Kahofi SUY

Top 5 des parodies politiques en images

Du PDCI-RDA au PDCI-RDR, les parodies politiques envahissent la toile !
Du PDCI-RDA au PDCI-RDR, les parodies politiques envahissent la toile !

Au pays des éléphants, les 365 jours de l’année sont marqués par des débats politiques houleux sur la Toile. Chaque jour les réseaux sociaux sont envahis par des commentaires les uns plus virulents que les autres. On retrouve également sur le web des images exclusives vantant les mérites des politiciens, mais d’autres les rabaissant. Bien sûr les logiciels de retouche d’image sont passés par là et le résultat peut être souvent impressionnant !

AFFIssiata Ouattara
AFFIssiata Ouattara

5 – AFFIssiata Ouattara

Avez-vous reconnu cette fausse blonde ? Fastoche pour ceux qui s’intéressent à la politique ivoirienne, mais pour les autres il faut bien un petit coup de pouce. La belle dame sur l’image est la maîtresse politique du président Alassane Ouattara. Difficile de dire pour quand les noces sont prévues ou si la maîtresse entend défier son amant. Octobre 2015 nous situera sur l’issue de cette aventure sentimentale à l’occasion de la présidentielle. D’ici là je vous invite à découvrir la véritable identité d’AFFIssiata Ouattara. Mdrrrrrr ! Vous avez vu de qui il s’agit maintenant ? Comme quoi chaque homme cache en lui les traits d’une femme.

Qui n'est pas à sa place ici ?
Qui n’est pas à sa place ici ?

4 – Trouvez l’erreur !

Sous le clavier de celui qui se fait appeler « L’ecclésiaste » cette image photoshopée qui va nous servir de quiz. Je vous invite à jouer en retrouvant l’intrus qui se cache parmi ces militants du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix. Avez-vous trouvé l’intrus ? Indice : « On le croyait en détention ».

Lève juste les yeux…tu peux t’assoir où tu veux
Lève juste les yeux…tu peux t’assoir où tu veux

3 – Un stade à moitié vide pour le président fondateur

Pour tourner en dérision la cérémonie d’investiture du président Alassane Ouattara un internaute a eu l’ingénieuse idée de réaliser ce photomontage qui se passe vraiment de commentaire pour celui qui sait voir au-delà du président ivoirien saluant une poignée de militants. Autant en rire car voici un militant qui pleure parce qu’il n’a pas eu une place au stade Félix Houphouët-Boigny pour admirer son président fondateur. Sérieux, voici un militant qui n’a pas levé la tête sinon il aurait vu que « le monde a refusé le stade ! »

Monsieur et Madame Sarkozy…
Monsieur et Madame Sarkozy…

2 – Le couple Sarkozy vous salue !

Fraîchement sorti de la maternité, le couple Nicolas et Ouattara Sarkozy vous présente leur nouveau-né. Une image qui symbolise l’amitié légendaire entre l’ancien président français et l’actuel président ivoirien. L’image a circulé sur le web au lendemain de l’arrivée du président Alassane Ouattara en France. Un voyage banal mais dès son arrivée à Paris son ami Nicolas Sarkozy annonce une enveloppe miraculeuse pour éponger les dettes de l’UMP. A Abidjan, certains Ivoiriens ont vite fait de tirer des conclusions : l’argent qui a sauvé l’UMP viendrait des caisses de l’Etat de Côte d’Ivoire… Hummm !

No comment !
No comment !

1 – Attachés au pied du maître !

Ceci est une image authentique publiée sur le compte Facebook officiel de la présidence. Je ne suis pas fier de la publier ici, mais je le fais pour montrer combien de fois les officiels africains ont souvent des comportements moutonniers devant les Chefs d’Etat. Alassane Ouattara le président ivoirien est encore dans l’avion sur la piste. De son hublot il ne pourra pas voir qui est présent à l’entrée du salon d’honneur. Qu’est-ce qui peut bien justifier le fait que des ministres et des officiels lèvent en cœur leur main pour les agiter comme des badauds le feraient au passage d’une voiture de course dans un village reculé de la Côte d’Ivoire ? Cette image aurait été prise en l’époque coloniale où les indigènes levaient leurs mains pour accueillir le général de Gaulle, on aurait crié au quasi-esclavage. Mais en plein 2015, certains officiels ivoiriens ont encore la petitesse d’esprit d’avoir ce genre de comportement…

SUY Kahofi


Que peut-on dire avec une caricature ? (FMML 2015)

Dessin de presse, caricature…que peut-on dire, que peut-on dessiner ?
Dessin de presse, caricature…que peut-on dire, que peut-on dessiner ?

