Kahofi SUY

RTI : c’est l’écran noir

Les combats ont été particulièrement violents cette nuit à Abobo si l’on s’en tient au témoignage de l’un de nos informateurs qui est définitivement sorti du quartier ce matin. « J’ai vu au moins une vingtaine de cadavres à différents points du quartier. Des morts et une vilaine odeur de corps en début de putréfaction commence à planer : la situation devient chaotique » a-t-il achevé. Le Samedi 26 des centaines de combattants des FDS fidèles à Laurent Gbagbo appuyés par de nombreux chars se préparaient pour l’assaut sur le quartier vidé d’une partie de sa population. L’impressionnant déploiement annonçait déjà la violence des combats puisse que quelques heures auparavant, le chef d’Etat major Philipe Mangou c’était voulu rassurant en soulignant que « le travail se poursuivait à Abobo ». Ce matin ‘’ce travail’’ semble avoir porté des fruits : une relative accalmie et une épaisse fumé noire émanant du centre émetteur d’Abobo. Les installations de transmission hertzienne de la RTI ont été touchées et endommagées : résultat c’est l’écran noir tout ce dimanche ! Cet écran noir concernait Abidjan et sa région mais tous les habitants qui suivaient la chaîne via le satellite (parabole canal SAT) pouvaient toujours recevoir le signal. « Nous allons réparer ça dans les heures qui viennent ! Les Abidjanais n’ont pas le droit de s’inquiéter : ils auront les images ce soir » avait lancé un technicien de la chaîne autour de 9 heures ce matin (dimanche 27). Hélas au moment où nous postons ce billet (17 h 20 mn TU), c’était toujours le black total sur l’écran au positionnement du signal de la RTI pour le grand Abidjan.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 30 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi


L’hospitalité des Abidjanais à l’épreuve de la crise

 

Des milliers d'habitants quittent Abobo

Les combats font rage chaque jour ou presque à Abobo. Des milliers d’habitants quittent le quartier le plus peuplé d’Abidjan pour trouver refuge auprès de parents et amis dans d’autres quartiers. Difficile de rester insensible devant autant de souffrance, de familles qui ont pu à peine manger depuis ces trois derniers jours, d’enfants malades et traumatisés par le bruit d’arme à feu, de jeunes gens inquiets d’être pris pour cible par les groupes armés… Ils quittent Abobo destination Adjamé, Yopougon, Koumassi, Marcory pour éviter les balles qui atterrissent de plus en plus dans les concessions et percent la toiture des maisons. Quand bien même à Abidjan on se demande s’il existe une seule zone encore sécurisée, nombreux sont ceux qui soutiennent qu’il est préférable de quitter le pire pour le moins touché !

« Mon frère ça chauffe là bas ! Abobo est gâté ! On peut plus tenir, ça fait deux jours que nous sommes dans la maison. C’est ce matin avec les nombreux déplacés qui sortaient que je suis sorti avec ma famille. Sur la route que des chars, des chars et des chars ! » souligne un habitant les paupières alourdies par la longue veille de la nuit. Une fois hors du quartier il faut trouver un point de chute et compter avec la disponibilité et surtout l’hospitalité des parents. Sonia habite Cocody Riviera II et depuis 5 jours elle héberge quatre de ses frères venus d’Abobo. Voici un an que la jeune fille après avoir décroché un poste d’assistante de direction et a décidé de vivre seule. « Mes parents n’étaient pas d’accord pour que je quitte le quartier (Abobo) mais je pense que j’ai fais un bon choix » affirme Sonia. Le petit studio est plein ! Cheik l’un des frères de Sonia souligne pourquoi il a quitté le quartier. « Nos parents sont âgés et ils ont refusé de quitter la maison familiale. Nous sommes sortis parce qu’en cas de vaste offensive les civiles peuvent être touchés ». Dans la maison devenu étroite, on s’organise comme on peut pour manger et rallier l’école pour certains, le lieu de travail pour d’autres.

Atmosphère quasi identique chez la famille Fofana à Treichville sauf qu’ici le nombre de personnes est plus élevé. « Tous les parent d’Abobo, quelque chose comme 18 personnes sont ici dans cette cours qu’on appelle la grande cours. On a transformé les salons en dortoirs la nuit et on fait ce qu’on peut pour manger » souligne le patriarche de la famille. L’un de ses fils du doyen Fofana, bijoutier de son état nous explique comment la famille se sert les coudes pour s’en sortir. « On rationne le riz et les quelques condiments pour faire manger tout le monde. Chaque femme se débrouille le matin avec son petit commerce et nourrit un nombre précis d’enfants » nous explique Aziz. A la question de savoir si ces nouvelles bouches à remplir pose un problème voici la réponse du jeune homme. « Entre partager un peu de riz avec ton frère et le laisser à la merci des balles à Abobo, tu choisi quoi ? C’est vrai que c’est dur mais rien ne vaut la vie d’un membre de la famille ».

