Kahofi SUY

ALPC : l’UE soutient la CEDEAO

La prolifération des armes légères constitue un problème de sécurité
La prolifération des armes légères constitue un problème de sécurité

L’Union européenne (UE) vient d’octroyer une enveloppe de 5,56 millions d’euros à la CEDEAO pour aider à lutter contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC) dans la région ouest-africaine.

Depuis plus de 30 ans les armes légères et de petits calibres alimentent les conflits en Afrique de l’Ouest. Libéria, Sierra-Léone, Côte d’Ivoire, Mali, Casamance (Sénégal), Nigéria…ces pays continuent de lutter contre des milliers d’ALPC qui occasionnent chaque année des morts et d’importants dégâts. Même après les conflits et crises, les armes légères prolongent les tensions inter-communautaires et la criminalité résiduelle.

Pour lutter contre ces armes capables d’être utilisées par un enfant, la CEDEAO encourage les programmes nationaux de lutte contre les ALPC à travers les COMNAT-ALPC (commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres). Ces Commissions ont pour mission la collecte des armes et la sensibilisation des populations avec le soutien des représentations pays du RASALAO, le réseau ouest africain d’action sur les armes légères et de petits calibres. Mais la lutte contre les ALPC demande un investissement important, du temps et un engagement des forces en présence pour obtenir des résultats. Les pays touchés par ce fléau en Afrique de l’ouest s’engagent sous la houlette de la CEDEAO qui a lancé le projet « Soutien de l’EU au mandat régional de la CEDEAO pour la paix, la sécurité et la stabilité » à Abuja (Nigéria).

D’une durée de trois (3) ans, le projet verra la mise en place d’un programme pilote de collecte d’armes dans deux groupes types de pays. Le premier groupe concerne le Niger, le Mali et le Nigeria. Les opérations dans ce premier groupe concernent les régions nord. Dans l’Union du Fleuve Mano trois pays seront ciblés. Les régions ouest de la Côte d’Ivoire, la Guinée forestière, l’est du Libéria et le nord-est de la Sierra Leone. L’appui de l’Union Européenne à ce projet s’élève à 5,56 millions d’euros. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) est le partenaire d’exécution de ce projet qui entend aussi combler les lacunes sur la connaissance des dangers liés à la prolifération de ces armes, cela par le biais de campagnes de plaidoyer et de sensibilisation; de renforcement des capacités des parties prenantes, de collecte et de destruction d’armes et de fourniture de services sociaux aux communautés frontalières.

SUY Kahofi


CDVR : des audiences pas si publiques !

Que veut cacher la CDVR aux ivoiriens ?
Que veut cacher la CDVR aux ivoiriens ?

Il s’agissait d’audiences publiques mais visiblement nous sommes obligés de dire « dites publiques » dans la mesure où elles ne sont pas ouvertes au grand public ni même aux journalistes comme au Togo. La Commission Dialogue Vérité et Réconciliation a jugé bon de lancer une opération digne d’une rencontre de confrérie de sorciers dans une forêt sacrée !

Les journalistes qui ont rallié le site de l’IVOIRE Golf Club (Abidjan-Riviera) ont eu l’autorisation d’enregistrer exclusivement le discours d’ouverture de Charles Konan Banny le président de la Commission. Et après ceux (les journalistes) qui ont eu l’ingénieuse idée de rester dans la salle exiguë pour rendre-compte ou simplement comme citoyen ordinaire ont été dépouillé de leur dictaphones, appareils photo, bloc note, téléphones portables et même stylos ! Pour le lancement d’une activité aussi importante, la salle des audiences publiques ne peut que contenir environs 80 personnes (je suis généreux).

Pour cette journée, seul 5 victimes seront entendues sur 130 qui doivent se succéder au pupitre sur les deux (2) mois avenirs. Une durée qui pourrait être prolongée selon le service de communication de la CDVR sans que l’on ne nous explique pourquoi. Sur 64.000 personnes préalablement auditionnées sur plusieurs mois, seul une poignée passera donc devant les commissaires. Neuf (9) commissaires choisis parmi les représentants de la CDVR au niveau central et local. Alors comment les ivoiriens sauront ce qui a été dit entre quatre murs ? Eh bien, ces audiences seront filmées par une équipe audio-visuelle mise sur pied par la CDVR (???) qui remettra par la suite un montage vidéo tous les jours à la RTI. La télévision nationale « s’est engagée » à diffuser 10 productions par semaine; là encore la programmation télé est entourée d’un véritable flou! Questions : que doit-on censurer dans les témoignages des victimes ? Qu’est ce que les Ivoiriens ne doivent pas voir ou entendre ?

