Kahofi SUY

L’ONUCI forme l’APDH aux méthodes d’enquête sur les droits de l’homme

 

Eric Aimée Semien de l'APDH et Guillaume Gueffa de l'ONUCI

La crise que vient de traverser la Côte d’Ivoire aura été le triste moment de l’histoire du pays où des cas graves de violation des droits de l’homme ont été observés. Plusieurs rapports ont été produits au fil du temps sur l’épineux dossier des droits de l’homme en Côte d’Ivoire et les interprétations de ces rapports, loin d’avoir fait souvent l’unanimité ont suscité des débats voir des oppositions. La crédibilité des défenseurs des droits de l’homme est donc mise en cause. C’est pour éviter que des réactions d’opposition ne s’élèvent après ses rapports que l’APDH, action pour la protection des droits de l’homme vient d’initier une formation de ses enquêteurs pour renforcer leurs capacités en matière de collecte, d’analyse et de traitement des informations relatives aux droits de l’homme. Pour Eric Aimé Sémien président de l’APDH « le travail des droits de l’homme ne s’improvise pas ». A ce titre l’ONG qu’il dirige veut donner les moyens à ces enquêteurs de mener à bien leur mission sur le terrain.

L’ONUCI à travers sa division droit de l’homme accompagne donc toutes les organisations qui le souhaitent et pour la circonstance la formation des enquêteurs de l’APDH. Pour Guillaume Gueffa le chef par intérim de la Division Droit de l’Homme de l’ONUCI ce type d’initiative est à encourager car toute organisation qui produit de faux rapports pour une raison ou une autre se décrédibilise aux yeux de l’opinion publique. Il invite donc les acteurs des droits de l’homme à ne pas se limiter aux informations glaner ici et là par voie de presse mais de pousser l’investigation pour confirmer ou infirmer ces allégations de violation de droit de l’homme. C’est dans une atmosphère décontractée mais studieuse que les enquêteurs se familiarisent avec les méthodes d’enquête de terrain. Ces derniers ne cachent pas leur satisfaction et entendent utiliser ces acquis pour les actions avenirs de l’APDH. A propos d’action de terrain, notons que cette formation est doublement utile pour les enquêteurs de l’APDH. Ceux-ci s’apprêtent à descendre de nouveau sur le terrain pour le deuxième rapport de l’ONG baptisé le Cahier des horreurs.

SUY Kahofi


Une nouvelle dynamique au sein de l’Union du Fleuve Mano

 

Docteur Saran Kaba SG de l’Union du Fleuve Mano et le Ministre Adama Bitogo de l’Intégration africaine

La réunion ministérielle de l’Union du Fleuve Mano s’est achevée tard dans l’après midi de ce Mardi 18 octobre à Abidjan la Capitale Ivoirienne. Cette réunion ministérielle était axée sur les infrastructures et le commerce et devait permettre aux Etats membres d’harmoniser leurs politiques de développement en vue de contribuer à l’amélioration du cadre de vie des populations de cet espace ouest-africain réunissant le Libéria, la Sierra Léone, la Côte d’Ivoire et la Guinée. La réunion qui aura finalement durée 48 heures n’a pas été de tout repos pour les 12 ministres. Ils ont mis leur temps à profil pour faire l’Etat des lieux au niveau des avancées en matière d’infrastructures hydrauliques, ferroviaires et routières. Ils ont également noté les forces et les faiblesses de l’Union au plan du commerce et des questions sécuritaires. Il ressort de ces études que l’Union du Fleuve Mano est une organisation qui regroupe en son sein des pays ayant de réelles ressources au plan agricole, minière et énergétique. Il ne reste plus qu’a trouver une politique commune de développement pour pouvoir profiter de ces richesses. Pour Docteur SARA Kaba Sécrétaire général de l’union du fleuve MANO, « l’organisation après 38 ans d’existence doit pouvoir passer de l’analyse et de la réflexion à la production des programmes de développement utiles aux populations ».

