Kahofi SUY

Et les droits de l’homme dans tout ça ?

 

Une balle a perforé la mâchoire inférieure de ce civil pour ressortir_sous l œil

Chaque jour qui passe depuis la mi-décembre est un jour de deuil pour une famille en Côte d’Ivoire. Il ne se passe pas un jour sans qu’un enfant, une femme ou un civil innocent ne perde la vie dans les combats opposant insurgés du commando invisible et éléments des FDS. L’offensive des FDS est militairement justifiée. D’ailleurs il est normal pour l’armée ivoirienne de vouloir se débarrasser des insurgés puisse que ceux-ci empiètent sur leur territoire. Le seul hic c’est qu’à voir la stratégie utilisée par les FDS pour traquer l’ennemis on ne peut que se poser des questions sur les réelles motivations des hommes en uniforme. Que vont-ils véritablement faire à Abobo : traquer des insurgés ou tuer des civils ? La question mérite d’être posée car depuis une semaine que dure l’offensive seuls des civils sont tués dans les bombardements des FDS.

Appliquons le droit International Humanitaire

Ce jeudi 17 mars, entre 25 et 30 personnes ont encore été tuées à Abobo venant alourdir le bilan de 410 tués officiellement recensés par l’ONUCI. Il faut également souligner que 40 et 60 blessés ont été enregistrés. Des grenades et des obus qui atterrissent encore et toujours sur des maisons ou des marchés occupées par des civils. Sur les 1.500.000 habitants que compte le quartier d’Abobo (quartier le plus peuplé d’Abidjan), les ONG ont pu enregistrer le départ de 300.000 personnes dont certaines, malgré l’offensive ont regagné leurs domiciles. Abobo n’est pas un quartier vide en homme et aussi bien qu’il abrite des pro-ouattara, des pro-gbagbo y sont encore et même des ivoiriens qui ont choisi de ne pas faire la politique. A ce titre les stratégies militaires applicables sur une ligne de front ne peuvent l’être dans une zone urbaine aussi densément peuplée. Il est temps que des principes les plus élémentaires du respect des droits de l’homme soient appliqués par les deux camps et en premier lieu par les FDS qui opèrent sur le terrain en tant que force soumise aux conventions de Genève. Ces conventions et leurs accords additionnels stipulent clairement que toute personne n’étant pas en possession d’une arme à feu, ne participant pas (ou plus) aux combats ne doit être traité comme un combattant. Les civils pris au piège des combats doivent être épargnés et l’utilisation d’arme de guerre en zone urbaine doit être proscrite. FDS et commando invisible ont la charge de protéger les civils car toute population occupant une zone soumise de fait ou de facto à une force militaire doit être protégé par celle-ci. On ne peut pas prétendre rechercher la paix et vouloir gouverner un peuple quand on pose des actes pour l’exterminer. En ce 21ème siècle soyons sûr que rares sont ceux qui ont violé les droits de l’homme ou appelé à la violence durant un conflit et qui se promènent en toute impunité. Les cas Charles Taylor, Saddam Hussein, Milosevic, Radovan Karadzic sont bien là pour le confirmer et même ceux qui courent encore seront rattrapés tôt ou tard. Il faut que les tueries aveugles de civils cessent ! La vie est sacrée et nul n’a le droit de l’ôter à son semblable.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Message de soutien et d’encouragement à nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) arbitrairement détenus à la MACA pour atteinte à la sureté de l’Etat.

En ce 47ème jour de détention nous ne les oublions pas et nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi


TCI vs RTI : vers l’équilibre de l’information ?

 

La bataille de l’image fait rage entre la RTI et TCI

« Au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, Laurent Gbagbo avait tout et le RHDP n’avait rien ! Aujourd’hui je crois que nous avons tout et lui presque rien ! ». Cette phrase tenue il y a environ une semaine sur les antennes de TCI par Patrick Achi le porte parole du gouvernement Soro consacre l’équilibre des forces en présence dans la crise post-électorale ivoirienne. Chaque camp dans sa manœuvre d’isolement de l’adversaire a désormais en sa possession l’arme idéale pour toucher l’ivoirien : les médias. Chaque camp possède sa télévision, sa chaîne de radio et on le sait déjà ces journaux. La crise post-électorale Ivoirienne consacre une forme de libéralisation totale de l’espace audio-visuel et de la presse en Côte d’Ivoire. Désormais l’information n’est plus la chasse gardée d’un seul camp et chacun peut faire sa propagande.

