Kahofi SUY

Affaire SATAREME Greensol : Anne Ouloto peine à convaincre les Ivoiriens

 

SATAREME Greensol aura la charge de gérer les ordures d'Abidjan

Laurent Gbagbo a eu ses barrons pilleurs du café-cacao et, comme dirait l’homme de la rue, Alassane Ouattara a ses corrompus notoires qui assurent les passassions de marchés au gré à gré malgré la prétendue existence des appels d’offre. L’affaire SATAREM Greensol du nom de l’entreprise qui vient d’être choisi pour la gestion des ordures à Abidjan est à l’origine d’un nouveau scandale au sommet de l’Etat. Les entreprises concurrentes au groupe et de nombreux Ivoiriens estiment que le gouvernement a donné dans le faux pour choisir l’entreprise et chacun y va de son analyse. Le premier argument qui milite en défaveur du groupe est celui de la force de l’entreprise. Après enquête et selon plusieurs sources concordantes, il s’avère SATAREME Greensol est une entreprise en pleine difficulté en France. Certains vont jusqu’à dire que le groupe n’est plus solvable et que plusieurs partenaires ont lâché « une entreprise incapable de respecter ses engagements ». Si ces informations sont fondées on se demande comment celle-ci a pu remporter l’appel d’offre du Ministère de la salubrité public ? « Même dans un pays rempli d’illettrés personne n’aurait pu accorder un marché à une entreprise en difficulté » s’indigne un journaliste proche de l’opposition. Madame Anne Ouloto la ministre de la salubrité urbaine n’est pas de cet avis car pour elle SATAREME Greensol peut avoir des problèmes en France et être compétitive sur le marché Ivoirien ! « La France n’est pas la Côte d’Ivoire : la Côte d’Ivoire c’est la Côte d’Ivoire. Je suis désolé ! Je ne peux pas utiliser la rumeur comme un élément d’information crédible » martèle celle que les Ivoiriens appellent maman bulldozer avant de souligner que le personnel du Ministère de la salubrité urbaine y compris elle-même est victime de harcèlement ! Difficile de croire que quelqu’un qui se balade avec une garde rapproché puisse être victime de harcèlement.

Si l’affaire fait couler beaucoup d’encre et de salive c’est surtout parce que SATAREME Greensol, une entreprise radiée de France, a un statut assez particulier aux yeux du gouvernement Ivoirien. Bien qu’elle ait des problèmes elle demeure crédible pour la Côte d’Ivoire surtout pour les abidjanais qui n’ont pas besoin d’être au parfum des ennuis de SATAREME Greensol mais plutôt de savoir si l’entreprise peut libérer la Cité des tas d’ordures. Pour de nombreuses entreprises engagées dans cet appel d’offre le deuxième argument qui a milité en faveur du choix de SATAREME Greensol est le nom de son PCA. Salif Bitogo ! Bon un Salif il y a des milliers en Côte d’Ivoire mais lorsque le nom de famille est Bitogo ça peut changer et ça change surtout quand on est le frère ainé du Ministre de l’Intégration africaine ! « Ils ont fait semblant d’ouvrir le marché en multipliant les appels d’offre mais tout ça c’est du mensonge ! Ce gouvernement ne joue pas franc jeu : il est pire que le précédent. Les anciens eux au moins le faisait au vu et au su de tout le monde mais ceux là sous la cape de la transparence se cache tout un arsenal de fraude » affirme un chef d’entreprise. Ce dernier nous dira qu’il évite depuis un certain temps de constituer des dossiers pour les appels d’offre tellement la fraude et la corruption gangrène le milieu des marchés publics. « Regardez la construction des routes : on ne sait pas d’où sortent ces entreprises à qui le gouvernement fait confiance. Des boites appartenant à leurs frères, amis, cousins et autres connaissances…c’est ça la transparence ? Des sociétés qui n’ont même pas un siège social ? » s’indigne un homme d’affaire. Pour la Ministre Anne Ouloto SATAREME Greensol mérite le marché et le fait que son PCA s’appelle Salif Bitogo n’a eu aucun effet sur la décision de la Direction des Marchés Publics. « Cet argument ne tient pas la route » chantent en cœur les entreprises écartées ! Messieurs ne soyez pas mauvais perdants car si ce Salif avait pour nom de famille Diby, Ouattara, Koffi, Gbagbo…aurez vous eu la même réaction ? Certainement que non. Il n’y pas de délit d’initié et je vous prie de laisser Maman Bulldozer faire son boulot. Au fait Madame le Ministre il va falloir des arguments plus solides que ceux vous avez avancés pour convaincre : c’est étrange les Ivoiriens ont l’oreille dure mais depuis dix ans ils ont l’art de deviner ce qu’il ne va pas au sommet de l’Etat. Lucien Tapé Doh et les barrons de la refondation pourront aisément vous renseigner : l’odeur du bon cacao Ivoirien les a trahit !

