Kahofi SUY

La journée de Martin Luther King célébrée en lecture

President Lyndon B. Johnson and Rev. Dr. Martin Luther King, Jr. meet at the White House, 1966 (Public Domain, Wikimedia Commons)
President Lyndon B. Johnson and Rev. Dr. Martin Luther King, Jr. meet at the White House, 1966 (Public Domain, Wikimedia Commons)

Les amoureux du livre se sont retrouvés ce 31 janvier au Centre Culturel Américain situé à Abidjan Riviera-Golf pour parcourir les pages du livre du mois, « Je fais un rêve » du Pasteur Martin Luther King Jr. L’ouvrage a été parcouru pour rendre hommage à celui qui s’est illustré dans le combat pour l’émancipation des noirs, mais de façon plus général des couches américaines les plus défavorisées.

Grâce à deux exposés, les participants ont pu échanger pendant près de deux heures sur le combat du jeune pasteur baptiste. « Le Triomphe de la non violence«  présenté par Mme Kragbé Dah Huguette et « La radicalisation du mouvement de Martin Luther King« , un exposé de Mr Kuyo Landry, ont jeté les bases des échanges. On retiendra de ces deux présentations que quand bien même le Pasteur Martin Luther King Jr. était apôtre de la non-violence comme le Mahatma Gandhi, il a été obligé de durcir son mouvement de protestation pour se faire entendre. Les raisons de cette radicalisation étaient bien évidemment la grande concurrence idéologique inter-communautaire avec d’autres leaders noirs (comme Malcom X par exemple), la guerre du Viêt-Nam avec l’engagement du Gouvernement américain dans le conflit à coup de centaines de millions de dollar et la montée de la violence comme mode de contestation. Le Pasteur Martin Luther King Jr., en 13 ans de combat non-violent, a marqué l’histoire de la lutte pour l’égalité des droits aux Etats-Unis et dans le monde. Son héritage, marqué par un Nobel pour la Paix en 1964, doit inspirer les Ivoiriens, selon les participants au programme du livre du mois.

Le livre du mois

Le programme du livre du mois est une plate-forme d’échanges et de discussions. Convaincu que la réflexion précède l’action, le Centre de Documentation et d’Information de l’Ambassade des Etats Unis propose aux férus du livre, onze thèmes de réflexion susceptibles d’influencer individuellement ou collectivement les participants. C’est dans cet ordre d’idée que l’œuvre « Je fais un rêve » du Pasteur Martin Luther King Jr. a été choisie pour porter la réflexion sur le principe de la non-violence.

« I have a dream… » Cette phrase lancée le 28 août 1963 par le Pasteur Martin Luther King Jr. demeure à jamais le cri de ralliement de ceux qui luttent contre toutes les formes de racismes. On l’appelait l’homme de rêve et on a voulu tuer le rêve en 1968. Mais quarante ans plus tard, le rêve court toujours. Le Pasteur Martin Luther King Jr. est aujourd’hui le recours et la voix des luttes du XXIème siècle pour un monde plus fraternel. Voici dix textes essentiels, parmi les plus beaux, du pasteur noir, dont son célèbre discours : I have a dream, qui mérite de figurer parmi les grands classiques de la littérature américaine moderne et son discours d’acceptation du prix Nobel de la Paix en 1964. Pour les férus des pages pleines retrouvez l’œuvre « Je fais un rêve » de Martin Luther King Jr. aux éditions Nouveaux Horizons, un héritage de paix en 255 pages.

SUY Kahofi


Mali/Crise Humanitaire : PLAN International interpelle !

Enfants Maliens réfugiers au Burkina Faso
Enfants Maliens réfugiers au Burkina Faso

Malgré le difficile accès aux zones directement touchées par les combats notamment la ligne de front, PLAN continue de déployer ses équipes en soutien aux déplacés qui désertent le nord-mali pour le sud du pays ou les pays limitrophes. L’organisation fondée depuis plus de 75 ans est l’une des plus anciennes et des plus grandes organisations de développement centrée sur l’enfant dans le monde ! Elle est opérationnelle dans 50 pays en voie de développement à travers l’Afrique (24 pays), l’Asie et les Amériques. PLAN s’investi dans la promotion des droits de l’enfant et contribue à sortir des millions d’enfants de la pauvreté. C’est bien ce leitmotiv, cette mission première qui l’oblige à être en ligne de front des ONG activent au Mali car le conflit qui secoue ce pays de la CEDEAO touche en premier les enfants et leur mères. PLAN a commencé ses activités-terrains au Mali depuis 1976 et elle apporte une assistance d’urgence liée à la crise depuis le début du conflit au Mali (2012). C’est donc en connaissance de cause que PLAN tire sur la sonnette d’alarme et met en garde l’opinion internationale : le Mali est proche d’une crise humanitaire majeure.

