Kahofi SUY

Logements : les étudiants débarqués, bonjour les hausses !

 

Les résidence ont été vidé de leurs occupants

Les campus Universitaire d’Abidjan ont été tous vidé par les nouvelles autorités Ivoiriennes qui veulent dans un cours délais réhabiliter les cités pour les rendre plus agréable. Le seul couac c’est que le Gouvernement n’a pas vraiment prévu de plan B pour tous ces étudiants et fonctionnaires logés au campus. Tout ce monde se retrouve à la rue et ont fait comme ont peut pour trouver un toit.

On fait comme on peut !

A défaut de retourner en famille, certains étudiants dans leur replie forcé ont très rapidement trouvé refuge dans les nombreux bidonvilles de la Capitale aux côtés d’amis qui squattaient déjà ces lieux. D’autres avec un peu de moyens ont pu même s’offrir le luxe de louer une petite baraque. Le luxe car dans les bidonvilles d’Abidjan les loyers ne sont pas  du tout donné ! Certains étudiants comme Camille, Alfred et N’guessan ont opté pour l’esprit de solidarité propre aux parents du campus. « On fait en asso (association) » déclare Camille avant de nous expliquer ce concept en quelques mots : « a défaut d’avoir les moyens pour payer la caution d’un studio, nous nous associons pour occuper la maison. Chacun avec ses petites activités contribue aux charges chaque fin de mois ». Avec le replie forcé des étudiants, certains parmi eux découvrent la dure réalité de la vie hors du campus. « C’est dur » nous explique Kouassi Clément. « Je comprend pourquoi certains fonctionnaires trainent encore sur le campus. Les charges sont élevées pour quelqu’un qui aspire à ne plus vivre aux crochets de l’Etat ». Nous loin de Kouassi Clément une jeune professeur certifiée de mathématique, fonctionnaire qui vivait sur le campus I ne se retrouve plus dans ses calculs ! « Quand je fais mes prévisions je dois désormais soustraire 40.000 pour le studio : ça chamboule tout ».

Les prix grimpent

Si les étudiants broient du noir, les propriétaires et les agences immobilières se frottent les mains. Les loyers des studios et des une pièce très prisés en ce moment ont été revu à la hausse. Les loyers studios ont été majorés de 5.000 f et les une pièce à 3.000. La récente vague des déguerpissements à Bagdad I et II, Blingué I et II puis Wassa n’ont pas arrangé les choses : la demande à explosé ! « Ceux qui ne pouvaient plus rester à Cocody sont maintenant à Yopougon » souligne le frère Aka Konan agent immobilier de son état avant de conclure « l’offre étant supérieur à la demande les prix sont obligés de grimper rapidement surtout que certaines personnes sont prêtes à payer pour que le propriétaire achève la construction ». Ces prix qui n’arrangent pas également les anciens locataires qui prient pour que les campus rouvrent le plus tôt possible. « A cause de ces étudiants on ne trouve plus maison à Abidjan » grogne ce père de famille. « En tout cas que les autorités fassent vite pour que les enfants retournent sur le campus. Non seulement à cause d’eux les maisons sont devenues chères mais il est difficile de vire avec eux ». Eh oui, difficile de vivre avec des étudiants qui ont le sang chaud et l’insomnie 365 jour ! Les causeries bruyantes du campus, la musique à outrance aux heures de la sieste et les communications téléphoniques nocturnes qui empêchent les voisins de fermer l’œil sont désormais le quotidien de certains Abidjanais.

SUY Kahofi


Réconciliation et justice : le paradoxe du discours d’Alassane Ouattara

 

Que cache l’appel d’Alassane Ouattara ce 7 Août ?

« Rentrez de votre exile il ne vous arrivera rien. Je m’engage à garantir la sécurité de chaque Ivoirien ». Cette phrase les Ivoiriens l’entendent depuis le 11 avril 2011 mais loin de les rassurer elle plonge le peuple dans une peur totale. Pendant qu’Alassane Ouattara appelle au retour des exilés il crée en Côte d’Ivoire le lit de la répression et de la vengeance justicière. Comment peut-on appeler d’une même bouche à la réconciliation, au pardon, à l’unité et utiliser cette même bouche pour sévir ? Difficile pour de nombreux Ivoiriens pro-gbagbo ou pro-ouattara de comprendre l’esprit de cette réconciliation voulu par le Chef de l’Etat ! Hermann Aboua journaliste Ivoirien dans les geôles de la gendarmerie nationale était bien en exile. Prenant pour argent comptant les déclarations du chef de l’Etat il est revenu de sa cavale. Le sort qui l’attendait était digne d’un pays qui veut aller à l’unité. Le jeune homme s’est retrouvé en prison ! Peut-être bien que c’est là que le Président Ouattara pourra lui assurer une meilleure sécurité : qui sait ? S’il faut appeler au retour et jeter les uns et les autres en prison cela ne vaut pas la peine de retourner en Côte d’Ivoire. Pire pendant que la Côte d’Ivoire célèbre le 51ème anniversaire de son indépendance avec un discours plein d’assurance à l’endroit de l’opposition, des mandats d’arrêt sont lancé contre les anciens caciques du régime de la refondation.

Ces mandats d’arrêt sont relatifs aux infractions économiques et viennent s’ajouter à ceux adressés aux autorités judiciaires des pays membres de la CEDEAO, de la France, du Canada, de la Suisse, du Brésil, d’Israël et de l’Italie. Comme ces derniers cités, ces mandats d’arrêts internationaux sont accompagnés de commissions rogatoires avec pour objet d’identifier les biens, meubles et immeubles appartenant aux personnes mises en cause dans l’enquête, rendre indisponible lesdits biens et geler les avoirs des personnes indexées. Quand on n’a pas d’argent en exile certainement que notre processus de retour s’accélère mais quand on a une épée de Damoclès qui plane sur la tête on n’est pas vraiment pressé de rentrer au pays. Soit on laisse de côté la réconciliation pour juger tout le monde, soit on se réconcilie et on laisse de côté la vengeance justicière ! Le Président Ouattara a sans doute trouvé une formule correcte pour dire « rentrer de votre exile pour que je vous mette en prison ? » mais au fond elle passe mal surtout quand on se veut héritier de BOIGNY. En ce qui concerne les infractions relatives à la sureté de l’Etat, le procureur Simplice Kouadio a annoncé qu’un mandat d’arrêt a été lancé au plan national contre KONE Malachie, ce fameux pasteur dont les prétendues prophéties sèment le trouble au sein de la population. Au chapitre des crimes de sang, une équipe de médecins légistes séjourne depuis le 3 août dans la ville de Daoukro au centre-est du pays pour examiner les corps de 6 personnes tuées pendant les évènements. Une équipe d’enquête composée de magistrats du Parquet et d’officier de Police judiciaire, des services de Gendarmerie et de Police se rendra incessamment dans cette locale symbole de la contestation contre le régime de Laurent Gbagbo en vu d’entendre les ayants-droits des personnes décédées et de procéder également à l’identification et à l’audition des autres victimes, des éventuels mis en cause et de tout autres sachant a indiqué le Procureur de la République. Concernant la cellule spéciale d’enquête, il a indiqué qu’à la date du jeudi 4 juin 201, 405 personnes ont été reçues et entendues.

La vie de la Côte d’Ivoire est rythmée par un appel hypocrite à la réconciliation en surface et un sentiment de vengeance en dessous qui représente malheureusement la masse la plus importante de cet iceberg de rancune amassé en trois mois de crise. Si en Afrique du Sud pendant que Nelson Mandela parlait de paix et de réconciliation entre Blancs et Noirs il avait fait appel au CPI pour juger les crimes des oppresseurs blancs, il est fort probable que son pays aurait consacré une autre forme d’apartheid celle des noirs sur les blancs : tâchons d’y réfléchir.

SUY Kahofi


Pourquoi détruire la Rue Princesse ?

 

La Rue gardera à jamais le silence !

Le mal est fait et en parler ne fera pas remettre les grands maquis de la Rue de leurs cendres ou plutôt de leurs gravats ! Les nouvelles autorités Ivoiriennes avec à leur tête le bien-aimé père ADO veulent assainir le pays, le rendre irréprochable et bien sûr plus fréquentable après les mois de crise que nous avons connu. Pour arriver à cette fin si noble les opérations de déguerpissements et de nettoyage au Kärcher…oup ! excusez moi aux bulldozers sont monnaies courantes dans la capitale Ivoirienne. « On casse ! » comme dirait l’autre « et c’est l’Etat donc personne ne peut se plaindre ! » Si la démolition de certains endroits n’ont suscités que quelques commentaires, la destruction de la Rue Princesse alimente les débats. Une interrogation au centre de ces échanges : qu’est ce qui peut bien justifier la démolition d’un lieu hautement visité comme la Rue ?

Peut-être bien que personne dans l’entourage du Président n’a eu le courage de lui dire mais la Rue n’est pas seulement un lieu de dépravation comme d’autres enturbannés et sœurs voilées le font croire. La Rue était avant tout l’espace où de nombreuses familles gagnaient leur vie ! Un maquis au bas mot est une PME : deux serveuses, un gérant, un DJ, le plongeur, le gros bras et le balayeur ! Si vous multipliez ces emplois par le nombre de maquis sur l’étendue de la Rue vous comprendrez aisément que se sont des emplois perdus. Au-delà il y a les vendeuses de poissons braisés, de soupe et de nourriture pour les noctambules : que deviennent ces mères de famille ? Les petits tenanciers de tabliers qui payaient leurs études la journée avec la vente du soir iront créer quelles autres activités ? Que dire du chiffre d’affaire des boutiques et magasins de la zone ? Rien ne sert de parler de prostitution, de trafic de drogue et de salubrité pour affamer des innocents. Si les maux qu’on reproche à la Rue étaient aussi fondés il y a bien longtemps que sa fréquentation aurait baissé. Suivez mon regard ! Ceux qui nous gouvernent aujourd’hui ont passé le plus claire de leur vie aux USA et sont instruits du problème de la violence et de la délinquance. Washington est l’une des villes au monde les plus dangereuses : les statistiques disponibles sur le site de la Police du District fédéral le montre. Pourtant les Etats Unis n’ont jamais eu l’idée de délocaliser la Maison Blanche ! Que dire de New York et ses ghettos pleins de racailles ? Pourtant le siège des Nations Unies y est encore ! Alors que nos autorités nous disent réellement ce que cache la destruction de la Rue au-delà des arguments farfelus de lutte contre la salubrité, de lutte contre le SIDA et la délinquance. La Rue n’est pas la seule responsable de la prolifération du SIDA et de la prostitution : dans ce pays on sait ce qui se passe dans les bureaux climatisés du Plateau entre midi et deux !

Chacun d’entre nous sera témoin de l’avenir de la Rue dans les jours qui viennent. A la place des maquis détruits d’autres choses s’élèveront. Quoi ? Je ne saurais répondre mais une chose est sûr l’esprit de la nouvelle équipe est connue. Rappelez-vous au soir du départ de Nanan BOIGNY lors du tsunami des privatisations : on vendait les entreprises la nuit et le matin le vendeur lui-même devait l’heureux propriétaire ! Chacun sait de quoi je parle. Espérons que demain on ne nous dira pas que l’alcool est prohibé, les tailles basses et les strings interdits, la cigarette interdite et que nos épouses doivent sortir voilées ! A méditer : « Ça commence toujours quelque part et ça s’achève en Boko Haram ».

SUY Kahofi


Prix Knight-Batten 2011 : La WADR sur la plus haute marche

 

L’équipe de la WADR et de Sourcefabric à Dakar

Sur les 123 candidats engagés pour l’édition 2011 du célèbre prix Knight-Batten pour la promotion du journalisme, la palme d’or est revue à la chaîne de radio ouest-africaine bilingue WADR. West Africa Democracy Radio WADR et la Sourcefabric, remporter ce prix d’une part pour le travail sur la nouvelle plate-forme de la WADR et pour les innovations dans le Journalisme d’autre part. Le prix 2011 est une récompense pour les informations de qualité et les idées qui de manière significative renforcent les opportunités de l’engagement numérique. Parmi les autres gagnants de cette année nous citerons Storify, NPR, The Guardian et le groupe Bloomberg. Se prononçant sur les nouveautés de l’édition 2011 dont les vainqueurs sont désormais connus, Jose Zamora, un journaliste associé de la Fondation Knight a tenu à souligner que « les innovations de cette année montrent comment les journalistes continuent à développer des moyens intelligents pour présenter le journalisme à de nouveaux contributeurs et aux auditeurs ».

WADR en quelques lignes

West Africa Democracy Radio (WADR) ou en français Radio Démocratie de l’Afrique de l’Ouest, est une station de radio à diffusion internationale dont le siège se situe à Dakar la capitale du Sénégal. Bilingue comme nous l’avons souligné plus haut, elle possède un desk d’information Français et Anglais. La station a pour but de promouvoir la démocratie en Afrique, de constituer une alternative aux grands médias internationaux, et de fournir une information non partisane et équilibrée. L’histoire de la WADR démarre en 2002 quand les promoteurs de chaîne tentent de l’installer au Libéria. Dans la première phase de son fonctionnement, la radio avait pour cibles principales les pays de l’Union du Fleuve Mano, à savoir la Guinée, le Libéria et la Sierra Léone. La vision de la radio dérangeant certainement les autorités de l’époque, le Président Charles Taylor s’oppose à son implantation. A défaut d’émettre depuis le Libéria, c’est Dakar qui accueille la chaîne avec son premier live le 14 novembre 2005. Elle émet en Fm à Dakar sur les 94.9 Mhz et est passée sur le satellite pour remplacer les ondes courtes qu’elle utilisait pour l’Afrique de l’Ouest, le Tchad et le Cameroun. Les programmes de la WADR peuvent également s’écouter via un réseau de plus de 30 stations de radio partenaires à travers la sous-région. Pour découvrir et écouter la Radio en live tapez www.wadr.org.

SUY Kahofi


Drame sur le pont Houphouët Boigny : les premières victimes remontées (actualisé)

 

Les victimes du drame remontées une à une

DERNIER BILAN (actualisé) : 37 morts, 1 rescapés et 10 évacués

L’actualité de ce vendredi 5 août est marquée par cet accident de bus sur le pont Félix Houphouët Boigny, l’un des deux ponts reliant Abidjan nord et Abidjan sud. Le bus 19 de la SOTRA reliant le quartier portuaire de vridi et le quartier marchant d’Adjamé a sombré dans les eaux tumultueuses de la lagune Ebrié ! 37 corps et 10 survivants, voici le dernier bilan provisoire de l’accident du bus n° 19 de la SOTRA. Le Directeur Central de la SOTRA Ahibot Koffi vient de confirmer ce bilan mais également situé l’opinion nationale sur les causes de l’accident. Un témoin direct de l’accident confirme qu’il s’agit d’une manœuvre visant à éviter un taxi communal qui a occasionné la chute du bus articulé dans la lagune. Le chauffeur du bus s’étend déporté sur sa gauche a heurté un véhicule de type toyota Yaris avant de finir sa course dans la lagune ! Le bilan de 37 morts pourrait sans doute s’alourdir vu que le bus n’a pas encore été remonté et même les corps à l’intérieur repêchés. La SOTRA par contre ne peut pas dire combien de personnes étaient à l’intérieur du bus mais les témoins font état d’un bus bourré de monde. Mr Ahibo Koffi le Directeur Central de la SOTRA a affirmé qu’il ne pouvait pas dire si des personnes étaient encore vivantes. Cette question trouve pourtant sa réponse avec un médecin chef de l’ONUCI qui a requit l’anonymat. Il précise que vu la température de l’eau au moment de l’accident et la durée des corps dans celle-ci, retrouver des survivants serait un miracle.

Un deuil national de trois jours vient d’être décrété en Côte d’Ivoire à partir de ce 6 août en hommage aux victimes du bus 19 de la SOTRA. Le Président Alassane Ouattara a pris cette décision à l’issu de la réunion de crise qu’il a tenu ce matin avec son gouvernement. Il a instruit les services de secours pour que les survivants et les blessés soit conduit dans les cliniques et centre hospitaliers les plus équipées de la capitale Ivoirienne. Sur le lieu du drame la SOTRA a mobilisé une grue de 200 tonnes pour remonter le bus. La fête d’indépendance de la Côte d’Ivoire qui se tient ce 7 août aura un goût amer pour les Ivoiriens avec ce drame. Les éléments des sapeurs pompiers militaires d’Abidjan, ceux de l’ONUCI et de la Licorne recherchent toujours des corps. Le président Alassane Ouattara, le Premier Ministre Guillaume Soro et certains Ministres du gouvernement étaient sur le lieu du drame ce matin. Et si comme le drame de ce matin ne suffisait pas, deux autres bus de la SOTRA sont entrés en collision au niveau du carrefour de l’Indénié occasionnant 35 blessés légers et 1 blessé lourd.

Notons que c’est le deuxième accident d’un bus de la SOTRA en moins de deux semaines, le premier ayant fait la semaine dernière un mort et plusieurs blessés sur le boulevard lagunaire dans le quartier de Treichville.

SUY Kahofi