Kahofi SUY

Pièces mutilées…pomme de discorde !

 

Pièces de monnaie de la BECEAO en vigueur en Côte d'Ivoire

Les pièces de monnaies constituent le moyen d’échange par excellence de nombreux Ivoiriens. Sur les marchés, dans les transports et même dans les grandes surfaces, les pièces permettent d’assurer les paiements et facilitent la monnaie pour des prix généralement affichés avec 25, 50 ou 100 f cfa de majoration. Pourtant les pièces de monnaie sont à l’origine de petits problèmes entre consommateurs et vendeurs car celles-ci ne sont pas présentables souvent. En effet certaines pièces mutilées sont refusées car leur aspect rebute ! On les appelle communément des pièces lisses, finies ou effacées. Personne n’en veut, pourtant elles circulent ! Ils sont rares ceux qui n’ont jamais interpellé un apprenti gbaka (mini car de transport urbain) ou une vendeuse pour une pièce jugée lisse. « L’argent circule et le plus souvent vous recevez ce type de pièces par mégarde. Je peux dire qu’on se débarrasse d’elles pour éviter qu’elles nous reste entre les mains », affirme M. Affeli, client d’un supermarché. On se demande comment la pièce peut ainsi s’effacer. La durée de vie est la première raison et la seconde, les mauvais traitements infligés aux pièces.

Certaines personnes les marquent à l’aide d’un couteau ou les frottent à même le sol pour espérer les revoir. Pourtant ces pièces qu’on dit lisseslavées ou finies sont bel et bien valables selon des fonctionnaires de la BCEAO (Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest) que nous avons interrogé nous ont donné les raisons qui rendent une pièce invalide.

« Une pièce est dite mutilée et donc sans valeur quand les inscriptions suivantes sont totalement absentes des deux surfaces de la pièce. Les inscriptions faisant référence à la structure émettrice (UEMOA, BCEAO), le silure symbole de la BCEAO et la valeur faciale de la monnaie (50, 25, 100, 250…) ». En d’autres termes, si votre pièce porte toujours une des inscriptions citées, elle est encore valable. Mais où se situe donc le problème ? « Moi je ne peux pas prendre ‘’l’argent lisse’’ parce que  ‘’c’est vilain’’ et puis les clients ne prennent pas ça si tu fais la monnaie avec », affirme Ouédraogo Binta, vendeuse de charbon. C’est donc l’aspect des pièces qui pose problème ! Alors, seule la Banque émettrice peut résoudre le problème en récupérant les pièces mutilées pour les jeter en haute mer et émettre de nouvelles. « Jeter en haute mer des pièces mutilées : quel gâchis », soutient un banquier « on peut bien penser à les recycler ». En effet, aucune méthode de recyclage n’existe pour les pièces pourtant l’alliage ferro-nickelé pourrait servir à fabriquer de nouvelles pièces. En attendant que des pièces neuves ne viennent prendre la place des anciennes sur le marché, consommateurs et vendeurs continueront de refuser les pièces mutilées ou de se débarrasser d’elles en cas d’inattention d’un interlocuteur.

SUY Kahofi

 


Point humanitaire frontière ivoiro-malienne

 

N'dolamb N'gokwey Coordonnateur humanitaire en Côte d'Ivoire

A la suite du coup d’Etat militaire au Mali pays frontalier à la Cote d’Ivoire, des informations récurrentes ont fait cas de mouvement de population Malienne vers la frontière Ivoirienne. Afin de vérifier les faits, une mission  a été effectuée le 3 Mars 2012 à la frontière  Ivoirienne (POGO) et Malienne (ZEGOUA). L’objectif de la mission humanitaire était de vérifier la présence de populations réfugiées sur les deux frontières et l’état du trafic (marchandises, hommes, véhicules) entre les deux pays.

Sur les deux axes à l’allé comme au retour, aucun  mouvement de population en masse n’a  été observé : seulement des circulations ordinaires de véhicules et de motos. Que ce soit sur  l’axe de Korhogo-ZEGOUA en passant par NIELLE, la circulation est normale. Pas de changement observé  au niveau des villes, des routes principales et secondaires. Les populations vaquent à leurs occupations habituelles. A POGO, la mission a pu observer une soixantaine de camions  et une dizaine de petites voitures en provenance du Mali  qui sont  en attente de régularisation des documents afin de descendre vers  la Cote d’Ivoire. Pour le chef de poste de la douane ivoirienne, c’est le trafic habituel qu’ils ont l’habitude de gérer au niveau du poste. De la cote de la frontière malienne à ZEGOUA (village malien), c’est le calme plat, le trafic est normal. La mission a observé une dizaine de camions en stationnement du côté du poste de la douane malienne et en régularisation des documents. Pas de présence de population en déplacement pas d’engorgement de la frontière. Sur l’axe de retour soit POGO, OUANGOLO, FERKE, KORHOGO, le trafic ordinaire de camions et de véhicules particuliers, transportant les marchandises et des personnes, pas de convois observés, pas  de  groupes de personnes observés.

