Tag : humanitaire

Redécouvrir l’humanitaire en 24 heures

Visite d’un stand du village humanitaire

Visite d’un stand du village humanitaire

La 3ème édition du village humanitaire s’est tenue ce samedi 27 septembre 2014 dans le quartier de Williamsville. Il s’agit d’une initiative du RASALAO, de la COMNAT-ALPC et du Comité National de Secourisme Humanitaire. Le village humanitaire est une rencontre nationale organisée pendant 24 heures sur un site transformé en espace d’exposition et de découverte de l’action humanitaire en Côte d’Ivoire. (suite…)



Côte d’Ivoire : les besoins humanitaires estimés à 82 millions US

Des besoins humanitaires résiduels persistent malgré la fin de la crise

Des besoins humanitaires résiduels persistent malgré la fin de la crise

« Côte d’Ivoire 2013 : Besoins humanitaires en phase de transition » voici le document qui a été présenté à la Communauté Humanitaire ce 11 mars à la salle de Conférence du Goethe Institut Abidjan-Cocody. Ce document, fruit d’une étude concertée des acteurs humanitaires pointe clairement les besoins auxquels la Côte d’Ivoire doit faire face pour soulager les populations affectées par la récente crise que le pays a vécue. Sur appel du Coordonnateur Humanitaire pour la Côte d’Ivoire SEM N’dolamb Ngokwey et le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, les acteurs humanitaires sont venus prendre connaissance du document. Contrairement au CAP pour l’année 2011 et l’Appel Consolidé pour 2012, l’action humanitaire pour l’année 2013 en Côte d’Ivoire sera marquée par une stratégie de réévaluation des besoins humanitaires en période post-crise. Cette réévaluation des besoins humanitaire s’impose car selon Marie Noëlle KOYARA la représentante de la FAO pour la Côte d’Ivoire « des poches résiduelles de besoins humanitaires sont encore présents dans tous le pays notamment les régions nord et ouest ». S’adressant à l’assemblée au nom du Coordonnateur Humanitaire pour la Côte d’Ivoire, elle a souhaité un engagement de tous les humanitaires pour mettre un frein définitif à la crise humanitaire. Une crise humanitaire matérialisée par la présence de 86.000 réfugiés ivoiriens en Afrique de l’ouest, 20.050 cas de malnutrition sévère, 300.000 enfants de 6 à 23 mois ayant des besoins de suppléments nutritionnels ou encore 3,13 millions de personnes ayant besoin d’un accès à l’eau potable.

Ces besoins humanitaires résiduels confinés dans le document « Côte d’Ivoire 2013 : Besoins humanitaires en phase de transition » ne font pas l’objet d’un appel comme en 2011 ou en 2012. Selon Mme Ute Kollies, Chef du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, les besoins pour 2013 sont chiffrés à 82 millions de dollar et sont répartis sur un total de 85 activités. Concernant les zones encore touchées par la crise Mme Ute Kollies précise « qu’il y encore des poches de vulnérabilité au nord avec des tensions sur les ressources alimentaires et des cas de malnutrition aigüe sévère ! A l’ouest, au-delà de la nutrition nous aidons les populations à avoir un accès aux services de base. Cela est très important car si l’on ne peut pas se soigner, si l’on ne peut pas avoir un abri cela peut être la source de mécontentement et c’est la raison pour laquelle nous allons nous engager ». S’engager pour enrayer définitivement la crise humanitaire mais avec le soutien de l’Etat Ivoirien et surtout celui des bailleurs de fond parmi lesquels figure en pôle position l’Union Européenne. Ivan Ille Debrun le représentant du bureau humanitaire de la commission Européenne, Délégation de l’Union Européenne pour la Côte d’Ivoire soutien que « pour l’année 2013 l’Union Européenne pour répondre aux besoins humanitaires résiduels de la Côte d’Ivoire engagera une enveloppe de 10 millions d’euro ». Notons qu’à ce jour seul 18% du budget estimé 82 millions de dollars américains a été financé. Il y a donc une véritable nécessité d’engager un plaidoyer auprès des bailleurs pour une réponse plus efficace sur le terrain. C’est d’ailleurs pour interpeller les donateurs que du haut de la tribune des Nations Unies à Genève, SEM N’dolamb Ngokwey le Coordonnateur Humanitaire pour la Côte d’Ivoire a lancé cet appel : « pour consolider les progrès réalisés à ce jour, une réponse adéquate aux besoins résiduels identifiés est essentielle, faute de quoi les populations les plus vulnérables risquent de retomber en situation de crise d’un point de vue humanitaire ». Cet appel est aussi valable pour l’Etat de Côte d’Ivoire qui se doit de conserver par des actions concrètes sur le terrain le leadership de l’action humanitaire.