Des dizaines de milliers de personnes déplacées ainsi que celles toujours présentes dans les zones de conflit sont laissées en rade. En plus, le conflit empêche les agriculteurs de faire les semis pour la récolte de 2013, et il est à craindre que près de deux millions (2.000.000) de personnes soient affectées par une crise alimentaire cette année. Selon les Nations Unies, depuis que les combats ont commencé le 10 janvier 2013, environ 10.000 personnes ont fui. Près de 376.000 personnes ont été déplacées vers l’intérieur depuis le début de la crise en Mars 2012. A ce total, s’ajoute près d’un quart de million de personnes déplacées internes et d’autres réfugiées dans les pays voisins comme le Niger et le Burkina Faso. Alors que les combats continuent, les agences humanitaires s’attendent à voir le nombre de déplacées internes atteindre près des trois quarts du million durant les mois à venir. « Les personnes déplacées récemment ont besoin de presque tout. Elles ont besoin de nourriture, d’abris, d’eau, d’assainissement et de soutien psychologique. Nous avons besoin de financements conséquents pour être en mesure d’élargir notre réponse au fur et à mesure que le nombre de ces personnes déplacées augmente » nous explique Anthonin Ngarukiye, Responsable de la réponse d’urgence PLAN Mali. Face à cette situation de plus en plus critique, PLAN apporte une réponse humanitaire d’urgence aux besoins des déplacées interne au Mali. Il s’agit principalement de la distribution de vivres et non-vivres à travers les « kits dignité ». Ce kit de base est composé d’articles divers tels que des serviettes, des brosses à dents, du dentifrice, des chaussures en caoutchouc, des comprimés de paracétamol et des moustiquaires. PLAN apporte également un soutien psychologique, une protection et des services éducatifs de base aux enfants affectés par le conflit. Au-delà de la réponse humanitaire immédiate, il faut penser au long terme. Le conflit du nord-mali aura un impact lourd de conséquence sur la production agricole et la disponibilité des denrées sur le marché. Les agriculteurs commencent généralement à préparer leurs champs en Février mais dans le contexte actuel beaucoup d’entre eux ne sont pas en mesure de travailler ! Avant le début de l’action militaire (10 Janvier 2013), plus de deux millions de personnes étaient à risque d’insécurité alimentaire au Mali en particulier dans le Nord. On estime que plus de 660.000 enfants sont exposés à des risques de malnutrition aigüe et environ 1,5 millions de personnes sont à risque d’épidémies dues à un accès limité à l’eau et aux installations sanitaires dans le Nord !

Il faut impérativement se focaliser sur la réponse humanitaire au Mali car selon Dr Unni Krishnan, Directeur de la préparation et de la réponse aux urgences au PLAN « chaque minute compte dans la réponse à la crise humanitaire au Mali ». En effet, les personnes déplacées, en particulier les enfants, sont touchés à la fois physiquement et psychologiquement. Il faut donc prévoir une politique de secours émotionnels et des activités récréatives pour les enfants en accompagnement des mesures de distribution d’eau et de nourriture. Pour répondre efficacement aux besoins des populations à risque dans les six prochains mois, PLAN estime ses besoins à 3,2 millions de dollars US.

SUY Kahofi (source PLAN International – PLAN Mali)


Revue de la Presse Ivoirienne du 14 au 19 janvier 2013

Les soldats français ont précédé ceux de la CEDEAO
Les soldats français ont précédé ceux de la CEDEAO

Cette semaine les journaux sont largement revenus sur l’arrestation de Charles Blé Goudé le leader de la Galaxie Patriotique pro-gbagbo au Ghana. En exile depuis près de deux ans écrit Fraternité Matin, Blé Goudé arrêté ce jeudi 17 janvier au Ghana par INTERPOL. Comment a-t-il été arrêté ? Le Patriote se propose de répondre à cette question et le confrère précise dans son analyse que ses proches craignent qu’il soit transféré à La Haye. En bonus, le journal nous offre le parcours du plus célèbre des activistes pro-gbagbo sous forme de biographie. Blé Goudé en route pour Abidjan ou La Haye se demande Le Nouveau Réveil quand L’intelligent d’Abidjan nous présente ce que Blé Goudé risque face à la justice. Chez les bleus l’analyse est différente. Charles Blé Goudé échappe à un enlèvement titre Le Temps qui précise, la police ghanéenne déjoue le complot. En difficulté Ouattara distrait l’opinion ! Même son de cloche dans les colonnes du Nouveau Courrier qui souligne : Blé Goudé échappe à Alassane Ouattara. Les journaux Ivoiriens sont revenus sur la visite de travail que le Président Alassane Ouattara a entrepris en Allemagne. Pour la chancelière allemande Engela Merkel le Président Alassane Ouattara est un gage d’assurance et de confiance pour les investisseurs allemands écrit Fraternité Matin. Le quotidien pro-gouvernemental affiche en manchette un extrait des propos de la chancelière allemande Engela Merkel qui s’adressait au Chef de l’Etat Ivoirien en ces termes et je cite : « vous constituez la confiance que nous attendions ». L’autre volet des échanges entre la chancelière allemande Engela Merkel et le Président Alassane Ouattara relayé largement par la presse Ivoirienne est la crise malienne. Sujet incontournable puisse que Berlin analyse l’aide qu’il pourrait apporter aux troupes engagées sur le terrain. Le Président en exercice de la CEDEAO s’est donc fait le porte-parole de son organisation. Selon Le Patriote et L’Intelligent d’Abidjan Ouattara a obtenu deux avions de type Transal pour le compte de la CEDEAO avec Merkel. Ces deux avions si l’on s’en tient aux analyse de nos confrères permettront le transport des troupes des capitales ouest-africaines vers Bamako et Nord-Sud quotidien de conclure Ouattara convint Merkel ! Toujours sur ce sujet et comme pour prendre le contre pied de ces journaux Le Quotidien d’Abidjan affiche : énième voyage du Chef de l’Etat, maigre moisson pour Magelan. Le confrère souligne que les déclarations tapageuses du Chef de l’Etat Ivoirien après ses nombreuses visites sont absentes pour son périple allemand. Ouattara n’a pas encore annoncé combien de milliards les allemands lui ont remis ! Laissons la diplomatie pour ouvrir le chapitre de la politique intérieur notamment le chapitre des élections locales. Les journaux dans leur ensemble continuent de relayer l’interview que Miaka Ouréto, le président par intérim du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo, a accordée à la radio de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Municipales et régionales le FPI propose 2014 affiche Soir Info qui accorde la parole à Youssouf Fofana du RDR, le Rassemblement Des Républicains d’Alassane Ouattara qui déclare et je cite : « il ne faut pas rêver ». Dans la même logique Le Jour Plus écrit : demande de report des élections en 2014, le Front Populaire Ivoirien veut entraîner les Ivoiriens dans ses rêves. Justice, Laurent Akoun le procès encore reporté affiche Notre Voie. Pour savoir quand s’ouvrira le débat judicaire autour du dossier Laurent Akoun, prenons rendez-vous dans les colonnes du quotidien Le Temps qui nous fait savoir que c’est seulement à partir du 30 janvier 2013 que ce proche de Laurent Gbagbo et homme influent du FPI sera situé sur son sort. Sur les raisons de ce report les lecteurs trouveront matière à cogiter dans les pages de L’Intelligent d’Abidjan. Toujours au chapitre judiciaire Soir Info nous apprend que Koné Katinan un autre pro-gbagbo sera face au juge ghanéen d’ici la fin de ce moi. Parlons foot pour finir, après un moment de préparation physique à Abu-Dhabi les éléphants de Côte d’Ivoire débarquent à Rustenburg s’exclame le quotidien L’Inter !

A la semaine Prochaine.


Charles Blé Goudé arrêté au Ghana !

Blé Goudé, le "général de la rue" !
Blé Goudé, le « général de la rue » !

Il était recherché par les Autorités Ivoiriennes depuis plus d’un an et durant cette période il s’est taillée une réputation d’imprenable. Charles Blé Goudé le charismatique leader de la Galaxie Patriotique a finalement été pris plus près de son pays que prévu. L’ancien ministre de la jeunesse du dernier gouvernement Gbagbo depuis l’exil aimait bien se faire entendre sur les antennes de RFI. Se montrant insolant quand il le voulait, il savait faire de chacune de ses sorties un moment très suivi par les Ivoiriens. Malheureusement pour lui et ses fans, sa cavale s’achève ! Une Information tombée à Abidjan comme une petite blague mais très vite confirmée par certains proches de la bannière bleue. C’est un coup dur pour la refondation car la tête du régime qui a dirigé d’une main de fer la Côte d’Ivoire est désormais décapitée. Gbagbo à la CPI, la sainte mère Simone en prison et pas encore située sur son avenir (CPI) et désormais le fils est aux mains de la Police !

Quelle destination après le Ghana ?

La question que certains Ivoiriens se posent est simplement où Charles Blé Goudé sera détenu ? Quand bien même il ne soit pas apprécié par une frange de la population, rares sont ceux qui lui souhaite de finir dans les goulags de la « SOLUTION ». « Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Amnesty International qui a souligné que les bagnes du Président Alassane Ouattara sont des mouroirs pour les détenus ! Si Blé Goudé est extradé il sera torturé et même tué si l’on n’y prend garde » affirme Abel K. un magasinier de Yopougon. Le jeune homme au-delà de cette mise en garde estime que c’est encore et toujours la politique de la justice des vainqueurs sur les vaincus. « C’est avec tristesse que j’ai appris son arrestation depuis le Ghana. C’est la preuve que le Gouvernement d’Alassane Ouattara ne parle de réconciliation que pour attirer les capitaux des bailleurs de fond. Je fustige cette attitude qui consiste à mettre les Ivoiriens sur écoute, à les pister, à violer leur intimité même au-delà de nos frontières ! C’est malheureux que nous soyons réduit à vivre dans un pays avec un Gouvernement aussi peu soucieux des droits de l’homme » nous explique Germain N. un enseignant. Pour T. Eric le débat sur l’extradition de Charles Blé Goudé n’a pas lieu d’être. « Il ne faut pas aller vite en besogne : nous devons savoir au-delà des Autorités Ivoiriennes qui veut « la tête » de Blé Goudé. Une fois situé, on saura quel sera son sort. Et même si les Autorités Ivoiriennes le réclament c’est leur droit ». Sur le dossier Blé Goudé, rares sont les Ivoiriens qui se prononcent sans regarder dans le rétroviseur. « C’est bien ce mec qui faisait descendre les enfants des autres dans la rue pour ce faire massacrer depuis 2002. C’est le même qui envoyait des enfants être des boucliers humains autour des T 40 de Gbagbo. C’est encore lui qui a souligné qu’on lui passerait sur le corps pour prendre Gbagbo. Aujourd’hui aux arrêts, il comprendra qu’il est dans le couloir de la justice et qu’il paiera pour tous ces morts » affirme Bamba I. responsable marketing d’une entreprise d’impression.

Blé Goudé : l’adulé…le contesté…le mal-aimé ?

Charles Blé Goudé n’a pas toujours été un enfant de cœur ! L’ancien patron de la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire) s’est taillé une réputation d’homme cruel sous le manteau de général de la rue. On retiendra de lui l’introduction de la machette comme mode de dialogue à l’école et une quasi-militarisation d’un syndicat étudiant. Il n’a jamais accepté de reconnaître son implication dans la mort de plusieurs de ses compagnons indésirables au sein de la FESCI. Sous son règne, le syndicat étudiant se radicalise et sombre définitivement dans la violence. Les leaders des sections, comme dans l’armée son désigné par le mot « Général » et traité comme tels. Ces « Généraux » avaient droit de vie ou de mort sur n’importe quel étudiant ! C’est d’ailleurs à partir de la FESCI qu’il recrute les futurs dirigeants des organisations pro-gbagbo qu’il monte de toute pièce et à travers lesquelles il pompe des centaines de million au prétexte d’un l’élan patriotique pour soutenir la Nation. Jusqu’à la fin Charles Blé Goudé aura eu un seul ennemi : La France ! Auteur du coup d’Etat manqué de 2002, la France, selon le « Général » de la rue a été toujours le mal de la Côte d’Ivoire, la mère de toute la crise que la Côte d’Ivoire a vécu. D’ailleurs ses loups-garous réunis au sein du GPP se sont fait fort de s’attaquer aux ressortissants français vivants en Côte d’Ivoire lors des évènements de 2006. Pour de nombreux Ivoiriens, Gbagbo ne fut pas un mauvais Président : son entourage l’aura conduit à sa perte ! Les véritables auteurs de la crise sont d’un côté Simone Gbagbo dont la soif de pouvoir n’est plus un secret pour personne et Charles Blé Goudé qui se voyait finir ses jours dans les rouages du pouvoir. « Se serait justice qu’il paye pour toutes ses personnes qu’il a fait tuer et que le Ghana ne s’amuse pas jouer des muscles dans sa demande d’extradition » conclu Brou Sosthène.