SUY Kahofi

 


Côte d’Ivoire : L’armée menace de marcher sur un camp de miliciens

 

Jeunes miliciens lors du DDR

Depuis deux semaines environ une information selon laquelle un camp de miliciens serait opérationnel dans les environs de la localité de Lopou circule en Côte d’Ivoire. Lopou est situé dans le département de Dabou au sud du pays. Prenant très au sérieux cette menace les autorités Ivoiriennes et l’armée ne veulent en aucun cas laisser les locataires de ce présumé camp atteindre leurs objectifs. Le Ministère de la défense et l’Etat major Ivoirien pour endiguer la criminalité et la belligérance ont mené une mission dans les localités de Sikensi, N’douci et Tiassalé. Il faut dire que dans ces localités citées la criminalité sévit sur toutes ces formes : viol, braquages, vol à main armée, attaque de domicile sont quasi quotidien.

Le gouvernement soucieux de rassurer les Ivoiriens et de faire de leur sécurité une priorité a annoncé par la voix de Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la défense la fin du désordre. « Nous allons dans une semaine appliquer la rigueur de la loi ! On ne peut pas tolérer sur le territoire l’existence de camp d’entrainement de miliciens et de gens qui ne sont pas autorisés à porter des armes. Les populations doivent être conscientes des risques liés à ce type d’entreprise mais surtout des dangers d’entretenir et de laisser faire des miliciens ». Au cours de cette tournée de terrain le ton qui était apaisé aux premières heures est passé très vite à une mise en garde. L’armée Ivoirienne première à être réellement inquiétée par l’existence de ce camp de miliciens se veut clair : elle va frapper fort et nettoyer la forêt ! « Nous avons décidé de déployer nos unités en nomadisation : il y aura des unités militaires sur la zone. Celles-ci seront en train de s’entrainer et suivre même des formations. Les soldats sur la zone pourront intervenir systématiquement puisse qu’il existe un camp de miliciens dans l’une des forêts » a souligné Soumaïla Bakayoko le Chef d’Etat Major Général des FRCI. A propos de ce camp de miliciens Soumaïla Bakayoko annonce déjà une incursion dans la forêt « pour savoir qui l’occupe réellement ».

Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la défense et Soumaïla Bakayoko le Chef d’Etat Major Général des FRCI au nom du gouvernement ont demandé aux chefs de famille, aux leaders religieux et communautaires d’interpeler les jeunes de leurs localités afin qu’ils se détournent de cette entreprise peu recommandable. Il faut dire que l’Etat Major Ivoirien et le Commandement de la Gendarmerie Nationale qui annonce des renforts importants donne une semaine aux miliciens pour sortir de la forêt !

SUY Kahofi

 


L’ONUCI forme des hommes en armes et se prépare à la certification

 

Eléments de la Gendarmerie Ivoirienne

La police des Nations Unies (UNPOL) a procédé,  vendredi 3 février 2012, à la remise d’attestations à 20 officiers et sous officiers du Groupe d’intervention de la Gendarmerie et à 18 agents de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) de la police qui ont suivi des formations assurées par l’UNPOL. Avant de remettre les attestations aux 20 gendarmes au camp de la gendarmerie d’Agban, le Général Constant Prosper Sossou, contrôleur général de police et membre de l’UNPOL, a salué la disponibilité des formateurs. « Vous aviez su en peu de temps renforcer la capacité d’intervention de ce corps d’élite que constitue le groupe d’intervention de la gendarmerie »,  a dit le Gal. Sossou, qui présidait la cérémonie. Il a expliqué que la formation se situait dans la cadre du mandat de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), qui consiste à accompagner les populations ivoiriennes à sortir définitivement de la crise.

Il a demandé aux gendarmes formés d’être des relais capables de restituer la formation reçue. « Vous êtes un corps d’élite. Vous aviez été formés dans les meilleures écoles. Cette formation vous permet de vous rappeler ce que vous saviez déjà. Pour ce qui est de l’ONUCI, nous nous tiendrons toujours à vos côtés pour vous aider à être de bons relais de cette formation », a-t-il indiqué. A l’Ecole Nationale de police, où les attestations ont été décernées aux 18 policiers, le Gal. Sossou a souligné la difficulté de la tâche de la police. « Vous avez le devoir de protéger, à la fois les institutions de la République et les populations. Dans l’accomplissement de cette tache, il peut arriver qu’il y ait des dérapages. Cette formation vous permet d’éviter ces dérapages », a-t-il dit aux agents. Pour le commissaire Caire N’Guessan, porte-parole des stagiaires, cette formation était nécessaire parce qu’elle vient après les événements douloureux qu’a connus la Cote d’Ivoire. « Elle permet de mieux orienter le policier dans son rôle de gardien de l’ordre dans la cite » a-t-il indiqué. Débutées le lundi 30 janvier dernier, les formations avaient pour objectif d’accroître les connaissances techniques et les capacités d’intervention, selon les normes internationales,  de la police et de la gendarmerie.

Au-delà de cette formation l’ONUCI reste active dans sa mission de maintien de la paix et d’appui au retour des Institutions qui régulent la vie politique du pays. L’ONUCI conformément à son mandat va certifier partiellement, la semaine prochaine, les élections législatives sur les décisions arrêtées par le Conseil Constitutionnelle (CC) et la Commission Electorale Indépendante (CEI). Cette annonce a été faite vendredi 3 février 2012 par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders, à l’issue d’une réunion tripartite avec les Présidents du CC, Francis Wodié et de la CEI, Youssouf Bakayoko. Selon M. Koenders, cette rencontre a permis d’évoquer tous les éléments relatifs aux élections législatives et qui restent à régler. Le chef de l’ONUCI a précisé que cette certification partielle se ferait dans le souci de faire avancer le processus. « On pourra ainsi avancer avec les autres choses. Il y a une avancée et cela est positif », a-t-il souligné.


Un patron de presse interpelé par la DST Ivoirienne puis relâché

 

La Une incriminée du quotidien Le Patriote

Le Directeur de Publication d’un quotidien pro-ouattara en détention, l’annonce a surpris plus d’un ivoirien mais cette interpellation selon les autorités judiciaires est fondée. Comme le scandale de la filière café-cacao qui a conduit le journaliste Théophile Kouamouo et deux de ses collaborateurs en prison suite à une fuite de document du bureau du procureur, c’est encore une divulgation par voie de presse d’un document officiel qui est au cœur de cette énième arrestation d’un patron de presse. Charles Sanga, Directeur de Publication du quotidien Le Patriote a été arrêté à Abidjan, dans la soirée du 31 janvier 2012 par la Direction de la surveillance du territoire (DST) pour avoir rendu public la décision finale du Conseil Constitutionnel sur les résultats des législatives avant la conférence de presse officielle de l’institution.

L’article au cœur de l’interpellation est signé d’un collaborateur de Sanga, Jean-Claude Coulibaly et celui-ci, le 31 janvier au matin annonçait en exclusivité l’invalidation de 11 sièges au parlement. La DST, reprochent donc au journal Le Patriote la « publication d’informations confidentielles » et exigent que le quotidien révèle ses sources, ce que le Directeur de Publication Charles Sanga refuse conformément à la loi sur la presse de 2004. Pour reporter Sans Frontière « Si Le Patriote a enfreint la loi en publiant des informations avant l’autorité habilitée à le faire, le journal peut être sanctionné, mais certainement pas par une privation de liberté de son responsable ni de l’auteur de l’article. En outre, le fait que la DST veuille contraindre le directeur du quotidien Le Patriote à révéler ses sources viole un principe élémentaire de la liberté de la presse », a tenu à souligner l’organisation de défense des droits des journalistes.

Le Président Alassane à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an à la presse avait pris l’engagement solennel de garanti la liberté de la presse mais trois semaines après cette profession de foi un journaliste se retrouve en détention. La liberté promise est-elle une liberté dans les fers et derrière les barreaux ? Difficile de répondre à cette question comme il est de plus en plus difficile d’être journaliste et d’exercer librement son métier en Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi

 


La méningite sévit dans le nord et le centre de la Côte d’Ivoire

 

Campagne de vaccination (archive)

Les zones nord et centre de la Côte d’Ivoire sont des zones à forte épidémicité de la méningite. Chaque année le gouvernement avec l’appui de l’OMS diligente des équipes de vaccination dans ces zones pour prévenir tout cas d’infection. Si le mal persiste c’est surtout parce que le nord et le centre du pays demeure plongé dans un climat sec avec de faible précipitation, une période d’harmattan prolongé avec une forte concentration de particule poussiéreuse dans l’aire. Ce terreau fertile pour la maladie occasionne des bouffées épidémiques annuelles à l’image de celle qui frappent déjà le pays.

La situation inquiète de plus en plus les autorités sanitaires car la maladie à déjà fait 11 morts sur les 36 cas déclarés. Le directeur de cabinet du ministère de la Santé et de la lutte contre le Sida, le Pr Antoine Amonkou a souligné que quatre districts sanitaires sont touchés par l’épidémie. Il s’agit de Bouaké nord-est, Kani, Kouto et Tingréla. Selon lui, l’analyse des données montre que deux germes circulent en ce moment dans le nord et le centre du pays : le pneumocoque et le méningocoque W135. Une riposte sanitaire est en cours et elle est marquée par la présence au nord et au centre du pays d’une mission d’appui épidémiologique et bactériologique pour renforcer les dispositions locales de prise en charge et de surveillance épidémiologique. Une campagne de vaccination à grande échelle est en cours de préparation en attendant les autorités sanitaires demandent aux populations de jouer la carte de la prévention et de l’application stricte des règles d’hygiène.

Pour Docteur Konan Ahou directrice départemental de la santé de Bouaké ses mesures consistent notamment à se rendre rapidement dans un centre de santé devant toute fièvre avec raideur de la nuque chez l’adulte et l’apparition brutale d’une fièvre avec raideur de la nuque ou non chez les enfants. La fontanelle bombée du nouveau né avec une fièvre doit alerter la mère et en cas de décès suite à la méningite le corps du malade ne doit pas être manipulé.

SUY Kahofi