Kahofi SUY

Loterie Visas Diversité 2013 : tout pour éviter les arnaques !

 

Les journalistes face au personnel du consul

La Côte d’Ivoire est de nouveau éligible au programme Loterie Visa Diversité (DV) organisé chaque année par les Etats Unis d’Amérique. Il s’agit d’un programme qui permet aux ressortissants des pays éligibles d’avoir un visa de résidence permanent pour immigrer tout seul ou avec les membres de leurs famille. Pour cette année la période d’inscription s’étend de la période du 04 octobre 2011 au 05 novembre 2011. Ce programme de visa très connu à travers le monde donne lieu chaque année à des arnaques de toutes sortes organisées par des personnes se présentant comme des auxiliaires du consul. C’est pour éviter que des tiers n’utilisent le logo de l’ambassade ou d’autre méthode pour soutirer de l’argent aux candidats que l’Ambassade des USA à Abidjan a organisé ce 28 octobre 2011 une conférence de presse pour informer l’opinion nationale sur la voie unique à emprunter pour être à la fin du programme détenteur de la green card.

Madame Kristin Bongiovanni consul de l’Ambassade des USA à Abidjan a souligné d’entrée de jeu que pour cette année encore, « les inscriptions pour le programme DV doivent se faire électroniquement en remplissant le formulaire en ligne de Visa Diversité à partir du site www.dvlottery.state.gov ». Tout Ivoirien désireux de participer à la loterie doit satisfaire aux critères d’éducation ou d’expérience professionnelle du programme. Il doit avoir au minimum un diplôme d’études secondaires ou son équivalent c’est-à-dire l’accomplissement de 12 années d’études primaires et secondaires ou avoir acquis, au cours des cinq dernières années, deux ans d’expérience professionnelle dans une profession qui demande au moins deux années de formation ou d’expérience. La base de données o*net du Département Américain du Travail sera utilisée par le requérant pour déterminer la qualification basée sur l’expérience professionnelle. Sur le site www.dvlottery.state.gov le requérant doit également penser à remplir le dossier de candidature en tenant compte de son statut matrimonial. L’épouse ou l’époux ainsi que les enfants sont pris en compte au cas ou le requérant obtient sa green card. Dans le cas d’une famille, seul le mariage civil est pris en compte par les services consulaires. Aussi « il est important pour les candidats de conserver leur page de confirmation contenant leur numéro de confirmation unique jusqu’au 30 juin 2013 » a indiqué Madame Kristin Bongiovanni consul de l’Ambassade des USA à Abidjan.

Attention à ne pas se laisser prendre au jeu des faux e-mails expédiés par les arnaqueurs : le Département d’Etat n’envoie jamais d’e-mail pour réclamer le paiement des frais liés au programme. Dans cet ordre d’idée veuillez à ne pas vous retrouver à fournir des informations personnelles sur un faux site réservé au programme DV. Le seul site du programme est www.dvlottery.state.gov. L’Ambassade des USA à Abidjan précise qu’elle n’a jamais mandaté un tiers ou une quelconque entreprise pour servir d’intermédiaire dans la collecte et le traitement des informations des requérants au programme. A ce titre si vous êtes face à une personne qui estime travailler avec l’ambassade ou pour l’ambassade n’hésitez pas de contacter l’ambassade pour mieux vous informer.

Un fait souvent négligé ou oublié par les requérants : tous les frais d’immigration sont à votre charge ! La green card ne vous donne pas droit de facto à un billet d’avion, un travail tout prêt aux USA et un logement garanti pour vous et votre famille. Il faut être sûr d’avoir les moyens d’immigrer avant de demander le visa. Toute procédure en dehors du formulaire d’inscription sur le site www.dvlottery.state.gov ne sera pas pris en compte quelque soit la somme que le requérant aura versé à l’intermédiaire ou au prétendu fonctionnaire de l’ambassade.

SUY Kahofi


Le RASALAO plaide pour une action coordonnée sur les armes légères

 

Michèle Pépé Présidente du RASALAO-CI

Selon les rapports du Réseau d’Action sur les Armes Légères en Afrique de l’Ouest en abrégé RASALAO la situation sur la prolifération des armes légères et de petits calibres est devenue plus qu’inquiétante en Côte d’Ivoire. « La situation était préoccupante avant la crise et maintenant je dois reconnaitre qu’elle est TRES préoccupante » déclare d’entrée de jeu Mme Michèle Pépé présidente de RASALAO Côte d’Ivoire. Cette circulation des armes légères et le manque de structure de contrôle fait planer sur la Côte d’Ivoire une réelle menace. « Il est évident qu’il existe un lien avéré entre la circulation des armes légères et le fort taux de criminalité dans le pays. Les prisons ont été toutes ouvertes à l’occasion de la crise : des prisonniers se sont retrouvés avec des armes et en uniforme aussi bien du côté des FRCI que des groupes armés incontrôlés » nous explique Michèle Pépé. Les armes se retrouvent donc entre les mains des personnes peu recommandables et cela menace aussi bien la sécurité des personnes mais également la stabilité même du pays.