SUY Kahofi



La Côte d’Ivoire célèbre la journée de l’aide humanitaire

Stands des acteurs humanitaires

A l’image de tous les pays du monde, la Côte d’Ivoire a célébré la journée mondiale de l’aide humanitaire. La date retenue officiellement par les Nations Unies pour cette célébration est le 19 août mais en Côte d’Ivoire c’est ce 24 août que les acteurs humanitaires se sont retrouvés pour marquer l’évènement. Le siège du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires en Côte d’Ivoire (OCHA) a servi de cadre à cette manifestation qui a permis au public de redécouvrir les Agences du système des Nations Unies, les ONG Internationales et Nationales qui apportent leurs soutiens aux populations en difficultés. Cette célébration selon le Ndolamb Ngokwey, le Coordonateur Humanitaire des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire a deux objectifs principaux : « il s’agit dans un premier temps d’attirer l’attention sur l’aide humanitaire et sa nécessité pour les populations en difficulté mais aussi et surtout de rendre un hommage appuyé aux hommes et femmes qui au péril de leurs vies viennent en aide aux plus vulnérables ». Sur ce deuxième objectif de la célébration, il est important de noter que sur les dix dernières années, plus de 800 travailleurs humanitaires ont été tués et 1.300 autres blessés en venant en aide à ceux qui en ont le plus besoin. Ce 24 août, la célébration d’Abidjan a été une occasion de faire un large focus sur l’action humanitaire à travers des projectifs de films et de clips humanitaires, des expositions et des stands de sensibilisation. Bien avant Abidjan, les acteurs humanitaires ont célébré cette journée à Tabou et Guiglo respectivement les 19 et 23 août. La journée mondiale de l’aide humanitaire revêt un caractère très important dans le contexte Ivoirien dans la mesure où près de 175 agences et organisations nationales et internationales œuvrent sur le terrain.

La parole aux humanitaires

De nombreuses Agences et ONG ont dressé des stands de sensibilisation et d’information lors de cette journée porte ouverte. Parmi elles nous citerons entre autre UNHCR, la Croix Rouge, IRC, DRC, DNC, Terre des Hommes Italie…Toutes interviennent dans différents domaines : éducation, santé, eau et assainissement, distribution de vivres et non vivre, projets agricoles…Quelques organisations ont bien voulu partager avec nous les projets sur lesquels elles travaillent en ce moment. IRC (International Rescue Committee) vient de lancer un vaste programme de lutte contre les violences basées sur le genre. « Il s’agit d’une campagne pour éradiquer la violence domestique car plusieurs études montre que les femmes sont plus inquiétées dans leurs foyers qu’en dehors » nous explique Jean-Jacques SOHA assistant grant-communication à IRC. Du côté de Save de Children l’heure à la mobilisation pour la protection des enfants. « La Côte d’Ivoire sort de crise et l’un de nos mandats consiste à apporter une aide sécuritaire aux enfants au niveau de la promotion des activités qui protègent leurs droits les plus basiques à savoir l’accès à l’école et aux soins primaires » nous explique Elkane MOOH directeur de la qualité et du développement des projets à Save the Children. Il arrive que des ONG ou agences aient le même mandat ou opère dans la même zone. Pour éviter de faire un double-emploi et perdre des ressources, OCHA (le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires) coordonne les activités de terrain. « Notre mission est de faire en sorte que l’action des agences et ONG ne soit par un peu gaspillé. Nous nous assurons par exemple la coordination de la réponse humanitaire en cas de conflit ou de catastrophe pour maximiser l’aide » nous explique Anouk Desgroseillers avant de conclure que l’action de coordination ne prend pas en compte les ressources financières allouées à l’aide.

