Kahofi SUY

Il n’y a pas de honte à apprendre et les femmes le savent

 

Les femmes sont les plus nombreuses dans les centres d’alphabétisation

Il m’a été donné de constater que la plupart des auditeurs des centres d’alphabétisation de la capitale Ivoirienne étaient des femmes. La moyennes d’âge de ces apprenantes était pratiquement de 25 à 30 ans avec par endroit des femmes qui avaient déjà passé la quarantaine ! C’est avec une certaine passion et du respect que je les admirais répéter avec joie des syllabes les unes après les autres comme au cours élémentaire première année. Leur courage m’a permis de me poser une question : contrairement aux hommes pourquoi ont-elles décidé de revenir sur les bancs pour apprendre ? Quel sentiment peut bien pousser une femme malgré son âge avancé à accepter de renouer avec la lecture et l’écriture comme une gamine ? J’ai compris à la fin de mon périple que les femmes ont résolument donné un sens à l’expression il n’y a pas d’âge pour apprendre !

Sortir de l’obscurité à tout prix !

L’ambiance est plutôt bonne enfant dans ce centre d’alphabétisation de la coordination de Yopougon I (Abidjan). Dans cette salle de classe d’un autre style la plus jeune apprenante à 17 ans et la plus âgées en a 67 ! C’est vers cette dernière que nous nous tournons en premier : elle est commerçante et mère de huit enfants. Malgré ses charges professionnelles et ménagères elle trouve le temps chaque soir de venir apprendre à lire et écrire. « J’étais très dépendant des autres pour tout ce qui nécessitait la lecture ou l’écriture. Pour remplir un document administratif il fallait que je paye quelqu’un : 100 ou 200 f CFA. C’était difficile parce que vous n’avez plus aucun secret. Aujourd’hui je sais lire, écrire mon nom, remplir certains documents administratifs…Je ne le fais pas encore comme ceux qui ont eu la chance d’aller très jeune à l’école mais je me débrouille assez bien » nous dit Kouassi Claudine tout sourire. La mère de famille pour joindre l’acte à la parole se propose de nous faire une lecture. La voix de la femme âgée se métamorphose comme celle d’une petite en classe de CP. Le rythme de la lecture est lent et Kouassi Claudine suis du doigt chaque mot de son livre qu’elle prononce. Comme elle Patricia qui est aussi une commerçante a décidé de venir apprendre à lire et à parle correctement le français à la suite de nombreuses bourdes lexicales qui lui ont valu des moqueries inoubliable. « J’étais souvent ridicule quand je parlais avec des amies : je faisais trop de fautes. Un jour lors d’une discussion très sérieuse je me suis amusez à dire ‘’mettre de l’eau dans son verre’’ au lien de ‘’mettre de l’eau dans son vin’’ ! Chaque fois que quelqu’un prononçait cet expression je n’attendais que ‘’mettre de l’eau dans son verre’’.  Une camarade qui avait fait l’école s’est terriblement moquée de moi. La nuit dans le secret de ma chambre je me suis jurée que plus personne ne se moquerait de moi à cause de mon niveau de langue ». Patricia retrouve le centre d’alphabétisation avec la rage d’apprendre et cette ambition de combler son retard l’encourage à apprendre plus vite. Pour Akissi Pauline l’obscurité dans laquelle elle vivait devenait insupportable. Elle évitait même de parler en public de peur d’être ridicule. « J’avais peur de parler aux gens car chaque fois que faisais une faute autour de moi il n’y avait que des rires ! En Côte d’Ivoire quand vous faites une erreur en parlant votre entourage se moque de vous pendant plusieurs jours. Même quand un homme m’aimait je le fuyais ou je me montrais désagréable envers lui pour ne pas qu’il se rende compte que je suis une analphabète ! Tout ça c’est du passé » nous dit fièrement Pauline avant de conclure « celles qui hier se moquaient de moi sont admiratifs devant mes progrès et je n’ai plus honte ».

Apprendre ça change la vie !

Dans un centre d’alphabétisation les méthodes utilisées pour l’apprentissage à la lecture et à l’écriture sont différentes de celles du cursus classiques. Il s’agit essentiellement de symboles bien adaptés aux réalités Ivoiriennes. Il y a au total neuf (9) symboles propres aux centres d’alphabétisation et c’est Madame Koffi le chef d’antenne de la coordination d’alphabétisation de Yopougon 1 qui nous fait découvrir l’univers de ces symboles. « Nous avons le pilon débout [ǀ], le pilon penché à droite [/], le pilon penché à gauche [\], le pilon couché [_], les citrons [O], la calebasse ouverte à droite [Ɔ], la calebasse ouverte à gauche [C], la calebasse posée [U] et la calebasse renversée [∩] ». Il y a de véritables avantages à savoir lire et écrire. Quelque soit l’âge, les moniteurs des centres d’alphabétisation ne cessent d’inviter les Ivoiriens à apprendre pour sortir de l’obscurité. Ne pas savoir lire et écrire c’est comme si vous étiez dans le monde mais à l’écart de ce monde : tout est symboles et signes étranges sur des façades, des bouts de papier et dans des gros livres qui n’ont pas de sens. Dodo Mélanie est une autre coordinatrice en alphabétisation et c’est elle qui nous montre de quelle manière les apprenantes des centres arrivent à changer radicalement dans leur vie une fois qu’elles savent lire et écrire. « Lorsque les apprenants arrivent au début de la campagne d’alphabétisation* ils ne savent même pas former une seule lettre mais à la fin c’est un miracle ! Ils savent lire et écrire mais au-delà leurs activités génératrices de revenus changent radicalement au plan organisationnel. Les commerçantes savent désormais faire la différence entre le capital et le bénéfice. Ceux qu’on devaient accompagner partout deviennent autonomes et plus respectés ».

« Il n’y pas de honte à apprendre quelque soit son âge » voici le message que les apprenantes du centre d’alphabétisation m’ont laissé et qu’elles laissent à toutes les personnes qui hésitent à retourner sur les bancs d’une salle de classe !

SUY Kahofi

*la campagne d’alphabétisation est l’équivalent de l’année scolaire

 


Le Plan anti-pollution des côtes Ivoiriennes opérationnel

 

Les Côtes Ivoiriennes ont toute l’attention du Gouvernement

La Côte d’Ivoire tente de trouver des mécanismes durables pour lutter efficacement contre la pollution maritime et protéger ses côtes. Elle n’entend pas évoluer en autarcie sur ce dossier très important et pour asseoir des méthodes de lutte efficace elle ne manque pas d’inviter des experts du continent et du monde entier pour parfaire son plan de protection environnemental. La protection des côtes du golf de guinée contre les divers types pollutions surtout celle à l’hydrocarbure est aujourd’hui une priorité pour les pays de la CEDEAO ayant une façade maritime. La Côte d’Ivoire n’est pas en reste de cette initiative de protection de l’environnement et des côtes du golf de guinée, elle inscrit son action dans la prévention à travers l’élaboration des cartes techniques de vulnérabilité environnementale de façon générale et du littorale pour les côtes. « La carte de vulnérabilité du littoral est un dossier qui aide à la prise de décision lorsqu’il y a une pollution. Ce dossier renferme toutes les ressources socio-économiques et toutes les ressources biologiques qui sont sur le littoral. Ce dossier nous permet donc de savoir quelles sont les zones qui sont prioritaires dans le plan d’action anti-pollution en cas de sinistre » nous explique le colonel Diby Gnagne Martin Directeur du Centre Ivoirien anti-pollution.

L’ambition de la Côte d’Ivoire est certes noble mais la problématique de la pollution des côtes du golf de guinée n’est pas une mince affaire. Conscients de leurs limites sur ce dossier, les autorités Ivoiriennes ont décidé de faire appel à des experts de la sous-région et du monde entier pour partager des expériences de lutte anti-pollution chaque fois que le besoin se fait sentir. « C’est pour parfaire ce qui a été déjà fait en matière de solution contre la pollution que nous sollicitons les experts du monde entier pour réfléchir sur la question. Sachez qu’une seule structure, qu’un seul pays ne peut pas lutter contre la pollution maritime et côtière tout seul. C’est pourquoi la Côte d’Ivoire est signataire de plusieurs conventions sur la question de la pollution » affirme Kaba Nasséré Directrice de cabinet adjoint au ministère de l’environnement et du développement durable. Et c’est précisément l’appartenance de la Côte d’Ivoire aux différentes conventions mondiales et celles au sein de la CEDEAO qui lui permette de bénéficier du soutien de l’Initiative Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il s’agit d’un soutien qui se présente sous plusieurs formes. « On apporte une assistance technique en termes de lutte. Il s’agit de mise en place de moyens, de ressources, d’équipements et de formation de personnel qui permettront de répondre en cas de marrée noire le plus rapidement possible » souligne Romain Chancerel coordinateur de ce projet.