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 29 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas !

Suy Kahofi


La solution contraignante dans quelques jours

 

Quelle sera la solution du panel

Un panel, celui de l’Union Africaine, une mission, trouver un dénouement pacifique à la crise Ivoirienne. L’UA se veut confiante et ses résolutions avait-on dit à Addis-Abeba seraient contraignantes pour les deux partis. A peine le panel mis sur pied, à peine le délai d’un mois qui lui est imparti tire à sa fin. Plus que quelques jours avant que cette solution contraignante ne soit connu mais dans son attente toutes les spéculations et souvent les plus folles circulent en ce moment à Abidjan.

Solution contraignante 1 selon l’abidjanais

Pour certains abidjanais, c’est Laurent Gbagbo qui reste Président et le Docteur Alassane Ouattara devient son vice président avec des pouvoirs élargies. La constitution ivoirienne ne sera pas foulée au pied et la Côte d’Ivoire sortira la tête haute de la crise, loin de la risée des autres pays africains. La grande réconciliation du peuple se fera avec un Ouattara aux côté de son frère Laurent tout sourire. Si c’était la solution, les pro-Gbagbo crieront hourra au grand mécontentement des militants du RHDP qui ne pourront que s’aligner sur la position de leur leader parce que quand le chef parle le peuple se tait !

Solution contraignante 2 selon l’abidjanais

Alassane Ouattara est confirmé président, Laurent Gbagbo lui désigne un vice-président : son statu d’ancien chef d’Etat ne peut pas lui permettre d’être le vice du nouveau venu. La CEDEAO, l’UA, l’UE et la grande Communauté Internationale sortiront la tête haute de la crise en ayant réussit à imposer la démocratie sans avoir recours à la force. La Côte d’Ivoire aura donc réussit une alternance politique réussit quand bien même elle fut entachée de violence. Si c’était la solution les pro-Ouattara crieront hourra car les militants tombés ne seront pas morts pour rien. Le mécontentement sera grand dans le camp des militants du LMP qui ne pourront que s’aligner sur la position de leur leader.

Solution contraignante 3 selon l’abidjanais

Si avec deux présidents les choses ne s’arrangent, il faut un troisième ! Ni Ouattara ni Gbagbo le temps de voir plus claire dans cette histoire de crise post-électorale. Oui un troisième Président qui aura la lourde charge de conduire une transition et d’organiser un nouveau second tour de l’élection présidentielle. On pense au Président de l’Assemblée nationale, le sieur Mamadou Coulibaly, très discret depuis le début de la crise post-électorale. Pour les modérés cette solution permettra une bonne fois pour toute de savoir qui de Ouattara et Gbagbo est réellement président. De nouvelles élections en toute transparence sous la supervision d’un président de transition qui ne sera pas candidat. Une telle solution doit normalement contenter tout le monde mais visiblement ni les partisans de Ouattara et de Gbagbo ne sont chauds pour qu’elle s’applique.

Personne n’est devin et malgré toutes ces projections de solution contraignante le mystère reste intact en attendant le 28 février qui maquera nous l’espérons tous la fin de la crise.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 28 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA malgré les appels de Reporters Sans Frontières.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi


Prolongement de l’arrêt des exportations du cacao

 

‘’L’embargo Soro’’ sur le cacao maintenu

La décision du gouvernement Soro portant suspension des exportations du cacao vient d’être prolongée jusqu’au 15 mars. Cette décision s’inscrivant dans la stratégie d’asphyxie économique lancée contre le président sortant prive ce dernier d’une importante manne financière. L’objectif étant d’empêcher dans l’immédiat Laurent Gbagbo d’utiliser les ressources générées par le négoce du cacao « pour se réarmer et brimer les populations ».

Malheureusement, certains caciques du régime sortant (des ex-barrons de la filière) veulent utiliser cette stratégie d’asphyxie économique qui commence à porter ses fruits contre le gouvernement Soro. Face à cette campagne de désinformation le porte-parole du gouvernement Soro, le Ministre Patric Achi a tenu à faire ces précisions. « Si ces exportations devaient se faire, le paiement des taxes para-fiscales ou fiscales ne pourraient pas se faire parce qu’elles se feraient entre les mains du gouvernement illégitime. Donc nous avons prorogé cette décision en nous disant et nous l’espérons, que d’ici là nous serons sortis de la crise et que ces ressources serviront à développer la Côte d’Ivoire ».

