13 juin 2014

CPI, keep our Gbagbo !

Laurent Gbagbo sera finalement jugé par la CPI
Laurent Gbagbo sera finalement jugé par la CPI

Despote et dictateur pour les uns, démocrate et homme épris de dialogue pour les autres, la personne de Laurent Gbagbo continue de susciter la controverse au sein de la population ivoirienne bien qu’il soit détenu à La Haye. Ses partisans espéraient ardemment sa libération quand ses détracteurs voulaient le voir couler pour de bon. Finalement les prières des opposants au « Woody de Mama » ont porté dans la mesure où Laurent Gbagbo sera bien jugé par la CPI.

Pendant que le Rassemblement des Républicain se félicite de cette décision comme s’il s’agissait d’une victoire politique, de nombreux Ivoiriens (pas forcément militants du FPI) estiment que le processus de réconciliation nationale et le dialogue politique risquent de prendre un coup. La raison est toute simple : la question de la libération de l’ancien président ivoirien reste l’une des principales revendications de son parti. Juste à titre d’exemple, l’appel au boycott du Recensement de la population a été marqué par un slogan : « avant de nous recenser, libérez Gbagbo ». Les sorties médiatiques des cadres du FPI permettent aussi de comprendre que toute initiative du Gouvernement sera frappé du sceau de la nullité tant que la question de la justice des vainqueurs ne sera pas résolue.

Concernant le cas Gbagbo (en dehors de toutes considérations politiques), tout porte à croire que les positions ont évolué avec le temps. Vu le bras de fer entre son parti et le pouvoir qui cristallise le débat politique, les Ivoiriens que nous avons interrogés restent convaincus que la libération de Laurent Gbagbo pourrait aider à faire avancer le processus de réconciliation nationale. A ce niveau, il est bon de noter que selon les résultats de la Commission Electorale Indépendante, le Woody de Mama avait obtenu 46% des voix lors du dernier scrutin présidentiel. Ce qui suppose qu’une frange non négligeable d’Ivoiriens se reconnaît en Laurent Gbagbo. Une popularité qui se constate même sur les réseaux sociaux avec une kyrielle de pages dédiées à sa cause. Mais pour les associations de victimes et partisans de l’actuel régime, le nom de Laurent Gbagbo est lié aux 3000 victimes de la crise. Il faut bien que quelqu’un paye pour ce crime et le chef des refondateurs qui a refusé de céder le fauteuil présidentiel à Alassane Ouattara est l’homme qui doit endosser cette responsabilité. Pour la CPI, le débat de la culpabilité de Laurent Gbagbo n’est pas encore à l’ordre du jour. En effet les procédures de la Cour se subdivisent en deux principales étapes. Avant l’ouverture du procès, la Cour analyse les charges et les éléments de preuves retenues par le Procureur. Le dossier Laurent Gbagbo contre le Procureur de la CPI vient de passer la première étape de la procédure mais rien ne dit qu’il sera déclaré coupable au terme de son procès qui s’annonce long….et palpitant.

SUY Kahofi

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Commentaires

FBI
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Faut-il pleurer ou rire pour Gbagbo ?

Suy
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Là est la question dans la mesure où qu'on soit proche ou éloigné de lui c'est avant tout un ancien chef d'Etat...