La Côte d’Ivoire assure la présidence de la CEDEAO et pour les autorités Ivoiriennes cette présidence sera mise à profit pour donner un souffle nouveau aux questions de développement durable et de protection de l’environnement comme l’avait déjà fait le Nigéria pour le dossier des marées noires lors de sa présidence.

SUY Kahofi


L’ONUCI forme les medias et la société civile au renforcement de la cohésion sociale

Les médias ont un rôle important à jouer pour l’instauration d’une paix durable

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), a entamé mardi 28 février 2012 à Duékoué (502 km d’Abidjan), un atelier de formation en faveur des médias et des membres de la société civile des régions du Guémon  et du Cavally. Prévu sur deux jours,  cet atelier dont le thème est ‘’La contribution des médias et de la société civile au renforcement de la cohésion sociale, de la réconciliation nationale, de la reconstruction et du développement locale ‘’, a été animé par Ladji Sidibé de l’Unité médias et développement et Michèle Wabo de la Section des Affaires civiles de l’ONUCI, tous  deux, experts en la matière de la mission.

Le représentant de l’ONUCI, Alpha Kabiné Dioubaté, Conseiller électoral, est revenu sur le bien fondé de cet atelier et rappelé que les travaux visent à familiariser les participants aux outils favorisant la paix, la cohésion sociale, la réconciliation nationale, la reconstruction et le développement local. « C’est dans l’esprit des hommes que naissent les conflits et donc, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever le sens de la paix. Je voudrais que la paix et le renforcement de la cohésion sociale vous habite »,  a recommandé M. Dioubaté. Pour Mme Kadidia Ledron, chef de l’Unité Medias et Développement de la Division de l’Information publique de l’ONUCI, cet atelier vise à renforcer le ciment de la cohésion sociale, la réconciliation nationale et favoriser les conditions d’une reconstruction rapide dans les régions du Cavally et du Guémon, à travers la mise en place de nouvelles passerelles entre médias et société civile. « Cet atelier est la 11ème étape d’un programme, qui a démarré à Bouna. Il a couvert aujourd’hui tout le pays. Il vise selon Mme Ledron, à créer les conditions optimales pour que les radios de proximité et la presse écrite deviennent des acteurs clé dans ce processus. « La cohésion sociale constitue le second pilier nécessaire pour consolider les acquis sur le terrain du renforcement de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale », expliquera-t-elle.

Pour le préfet de Duékoué, Benjamin Effoly, cet atelier est essentiel pour le renforcement de la cohésion sociale, car il se tient dans un contexte où la ville sort des élections législatives partielles avec toutes les rumeurs, les échos qui avaient contribué à exacerber l’anxiété des populations. Il a ainsi appelé la presse à plus de sincérité et à écrire des faits tels qu’ils ont été dits ou vécus. Il a souhaité que les résolutions issues de cet atelier les aider à mieux faire leur travail.  A l’endroit de la société civile, il a adressé les recommandations suivantes. « Jouez le rôle d’arbitre et non de diviseur. Votre rôle est important, vous devriez faire en sorte que l’intérêt de notre pays soit privilégié », a-t-il dit en espérant que « les résolutions de cet atelier permettent au  département de faire un pas en plus » a-t-il poursuivi. Pour le 5ème Adjoint au maire, Denis Badouon, il s’agit de la énième opportunité que leur offre l’ONUCI de renforcer leurs capacités en matière de cohésion sociale, de réconciliation, de reconstruction et de développement local. « Sans paix ; il n’y a pas de développement et sans développement, il n’y a pas de paix » a-t-il indiqué. Selon M. Badouon, les médias demeurent incontournables dans le processus de réconciliation de la société ivoirienne. Il a souhaité que cet atelier accouche des résolutions pertinentes, d’utilité locale, voire nationale pour le retour définitif de la paix dans le Cavally et le Guémon.


