Kahofi SUY

La diaspora sénégalaise en Côte d’Ivoire ‘’fiers du vieux’’ WADE !

 

Maître Abdoulaye Wade, président du Sénégal

Si l’élection présidentielle sénégalaise se tenait ce dimanche 29 janvier, il est clair que malgré les critiques de l’opposition Maître Abdoulaye Wade aurait été plébiscité par la diaspora sénégalaise à Abidjan. Ma tournée dominicale dans les quartiers d’Abidjan m’a permis de constater que nombreux sont les sénégalais vivant en Côte d’Ivoire qui ‘’sont fiers’’ de la politique du Sopi.

Ici on présente le vieux comme l’homme providentiel pour le Sénégal, le baptiseur d’un pays qui chaque jour bascule un peu plus vers la modernité. « C’est vrai que Wade c’est un vieux gars mais il a trop fait pour le Sénégal ! Ce qu’il a fait même les Senghor, les Diouf n’ont pas pu faire la moitié. Tout le tohu-bohu autour de sa candidature n’est que pure jalousie et ceux qui racontent que Wade veut instaurer une monarchie en cédant le fauteuil à son fils Karim sont tous des incapables ! Je vous jure que si on leur confie le Sénégal ils ne pourront même pas faire sortir une seule brique de terre » soutien avec force Birahim A. Vieux mais très efficace, voici l’image que la majorité des sénégalais que j’ai croisé à Adjamé, Treichville, Abobo et Yopougon ont de leur Président. A l’image de Birahim, Sek T. soutien l’action de Wade mais préfère jouer la carte de l’unité nationale. « Maître Abdoulaye Wade est un sénégalais comme les autres. Même moi le simple bijoutier j’ai le droit d’être candidat alors je pense qu’il faut laisser chaque sénégalais participer au débat politique ». Kane H. en fervent défenseur du PDS ne botte pas en touche pour soutenir son candidat et se lancer dans une interprétation de la constitution sénégalaise. « Wade mérite son deuxième mandat car c’est seulement au cours du premier qu’il a fait changer cette constitution. Son premier mandat n’est donc pas touché par les nouvelles dispositions de la constitution. Qu’on le laisse finir les grands chantiers qu’il a commencé car je ne vois personne finir tout ce qu’il a commencé ».

Attention au syndrome Ivoirien

Sur le continent africain à chaque fois qu’une élection suscite des contestations chacun se rappelle automatiquement de la bêtise Ivoirienne qui a conduit à la mort de 3000 personnes. Bien que cet exemple parle de lui-même le Gabon et la République Démocratique du Congo ont connu le ridicule de l’unique fauteuil présidentiel convoité par deux candidats. La diaspora sénégalaise témoin du cas Ivoirien appelle la classe politique et le peuple sénégalais à la retenue non sans prendre le soin de souligner qu’un tel scénario est impossible au Sénégal. « La Côte d’Ivoire et le Sénégal sont deux pays très différents. Les sénégalais sont mûrs et ils ne pousseront jamais la bêtise au point de détruire un héritage construit depuis 1960. Au-delà le Sénégal est un pays fortement marqué par les traditions religieuses et lorsque les guides religieux appellent au calme tout le monde suit le mouvement. Il n’y aura pas de violence j’en suis sûr » affirme le vieux O. Tall. Sek T. reconnait certes que le Sénégal a une forte tradition religieuse mais ne cache pas son inquiétude. « Moi je ne dirais pas que la violence ne peux pas s’emparer du Sénégal. Je suis en Côte d’Ivoire depuis plusieurs années et ce que les sénégalais disent aujourd’hui c’est ce que les Ivoire disaient il y a quelques années : ‘’nous sommes matures, il n’y aura jamais la guerre….et la suite on la connait ! Je lance un appel à chaque sénégalais et à chaque sénégalaise : la violence on sait quand elle commence mais on ne sait pas quand elle s’achève ! Je demande à chacun de se calmer, de cultiver le respect de l’autre et en cas de problème de privilégier le dialogue. Si nous agissons ainsi nous pourrons sauvegarder la paix in’cha Allah » !