SUY Kahofi


Transport : Bras de fer entre l’armée et les chargeurs sous fond de racket

Les gnamboros sont-ils la ''peste'' du bitume?
Les gnamboros sont-ils la  »peste » du bitume?

Nouveau bras de fer entre les autorités militaires (BASA) et les chargeurs abidjanais appelés communément gnamboro. Ces derniers accusés d’être les perturbateurs du transport inter-urbain à Abidjan refusent de quitter le bitume et dénoncent une grosse manœuvre d’intimidation et de sabotage de leur organisation. Ils estiment être victimes d’un réseau de racket qui gravite autour du Commandant KONE Zakaria. En effet le deuxième responsable du BASA vient de décider d’une mesure d’arrêt des activités de ces individus sur les routes de la capitale Ivoirienne. Une décision saluée en cœur par les chauffeurs de taxi communaux wôrô-wôrô et ceux des mini-cars (gbaka) qui estiment que les gnamboros sont à l’origine de la désorganisation du transport à Abidjan. « Je suis d’accord avec le Commandant KONE Zakaria : que les gnamboros dégagent on n’a pas besoin d’eux ! Ils nous empêchent de travailler, ils brutalisent les chauffeurs et les apprentis pour 100 f ou 200 f. Qu’ils dégagent et nous même nous allons organiser le transport à Abidjan » soutient Coulibaly un chauffeur de gbaka. « Le Président Alassane Ouattara a demandé aux syndicats du transport de s’organiser en six mois chose qu’ils n’ont pas pu faire. C’est à cause d’eux que les gnamboros sont encore là ! Gnamboros, syndicats malhonnêtes…nous ne voulons plus d’eux ! Que la police militaire les chassent de la rue pour qu’on puisse chaque soir rentrer avec une recette plus consistante » déclare pour sa part Ousmane un autre chauffeur.

Au-delà des chauffeurs se sont les propriétaires des taxis communaux et de mini-cars qui sont également satisfaits. Ils estiment qu’une part non-négligeable de leurs recettes finit dans la poche des jeunes chargeurs qui en plus n’ont aucun respect pour les chauffeurs et leurs apprentis car ces derniers sont souvent victimes de violence orchestrée par les gnamboro. José Gnoléba un propriétaire de véhicules de transport en commun ne cache pas sa satisfaction. « Les débarquer serait un grand bien pour le transport en Côte d’Ivoire ! Tenez-vous bien ces jeunes se retrouvent chaque jour avec au bas mot avec 200.000 voir 500.000, une somme que les propriétaires des véhicules n’arrivent même pas à avoir. Nous voulons entrer dans nos fonds et l’Etat doit nous aider ».

Pour quelques membres des syndicats des chargeurs la décision du commandant KONE Zakaria part d’un refus des gnamboros de lui verser un pécule journalier pour lui et ses hommes. Ce pécule représente une forme de racket officialisé que les syndicats des chargeurs ne semblent plus vouloir accepter. Sur les origines du clash, écoutons les explications de K. Oumar interrogé au carrefour de la Riviera 2. « Depuis que KONE Zakaria est arrivé tout ce qu’il demande on lui donne. Chaque soir il est « rationné » ! Si aujourd’hui il nous envoie ses hommes pour nous mater c’est simplement parce que les chargeurs ne veulent plus de ce système de racket. Après la grosse bagarre d’Adjamé ayant entrainé la mort d’un apprenti, le Commandant nous a demandé de venir « causer » avec lui : il nous a dit qu’on allait s’entendre mais personne n’est allé le voir ». Selon Oumar le Commandant ayant essuyé un refus de la part des chargeurs est entré en colère. Un autre chargeur qui a requit l’anonymat confirme cette version des faits et soutient « que le fond du problème c’est cette volonté du Commandant KONE Zakaria de vivre du racket et de faire semblant comme s’il le combattait ! ». Pour Siro, un jeune gnamboro, le Commandant KONE Zakaria au-delà de toute considération doit comprendre tout simplement que de nombreux jeunes Ivoiriens vivent des pièces reçues sur le bitume. Interdire leurs activités serait les replonger dans la délinquance.

SUY Kahofi