Depuis la fin de la crise, le RASALAO a fait un constat très amer celui d’un manque de coordination dans la politique nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres. « Chacun collecte des armes : l’ONUCI, les FRCI, les communautés…tout le monde collecte ce qu’il peut or c’est ce qui rend difficile le contrôle sur ces armes » soutien Michèle Pépé. Le RASALAO-CI estime que pour mettre un point final au climat d’insécurité dans le pays il faut militer en faveur d’un triptyque entre la Commission Nationale de Lutte contre la Prolifération et la Circulation Illicite des Armes Légères en Côte d’Ivoire (COM NAT-CI), le RASALAO et l’Etat de Côte d’Ivoire appuyé par ses partenaires au développement. « La CEDEAO dont la Côte d’Ivoire est membre peut se venter d’avoir produit un instrument contraignant et certainement le mieux fournit au monde sur la question de la circulation des armes légères. Il faut donc que la CEDEAO demande aux Etats membres d’appliquer ces textes » souligne Michèle Pépé. Selon les textes de la CEDEAO les activités de collecte des armes légères doivent être piloté par les Commissions Nationales de Lutte contre la Prolifération et la Circulation Illicite des Armes Légères de chaque pays or ce n’est pas le cas en Côte d’Ivoire. Michèle Pépé estime que la Commission Nationale doit être outillée et mis à contribution pour pouvoir jouer pleinement le rôle qui est le sien. La situation de la circulation des armes légères en Côte d’Ivoire est inquiétante dans la mesure où en basculant dans la violence le pays vient agrandir l’espace au sein de la CEDEAO menacé par les armes légères. Cet espace s’étant désormais de la zone sud du Sénégal (Casamance) à la frontière est de la Côte d’Ivoire. La présence des armes légères fragilise le retour à la paix en Côte d’Ivoire notamment dans l’ouest où des bandes armées sont encore actives.

Les organisations sous régionales doivent se bouger sur la question de la circulation des armes légères car avec la fin de la crise en Lybie se sont plusieurs tonnes d’armes et de munition appartenant aux ex-combattants libyens et autres mercenaires qui sont déjà dans l’espace CEDEAO.

SUY Kahofi


Obama rétablit l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA

 

Obama rétablit l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA

Le Président Barack Obama a annoncé ce 25 octobre 2011 que l’éligibilité de la Côte d’Ivoire aux préférences commerciales et autres avantages liés à la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (African Growth and Opportunity Act ou AGOA) a été rétablit. La décision du Président Obama est une reconnaissance des progrès que la Côte d’Ivoire a accomplis dans le rétablissement de la démocratie, l’amélioration de l’environnement des affaires et la lutte contre la corruption. L’annonce fait suite à  l’engagement  de la Côte d’Ivoire à respecter les  critères d’éligibilité à l’AGOA ; notamment la mise en place d’une économie de marché, la promotion de l’état de droit, des politiques économiques permettant de réduire la pauvreté, le respect  du droit international du travail et les efforts visant à combattre la corruption. L’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA a été retirée en 2005 après cinq ans d’instabilité politique et de conflit armé.

Pour l’Ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, Phillip Carter III, « la décision du Président Obama est la reconnaissance du pas important que la Côte d’Ivoire a fait dans le rétablissement de la démocratie et de l’état de droit. L’éligibilité à l’AGOA va stimuler des relations étroites entre les Etats-Unis et la Côte d’Ivoire et remettre la Côte d’Ivoire sur les rails en vue de lui permettre de retrouver sa place de locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest ». La Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (African Growth and Opportunity Act ou AGOA) a été signée par le Président Clinton en mai 2000 dans le but d’accroître le commerce et l’investissement entre les Etats-Unis et l’Afrique sub-saharienne, de stimuler la croissance économique, de promouvoir un dialogue de haut niveau sur les questions relatives au commerce et à l’investissement, d’encourager l’intégration économique et de faciliter l’intégration de l’Afrique sub-saharienne dans l’économie mondiale.  Les préférences commerciales considérables ainsi que celles relatives au Système Généralisé de Préférences et au Traitement Tarifaire de la Nation la Plus Favorisée constituent les principaux avantages de l’AGOA, lesquels permettent aux marchandises produites dans les pays éligibles à l’AGOA d’entrer sur le marché américain sans paiement de taxe. Le Président Obama a également rétablit l’éligibilité de la Guinée et du Niger à l’AGOA suite aux élections présidentielles de 2010 qui ont été qualifiées d’élections libres et transparentes.