Pendant ce temps les paysans et autres gros producteurs crient famine. Ces derniers ont manifesté devant le siège de l’Union Européenne il y a quelques jours pour dénoncer une stratégie visant à affamer les Ivoiriens. Pour démontrer leur mécontentement ils ont mis le feu à cinq sacs de fèves  en plein Plateau. Pour le Ministre Patric Achi cette pseudo-grogne cache une seule et unique chose : le malaise des producteurs pro-gbagbo ! « Sur la grande campagne, on a environ 900 à 950 milles tonnes qu’on exporte. Au moment où la décision a été prise, 600 milles tonnes avaient été déjà exportés hors de Côte d’Ivoire et 250 milles tonnes étaient déjà dans les magasins des exportateurs. Cela veut dire qu’il restait à peine 100 milles tonnes dans les champs et depuis un mois la plupart de ces 100 milles ont été acheté. On attend donc avril pour le début de la petite campagne ».

Au moment où la décision a été prise de suspendre les exportations, il restait donc à peine 10% de la production dans les champs et selon le gouvernement Soro toutes les dispositions ont été prises pour que les conséquences de cette suspension se fassent sentir le moins possible sur les producteurs. C’est en connaissance de cause et chiffre à l’appui que cette stratégie à donc été mise sur pied. La grogne ne peut que venir des producteurs LMP qui ne sont nullement significatifs de toute la corporation. D’ailleurs certains d’entre eux ont contourné ouvertement cette décision en vendant leur production au Ghana. Il faut noter que la vente et l’achat bord champ des fèves est toujours autorisé.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 27 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

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Suy Kahofi


Droit de l’homme : FDS et FAFN épinglés par Amnesty Internationale

 

La violence gagne du terrain

Abidjan a renoué depuis deux semaines avec la violence marqué par des affrontements entre FDS et manifestants pro-ouattara qui ont fait des dizaines de morts et de blessés. Ni la présence du panel de l’Union Africaine n’a calmé les ardeurs des deux camps qui semblent avoir choisi la manière forte pour régler la crise pos-électorale. Face aux manifestants, les FDS fidèles à Laurent Gbagbo ne sont pas allés par le dos de la cuillère : utilisation de grenade OF, de lance roquettes de type RPG 7 et tir d’obus (chars d’assaut légers) pour disperser une manifestation. On se demande bien si la Côte d’Ivoire, ayant confié la sortie de crise à l’UA avait besoin de toutes ces scènes de violence. Hier (23 février), alors que nous quittions Koumassi remblais épicentre du soulèvement du RHDP à Abidjan sud, la Garde Républicaine avait commencé à boucler Treichville, le quartier commerçant. Des nombreux habitants inquiets en effet craignaient que les militaires ne s’adonnent à des enlèvements et des exécutions. Au même moment un habitant d’Abobo nous a signalé le ballet suspect d’un hélicoptère au dessus du quartier pendant que des échanges nourris d’arme de guerre se faisaient entendre. « Je pense que la méthode Kadhafi risque de s’appliquer et cela va entrainer plus de morts » avait souligné l’homme très préoccupé non sans prendre le soin de nous signaler que le quartier se vide petit à petit de ses habitants ! Ce mouvement de population est surtout consécutif à un présumé appel du fameux commando fantôme exhortant les FDS à rejoindre la révolution au risque d’exposer leurs familles et biens à des représailles.

C’est dans ce climat plus que tendu que les conclusions de l’enquête d’Amnesty Internationale sont tombées. FDS et FAFN sont tous deux épinglés ! Le camp de Laurent Gbagbo, représenté par les Forces de défense et de sécurité, qui le soutiennent, sont accusées « d’exécutions extrajudiciaires, d’usage excessif de la force et de viols. L’organisation, qui se fonde sur des témoignages, précise que les victimes de ces exécutions ont été tuées au cours de manifestations ou à leur domicile ». Selon Amnesty International, parmi « les personnes arrêtées à Abidjan par les Forces de défense et de sécurité, certaines ont disparu, d’autres ont été maltraitées, comme deux journalistes de Bouaké, qui sont encore détenus ». Amnesty demande leur libération immédiate. Les Forces Armées des Forces Nouvelles, qui soutiennent Alassane Ouattara « se sont rendues coupables de détentions arbitraires, avant même le premier tour de la présidentielle ». Et pendant la crise post-électorale en cours, Amnesty évoque « des témoignages faisant état de viols et de mauvais traitements commis par des membres de l’ex-rébellion, dans les zones qu’elle contrôle ».

Notons qu’avec le dernier bilan des violences dans la capitale Ivoirienne, le cap des 500 morts dans le bilan de la crise post-électorale risque d’être largement dépassé.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 27 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA malgré les appels de Reporters Sans Frontières et de l’ONUCI.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi