Kahofi SUY

Les dakarois au rythme du sport

Des jeunes dakarois à la musculation (crédit photo @kingsuy)
Des jeunes dakarois à la musculation (crédit photo @kingsuy)

J’ai cru un instant qu’il s’agissait d’un phénomène de mode ou d’une convention non écrite comme le « D day »* au Ghana mais en creusant un tout petit peu j’ai compris qu’ils le faisaient par amour !

Le visiteur qui découvre Dakar sera sans doute frappé par l’image de tous ces sénégalais qui le soir venu se mettent à la pratique du sport. Autour des stades, le long des routes, sur les plages ou même des parkings, chacun vient pratiquer qui pour certain de la musculation, qui pour d’autre des exercices physiques pour le sport de haut niveau ou encore faire un petit footing. A les voir transpirer avec ce vent glacial que je supporte très mal, je comprends pourquoi de nombreuses personnes affirment avec conviction que le Sénégal est un pays où on adore le sport. Le profil des hommes et femmes que j’ai croisés dans les rues de Dakar confirme en tout point cette assertion.

A chacun ses raisons

Je croise ici et là des footballeurs, des basketteurs, des aspirants aux compétitions de haut niveau, des lutteurs bien entendu, des étudiants, des chômeurs et des travailleurs. Si tout le monde se met à la pratique du sport, les raisons divergent d’un individu à l’autre. Pour Mr Ba Oumar fonctionnaire en congé, « la pratique du sport est un moyen de garder la forme ». Alors chaque jour il fait du jogging le long de la plage du quartier Fann. 30 minutes suffisent à cet homme d’une quarantaine d’année pour se sentir bien. Il nous explique que chaque dimanche il vient courir avec femme et enfants. Bounama Diakité est chauffeur de taxi et sur la plage il enchaine les exercices avec son ami Issa Coulibaly un vigile. Les deux affirment que le sport est indispensable à leur profession.

« Je suis assis dans mon taxi du matin au soir et je dois vous dire que c’est très épuisant. Les cuisses souffrent énormément donc quand je le peux, je viens pendant une heure faire des exercices. Il faut reconnaître que ça m’aide énormément », soutient Bounama Diakité.

On court ici pour la forme et le bien être mais quelques mètres plus loin on s’entraine pour réaliser un grand rêve. Touré Mbacke étudiant à l’UCAD (Université Cheick Anta Diop) rêve d’intégrer une équipe de box thaïlandaise et pour cela il fait régulièrement de la musculation. Objectif : garder une belle silhouette et surtout avoir des muscles d’acier. N’deye Arame Dieng rêve aussi de faire carrière dans le sport de haut niveau mais son dada à elle c’est le basket-ball. D’ailleurs elle évolue au sein du Dakar Université Basket-ball club. Tous les lundi, mardi et jeudi, elle réalise des exercices d’endurance et de saut à la corde pour préserver son rythme de jeu.

On drague aussi par le sport!

Un autre argument qui pousse certaines jeunes filles à pratiquer le sport est la proximité des hommes. Vêtues d’un ensemble plutôt sexy, elles trottinent généralement non loin des hommes. Ce système est bien connu de Nafissatou Fall une gestionnaire de stock qui étrangement dit ne pas s’intéresser au sport.

« Chaque je vois certaines jeunes filles les cuisses dehors qui « disent » faire du sport. Les traînent sur le long des routes et je vois des hommes qui les abordent » nous explique-t-elle.

Massa Seck confirme cette version des faits. Le jeune homme en quête d’emploi nous explique que le style de ces jeunes filles renseigne sur leurs intentions.

« Elles mettent de petits shorts et des tee-shirts moulant et elles se positionnent toujours devant les jeunes gens qui s’entrainent à la musculation ou pour la lutte ».

Ce phénomène peut bien exister mais Marie Paule N. n’y croit pas vraiment. Elle estime que si certaines jeunes filles mettent leur temps à profit pour faire du jogging c’est simplement parce qu’elles aussi aiment le sport.

SUY Kahofi

*D day : pratique populaire en vogue dans certaines villes du Ghana qui consiste à se mettre en tenue traditionnel ou en pagne africain un jour précis de la semaine.


Il était une fois un 11 avril !

Les séquelles de la crise sont encore visibles
Les séquelles de la crise sont encore visibles en Côte d’Ivoire

Voici deux ans jour pour jour que le régime de la refondation s’écroulait à Abidjan au terme d’une longue et meurtrière crise post-électorale qui a fait 3000 morts.