SUY Kahofi

 


L’ONUCI explore les moyens d’impulser la cohésion sociale avec des journalistes des radios privées non-commerciales

Studio radio

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a organisé du 25 au 27 janvier 2012, un séminaire sur « la contribution des radios privées non commerciales au renforcement de la cohésion sociale », à Kotobi, localité située à huit kilomètres de Bongouanou et à environ 210 km d’Abidjan.

Ce séminaire, organisé dans le cadre des Journées de l’ONUCI (JDO) de Bongouanou, était destiné aux journalistes et animateurs des radios privées non commerciales de huit régions de l’Est du pays: le Gontougo, le Boukani, l’Indenié-Djuablin, les Perles, les Grands Ponts, l’ Iffou, le N’Zi et le Sud Comoé. S’adressant aux participants à l’ouverture du séminaire, le Directeur par intérim du Bureau de l’information publique de l’ONUCI, Hamadoun Touré, a invité les participants à soutenir les autorités locales à relever les trois défis auxquels elles se trouvent confrontées : la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation nationale. Il les a ensuite invités à appliquer, au quotidien, les principes fondateurs du métier de journalisme et à s’approprier les valeurs éthiques et déontologiques de la profession.

Le 26 janvier, les vingt-deux (22) journalistes et animateurs se sont engagés devant les autorités administratives, religieuses, coutumières et la population de Bongouanou à accompagner la réconciliation nationale et la cohésion sociale en étant de véritables instruments de paix dans leurs localités respectives. Ils se sont engagés à permettre un accès égal à leurs antennes à toutes les composantes sociales de leurs régions et à produire des émissions de sensibilisation sur la réconciliation à travers une exploitation professionnelle des techniques de production radiophonique. Les journalistes et animateurs ont souligné qu’ils souhaitent contribuer davantage au développement local et soutenir les acteurs du monde rural, et ils se sont également engagés à combattre la rumeur et à bannir tout propos haineux de leurs antennes. Le séminaire était organisé autour de trois modules : Radio et renforcement de la cohésion sociale, les Techniques de production radiophoniques, les Genres et Formats Radio.

 


Le coordonnateur humanitaire échange avec la société civile ivoirienne

 

Ndolamb Ngogwey le Coordonnateur Humanitaire du SNU

Le Système des Nations Unies (SNU) va établir un nouvel élan de partenariat avec la Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI), conduite par son Président Dr Patrick Ngouan. Cet encagement a été pris jeudi 26 janvier 2012 à l’issue d’une séance de travail entre cette structure et le Coordonnateur Humanitaire du SNU, Ndolamb Ngogwey qui avait à ses côtés, la Représentante de la FAO, Marie-Noëlle Koyara et le chef de OCHA, Carlos Geha.

Pour M. Ngokwey, ce nouveau partenariat peut-être bénéfique, tant pour les populations que pour l’efficacité des actions menées par le SNU. Selon ses propos, l’effort d’harmonisation des ressources, des budgets et de la communication des 17 agences onusiennes présentes en Côte d’Ivoire entre dans  cette vision d’améliorer les choses. « Bien organisée, la société civile est un partenaire tout naturel et nous essayons de voir comment nous pouvons l’associer davantage, établir un partenariat encore plus efficace, à partir de développement de projets jusqu’à la mise en œuvre », a estimé le Coordonnateur Humanitaire. M. Ngokwey a indiqué que le SNU disposait de plusieurs fonctions dont celles d’établir des normes et de veiller au respect de leur application, la possibilité d’offrir une expertise dans plusieurs domaines, de contribuer au renforcement des capacités et des institutions et de faire du plaidoyer afin de répondre aux besoins de la société civile. « Nous avons marqué notre disponibilité à les appuyer en tant que SNU, qu’il s’agisse de journées de consensus national, pour travailler sur la Charte de la société civile. Nous pensons que la société civile mérite d’être soutenue accompagnée et appuyée », a déclaré M. Ngokwey en réponse aux préoccupations de la CSCI.

