Revue Ivoirienne du 06 au 11 mai 2013

Les éléphanteaux reçus par le Président Alassane Ouattara

Les éléphanteaux reçus par le Président Alassane Ouattara

Le nom de Simone Gbagbo, l’épouse de l’ex-chef d’Etat Ivoirien Laurent Gbagbo, a été mainte fois cité dans les colonnes des quotidiens Ivoiriens cette semaine. Son état de santé jugé inquiétant a poussé les autorités Ivoiriennes à accepter son transfert d’Odienné à Abidjan pour des soins expresses ! Si Le Patriote écrit qu’après un bref séjour à la Polyclinique Saint Anne Marie d’Abidjan (PISAM) l’ex-première dame de Côte d’Ivoire est retournée à Odienné, Notre Voie croit savoir qu’elle a été plutôt ramenée de force à Odienné et le confrère de prendre le soin de relater ce qu’il qualifie d’opération barbare. Remise en résidence surveillée à Odienné le FPI et ses avocats très fâchés titre L’Intelligent d’Abidjan qui propose à ses lecteurs la réaction du Ministère de la Justice. Le quotidien Le Temps annonce sur ce dossier que le FPI met en garde le régime Ouattara et propose de son côté la réaction de l’avocat de Simone Gbagbo. Le Mandat relate aussi le film du retour de l’épouse de Laurent Gbagbo à Odienné quand Le Nouveau Courrier révèle qu’elle a été renvoyée manu-militari dans le Nord. Enfin sur le sujet, Le Démocrate un brin moins passionné écrit qu’après des soins à la PISAM Simone Gbagbo retourne en prison. Pendant ce temps en Côte d’Ivoire la vie politique se poursuit et au lendemain des élections locales des élus se confient à nos confrères de la presse nationale. Le quotidien Nord-Sud nous propose cette semaine une interview de l’ancien maire de Yopougon, le quartier bastion du FPI de Laurent Gbagbo. Jean Félicien Gbamnan Djidan qui dit ne pas être d’accord avec le boycotte du FPI lui demande aussi de s’humilier et de demander pardon aux Ivoiriens. Soir Info évoque de son côté le dangereux virage que prend le FPI et toujours à propos du principal parti d’opposition Le Patriote souligne qu’il ressuscite avec Mamadou Coulibaly les thèses qui ont amené la guerre. Sur ce point le confrère se veut un brin moralisateur quand il explique en long et en large ce que dit la loi Ivoirienne sur le racisme, la xénophobie et le tribalisme. Parlons à présent de sport et principalement de football avec le sacre continental des U-17 au Maroc. Fraternité Matin le quotidien à capitaux publics consacre des lignes au succès des éléphanteaux qui ont été reçu par le Président Alassane Ouattara. Ils ont été décoré, élevés dans l’ordre du mérite sportif et ont reçu chacun la somme de 5 millions de franc CFA. Enfin un mot d’éducation pour finir et tous les journaux en parlent, il s’agit de la date des examens à grand tirage dans le secteur éducation formation. Ces dates et les détails y afférant sont à retrouver dans les colonnes du quotidien L’Inter.

A la semaine prochaine !

CAN U-17 : La médiocratie footballistique à l’Ivoirienne

Bravo les éléphanteaux!

Bravo les éléphanteaux!

Je ne suis pas particulièrement amoureux du football ou même du sport de façon générale. Mais je dois reconnaître que chaque fois que je remarque la présence du drapeau de la Côte d’Ivoire (orange-blanc-vert) sur un stade, quelque soit le sport je m’assoie devant ma petite télévision pour apporter mon soutien à cet homme ou cette femme qui transpire pour sa Nation. Je dois dire en toute honnêteté que ça été le cas avec les éléphanteaux lors de la CAN U-17. Une belle équipe composée de jeunes joueurs qui viennent de permettre à la Côte d’Ivoire de remporter son deuxième trophée continental après Sénégal 92. Comme moi nombreux sont les Ivoiriens qui ont suivi cette rencontre et surtout la progression de cette jeune équipe. D’autres, comme moi, sont même sortis avec leur tee-shirt pour saluer nos HEROS nationaux et saluer leur victoire avec quelques bouteilles de bières !