L’ONUCI – La valse des représentants spéciaux : d’Albert Tévodjéré à Albert Gerard Koenders

 

Koenders le boss de l'ONUCI Ban Ki Moon le SG dee l'ONU

L’opération des nations unies en Côte d’Ivoire au fil des années de crise qu’a connue le pays aura été dirigée par des hauts fonctionnaires des Nations Unies aux tempéraments et méthodes différents d’un homme à l’autre. Albert Tévodjéré a ouvert le bal tant bien que mal avec une connaissance assez approximative de la sociologie des Ivoiriens qu’il reconnaitra lui-même a demi-mot par la suite. Il a pris les rennes de la mission avec une ferme volonté de trouver lui l’africain une solution à une crise africaine. Les boulangers politiques Ivoiriens, les bandes armées et leurs dirigeants aux exigences et humeurs changeantes ont eu raison du diplomate Togolais qui a rendu son tablier. Pierre Shöri se lance dans la course et devient l’homme du kiproko constitutionnel de 2005 avec les voyages multiples du groupe de contact. Il négocie apparemment un maintient au pouvoir de Laurent Gbagbo et le prolongement du mandat des députés pour éviter le KO. Il se lance sur la voie des négociations pour la tenue des élections présidentielles mais ne restera pas assez longtemps pour les voir. Il a été jugé de personnage trop timide pour une crise chaude que celle qu’a vécu la Côte d’Ivoire.

Son successeur Young Ji Choi est lui aussi timide en apparence sauf réellement il ne l’est pas. Il réussira à accompagner la Côte d’Ivoire aux élections et même faire respecter le choix des urnes. Albert Gerard Koenders né en 1958 et de nationalité néerlandaise qui succède à Young Ji Choi est donc le dauphin d’un homme certes controversé mais qui aura rempli sa mission. Le nouveau Représentant spécial des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire et Chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire depuis le 1er septembre 2011 est officiellement à Abidjan depuis ce 24 octobre. Il est fort de plus de 25 ans d’expériences en affaires internationales et il a assuré en 2011 la co-présidence du 4ème forum du Groupe de travail de haut niveau sur l’efficacité de l’aide. De 2007 à 2010, dans le cadre de ses fonctions de ministre néerlandais de la Coopération et du Développement, il a participé à des initiatives de support à la paix en Afghanistan, au Burundi, au Tchad, au Soudan et en République démocratique du Congo. Ses missions seront entre autre l’observation des élections législatives, l’instauration d’un climat de paix et de sécurité dans l’ouest mais surtout rappeler aux autorités Ivoiriennes leurs rôle dans la protection des droits de l’homme. Pour certains Ivoiriens c’est principalement sur ce sujet que les risques d’accro seront possibles entre le diplomate onusien et les autorités Ivoiriennes. Albert Gerard Koenders foule la terre Ivoirienne à l’occasion d’une date symbolique il s’agit de celle du 66ème anniversaire de l’ONU.

SUY Kahofi


L’Univers des taxis d’Abidjan

Taxi à Cocody Saint-Jean Abidjan

Dans une grande métropole comme Abidjan, se déplacer n’est pas souvent chose aisée même quand on possède un véhicule. L’alternative demeure donc le taxi qui permet aux Abidjanais de faire des économies…

Qui est qui et qui fait quoi

A Abidjan deux types de taxi circulent : le Taxi compteur avec sa couleur rouge et le Taxi communal appelé communément wôrô-wôrô. Se déplacer en taxi compteur est symbole d’aisance car le prix affiché à l’écran après une course est non négociable. Vous pouvez facilement dépenser au bas mot entre 1500 (2,25 €) et 5000 f CFA (7,75 €) en fonction des kilomètres que vous avez parcouru. Certaines distances fixes entre deux quartiers peuvent faire l’objet d’un ‘’arrangement’’ entre passagers et chauffeurs. Là encore il faut souvent débrousser entre 1000 (1,50 €) et 2500 f CFA (3,75 €) pour regagner un point de la capitale. Ceux qui ne peuvent pas se payer le luxe ‘’d’écraser la tomate’’* roule en wôrô-wôrô, la deuxième catégorie de taxi Abidjanais. Les wôrô-wôrô se subdivisent en deux classes : les wôrô-wôrô inter-communaux, sans couleur précise et les wôrô-wôrô communaux avec une couleur différente selon la commune. Les Abidjanais savent par exemple que les wôrô-wôrô jaune sont ceux de Cocody le quartier Présidentiel, les bleus sont ceux de Yopougon la plus grande commune de Côte d’Ivoire, les verts ont pion sur rue à Adjamé le quartier marchand… Chez les wôrô-wôrôs, le tarif négociable sur une ligne oscille entre 200 f (0,30 €) à 350 f CFA (0,52 €). Si le taxi compteur peut aller là où il veut quand il veut, le trajet du wôrô-wôrô est unique en fonction de sa zone d’exploitation. Ils partent d’une gare à une autre sans jamais changer d’itinéraire sauf en cas d’embouteillage.

La lutte des territoires

Tels que présenté plus haut, le wôrô-wôrô ne peut pas se transformer en taxi compteur mais le taxi compteur fait souvent le wôrô-wôrô ! Chez les chauffeurs de taxi compteur c’est un crime de lèse majesté que de se transformer en wôrô-wôrô. Mais face aux nombres de plus en plus réduit d’Abidjanais pouvant se payer le luxe de rentrer du travail en compteur, les chauffeurs de taxi compteur arrondissent la recette en passant dans l’autre camp. « C’est vrai que nous faisons le wôrô-wôrô pour de l’argent mais c’est surtout pour arranger les Abidjanais. Les wôrô-wôrô ne peuvent pas rouler vide sur leurs trajets de prédilection : ils doivent être plein en aller et retour. Alors comprenez que si on doit les attendre personne n’ira à la maison après le boulot » soutien Cédric Agnimel chauffeur de taxi compteur. En effet à des heures de pointe généralement autour de 7 h 30 mn le matin et 17 h le soir les files d’attente sur les gares sont longues et même impressionnantes. Les rangs peuvent être formés de 25 à 36 personnes voir plus ! Les taxis compteurs viennent donc à la rescousse des wôrô-wôrô. Quelque soit le motif évoqué, la situation agace les chauffeurs de wôrô-wôrô. « Je ne sais pas comment le transport est organisé dans ce pays ? Les taxis compteur nous font une concurrence déloyale. Les syndicats permettent qu’ils viennent ramasser nos client et à la descente nous avons des problèmes pour boucler la recette » souligne Camara Abou chauffeur de wôrô-wôrô. Les plaintes se font entendre et quelques fois les bagarres éclatent dans un univers déjà survolté où la recette du jour doit être bouclée au risque de perdre son emploi. « Quelques bagarres sont signalées de temps à autre mais Dieu merci pas souvent. Quand on analyse la situation de près les wôrô-wôrô sont en droit d’exiger le respect de leur espace de travail mais face au manque de véhicules à une certaines heure que peut-on faire ? » soutien Soumaïla Ahmed chargeur.

Avis de la clientèle

S’ils écument les rues de la capitale en longueur de journée c’est avant tout pour transporter les Abidjanais qui selon certains visiteurs sont toujours pressés ! C’est donc au client que revient la lourde charge de juger ceux qui le transporte et en la matière les Abidjanais n’y vont pas par le dos de la cuillère. « Tout le monde veut se déplacer en taxis compteur car c’est plus sûr : ils sont assurés et propres. Faute de moyen on se rabat à nos risques et péril sur les wôrô-wôrôs moins couteux mais mal tenu et souvent sans assurance » souligne Beugré Charles étudiant avant de conclure « pour ce qui est du respect des espaces de travail je soutien les wôrô-wôrôs car ils ont plus de difficultés pour se faire de l’argent ». Les wôrô-wôrôs ne peuvent travailler qu’entre 6 h et 23 h or les taxis compteurs peuvent circuler 24 h sur 24. Les derniers cités ont donc plus de temps pour se faire de l’argent. « Je pense que les syndicats doivent trouver un terrain d’entente pour dire qui fait quoi et où. Ce n’est pas une question d’argent mais une question d’organisation du transport et de sécurité des citoyens » souligne Ahoutou Ulrich électromécanicien.

Malgré les petits soucis du transport urbain, nombreux sont les Abidjanais qui empruntent chaque jour les taxis compteurs et wôrô-wôrôs faute d’avoir une voiture personnelle. Face à un pouvoir d’achat en chute libre, taxis compteurs et wôrô-wôrôs ont encore de beaux jours devant eux. Les structures en charge du secteur du transport se doivent donc de les organiser.

SUY Kahofi