Camp de déplacés de Nahibly : difficile accès à l’eau potable

 

Camp de déplacés de Nahibly

Face aux affrontements armés nés de la crise post-électorale de Décembre 2010, des populations en provenance des villes et localités de Bangolo, Duékoué, Bloléquin, Toulepleu, Guiglo…se sont retrouvés à la Mission Catholique de Duékoué afin d’y trouver protection et assistance. La promiscuité, les difficultés d’accès à la nourriture et aux soins ainsi que les décès quasi quotidien ont poussé les humanitaires et les autorités Ivoiriennes à trouver un site de replie répondant aux normes Internationales pour reloger les déplacés. Voici donc 8 mois environ que les déplacés de la Mission Catholique ont trouvé refuge sur ce site protégé par le bataillon marocain de l’ONUCI (MORBATT) et qui regroupe 907 ménages de 4557 personnes dont 386 femmes chefs de famille.

« Nous sommes obligés de nous rabattre sur les puits »

Si l’accès aux soins de base et à la nourriture sont en constantes amélioration, l’accès à l’eau potable reste difficile pour les familles du camp de Nahibly. L’absence d’une politique durable de gestion des questions d’eau et d’électricité sur le camp oblige les déplacés à rester des jours entiers sans eau potable. Kaha Martine est mère et chef de famille. Elle a une dizaine de personnes à sa charge et elle souligne que le manque d’eau potable rend difficile les corvées quotidiennes. « Nous pouvons rester des semaines entières sur le camp sans une seule goutte d’eau potable ! Il est difficile de boire, de faire la cuisine, de se laver…Regardez » nous dit la mère de famille en indiquant de dispositif de fûts servant de citerne au camp « voici trois jours cette semaine que le bladder est vide et nous sommes obligés de nous rabattre sur les puits et les mares qui entourent le camp ». Les propos de Kaha Martine sont consolidés par ce témoignage de Yéhé Nathalie une autre ménagère du camp. « Nous n’avons pas d’eau et nous sommes souvent obligés de consommer l’eau des puits or les médecins du camp nous disent que cette eau est très dangereuse pour notre santé. Nous en sommes également conscients mais que faire quand nos jerricanes sont vides ? » s’interroge la jeune femme.

Des problèmes d’ordre techniques et financiers

L’eau potable consommée dans le camp de déplacé de Nahibly vient de la ville voisine de Duékoué. Bien que le camp soit relié au système d’adduction en eau potable de la SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire), des problèmes d’ordre financier et technique rendent difficile le ravitaillement du camp. Le premier obstacle est d’ordre climatique : les cours d’eau du département sont saisonniers. Les rares qui résistent à la saison sèche peuvent à peine couvrir les besoins des abonnés et pour y arriver l’eau ne doit pas transiter par le château d’eau ! « Au-delà du fait que les cours d’eau sont saisonniers, il y a le fait que la station d’épuration d’eau et le château construit depuis 30 ans ne peuvent plus répondre aux besoins de la population actuelle. Il y a eu très peu de projets d’extension de la station d’épuration or la population n’a cessée d’augmenter » nous explique SERY Dréféba, Chef de Centre de la SODECI de Duékoué. Le gouvernement Ivoirienne grâce au programme PPU (Programme Présidentiel d’Urgence) est en train de réaliser une nouvelle station d’épuration à Duékoué pour soulager les populations de tout le département. Malheureusement il faut attendre la fin du premier semestre 2012 pour la fin des travaux ; une situation qui n’est nullement faite pour arranger les nombreuses familles du camp de déplacés de Nahibly. Les problèmes techniques ne peuvent en aucun cas masquer la dette de l’Etat Ivoirien face à la SODECI. Le Gouvernement avait promis régler la consommation d’eau du camp de déplacés de Nahibly mais rien n’a été fait ! Pour une dette estimée à 4.799.659 f CFA soit moins de 10.000 $ US, des menaces de coupure totale d’eau par la SODECI plane sur le camp !

Les solutions à court et long terme

En attendant que des solutions ne soient trouvées à ces problèmes, le cluster WASH du camp dirigé par l’UNICEF tente d’approvisionner le camp en eau. Un système de water traking a été mis en place pour convoyer l’eau potable par camion citerne depuis une fontaine de la SODECI jusqu’au camp. Ce système reste très couteux mais reste la seule alternative pendant des mois entiers ! Le bataillon Marocain de l’ONUCI qui assure la sécurité du camp vient à la rescousse des populations en fournissant 10 m³ (10.000 l) d’eau/jour aux 4557 personnes qui occupent le camp ; un geste certes appréciable mais qui reste en dessous des besoins du camp. Les déplacés du camp ont eux-mêmes creusés trois puits autour du camp et l’eau recueilli est chlorée, débarrassée des germes fécaux et désinfectée par l’UNICEF mais elle est ne doit servir qu’aux bains, lessives et vaisselles. Le cluster WASH du camp de Nahibly plaide auprès des humanitaires pour que des forages soient réalisés sur le site afin que l’eau des nattes plus saine puisse servir aux déplacés avant leur retour. Ce projet est à l’étude puisse que le site sur lequel le camp est positionné appartient à un particulier. Son accord est nécessaire pour le début des travaux de forage. Certains humanitaires vont plus loin et demande que le site du camp de Nahibly soit officiellement récupéré il érigé en site de cantonnement national en cas de sinistre. Les forages ne seront plus un investissement à perte comme le pensent déjà certains experts nationaux.

SUY Kahofi


La Côte d’Ivoire pense à améliorer son climat des affaires

 

La justice doit pouvoir rassurer les investisseurs

La Côte d’Ivoire sort de crise et elle veut se repositionner comme un hub de développement économique pour toute la sous-région ouest africaine. Pour y arriver elle doit penser très sérieusement à assainir son milieu des affaires et cela passe bien évidemment par des reformes qui rassurent les investisseurs. Les premières reformes doivent se faire dans le domaine juridique car le diagnostic de la justice Ivoirienne, fait sans complaisance n’est pas du tout reluisant. « Premièrement il y a une mauvaise distribution de la carte judiciaire en ce sens que l’essentiel des activités des tribunaux se passent à Abidjan. Le deuxième problème est l’engorgement de nos tribunaux et les lourdeurs dans les procédures judiciaires. Troisièmement il y a toutes les lois et toutes les conventions Internationales dont la Côte d’Ivoire est signataire et dont la mise en œuvre pose problème. Il y a enfin et surtout cet aspect moral qui est le délitement moral : c’est absence de morale, de valeur et de rigueur des agents judicaires » affirme Fernand Gauze, membre de la Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI).

Le Gouvernement Ivoirien dit être conscient de l’existence de ces problèmes et pour y remédier il a pris en conseil des ministres un décret portant création des tribunaux spéciaux de commerce. Leur mise en place pourra contribuer nettement à l’amélioration du climat des affaires selon le Magistrat Kouassi Kouadio, Directeur de la législation. « Il faut noter que le droit commercial qui à l’époque était mis en œuvre par les tribunaux de droit commun sera désormais dévolue aux tribunaux de commerce. Ces tribunaux seront composés de juges de carrière, de juges tirés du milieu des affaires, de commerçants et de responsables d’entreprises pour permettre à ces juridictions d’avoir un regard éclairé du monde des affaires lui-même sur les prises de décision ». Le processus d’amélioration du climat des affaires ne pourra jamais porter des fruits tant que la corruption continuera de gangréner les sphères de décision. L’amélioration du milieu des affaires passe également par la lutte contre la corruption qui doit se matérialiser par la fin de l’impunité. « Les réflexions que nous menons pour améliorer le climat des affaires ne peuvent aboutir que s’il y a un mécanisme très rigoureux qui frappe les indélicats et qui promeut les excellents pour que nous puissions aboutir à une société de mérite » nous explique Malan Ehounou président de l’ONG Transparancy Justice Côte d’Ivoire. La société civile Ivoirienne préconise dans le processus d’assainissement du climat des affaires qu’un observatoire de la justice soit mis sur pied pour veiller à la saine application des décisions de justice.

SUY Kahofi