Au-delà de cette joie personnelle, c’est un profond sentiment d’indignation qui m’habite quant à la manière dont le Gouvernement ivoirien a décidé de gérer ce sacre. Un tour rapide du stade nous fait clairement comprendre que le Ministre des Sports Ivoirien n’était pas au stade. L’homme était sans doute préoccupé par les affaires post-électorales que par les priorités de sa maison professionnelle. Dans les tribunes les téléspectateurs ont très aisément reconnu les membres du groupe Magic System, l’entraineur Sabri Lamouchi et des Ivoiriens de la diaspora venus scander des buts hoooooo but ! Après leur belle victoire sur le Nigeria (et c’est la partie du film qui m’agace le plus), les éléphanteaux sont revenus dans l’anonymat total au pays ! Je me demande combien peut coûter un vol spécial à l’Etat de Côte d’Ivoire pour ramener au pays 22 joueurs et leur staff technique ? Quand je vois le cortège inutile de certains ministres lors de mission en dehors du pays, je me dis que la Côte d’Ivoire a encore les moyens de faire décoller un avion. Un vol spécial pour les nouveaux champions d’Afrique, ce n’est pas trop demander au Gouvernement ivoirien.

Qu’on ne me pousse pas à dire certaines choses ce matin ! Quand il s’agit de crier partout pour que les Ivoiriens aillent accueillir ceux qui reviennent chaque fois bredouille, le gouvernement a le temps, l’argent et les ressources humaines pour le faire. Dans ce cas de figure, c’est une longue file de ministres et de diplomates qui s’alignent derrière le chef pour éponger des larmes de crocodile dont le pays en a marre après 12 ans d’existence d’un collectif sans trophée. Quel est le problème pour que les éléphanteaux arrivent à Abidjan à 0 h 30 mn par un vol ordinaire, je dirais banal ? Ces jeunes gens sont-ils des vainqueurs ou des immigrés en situation irrégulière qu’un charter vient déposer sur un tarmac nuitamment ? Il y a de quoi réfléchir sur la manière dont les autorités Ivoiriennes ont traité les vainqueurs du deuxième trophée continental dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi

Génération Drogba : la malédiction d’une équipe sans trophée ?

Didier Drogba le capitaine malchanceux !

Didier Drogba le capitaine malchanceux !

Et si l’histoire footballistique de la Côte d’Ivoire était écrite d’une manière particulièrement étrange ? Une histoire écrite pour que jamais les grandes stars ne puissent poser leurs mains sur le trophée continental. Oui il faut bien se poser la question : que manque-t-il à Didier Drogba comme à Pokou Laurent pour remporter une coupe d’Afrique ? Ils sont tous les deux talentueux, un jeu exceptionnel, adulés par le peuple Ivoirien, chantés à travers le monde…mais ils échouent là où d’autres footballeurs moins talentueux réussissent. Comme hier l’homme d’Asmara a traversé le ciel du football Africain sans remporter une seule édition de la CAN, Didier Drogba le mythique capitaine des Eléphants risque de mettre un point final à sa carrière sans jamais accrocher une étoile à son maillot. Près d’une dizaine d’années que Didier et ses amis font vibrer les Ivoiriens avec ce goût d’inachevé à chaque édition de la CAN. Après leur qualification historique pour le mondial et une final âprement discuté face à l’Egypte, la génération Drogba n’a cessé de descendre dans les bas-fonds du classement à chaque phase finale de la CAN. Hier finaliste, aujourd’hui sortis en quart de final ! A chaque participation c’est un collectif de plus en plus méconnaissable qui foule les stades. Ces joueurs que l’on présente comme des seigneurs des clubs européens ne sont que l’ombre d’eux-mêmes sur les stades de la CAN. Des joueurs qui entrent en compétition de manière majestueuse et forte pour au final laisser tout un peuple dans la tristesse, l’amertume et la désolation.

Ces échecs répétés ont fini par faire naître des mythes les plus inimaginables. Oui Didier Drogba a aussi son côté légende urbaine. Pour certains, l’homme aurait fait « le pacte » de mettre fin à sa gloire et sa carrière le jour où il remporte la CAN. Et si pour le moment il ne l’a pas encore remporté, c’est certainement parce qu’il n’a pas encore envie de quitter les rectangles verts. « C’est son fétiche ! » estime ceux qui croient en cette légende. Plus grave, d’autres croyances populaires soutiennent que Didier Drogba aurait monnayé son succès européen et ses gros salaires contre un silence total sur le continent. « Il brillera chez les blancs mais jamais chez lui ! ». « Son pacte », dans cet imaginaire total serait donc à l’origine de cette véritable poisse qui suit l’équipe nationale de Côte d’Ivoire depuis une dizaine d’années. Première au classement des meilleures équipes africaines, un beau jeu et jamais de trophées ! Pourtant sur le chemin de Sénégal 1992 la Côte d’Ivoire était loin d’avoir une équipe aussi célèbre et aussi bien classée. Doit-on dans ce contexte penser à la retraite pour la génération Drogba ? Chacun aura son analyse sur la question !

SUY Kahofi

Revue de la semaine du 22 au 26 octobre 2012

Tirage CAF pour la CAN 2013

La semaine du 22 au 26 octobre a été marquée par une nouvelle attaque d’un commando non identifié. En effet, 72 heures après la réaction énergique des FRCI qui ont fait deux victimes dans les rangs d’individus armés à Alépé, ce sont la brigade de gendarmerie et le cantonnement des eaux et forêts de Bongouanou qui ont fait les frais d’une attaque d’assaillants note Le Patriote. Une dizaine de personnes non identifiées ont pris possession de la brigade de gendarmerie au petit matin, avant de mettre le cap sur le cantonnement des eaux et forêts. Des habitants de la localité affirment que l’attaque n’a pas fait de morts nous apprend Le Quotidien d’Abidjan. Les assaillants ont opéré avec une facilité déconcertante en maîtrisant les agents en poste avant de faire main basse sur des armes et des minutions trouvées sur place pour ensuite disparaître dans la nature s’indigne Le Nouveau Courrier et Le Temps. A en croire le porte-parole du ministère de la Défense, ce sont au total 18 armes de guerre qui ont été emportées par les assaillants à la brigade de gendarmerie et au cantonnement des eaux et forets. «18 armes de guerre en une seule nuit, c’est trop», s’est-t-il désolé dans les colonnes de Fraternité Matin. Pour tenter de rassurer les ivoiriens, le chef d’état-major général des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, le Général de corps d’armée Soumaïla Bakayoko, a déclaré que les forces ivoiriennes savent qui les attaque depuis août 2012. « Nous savons à qui nous avons affaire. Nous allons lutter fermement contre ces ennemis du pays, qui nous trouverons toujours sur leur chemin » a martelé l’homme dans les colonnes de L’Inter et du quotidien Le Mandat. Face aux menaces de déstabilisation de la Côte d’Ivoire des experts israéliens proposent leurs services à l’armée Ivoirienne. Des drones et des avions de surveillance peuvent aider les éléments FRCInous apprend Soir Info. Après une longue tergiversation et une certaine division des cadres du grand ouest, la rencontre entre le Président Alassane Ouattara et la population du grand ouest a eu lieu. Le prétexte de la rencontre dans un contexte de réconciliation national était tout simple : permettre un dialogue franc entre le régime Ouattara et les populations de l’ouest que l’opinion public Ivoirienne a toujours présenté comme deux entités diamétralement opposées ! Le Nouveau Réveil pour marquer l’importance de ce dialogue décide de s’attarder sur cette phrase du chef de l’Etat et je cite : « Malgré les soubresauts que nous vivons actuellement, je continue à tendre la main à ceux qui font ces dérapages parce que ce sont des jeunes gens qui sont manipulés ». Pour Alassane Ouattara, les actes de violence ont causé 20 ans de retard à la Côte d’Ivoire qui pourtant était la 3ème puissance économique en Afrique en 1990 et n’était pas loin de la première place peut-on lire dans les colonnes de L’Intelligent d’Abidjan du 23 octobre. Nouvelles violences à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan, la MACA le mardi 23 octobre 2012. Des prisonniers ont tenté un soulèvement pour protester contre la présence de certains gardes, nouvellement recrutés, dans les cellules. Il a fallu toute la promptitude des forces de l’ordre, appuyées par des soldats de l’Opération des Nations Unies en Côte d’ivoire (ONUCI), pour désamorcer la bombe souligne L’Expression dans sa livraison du 24 octobre. Selon un agent de la MACA qui a requit l’anonymat au micro de nos confrères du quotidien Aujourd’hui, « des détenus ont soutenu avoir reconnu parmi les gardes nouvellement recrutés, des anciens bagnards. Ils ont refusé que ceux-ci les fouillent. Cela a fait monter la tension d’un cran ». Se prononçant sur ces évènements, le porte-parole du Gouvernement en marge du conseil des ministres du mercredi 24 octobre a indiqué que se ne sont pas les prisonniers qui doivent décider du mode de recrutement des agents des maisons d’arrêt et de correction du pays. Fraternité Matin consacre sa une du 25 octobre à ce Conseil des Ministres. D’importantes décisions ont été prises et il s’agit entre autre de la restructuration de l’AGEPE et de plusieurs nominations. Le Mandat rend compte également de ce Conseil des Ministre et nous informe que toutes les structures issues des accords politiques depuis 2002 ont été dissoutes. Au Ghana la justice a décidé de libérer Justin Katinan Koné sous caution ! Le quotidien Le Temps nous informe que l’ex ministre du budget de l’ancien Président Laurent Gbagbo est acquitté et libéré. Dans la même veine Notre Voie titre Katinan libéré quand Le Nouveau Réveil s’intéresse à ces propos du juge ghanéen prononçant sa libération sous caution et je cite : « la Côte d’Ivoire peut extrader Katinan pour le juger ». Le Nouveau Réveil rappelle que l’audience d’extradition de Katinan est fixée au 7 novembre prochain à Accra. Toujours sur le sujet, le quotidien Nord-Sud ne se montre pas tendre avec les autorités ghanéennes. La comédie ghanéenne se poursuit, Koné Katinan encore libéré sous caution, Accra donne sa caution aux assaillants souligne avec un brin de déception le confrère. Achevons cette revue de la semaine avec nos confrères de L’Expression et de Nord-Sud quotidien qui ont consacré des encadrés au tirage au sort de la CAN 2013 qui n’aura pas fait de cadeau à la Côte d’Ivoire ! En effet le pays se retrouve dans la même poule que l’Algérie, la Tunisie et le Togo ce qui fait dire qu’il s’agit du groupe de la mort et que Sabri Lamouchi le sélectionneur tunisien des éléphants de Côte d’Ivoire jouera contre ses compatriotes.

 

Football pour la paix avec le RASALAO-CI

La prolifération des armes légères constitue un problème de sécurité

Le Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire (RASALAO-CI) et son partenaire financier à savoir l’organisme Allemand GIZ (agence de coopération allemande) viennent de lancer un projet pilote pour la réconciliation. Il s’agit d’un séminaire de formation doublé d’une activité sportive baptisé « Football pour la paix« . Cette activité s’étendra sur toute la semaine du 15 au 21 octobre dans la localité de Bonoua. Ce projet est conduit également avec le soutien de la COMNAT-ALPC (Commission Nationale de Lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres). « Football pour la paix » vise à contribuer à la consolidation du processus de paix, à la réconciliation nationale et au rétablissement de la sécurité en Côte d’Ivoire par le désarmement civil. Selon Aka Victorien le Coordonnateur des points focaux du RASALAO-CI « la question de la circulation des armes légères et de petits calibres reste une problématique d’actualité car un nombre important de ces outils de mort sont encore en circulation en Côte d’Ivoire ». « Une arme n’est pas un « instrument » qui doit se retrouver entre les mains d’un civil. Aussi le RASALAO-CI, qui a hérité des activités de sensibilisation sur les armes légères de la part de la COMNAT-ALPC, met un point d’honneur à le faire comprendre aux populations » a ajouté Aka Victorien.

« Football pour la paix » est aussi une occasion de renforcer les capacités des points focaux du RASALAO-CI en vue de leur participation au désarmement civil. Deux formateurs venus du Rwanda aideront à la sensibilisation des jeunes. Il s’agit de Victor Emmanuel SEWABANA et Jean de DIEU KARERA respectivement Secrétaire exécutif et chargé de communication de l’ONG ESEPERANCE Rwanda. ESEPERANCE Rwanda a déjà une expérience dans l’utilisation du sport, particulièrement le football, comme moteur de sensibilisation. « Le football est aujourd’hui bien plus qu’un sport : il est un véritable outil de promotion des causes humanitaire. Aussi je crois que le RASALAO-CI peut réussir la mission de la sensibilisation sur les armes légères auprès des jeunes Ivoiriens à travers le football » soutient Jean de DIEU KARERA. Cette conviction dans le pouvoir du football est aussi partagée par KOFFI Phinées Casimir, secrétaire à la communication du RASALAO-CI. « Le choix du football n’est pas fortuit. Il a été fait à cause de l’amour que les Ivoiriens portent à ce sport. A travers ce projet nous organiseront des rencontres entre différentes composantes de la société pour décrisper l’atmosphère et établir un climat de confiance ».

Pour cette première de « Football pour la paix », un match opposera les jeunes de la cité de Bonoua aux éléments des Forces Républicaine de Côte d’Ivoire. Objectif, jeter les bases d’une franche collaboration entre les jeunes et les hommes en uniforme afin que les besoins sécuritaires de la ville soient jugulés par une compréhension réciproque de ces deux couches.

SUY Kahofi