Les journalistes mais aussi des commissaires régionaux de la CDVR, les ONG et les organisations de victimes regrettent cette omerta autour d’un processus si important. Notons que les audiences publiques sont la dernière étape du mandat de la CDVR.

SUY Kahofi


GIE PMIEX-COOPEX : agir pour sauver les entreprises nationales de la filière Café-Cacao

Il est capitale de redonner le pouvoir économique aux producteurs et entreprises nationales
Il est crucial de redonner le pouvoir économique aux producteurs et entreprises nationales

Le succès économique de la Côte d’Ivoire repose sur l’agriculture. Malheureusement depuis les indépendances, les producteurs et entreprises agricoles nationales sont les parents pauvres du système économique. La filière café-cacao qui représente plus de 40% PIB n’échappe à cette situation. C’est la raison pour laquelle le Groupement d’Intérêt Economique des Petites et Moyennes Industries et des Coopératives Exportatrices de Café-Cacao en abrègé GIE PMIEX-COOPEX a décidé de s’engager dans la lutte pour redonner le pouvoir économique aux producteurs et entreprises nationales. Face à la presse ce mercredi 03 septembre 2014, le Groupement d’Intérêt Economique a exposé sa vision de la réforme de la filière Café-Cacao.

Malgré la bonne foi apparente des autorités ivoiriennes et du Conseil Café-Cacao, les orientations de la réforme jouent en défaveur des producteurs et entreprises nationales. 300.000.000 f CFA en espèce pour obtenir les cautions de déblocage dans un système dominé par la certification producteurs-acheteurs internationaux et les enchères où les multinationales sont les concurrentes des producteurs nationaux ! Un mécanisme que dénonce Raymond Koffi président du Groupe économique. En effet plus nanties, les multinationales imposeront leurs conditions d’achat aux producteurs et cela devient plus inquiétant car elles ont aujourd’hui accès au marché bord champ. Quand l’Etat ne garantit pas un minimum de protection aux entreprises nationales face aux multinationales le risque qu’elles courent est énorme : la disparition !

Le système d’achat-vente du café-cacao est donc biaisé à la base et celui-ci favorisera dans un bref délai la disparition des entreprises nationales. Le Groupement d’Intérêt Economique PMIEX-COOPEX préconise donc une série de mesures diligentes pour sauver la situation avant l’ouverture de la prochaine saison. Il s’agit entre autre de la mise en place d’un guichet spécialement dédié aux COOPEX-PMIEX avec un volume de tonne à leur allouer. A cela s’ajoute une exonération de taxe à hauteur de 60F/KG minimum correspondant à l’écart de compétitivité. Toujours au plan financier, le GIE PMIEX-COOPEX demande une dispense de cautions de déblocage et une garantie à première demande des lignes de crédit. Au niveau de la transformation, l’Etat doit pouvoir garantir un tonnage aux transformateurs nationaux en rapport avec leur capacité sans passer par les enchères et aux conditions économiques initiales lors de leur installation.

La mission que s’est assignée le GIE PMIEX-COOPEX est certes noble mais pour arriver à surmonter le challenge le Groupement d’Intérêt Economique doit pouvoir être au cœur de l’appareil de décision qui gère la filière. C’est pourquoi il préconise l’intégration des PMIEX-COOPEX au sein du Conseil d’administration du Conseil Café-Cacao (CCC). De telles mesures pourront permettre aux entreprises nationales d’exister et de contribuer à la marche vers l’émergence en absorbant une part plus importante de la population active avec les 75% du volume d’exportation qu’elles revendiquent.

