais qu’il a déjà prêché la parole devant des députés, des Ministres mais pasteur à la Présidence, je crois qu’on cherche un argument pour s’attaquer à lui » affirme K. Frédéric.

A ce jour le Pasteur serait retranché sous la protection du Saint-Esprit hors du pays. En attendant que ceux qui recherchent le Pasteur Mohammed Sanogo ou disent vouloir porter atteinte à son intégrité physique ne renseignent l’opinion nationale sur leurs motivations réelles, les chrétiens disent demeurer en prière pour soutenir le Pasteur. Lorsque le combat est long et que la voie est difficile il faut persévérer et le Pasteur Mohammed Sanogo, sûr du soutien de l’Eglise, le sait.

Suy Kahofi


Le retour des journaux pour quelle mission ?

 

Le retour des titres dans les kiosques est une bonne nouvelle

L’annonce a été faite par le patron du GEPCI Denis Kah Zion, les journaux seront dans les kiosques à partir de ce lundi 18 avril si tout va bien. Malgré les problèmes signalés chez EDIPRESSE la maison chargée de distribuer les titres nationaux et internationaux, la machine de la production et de la distribution des journaux va se mettre en marche pour le bonheur des Ivoiriens. Le retour des titres dans les kiosques est une bonne nouvelles car les Ivoiriens sont restés de longues semaines sans pouvoir s’informer mais dans un contexte de retour au calme assez précaire de nombreux Ivoiriens sont inquiets.

En Côte d’Ivoire chacun le sait, les quotidiens sont fortement politisés et c’est là la grosse crainte du peuple. « Ils vont revenir pour envenimer la situation ! Ils y a ceux qui vont défendre des logiques de paix et de réconciliation et il y a ceux qui vont revenir pour tourner le couteau dans la plaie, polémiquer sur les vieilles querelles et inciter à la haine » s’inquiète Georges Kouakou responsable de PME. Les inquiétudes des Ivoiriens sont fondés vu le nombre important de blâmes, d’avertissements et de sanctions pécuniaires qui ont frappé les quotidiens nationaux. Les journalistes ivoiriens au fil de la crise se sont taillés une réputation d’oiseaux de mauvaises augures et la question que chacun se pose est la suivante : quelle sera la mission de la presse nationale en cette période de sortie de crise ? A cette question chacun semble avoir une petite idée. « S’ils reviennent pour nous intoxiquer de nouveau, pour prêcher la haine et la division ça ne vaut pas la peine de produire. Les journalistes doivent s’engager en toute objectivité et en toute impartialité à soutenir le processus de sortie de crise » souligne K. Franc étudiant. « Je ne suis pas contre la liberté de la presse mais j’ai peur car nos journalistes à un moment de la crise avaient des titres et des écrits qui étaient de véritables appels au génocide et à la division : s’ils peuvent changer cela sera un plus pour le mouvement de réconciliation ».

Le retour des journaux dans les kiosques s’accompagne aussi de la reprise du service au CNP, le Conseil National de la Presse toujours dirigé par le sieur Eugène Dié Kakou. Il va falloir être vigilent et surveiller les écrits comme du lait sur le feu : le moindre mot de travers peut jeter encore de l’huile sur le feu. Au-delà des choix politiques, des prêches quotidiens pour les partis politiques, la presse doit donc jouer sa partition pour contribuer à la réunification du pays. Conscience professionnelle et respect des codes de déontologie du métier de journalisme, voici ce que le peuple de Côte d’Ivoire attend des animateurs de la presse nationale.

Suy Kahofi


Intervention ONUCI/Licorne : action néo-colonialiste ?

 

La France veut-elle recoloniser l’Afrique ?

J’aime bien les jeunes africains et ceux qui se présentent comme les amis de l’Afrique. J’aime bien les écouter dire que l’Afrique doit être indépendante et qu’aucune puissance ne doit intervenir dans les problèmes internes du continent. Je m’étonne également que certaines personnes semblent oublier que dans la plupart des cas où les puissances Occidentales interviennent dans les problèmes africains c’est à la demande des africains eux-mêmes. Je ne m’attarde pas sur les autres crises africaines que je ne maitrise pas : je m’en vais vous parler de l’intervention de l’ONUCI et de Licorne en Côte d’Ivoire.

Pour ceux qui l’auraient oublié, sachez que la France ne s’est jamais mêlée des problèmes Ivoiriens : elle a été invitée à se mêler ! Oui je dis bien invité ! Laurent Gbagbo l’a invité en premier à s’interposer entre belligérants en 2002 : le 43ème BIMA en plein démentellement devient l’opération licorne. Ensuite les politiciens Ivoiriens l’invitent de nouveau lors des accords de Linas-Marcoussis car ils auraient pu dire non à la médiation française. Puis Laurent Gbagbo sûr du soutien de ses amis du conseil de sécurité de l’ONU ne s’oppose pas au passage de la licorne en force onusienne. L’ONU est intervenue aussi sur invitation de Laurent Gbagbo, la preuve il a demandé son départ lors d’un de ses discours…les exemples sont multiples ! Aujourd’hui des voix s’élèvent pour condamner les bombardements de la Licorne sur des cibles militaires des FDS. On étend certains parler d’ingérence, de néo-colonialisme, de dictat…Or cette même France quand elle garde le silence dans un problème qui survient dans une de ces anciennes colonies, on l’invite à parler : « où est la France, le pays des droits de l’homme, pourquoi elle ne dit rien la France, pourquoi la France ne dit rien sur les agissements d’un tel dictateur… ». Sachez que si la Licorne intervient c’est au nom du bon sens qui veut que lorsqu’un dictateur s’attaque à son peuple il puisse répondre de ses actes. Alors qu’on arrête de critiquer l’intervention de la Licorne et de l’ONUCI. Ce n’est pas du néo-colonialisme, c’est tout simplement la preuve que l’Afrique (j’indexe nos diplomates, chefs d’Etats et nos organisations continentales) n’est pas capable de résoudre ses problèmes ou simplement que les relations de copinage entre dictateurs et chefs d’Etats africains ne leur permettent pas de se dire la vérité. Arrêtons de voir toutes les actions de l’occident en Afrique comme un symbole de néo-colonialisme. C’est une vieille soupe qui risque de donner à la longue des indigestions. Le jour où l’Afrique aura les moyens de se prendre en charge, aussi bien au plan diplomatique qu’au plan militaire, ce jour là seulement l’occident n’aura plus de raison d’intervenir. Pour finir la France est un Etat souverain et elle fait ce qu’elle veut de son potentiel militaire et quand un pays ami le souhaite elle peut intervenir. Elle l’a fait Côte d’Ivoire et personne n’a de leçon à lui donner. Quand à ceux qui ont un problème avec Nicolas Sarkozy, je vous serais gré de ne pas vous défouler sur lui via la crise ivoirienne. Il sera candidat en 2012, vous pourrez aisément le faire partir !

Suy Kahofi


Cas Laurent Gbagbo : faut-il appliquer la loi Duvalier ?

 

Faut-il appliquer la loi Duvalier à Laurent Gbagbo?

La loi Duvalier spécialement conçue pour Jean Claude Duvalier dit Baby Doc était une loi qui prévoyait à la demande de la République d’Haïti la restitution des fonds illégalement amassés par l’ancien dictateur. L’épisode date de 1986 et la somme détournée par Baby Doc s’élevait autour de 4,2 million d’euro. Depuis ce cas propre à Haïti, la Suisse pour ne pas dire l’occident de façon générale se refuse d’être le coffre-fort des fonds pillés dans des pays où l’eau potable et la nourriture manquent aux couches défavorisées.
Désormais des dictateurs ne pourront plus piller impunément et s’en tirer. Dans le cas de la Côte d’Ivoire le régime de la refondation s’est signalé en 10 ans avec des enrichissements les plus spectaculaires. Des enseignants d’universités propriétaires de château sur les Champs à Paris, des voitures de luxe achetées à tour de bras pour des gamines, l’argent du contribuable dilapidé dans des fêtes mondaines et surtout la vente des biens de l’Etat de Côte d’Ivoire à l’étranger. Laurent Gbagbo à la tête de ce clan de voleurs de prestige se positionne comme l’un des Présidents les plus fortunés d’Afrique en seulement 10 ans de règne. Sa fortune serait estime à plus de 6 milliards de dollars, une somme qui dépasse largement la fortune d’un dictateur de métier comme Ben Ali. Laurent Gbagbo n’est pas pauvre c’est vrai mais les investigations menées par le garde des sceaux Ivoirien en Europe et aux USA montre très clairement que toute cette fortune n’est pas uniquement le fruit de la transpiration de Laurent Gbagbo. Plusieurs biens appartenant à l’Etat de Côte d’Ivoire ont été bradés pour renflouer les caisses des grilleurs d’arachides de la refondation : la résidence des ambassadeurs Ivoiriens en Suisse vendu, des tableaux de grands maîtres français propriétés de l’Etat de Côte d’Ivoire vendus, les nombreux détournements de fonds dans la filière café/cacao sans compter la main mise de certains caciques du régime déchu sur certains secteurs d’activité. On ne le dira jamais assez « un bien mal acquis ne profite jamais » mais dans le cas des fonds mal acquis il faut aller les chercher sinon ils profiteront aux voleurs. Si les poursuites judiciaires contre l’ancien Président doivent se faire, elles doivent impliquer obligatoirement le rapatriement des fonds dérobés à l’Etat de Côte d’Ivoire aussi bien par lui-même que par ses proches.
La loi Suisse sur « la restitution des valeurs patrimoniales d’origine illicite de personnes politiquement exposées » (loi sur la restitution des avoirs illicites, LRAI) du 1er février 2011 doit, si l’Etat de Côte d’Ivoire le souhaite, être la base d’une opération de traque de fonds détournés par la refondation. La Côte d’Ivoire aura besoin de tout cet argent pour reconstruire son économie. Laurent Gbagbo a eu suffisamment d’argent pour acheter des armes mais très peu pour construire routes, écoles, hôpitaux et même dortoirs pour des étudiants.
Suy Kahofi


Ils braquent et tuent sous l’étiquette des FRCI

 

Le Premier Ministre Soro doit contrôler ses hommes

De nombreux hommes en armes, se faisant passer pour des éléments Forces Républicaines de Côte d’Ivoire pillent des quartiers entiers depuis le début de la prise d’Abidjan. Leur mode opératoire est bien connu : ils pénètrent dans une résidence (généralement Cocody, Riviera, II Plateaux, Palmerais) et prétendent être en mission sous les ordres du Président Alassane Ouattara ou du Premier Ministre Soro. Certains disent même qu’ils sont en mission de protection auprès des civils sur instruction du commandant Wattao, Chérif Ouamane ou Koné Zakaria. L’objectif de ces hommes dont certains disent être membre des Forces Impartiales de Côte d’Ivoire (ex commando invisibles) est de soustraire le plus souvent le père ou la mère de la cellule familiale pour les dépouiller de leurs biens. Ils recherchent entre autre des voitures de luxe, des 4×4, des objets de valeur et de l’argent. Le prétexte évoqué par ces présumés membres des FRCI pour dérober les véhicules est une opération de réquisition d’engin roulant pour le transport des troupes ! Même quand ils ont dépouillé leurs victimes ils prennent le soin de saccager ou incendier les domiciles. D’autres après un premier forfait reviennent traumatiser tout le quartier en démontant pièces par pièces les véhicules stationner et dont les propriétaires ne sont pas présents pour remettre les clés. Les exemples de ce type d’agressions et de vols crapuleux se multiplient malheureusement à Abidjan.
Soro doit contrôler ses hommes
S’il s’avère que ces hommes en armes sont effectivement des éléments des FRCI, le Premier Ministre Guillaume Soro par ailleurs Ministre de la Défense doit faire l’effort de contrôler ses hommes. On ne peut pas avoir pacifié tout un pays, libéré Abidjan et avoir le nom de Forces Républicaines pour semer encore le désordre et le KO. Lors d’un briefing de ses hommes devant les cameras de France 24, le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao a reconnu que certains éléments avaient « des attitudes de miliciens » et « n’hésitait pas à ‘’casser les portes’’ pour voler ». Si un gradé des FRCI reconnait lui-même cette plaie qui gangrène les unités sous ses ordres, il est clair que plusieurs autres éléments s’adonnent à des pillages. Le Président Alassane Ouattara ne peut pas appeler à une sécurisation d’Abidjan si ses propres hommes n’inspirent pas confiance au peuple. Si dans cette situation humanitaire catastrophique le sauveur d’hier devient le bourreau aujourd’hui, c’est une preuve palpable que notre pays n’avance pas mais risque de reculer. A force d’agir comme des miliciens et petits pillards de rue, les FRCI risquent de ternir l’image du Président Alassane Ouattara si cela n’est pas déjà le cas.
Il est impératif que la Police et la Gendarmerie se déploient très rapidement pour que toutes les troupes reconnues comme membres des FRCI puissent retourner en caserne. La sécurisation d’Abidjan est une priorité et elle ne peut pas se faire avec des personnes qui se rendent coupable au quotidien de vols et autres brimades. Il faut assainir le milieu des FRCI car si ces forces sont le socle de la nouvelle armée, elles doivent véhiculer d’autres valeurs et montrer une autre image que celle de patriotes le jour et pilleurs la nuit.
Suy Kahofi