Kahofi SUY

Banques Ivoiriennes : des renvois massifs annoncés

 

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Banques Ivoiriennes : l’inquiétude se lit sur les visages

Aux heures chaudes de la crise post-électorale Ivoirienne, un communiqué émanant du Ministère de l’emploi et de la fonction public interdisait tous les travailleurs de collaborer avec le régime illégitime de Laurent Gbagbo. Le communiqué se voulait également très clair pour tous les contrevenants : ceux qui s’entêtaient à prendre le chemin du travail risquaient de perdre leurs emplois. Aujourd’hui avec le retour à la normalité et l’exercice des pleins pouvoirs d’Etat par Alassane Ouattara, la menace de ce communiqué risque de s’appliquer. Le premier secteur visé est celui des banques et des établissements financiers.

Sur la base de plusieurs témoignages anonymes rendu possible par un cadre d’un grosse multinationale, il m’a donné de constater que dans certaine banques plus de 150 à 200 personnes risquent de se retrouver au chômage. Quand bien même officiellement les dirigeants de ces banques avaient ordonnés la fermeture, des agents voilant à peine leur zèle ont livré code et état financier aux ‘’hommes de Gbagbo’’. Il est reproché à toutes ces personnes d’avoir contribué de près ou de loin à la main mise du régime de la refondation sur les ressources des banques. En effet les systèmes de traçabilité selon une indiscrétion d’un agent du Ministère de l’Economie et des Finance ont permis de voir quelles sont les banques qui ont contribué à financer clandestinement le régime de Laurent Gbagbo. Ces fonds en mouvement nous dira l’informateur auraient bien pu servir dans des achats d’armes, le recrutement de mercenaires mais surtout le blanchiment et la mise en circulation sur le marché monétaire Ivoirien de faux billets.

Peut-on réellement sur cette base de collaboration souvent forcée renvoyer des pères et des mères de famille ? Sachant que chaque matin certains arrivaient sous la menace des armes, sont-ils fautifs au point de perdre leur emploi ? « Il ne s’agit pas menace vaine : nous serons renvoyé le moment venu mais de quelle manière et avec quel traitement, c’est la question que je me pose » affirme un caissier. Dans l’application d’une décision aussi grave au niveau de ces conséquences, une enquête interne ne serait-elle pas utile pour situer les responsabilités ? En attendant que cette suggestion soit à l’étude, la sérénité n’habite plus les travailleurs des banques commerciales qui ont été nationalisées par le régime de Laurent Gbagbo y compris la BCEAO. A l’heure de la réconciliation et de la paix, le moment ne serait-il pas venu aussi de pardonner ? Difficile de répondre vu que le business et l’argent ont des règles qui se moquent du social et de la pitié.

Suy Kahofi


Journée Internationale pour la liberté de la presse : le 3 mai en mode sortie de crise

 

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La presse ivoirienne doit jouer son rôle dans le processus de sortie de crise

Médias Ivoiriens, nouvelles frontières nouveaux obstacles, c’est autour de ce thème que les journalistes et autres professionnels des médias se sont réunis pour échanger en ce jour du 3 mai qui marque la Journée Internationale pour la liberté de la presse. Le lieu choisi pour la célébration de cet évènement fut le siège du CNP, le Conseil National de la Presse. Dans le contexte de sortie de crise marqué par des craintes dans l’univers de la presse, Eugène Dié Kakou le Président du CNP n’a pas manqué de souligner les difficultés que les journalistes rencontrent au cours de la lecture de la déclaration dite du 03 MAI 2011. Plusieurs d’entre eux vivent encore terrés et ne peuvent malheureusement pas exercer leur métier. Pour donner un nouveau visage à la presse ivoirienne, les organisations professionnelles et les institutions de régulation ont lancé un appel en cinq points :

  1. au journaliste, le collectif demande de faire son introspection (…)
  2. au promoteur de médias, le collectif demande de se résoudre à asseoir un nouvel environnement éditorial et une nouvelle éthique (…)
  3. au public, le collectif demande de faire appel à son esprit de tolérance et de pardon vis-à-vis des médias (…)
  4. au Premier Ministre, chef du gouvernement, le collectif demande de veiller au respect par toutes et par tous de l’appel du chef de l’Etat à la réconciliation (…)
  5. au Président de la République, le collectif demande de veiller au libre exercice du journalisme par toutes les sensibilités éditoriales sur toute l’étendue du territoire national (…)

Le Ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, assurant l’intérim du ministre de la communication, a tenu à inviter la presse à faire son mea culpa et son monitoring en vue de répondre aux exigences de la Côte d’Ivoire nouvelle que veut bâtir le Président Alassane Ouattara. Aux journalistes encore terré et malmenés par la peur il a eu ce message. « J’invite tous ceux qui ont peur à se débarrasser de la peur, j’invite tous ceux qui hésitent à venir au travail. Nous ne venons pas avec un esprit de vengeance et le Président l’a déjà montré ».

A la fin de la cérémonie quelques responsables d’association de journalistes et groupement ont bien voulu nous livrer leurs impressions. Voici celle de Mam Camara de l’UNJCI, Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire. « Les journalistes doivent être responsables dans leurs écrits, être responsable mais surtout la responsabilité pour accompagner le processus de réconciliation et le processus de sortie de crise. Je pense que chacun en utilisant sa plume et son micro de façon responsable pour faire avancer les choses ».

La presse ivoirienne veut jouer son rôle dans le mouvement de sortie de crise et de réconciliation mais elle attend des autorités un soutien sans faille pour mener à bien cette mission.

Suy Kahofi



1er Mai : vœux et attentes des travailleurs Ivoiriens

 

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Les fonctionnaires veulent une revalorisation des salaires

La journée du 2 mai 2011 est un jour férié, chômé et payé comme l’a voulu le Président de la République. Les travailleurs après quatre mois passés à la maison retrouvent la joie du service et peuvent déjà pour certains récupérer les salaires restés impayés. A l’occasion de la journée du travail, les travailleurs Ivoiriens ont adressé leur vœux à leur collègues et amis mais ils n’ont pas manqué d’interpeller les nouvelles autorités sur la nécessité de revaloriser leurs salaires.

Reportage diffusé en première sur SUD Fm Dakar.

 

 

Fête du travail en Côte d’Ivoire by kingsuy


« Le plus important c’est que les salaires sont là ! »

 

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Les banques commerciales sont ouvertes à la grande satisfaction des clients

« Je viens de récupérer juste deux mois de salaire : le mien et celui de madame. Rien n’a été facile et je dois dire que c’est un parcours de combattant. Je viens de Yopougon et je suis arrivé ici à 6 heures ce vendredi matin ». Ce témoignage est la preuve palpable que les salaires sont effectivement virés. 48 heures après la réouverture des banques pour le règlement des salaires et arriérés de salaires, les longues files d’attente sont toujours visibles devant les banques commerciales de la capitale Ivoirienne. SGBCI, BACI, ECOBANK ou encore BIAO, l’ambiance est partout la même ce vendredi 29 avril. Ici les fonctionnaires que nous avons croisés ont tous le visage renfermé et marqué par l’impatience mais surtout la colère. Dans les longues files d’attente c’est la grogne ! « On est là depuis pratiquement 5 h 40 – 6 heures et je suis dans un rang mais vous voyez la queue du rang c’est quelque part derrière là bas ! » affirme Priva un jeune enseignant. « On nous dit d’aller derrière on nous fait sortir, on revient ici on nous dit de faire le rang mais on fait le rang et personne ne veut nous recevoir. On est fatigué ! » déclare une sage-femme.

Au-delà de la fatigue et de la souffrance endurée dans les rangs, certaines banques ont eu du mal à mettre la liquidité à la disposition des clients aux dires de cette fonctionnaire. « Depuis 8 heures je suis là donc j’attend. Il est maintenant 10 h 30 et à l’intérieur de la banque ils nous disent qu’ils ne sont pas prêts. Peut être bien que l’argent n’est pas encore disponible dans les caisses ? Sinon à la télé j’ai appris qu’il y avait de la liquidité. J’espérais au moins toucher quelque chose pour faire mon petit marché et nourrir convenablement ma famille. Je suis là, je suis sous le soleil et j’attend ». Difficile pour un fonctionnaire ivoirien de tenir un mois sans salaire et banque ouverte, le deuxième mois c’est plutôt compliqué ! Alors lorsqu’au bout de l’effort on arrive à obtenir les précieux billets série A de la BCEAO c’est la satisfaction. « J’étais un peu découragé lorsque j’ai vu le rang mais une fois que je suis entré dans la banque et que j’ai fini mon opération j’étais heureux d’avoir mes deux mois de salaire en main. C’est une réalité, le gouvernement ivoirien a tenu promesse et j’invite mes collègues à venir toucher leur salaire » déclare Koffi Kouassi Eric. Pour permettre à un grand nombre d’Ivoirien de toucher leurs salaires certaines banques prévoient payer les salaires tout le week-end c’est dire samedi et dimanche.

Suy Kahofi