Des échanges avec la police à Pogo, il ressort que la frontière avait été fermée à la suite des instructions reçues  de la hiérarchie depuis la semaine du 26 au 31 Mars 2012. Des renforts  ont été envoyés au niveau des FRCI, de la gendarmerie et de la police afin de sécuriser la frontière. Les forces Onusiennes sont venues par la suite pour apporter un appui. Pendant le temps qu’a duré la fermeture de la frontière, aucun mouvement de population n’a été observé. Les populations en voyage changeaient seulement de véhicule et poursuivaient le voyage de part et d’autre de la frontière. Les véhicules de transport de marchandises et de produit pétrolier sont restés en stationnement. Les cargaisons de denrées périssables comme la banane, les légumes  se sont dégradées contraignant les propriétaires à les brader. Au niveau de la Douane de POGO, les mêmes informations ont été recueillies. Le Chef de poste,  nous a fait savoir que la frontière est ouverte depuis le Dimanche 1er Avril 2012 et la circulation a repris. Les longs fils d’attente  de véhicules ont régularisé leur situation et le poste s’est désengorgé progressivement. Pour lui la fermeture a eu un impact, économique  sur les deux pays en raison du trafic transfrontalier qui existe. Ils sont dans l’attente d’une nouvelle décision de fermeture de la frontière à cause  des sanctions décidées par la CEDEAO contre le pouvoir  militaire en place au Mali. Pour eux l’application des sanctions induirait la fermeture de la frontière à nouveau. Ils sont donc en attente de l’ordre. Mais pour le moment rien n’est décidé.

Dans l’ensemble, sur les deux axes de la mission, la situation est calme. Le trafic est normal et les populations vaquent à leurs occupations des deux côtés de la frontière Ivoiro-Malienne. Toutefois le développement de l’actualité politique et militaire peut à tout moment modifier la situation et occasionner des mouvements de population. C’est pourquoi les acteurs humanitaires et de l’Etat doivent observer la situation  et penser à d’éventuelles réponses urgentes a de probable arrivée massive de population en Côte d’Ivoire.


La Radio des Nations Unies (ONUCI Fm) lance un album pour la paix

 

Fréquences Nationales d’ONUCI Fm, la fréquence de la paix

La radio de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, ONUCI FM a procédé au lancement, ce vendredi 6 avril 2012, de son album de treize chansons dédiées  à la paix, au siège de la mission onusienne, à Sébroko. Selon Martin Moalli, initiateur du projet « Album de la paix », la musique est le moyen par excellence pour faire passer le message de la cohésion sociale, de la réconciliation et de la paix. « Il fallait trouver des personnes capables de nous aider en cela. Nous avons fait un casting et nous avons sélectionné des artistes et des compositeurs que nous pensions être les meilleurs dans leur catégorie », a soutenu M. Moalli. Une vingtaine d’artistes dont la plus connue est Nash et des paroliers comme Mendoza, de la célèbre émission « Le Kpapkato pressé sur ONUCI FM », ont travaillé à cet album.

« Ça a été un véritable plaisir pour moi de composer des chansons. J’en ai composé treize, dont trois ont été choisis parmi lesquels ‘’l’étranger n’est pas un danger’’. C’était la première fois que j’écrivais des paroles pour des chansons » a indiqué Mendoza. Le projet « Album de la paix », qui avait commencé avant la crise post électorale, a mis une année avant de voir le jour. Les treize titres de l’album sont tous des appels au pardon, à la réconciliation, à la cohésion sociale et à la paix. Il convient de noter que le lancement de cet album s’est fait au cours de  l’émission le « 7-12 », animée par Annie Dago d’ONUCI FM.


Lutte contre la cherté de la vie : un accord sur la baisse du prix du riz

 

Un accord sur la baisse du prix du riz

La signature d’un protocole d’accord sur le prix de vente maximum des différentes qualités de riz vendues sur le marché Ivoirien a réuni importateurs, grossistes, détaillants, associations et fédérations de consommateurs ainsi que le ministre du Commerce autour de la même table. Ce protocole prévoit une réduction de 10% sur le prix des différentes quantités de riz. Contrairement au précédent accord qui ne concernait que le riz de grande consommation 25% brisures, appelé couramment ‘’Denikachia’’, la nouvelle disposition couvre toutes les qualités de riz à savoir semi luxe et luxe. A    partir 7 avril 2012, les nouvelles dispositions sur le prix du riz seront mis en application de sorte que dans les semaines avenirs les prix soient respectés par les commerçants sur les marchés. Le ministre Dagobert Banzio a tenu personnellement à remercier tous les acteurs qui ont participé à l’aboutissement de ce nouveau protocole. Pour le ministre, cette signature de protocole d’accord entre dans le cadre de la lutte contre la vie chère qui a fait objet de communication gouvernementale. Le premier responsable du Commerce en Côte d’Ivoire a ajouté que des mesures d’ordre structurel sont en cours et seront annoncées au fur et à mesure en vue d’une baisse du coût de la vie en Côte d’Ivoire. Il a en outre appelé les signataires de l’accord à se conformer à cet engagement. A ce sujet il a mis en garde les commerçants véreux qui seraient tenté de pratiquer les prix qu’ils souhaitent. Il a brandit le spectre de l’application stricte de la loi pour que ces prix soient respectés. Pour ne plus gruger les consommateurs, les commerçants auront l’obligation d’afficher les prix et de délivrer des factures normalisées si le client en fait la demande. Une campagne de sensibilisation et d’information des consommateurs sur les nouveaux prix est en vue. Dans le cadre du protocole d’accord, le kilogramme du riz 25 % de brisure aura un prix qui oscille entre 297 FCFA et 317 FCFA. Celui du sémi-luxe sera désormais vendu au kilogramme entre 362 FCFA et 543,11 FCFA. Quant au riz de luxe, le kilogramme se discutera entre 710 FCFA et 760 FCFA.

