Kahofi SUY

Revue de la semaine du 24 au 28 février 2014

La canne, accessoire de mode présidentielle ou symbole d’un malaise ?
La canne, accessoire de mode présidentielle ou symbole d’un malaise ?

Ils étaient nombreux en début de semaine à se demander où se trouve Alassane Ouattara et surtout comment il va ? Après 4 semaines de silence, l’homme aux solutions est sortie de son mutisme pour taire toutes les folles rumeurs à Abidjan nous indique le quotidien L’Expression. Celui qu’on disait mort et enterré est apparu miraculeusement sur le petit écran ; et les réseaux sociaux comme la presse ivoirienne en ont fait le sujet principal de la semaine. Un large écho qu’on soit pour ou contre son retour annoncé pour ce dimanche nous indique Fraternité Matin le quotidien pro-gouvernemental. Morceau choisi de cette apparition médiatique « Je rentre pour gérer les affaires de l’Etat » ou encore « je suis guéris je rentre » dixit Alassane Ouattara chez nos confrères du quotidien Le Nouveau Réveil. C’est donc debout et tout sourire que le PR ADO met fin aux spéculations et aux rumeurs sur son état de santé souligne L’Inter comme une réponse à ceux qui faisaient circuler des sms annonçant la mort du président ivoirien. Alassane Ouattara ne chôme pas même en pleine convalescence, Soir Info indique qu’il a pris de grandes décisions pour la Nation. C’est donc un homme toujours apte au travail que nous présente Le Démocrate, un président prêt pour conduire le train de l’émergence. Le Patriote à la limite triomphateur barre sa tribune avec ce titre : Ouattara depuis Paris comme un charme s’exclame le quotidien avant de reprendre cette déclaration du numéro 1 ivoirien, « je rentre dimanche ». Un retour confirmé pour ce dimanche précise La Matinale, retour qui ne semble pas calmer les analyses tentées de pessimismes. Quel Ouattara pour la Côte d’Ivoire se demande LG Infos ? Une question qui s’inscrit dans la droite ligne de l’interprétation que les journaux d’opposition font du retour d’Alassane Ouattara et de son état de santé. Ouattara revient dimanche avec une canne et des doutes souligne le quotidien Aujourd’hui. Comme hier à La Haye les lunettes de Laurent Gbagbo ont défrayé la chronique, c’est sur la canne flambant neuf du président ivoirien que les confrères en bleu jettent leur dévolu. Comme s’il avait oublié qu’il le donnait pour malade à mourir, Notre Voie barre sa manchette avec cette exclamation : Et revoilà Ouattara avec une canne ! L’analyste du quotidien Le Temps va plus loin car le confrère indique que Ouattara revient très diminué de Paris et en guise d’illustration, le confrère affiche la photo du président ivoirien avec une canne entourée en rouge. Il n’y a pas le feu lac il s’agit selon L’Expression d’une canne émergente. L’Intelligent d’Abidjan qui tente de retrouver sa neutralité s’intéresse sans aucun commentaire au film d’une apparition médiatique préparée dans le secret des dieux avec un scénario digne d’une production d’Hollywood ! Achevons cette revue de la semaine avec une note d’économie. Les comptes bancaires dormant font l’actualité et sur la question c’est Le Nouveau Réveil qui barre sa machette avec ce titre : traitement des comptes dormants, les députés ont adopté le projet de loi hier. Le quotidien nous indique que 40% des 61 milliards qui sommeillent dans les banques ivoiriennes sont sans propriétaire ! Le Patriote précise que le projet de loi sur les comptes dormants adopté par l’hémicycle fait partie de trois (3) projets présentés par Kaba Nialé, la ministre ivoirienne délégué à l’économie et au budget.


Média : le journalisme d’investigation au cœur d’un atelier

Les journalistes ouest-africains à la formation d’Abidjan
Les journalistes ouest-africains à la formation d’Abidjan

Du 25 au 27 février 2014, la capitale économique ivoirienne abrite un atelier de formation sur le journalisme d’investigation. Il s’agit d’une initiative de l’URPCI (l’Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire) et l’IPAO (l’Institut Panos d’Afrique de l’Ouest). L’atelier réunit des journalistes mainstream et ceux des radios de proximité du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée. Il s’inscrit dans la droite ligne de l’exécution du projet « femmes et médias partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest ».

Les femmes sont certes sous-représentées dans les instances de prise de décision des pays ouest-africains mais elles doivent avoir leur mot à dire dans les politiques qui orientent la vie de leurs Nations. Et les médias peuvent les appuyer dans cette dynamique. C’est ce qui explique en grande partie l’organisation de cet atelier.

« L’objectif de ce projet est de renforcer les synergies inter-pays entre journalistes et les organisations de la société civile, d’accroître la participation politique des citoyens en particulier des femmes car il a été noté lors de l’élaboration de ce projet qu’il existe un réel déficit de contrôle citoyen sur la gouvernance » nous explique Karamoko Bamba, président de l’URPCI.

Le renforcement des capacités des professionnels de l’information sur le journalisme d’investigation ne sera qu’un outil pour mieux développer les thèmes clée de l’atelier.

« Les thèmes sur lesquels nous allons revenir durant ces trois jours avec les journalistes sont les violences basées sur le genre, la participation des femmes au processus décisionnel (dans les instances de décision) et enfin la prise en compte des préoccupations des femmes dans les budgets locaux et nationaux » soutient Libasse Hane chargé de projet Gouvernance à l’Institut Panos d’Afrique de l’Ouest.

Réunir des journalistes mainstream et ceux des radios de proximité à vocation nationale peut, dans une certaine mesure, être un exercice plutôt difficile. Les angles de traitement diffèrent d’un média à l’autre, les priorités dans le choix de l’information également. Pour Tidiane Kassé journaliste-formateur les deux catégories de journalistes peuvent aider à la promotion de la voix des femmes et de la bonne gouvernance dans un esprit de complémentarité.

« L’information à la base à partir du moment où elle est soulevée par un média communautaire quand celle-ci est reprise, dupliquée, amplifiée par un média mainstream il devient un problème d’ordre national. Mais quoi qu’on dise les changements au niveau communautaire n’ont d’impact que lorsqu’il y a un répondant au niveau national et ce niveau national de l’information se sont les médias mainstream qui l’assurent » indique le formateur.

L’atelier d’Abidjan se présente aussi comme un cadre d’échange d’expérience entre les professionnels de l’information. Le projet « femmes et médias partenaires pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest » est exécuté dans cinq pays avec l’appui financier de l’Union Européenne grâce aux partenaires de l’IPAO. Il s’agit du Centre du Commerce International pour le Développement (CECIDE) pour la Guinée, le Ghana Community Radio Network (GCRN) pour le Ghana, l’Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire (URPCI), Femme, Droit et Développement en Afrique (WILDAF) pour le Bénin, la Mano River Women’s Peace Network (MORWOPNET) et la Society for Democratic Inititiatives (SDI) pour la Sierra Leone.

SUY Kahofi


Bienvenu dans la classe du futur !

Les ministres ivoiriens partageant la joie des élèves
Les ministres ivoiriens partageant la joie des élèves

Il serait utopique de penser le développement de l’Afrique en plein 21ème siècle sans avoir recours aux Technologies de l’Information et de la Communication (T.I.C). Et les autorités ivoiriennes l’ont compris si bien qu’ils ont décidé de faire la promotion des T.I.C dans tous les secteurs d’activité et particulièrement l’éducation.

La classe du futur première du genre en Côte d’Ivoire est le fruit d’un partenariat entre l’Etat Ivoirien via le VITIB de Gand Bassam et le Groupe Portugais MGCI Technologies filiale de JP Inspiring  Knowledge. Cet accord signé le 18 septembre 2013 permet à la Côte d’Ivoire de basculer dans le monde des Nations ayant fait le choix de promouvoir l’éducation de base par les NTIC. Pour les donateurs, le ton du e-learning est donné, reste à la Côte d’Ivoire de promouvoir cet outil de vulgarisation du savoir sur toute l’étendue du territoire national.

« Ce don est une preuve de ce que nous voulons réaliser pour la Côte d’Ivoire en matière d’éducation et les nouvelles technologie. Les dirigeants de la Côte d’Ivoire nous ont clairement présenté leur vision du développement des TIC et celle-ci se rapproche de la nôtre. Nous sommes donc convaincu que nous pourrons asseoir les bases d’un partenariat gagnant-gagnant » souligne Georges Sakouto, président directeur général de JP Inspiring  Knowledge.

La classe du futur totalement équipée en ordinateurs et technologies adaptée au e-learning permettra aux populations de Grand Bassam et plus largement celle de tout le pays de bénéficier de connaissance sur des supports numériques. Elèves et enseignants pourront ainsi faire reculer les limites de la recherche et explorer d’autres contenus didactiques. Un plus dans la formation des élèves ivoiriens et ils sont les premiers à manifester leur joie face à l’ouverture de la première classe du futur.

« Nous venons de réaliser un exercice sur la chaîne alimentaire grâce à un ordinateur et je suis heureuse d’avoir utilisé cet ordinateur » affirme tout sourire Djé Tania Laurelle en classe de CE 1.

E-santé, e-agri, e-commerce…la Côte d’Ivoire veut réellement impulser son développement grâce aux NTIC. Les projets en ce sens ne manquent pas mais il faut en amont développer auprès des ivoiriens la culture du numérique. Et l’éducation reste un puissant levier de promotion des technologies nouvelles. Pour Bruno Nabané Koné, le Ministre de la Poste et des Télécommunications, le projet de la classe du futur est à saluer car il participera à la promotion des T.I.C, aujourd’hui utile pour tout développement et pour toute Nation qui vise l’émergence.

« Ce projet va aider à la vulgarisation des T.I.C en particulier dans le secteur de l’école. Il a aussi une grosse composante contenu. Des cours sont déjà en ligne et nous pensons que ce genre de contenu va se multiplier. Ce projet surtout adresse les ressources humaines puisse que nous touchons ici au terreau qui est le plus fertile en matière de développement des T.I.C : celui des enfants » indique le ministre.

Au-delà du développement des T.I.C, le don de la classe du futur par le Groupe JP Inspiring  Knowledge symbolise un acte de portée sociale parce que contribuant à l’épanouissement et à la formation des jeunes ivoiriens. Kandia Camara la ministre de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique qui s’est vu offerte cette classe du futur, souligne que l’une des priorités de son ministère, est de faire des T.I.C, une partie intégrante de l’éducation en Côte d’Ivoire.

« Cette innovation majeure affiche l’ambition de conduire ce pays dans le concert des grandes Nations par la voie des technologie de l’information et de la communication. Le don de la classe du futur, entièrement équipée pour faire du e-learning est une action concrète qui traduit bien la volonté du Groupe JP Inspiring  Knowledge. Il ne sera plus possible d’enseigner ni d’apprendre comme si les T.I.C n’existaient pas » soutient la ministre avec conviction.

Il est bon de rappeler que la Côte d’Ivoire dans sa marche vers l’émergence à l’horizon 2020 se donne pour objectif de promouvoir les T.I.C au service du développement et de la bonne gouvernance.


SUY Kahofi


Ouattara malade : Abidjan en mode rumeur !

Où se trouve Alassane Ouattara ?
Où se trouve Alassane Ouattara ?

Que devient le numéro un ivoirien ? Depuis plus de deux semaines Alassane Ouattara a quitté la Côte d’Ivoire pour Paris. Officiellement, le chef de l’Etat séjourne en terre française pour raison médicale; une intervention chirurgicale de la sciatique, selon le communiqué de la présidence.

Depuis ce communiqué du 9 février 2014, plus aucune nouvelle officielle sur l’état de santé du numéro un ivoirien. Rien que des rumeurs relayées par SMS qui annoncent l’incapacité d’Alassane Ouattara voire sa mort et surtout des querelles éditoriales par presse interposée. Les journaux verts, proches du pouvoir et les bleus adossés à l’opposition ne se font pas de cadeau. Les uns et les autres estiment détenir la vérité.

Le silence prolongé sur l’état de santé d’Alassane Ouattara est le symbole qu’on cache quelque chose « d’ivoirien ». Que se passe-t-il à Paris pour que même le président de l’Assemblée nationale et son épouse ne puissent pas entrer en contact avec Alassane Ouattara ? Personne n’a de réponse, rien que des supputations qui provoquent  les craintes les plus folles chez le peuple ivoirien..

Et la presse d’opposition d’enfoncer le clou en annonçant des réunions secrètes dans les ambassades pour trouver un successeur à l’homme aux solutions. ADO si prompt à faire des apparitions télé même à l’étranger semble totalement absent du réseau de la gouvernance. Il se porte bien, il se serait entretenu avec certains de ses homologues dont le président François Hollande, il aurait même appelé son premier ministre…

Rien que des rumeurs, des bruits de couloir relayés par le presse. Pour le  président du FPI (Front populaire ivoirien), ce silence et ce petit jeu de « qui cache le mieux les secrets de la présidence » a assez duré. Nul n’a le droit de jouer avec les nerfs du peuple et Affi N’Guessan d’insister en soulignant «  qu’il faut qu’on nous explique si Ouattara est dans l’incapacité de gouverner » fin de citation.


Radio en Côte d’Ivoire : d’énormes avancées qu’il faudra améliorer sans cesse

Les femmes ont leur place dans le développement de la radio
Les femmes ont leur place dans le développement de la radio

La Côte d’Ivoire à l’instar de tous les pays du monde a célébré ce 13 février 2014, la journée mondiale de la radio. Comme chaque année, depuis 3 ans maintenant, le pays marque cet évènement par des activités diverses ou des déclarations fortes. Proclamée au cours de la 36ème conférence générale de l’UNESCO et formellement adoptée à la faveur de la 67ème session  de l’Assemblée Générale de l’ONU, la journée mondiale de la radio vise « à célébrer la radio en tant que média, pour améliorer la coopération internationale entre les radiodiffuseurs et pour encourager les grands réseaux et les radios communautaires à promouvoir à travers les ondes, l’accès à l’information, la liberté d’expression et l’égalité des genres ».

Et concernant la question du genre la ministre de la Communication de Côte d’Ivoire (porte-parole adjoint du gouvernement) a déclaré que « l’Etat de Côte d’Ivoire entend faire de la radio un des outils privilégiés de la lutte pour les droits des femmes ». Affoussiatou Bamba-Lamine a affirmé que beaucoup reste à faire, malgré les avancées notables dans le domaine de la radio, notamment l’implication des femmes comme journalistes, reporters, productrices ou techniciennes, ainsi que le nombre important d’émissions radiophoniques s’adressant à la gent féminine. Le thème de cette célébration mondiale à savoir « l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes » trouve donc tout son sens dans le contexte ivoirien. C’est la raison pour laquelle « le Gouvernement s’engage à travailler avec tous les professionnels des médias, et tout particulièrement avec ceux de la radio (…) avec un accent particulier sur le cas spécifique des femmes journalistes », a indiqué la ministre qui est longuement revenu sur le pouvoir de la radio en tant que puissant outil d’information et d’éducation.

Il est certes bien de parler de l’implication des femmes dans le développement de la radio mais il est important de jeter un regard sur les conditions d’existence et de travail de ces journalistes, techniciens de son et animateurs qui chaque jour œuvrent à la survie des stations. A ce niveau d’important efforts restent à consentir estime le Syndicat National des Agents de la Presse Privée de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI). En effet 90 % des animateurs (hommes, femmes, animateurs, journalistes, techniciens, etc.) d’un peu plus 130 stations de radiodiffusion que compte notre pays vivent hélas dans la précarité totale. Salaires de misère, conditions difficiles de vie et de travail, pas d’assurance  maladie, ni d’assistance en cas de maladie ou de sinistre, quasi inexistence de contrat de travail, etc. Les plus chanceux restent encore ceux d’entre – eux qui travaillent dans les radios des collectivités locales où ils ont le rang d’agents de mairie ou d’animateurs culturels. Dans cet environnement de précarité généralisé les animateurs des chaînes publiques ont une relative garantie mensuelle, le temps des reformes et des licenciements trop souvent abusifs.

Il y a donc une véritable nécessité d’améliorer les conditions de travail et surtout de vie de ces hommes et femmes qui chaque jour consacre leur temps à sensibiliser, éduquer et former les populations. C’est ceux à quoi s’attèle les organisations inter-professionnelles du secteur mais la tâche n’est pas du tout aisée.

SUY Kahofi