Le Dr. Ngouan avait auparavant précisé au Coordonnateur humanitaire que la CSCI travaillait avec l’Etat dans un esprit de collaboration mais d’indépendance. Il a indiqué que l’une des ambitions de la société civile était d’influencer le processus politique, économique et social en faveur des populations. Le Dr Ngouan s’est félicité de la position du SNU vis-à-vis de la CSCI.  « Pour une organisation de la société civile, ce qui compte le plus c’est la crédibilité vis-à-vis des pouvoirs publics, des populations et des partenaires. Je pense qu’on était sur la même longueur d’ondes et pour l’essentiel, ils nous ont donné des conseils et sur la base de certaines remarques  qui permettront de nous corriger pour améliorer nos relations avec les partenaires, notamment avec le SNU sur un certain nombre de projets dont des projets ruraux, humanitaire ou qui touchent au développement économique et social », a conclu satisfait le Président de la CSCI.


Violence de Yopougon : L’APDH charge le régime Ouattara

 

Eric-Aimée SEMIEN Président de l’APDH (en lunette)

Prendre le temps d’enquêter en long et en large sur des faits afin de ne pas tirer des conclusions trop hâtives, voici la vision qui fonde toute l’action de l’APDH, l’ONG Ivoirienne de défense des droits de l’homme. Action pour la Protection des Droits de l’Homme après avoir mené une enquête suite aux violences de Yopougon a produit une déclaration qui pointe clairement du doigt la responsabilité du gouvernement dans les violences survenues lors du meeting du FPI, le parti de l’ex-président Gbagbo Laurent.

Pour l’APDH les violences de Yopougon sont le résultat incontestable de l’impunité qui règne autour des nombreux actes de vandalisme et de brimade signalés depuis les premières tentatives de l’opposition d’organiser ses meetings. « Deux meetings de l’opposition ont déjà été perturbés dans la commune de Yopougon et nous n’avons pas eu de réaction du gouvernement, le meeting du FPI à Koumassi il y a de cela quelques mois a été maté sans aucune réaction, le meeting du FPI à Bonoua a été maté sans aucune réaction…donc nous faisons la remarque qu’un sentiment d’impunité habite certaines personnes et cela les encourage à semer la violence. L’APDH s’inquiète car s’il n’y a pas de réaction après les violences de l’espace FICGAYO cela risque de se répéter » souligne indigné Eric Aimée SEMIEN le président de l’ONG. Sur le fond de l’affaire (NDLR : violences de l’espace FICGAYO), l’APDH fait remarquer que les perturbateurs sont venus en grand nombre d’autres communes, au moyen de minicars de transport en commun ‘’Gbaka’’, et d’autobus de la Sotra. Avant la manifestation, ces derniers ont infiltré la foule et les environs de la manifestation. Ces personnes se sont réclamées proches du parti au pouvoir, mais la Direction de ce parti a indiqué que ces personnes étaient inconnues de son fichier. A la suite de propos qu’ils ont jugé insultants au cours de la manifestation, ils se sont livrés à des actes de violences sur les manifestants. En riposte, les manifestants du FPI, qui s’étaient préparés en conséquence compte tenu des précédents de perturbations de meeting, ont réagi. La situation a dégénéré…

Fort de ce constat qui constitue une entrave à la liberté d’expression, l’APDH note qu’il s’agit d’actes prémédités en vue de tuer dans l’œuf les velléités d’expression de la contradiction politique. En effet de nombreux Ivoiriens encore sous le choc se demande comment comprendre qu’une manifestation autorisée et encadrée par les forces de l’ordre puisse dégénérer à ce point ? De son côté l’APDH rappelle que la liberté de manifestation et d’opinion est un Droit fondamental de l’Homme, et que la démocratie se nourrit de la contradiction, de la diversité et surtout de la tolérance. La diffusion des images de ces violences à travers le monde entier est de nature à donner une image hideuse de l’évolution démocratique en Côte d’Ivoire, et à saper les fondements de la réconciliation, entreprise déjà ardue. Le leadership de l’action démocratique étant l’affaire du gouvernement Ivoirien dirigé par le Président Alassane Ouattara, l’APDH interpelle les autorités pour une prise de responsabilité immédiate afin que cesse la violence à l’égard de l’opposition. L’ONG tout en condamnant ces actes de violence et s’indigne de la réaction timide des autorités ivoiriennes, surtout qu’il y a eu perte en vie humaine. Elle exige qu’une enquête impartiale puisse faire la lumière sur la répétition de ces actes de violence politique, et que les responsables soient punis officiellement. Elle propose au gouvernement de faire des campagnes d’éducation des populations, en particulier des jeunes, à la Citoyenneté Démocratique et aux Droits de l’Homme.