SUY Kahofi


Les autorités Ivoiriennes s’engagent contre la cherté de la vie

 

Les boutiquiers sont sommés de pratiquer des prix responsables

Le Premier ministre ivoirien, Jeannot Ahoussou Kouadio a mis en mission de contrôle et de veille sur les mesures mises en œuvre pour lutter contre la cherté de la vie. Ce 31 mars à Yamoussoukro la capitale politique de la Côte d’Ivoire, le corps préfectoral et les responsables des collectivités territoriales ont été interpellés. Les mesures gouvernementales décidées relativement à la cherté de la vie concernent la mise en place d’un Comité de veille permanent pour l’ensemble des produits de grande consommation qui devra rendre compte au gouvernement, diligenter une étude sur les protections dont bénéficient les industries installées en Côte d’Ivoire en vue de mesurer leur pertinence. La question de la cherté de la vie est aujourd’hui au cœur de tous les débats en Côte d’Ivoire. Il ne se passe pas un seul jour sans que les populations Ivoiriennes ne se plaignent de la hausse des prix sur le marché. Les boutiquiers et les vendeuses à l’étalage semblent afficher des prix qui passent du simple au double entre deux jours. Une situation qui occasionne des grognes au sein de la population. « Le marché était cher avant la crise et je dois dire qu’il est devenu plus cher. L’Ivoirien ne peut plus rien acheter : du riz aux légumes en passant par l’huile ou le savon, chacun affiche ces prix comme si nous étions dans la jungle » affirme Françoise Konan une mère de famille. Madame Kouassi se propose de nous faire l’état des denrées dont le prix est passé du simple au double. « Nous avons sur le marché des vivriers, la banane, le manioc, les légumes mêmes. Pour la viande le kilo à 2100 ou 2300 f CFA par endroit c’est trop. Le poisson et le poulet on n’en parle pas ! ».

Au-delà des produits cités par cette mère de famille, il y a également la hausse du prix du riz pour lequel le gouvernement Ivoirien vient d’obtenir une légère réduction. « Le riz de grande consommation que nous appelons déni kachia qui est le riz avec 25% de brisure a un prix qui varie autour de 300 f CFA » soutien Dagobert Banzio Ministre Ivoirien du Commerce. Une amélioration a été faite car en 2008 le prix de ce même riz de grande consommation oscillait entre 315 et 450 f CFA, en 2009 il est passé entre 325 et 345 f CFA. Dans le nord le riz de luxe et semi luxe est vendu à 280 et 310 f CFA. Si en théorie ces prix se stabilisent certains commerçants véreux continuent d’afficher des prix à la tête du client. Alors pour faire des économies et varier leur alimentation, les populations Ivoiriennes se rabattent sur les marchés de vivrier où la hausse se fait aussi sentir. Kouadio Ahou Bertine est commerçante de vivrier au marché Gouro d’Adjamé, elle nous explique que la hausse sur l’étalage est fonction du prix sur le marché de gros. « Avant la crise le lot de banane était vendu à 5000 ou 6000 f mais aujourd’hui nous l’achetons entre 12.000 et 15.000 voir 17.000. Pour le manioc on pouvait avoir un tas à 200 ou 300 mais aujourd’hui il faut 1000 ou 1500 pour un tas ». Avec 50.000 une vendeuse pouvait faire le plein de marchandise avant la crise mais aujourd’hui avec 100.000 f il faut serrer la ceinture pour avoir de quoi payer le transport. Sous l’impulsion du premier ministre Ahoussou Jeannot qui se fait désormais aider des préfets, sous-préfets et du corps administratif Ivoirien, les autorités sont en guerre contre la vie chère et les commerçants rebelles aux reformes et baisse des prix. Le gouvernement ne pourra pas à lui seul arriver à restaurer l’ordre sur les marchés d’où cet appel du Ministre du Commerce. « Les associations de consommateurs à la base doivent saisir le ministère pour signaler les commerçants qui affichent des prix trop élevés. Ils doivent aussi saisir les consommateurs pour les orienter vers les boutiques les moins chers. Il ne s’agit pas de boycotter les boutiquiers qui pratiquent les mauvais prix mais d’aider les Ivoiriens à dépenser moins pour se nourrir ». Le gouvernement de son côté n’entend pas mener exclusivement la politique du bâton mais il entend surtout sensibiliser chaque acteur pour que sa politique de lutte contre la vie chère puisse être épousé par chaque habitant du pays.

SUY Kahofi