Bien fini le temps où les gigantesques meetings de la galaxie patriotique fortement médiatisé par la RTI donnait au monde l’impression que Laurent Gbagbo était le maître absolu de la Côte d’Ivoire. Fini le temps des images en boucle diabolisant le RHDP. Fini le temps des morts et des victimes qu’on cachait, des marches qu’on réprimait dans le sang, des problèmes économiques qu’on cachait pour mieux asservir le peuple. Il a fallu que TCI émette juste quelques semaines pour que certaines réalités socio-économiques soient mises à nu et que d’autres slogans soient découverts par le monde dont le célèbre Gbagbo dégage ! Les deux chaînes de télévision ivoirienne, quand bien même prêchant pour leur chapelle respective, ont pu établir un équilibre de l’information. C’est vrai que le mot impartialité est à bannir de leur mode opératoire mais en suivant les deux chaînes on se fait une idée de la situation réelle sur le terrain. Ce que la RTI cache, TCI le dévoile et vis versa. Voici ce que les Ivoiriens pensent de ces deux chaînes. « Moi ce que je note c’est que TCI a poussé la RTI  à revoir ses productions ; les reportages mensongers auxquels nous étions habitués ont disparu » affirme Franck K. « Je reproche aux deux chaînes d’accorder moins d’importance aux souffrances du peuple. 70 % de leur temps d’antenne sert à la propagande politique » déclare Pauline Y.  « Je vais consentir à les appeler télévisions au service de la Côte d’Ivoire quand la RTI aura le courage de montrer des femmes tuées par les chars de Gbagbo et TCI des réfugiers du Libéria fuyant l’offensive des Forces Républicaines. Pour l’instant je considère que se sont des outils de propagande pro-gbagbo et pro-ouattara » soutien Ismaël C.

Alors que doivent faire TCI et la RTI pour accompagner la sortie de crise ? Voici la réponse d’un instructeur d’une école de journalisme. « Elles peuvent prêcher pour leurs chapelles mais le plus important c’est de privilégier et promouvoir les actions de sortie de crise. Elles doivent diffuser par exemple des images de cultes ou de messes pour le retour de la paix en cette période de carême, inviter les leaders religieux à prôner l’amour et le respect de la vie humaine, montrer des jeunes de communautés différentes qui s’unissent pour le bien de la Côte d’Ivoire…Seules ces images peuvent apaiser les cœurs ». Les médias ont un rôle important à jouer dans le processus de sortie de crise et pour un nombre important d’ivoiriens le temps n’est plus aux appels à la haine de l’étranger et de la guerre aveugle entre communauté mais à la diffusion de productions allant dans le sens de la réconciliation.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Message de soutien et d’encouragement à nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) arbitrairement détenus à la MACA pour atteinte à la sureté de l’Etat.

En ce 46ème jour de détention nous ne les oublions pas et nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi


Le discours d’Alassane Ouattara à la Nation

 

Le discours du Président élu de la République de Côte d’Ivoire sur TCI

Le discours du Docteur Alassane Ouattara, Président élu de la République de Côte d’Ivoire en cette soirée du 15 mars 2010 fut bref ; moins d’une quinzaine de minute pour lancer un appel à l’unité et à la consolidation des acquis d’une Côte d’Ivoire fragilisée par trois mois de crise post-électorale. Fidèle à son principe d’une Côte d’Ivoire évoluant dans une Afrique digne et capable de résoudre ses problèmes, il a fait sienne les conclusions de la dernière réunion du conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine qui le confirme au poste de Président de la République. Pour clore définitivement le chapitre des interprétations de ces conclusions, il a tenu d’entrée de jeu à les rappeler. D’ailleurs parmi ces cinq résolutions figure une qui faisait parti de son programme de gouvernement à savoir celle de la mise sur pied d’un gouvernement d’union nationale.

