Kahofi SUY

Mondial/Orange : le GEPCI coule des journalistes sportifs !

10 journalistes ivoiriens n’auront pas la chance de couvrir le mondial
10 journalistes ivoiriens n’auront pas la chance de couvrir le mondial

Décidément en Côte d’Ivoire le milieu de presse n’en a pas encore fini avec les magouilles et les messes bases qui n’honorent pas le journalisme. Le comble c’est que ce sont les organisations professionnelles et leurs leaders qui jettent l’opprobre sur la corporation. Ces patrons de presse, ces vieux journalistes qu’on appelle ici « doyens » nagent sans aucun remord dans le bain de corruption et de la mauvaise gestion. Un nouveau scandale vient de salir la presse ivoirienne et au cœur de ce scandale le tout puissant GEPCI, le Groupement des Editeurs de Presse de Côte d’Ivoire. Cette organisation gérée par un noyau obscure vient de ruiner les espoirs de 10 journalistes sportifs qui devaient rallier le Brésil pour couvrir le mondial. Je m’en vais vous compter la tentative de vol des patrons du GEPCI qui a conduit à cette situation.

L’opérateur français Orange dans le cadre de sa politique d’appui à la presse a décidé d’accompagner un groupe de journalistes sportifs ivoiriens au Brésil. Une dizaine de confrères choisis sur le mérite et la notoriété de leurs quotidiens. Ce n’est pas la première fois que le Groupe Orange entreprend une telle action. L’opérateur l’a déjà fait pour des éditions précédentes du Mondial ou de la Coupe d’Afrique des Nations. C’est d’ailleurs sur cette bourse d’appui de Orange aux journalistes que le Ministère des sports a voulu aussi aligner sa prise en charge. L’objectif était d’éviter un double emploi pour permettre à un nombre plus important de journalistes de rallier le Brésil. Pour cette édition du Mondial, le Groupement des Editeurs de Presse de Côte d’Ivoire, la faitière des grands patrons de la presse ivoirienne, a souhaité gérer le projet de voyage des 10 journalistes. Bonne initiative sauf que les patrons de presse avaient une autre idée derrière la tête ! La prise en charge de chaque journaliste au Brésil s’élève à 8 millions de f CFA. Un petit calcul nous permet de comprendre qu’il s’agit d’un magot de 80 millions ! Un montant trop important pour le déposer dans le porte-monnaie des journalistes sans prélever un éco. Le GEPCI, piqué par le syndrome du vol organisé qui gangrène le journalisme ivoirien a décidé de soutirer 2 millions f CFA sur chacune des prises en charge. Soit 20 millions sur 80 que proposait Orange pour aider les journalistes sportifs. L’opérateur de téléphonie mobile alerté de la manœuvre a décidé d’annuler son aide. Un geste que je regrette certes parce que privant des journalistes d’un évènement sportif majeur mais que je salue. Je pense bien que toute entreprise qui se respecte ne saurait s’accommoder de telle pratique.

La presse ivoirienne se taille de nouveau une réputation d’antre de la gabegie et cette nouvelle situation de corruption et de vol organisé m’amène à me poser deux questions.

  • Que représente le code de déontologie du journalisme pour les responsables des faitières qui au lieu de donner l’exemple sont les apôtres des caisses obscures ?
  • Jusqu’à quand la presse ivoirienne continuera de vivre au rythme de ce type de scandale ?

Après l’UNJCI, le GEPCI…quelle faitière sera la prochaine au cœur d’un autre scandale ?

SUY Kahofi


Transport: quand le péage suscite la grogne chez les transporteurs

Malgré la campagne de sensibilisation, la pilule du péage ne passe pas !
Malgré la campagne de sensibilisation, la pilule du péage ne passe pas !

Depuis le jeudi 15 mai 2014, la Côte d’Ivoire a basculé dans l’univers des pays africains ayant adopté le péage comme système économique pour soutenir leur politique nationale d’élargissement du réseau routier. Cette première opération de péage concerne l’autoroute du nord fraîchement livré et long de 240 km.