La Côte d’Ivoire se propose donc d’être le berceau de cette nouvelle dynamique au sein de l’Union du Fleuve Mano. Pour le Ministre Ivoirien de l’Intégration Africaine Adama Bitogo, l’Union au-delà de la recherche de solutions aux problèmes économiques doit « être un outil de consolidation de la paix et de rapprochement des peuples vivants dans cet espace ». Les Chefs d’Etats de l’Union instruits du fait que l’intégration des peuples est la pièce maîtresse de toute politique d’harmonisation des programmes de développement, ont décidé de faire des activités de l’Union une réelle priorité. Les conclusions des travaux d’Abidjan seront d’ailleurs remises à chaque Président en commençant par Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire qui a annulé son départ pour Abuja pour avoir la primeur des conclusions. Pour ce qui est des recommandations de la réunion d’Abidjan, notons que les pays membres l’Union du Fleuve Mano s’engagent à harmoniser leurs documents de transport, accroitre la production et la transformation des productions agricoles, faciliter le transfert de fond et harmoniser le système de contrôle bancaire dans la sous région, continuer et améliorer les programmes nationaux de renforcement des infrastructures ferroviaires, routières et hydrauliques. L’Union s’engage également à conserver les protocoles de la CEDEAO sur les échanges et à élaborer une stratégie communautaire pour la promotion du secteur privé et en particulier des PME et PMI.

Les ambitions de l’Union sont certes nobles mais sans sécurité l’application de telles politiques de développement ne seront pas possibles. Voici pourquoi le Ministre Samuel Kofi Woods du Libéria a souligné « que l’histoire récente des pays membres de l’Union marqué par les crises ne doit pas être un frein mais plutôt un questionnement pour tendre vers une meilleure politique de développement ». A ce niveau l’Union s’est pouvoir compter sur les efforts entrepris au plan ouest-africain pour mettre fin à cette instabilité.

SUY Kahofi


Abidjan : Tout le monde veut être claire !

Les produits éclaircissants ont le vent en poupe

Faut-il avoir la peau claire pour séduire ? Faut-il avoir la peau claire pour être belle ? Ou beau, d’ailleurs ? Nombreux sont les Abidjanaises et les Abidjanais qui répondent : oui ! Alors, pour séduire, à défaut d’être naturellement « clair », reste à s’éclaircir la peau.

Dans la capitale Ivoirienne, les habitués du rayon cosmétique savent où se rendre pour trouver de quoi entretenir leurs teints. Préoccupation ici très à la mode et en passe d’amorcer une vraie révolution. Il faut dire que si l’on ne parlait jusqu’ici que des femmes, les hommes ne sont plus en reste. Eux aussi ont cédé au doux chant des pommades, crèmes et autres produits éclaircissants. Une situation qui fait le bonheur et « les affaires » des commerçants.

Plaire à qui ?

Quel que soit le motif évoqué, le phénomène de la dépigmentation est bien réel à Abidjan. Si bien que des expressions sont nées pour le désigner : Tchatcho, teint Façonnable, salamandre, cirage…Comment en sommes-nous arrivés là ? Chaque Abidjanais, partisan ou réfractaire, a sa réponse. Pour le plus grand nombre, le phénomène de la dépigmentation c’est d’abord une affaire d’hommes. Entendez : « Si nous nous rendons belles, c’est surtout pour plaire au hommes ». Autre explication et non des moindres. « Au-delà du fait de plaire aux hommes, certaines femmes africaines nourrissent de véritables complexes face à la peau blanche. Le refus de s’accepter est toujours à la base d’une envie de changer« , soutient Sita, étudiante en sociologie. A cela, s’ajoute une folle envie de ressembler aux stars du cinéma et du petit écran. Enfin, il y a celles qui se dépigmentent pour leur propre plaisir. « On évolue dans la vie et dans le style aussi ! C’est une question de liberté et de choix« , affirme Assetou avant de conclure : « On ne change pas pour forcément plaire aux hommes mais avant tout pour son propre plaisir« .

No limits

« Je pense bien que c’est surtout pour plaire aux hommes qu’un nombre important de femmes recourt à tous ces produits éclaircissants. Les hommes fondent littéralement quand ils voient les femmes claires. Cela contribue à complexer celles qui sont noires« , nous dit Géraldine. Assertion que confirme d’ailleurs certains hommes : « Je préfère les femmes claires mais celles qui le sont naturellement. Ça fait chic, ça fait classe« , souligne Marcel, informaticien. La chose étant entendue, si les hommes les préfèrent claires, claires elles seront. Dans cette quête, les produits éclaircissants sont leurs premières armes. Pour atteindre la bonne teinte, à la nuance près, elles ont recours à toutes les astuces. Dans cette affaire, le mot limite n’existe plus.

Ecoutons les expertes. Pour la composition des crèmes éclaircissantes, miser sur les produits ayant un fort taux d’hydroquinone. Un composant chimique dont l’action très corrosive sur la peau garantit un résultat rapide. Variante médicalisée : utiliser à forte dose les crèmes médicales habituellement prescrites pour les problèmes cutanés. Enfin, et pour celles qui ont les moyens, elles peuvent encore se faire faire des injections au sein des grandes cliniques de la Capitale. Voilà comment éviter la contrainte d’avoir à appliquer  une crème tous les jours. Tout y passe, tout est bon à prendre…ou presque.

Les beaux dégâts

D’avis d’experts, médicaux cette fois, les conséquences de la dépigmentation ont également le vent en poupe dans les hôpitaux. Brûlures graves, problèmes cutanés sévères, infections sous cutanées, odeur insupportable et pour ce qui est de la quête originelle, un teint difficile à situer : genoux et coudes noirs, menton plus rouge que clair… « C’est vrai que certaines femmes refusent d’admettre qu’elles ont recours à des produits éclaircissants mais quand elles sont devant nous chacune l’assume !« , souligne Docteur Kplé Thierry.

La dépigmentation n’est pas un phénomène nouveau : il s’est tout simplement amplifié. « Dans les années 70, les femmes ont commencé à se dépigmenter. Au départ c’étaient les cheveux qu’on lissait comme les blanches et après on est venu à la peau », précise Mme Béatrice N’cho. Face à ce retour en force ‘’des femmes claires’’, certains hommes ont décidé de retourner aux sources.  » Il y a tellement de teints clairs que je préfère chercher les noires : c’est plus authentique », confie Réné, enseignant. Certains Ivoiriens trouvent même qu’il est grand temps que la publicité pour les produits éclaircissants soit prohibée.

SUY Kahofi


La CEDEAO s’engage dans la vulgarisation des NTIC

 

La Fondation Félix Houphouët Boigny de Yamoussoukro

C’est ce vendredi 14 octobre en fin d’après midi que s’est achevé la 11ème réunion des ministres en charge du dossier des NTIC des pays membres de l’espace CEDEAO. Cette rencontre s’est tenue à la Fondation Félix Houphouët Boigny à Yamoussoukro, la capitale Politique de la Côte d’Ivoire. L’objectif de cette rencontre a pour but de jeter les bases d’une meilleure vulgarisation des NTIC dans l’espace CEDEAO sur la vision 2020 pour mieux mutualiser les acquis au plan développement, éducation, santé…

En sa qualité de représentant du Premier Ministre Ivoirien et du gouvernement de l’Etat de Côte d’Ivoire, le Ministre d’Etat Albert Mabri Toikeuse en charge du dossier du Plan et du développement a situé le cadre de la rencontre en précisant que celle-ci à pour but premier de proposer des textes pour impulser le développement des NTIC dans l’espace CEDEAO mais également de prendre acte des suggestions des ministre pour faire avance ce dossier. Place a été faite à la suite de ce discours à la réflexion proprement dite. Les ministres en charge du dossier des NTIC des pays membres de l’espace CEDEAO ont mis le temps à profil pour produire des textes dont les idées fortes se résument en ces quelques grandes lignes selon Raphaël Koffi, responsable du secteur des technologies et de la communication à la CEDEAO. « Nous avons adopté pour notre région un nouveau plan stratégique pour les 5 années avenirs. Ce plan stratégique va permettre de développer les infrastructures, d’harmoniser notre cadre juridique, vulgariser l’utilisation des TIC dans notre communauté et cela entre dans la ligne droite de la vision 20/20 de la CEDEAO des peuples ». Les pays membres de la CEDEAO ne pouvaient pas espérer mieux que ces conclusions après les travaux de Yamoussoukro et Mohamed Man Kouavogui, délégué venu de la Guinée ne cache pas son enthousiasme. « Je pense que c’est l’économie numérique qui est en marche au sein de l’espace CEDEAO et je crois que cela fera le bonheur des populations, des opérateurs économiques mais également des Etats ».

Notons que la rencontre de Yamoussoukro a convenu de la création d’ici le troisième trimestre 2012 d’une Direction dédié au secteur des Technologies de l’information et de la communication en vue de renforcer les capacités opérationnelles de la CEDEAO. Cette Direction devra suivre effectivement la mise en œuvre des décisions de la 11ème réunion des ministres en charge du dossier des NTIC des pays membres de l’espace CEDEAO.

SUY Kahofi


15 octobre : Les non voyants célébrés à travers le monde

 

Les non voyants sont utiles à la société

La journée Internationale de la canne blanche célébré le 15 octobre est l’occasion pour le monde de rendre un hommage appuyé à toutes les personnes vivants avec un handicape. Selon l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé), le monde compte 1 milliard de personne à mobilité réduite dont 45 millions de non ou mal voyants. En Afrique ce chiffre s’élève à 7 millions pour 150 million de personne à mobilité réduite. La Côte d’Ivoire n’est pas en reste et elle compte près de 100.000 mal voyant pour 2 million de personne à mobilité réduite. L’existence des personnes à mobilité réduite est très pénible, celui des non ou mal voyants l’est encore plus.

Locko Victorine est une mal voyante, cette jeune dame a décidé de partager avec nous son histoire. « Il faut dire que je suis née myope, très myope et c’est à la suite de cette maladie que j’ai eu un décollement rétinien et avec le temps jusqu’en classe de terminale ma situation s’est aggravée. J’ai subit plusieurs opérations…je crois en tout cinq et le résultat est ce que vous voyez : je suis en mal voyante ! » Lorsque Locko Victorine perd la vue, elle sombre dans la tristesse et la désolation. Elle refuse d’accepter de vivre dans cette obscurité désormais permanente et croit que le sort s’acharne sur elle. Avec le temps, elle a appris à surmonter cet handicape et à vivre heureuse au quotidien. « C’était très dur il faut que je vous le dise franchement parce que j’étais une élève très brillante à l’école ! Ce n’était pas non plus facile pour mes parents : ils étaient un peu déboussolés et tristes. Nous sommes 9 enfants et je suis la petite dernière. Voir la dernière fille, la petite sœur brillante à l’école, première de classe perdre la vue de cette façon ; c’était vraiment difficile à supporter ! En étant tristes mes parents m’attristaient encore plus mais ils ont changé d’attitude et ont commencé à m’épauler et m’encourager ». Locko Victorine voulait devenir magistrate ou médecin mais son rêve se brise net avec sa nouvelle situation et elle est obligée d’abandonner l’école classique. Elle a du se réinventer en apprenant à vivre sans sa vue et se battre pour s’insérer socialement. Agent de la fonction publique en qualité de standardiste au palais de justice de Yopougon (Abidjan nord), elle est aujourd’hui mère de famille et marié à un non voyant. Elle fustige l’attitude de certaines personnes envers les mal voyants qui considère que le handicape visuel est un sort, une maladie contagieuse ou même une fatalité ! La vie de Locko Victorine est certes un exemple à suivre mais tous les non voyant n’ont pas eu la chance comme elle. Certains sont marginalisés, abandonnés et rejeté par leurs familles et souvent même par certaines structures administratives et sociales du pays. C’est une situation que dénonce KONE Krouwélé Victorien, Directeur de la promotion des personnes handicapées lui-même non voyant. « Le mal voyant dans une famille n’est pas celui que les parents présentent fièrement : il est souvent rejeté car pour beaucoup il ne sert à rien et se replie sur lui-même. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire 80 % des non voyants n’ont pas de pièce d’identité et ne pas pu se faire enrôler parce qu’ils ne peuvent pas se déplacer ! C’est triste ». Contrairement aux idées reçues, les non voyants sont utiles a la société et KONE Krouwélé Victorien entend aider chaque non voyant à s’assumer car les résultats obtenu au plan de l’éducation sont encourageants. 40% d’admis au Baccalauréat session 2011 et 100% au BEPC, des résultats largement au dessus de la moyenne nationale ! Malgré ces résultats et leur excellente formation, l’insertion socio-professionnelle est souvent difficile mais à ce niveau les résultats sont tout aussi encourageants. Les instituts Ivoiriens dédiés aux personnes frappées par la cécité forment à des métiers où les non voyants excellent. Explication de KONE Krouwélé Victorien. « Les non voyants sont prisés pour les postes de standardiste et tous les autres professions concernant le concealing. Dans le domaine de l’encadrement et l’éducation les non voyants s’illustrent et nous formons d’excellent enseignant non voyant. Dans les CHU il y a des kinésie-thérapeutes et je peux dire que le non voyant peut s’illustrer dans les métiers qui font appellent à la sensibilité des doigts ».

Les non voyants veulent s’affranchir du carcan des préjugés et du complexe pour s’émanciper et se rendre utile pour ne plus être marginalisés. Les autorités Ivoiriennes conscientes du retard affiché par la Côte d’Ivoire dans la prise en charge des non voyants, entendent définir de nouveaux programmes pour le renforcement des capacités des instituts de formation dédiés aux personnes mal voyantes.

SUY Kahofi