Les conclusions du panel de l’Union Africaine, consolidées par le conseil de paix et de sécurité sont donc aujourd’hui la nouvelle feuille de route pour la sortie de crise en Côte d’Ivoire. L’objectif immédiat que le Président Ivoirien se fixe en appliquant ces cinq mesures d’Addis-Abeba est la réconciliation du peuple Ivoirien sur la base modèle sud-africain par la mise sur pied d’une commission vérité et réconciliation. Malgré les bonnes dispositions du Président Alassane Ouattara pour une sortie de crise pacifique il ne faut pas se voiler la face. La paix des braves tant voulue par l’Union Africaine ne se fera pas seulement par l’unique volonté d’Alassane Ouattara. Aussi pour que la Côte d’Ivoire retrouve son calme et renoue avec le développement il a eu ce message à l’endroit du Président sortant. « Au président Laurent Gbagbo je voulais dire qu’il est temps que dans l’intérêt supérieur de la nation qu’il accepte de se conformer à la volonté des Ivoiriens et aux décisions de l’Union Africaine notre organisation continentale. Je lui demande de saisir cette nouvelle initiative du panel de haut niveau de l’Union Africaine. Après le vote des Ivoiriens, après les appels de la société civile, des religieux, de la CEDEAO, de l’Union Européenne, des Etats Unies, des Nations Unies et de tous nos partenaires au développement, il doit comprendre qu’il s’agit là pour lui-même et pour ses proches de la dernière chance pour une sortie pacifique et honorable : sa responsabilité est personnellement engagée ».

Au-delà de l’appel à Laurent Gbagbo, le Président Alassane Ouattara n’a pas manqué de situer les responsabilités des membres du Conseil Constitutionnel et de l’armée dans la crise post-électorale avant de les inviter à jouer leurs partitions dans ce mouvement de sortie de crise en rejoignant la République. Pour clore son propos le Président Alassane Ouattara a lancé cet appel aux Ivoiriens et habitants de la Côte d’Ivoire pour qu’ils gardent espoir et se préparent à vivre dans une Côte d’Ivoire unie et prospère.

Théoriquement Laurent Gbagbo avait prévu s’adresser aux ivoiriens le lundi 14 mars, puis il a rejeté son adresse au mardi 15 mars et visiblement puisse que le discours n’a eu lieu hier, il est attendu dans les heures qui viennent et ce serra à coup sûr une réponse au discours du Président Alassane Ouattara, je dirais comme d’habitude !

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


45ème Jour de détention arbitraire à la MACA pour nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) accusés sans preuves d’activités terroristes.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas.

Nous pensons également à tous les journalistes et hommes de médias exilés et ceux privés d’exercer librement !

 

Suy Kahofi


On se fait un petit blissi ?

 

Vendeuse de blissi tébil

–          Bonjour Madame, vos bananes coûtent combien ?

–          Bonjour missié banane petit petit là c’est 75, gros gros là c’est 100 et puis ici là c’est 125 f.

–          Les bananes sont devenues trop chères, à cette allure on ne pourra plus rien manger à Abidjan !

Dialogue sympathique et en français très ivoirien entre une vendeuses de blissi tébil et un jeune cadre venu chercher son salaire ce lundi dans l’une des dernières banques encore ouverte. Le blissi tébil pour ceux qui ne le savent pas c’est juste des bananes braisées qu’accompagne un petit sachet d’arachides grillées. Le duo banane braisée et arachides grillées est le casse croute officiel de plusieurs ivoiriens et l’appellation Blissi Tebil est le nom d’un célèbre chanteur Ivoirien des années 70. Il serait bien difficile pour moi de dire si cet artiste ivoirien était consommateur bananes braisées et d’arachides grillées mais son nom est resté scotché à ce petit met. Le blissi tébil comme le garba national a le vent en poupe en cette période de crise et surtout de vaches maigres. Avec un sachet d’arachides à 25 ou 50 f CFA, des bananes à 75, 100 ou 125 f CFA on peut facilement tenir de 7 h à 12 h et n’est pas Yao Emmanuel l’enseignant qui nous dira le contraire. « Je ne sais pas si le blissi a le même effet sur tout le monde mais quand je prend mes trois bananes le matin avec deux sachets d’arachides, je peux me passer du plat de midi ». Il est vrai que le prix des bananes a été revu à la hausse à cause des difficultés pour ravitailler les marchés mais il est hors de question de s’affoler. Cette hausse du prix de la banane ne saurait en rien ruiner le consommateur et Kadi, une jeune commerçante de Treichville le confirme. « Les clients viennent toujours même si c’est difficile pour eux. Il n’y a plus d’argent dans le pays et tout le monde veut consommer moins cher. Aujourd’hui je retourne chaque soir mon sac de banane vide chose qui arrivait rarement avant la crise ». Consommateurs par habitude ou par nécessité font donc la queue pour avoir un blissi et ils espèrent tous qu’avec le retour au calme ils pourront le consommer en toute sérénité entre amis sans cette vilaine peur du lendemain au ventre.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 45 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi


« Tu jettes ta plume ou c’est la mort »

 

C'est librement que nos journalistes nous informent le mieux

Les conditions de travail des journalistes ivoiriens proches de l’opposition sont de plus en plus difficiles. Il ne se passe pas un seul jour sans que des problèmes ne surviennent. En fin de semaine dernière, les journaux proches du RHDP n’ont pas pu être distribués et la raison est tout sauf légale. « Les forces de Monsieur Laurent Gbagbo ont empêché la distribution des journaux. Tous les organes de presse ont produit les parutions du jour et les stocks étaient disponibles à EDIPRESSE. La décision interdisant la distribution des journaux du vendredi n’ayant pas été levée nous sommes restés samedi sans titre dans les kiosque » affirmait Dembélé Alsseny du quotidien l’Expression par ailleurs membre du collectif des journaux pour la défense des acquis du 28 novembre 2010. Les Ivoiriens privés d’information car certaines mains obscures avaient l’intension d’empêcher que le peuple lise simplement qu’Alassane Ouattara est Président. Les manœuvres d’intimidation ne s’arrêtent pas là et c’est désormais dans les locaux des quotidiens d’opposition que la traque se poursuit. Le siège du journal Nord-Sud a été perquisitionné et le motif évoqué par les hommes en uniforme est tout simplement banal et même ridicule : « nous cherchons des armes ». Dénis Kah Zion le patron du GEPCI (Groupement des Editeurs de Presse) ne s’est pas fait prier pour dénoncer cette autre atteinte à la liberté de la presse. « Dans  les rédactions il n’y a pas d’armes : nous n’avons que nos ordinateurs, nos stylo, nos calques…Nos journalistes sont intimidés et il faut que cela cesse car toutes ces actions visent à nous empêché de travailler ».

Les journalistes sont livrés à eux-mêmes puisse que CNP qui devaient les soutenir s’est mué en bourreau de la presse indépendante et d’opposition. Le CNP du sieur Deby Dally Gbalawoulou roule pour le LMP et sur le site de l’organe de régulation de la presse ivoirienne, les décrets de sanction des journaux RHDP tapissent la page d’accueil. Les mêmes déclarations et les mêmes images qui valent sanction à Droite sont appréciées et encouragées à Gauche ! Pauvre de toi presse ivoirien qui est malheureusement tombé si bas, tes animateurs ces valeureux journalistes sont aujourd’hui traités comme des bandits de grand chemin. Si ce n’est pas le CNP, se sont les FDS qui veulent te museler. Reporters Sans Frontières n’entend pas laisser les journalistes tout seul dans cette bataille pour la liberté de la presse et ne manque aucune occasion pour appeler les parties en conflit à garantir le droit à l’information des populations. « On est ulcéré par le comportement des Forces de Défense et de Sécurité parce que là elles agissent évidemment à l’encontre total de la loi et de toute règle. Je rappelle que pour l’absence des parutions le CNP n’a pris aucune décision d’interdiction de la presse indépendante ou pro-ouattara. Nous jugeons la situation gravissime pour les journalistes et les médias dans ce pays. Nous demandons aux FDS d’un côté et aux partisans de l’autre de savoir raison gardée régler le problème politique sans empêcher l’information de circuler ».

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 44 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi