Revue de la semaine ivoirienne du 25 au 30 août 2014

Ebola inquiète toujours la Côte d’Ivoire

Ebola avait battu le record des unes cette semaine mais dans le contexte ivoirien les sujets politiques et judiciaires ne sont jamais bien loin. La preuve, l’affaire Simone Gbagbo contre le procureur de la CPI refait surface. La CPI lance un ultimatum aux autorités ivoiriennes barre Le Patriote avec cette injonction prêté à l’instance judiciaire : « jugez Simone Gbagbo avant le 10 octobre sinon…» Lire la suite

La marée orange s’empare d’Abidjan

Les ivoiriens partagés entre le patriotisme et les réalités du football

Les ivoiriens partagés entre le patriotisme et les réalités du football

A quelques heures du premier match des Eléphants footballeurs, la marée orange monte à Abidjan. Les tee-shirts OBV (Orange Blanc et Vert) rangé pour certains depuis la dernière CAN ont été dépoussiéré et lavé malgré la pluie qui tombe par intermittence sur la ville d’Abidjan. Chaque ivoirien en arborant son tee-shirt veut montrer son attachement à l’équipe nationale de Côte d’Ivoire mais aussi à son pays. Lire la suite

Afrique/Mondial : le 2ème tour, peut-on y croire ?

Brillant en club mais invisible en équipe nationale

Brillant en club mais invisible en équipe nationale

Au mondial il y a ceux qui sont fiers de participer juste au tournoi et ceux qui y vont pour rentrer avec dame coupe. Au moment où avec réalisme, de nombreuses équipes cultivent la motivation, le bon jeu et la gagne pour atteindre au bas mot les demi-final, le débat pour les équipes africaines c’est comment accéder au second tour. Le second de la coupe du Monde ! C’était à la limite comme s’il s’agissait d’une porte où il était marqué depuis une dizaine d’année : « Entrée interdite aux équipes africaines ». Deux réalités à mon avis expliquent en grande partie cette situation. Le manque de motivation criard et un complexe face à ce que nos athlètes appellent abusivement les grandes Nations du foot.

Le manque de motivation criard

Etre appelé en équipe nationale est une consécration affirmait le footballeur ivoirien Seydou Doumbia. Malheureusement, les souliers d’or du continent n’ont pas encore compris qu’il n’y a rien de plus important que de jouer pour le drapeau national. Les joueurs africains font preuve d’un talent inouï en club mais une fois dans le maillot national deviennent une bande d’indisciplinés qui malgré toute leur fortune se rabaissent à quémander aux fédérations des primes exorbitantes ! Soyons sérieux et regardez combien de fois, sous le fallacieux et farfelu argument de prime de match les joueurs africains vont au Mondial pour faire de figuration ? Des touristes en maillot sur des stades qui chantent des hymnes nationaux en chuchotant les strophes qui font allusion au travail et au sens de la discipline. Au même moment où ils touchent près de 50 millions par match, les joueurs d’équipes plus cotées se contentent de deux à trois fois moins ! Et pour couronner ce manque de patriotisme l’expression « petit argent petit ballon » a été consacrée. Ils demandent des primes exorbitantes parce que le Mondial devient un moment où on est payé à ne rien foutre sur le terrain. En d’autres termes l’échec est vendu à prix d’or avant même le début de la compétition. Pendant qu’on se querelle pour des primes de match, d’autres se concentrent pour gagner. On s’étonne alors que le Brésil, l’Espagne ou l’Argentine fassent sensation souvent même avec des footballeurs très peu présents en club.

Le complexe face aux grandes Nations du foot

Je ne sais pas si depuis la première coupe du monde une liste des pays qui doivent remporter ce trophée a été établie. Je me dis intérieurement qu’un tel document n’existe pas sinon comment la France aurait pu remporter sa première coupe du monde sur ses terres ? Je me dis qu’il y a forcément un vrai problème chez les équipes africaines, un problème à la limite psychologique… Prenez 11 joueurs de première division de n’importe quel pays du monde. Habillez-les aux couleurs du Brésil ou de l’Italie, je vous jure qu’à 100% les joueurs africains malgré leur niveau et leur talent se mettront en position d’infériorité. France, Argentine, Allemagne…si ces équipes font autant peur c’est parce qu’elles ont refusé de mettre dans une position de perdant éternel. Bien au contraire chaque génération de joueur aura contribué à assoir la réputation de l’équipe. Match après match, victoire après victoire, les grandes Nations du football ont su bâtir leur réputation et non mûrir un complexe face aux équipes qui ont constitué un os sur leur chemin. Replongeons-nous dans l’histoire du football mondial et suivons l’évolution des pays qui ont participé au tournoi. Les grandes Nations du foot qui brillent aujourd’hui ne sont pas forcément celles qui ont écrit l’histoire de la coupe du monde. Si les équipes africaines partent au Mondial pour cultiver un complexe face aux autres équipes et se morfondre à dire qu’elles sont des GRANDES NATIONS DU FOOT, soyons sûr que la génération d’africains qui brillera au Mondial n’est pas celle que nous voyons.

SUY Kahofi

Revue Ivoirienne du 06 au 11 mai 2013

Les éléphanteaux reçus par le Président Alassane Ouattara

Les éléphanteaux reçus par le Président Alassane Ouattara

Le nom de Simone Gbagbo, l’épouse de l’ex-chef d’Etat Ivoirien Laurent Gbagbo, a été mainte fois cité dans les colonnes des quotidiens Ivoiriens cette semaine. Son état de santé jugé inquiétant a poussé les autorités Ivoiriennes à accepter son transfert d’Odienné à Abidjan pour des soins expresses ! Si Le Patriote écrit qu’après un bref séjour à la Polyclinique Saint Anne Marie d’Abidjan (PISAM) l’ex-première dame de Côte d’Ivoire est retournée à Odienné, Notre Voie croit savoir qu’elle a été plutôt ramenée de force à Odienné et le confrère de prendre le soin de relater ce qu’il qualifie d’opération barbare. Remise en résidence surveillée à Odienné le FPI et ses avocats très fâchés titre L’Intelligent d’Abidjan qui propose à ses lecteurs la réaction du Ministère de la Justice. Le quotidien Le Temps annonce sur ce dossier que le FPI met en garde le régime Ouattara et propose de son côté la réaction de l’avocat de Simone Gbagbo. Le Mandat relate aussi le film du retour de l’épouse de Laurent Gbagbo à Odienné quand Le Nouveau Courrier révèle qu’elle a été renvoyée manu-militari dans le Nord. Enfin sur le sujet, Le Démocrate un brin moins passionné écrit qu’après des soins à la PISAM Simone Gbagbo retourne en prison. Pendant ce temps en Côte d’Ivoire la vie politique se poursuit et au lendemain des élections locales des élus se confient à nos confrères de la presse nationale. Le quotidien Nord-Sud nous propose cette semaine une interview de l’ancien maire de Yopougon, le quartier bastion du FPI de Laurent Gbagbo. Jean Félicien Gbamnan Djidan qui dit ne pas être d’accord avec le boycotte du FPI lui demande aussi de s’humilier et de demander pardon aux Ivoiriens. Soir Info évoque de son côté le dangereux virage que prend le FPI et toujours à propos du principal parti d’opposition Le Patriote souligne qu’il ressuscite avec Mamadou Coulibaly les thèses qui ont amené la guerre. Sur ce point le confrère se veut un brin moralisateur quand il explique en long et en large ce que dit la loi Ivoirienne sur le racisme, la xénophobie et le tribalisme. Parlons à présent de sport et principalement de football avec le sacre continental des U-17 au Maroc. Fraternité Matin le quotidien à capitaux publics consacre des lignes au succès des éléphanteaux qui ont été reçu par le Président Alassane Ouattara. Ils ont été décoré, élevés dans l’ordre du mérite sportif et ont reçu chacun la somme de 5 millions de franc CFA. Enfin un mot d’éducation pour finir et tous les journaux en parlent, il s’agit de la date des examens à grand tirage dans le secteur éducation formation. Ces dates et les détails y afférant sont à retrouver dans les colonnes du quotidien L’Inter.

A la semaine prochaine !

CAN U-17 : La médiocratie footballistique à l’Ivoirienne

Bravo les éléphanteaux!

Bravo les éléphanteaux!

Je ne suis pas particulièrement amoureux du football ou même du sport de façon générale. Mais je dois reconnaître que chaque fois que je remarque la présence du drapeau de la Côte d’Ivoire (orange-blanc-vert) sur un stade, quelque soit le sport je m’assoie devant ma petite télévision pour apporter mon soutien à cet homme ou cette femme qui transpire pour sa Nation. Je dois dire en toute honnêteté que ça été le cas avec les éléphanteaux lors de la CAN U-17. Une belle équipe composée de jeunes joueurs qui viennent de permettre à la Côte d’Ivoire de remporter son deuxième trophée continental après Sénégal 92. Comme moi nombreux sont les Ivoiriens qui ont suivi cette rencontre et surtout la progression de cette jeune équipe. D’autres, comme moi, sont même sortis avec leur tee-shirt pour saluer nos HEROS nationaux et saluer leur victoire avec quelques bouteilles de bières !

Au-delà de cette joie personnelle, c’est un profond sentiment d’indignation qui m’habite quant à la manière dont le Gouvernement ivoirien a décidé de gérer ce sacre. Un tour rapide du stade nous fait clairement comprendre que le Ministre des Sports Ivoirien n’était pas au stade. L’homme était sans doute préoccupé par les affaires post-électorales que par les priorités de sa maison professionnelle. Dans les tribunes les téléspectateurs ont très aisément reconnu les membres du groupe Magic System, l’entraineur Sabri Lamouchi et des Ivoiriens de la diaspora venus scander des buts hoooooo but ! Après leur belle victoire sur le Nigeria (et c’est la partie du film qui m’agace le plus), les éléphanteaux sont revenus dans l’anonymat total au pays ! Je me demande combien peut coûter un vol spécial à l’Etat de Côte d’Ivoire pour ramener au pays 22 joueurs et leur staff technique ? Quand je vois le cortège inutile de certains ministres lors de mission en dehors du pays, je me dis que la Côte d’Ivoire a encore les moyens de faire décoller un avion. Un vol spécial pour les nouveaux champions d’Afrique, ce n’est pas trop demander au Gouvernement ivoirien.

Qu’on ne me pousse pas à dire certaines choses ce matin ! Quand il s’agit de crier partout pour que les Ivoiriens aillent accueillir ceux qui reviennent chaque fois bredouille, le gouvernement a le temps, l’argent et les ressources humaines pour le faire. Dans ce cas de figure, c’est une longue file de ministres et de diplomates qui s’alignent derrière le chef pour éponger des larmes de crocodile dont le pays en a marre après 12 ans d’existence d’un collectif sans trophée. Quel est le problème pour que les éléphanteaux arrivent à Abidjan à 0 h 30 mn par un vol ordinaire, je dirais banal ? Ces jeunes gens sont-ils des vainqueurs ou des immigrés en situation irrégulière qu’un charter vient déposer sur un tarmac nuitamment ? Il y a de quoi réfléchir sur la manière dont les autorités Ivoiriennes ont traité les vainqueurs du deuxième trophée continental dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi