Kahofi SUY

72 heures de réflexion sur l’avenir de l’armée Ivoirienne

 

Pour la Côte d'Ivoire une armée digne!

« …c’est sur  ces mots que je déclare ouvert l’atelier de réflexion sur le thème quelle armée pour la Côte d’Ivoire nouvelle je vous remercie » Fin de discours et applaudissements ce mercredi 22 juin pour le Ministre Ivoirien délégué à la Défense. Pendant trois jours, Paul Koffi Koffi a supervisé à Grand-Bassam la cité balnéaire, un moment d’échange entre militaires et pouvoir sur l’avenir de la grande muette qui au fil des années est devenue un peu trop bavarde. Une reforme interne s’impose et dans son discours d’introduction le Ministre avait souligné déjà les enjeux de cet atelier de réflexion. « Nous sommes ici pour faire l’état des lieux au plan humain, matériel, logistique et financier en vu de construire notre nouvelle armée sur les bases les plus solides. Ils nous a été donné de mesurer l’état de délabrement avancé, le niveau de destruction et de pillage des locaux ainsi que de leurs équipements. Les archives ayant été détruites, l’armée doit reconstruire sa mémoire […] »

Au cœur de cette réforme, un point culminant qui attire toute l’attention du gouvernement, du Premier Ministre Guillaume SORO et de l’Etat major Ivoirien. Il s’agit du redressement des grades dans l’armée Ivoirienne et à ce sujet voici les explications de Soumaïla Bakayoko le cema des FAFN. « La Commission de redressement des grades va recevoir les réclamations portées par tous les militaires et gendarmes qui estiment qu’ils ont été l’objet d’injustice dans leur carrière. Fort de cela la commission va analyser et faire des propositions ». De son côté le cema des ex-FDS, Phillip Mangou espère pour son pays une armée digne. « Avant même la crise post-électorale nous avons travaillé ardemment à la réunification de notre armée et aujourd’hui c’est chose faite. Nous saluons donc cette réunification. Il s’agira de voir ce qui ne va pas pour avoir une armée digne de la Côte d’Ivoire ».

En ce moment où l’armée Ivoirienne fait son monitoring, il sera ingrat de ne pas se rappeler qu’à l’origine de ce mouvement de réunification des hommes en armes était l’accord complémentaire IV de Ouagadougou. Le Burkina Faso n’entend donc pas se mettre à l’écart et veut continuer d’accompagner le processus de paix en Côte d’Ivoire. Bourahima Baldini est le représentant spécial du facilitateur Blaise Compaoré. « L’armée nouvelle est l’un des accord qui est l’accord complémentaire IV de Ouagadougou. Le Burkina Faso va continuer d’accompagner la Côte d’Ivoire dans la mise en place et la consolidation de cette armée nouvelle ».

Au terme de cet atelier de réflexion des décisions importantes ont été prises. La première et la plus importante concerne les ex-combattants des FAFN. En effet 8700 d’entre eux seront reversés dans la nouvelle armée et 2300 volontaires associés aux FRCI le seront également. Deuxième décision importante, la Côte d’Ivoire ouvrira bientôt des postes d’attaché de défense auprès de la CEDEAO et de l’Union Africaine. D’importantes décisions ont également été prises concernant le code de la fonction militaire, la reforme de la justice militaire, le respect des droits de l’homme dans la conduite des opérations militaires et la lutte contre le racket. Toutes ces décisions et recommandations seront reversées au Chef de l’Etat et au Premier Ministre pour adoption.

Suy Kahofi


Abidjan sous les eaux : juillet s’annonce-t-il plus difficile ?

 

Les météorologues Ivoiriens avaient prévenu l’opinion nationale que les pluies de cette année seraient très importantes et à voir Abidjan sous les eaux on comprend très bien qu’ils ont raison. Nous sommes à la fin du mois de juin et les pluies sont déjà semblables à celles de juillet ! Généralement le type de pluies torrentielles qui occasionnent les inondations sont prévues entre le 4 et le 20 juillet avec un pic au 14 juillet. A la surprise générale c’est plutôt le contraire qui se produit. La question reste donc posée : « a quoi vont ressembler les pluies de juillet ? » Il y a de quoi avoir peur vu que ce jeudi 23 l’eau est rapidement montée dans certaines maisons obligeant les riverains à se réfugier plus loin sans même pouvoir sauver un seul appareil ou même une seule cuvette ! Difficile de se déplacer même en voiture car de nombreux tronçons sont impraticables. Ces grosses pluies mettent aussi à nu les failles du plan ORSEC et l’abandon des chantiers de réhabilitation. Cette situation de chantiers inachevés occasionne un écoulement plus violent des pluies. Seule satisfaction pour le moment aucun mort n’a été signalé mais les dégâts matériels sont très importants. Je vous donne juste un petit aperçu de la situation sur le terrain avec cette photo-vidéo.

Suy Kahofi


Le scandale de la vidange à ciel ouvert

 

eburnietoday.mondoblog.org
Attention aux eaux de ruisselement en cette période de saison des pluies !

C’est bien le retour de la saison des pluies à Abidjan. Il pleut toute la journée et cela perturbe les activités. Le retour de la saison des pluies entraîne également un retour à de très mauvaises habitudes chez certains Abidjanais. En effet, les jours où le Créateur ouvre les écluses des cieux, certains petits malins en profitent pour ouvrir les écluses de leurs fosses septiques pour la vidange ! Le phénomène de la vidange à ciel ouvert est très rependu dans tous les quartiers d’Abidjan et c’est souvent avec la plus grande tristesse que les abidjanais pataugent dans les eaux de ruissellement avant de regagner leur domicile.

Il est 09 h ce matin et depuis 6 heures il pleut des cordes sur Abidjan. Dans le quartier populaire d’Abobo où nous sommes ‘‘coincés’’, il est impossible de pointer le nez dehors car les rues sont englouties par les eaux de ruissellement. Malgré la forte pluie, une odeur nauséabonde plane dans l’air. Nous pensons dans un premier temps à un tas d’ordures en putréfaction ou au passage d’une benne à ordure mais rien de tout cela. L’odeur est tenace et ressemble plus à celle des déchets humains. C’est alors qu’à force de chercher nous apercevons distinctement trois jeunes gens affairés autour d’une fosse septique. La fosse est ouverte et à notre grande surprise son contenu est en train d’être sorti à l’aide d’un seau ! Où ira donc le contenu de la fosse puisqu’il n’y pas à proximité un puits creusé pour l’évacuation ? La réponse est connue. Les déchets coulent bel et bien sur la route, emportés par l’eau de ruissellement. Ce genre de pratiques est monnaie courantes si bien que dans certaines habitations il n’y a plus de puits perdu mais un simple raccordement au caniveau le plus proche. Avec tout ce que cela comporte comme conséquences – très graves – pour la santé des populations et le cadre de vie.

Un agent du service technique de la Mairie nous renseigne sur les dangers de ce genre de pratiques. «En pratiquant ce genre de vidange à ciel ouvert se sont les caniveaux et buses d’évacuation qui se bouchent chaque jour. Les Abidjanais se plaignent que les chaussées sont inondées par l’eau de pluie mais si les conduits que cette eau doit empruntée sont bouchés elle s’arrête ou passe la où elle peut ». Au delà de la menace sur le cadre de vie c’est aussi la santé des populations qui est en jeu. «Ceux qui vident leurs fosses dans la rue oublient qu’après la pluie il y a le beau temps! Les déchets accumulés dans les caniveaux et les rues offrent un nid douillet aux mouches qui viennent y déposer leurs asticots. Ne soyons pas surpris si les moustiques et les mouches pullulent partout avec les germes de maladies typhiques et parasitaires sur leurs pattes», souligne M. Amangoua infirmier. La vidange à ciel ouvert permet à bon nombre de foyer de faire des économies mais sa pratique est encore plus dangereuse à long terme. En cette période de saison des pluies il est primordial d’éviter des actions qui nuisent à notre propre santé et qui détériore notre cadre de vie.

Suy Kahofi


« On ne nous paye pas : c’est ça le vrai problème Grand frère »

 

Il faut abandonner la kalach’ et revenir à la vie civile

Propos diffamatoires tenus pour jeter l’opprobre sur le Gouvernement SORO ou mensonge pour se faire quelques sous ? Chacun pourra tirer les conclusions après avoir lu cet article que j’ai rédigé après ma rencontre avec trois éléments présumés (ou réels) des FRCI. De passage dans le quartier du Mahou Abidjan II Plateau, je tombe nez-à-nez au détour d’une rue avec trois hommes en armes qui disent faire la sécurité du quartier. « Vos pièces » me lance le premier sans autre forme de politesse et moi de lui demander s’il était policier. L’homme dans un français fortement dioulatisé tente de me faire comprendre le bien fondé de sa démarche. « Non monsieur, tu vois non, c’est-à-dire non, ici là il y a des petits délinquants non, qui viennent piller quoi, donc non, nous on fait sékirité (sécurité) » affirme ‘’l’intellectuel’’ du groupe. Sans me soucier de son discours truffé de ‘’non’’ je lui exige de me présenter une carte ou document qui atteste qu’il est membre des FRCI mais mon interlocuteur continue de bégayer. L’un d’entre eux, convaincu que la méthode d’approche est la mauvaise lance à son ami en malinké qu’il faut aller droit au but. « Bêma a fô kê » (Bêma parle) insiste l’autre. « Mon vieux, tu vois non, c’est-à-dire que non, depuis matin quoi…tu comprends non a man domou quoi (je n’ai pas mangé !). Donc Kôrô, tu vois non il faut faire quelque chose pour nous quoi ! » argumente l’intello. Je me débarrasse d’une pièce de 500 f et les remerciements n’en fissent plus ! L’autre timide resté à l’écart se manifeste laissant entrevoir sa dentition cramée certainement par à consommation de café noir et de stupéfiants. « Merci mon vié père soko (choco*). Quand je t’ai vu non, moi-même je suis en drap que tu es un soko ! ».

L’intello du groupe ne veut pas me laissé partir. Il se lance dans une longue grogne avec au centre de son plaidoyer : le non paiement des primes des combattants. « Nous on est FRCI mais si on te dit qu’on déjà eu 5 f dans mouvement là walaï (je jure) on ment. Du matin au soir non, tu patrouilles mais tu ne manges pas ! Quand tu parles au commandant on te dit ‘’débrouillez-vous’’. On n’a rien ! Les chefs mangent et nous les petits on a faim » m’explique le jeune homme. Primes impayés, ce n’est pas la première fois que ‘’les hommes’’ de Ouattara se plaignent de cette situation ! Alors quand je demande à mes interlocuteurs si cette situation pousse certains à piller, la réponse arrive sans aucune hésitation. « Oui kêh ! Il y a certains zéléments (éléments) qui volent. Nos chefs ont attrapé beaucoup. A Bouaké si tu voles on règle ton compte… mais ici c’est chacun dans son chacun (chacun pour soit) » Je demande c’est quoi ‘’on règle ton compte’’ ; les trois hommes se consultent du regard et lâche « on ne dit pas ça comme ça ! ».

A voir ces jeunes gens se plaindre, je me demande bien ce qui a été promis à ces hommes qui se sont battus pour le Président Ivoirien. Pourquoi refusent-ils de quitter les commissariats et les rues ? Pourquoi certains volent et violent ? Et si au fond les hommes de SORO n’ont pas eu gain de cause après la lutte ? A mes interlocuteurs ‘’on’’ a promis l’entrée à la Police mais l’espoir s’est vite envolé après le début de l’opération de profilage. Bêma et ses amis rêvent désormais de retourner à la vie civile à défaut de garder leurs kalachnikovs qui les rendaient pour eux ‘’si respectables’’. De l’argent pour s’acheter un gbaka ou taxi, un permis de conduire et un poste de chauffeur dans l’armée, une boutique c’est désormais le rêve des trois jeunes gens.

choco* : argot ivoirien pour jeune à la mode

Suy Kahofi


L’ONUCI initie un séminaire sur la réconciliation nationale

 

L'ONUCI soutien le processus de paix en Côte d’Ivoire

L’Opération des Nations Unies en Cote d’ivoire (ONUCI), poursuit  ses actions en faveur de la consolidation de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire. Dans ce cadre, s’est ouvert lundi  20 juin 2011, à Grand Bassam (20km d ‘Abidjan) un séminaire régional des leaders d’opinion des régions des Lagunes et du Sud-Comoé sur « l’engagement de la société civile et des médias  en faveur  du renforcement de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale ». Au nom du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Cote d’Ivoire, YJ. Choi , le Chef  de la délégation de l’ONUCI, Hamadoun Touré, Chef de la Division de l’Information Publique  a rappelé que ce séminaire  était  un moment spécial,  pour l’ONUCI et pour  les participants  de se retrouver  afin de  continuer le travail qui avait commencé et qui avait été suspendu en raison de la crise post électorale. Il s’agit, selon M. Touré, d’écrire une nouvelle page sur l’engagement des participants quant  au but recherché par ce séminaire. « La cohésion sociale  et la réconciliation nationale  sont des besoins pressants et immédiats en cette période post crise. Il était donc important pour l’ONUCI de l’initier avec  des faiseurs et des leaders d’opinion. C’est une harmonieuse alliance que nous faisons  entre les médias  qui donnent et font l’information et la société civile qui explicite l’information », a-t-il dit.

Pour le chef de la délégation, ces échanges entre ces groupes cibles, segments fondamentaux de toute société, visent à mieux préparer les populations sur les taches urgentes à réaliser pour un retour définitif de la paix. « La réconciliation va être  l’attitude  à avoir dans les jours, les semaines, les mois et  les années à venir, parce que l’avenir de la Côte d’Ivoire dépendra de la capacité des Ivoiriens à se réconcilier les uns  avec les autres » a précisé M Touré. Cette expérience qui sera étendue aux leaders d’autres régions du pays vise selon M Touré, à accompagner les Ivoiriens afin que la cohésion sociale soit une réalité et permette de relever les défis futurs. « Nous avons plusieurs échéances, politique, sécuritaire, sociale, militaire, législatives et cela nous interpelle en urgence afin que les Ivoiriens puissent  recoudre et consolider le tissu social », a-t-il indiqué avant de rassurer sur la disponibilité de l’ONUCI et de la communauté internationale  à accompagner les Ivoiriens dans leurs efforts pour relever ces défis. Pour sa part, le Préfet de Grand Bassam, Gninnia Doubou Bernard, s’est félicité de la tenue de ce séminaire à un moment où la Côte d’Ivoire  éprouve un besoin urgent de paix et est en quête d’une réconciliation entre différentes composantes éprouvées par  les différents conflits et crises. « Il faut atteindre une cohésion et une réconciliation nationale capable d’instaurer une paix  durable dans  nos villes, communes et villages, entre nos fils et filles, hommes et femmes. Cet idéal ne peut s’acquérir qu’en fédérant nos énergies », a-t-il soutenu.

Avant de souhaiter que ces travaux  aboutissent à l’instauration d’un climat post électoral apaisé, M. Gninnia avait souhaité au nom du maire de la ville, la bienvenue au x participants. Les travaux qui vont se dérouler sur deux jours vont permettre entre autres d’évoquer pour la journée,  des sous-thèmes comme, « éducation et culture de la paix, « rôle et responsabilité des leaders d’opinion », « médias et  cohésion sociale », « techniques de communication pour le changement  de comportement  pour la cohésion sociale et la réconciliation ». A terme, les échanges devraient aboutir sur des  recommandations  en faveur du renforcement de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale.