Kahofi SUY

Face aux inondations le Gouvernement et la toile se mobilisent

Des habitants qui ont trouvé refuge sur la dalle d’un immeuble
Des habitants qui ont trouvé refuge sur la dalle d’un immeuble (crédit APA news)

Les images de quartiers coupés du reste de la ville, d’immeuble qui s’effondrent et de mères tenant leurs bébés pour éviter la noyade inondent la toile depuis le début du mois de juin. Abidjan est sous les eaux comme au temps du déluge avec des rivières urbaines comme en a vu rarement ces dernières années. On croyait un moment que les dégâts n’allaient toucher que les quartiers précaires situés dans les zones à risque. Hélas, même les quartiers chics de la capitale ivoirienne sont touchés par la furie des pluies diluviennes.

Cocody, le quartier présidentiel doit aussi enterrer ses morts et accepter la dure réalité des familles qui manquent de tout. Nourriture, médicament, vêtements et abris temporaires doivent être trouvé rapidement pour les personnes qui ont pu rester en vie. Le Gouvernement multiplie les actions de soutien pour soulager les populations sinistrées. Dons en nature et en espèce sont distribués aux familles. Mais à côté de ces gestes de solidarité, l’ONAD continue sous la pluie battante son action d’assainissement. Objectif libérer les voies d’écoulement d’eau. En effet plusieurs constructions dans la ville d’Abidjan obstruent sérieusement les bassins de retenu et les caniveaux. L’eau ne pouvant plus les emprunter se crée un passage en détruisant tout sur son passage même le bitume ! Pour rallier certaines zones d’Abidjan, les équipes de secours doivent avoir recours à des petites embarcations. L’eau est montée jusqu’à 2 mètres pas endroit obligeant les populations à se réfugier en hauteur.

Désormais les nuits de grande pluie rime avec une veillée prolongée jusqu’au petit matin, personne n’a envie de se retrouver prisonnier de cette pluie qui par endroit monte jusqu’à deux mètres ! De nombreux ivoiriens ont tout perdu et ne savent plus à quel saint se vouer. Alors lorsque la grogne de la population monte, le Gouvernement ne peut que réagir. Les constructions anarchiques et les quartiers précaires seront détruits pour permettre aux voies d’écoulement d’eau d’être opération martèle Mamadou Sanogo le ministre de la construction, du logement, de l’assainissement et de l’urbanisme. Un avertissement de démolition pour une prise de conscience des populations mais face aux victimes des inondations le Gouvernement ne pouvait pas garder rester les bras croisés. Un million de franc CFA ont été remis aux familles des 23 victimes enregistrées depuis le début du mois de juin, un geste de compassion qui vient s’ajouter aux premiers efforts d’accompagnement déjà entrepris par le Gouvernement Ivoirien.

C’est dans ce contexte que des cyber-activistes ivoiriens ont décidé de lancer une chaîne de solidarité pour aider les populations qui sont dans le besoin. Un openstreetmap a été conçu pour faciliter les opérations de secours et prévenir les abidjanais des zones qui ne sont plus fréquentables. Une belle initiative sociale qui doit centraliser les efforts des citoyens qui aimeraient aider les autres dans le besoin.

SUY Kahofi


La Côte d’Ivoire vers une loi répressive sur le VIH-SIDA

La Côte d’Ivoire veut freine le SIDA par tous les moyens
La Côte d’Ivoire veut freine le SIDA par tous les moyens

C’est autour des années 1986 que le VIH-SIDA a fait son apparition en Côte d’Ivoire. Et malgré les ravages de cette pandémie au sein de la population, il a fallu attendre 2014 pour que l’Assemblée Nationale se penche sur un projet de loi portant régime de la prévention, de la protection et de la répression en matière de lutte contre le SIDA. Selon la ministre Raymonde Goudou Coffie en charge du porte-feuille de la santé et de la lutte contre le SIDA, ce projet de loi adopté le lundi 23 juin par la commission des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée Nationale intervient dans un contexte particulier. Les efforts dans la lutte contre le SIDA en Côte d’Ivoire sont encourageants. En effet la Côte d’Ivoire est passée d’un taux de prévalence de 4,7 à 3,7% en 2012 selon l’enquête de démographie de la santé. La Côte d’Ivoire avance donc surement dans la lutte même si cela se fait timidement. Et le nouveau projet de loi aura pour mission de renforcer cet élan.

Avec plus de 440.000 cas de personnes infectées enregistrés en Côte d’Ivoire, l’objectif du projet de loi qui sera porté d’ici peu en plénière est surtout de protéger les personnes infectées et affectées par le VIH-SIDA. Les protéger des risques de nouvelles contaminations et de la stigmatisation car c’est bien là l’une des raisons pour lesquelles le SIDA continue de tuer ! Au-delà, la loi vient réglementer l’anonymat en matière de dépistage et de diffusion de l’information sur l’état de santé d’une personne infectée. Le projet de loi adopté à l’unanimité par les députés membres de la commission des affaires sociales et culturelles de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire consacre la répression dans la lutte. Des peines privatives de liberté pour une transmission volontaire de 5 à 10 ans et jusqu’à 20 ans si les relations sont forcées.

SUY Kahofi


Côte d’Ivoire/Colombie : le supporteur maso, sa calculette et le goumin goumin

Pour éviter la tristesse d’après match, le supporteur maso est devenu mathématicien
Pour éviter la tristesse d’après match, le supporteur maso est devenu mathématicien

Après la première victoire des éléphants footballeurs face au Japon, les supporteurs masos ont retrouvé une certaine joie de vivre. Le goumin goumin (tristesse, amertume) annoncé n’a pas eu lieu ! A quelques heures de la rencontre Côte d’Ivoire-Colombie, le véritable problème du supporteur maso n’est pas de revenir sur une victoire passée. Son truc à lui, c’est de se lancer dans les calculs et combinaisons les plus folles pour s’éviter une semaine de goumin goumin.

Ah le goumin goumin national ! Tristesse, amertume et désolation indescriptible du supporteur maso les jours de défaite. Rien qu’en parler replonge le supporteur maso dans son triste passé. Il se souvient automatiquement des éliminatoires du mondial à une période qu’il préfère qualifier de lointaine. Ce soir où un certain Samuel Eto fils lui a fait oublier le goût de sa bière à la rue princesse. Idem pour cette triste soirée où au terme d’une séance de tir-au-but la Zambie lui a fait pleurer toutes les larmes de corps. Que dire de cette finale de la CAN où la viande de mouton qu’il s’apprêtait à déguster a passé la semaine au réfrigérateur après le sacre de l’Egypte. Pour toutes ces raisons, le supporteur maso est devenu un apôtre de Pythagore et de Thales ! Les équations les plus insolites et les combinaisons les plus spectaculaires se bousculent dans son cerveau à la veille de chaque match de poule. Chacune de ses équations commence par SI… Alors voici les combinaisons qu’il propose dans la marche des éléphants vers le second tour.

Le passage au second tour dans cette équation du Mondial est π. Partant du principe que les éléphants ont une victoire soit β, comment garantir un passage au second tour ?

Equation 1 – Si en plus de β, la Colombie fait un match nul avec la Côte d’Ivoire et que la Grèce et le Japon se neutralisent nous aurons π.

Equation 2 – Si en plus de β, la Côte d’Ivoire arrive à battre la Colombie nous aurons π (avec possibilité de magouille pour le dernier match).

Equation 3 – Si en plus de β, nous perdons face à la Colombie et que nous battons la Grèce, en espérant que le Japon se fasse battre par la Colombie nous aurons π.

Equation 4 – Si en plus de β, la Colombie fait un match nul avec la Côte d’Ivoire et que la Grèce bat le Japon, nous aurons π si et seulement si nous arrivons à battre à notre tour la Grèce.

Equation 5 – Si en plus de β, la Côte d’Ivoire écrase la Colombie et fait d’une bouchée la Grèce nous aurons π et les autres pourront se battre pour la deuxième place.

Equation 6 – Si en plus de β, la Colombie fait un match nul avec la Côte d’Ivoire et que nous avons un dernier match nul face à la Grèce nous aurons π car le Japon ne battra jamais…

Cette liste d’équation est bien loin d’être achevée et j’ai la ferme conviction que tous les supporteurs masos de Côte d’Ivoire continuent de l’allonger.

SUY Kahofi


La marée orange s’empare d’Abidjan

Les ivoiriens partagés entre le patriotisme et les réalités du football
Les ivoiriens partagés entre le patriotisme et les réalités du football

A quelques heures du premier match des Eléphants footballeurs, la marée orange monte à Abidjan. Les tee-shirts OBV (Orange Blanc et Vert) rangé pour certains depuis la dernière CAN ont été dépoussiéré et lavé malgré la pluie qui tombe par intermittence sur la ville d’Abidjan. Chaque ivoirien en arborant son tee-shirt veut montrer son attachement à l’équipe nationale de Côte d’Ivoire mais aussi à son pays.

« Nous sommes avant tout ivoirien et c’est bien ce qui me pousse à mettre mon maillot. Au-delà de l’équipe qui sera présente sur le terrain, c’est l’image de la Côte d’Ivoire que les joueurs vont défendre. Il faut les soutenir même si nous sommes loin du Brésil » affirme Léon Kouakou, maçon de son état.

Cette monté de la marée orange ne se matérialise pas seulement par les tee-shirts qui sont visibles à profusion dans la ville d’Abidjan. On note ici et là des drapeaux sur des véhicules ou à l’intérieur, des fanions ou écharpes aux cous des fanas du ballon rond, des bracelets, colliers personnalisés etc. Etre aux couleurs de l’équipe nationale une obligation patriotique pour quelques ivoiriens interrogés mais derrière le patriotisme il y a le business. Les commerçants du marché et grandes surfaces se disputent les clients mais en réalité chacun choisi ses accessoires en fonction de ses moyens.

« Il y a plusieurs qualités de tee-shirt et le prix est fonction. Si vous voulez du synthétique il y a un prix, si vous voulez du coton pur il y a aussi un prix. Les polos entre 12.500 et 25.000, les tee-shirts entre 10.000 et 15.000… » nous explique un commerçant libanais à Marcory.

Ceux qui n’ont pas de moyens se rabattent sur les marchés de quartier comme ceux du Forum à Adjamé ou Belleville à Treichville. Ici des tee-shirts à bas prix il y en a mais personne ne pourra vous rassurer sur la matière. Du made China, pure coton synthétique avec des teintes qui diffèrent d’un maillot à l’autre. Les prix sont plutôt abordables et c’est bien ce qui attire Abdoulaye un jeune mécanicien.

« Je veux un maillot et j’ai juste 2500 f c’est raison pour laquelle je suis au marché » nous indique le jeune homme.

15 mn de marchandage et voici Abdoulaye le mécanicien propriétaire d’un maillot. Il a insisté pour que le commerçant lui retrouve le dernier maillot avec le nom de Yao Kouassi Gervais dit Gerviniho. Le choix du supporteur est aussi guidé par l’amour qu’il porte à un des 22 joueurs présent sur le terrain. Certains n’y prêtent pas attention mais d’autres insistent pour que le nom du joueur aimé soient plaqué au dos du tee-shirt. Les maillots les plus demandés sont par ordre ceux de Didier Drogba, Yaya Touré, Salomon Kalou et Yao Kouassi Gervais.

Le business OBV fait l’affaire des commerçants et vendeurs ambulants mais ils ne pourront pas se sucrer sur le dos Fidèle N’doua. La quarantaine passé, cet ivoirien se dit trop déçu des éléphants footballeurs pour s’aventurer à « acheter le plus misérable des tee-shirts pour soutenir des perdants ». Les éléphants, il n’y croit plus et il conseille à ceux qui dépensent de l’argent pour des gadgets d’épargner. Ils auront sans doute besoin de cet argent pour les soins d’un parent en cas de crise cardiaque car avec les éléphants la déception est assurée.

SUY Kahofi 


CPI, keep our Gbagbo !

Laurent Gbagbo sera finalement jugé par la CPI
Laurent Gbagbo sera finalement jugé par la CPI

Despote et dictateur pour les uns, démocrate et homme épris de dialogue pour les autres, la personne de Laurent Gbagbo continue de susciter la controverse au sein de la population ivoirienne bien qu’il soit détenu à La Haye. Ses partisans espéraient ardemment sa libération quand ses détracteurs voulaient le voir couler pour de bon. Finalement les prières des opposants au « Woody de Mama » ont porté dans la mesure où Laurent Gbagbo sera bien jugé par la CPI.

Pendant que le Rassemblement des Républicain se félicite de cette décision comme s’il s’agissait d’une victoire politique, de nombreux Ivoiriens (pas forcément militants du FPI) estiment que le processus de réconciliation nationale et le dialogue politique risquent de prendre un coup. La raison est toute simple : la question de la libération de l’ancien président ivoirien reste l’une des principales revendications de son parti. Juste à titre d’exemple, l’appel au boycott du Recensement de la population a été marqué par un slogan : « avant de nous recenser, libérez Gbagbo ». Les sorties médiatiques des cadres du FPI permettent aussi de comprendre que toute initiative du Gouvernement sera frappé du sceau de la nullité tant que la question de la justice des vainqueurs ne sera pas résolue.

Concernant le cas Gbagbo (en dehors de toutes considérations politiques), tout porte à croire que les positions ont évolué avec le temps. Vu le bras de fer entre son parti et le pouvoir qui cristallise le débat politique, les Ivoiriens que nous avons interrogés restent convaincus que la libération de Laurent Gbagbo pourrait aider à faire avancer le processus de réconciliation nationale. A ce niveau, il est bon de noter que selon les résultats de la Commission Electorale Indépendante, le Woody de Mama avait obtenu 46% des voix lors du dernier scrutin présidentiel. Ce qui suppose qu’une frange non négligeable d’Ivoiriens se reconnaît en Laurent Gbagbo. Une popularité qui se constate même sur les réseaux sociaux avec une kyrielle de pages dédiées à sa cause. Mais pour les associations de victimes et partisans de l’actuel régime, le nom de Laurent Gbagbo est lié aux 3000 victimes de la crise. Il faut bien que quelqu’un paye pour ce crime et le chef des refondateurs qui a refusé de céder le fauteuil présidentiel à Alassane Ouattara est l’homme qui doit endosser cette responsabilité. Pour la CPI, le débat de la culpabilité de Laurent Gbagbo n’est pas encore à l’ordre du jour. En effet les procédures de la Cour se subdivisent en deux principales étapes. Avant l’ouverture du procès, la Cour analyse les charges et les éléments de preuves retenues par le Procureur. Le dossier Laurent Gbagbo contre le Procureur de la CPI vient de passer la première étape de la procédure mais rien ne dit qu’il sera déclaré coupable au terme de son procès qui s’annonce long….et palpitant.

SUY Kahofi