Laurent Gbagbo ayant perdu les élections présidentielles après le second tour de décembre 2010, avait alors refusé de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara. Très vite deux camps se sont crées et surtout cristallisés autour des deux protagonistes. Il ne s’agissait pas seulement de pro-gbagbo contre des pro-ouattara avec son corollaire de miliciens, mercenaires et autres dozos* mais il s’agissait pour certains d’une opposition entre des « panafricanistes » et des esclaves de l’occident. Laurent Gbagbo convaincu de sa victoire parce que proclamée par le Conseil Constitutionnel a été suivi dans sa logique par certains intellectuels qui étaient convaincu que comme Kadhafi, l’occident voulait tuer un autre fils de la révolution africaine. Alassane Ouattara victorieux selon la certification des Nations Unies avait eu (et encore aujourd’hui) le soutien de plusieurs Nations dont la France et les Etats Unis. Pendant qu’au sommet de la hiérarchie politique les tractations se faisaient de plus en plus difficiles voir impossibles, le peuple avait commencé à sentir les effets de cette crise qui était la mélodie d’une longue symphonie baptisée « guerre civile ». Plus de liquidité parce que le « Président légitime » selon la certification avait fermé le robinet depuis la BCEAO à Dakar. Inflation à Abidjan et hausse des prix parce que le « Président légitime » selon le Conseil Constitutionnel menaçait de créer sa monnaie. Ni Alassane Ouattara ni Laurent Gbagbo n’ont réellement souffert de cette crise ! OUI aucun d’autre eux n’a souffert comme le peuple de Côte d’Ivoire et en ce 11 avril 2013 c’est a ce peuple que je veux particulièrement penser.

Au-delà de l’interprétation que chaque camp politique fera de cette crise, je reste convaincu que la véritable lecture est celle qu’en fera le peuple. Le FPI de Laurent Gbagbo et la coalition du RHDP continueront chaque jour de ressasser le même discours de la victoire contestée. Mais l’Ivoirien qui n’arrivait plus à manger est celui là qui peut réellement rendre compte de cette crise. Au risque de me répéter, ni les occupants de l’hôtel du Golf nourris chaque jour par un MI-8 de l’ONUCI, ni les occupants du Palais Présidentiel d’Abidjan-Cocody ne pourront réellement vous parler de cette crise. OUI le peuple de Côte d’Ivoire est le seul témoin de ces six mois de combats. C’est à ce peuple que je dédie ce triste anniversaire. Ce peuple qui chaque jour respirait l’odeur des corps en putréfaction, ce peuple qui chaque jour vivait comme si c’était le dernier a attendu patiemment que les choses se tassent pour soupirer. La faim, des parents égorgés devant leurs enfants, les cadavres, les enfants malades, le choléra, la fièvre jaune, les déplacements des populations des zones ouest où femmes et enfants étaient violés et tués : c’était ça la crise Ivoirienne. Loin des images de simple guérilla urbaine rapportées par TF1, CNN ou France 24, un véritable drame s’est joué en Côte d’Ivoire. J’en veux pour preuve les fausses communes qui sont découvertes chaque mois. J’ai de la peine pour toi cher Côte d’Ivoire, car malgré ta souffrance, les politiciens semblent ne pas avoir tiré des leçons de ton douloureux passé, passé portant si proche. Les mêmes discours guerriers sont encore présents ! Aux menaces du FPI, le RDR répond par la fermeté ou l’indifférence. « Ce n’est pas encore fini » disent certains partisans de Laurent Gbagbo, « venez on vous attend » répondent ceux d’Alassane Ouattara. Et pendant que le jeu des menaces signe son retour, le peuple retient son souffle.

Ce 11 avril c’est aussi l’anniversaire du règne de l’impunité, d’une justice bancale et du retour de la violence dans l’ouest du pays. Seul Laurent Gbagbo et ses partisans sont au cachot : les assassins des gendarmes de Bouaké, qui ont pris le soin de boire leur sang courent toujours ! Seul le parti de Laurent Gbagbo est empêché d’organiser des meetings : les autres peuvent danser jusqu’au matin ! Seuls les journaux proches de l’opposition sont muselés : ceux proches du pouvoir peuvent chanter « hosanna » aux nouveaux barrons du pays ! Comment peut-on parler de réconciliation au peuple quand tout est fait pour diviser d’avantage ? Ce 11 avril c’est l’occasion pour moi de rappeler aux politiciens de mon pays qu’il est temps de penser au peuple. La réconciliation dictée dans l’hypocrisie et la promotion des violations des droits de l’homme nous conduiront de nouveau vers des bruits de bottes et de mitraillettes. Le musèlement de l’opposition et les rapports des droits de l’homme jetés à la poubelle nous entraineront de nouveau vers la violence. 11 avril 2011 – 11 avril 2013, voici que deux ans d’hypocrisie politique viennent de passer, il est temps d’asseoir les bases d’une vraie réconciliation.

SUY Kahofi


Côte d’Ivoire – Faut-il mettre fin au syndicalisme étudiant ?

présidence de l'université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan (Côte d'Ivoire), par Serein (Wikimedia Commons)
Présidence de l’université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan (Côte d’Ivoire), par Serein (Wikimedia Commons)

 Les Universités Ivoiriennes ont rouvert leurs portes le 3 septembre 2012 et celles-ci fonctionnent malgré quelques réglages à finaliser.

Les cours ont repris dans une nouvelle ambiance, un nouvel esprit marqué par la signature de la charte de bonne conduite de l’étudiant. Il s’agit d’une « profession de foi » à travers laquelle les étudiants s’engagent à renoncer à la violence et à préserver un esprit civique sur les campus.

Pour les autorités Ivoiriennes cet engagement doit réellement se faire sentir sur le terrain car les étudiants n’ont pas été de tout temps des enfants de cœur ! Les syndicats étudiants ont délaissé les campus pour devenir le bras armé des mouvements politiques radicaux proches de l’ancien pouvoir.

Ainsi la toute puissante Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) s’est muée discrètement en Galaxie Patriotique, en GPP (Groupement des Patriote pour la Paix) ou COJEP (Congrès de la Jeunesse Panafricaine). De plus la FESCI s’était imposée comme le gestionnaire tout puissant de l’école Ivoirienne avec des dérives. « A l’époque vous aviez peur quand vous devez venir à l’Université ! Pour un rien « les camarades* » pouvaient vous battre à mort et vous dépouiller.

« C’était plus une petite armée qu’un syndicat étudiant », se souvient Marthe N’goran étudiante en lettre moderne à l’Université de Cocody. La FESCI qui faisait de l’ombre aux autres organisations estudiantines est taxé d’avoir introduit la machette et les armes à feu comme mode de dialogue sur le campus.

« On ne se sentait plus en sécurité parce que ceux qui étaient sensés nous défendre, porter notre voix auprès de l’administration et du ministère étaient devenus nos bourreaux », souligne Coulibaly Ismaël étudiant en sciences-économiques.

Yapo Anselme a été membre de la FESCI. Il reconnait que le syndicat étudiant a dévié mais cela est en grande partie « le fruit de la corruption des leaders par les politiciens et leur soif d’enrichissement par toutes les formes de magouilles sur le campus ».

Malgré ce passé sombre du syndicat étudiant, Yapo Anselme, Marthe N’goran et Coulibaly Ismaël comme la quasi-totalité des étudiants estiment que l’Université ne peut exister sans un syndicat étudiant.

Alors si les syndicats étudiants doivent continuer d’exister, quel doit être leurs nouveaux visages ? Charles Roméo Ibrahim étudiant inscrit en licence de Gestion estime que « les nouveaux syndicats étudiants doivent renoncer à la violence, lutter pour les étudiants et non pour l’enrichissement des leaders syndicaux. Ces syndicats ne doivent pas s’allier aux partis politiques mais se consacrer à l’amélioration du cadre de vie de l’étudiant ».

Mme Koffi Anne qui est mère de famille avec deux enfants à l’université estime pour sa part que la liberté de militer dans un syndicat est un droit pour tous les étudiants. L’Etat Ivoirien ne peut en aucun cas leur priver de ce droit ! Néanmoins, Mme Koffi pense que l’élément le plus important pour sauver l’université ivoirienne et éviter qu’elle ne redevienne un champ de bataille c’est « une plus grande maturité de la part des étudiants ».

« Nos enfants doivent comprendre qu’ils sont là pour leurs études et non pour les bagarres, les meetings politiques sur le campus, cacher des armes sous leurs lits, vendre la drogue ou se prostituer ! Ils doivent prendre un nouveau départ pour être utile demain à ce pays ».

En affichant cette maturité, l’Université Ivoirienne sera de nouveau l’antre du savoir et non de la délinquance et cette position est celle qu’épouse l’enseignant Victorien AKA. « Si les étudiants se positionnent comme des êtres faibles et faciles à manipuler, les politiciens n’hésiteront pas à les utiliser. Par contre s’ils sont forts et indépendants, personne ne pourra les manipuler ».

Les étudiants sur le campus, malgré un arrêté inter-ministériel interdisant la création des syndicats étudiants, ont déjà fait émerger un nouveau syndicat. Il s’agit de la CEECI (Comité des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire)  qui s’est déjà signalé en paralysant les cours pour des revendications jugées utiles par les étudiants. Celles-ci portaient sur l’absence de latrines, de climatisation et de micro pour les amphithéâtres, l’inexistence d’abri de bus et d’espace de restauration adéquats.

Ce mode de revendication sans violence a permis à la CEECI d’empocher le Prix de la Pacification Universitaire d’une valeur d’un million de francs CFA. Ce prix initié par l’Université Alassane Ouattara de Bouaké est une sorte de stimulation et de motivation pour aider les étudiants à persévérer et à cultiver l’apaisement et la sagesse au sein de l’Université. Il s’agit également d’amener les étudiants et les syndicats d’étudiants à tourner le dos à la violence et au syndicalisme destructeur pour promouvoir un climat de paix.

Le CEECI a reçu son prix des mains du président de l’Université Alassane Ouattara (l’UAO) le Professeur Lazare Poamé et de la Directrice du Centre des Œuvres Universitaires (CROU). Konaté Moussa le président du CEECI a exprimé sa reconnaissance à l’administration de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké et dédié ce prix aux représentants des organisations sœurs (syndicats étudiants) et à l’ensemble des étudiants de Côte d’Ivoire pour leurs efforts consentis dans la pacification de l’Université Ivoirienne.

Au-delà de la joie, les militants du CEECI sont conscients que ce prix est une nouvelle responsabilité, un appel à mieux faire ! Pour Konaté Moussa « il ne s’agit plus de baisser la garde ou de faiblir dans le processus de pacification de l’Université Ivoirienne », il faut se battre au quotidien pour le maintien de la paix, de la stabilité et d’un syndicalisme irréprochable dans l’espace universitaire. La FESCI quant à elle signe timidement son retour avec une succession de rencontres en vue de regagner la confiance des acteurs de l’Université Ivoirienne.

SUY Kahofi


Revue de la semaine Ivoirienne du 01 au 06 avril 2013

Daniel Kablan Duncan, le Premier Ministre Ivoirien
Daniel Kablan Duncan, le Premier Ministre Ivoirien

La semaine ivoirienne a été marquée par trois principaux titres : il s’agit du grand oral du Premier Ministre Ivoirien face à la presse nationale et internationale, le dernier rapport de Human Right Wacth sur la Côte d’Ivoire et l’arrivée de 10.000 tonnes de TERACTIV Cacao sur les bordures de la lagune Ebrié. Le premier à s’intéresser à la sortie médiatique du chef du gouvernement ivoirien ce 4 avril est le quotidien à capitaux publics Fraternité Matin qui affiche : dialogue avec le FPI, élections locales, relance économique, revendication des enseignants et des médecins… Daniel Kablan Duncan clarifie tout ! L’aspect de cet exercice bilan qui revient le plus dans les journaux est ce que le Premier Ministre a dit au sujet du dialogue avec le FPI en témoigne la manchette de L’Expression du 5 avril : Duncan démonte pièce par pièce le FPI, pour L’Intelligent d’Abidjan Duncan met le FPI dans une grosse colère ! Colère également perceptible à la une du Nouveau Courrier qui relèvera dans ce grand oral de Duncan trois heures de reniements et de contre vérité. Des vérités il y en a eu et pour L’Inter se sont celles du Premier Ministre au FPI, vérités parmi lesquelles Soir Info tire cette interrogation : une rencontre Gbagbo – Ouattara pour quoi faire ? Et avant cette position, le Premier Ministre annonce qu’il n’y aura pas d’amnistie générale ! Pour Le Jour Plus Duncan brise le rêve des détenus pro-gbagbo. Quand Le Patriote écrit Duncan dit tout c’est surtout pour mentionner qu’il ne faut pas imposer un rythme à la justice ivoirienne et cette analyse est partagée par Le Nouveau Réveil qui barre : notre justice n’est aux ordres ! Ces deux positions sont sans doute des réactions au dernier rapport de l’ONG Human Right Watch qui selon Nord Sud quotidien attaque encore le Président Alassane Ouattara. L’ONG Internationale de défense des droits de l’homme sans pitié pour Alassane Ouattara aux dires du journal Le Temps quand Notre Voie de son côté croit clairement que la cible du rapport est la Cours Pénale Internationale. Ce document intervenant quelques semaines après celui d’Amnesty International, Le quotidien d’Abidjan titre : énième rapport des ONG Internationales de défense des droits de l’homme ce que cache les rapports de Human Right Watch et d’Amnesty International. Parlons économie avec l’accomplissement d’une promesse d’IDH. Une nouvelle ère s’ouvre pour la Cacaoculture en Côte d’Ivoire et c’est le quotidien pro-gouvernemental Fraternité Matin qui s’en fait l’écho. En effet ce 03 avril, le premier producteur mondial de cacao a accusé réception de 10.000 tonnes de TERACTIV, un engrais développé par la firme OCP (Office Chérifien des Phosphates) en coopération avec ADM et IDH. Selon Mr Ben Ali, le représentant d’OCP l’objectif de la production de la TERACTIV Cacao est de soutenir la politique africaine de cacaoculture durable affiche L’Agence Ivoirienne de presse. L’OCP s’associe donc un programme de productivité prévoyant de meilleures pratiques agricoles, la gestion des pesticides, du matériel d’exploitation de meilleure qualité et l’utilisation d’engrais. Cette stratégie peut faire passer la productivité actuelle de 500 kg par ha à 1000 kg par ha.

A la semaine prochaine !


Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest

Les partenaires au projet étaient tous présents à l’étape d’Abidjan
Les partenaires au projet étaient tous présents à l’étape d’Abidjan

L’URPCI (l’Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire) et son partenaire historique l’IPAO (l’Institue Panos d’Afrique de l’Ouest) viennent de lancer un important projet de promotion de la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest avec le soutien financier de l’Union Européenne. Ce 05 avril à l’hôtel Ibis-Plateau (Abidjan), les trois entités ont officiellement donné le top départ du projet dénommé « Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest ». Il s’agit d’un projet qui sera mis en œuvre dans cinq pays de la sous région sur une période de trois (3) ans. Ainsi les acteurs des médias, les organisations de la société civile (les OSC actives pour les droits et la participation des femmes dans bonne gouvernance) et les femmes du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée et de la Sierra Leone bénéficieront d’un renforcement de capacité pour accroître la participation des citoyens dans le contrôle de l’action publique.

Pour Karamoko Bamba le Président de l’URPCI « ce projet est le bienvenu car il intervient à un moment très important de la vie de la Côte d’Ivoire ». Il s’agit du contexte électoral mais également celui du processus de réconciliation nationale. Voici pourquoi, le Président de l’URPCI n’a pas manqué de remercier l’IPAO pour son engagement aux côtés des médias de la sous région. Il a aussi plaidé pour une synergie des efforts pour que les productions réalisées dans le cadre de ce projet soient mutualisés pour le bien des populations. Sur le contexte et le bienfondé du projet, Mme Pauline Bend Directrice des Programmes de l’IPAO soutient que « le projet « Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest » intervient dans un contexte marqué par un déficit de contrôle citoyen, un déficit d’information et un déficit de cadre juridique ». A travers ce projet l’IPAO et ses partenaires dans les cinq pays cibles veulent permettent aux médias de jouer un rôle de veille et d’éveille des consciences sur l’importance des femmes dans la gestion de la chose publique. Pour Mr Sangaré Abdoulaye, le conseiller du Ministre de la Communication représentant la tutelle, un tel projet ne peut que recevoir le soutien du ministère vu son importance. Aussi il a invité les professionnels des médias à œuvrer pour une meilleure vulgarisation des droits de la femme. Il s’est félicité du choix de la Côte d’Ivoire et a souhaité plein succès au projet.

Dans les cinq pays cibles des organisations représentatives de la société civile seront les porteurs du projet. Les partenaires de l’IPAO pour ce projet sont : le Centre du Commerce International pour le Développement (CECIDE) pour la Guinée, le Ghana Community Radio Network (GCRN) pour le Ghana, l’Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire (URPCI), Femme, Droit et Développement en Afrique (WILDAF) pour le Bénin, la Mano River Women’s Peace Network (MORWOPNET) et la Society for Democratic Inititiatives (SDI) pour la Sierra Leone. Créé en juin 2000, l’IPAO est une organisation régionale africaine non gouvernementale indépendante, qui a pour mission de démocratiser la communication, et consolider des espaces publics pour des sociétés africaines ouvertes, où les opinions des citoyens sont éclairées, et leurs voix amplifiées et entendues. Son siège est à Dakar et l’IPAO mène des actions dans les 15 pays de la CEDEAO et en Mauritanie. Notons qu’au cours de la cérémonie officielle de lancement du projet « Femmes et médias, partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest », les organes de régulation et d’auto-régulation des médias ont été dignement représentés. Nous citerons la Haute Autorité de la Communication Audio-visuelle (HACA), le Conseil National de la Presse (CNP), le Fond de Soutien au Développement de la Presse (FSD)…Du côté des OSC, les organisations féminines les plus représentatives au plan national ont répondu présentes à l’invitation de l’URPCI.

SUY Kahofi