1 milliard de personne mobilisés pour la cause humanitaire

Cette année, la campagne globale menée autour de l’aide humanitaire via Internet et baptisé « J’étais ici » (de l’anglais I was here) a suscité l’adhésion de plus d’un milliard de personne à travers le monde. La mobilisation s’est faite sentir sur le site whd-iwasher.org mais aussi les réseaux sociaux. Cette campagne mondiale vise à adresser le message suivant au monde entier : « tout le monde peut poser un geste afin d’aider son prochain ». La star internationale Beyonce s’est associée à cette campagne et a contribué à son succès à travers son titre « I was here », interprété dans la salle de l’Assemblée Générale des Nations Unies. L’aide humanitaire est donc l’acte que chacun pose pour soulager son semblable parce qu’il se trouve en difficulté. Que ce soit une famille d’accueil, un don dans un hôpital, des médicaments ou de la nourriture pour des déplacés, chacun peut contribuer à la cause humanitaire. A chacun de le faire sans distinction de race, de religion, d’ethnie ou de partis politiques !

SUY Kahofi



Bilan encourageant pour le CAP 2012

Officiels et invités lors du bilan à mi-parcours du CAP 2012

Le CAP 2012, document de programmation des besoins humanitaires pour la Côte d’Ivoire lancé en janvier 2012 à Abidjan sous l’initiative de la communauté humanitaire et le système des Nations Unies avait pour objectif premier de réunir un financement de 173 millions $ US. A mi parcours, ce budget a été réévalué pour prendre en compte les besoins humanitaires de plus de 1.200.000 personnes. A propos du bilan provisoire du CAP 2012, Ndolamb Ngokwey le coordonnateur humanitaire pour la Côte d’Ivoire soutient qu’il s’agit « d’un appel dont la révision est passé à 160 millions $ US » avant de conclure que le CAP « a pu engranger 49% c’est-à-dire à peu près 80 million $ US provenant de plusieurs pays et donateurs. Ce fond a aussi été alimenté par le Fond d’Urgence Humanitaire qui est financé par les USA, la Grande Bretagne et différents partenaires financiers ».

La zone prioritaire ciblée par l’appel du CAP 2012 était l’ouest de la Côte d’Ivoire avec un accent sur les camps de déplacés et de réfugiers mais aussi et surtout les zones de retour des populations. La réévaluation des objectifs financiers du CAP 2012 permet également de dégager de nouvelles zones d’action comme le nord de la Côte d’Ivoire touché par une crise alimentaire. Ellen Cramer directrice-adjointe pays du Programme Alimentaire Mondial nous nous explique « que des cas de malnutrition ont été signalés dans le nord de la Côte d’Ivoire ». Pour faire face à cette situation, le cluster nutrition apporte une assistance alimentaire aux familles les plus vulnérables et aide à juguler les cas de malnutrition sévère chez les enfants de 0 à 5 ans.

Le CAP en 6 mois d’activité du Système des Nations Unies et des ONG c’est un résultat encourageant sur le terrain qui aura permis la réhabilitation de 1500 abris, le passage de 35 sites de personnes déplacés à un seul, la réhabilitation de 380 pompes pour l’eau potable et l’aide à la mise en service de 4 principales formations sanitaires sur 5 à l’ouest. Des 20.000 déplacés, le CAP aura aidé au retour de 15.000 personnes. Ces résultats sont certes encourageant mais les besoins sont encore importants sur le terrain si bien qu’un sous financement du CAP 2012 révisé pourraient avoir des conséquences désastreuses.

  • 400.000 personnes n’auront pas accès à l’eau potable dans leur zone de retour
  • 110.000 personnes dans le nord risquent d’être en insécurité alimentaire
  • 1 enfant sur 6 n’aura pas accès à l’éducation dans les zones de retour
  • 120.000 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère ou modéré ne pourront pas bénéficier d’une prise en charge adéquate
  • 2 millions de personnes, dont 80.000 femmes enceintes, plus de 300.000 enfants de moins de cinq (5) ans n’auront pas accès à des soins de santé de qualité

Reste donc 6 mois d’activité pour couvrir l’année 2012, aussi le coordonnateur humanitaire pour la Côte d’Ivoire plaide pour une synergie des actions et un renforcement de l’aide des bailleurs pour une meilleure réponse aux besoins humanitaire.

SUY Kahofi 



Frontière Ivoiro-libérienne : « la sécurité une priorité pour l’Union du fleuve Mano »

M. Angui ASSOUAKON Représentant Pays de l’Union pour la Côte d’Ivoire

L’Union du fleuve Mano (UFM) est le regroupement de quatre pays d’Afrique de l’Ouest à des fins de coopération et d’intégration régionale. Créée en 1973 entre le Libéria et la Sierra Leone, l’Union fut rejointe en 1980 par la Guinée. La Côte d’Ivoire fut le dernier pays à faire son entrée au sein de l’Union. L’UFM s’intéresse à toutes les questions touchant le développement économique, la paix et la sécurité des Etats membres. C’est principalement sur ce dernier point que l’organisation s’est prononcée le 15 juin à Conakry à propos du climat de violence à la frontière ivoiro-libérienne. Nous sommes allés à la rencontre du Représentant Pays de l’Union pour la Côte d’Ivoire. M. Angui ASSOUAKON dans cette interview revient sur les principales décisions arrêtées lors des assises de Conakry et leur portée pour les populations à la base.

Eburnietoday : l’Union du fleuve MANO est une organisation sous régionale qui est encore frappé par une nouvelle crise celle de l’insécurité à la frontière Ivoiro-libérienne. Les Chefs d’Etats et de Gouvernement se sont réunis à Conakry, qu’est ce qui ressort de ces assises et que doit-on espérer pour les pays concernés sur le terrain ?

Angui ASSOUAKON : A l’occasion du dernier sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union du fleuve Mano qui s’est tenu à Conakry le 15 juin 2012, un certain nombre de mesures et de décisions ont été prises bien sûr au niveau de la paix et de la sécurité. Vous savez que depuis juillet 2011 la Côte d’Ivoire a été le théâtre de plusieurs incidents à la frontière ivoiro-libérienne au cours desquels il y a eu beaucoup de pertes en vies humaines. Le dernier incident qui a vraiment ému l’opinion publique c’est celui au cours duquel il y a eu la mort de sept casques bleus. Les chefs d’Etat au cours du sommet du 15 juin ont évoqué la question sécuritaire. Vous savez l’Union dispose en son sein d’un mécanisme qu’on appelle le 15ème protocole qui est simplement le cadre institutionnel de coopération au niveau des questions de sécurité, de paix et de défense. Ce mécanisme au sein de notre Union prévoie un ensemble de mesure pour prévenir les crises et pour les gérer quand elles surviennent. Les Chefs d’Etat ont validé ce mécanisme et qui pour l’espèce prévoie l’installation de ce qu’on appelle des unités conjointes de sécurité et de restauration de la confiance. C’est une initiative qui est très louable parce qu’elle est locale. Dans ces unités vous avez aussi bien l’autorité administrative, militaire et policière que les populations. Ces unités ont une mission qui est toute simple : c’est de contribuer à préserver l’entente cordiale entre les autorités que j’ai cité plus haut, de faire des patrouilles conjointes et puis d’essayer de régler certains problèmes mineurs qui se posent à leur niveau. Voici donc la mission première de ces unités et nous pensons au sein de l’Union que ces unités auront un mot à dire dans ce processus de sécurisation de la frontière.

ET : Quand est-il des attaques ?

AA : Vous savez le problème auquel nous sommes confrontés dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest est la résultante de toutes les crises que nous avons connu ces 20 dernières années. Aujourd’hui malheureusement nous avons des mercenaires qui ont combattu au Libéria et en Sierra Léone. Ces derniers sont prêts à offrir ‘’leurs services’’ pour déstabiliser des régimes ou poser des actes de subversion. Nous avons aussi le problème de circulation des armes légères et de petits calibres. Ces deux problèmes rendent difficile la gestion du problème sécuritaire. Concernant les attaques que la Côte d’Ivoire a subit, je dois dire que depuis l’installation des unités conjointes de sécurité à Touleupleu et Danané ces localités n’ont pas été le théâtre d’incidents. La formule fonctionne donc déjà bien !