L’axe reliant Abidjan à Yamoussoukro est désormais commercial. Il dispose de deux postes à péage tous les 100 kilomètres qui permettront à l’Etat de collecter des taxes (péage) pour l’amélioration du réseau routier. Selon Patrick Achi, le ministre des infrastructures économiques, le péage de l’autoroute du nord se subdivise en cinq classes de tarifications. La classe 1 prend en compte les véhicules de particuliers qui doivent s’acquitter de 5000 f CFA (aller-retour). Pour la classe 2, les véhicules de transport de type Massa et assimilés débourseront 10.000 f. La classe 3, celle des gros camions et car de transport paiera 15.000 f et les poids lourds, 20.000 f.

Quand bien même certains transporteurs saluent la décision du Gouvernement dans sa dimension première qui est le renforcement du réseau routier ivoirien, nombreux sont ceux qui ne cachent pas leur colère.

« Encore une nouvelle taxe ! En plus du gasoil qui est hors de prix, la patente, la vignette et l’assurance voici encore une nouvelle taxe dans un secteur déjà en difficulté » se lamente Coulibaly Daouda Directeur de DTA transport.

Même son de cloche et incompréhension chez Diabaté Aboubacar directeur des opérations à la Compagnie TCF.

« Avec cette histoire de péage, je me demande finalement à quoi servent les vignettes et la patentes que nous payons ? La vignette est censée servir à l’entretien de la voirie urbaine et inter-urbaine. Je trouve qu’un péage pour 100 km de route n’a pas de sens » nous explique Diabaté Aboubacar.

Pour Sylla Moussa chef de gare de la compagnie terrestre international DIT, la décision du Gouvernement va incontestablement entrainer une hausse du prix du transport.

« Imaginez-vous une compagnie qui possède 10 cars. Le péage aller-retour sera de 150.000 f CFA par jour. Où allons-nous trouver cette somme ? » se demande le chef de gare.

Plusieurs transporteurs et chefs de gares disent ne pas prendre en compte le mot d’ordre des Syndicats visant à maintenir les tarifs de transport inter-urbain en l’état. Chacun prendra la décision idoine pour la santé de son entreprise et certaines compagnies approchées parlent d’une augmentation de 100 à 200 f CFA sur chaque ticket entre 5 et 10 milles. Bien avant l’officialisation de cette hausse, ceux qui le peuvent contourne l’autoroute du nord.

SUY Kahofi


Revue de la semaine ivoirienne du 19 au 24 mai 2014

Affi N’guessan le patron du FPI lors de la reprise du dialogue politique
Affi N’guessan le patron du FPI lors de la reprise du dialogue politique

Pour l’an trois de son arrivée au pouvoir, Alassane Ouattara a sans doute reçu le plus beau des cadeaux politiques. La reprise du dialogue direct avec le FPI ce 22 mai après plus d’un mois de blocage écrit Le Point d’Abidjan. Pour Nord-Sud Quotidien cette reprise du dialogue politique était un rendez-vous fructueux en témoigne les acquis enregistrés de part et d’autre. 3 heures d’échange dans une atmosphère détendue indique le confrère qui écris, et nous parcourons ensemble ces quelque lignes : des tapes amicales, de chaudes poignées de mains, des mines radieuses et des rires sont les signes d’une reprise heureuse du dialogue entre le Gouvernement et le FPI. L’Intelligent d’Abidjan fort de cette ambiance conclu que le Gouvernement et le FPI sont désormais ensemble pour un nouveau départ. Pour Fraternité Matin, le Gouvernement marque ainsi sa volonté d’aller de l’avant et de travailler avec l’opposition. 150 détenus pro-gbagbo qui retrouverons la liberté, 50 comptes qui seront dégelés avec en prime la question du statut administratif des cadres du FPI qui sera revu. Pour le quotidien pro-gouvernemental ce sont là des engagements forts pris par le Pouvoir. L’Inter décide de relayer cette requête de Jeannot Kouadio Ahoussou le ministre d’Etat, ministre auprès du président de la République chargé du dialogue politique. Ce dernier a demandé au FPI de lever le mot d’ordre de boycott du RGPH 2014. Une requête qui fonde les bases d’un triomphalisme sans précédent au sein de la presse bleue. Le Temps qui descelle une faiblesse du Pouvoir jubile et indique que le clan Ouattara demande pardon au FPI. Notre Voie ne dit pas autre chose quand il soutient que le Gouvernement reconnait enfin la force du FPI. Pour Le Démocrate c’est du fifty-fifty, un deal politique : 150 prisonniers pro-gbagbo contre la levée du boycott du RGPH 2014. Le Nouveau Réveil tout en saluant cette reprise du dialogue politique indique qu’il a été en grand partie possible grâce à l’implication de la représentante du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Aïchatou Mindaoudou. Pendant que le pouvoir et l’opposition renouent avec le dialogue au sein du bloc administratif du Palais Présidentiel, le lieu a été le symbole d’un drame manqué. Une femme après s’être aspergée avec de l’essence a tenté de s’immoler. Qui est donc cette femme ? L’Expression nous indique qu’elle se nomme Madjara Ouattara. A-t-elle réussi à s’immoler ? Non car les forces de l’ordre présentes ont pu circonscrire le feu nous indique Soir Info qui précise que la Police pour éviter toute vague a bouclé le centre des grands brûlés. Pourquoi un tel acte ? Chacun y va de son explication, de son analyse et de son doigt accusateur. Pour Le Temps c’est le régime Ouattara qui a affamé cette Dame qui a tenté de s’immoler devant la présidence. Pour Notre Voie c’est une militante qui est venu célébrer à sa manière les trois ans de succès incontesté du régime Ouattara à la tête du pays. C’est une militante du RDR qui tente de s’immoler devant la présidence titre le confrère. Le Quotidien d’Abidjan tient à rappeler qu’il s’agit d’une première dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Doit-on y voir le début d’un phénomène Bouazizi, d’une malédiction trainé par le régime Ouattara ou le début de la fin politique du RDR ? L’Expression tempère les ardeurs et propose de dire la vérité alors toute la vérité sur cet acte. Il s’agit simplement d’une femme qui voulait en finir pour des problèmes de cœur indique le confrère. Si tels est la vraie version de l’histoire pourquoi la Présidence et non le domicile du bien-aimé se demande LG Infos ? Le mystère reste entier ! Ainsi va la Côte d’Ivoire….à la semaine prochaine.


La Côte d’Ivoire est en guerre contre le cancer du col de l’utérus

Raymonde Goudou Coffie le ministre de la santé annonce une offensive contre le cancer du col de l’utérus
Raymonde Goudou Coffie le ministre de la santé annonce une offensive contre le cancer du col de l’utérus

La Côte d’Ivoire s’engage d’une stratégie de lutte contre le cancer du col de l’utérus basée sur deux angles d’action : la sensibilisation et la prévention par une campagne de vaccination.

Le cancer du col de l’utérus est une maladie de la muqueuse du col de l’utérus. Il est causé dans la grande majorité des cas par un virus appelé Papilloma virus humain. Cette maladie représente la première cause de mortalité au sein de la gente féminine dans le monde. Selon Docteur Agba N’guessan, plusieurs facteurs favorisent cette maladie.

« Nous avons comme cause entre autre les pratiques sexuelles du sujets. Nous citerons les rapports sexuels précoces et les partenaires sexuels multiples. Aujourd’hui nous avons nos sœurs qui aiment se dépigmenter en utilisant des produits de la famille des corticoïdes. Ces produits fragilisent la muqueuse du col de utérin ».

La muqueuse du col utérin une fois fragilisé devient un terreau fertile pour le Papillonna virus humain qui vient s’installer pour causer des dégâts. Le cancer du col de l’utérus est caractérisé par des saignements vaginaux anormaux en dehors des périodes de règles ou après la ménopause. Le sujet atteint est également victime de pertes rosées ou brunâtres. Les femmes pourtant peuvent se protéger contre cette maladie et même la vaincre à condition de se soumettre à un dépistage précoce.

« Si le sujet est dépisté et que le personnel soignant détecte des lésions précancéreuses, plusieurs étapes se présentent quant à la prise en charge. Nous avons cryothérapie qui élimine les lésions quand elles sont minimes. Ensuite nous avons la lie qui permet d’éliminer les lésions un peu plus étendues et selon les cas nous aurons à pratiquer une hystérectomie, une radiothérapie ou des traitements médicamenteux » nous explique Madame Tokpé Ida est sage-femme.

La prise en charge de la maladie étant plus couteuse, la Côte d’Ivoire a décidé de miser sur la sensibilisation et la prévention auprès des couches cibles. C’est ce qui justifie la vaste campagne de vaccination à destination des jeunes filles élèves de 9 à 13 ans en cours dans le pays. Docteur Kouassi Edith Clarisse, directrice générale adjointe de la santé nous explique que la stratégie de lutte de la Côte d’Ivoire avec l’appui de ses partenaires est en grande partie basée sur la prévention.

« Cette prévention passe par la sensibilisation des populations, une prévention par les campagnes de vaccination, la formation du personnel de santé à dépister tôt la maladie et à la prendre en charge » affirme directrice générale adjointe de la santé.

A toutes ces mesures s’ajoute la mise en place des unités de prise en charge dans les structures sanitaires où se trouvent des centres gynéco-obstétriques. Faire obstacle au cancer du col de l’utérus est une priorité pour la Côte d’Ivoire car chaque année se sont 6000 femmes âgées de 20 à 50 ans qui sont victimes de cette maladie avec 85% de décès dans les pays en voie de développement.

SUY Kahofi


La BAD revient à Abidjan

La BAD revient à son siège historique d’Abidjan
La BAD revient à son siège historique d’Abidjan

Le retour de la Banque Africaine de Développement (BAD) à son siège historique d’Abidjan-plateau est minutieusement préparé par les autorités Ivoiriennes. Plusieurs chantiers ont été lancés pour créer les conditions d’un bon retour aux fonctionnaires de l’institution bancaire.

La BAD avait été délocalisée d’Abidjan à Tunis en raison du « vertige national »* qui s’est emparé de la Côte d’Ivoire pendant une dizaine d’année. Depuis la fin de la crise le 11 avril 2011, le Gouvernement Ivoirien travail au retour de la Banque qui finance le développement de l’Afrique. Parmi les chantiers de ce retour très attendu figure le renforcement des capacités immobilières de la capitale économique en vue d’offrir des conditions de logement meilleur aux agents et leurs familles. Le projet logement-BAD est un investissement pour sortir de terre 1500 logements de standing avec ou sans option d’achat. Selon Bruno Nabané Koné le ministre des TIC et porte-parole du Gouvernement, « 752 logements sont déjà recensés » mais vu l’urgence les chantiers s’accélèrent sur le terrain. En effet les dirigeants de la BAD regagnent par vague Abidjan. 50 agents sont déjà présents et 500 autres feront le voyage dans les prochaines semaines.

En plus des logements, le porte-parole du Gouvernement ivoirien confirme la livraison du siège de la BAD, la création de nouvelles voies de circulation ainsi que la réhabilitation de plusieurs autres pour faciliter le trafic entre la future cité BAD et la commune du Plateau, centre des affaires où se situe le siège de l’institution. Le volet santé et éducation n’a pas été oublier car ce sont avant tout 3000 familles au bas mot qui regagneront Abidjan ! Sur ces deux points le Ministre délégué auprès du Premier Ministre Nialé Kaba, chargé de l’économie et des finances confirme la réouverture des lycées internationaux (lycée français, lycée et l’école primaire Jacques Prévert, lycée américain). La réhabilitation des services d’urgence des CHU est en cours et sera suivi du renforcement du plateau technique de la PISAM.

Le Chef de l’Etat Alassane Ouattara veille personnellement à l’exécution des travaux liés au retour de la BAD, leur état d’avancé fait l’objet de fréquentes communications lors des différents conseils des ministres. Cette attention du Gouvernement Ivoirien n’est pas fortuite car le retour de la BAD aura des avantages énormes pour le pays. Pour Albert Mabri Toikeuse, le ministre ivoirien du plan et du développement, le retour de la BAD vient couronner les efforts de la Côte d’Ivoire dans la promotion d’un climat des affaires saint. La Côte d’Ivoire pourra désormais défendre directement ses différents dossiers pour financement puisse que les guichets de la BAD seront à sa portée. Au-delà, le retour de la BAD va booster considérablement l’économie de marché et la consommation en Côte d’Ivoire car c’est au bas mot 3000 à 4000 familles qui viendront séjourner sur les bords de la lagune Ebrié.

Là où se trouve la BAD se rencontre chaque jour les grands acteurs du développement africain. Abidjan redevient un lieu où se croiseront en plus grand nombre experts, banquier et homme d’affaire; une réalité qui renforcera le rayonnement économique et diplomatique de la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est confiante et attend surtout le moment où elle pourra enfin souhaiter le traditionnel Akwaba ou bienvenue à la banque de l’Afrique.

SUY Kahofi

Pour écouter le reportage

*Expression utilisée par le conteur ivoirien Adama Adépoju pour décrire la crise ivoirienne du 19 septembre 2002 au 11 avril 2011.