SUY Kahofi


Revue de la semaine ivoirienne du 25 au 30 août 2014

Ebola inquiète toujours la Côte d’Ivoire

Ebola avait battu le record des unes cette semaine mais dans le contexte ivoirien les sujets politiques et judiciaires ne sont jamais bien loin. La preuve, l’affaire Simone Gbagbo contre le procureur de la CPI refait surface. La CPI lance un ultimatum aux autorités ivoiriennes barre Le Patriote avec cette injonction prêté à l’instance judiciaire : « jugez Simone Gbagbo avant le 10 octobre sinon…». Ultimatum qui fait dire à Soir Info qui la CPI réclame Simone Gbagbo, l’ex-première Dame. C’est une forte pression qui s’exerce sur la Côte d’Ivoire indique L’Inter qui profite de ce rebondissement pour faire le point des procès Gbagbo Laurent et Blé Goudé Charles. Les deux hommes se portent bien selon LG Info et tel un fils aimant Charles Blé Goudé dit passer du bon temps à l’écoute du président Gbagbo. Le confrère nous propose le film d’une journée de Charles Blé Goudé à La Haye. Des journées marquées par l’espoir en témoigne cette phrase (dit-on) de Laurent Gbagbo à la une du Quotidien d’Abidjan : « je suis convaincu, je reviendrai ». Et pendant que les débats judiciaires s’ouvrent par organes interposés, le sommeil du président Ivoirien Alassane Ouattara est toujours troublé par la maladie à virus Ebola ! Le Patriote soutient que le président ivoirien a battu le rappel des troupes lors d’une réunion de crise. Ebola c’est 1500 morts et aucun cas en Côte d’Ivoire a martelé le chef de l’Etat ivoirien mais vigilance d’où la mise sur pied d’un comité de veille au sein du Conseil National de la Sécurité. Fraternité Matin nous indique que la mobilisation du Gouvernement ivoirien ne se fait pas de manière isolé, elle s’inscrit dans un cadre sous régional marqué par une rencontre de crise à Accra souligne L’Inter. Le président en exercice de la CEDEAO le Ghanéen John Mahamat Dramani s’indigne du fait que les pays touchés aient été mis en quarantaine. Ebola c’est une affaire sérieuse et on ne plaisante pas soulignent à l’unisson L’Expression et Le Nouveau Courrier qui indiquent qu’un consommateur de gibier a été condamné à 5 ans de prison pour avoir dégusté de la viande de rat. Ebola menace non pas seulement la santé des populations mais également la survie de familles entières car elle entraine dans le sillage de la contamination des problèmes sanitaires et économiques inquiétants indique Le Point d’Abidjan. Achevons ce round up de l’actualité vue par les quotidiens ivoiriens avec l’acte I de la sélection Hervé Renard. Le Démocrate indique que 26 joueurs ont été appelés mais manque à l’appel des cadres comme Zokora ou Gnegneri indique Notre Voie quand L’Expression martèle que Didier Drogba a confirmé sa décision de ne plus jouer en équipe nationale. Seul couac, les autorités ivoiriennes n’ont toujours pas décidé d’autoriser la rencontre Côte d’Ivoire – Sierra Leone à Abidjan comptant pour les éliminatoires de la CAN 2015.


Ebola : les députés Ivoiriens s’engagent dans la lutte

Il n’y aura pas de vacance pour le comité de veille conte Ebola
Il n’y aura pas de vacances pour le comité de veille contre Ebola

Ils n’auront pas de vacances c’est décidé ! Eux, ce sont les parlementaires ivoiriens qui ont décidé de mettre sur pied un comité de veille sanitaire et sociale contre Ebola. Par cette action ils engagent l’Assemblée Nationale dans la lutte contre cette maladie qui selon les derniers chiffres a fait plus de 1300 victimes en Afrique de l’Ouest. Ledit comité de veille sanitaire a été mis sur pied en marge de la clôture de la deuxième session extraordinaire de l’année 2014 de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.

Ce comité de veille parlementaire contre Ebola aura pour mission d’accompagner le Gouvernement dans sa politique de lutte mais aussi et surtout d’aller au contact des populations pour mener la sensibilisation et amplifier le message de la prévention. En effet, les députés ivoiriens estiment qu’il est important pour les populations de comprendre le bien-fondé des mesures de protection instaurées par le Gouvernement et surtout la nécessité de les appliquer au quotidien. L’objectif est de contenir la psychose crée par Ebola principalement dans les zones frontalières à risque de l’ouest ivoirien.

« Ainsi, les membres du comité de veille sanitaire et sociale contre Ebola vont consacrer leurs vacances parlementaires pour se déployer dans leurs localités respectives afin de faire passer le message juste tel que dicté par les autorités ivoiriennes » a tenu à indiquer l’honorable Clarisse Kayo présidente du comité de veille.

Pour pouvoir informer les autres, il est important de s’informer soit même et surtout de se former aux méthodes de lutte et de prévention. C’est la raison pour laquelle avant leur déploiement sur le terrain, les députés auront des séances de travail avec le ministère de la santé et de la lutte contre le SIDA. Au-delà, des rencontres seront aussi organisées avec les Ministères de l’Intérieur et celui de la défense mais également avec des partenaires bilatéraux de la Côte d’Ivoire à l’image du PNUD et de l’USAID.

SUY Kahofi