ET : On note également de part et d’autre de la frontière un certain déploiement de troupes. D’un côté la MINUL qui soutien les Forces Armées Libériennes et les FRCI du côté ivoirien soutenu par l’ONUCI. L’Union du fleuve Mano étend donc collaborer avec toutes les organisations qui peuvent l’aider à instaurer la paix ?

AA : l’Union du fleuve Mano n’a pas d’autre choix que de collaborer avec les autres institutions. Nous avons de très bonnes relations avec toutes les institutions et organisations qui accompagnent ce pays notamment la CEDEAO et l’ONU à travers son bureau pour la l’Afrique de l’Ouest (ONUWA). Vous savez l’approche militaire peut être une réponse à la situation de crise que nous avons vécu mais nous pensons que la solution à long terme c’est de s’intéresser aux problèmes de fond et d’adopter plutôt une approche qui prend en compte les préoccupations des populations à la base. C’est pourquoi les unités de sécurisation conjointes prennent en compte cet aspect des choses et cela va contribuer à l’apaisement de la situation. Ces mouvements de troupes qu’on observe de part et d’autre de la frontière sont effectués pour rassurer les populations et les inciter au retour : l’Union du fleuve Mano adhère à toutes ces initiatives.

ET : On remarque également que cette zone ouest du pays victime des attaques est une zone qui souffre également d’un manque d’infrastructures économiques notamment les routes. Leur absence ne facilite pas les mouvements de troupes et celles des populations pour ce qui est de leurs activités économiques. Quelle est la position de l’Union du fleuve Mano sur la question des voies de communication à la frontière ivoiro-libérienne ?

AA : L’état des  infrastructures routières dans cette zone de l’Afrique de l’Ouest n’est pas du tout reluisant et cela ne facilite pas la tâche à nos armées dans leurs opérations de sécurisation de la frontière. C’est la raison pour laquelle les chefs d’Etat de l’Union du fleuve Mano lors des assises de Conakry ont décidé de mettre en place un ambitieux projet au niveau des infrastructures routières. Nous avons identifié des routes qu’on appelle transfrontalières et qui relient un pays à son voisin. Ces routes doivent être réhabilitées et je suis fier de vous dire que les études sont avancées et bouclées. Nos chefs d’Etat et les experts ont validé les routes qui seront prises en compte dans le cadre de ce projet de réhabilitation des routes inter-états.

ET : Nous remarquons qu’avec ce climat d’insécurité qui s’est installé les mouvements de population sont devenus très importants. Cela peut représenter un véritable manque à gagner pour nos économies dans la mesure où cette zone de forêt est une importante zone de production agricole. L’Union a-t-elle des craintes concernant un prolongement de la crise humanitaire.

AA : La crise humanitaire est déjà là et selon le coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, N’dolamb Gokwey ce n’est pas moins de 13.000 personnes qui ont été recensés comme déplacés internes. Une crise de cette ampleur a forcément une incidence sur les activités agricoles et économiques. Cette partie ouest de la Côte d’Ivoire est une zone où il y a d’importantes cultures : le cacao, le café, l’hévéa et bien d’autres. Ces mouvements de population entrainent donc une perturbation au niveau des activités agricoles et par conséquent un manque à gagner. C’est pourquoi l’Union du fleuve Mano estime que la priorité doit être au retour au calme et à la sécurité par une meilleure collaboration entre les pays membres pour le cas précis entre la Côte d’Ivoire et le Libéria.

ET : Pour finir avez-vous des échos du terrain ?

AA : La dernière mission (20 juin 2012 NDLR) dans l’ouest du coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, N’dolamb Gokwey a permis d’avoir une idée claire de l’évolution de la situation sur le terrain. Les récents rapports soulignent qu’il y a un mouvement de retour des populations mais une préoccupation demeure. La crise humanitaire s’est installée et il faut donc apporter une réponse à tous les niveaux. Il faut aussi que le retour vers les villages d’origine qui se fait très lentement à cause de l’état des routes puisse être accéléré par une normalisation de la situation sécuritaire.

ET : Merci Monsieur ASSOUAKON

AA : Je vous remercie

SUY Kahofi