Sur le fond des déclarations qui auraient jeté l’huile sur le feu et qui s’apparentent à une non-reconnaissance d’Alassane Ouattara comme le Président de la République de Côte d’Ivoire, l’APDH tient à faire cette remarque. « Le FPI est libre de reconnaitre ou de ne pas reconnaitre le Chef de l’Etat mais si dans leur volonté de ne pas reconnaitre l’autorité des actes anti-sociaux et anticonstitutionnels sont posés les leaders de se parti seront poursuivi » soutien Aimée SEMIEN le président de l’ONG non sans prendre le soin de souligner que cette attitude consacre de nouveau « une théâtralisation de la scène politique Ivoirienne ».

SUY Kahofi


UNJCI forme les journalistes avec le soutien de l’Ambassade des USA

 

Journalistes Ivoiriens en formation

L’UNJCI, l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire en partenariat avec l’Ambassade des Etats Unis à Abidjan a initié ce 24 janvier un séminaire de formation à l’attention des journalistes Ivoiriens. Ce séminaire qui s’est tenu toute la journée du 24 (8 h 30 – 17 h), a réuni une vingtaine de journalistes des organes nationaux. Jonathan Cebra en sa qualité de Conseiller de Presse et des Affaires Culturelles de l’Ambassade des USA dans son mot de bienvenu a souligné que « les Etats Unis à travers cette formation entend apporter tout son soutien au processus de démocratisation de la Côte d’Ivoire par une aide à la presse pour promouvoir la liberté d’expression ». Pour coller avec cette vision, trois thèmes ont été retenus : techniques de reportage et code de déontologie en Côte d’Ivoire, rôle des médias dans la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance et le rôle des médias dans la promotion des droits de l’homme.

Le journaliste et juriste Yao Noel, président-fondateur de l’UNJCI et un des rédacteurs du code de déontologie a développé le premier thème du séminaire (techniques de reportage et code de déontologie en Côte d’Ivoire). On retiendra de cette communication que le journaliste doit savoir tourner le dos au pot de vin pour rendre compte de façon objectif de l’évènement qu’il couvre. Il doit savoir se démarquer dans son investigation des méthodes qui s’apparente au vol de document ou a la diffamation. Le code de déontologie étant pour le journaliste ce que le coran est pour le musulman, une copie du ‘’texte sacré’’ a été remis à chaque séminariste. Pour sa part M. Manlan Ehounou le Président de l’ONG Transparency Justice conformément au thème rôle des médias dans la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance, a invité les journalistes eux-mêmes à tourner le dos à la corruption pour mieux lutter contre ce fléau à travers des enquêtes poussé sur la question. L’absence de corruption dans la roue administrative rapproche le contribuable de l’appareil de gestion du pays et instaure un climat de confiance. La culture de la bonne gouvernance se pratiquant à tous les niveaux, c’est depuis leurs organes respectifs que les journalistes doivent être des modèles pour être des donneurs de leçon à la société. La Côte d’Ivoire sort de crise et la question des droits de l’homme n’a pas été oubliée. Comment les médias peuvent-ils contribuer à la promotion des droits l’homme ? L’élément de réponse se trouvait dans l’exposé du Maitre Drissa Traoré, premier vice-président de la CNDHCI. Dans un contexte post-crise assez sensible comme celui de la Côte d’Ivoire, le journaliste ne doit pas se faire l’écho des appels à la haine tribale et doit surtout éviter dans ces écrits les propos subjectifs capables de mettre à mal la cohésion sociale.

Le séminaire de formation s’est achevé par des travaux de groupe suivi de la remise des diplômes. Mam Camara le Président de l’UNJCI a tenu à souligner que durant l’année 2012 un accent particulier sera mis sur la formation et les renforcements de capacité des journalistes pour que les reproches fait à la presse en 2011 ne soient plus qu’un vieux souvenir.

SUY Kahofi