L’attaque du siège de Charlie Hebdo en France relance le débat sur la liberté d’expression par le canal du dessin de presse. Une question taraude désormais les dessinateurs et les lecteurs : peut-on tout dire avec le dessin ?

Le dessin de presse et plus généralement la caricature sont un outil de compréhension de la ligne éditoriale d’un organe. Il répond certes à des besoins d’illustration, mais permet aussi et surtout de détendre le lecteur et de l’aider à comprendre l’actualité. Il est aussi « un indicateur clé pour jauger la liberté d’expression dans un pays » selon le caricaturiste marocain Khalid Gueddar. Malheureusement ces dix dernières années dans le monde, les dessins de presse ont créé des situations de colère populaire, d’émeute et d’emprisonnement pour les dessinateurs. On reproche ici et là aux quotidiens satiriques des atteintes au sacré, à l’honorabilité d’un dirigeant politique ou même d’atteinte à la pudeur.

Pour le dessinateur de presse brésilien Carlos Henrique Lattuf, toutes ces situations naissent d’une incompréhension du dessin de presse et d’une volonté malheureuse de certains organes d’attiser les haines.

« Une caricature d’Israël – je ne parle pas des juifs – serait à l’origine d’un scandale en France. Alors qu’une caricature du massacre des Palestiniens n’aura aucun effet dans le même contexte. Une caricature du prophète Mohamed ne choquera personne dans un pays donné, mais fera descendre toute la population dans la rue dans un autre pays » nous explique le dessinateur.

Le dessin de presse ne s’apprécie donc que dans un contexte sociopolitique précis. Le langage du dessin étant universel, il est souvent difficile de prévoir la réaction d’un lecteur qui découvre le dessin au bout du monde par la magie d’Internet. Voici pourquoi comme tous les genres journalistiques, le dessin de presse dans un contexte local (national) ou international doit faire l’objet d’un certain cadrage. Si de nombreux dessinateurs acceptent ce principe, ils sont plutôt divisés dans la faisabilité.

Pour Sebastien Boistel du quotidien satirique « Le Ravi« , « le dessinateur de presse est libre de tout dire et de tout écrire ». La seule « censure » qu’il peut s’imposer est sa propre responsabilité vis-à-vis de ces lecteurs. Les notions de sacré, de noblesse, de sensibilité politique ou religieuse, ne sauraient être un frein à la liberté du dessinateur. C’est bien « cette liberté totale qui par moments entraîne d’énormes dérives » selon le caricaturiste marocain Khalid Gueddar. Le dessin de presse comme la pratique générale du journalisme doit être encadrés par les lois.

« Le dessin de presse doit servir à critiquer et dénoncer mais pas attiser les haines. Quand on dessine le prophète Mohamed nu ou sous les traits d’un animal, la seule chose qu’on recherche c’est choquer, c’est créer des tensions inutiles et non informer ! Et c’est bien ce que le dessinateur doit éviter » estime Carlos Henrique Lattuf.

Pour le respect de la liberté de la presse « on peut donc tout dire avec le dessin mais dans le respect des lois, le respect de la liberté de l’autre et dans la diversité ».

SUY Kahofi avec Flamme d’Afrique (Forum mondial des médias libres Tunis)


Revue de la semaine ivoirienne du 09 au 14 mars 2015

Alassane Ouattara veut-il modifier la Constitution Ivoirienne ?
Alassane Ouattara veut-il modifier la Constitution Ivoirienne ?

Le changement est désormais consommé à la tête du Conseil Constitutionnel et de la Cours Suprême note Fraternité Matin. Le quotidien à capitaux publics consacre plusieurs colonnes à la prestation de serment de deux proches d’Alassane Ouattara à la tête des deux institutions citées. Koné Mamadou, l’ancien conseiller du numéro un ivoirien prend la tête Conseil Constitutionnel indique L’Inter quand Aphing Kouassi se cale au sommet de la Cours Suprême. Dans son adresse aux nouveaux promus, Alassane Ouattara les invite à œuvrer pour la promotion d’un Etat de droit et la paix sociale à travers une justice équitable et respectée. Pour Notre Voie, Ouattara installe ses hommes pour tout verrouiller dans la perspective des élections d’Octobre 2015. C’est bien ce qui pousse L’Intelligent d’Abidjan à publier la liste des 16 articles que le président ivoirien serait tenté de modifier pour éviter toute contestation de sa candidature. La Matinale indique qu’il n’y a que des supputations autour de l’article 35 mais sa modification n’est pas à l’ordre du jour. Le confrère préfère donc relayer l’appel du Chef de l’Etat aux désormais nouveaux patrons du Conseil Constitutionnel et de la Cours Suprême. « La justice doit plus que jamais rassurer » dixit Alassane Ouattara. L’appel trouve tout son sens dans le contexte actuel car les décisions de cette justice concernant le procès en assise de la crise post-électorale ne rassurent personne.

LG Info compile des réactions d’après procès en commençant par celle de Michel Gbagbo qui estime que les preuves de ce procès ont été fabriquées de toute pièce. Citant une avocate ivoirienne, Le Temps note qu’il s’agit d’un verdict scandaleux, preuve que la justice ivoirienne est instrumentalisée. Alphone Daouti le secrétaire général du FPI faction dissidente ne dit pas le contraire quand il souligne que Alassane Ouattara « avait déjà prévu le verdict avant le début du procès ». Maître Soukalo Coulibaly, l’avocat de l’Etat de Côte d’Ivoire, à la une du quotidien Le Patriote tente de calmer les ardeurs en indiquant que ce verdict n’est que la manifestation de la justice, une preuve de plus que la Côte d’Ivoire met fin à l’impunité. Temps juridique toujours brumeux pour le clan Gbagbo avec la CPI qui réclame toujours Simone et qui vient d’annoncer qu’elle jugera finalement ensemble Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. L’Inter confirme l’information et indique qu’une audience de mise en l’Etat est prévue ce 21 avril. Le procès Laurent Gbagbo annoncé pour le 7 juillet 2015 est tout simplement retardé estime Notre Voie.

Pendant que la CPI maintient sa pression sur le leader du régime de la refondation à La Haye, à Abidjan le parquet militaire ouvre les débats pour 15 militaires de sa garde rapprochée nous indique Le Jour Plus. Ce procès qui devra permettre de situer les responsabilités des hommes en uniforme durant la crise aura également pour point culminant le jugement des présumés meurtriers du Général Robert Guéï nous dit Le Sursaut. Relatant le film macabre de la mort du général, le procureur militaire Ange Kessi dans les colonnes du quotidien Le Nouveau Réveil souligne que le principal accusé à savoir le commandant Séka Séka a tiré au moins deux balles dans la tête de l’ancien chef de la junte militaire ; tires qui auraient coûté la vie au général.


Côte d’Ivoire : « mort » programmée pour 4 opérateurs mobiles

L'Etat veut veiller à une meilleure qualité du service mobile
L’Etat veut veiller à une meilleure qualité du service mobile

Le gouvernement ivoirien se positionne dans une optique de réforme du secteur de la téléphonie mobile. Celle-ci passe par le maintien sur le marché des opérateurs les plus compétitifs. Ce choix va forcément occasionner la disparition de certaines compagnies.

Le Gouvernement ivoirien se défend d’être dans une logique de traque aux opérateurs économiques du secteur de la téléphonie mobile. Pour Bruno Nabané Koné le ministre de la poste, des technologies de l’information et de la communication, cette mesure est prise avant tout dans l’intérêt des consommateurs ivoiriens qui ont le droit d’avoir des opérateurs qui respectent entièrement leurs cahiers de charges vis-à-vis de l’Etat et qui offrent une meilleure qualité de service à la clientèle. Le Gouvernement ivoirien maintient donc son objectif de réduire le nombre d’opérateurs dans le secteur de la téléphonie mobile pour le rendre plus compétitif.

Les quatre opérateurs du secteur de la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire qui figurent en bas de page en termes de qualité de prestation, d’innovation et de relation clientèle sont visés par cet ultimatum à peine voilé des autorités ivoiriennes. Il s’agit de KOZ, GREEN, CAFE MOBILE et WARID. Rien ne se perd, tout se transforme disait Lavoisier et loin de disparaitre les quatre opérateurs peuvent se donner les chances d’une nouvelle jeunesse. Il va falloir s’entendre pour survivre puisse que l’Etat lui-même s’engage dans une politique d’accompagnement. Mais attention, le temps est compté, les quatre opérateurs ont juste trois mois pour trouver une formule de fusion.

C’est à ce niveau que tout risque de se compliquer. De ces quatre opérateurs, deux ont une solide assise pour lancer une OPA sur les deux autres. KOZ avec le chairman Salamé est un client sérieux. L’entreprise a dans son pipe un plan de relance et a promis un retour gagnant à ses abonnés. L’entreprise totalise plus d’abonnés que les autres en lice avec un réseau de distribution toujours opérationnel. En face figure GREEN soutenu par un fond libyen. L’entreprise a lancé le premier téléphone portable à 2500 f CFA avec les coûts d’appel les plus bas du marché. L’entreprise (ou plutôt le fond qui la porte) peut avoir les arguments solides pour lancer une opération de charme. Mais l’inquiétude des Ivoiriens réside dans les risques de corruption et de délit d’initié qui pourrait entourer cette opération de fusion. L’Etat qui a promis accompagner l’opération doit veiller à ce qu’elle ne soit pas entachée d’irrégularité.

SUY Kahofi


Côte d’Ivoire : un guide pour les droits des inculpés détenus

Les droits de nombreux prévenus en détention sont bafoués
Les droits de nombreux prévenus en détention sont bafoués

La Fondation Friedrich Naumann et l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) section Côte d’Ivoire ont présenté ce 3 mars 2015 le guide sur les garanties judiciaires de l’inculpé. Un outil de lutte contre la torture et surtout les détentions abusives dénoncées par plusieurs rapports des organisations des droits de l’homme.

Le gouvernement ivoirien a lancé un important projet de réforme judiciaire et pénale depuis la fin de la crise post-électorale. L’objectif est d’améliorer l’accès du contribuable à la justice et surtout d’humaniser les prisons ivoiriennes devenues de véritables mouroirs et des lieux de torture pour les détenus et condamnés. Et c’est justement pour contribuer à inverser cette tendance que le guide sur les garanties judiciaires de l’inculpé détenu a été édité. Selon Kangah Bilé, le premier vice-président de l’Acat, ce guide « décrit l’intégralité du parcours d’un détenu depuis son inculpation par le juge d’instruction jusqu’à sa mise en liberté ». Ce guide qui permet aux citoyens et aux professionnels d’être informés sur les droits du prisonnier « vient répondre à un véritable besoin dans les procédures judiciaires et de détention en Côte d’Ivoire » indique Sophie Konaté, chargée des programmes de la Fondation Friedrich Naumann.

En effet les procédures sont encore marquées par des violations des droits des inculpés, des détentions préventives prolongées sans l’accord du procureur, des situations avérées de torture et de brimades sans oublier des cas où des prévenus sont en détention avec des condamnés. Autant de problèmes qui pourtant trouvent une solution avec l’application pure et simple de la procédure de détention prévue par la loi. Le guide sur les garanties judiciaires de l’inculpé détenu est donc édité et publié au moment opportun grâce à un appui financier de la République fédérale d’Allemagne à travers son ministère des Affaires étrangères. Pour Claus Auer ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, il s’agit d’une contribution à la société civile ivoirienne pour la construction d’un Etat de droit, d’un Etat plus démocratique soucieux du respect des droits de l’homme.

Le président de l’Acat, Paul Angaman invite les acteurs des droits de l’homme en Côte d’Ivoire à utiliser le guide sur les garanties judiciaires de l’inculpé détenu comme support de plaidoyer et de monitoring auprès des autorités policières et judiciaires. Il va du bien des citoyens ivoiriens, car lorsque les prisons sont des lieux d’injustice, elles deviennent des écoles du crime.

SUY Kahofi